Fusion PSA/Fiat-Chrysler, réforme des retraites à la SNCF, EPR... le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, est-ce que vous avez eu votre mot à dire dans la fusion entre PSA et Fiat ?
- 0:53RelanceÉludée
Elisabeth Borne en apprend dans le communiqué ce matin que le siège social sera aux Pays-Bas, pourquoi ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Chrysler Fiat, cette semaine s'est rangée du côté de Donald Trump contre la Californie qui veut abaisser les normes de pollution automobile. Ça ne vous inquiète pas ça ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron était à Rouen hier, un mois après l'incendie qui a touché l'usine Lubrizol de la ville. Il était temps, un mois après, que le président vienne ?
- 2:50RelanceRéponse partielle
vous ne faites aucun mea culpa sur la manière dont vous avez communiqué au début de l'incendie et dans les jours suivants ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Est-ce que la France est prête à faire quelque chose, à organiser ici certaines des réunions qui étaient prévues là-bas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Alors c'est deux entreprises privées, mais effectivement on suit avec beaucoup d'attention ce rapprochement. »
- 0:23Invité politiqueFait
« L'idée c'est de constituer un très grand groupe, le quatrième groupe mondial »
- 0:30Invité politiqueFait
« et c'est aussi une réponse aux défis considérables auxquels l'industrie automobile doit faire face, avec à la fois la révolution digitale et puis ce qui me tient à cœur c'est la transition énergétique. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Ça suppose d'investir beaucoup pour préparer des véhicules plus propres de demain »
- 0:44Invité politiqueFait
« On sera évidemment aussi attentifs puisque vous savez que PSA est engagé sur les batteries, une filière de batteries européennes, à ce que cet engagement soit aussi tenu. »
- 1:11Invité politiqueFait
« C'est lié à de l'optimisation fiscale. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Ça n'est pas un bon signal. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Il a tenu son engagement de venir sur place. »
- 3:26Invité politiqueFait
« c'est-à-dire que dès le début de l'incendie, il y a eu des mesures de qualité de l'air, il y a un nombre de prélèvements considérable qui a été fait »
- 3:45Invité politiqueFait
« Je rappelle que toutes les mesures qui ont été faites montrent qu'on était en dessous des seuils habituels, et qu'il y avait même des produits sur lesquels ce n'était pas mesurable. »
- 4:12Invité politiqueFait
« c'est le principe pollueur-payeur »
- 4:43Invité politiqueFait
« Mais je vous dis, c'est le principe pollueur-payeur, c'est l'industriel qui paye évidemment pour la dépollution »
- 8:33Invité politiqueFait
« Alors d'abord moi je prends acte de ce qui a été annoncé par le président chilien, qui est qu'il renonce à organiser la COP à Santiago au mois de décembre. »
- 9:03Invité politiqueFait
« Moi je pense que c'est très important qu'elle se tienne. »
- 11:34Invité politiqueFait
« Je rappelle qu'aucune décision n'est prise. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Ce n'est pas le PDG d'EDF qui fait la politique énergétique de la France. »
- 12:53Invité politiqueChiffre
« Vous savez qu'on a l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50% en 2035 »
- 13:51Invité politiqueFait
« Il y a des principes généraux qui ont été annoncés par le président de la République, par le gouvernement, sur l'objectif d'abord de garantir la pérennité de notre système de retraite qui est au cœur du pacte social de notre pays »
- 15:45Invité politiqueFait
« Vous savez que, évidemment, les cheminots ont le droit d'exprimer leurs revendications comme tout le monde. »
- 16:19Invité politiqueFait
« Je pense que, franchement, chacun sait que ça fait des années qu'on ne paye pas les jours de grève. »
- 17:00Invité politiqueFait
« Vous savez qu'il y a une réforme qui se met en place au 1er janvier. »
- 18:42Invité politiqueFait
« Moi, je me déplace en voiture électrique. »
- 20:14Invité politiqueFait
« Le malus, il est défini en fonction des émissions de CO2. »
- 20:33Invité politiqueChiffre
« dont le seuil a été baissé de 117 grammes à 110 grammes cette année, qui continuera à baisser, dont le montant a été augmenté de plus de 2000 euros. »
- 21:13Invité politiquePromesse
« On peut interdire la vente des SUV. »
Temps de parole
- Élisabeth Borne59 %
- Présentateur16 %
- Invité11 %
- Invité 28 %
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Bonjour Elisabeth Borne, c'est jour de mariage. Aujourd'hui, est-ce que vous avez eu votre mot à dire dans la fusion entre PSA et Fiat ?
Alors c'est deux entreprises privées, mais effectivement on suit avec beaucoup d'attention ce rapprochement. L'idée c'est de constituer un très grand groupe, le quatrième groupe mondial, et c'est aussi une réponse aux défis considérables auxquels l'industrie automobile doit faire face, avec à la fois la révolution digitale et puis ce qui me tient à cœur c'est la transition énergétique. Ça suppose d'investir beaucoup pour préparer des véhicules plus propres de demain et je pense que ce rapprochement permettra d'avoir tous les moyens pour le faire.
On sera évidemment aussi attentifs puisque vous savez que PSA est engagé sur les batteries, une filière de batteries européennes, à ce que cet engagement soit aussi tenu.
Elisabeth Borne en apprend dans le communiqué ce matin que le siège social sera aux Pays-Bas, pourquoi ?
Je ne peux pas vous dire. Mais vous le regrettez ? Je pense qu'on est attaché en tout cas à ce que l'emploi soit maintenu en France, que les sites industriels soient maintenus. Ensuite, moi je n'ai pas d'éléments d'explication sur le choix de ce siège. C'est lié à de l'optimisation fiscale. Je ne peux pas vous dire. En tout cas, moi ma préoccupation c'est que ce groupe ait des moyens d'investir dans la transition énergétique pour faire les véhicules propres de demain.
Un petit mot encore. Chrysler Friat, cette semaine s'est rangée du côté de Donald Trump contre la Californie qui veut abaisser les normes de pollution automobile. Ça ne vous inquiète pas ça ?
Ça n'est pas un bon signal. Je sais que PSA est engagé pour proposer des modèles de voitures propres, des modèles de véhicules électriques. Vous savez que cette semaine, je recevais tous les constructeurs qui s'engagent pour proposer des véhicules propres. Et voilà, on compte vraiment sur PSA pour garder cette ligne. Je vous dis s'engager à fournir les véhicules dont les Français ont de main pour avoir des véhicules plus propres et s'engager aussi sur cette filière européenne des batteries.
Elisabeth Borne-Emmanuel Macron était à Rouen hier, un mois après l'incendie qui a touché l'usine Lubrizol de la ville. Il était temps, un mois après, que le président vienne ?
Il a tenu son engagement de venir sur place. Et ça montre aussi qu'il faut être, et qu'on sera, aux côtés des Rouennais dans la durée. Il n'a pas été là-bas pour dire que tout allait bien, mais pour marquer cet engagement dans la durée, aux côtés des Rouennais. Je pense qu'on l'a vu hier, il y a encore beaucoup d'émotions, beaucoup d'inquiétudes, parfois de la colère.
Parfois on a pu l'entendre dans les sifflets ou les huées qu'ils l'ont parfois accueilli, dans des échanges qui ont parfois été musclés, on les a entendus, on les a vus ce matin sur France Info.
Je pense qu'il y avait peut-être aussi des gens qui avaient des considérations politiques qui étaient là. En tout cas, ce que je note, c'est qu'effectivement, il y a encore de l'inquiétude, il y a encore des interrogations, et il y a une seule façon d'y répondre, c'est d'être dans l'action et dans la transparence, dans la durée. D'un petit mot, vous parlez de sujet politique, mais vous, Elisabeth Borne,
et vous, le gouvernement, vous ne faites aucun mea culpa sur la manière dont vous avez communiqué au début de l'incendie et dans les jours suivants ?
Mais évidemment, il faudra qu'on tire toutes les leçons de ce qui s'est passé. Effectivement, sans doute qu'on aurait dû davantage communiquer, encore, alors qu'on a fait des prélèvements...
Vous parlez avec plus de prudence ?
En tout cas, manifestement, on n'a pas réussi à lever les inquiétudes au départ, alors même que sur cet incendie, on a fait des mesures plus tôt que ce qui n'avait jamais été fait, c'est-à-dire que dès le début de l'incendie, il y a eu des mesures de qualité de l'air, il y a un nombre de prélèvements considérable qui a été fait, et on a pris le parti de mettre tout sur la table au fur et à mesure qu'on avait les informations. Ce n'est pas toujours sain parce qu'on n'avait pas tout tout de suite et qu'on a voulu rendre publiques toutes les informations qu'on avait.
Je rappelle que toutes les mesures qui ont été faites montrent qu'on était en dessous des seuils habituels, et qu'il y avait même des produits sur lesquels ce n'était pas mesurable.
Sachant que tout ça se mesure sur un temps long, et qu'on a peut-être justement voulu aller trop vite en disant tout va bien,
alors qu'il faudrait des mois et des années pour le savoir. Et évidemment, cette surveillance environnementale dans la durée, elle a lieu, elle aura lieu, il y a aussi des études sur la santé, et puis il y a un principe fort que moi je voudrais redire, c'est le principe pollueur-payeur.
Alors justement, hier, Emmanuel Macron, qui veut aller vite sur les indemnisations, a indiqué que les premières indemnations tomberaient d'ici quelques jours. On l'écoute. D'ici au 18 novembre, nous aurons les premières indemnisations qui seront versées, qui permettront aux agriculteurs, aux commerçants, donc à celles et ceux qui ont eu à subir les conséquences de ce qui s'est passé, commencer à toucher ces indemnisations, là aussi dans l'esprit de responsabilité et de transparence. Qui va payer et jusqu'à combien ?
Mais je vous dis, c'est le principe pollueur-payeur, c'est l'industriel qui paye évidemment pour la dépollution, l'ubrizole qui paye pour la dépollution, la mise en sécurité, la surveillance environnementale. Et moi, j'avais reçu le PDG de l'ubrizole début octobre et je lui avais dit qu'évidemment, il fallait qu'il respecte ses obligations, mais qu'on attendait de lui aussi qu'il prenne en compte l'émotion que cet accident a suscité à Rouen et que sans attendre des décisions de justice, il indemnise tous ceux qui ont subi des préjudices, les agriculteurs, les commerçants, les particuliers qui ont dû nettoyer aussi leur maison.
Et donc, c'est ce qu'on a pu concrétiser avec Édouard Philippe en allant sur place vendredi dernier. Il y a deux protocoles qui ont été signés, l'un pour indemniser les agriculteurs et l'autre pour les autres acteurs qui ont été touchés, les commerçants, les entreprises et les particuliers.
Est-ce qu'il vous a expliqué, Elisabeth Borde, comment et pourquoi il a pu stocker pendant des mois et des années des produits dans une entreprise voisine de la sienne, des produits qui ont brûlé eux aussi dans une entreprise qui, elle, n'était pas classée Cveso ? Ça, ça va être l'objet de l'enquête judiciaire. Vous lui avez posé la question ou pas ?
C'est quand même curieux. Je voulais surtout lui dire qu'on attendait de lui qu'il soit exemplaire sur la mise en sécurité, la dépollution, la surveillance environnementale, l'indemnisation de tous. Il y a des enquêtes judiciaires. Moi, j'ai, dès le départ, demandé une enquête administrative. Ça permettra de faire toute la transparence sur les causes, de dégager les responsabilités. Il y a eu des contrôles chez Normandie Logistique.
Vous avez vanté le nombre de contrôles chez Lubrizol, mais chez Normandie Logistique, cette entreprise d'à côté...
Normandie Logistique n'était pas un site classé Cveso. Et effectivement, il n'y a pas eu les mêmes contrôles que chez Lubrizol. Je pense qu'on aura aussi à en tirer les conséquences. L'industriel n'a pas forcément respecté toutes les procédures, notamment de déclaration quand il a franchi des seuils. Et donc, voilà, il y a une enquête judiciaire, je vous dis, qui permettra de désigner les responsables. Et il y a aussi une enquête administrative, et moi, j'y ai tenu, pour qu'on tire toutes les leçons. Chaque fois qu'il y a un accident, et un accident aussi important, on doit en tirer toutes les leçons pour améliorer, le cas échéant, notre législation, nos réglementations, nos procédures.
On va parler de la COP25 annulée, ou reportée en tout cas. Elle devait se tenir dans quelques jours au Chili. Mais les manifestations en cours ont conduit le président chilien à annoncer hier, qu'elle n'aurait pas lieu, en tout cas dans ce pays. Vous nous direz si la France est prête à faire un geste dans quelques instants. D'abord, le rappel de l'actualité à 9h moins 20. C'est Swatikbourg qui vient de nous rejoindre.
PSA, Fiat, Chrysler, c'est fait. Les deux groupes annoncent officiellement leur projet de fusion. La nouvelle entité devient la quatrième mondiale. Elle sera détenue à 50-50 par les deux parties, avec un siège aux Pays-Bas et sans fermeture d'usines. Il n'y a pas eu de défaillance des services de l'État dans la gestion de l'incendie de l'usine Lubrizol, assure Emmanuel Macron. Le chef de l'État en visite à Rouen hier, mais pas convaincant pour France Nature Environnement. Les informations précises nous manquent encore, affirme l'association sur France Info.
150 policiers supplémentaires, 12 postes de magistrats, 35 de greffiers, et une prime de 10 000 euros pour les fonctionnaires qui restent en poste au moins 5 ans. 23 mesures pour la Seine-Saint-Denis, annonce d'Edouard Philippe, qui sera sur place ce matin. Et puis deux chaises vides à la réunion de concertation sur la réforme des retraites au ministère de la Santé aujourd'hui. Sudrail et la CGT. Cheminot passe leur tour, reste l'une sa ferroviaire. Et la CFDT, la grève SNCF au centre de maintenance de Châtillon continue. 8 trains sur 10 circulent sur l'axe atlantique. France Info, et tout est plus clair.
On va évoquer d'ailleurs justement avec Elisabeth Borne cette question de la SNCF dans quelques instants. D'abord la COP25 qui n'aura donc pas lieu au Chili, emporté par la contestation sociale qui touche en ce moment ce pays. Est-ce que la France est prête à faire quelque chose, à organiser ici certaines des réunions qui étaient prévues là-bas ?
Alors d'abord moi je prends acte de ce qui a été annoncé par le président chilien, qui est qu'il renonce à organiser la COP à Santiago au mois de décembre. 25 000 personnes attendues dans un mois là-bas ? Oui, on attend des précisions. Ça ne veut pas dire qu'il renonce à présider la COP. Et donc maintenant c'est la secrétaire de la COP, donc les Nations Unies, qui doivent discuter avec les pays d'Amérique du Sud parce que je rappelle que c'est leur tour, si je peux dire, d'organiser la COP pour voir comment cette COP va se tenir. Moi je pense que c'est très important qu'elle se tienne. On a vraiment besoin de définir, de finaliser les règles de l'accord de Paris.
Et puis vous savez qu'il y a une autre COP qui doit se tenir en Europe, en Angleterre à la fin de l'année 2020, dans laquelle tous les pays doivent revoir à la hausse leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre. Donc voilà, moi ce qui m'importe c'est que cette COP puisse se tenir et c'est les Nations Unies qui définiront les conditions d'organisation de la COP en lien avec le Chili et les pays d'Amérique latine.
Mais est-ce que ces COP servent encore à quelque chose ? C'est des grandes messes internationales, souvent peu suivies des faits compte tenu des objectifs. Écoutez ce qu'en dit Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie Les Verts. Cette annulation devenait une évidence. On ne négocie pas sur le climat protégé par des chars. C'est peut-être l'opportunité de repenser ces sommets climats pour qu'ils soient beaucoup plus efficaces, qu'ils apparaissent beaucoup moins hors sol et qui de fait, ils donnent enfin des résultats tangibles et pas simplement un show pour dirigeants en mâle de réputation écologique.
Alors pour ceux qui nous suivent à la radio et pas à la télé, pendant qu'on écoutait Yannick Jadot, vous faisiez nom de la tête.
Écoutez, moi je trouve que c'était un peu surprenant de dire ça. Je ne sais pas si Yannick Jadot se souvient de la dynamique qu'il y a eu à Paris quand on a organisé la COP. Ça n'a pas été uniquement une conversation entre chefs d'État. Ça a été une grande dynamique dans laquelle des ONG, des entreprises, des citoyens ont pris conscience de ces enjeux climatiques.
Et l'accord a ensuite été déchiré par les États-Unis ?
L'accord a été déchiré par les États-Unis. Je rappelle que le président de la République a immédiatement pris le relais en disant qu'on voulait évidemment que ce ne soit pas l'occasion de détricoter tout l'accord de Paris. Et ces moments, ils sont très importants parce que c'est d'abord un sujet qu'on ne va pas traiter chacun dans son coin. Donc que tous les pays de la planète se rencontrent une fois par an pour voir où on en est, comment on peut rehausser nos ambitions, que ce soit aussi l'occasion de mobiliser tout le monde, les entreprises, les collectivités, les ONG, les citoyens. Moi, je pense que c'est très important.
Est-ce qu'on peut être à la pointe, comme leur vendique Emmanuel Macron, dans le changement climatique et être le pays qui va construire, ou veut construire des EPR dans les années qui viennent ? Comme le dit, et le répète sur les plateaux radio et télé actuellement, le patron d'EDF, Jean-Bernard Lévy, qui dit « Ma mission aujourd'hui, c'est de construire six nouveaux EPR. » C'est l'avenir de la planète.
Écoutez, Jean-Bernard Lévy, on lui a demandé de nous dire à quelles conditions il pouvait construire le cas échéant des EPR. Je rappelle qu'aucune décision n'est prise. Quand on examine un scénario...
C'est la mission que j'ai reçue quand j'ai été nommé. C'est ce qu'il a dit tout récemment encore.
Oui, alors j'ai eu l'occasion de dire...
Il a mal lu sa mission, ou alors il n'est plus l'homme de la situation.
Ce n'est pas le PDG d'EDF qui fait la politique énergétique de la France. Donc, on lui a demandé, et je pense que vous avez en tête les dérapages en coûts et en calendrier de l'EPR de Flamanville. Donc, d'abord, on arrive à avoir des explications sur ces dérapages, qu'il y ait un plan d'action qui soit proposé par EDF. Et puis, au-delà, on doit évidemment travailler sur les scénarios énergétiques de notre pays. C'est ce qu'on fait. Et c'est ce qu'on fait en examinant un scénario 100% renouvelable pour notre électricité, et puis un scénario avec la construction de nouvelles centrales.
Pour reprendre une célèbre formule, vous décidez, il exécute.
La politique énergétique du pays, c'est le gouvernement, c'est le président de la République, je vous confirme.
Et il faut couper en deux, EDF, d'un côté, le nucléaire, et cette aventure effectivement hasardeuse des EPR, et de l'autre, les énergies renouvelables.
Il n'y a pas du tout de décision dans ce sens. Mais vous y seriez favorable ? Non, il n'y a pas du tout de décision dans ce sens. Attendez, il y a eu une question qui a été posée au PDG d'EDF, de réfléchir à une organisation qui permette demain à EDF d'être présent aussi sur le développement des énergies renouvelables. Vous savez qu'on a l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50% en 2035, ça veut dire développer massivement les énergies renouvelables. Et évidemment, moi je souhaite que EDF soit vraiment présent dans cette course pour développer des énergies renouvelables.
Elisabeth Borne, une réunion débute dans quelques instants au ministère de la Santé entre votre secrétaire d'État au transport, le haut commissaire aux retraites, M. Delevoye, et les syndicats de la SNCF. Ça c'est ce qui était prévu, puisque deux des quatre syndicats de la SNCF ont prévu de boycotter cette réunion. C'est une discussion qui doit aborder la question des retraites. Est-ce qu'il faut faire un geste aujourd'hui pour sortir de l'impasse et déminer ce conflit social qui arrive dans un mois avec l'ombre d'une grève illimitée à la SNCF et à la RATP ?
Alors comme vous le dites, il y a une réunion qui se tient avec les syndicats, qui veulent bien parler, et je pense que c'est toujours une bonne chose de parler. Il peut y avoir des inquiétudes, vous voyez, mais si on ne vient pas discuter, si on ne vient pas écouter, je pense que ce n'est pas un très bon signal que donnent les syndicats. Donc on en est dans une phase où on écoute.
Il y a des principes généraux qui ont été annoncés par le président de la République, par le gouvernement, sur l'objectif d'abord de garantir la pérennité de notre système de retraite qui est au cœur du pacte social de notre pays, et puis d'aller vers un système plus juste dans lequel chaque euro cotisé donne les mêmes droits. Et je pense que les Français, ils sont attachés à ce qu'on ait un système juste. Ensuite, il y a la situation des situations particulières, celle des régimes spéciaux qui ont des règles qui ont été conçues il y a des années.
Et aujourd'hui, il faut qu'on puisse discuter avec chaque secteur de la façon dont il va pouvoir converger vers ce système universel en tenant compte aussi du pacte qui a été signé avec les salariés au moment où ils ont été embauchés. Donc c'est l'objet de ces discussions, de ces consultations qui sont en cours. Refuser le dialogue, je pense que ce n'est pas une bonne méthode.
Est-ce que la pénibilité, par exemple, sera toujours un critère dans la réforme pour les cheminots ou est-ce qu'ils seront traités comme tous les autres salariés ? Est-ce que tout le monde rentre dans le même moule ou est-ce qu'il y aura quand même un régime dérogatoire ? Enfin, je ne sais pas comment l'appeler pour les cheminots.
On va vers un système universel. Et vous savez que dans le régime général, il y a la prise en compte de la pénibilité. Donc il faut regarder comment elle pourra aussi être prise en compte pour ces secteurs qui avaient leur propre régime. S'il y a effectivement de la pénibilité, elle devra être prise en compte. Mais c'est l'objet des discussions qui s'ouvrent. Et moi, j'invite tous les syndicats à participer à ces discussions.
Est-ce que vous craignez que le mouvement social actuel, on est encore loin du 5 décembre, le mouvement social actuel qui paralyse une grande partie du trafic sur l'axe atlantique de la SNCF, qui ennuie, bien sûr, les vacantiers, est-ce que vous pensez que ça va se poursuivre, s'étendre jusqu'au 5 décembre ?
Écoutez, moi je pense d'abord aux usagers. Et évidemment, ils sont très pénalisés par ces mouvements qui, en plus, ne respectent pas les procédures habituelles. Vous savez que, évidemment, les cheminots ont le droit d'exprimer leurs revendications comme tout le monde. Mais dans le service public, il y a des règles à respecter. Vous souhaiteriez des sanctions ? À l'entreprise de regarder, il y a des règles, elles doivent être respectées. Je pense qu'on parle aussi beaucoup des cheminots qui sont en grève. On les voit beaucoup dans les médias. Je pense aussi à ceux qui sont au travail pour assurer 8 TGV sur 10 ce week-end.
Mais effectivement, tous ceux qui disent défendre le service public, il faut qu'ils pensent d'abord aux usagers du service public. Je pense que c'est ce qu'on attend d'eux. Faut-il payer les jours de grève des agents du centre de Châtillon qu'ils réclament pour sortir de ce conflit ? Je pense que, franchement, chacun sait que ça fait des années qu'on ne paye pas les jours de grève. Il y a un conflit qui s'est déclenché sur une réorganisation qui, entre-temps, a été abandonnée. Donc, cette grève, elle n'a pas lieu d'être. Je rappelle qu'elle a, en plus, été déclenchée en ne respectant pas les procédures qui permettent de minimiser la gêne pour les usagers.
Donc, moi, j'appelle vraiment chacun à la responsabilité à avoir en tête que le service public, c'est au service des usagers et des Français.
D'un mot, Guillaume Pépi part à la retraite lui-même demain, après 11 ans passés à la direction de la SNCF. Son successeur, son premier objectif, ça doit être de rétablir le dialogue social dans l'entreprise.
Alors, il a des défis très importants. Vous savez qu'il y a une réforme qui se met en place au 1er janvier. Il y a l'ouverture à la concurrence qui arrive. Mais, moi, je suis convaincue, je suis certaine que Jean-Pierre Farandou aura à cœur d'avoir un dialogue social de qualité à la SNCF. Et c'est très important.
On va parler SUV et foie gras dans un instant, Elisabeth Borne. Mais d'abord, le rappel de l'actualité à 9h moins 10 avec Soazigbourg.
Le trafic des trains s'améliore dans l'ouest. Aujourd'hui, 8 TGV sur 10 sur la façade de l'Atlantique. Mais la grève au centre de maintenance de Châtillon, elle se poursuit. Sudrail et la CGT Cheminot brecottent la réunion de concertation avec le gouvernement sur la réforme des retraites. PSA et Fiat Chrysler se marient. Les deux groupes annoncent officiellement leur projet de fusion avec chacun la même part au capital. Carlos Tavares à la tête de cette nouvelle entité qui sera basée aux Pays-Bas. Sifflet et échange tendu à Rouen. Hier, Emmanuel Macron en visite surprise.
Le président affirme qu'il n'y a pas eu de défaillance des services de l'État dans la gestion de l'incendie de l'usine Lubrizol, malgré les 545 plaintes déposées. 23 mesures pour la Seine-Saint-Denis, annonce d'Edouard Philippe. 150 postes de policiers, 12 de magistrats. Une prime de 10 000 euros pour fidéliser les fonctionnaires. Sur France Info, la maire d'Aubervilliers demande à réparer l'oubli dont le département fait l'objet depuis plusieurs années. Et puis le sénateur socialiste David Assouline saisit le bureau de la Haute Assemblée après les propos de Jean-Louis Masson sur les femmes voilées qu'il compare aux sorcières d'Halloween. Le bureau du Sénat se réunira le 7 novembre.
France Info. Et tout est plus clair.
La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, avec nous sur France Info jusqu'à 9h. Y a-t-il beaucoup de SUV dans le parc automobile de votre ministère ?
Non, je vous confirme qu'il n'y a pas de SUV dans le parc de mon ministère.
Il y en avait quand vous êtes arrivée ?
Non, des SUV, non. Moi, je me déplace en voiture électrique. Et je pense qu'effectivement, le développement de ces SUV, vous voyez, je ne peux pas être d'accord. Le chef de l'État, il n'a pas un SUV ? Ce n'est pas un SUV, je ne pense pas.
Il n'y en a pas dans le gouvernement ? Vous n'avez pas regardé ? S'il n'y en avait pas autour de vous, il n'y en a aucun ?
Il y a des minibus qui permettent de transporter plus de personnes en même temps. Mais je peux vous assurer qu'effectivement, on sera très attentif. Moi, je roule en voiture électrique et je proposerai que mes collègues fassent la même chose.
Attentif, certes, mais finalement, la majorité a repoussé un amendement qui a été soutenu par Mathieu Orphelin, un proche de Nicolas Hulot, qui a été soutenu aussi par une partie de la majorité. Écoutez pourquoi, effectivement, il faudrait taxer aujourd'hui les SUV. Mathieu Orphelin. Les SUV, c'est des véhicules très gros. Il y en a qui vont jusqu'à 2 tonnes et qui représentent aujourd'hui pratiquement 40% des ventes. En conséquence, les consommations des véhicules neufs sont reparties à la hausse depuis 3 ans. Nous avons proposé, avec un certain nombre de collègues, de prendre en compte, dans le bonus-malus auto, le poids du véhicule.
Ce qui permet de mieux prendre en compte aussi l'ensemble des impacts de ces gros véhicules. On n'a pas besoin d'un véhicule de 2 tonnes pour rouler en ville. Je le disais, même une partie de votre majorité était favorable à cet amendement. L'ADEME, votre agence de l'environnement, y est également favorable. Vous êtes attentive, mais est-ce que vous êtes assez audacieuse, Elisabeth Borne ?
On a eu ce débat avec Mathieu Orphelin et avec certains députés. Le malus, il est défini en fonction des émissions de CO2. Et je pense que c'est bien ce qu'on attend de nous, qu'on pénalise les véhicules qui émettent le plus de CO2. Alors Mathieu nous dit qu'il faut que ce soit les véhicules lourds. Il se trouve que c'est pareil, vous voyez. Donc on a un malus dont le seuil a été baissé de 117 grammes à 110 grammes cette année, qui continuera à baisser, dont le montant a été augmenté de plus de 2000 euros. Et donc on continuera à mettre des malus sur ce qui nous importe, c'est-à-dire des véhicules qui émettent beaucoup de CO2.
On ne touche pas aux limites du politique. C'est-à-dire que si les Français en achètent, si les constructeurs en vendent, on ne peut rien faire. 40% des ventes aujourd'hui en France sont des SUV, dont l'Agence internationale de l'énergie nous disait il y a quelques semaines que ces voitures sont en train d'annihiler tous nos efforts, en tout cas dans les pays riches, pour tenter de faire baisser les gaz à effet de serre. On ne peut rien faire, on ne peut pas grand-chose.
On peut interdire la vente des SUV. Je pense qu'il faut aussi que chacun prenne ses responsabilités. C'est des véhicules qui émettent plus de gaz à effet de serre, ça veut dire qu'ils consomment plus, donc ils coûtent plus cher. Donc voilà, moi je pense qu'il faut aussi compter sur la responsabilité des Français. On va continuer à les informer sur les émissions et sur les coûts de ces véhicules et on va continuer à augmenter les malus.
La ville de New York a décidé cette nuit d'interdire la vente et même la possession de foie gras à partir de l'année 2022. Ça coûtera au minimum 500 dollars si on trouve dans ce réfrigérateur une tranche de foie gras. C'est un coup dur ? Vous applaudissez cette décision ?
Non, je ne peux pas vous dire que j'applaudis cette décision. Je pense qu'effectivement... Vous n'êtes pas la ministre du bien-être animal ? Alors, c'est un sujet très important et c'est un sujet... Alors moi je suis en charge des animaux sauvages et c'est un sujet, je vois, qui monte dans le fumier.
Vous c'est les animaux sauvages et Didier Guillaume, votre collègue de l'agriculture, c'est les animaux de ferme. Donc l'oie gavée est plutôt chez Didier Guillaume que chez vous ?
Je pense qu'il faut s'occuper du bien-être de tous les animaux. Ce qui est dans mon champ de responsabilité, c'est les animaux sauvages. Donc c'est une bonne nouvelle ou pas ? Non ? Je pense que, effectivement, je ne peux pas vous dire que je trouve formidable le gavage des oies. C'est aussi une filière importante en France et il faut évidemment s'assurer qu'on progresse sur le bien-être des animaux sauvages. C'est ma responsabilité. Didier Guillaume aura à cœur aussi de s'occuper du bien-être des animaux captifs.
On parlait de New York, retour à Paris. Il y a un bus, voire des bus, qui circulent à Paris et qui font la pub d'un site de Paris. Ces bus rouleraient à vide. Est-ce qu'il n'y a pas un moment où vous, vous devez taper du poing sur la table pour que, enfin, les pratiques de tous les jours, que ce soit les consommateurs ou les industriels, soient plus vertueuses ?
Alors moi, je peux taper du poing sur la table. Ce que je note quand même, vous savez, c'est qu'il y a une prise de conscience, comme on n'a jamais eu, de l'importance de ces enjeux.
Oui, enfin, on voit.
Donc, voilà, moi je peux inviter les gens à ne pas regarder les publicités sur ces bus. C'est difficile de le rater.
Il est à Paris, il est à Toulouse, il est à Lille, il est à Lyon. C'est difficile de ne pas le voir. Enfin, c'est une forme de pollution visuelle.
C'est parfaitement inapproprié de faire rouler un bus vide pour faire de la publicité. C'est sans doute en plus un détournement du règlement de publicité de la ville de Paris. Donc, je pense que ce n'est pas une bonne façon de faire de la publicité. Peut-être qu'on peut faire passer ce message à ceux qui ont trouvé cette voie, que franchement, ce n'est pas comme ça qu'on va convaincre d'acheter les produits en question.
Une dernière question pour ma part. Alors, on le voit dans l'acte 2 du quinquennat qui balbutie un petit peu, mais on voit les questions régaliennes qui sont vraiment, que Emmanuel Macron met au cœur de l'actualité, immigration, effectivement. Et puis, on voit aussi le projet de loi sur les retraites, donc le côté économique et social. Ce qu'on ne voit pas trop, finalement, c'est ce que vous portez, l'environnement. Quel est le prochain rendez-vous que vous donnez aux Français sur l'environnement ?
Je peux vous assurer que les projets, ils avancent sur l'environnement. Alors, peut-être qu'on n'en parle pas suffisamment dans les médias. On aura très prochainement le vote de la loi mobilité. C'est une loi qui repense complètement notre politique dans ce domaine-là, en s'occupant enfin des transports du quotidien, en permettant aux Français d'avoir des transports plus faciles, moins chers et plus propres. Vous savez qu'on a une discussion qui a déjà eu lieu au Sénat et qui viendra prochainement à l'Assemblée sur la loi anti-gaspillage portée par Brune Poirson, secrétaire d'État, anti-gaspillage, économie circulaire. C'est une autre façon de transformer.
Mais l'environnement sera bien l'un des actes forts de cette deuxième partie du quinquennat. On avance sur l'énergie, on avance sur l'économie circulaire, on avance sur les déchets. On aura un grand moment sur la biodiversité l'an prochain, où on accueille le congrès mondial de l'UICN à Marseille pour préparer le grand rendez-vous international en Chine sur la biodiversité. Donc on est sur tous les fronts pour prendre en compte cet enjeu majeur qu'est la transition écologique et solidaire.
Merci à vous Elisabeth Borne. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Élisabeth Borne