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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 22 avril 2016 65 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

C dans l'air du 22-04-2016 | OU EST MACRON ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 16:44OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron n'aurait-il pas un petit problème d'ego ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la popularité de papier ?

  • 5:20RelanceRéponse partielle

    Popularité de papier ou popularité réelle ?

  • 8:56OuverteRéponse directe

    Que veut-il vraiment ? Il se veut un destin présidentiel ?

  • 14:47RelanceRéponse directe

    Manuel Valls l'accuse de vouloir supprimer l'ISF. Réponse ?

  • 16:44OuverteRéponse partielle

    Est-ce que parfois le succès lui monte à la tête ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:44InvitéFait
    « Emmanuel Macron affirme l'ISF économiquement inefficace. »
  • 14:36InvitéFait
    « Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF. »
  • 16:52InvitéFait
    « Le succès est en substantiel à l'ambition politique, je dirais, l'ego. »
  • 18:24InvitéFait
    « Il a essayé de vendre à François Hollande tout un plan de redressement de l'emploi en disant : « Ce n'est pas la déchéance de la nationalité le problème aujourd'hui, c'est l'emploi. Il faut résoudre le problème de l'emploi. » »
  • 21:10InvitéChiffre
    « Un sondage Opinion Way qui vient de sortir qui montre que pour les deux tiers des Français, eh bien, cette idée d'abolir l'ISF est une mauvaise idée. »
  • 23:58InvitéFait
    « Il constate que l'offre politique est très impopulaire, qu'il n'y a pas de renouvellement, qu'il incarne quelque chose de nouveau. »
  • 30:41PrésentateurChiffre
    « 52% des Français estiment qu'il ferait un bon président de la République. »
  • 30:43PrésentateurChiffre
    « Il est la personnalité de gauche préférée des Français. »
  • 34:32PrésentateurChiffre
    « 52% des Français estiment qu'il ferait un bon président de la République. »
  • 38:03InvitéFait
    « Il incarne la réconciliation de tous les libéralismes. »
  • 39:52PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron, une gauche libérale, a toute sa place dans ce gouvernement. »
  • 40:10PrésentateurFait
    « On est une assise politique et sociale qui nous permettent sur la durée d'un quinquennat de faire les réformes qui sont nécessaires et obligatoires. »
  • 41:25PrésentateurChiffre
    « Et on est également à deux tiers au PS et chez les Républicains. »
  • 44:01PrésentateurChiffre
    « 500 000 portes afin de recueillir 100 000 contributions. »
  • 45:59InvitéFait
    « C'est un découpage officiel de l'INSEE de 2000 habitants. »
  • 46:33InvitéFait
    « On a piloté la campagne de porte-à-porte de François Hollande. »
  • 46:48PrésentateurFait
    « Lancé le 6 avril à Amiens En Marche. »
  • 47:02InvitéFait
    « Nous pouvons dans une action commune une volonté commune rassembler des bonnes volontés de droite et de gauche. »
  • 51:45PrésentateurPromesse
    « Il faut supprimer l'ISF. »
  • 57:15InvitéFait
    « Macron c'est une parole c'est un verbe c'est une image mais il n'a pas de bilan. »
  • 57:19InvitéFait
    « La loi Macron elle modifie l'économie à la marge elle ne créera pas d'emplois ou très peu. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Invité8 %
  • Invité 26 %
  • Invité 35 %

≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous consacrerons la dernière partie de cette émission à vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux. C'est le président de la République lui-même qui posait la question en début de semaine, visitant une usine avec son jeune ministre de l'économie. Où est passé Emmanuel ? Resté sans réponse, le chef de l'État a ajouté, légèrement agacé, quelques instants après. Allez me chercher Emmanuel. Vous avez compris que nous lui consacrer cette émission en pleine Macron-mania. C'est dans l'air intitulé ce soir, tout simplement, Où est Macron ? Et voici les invités qui ont accepté de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Françoise Fressoz est journaliste et éditorialiste au journal Le Monde. Votre quotidien titre ce soir, Jusqu'où Macron peut-il provoquer Hollande ? Après l'offensive Macron hier, rappelons votre livre par ailleurs consacré au président de la République, Le stage est fini chez Albain Michel. Yves Tréhard est lui éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Ce matin, votre journal titrait Emmanuel Macron provoque François Hollande. Et je renvoie bien entendu à votre blog Controverse sur lefigaro.fr. Jérôme Fourquet est lui politologue, directeur adjoint du département Opinion de l'Institut IFOP.

Dans votre sondage pour le site Atlantico, 63% des Français jugent le ministre de l'économie compétent. Enfin, Jérôme Sainte-Marie est lui aussi politologue. Vous présidez l'Institut Pauling Vox. Votre dernier livre, Le nouvel ordre démocratique, est lui publié aux éditions du moment. Que répondez-vous à ceux qui affirment que le ministre est une baudruche qui va se dégonfler ? Françoise Fressoz. Je serai un peu plus prudente.

Moi, je regarde le phénomène Macron avec intérêt parce que je trouve que quand vous avez un problème de décomposition politique dans lequel on est, tout ce qui est un peu nouveauté, tout ce qui est offre politique un peu construite, ça mérite d'être analysé et de ne pas dire d'un coup, c'est une baudruche. Il y a quelque chose qui existe. Est-ce que ça va marcher ? L'avenir le dira, mais en tout cas, il y a le mérite d'une offre politique qui est quand même assez structurée, je trouve. Yves Tréhard ? Oui, il ne faut pas insulter l'avenir. Je ne sais pas si c'est une bulle médiatique. Il y a eu des exemples dans le passé comme ça.

Il y a eu des hommes et des femmes qui sont arrivés en politique, qui ont été au sommet, je dirais, de leur gloire médiatique. C'est quand même un événement très médiatique aussi et très médiatisé. Pourquoi ? Parce que pour nous, il représente, journalistes, alors là c'est très microcosmique, mais il représente une offre nouvelle. Si vous voulez, depuis des années et des années, on circule dans les allées du pouvoir avec toujours les mêmes têtes, les mêmes noms, les mêmes discours, les mêmes réflexions.

Et là, on a quelqu'un qui brise un peu les tabous quand même, en tous les cas pour la gauche, qui joue à saut de mouton d'un parti à l'autre et d'une formation à l'autre et d'un camp à l'autre. Et puis, bon, qui est jeune, qui sourit très très bien, qui a une vie, qui a une histoire, une histoire qui n'est pas linéaire et évidemment il intéresse. Donc il nous intrigue. Il nous intrigue. Est-ce qu'il a un avenir ? A-t-il un destin ? C'est ça le problème. Et ça, on ne peut pas le savoir tout de suite. Alors vous le savez, Jérôme Fourquet, Jérôme Sainte-Marie, il y a aussi une expression qu'on emploie parfois, c'est celle de popularité de papier.

Alors en fait, ça s'adresse à vous, sondeurs, et à nous, journalistes, puisque en commandant nos sondages et en y apportant un écho, bien entendu, on peut, c'est un fait, influer sur la popularité de quelqu'un. Mais enfin, cette popularité ne n'est pas non plus ex abrupto. On est bien d'accord. Mais comment vous faites le, je dirais, le distinguo ou le tri entre ce qu'on pourrait réellement appeler la popularité de papier un peu portée par les sondages et puis le phénomène qui commence à s'ancrer et avoir des racines ? Alors effectivement, cette expression correspond bien à un phénomène récurrent dans la vie politique française. Alors pourquoi est-ce qu'on parle de popularité de papier ?

Alors la popularité, elle existe, elle est mesurée. Ça se veut péjoratif, quand on le dit.

3:37
Invité

Elle est constatée, c'est l'idée que cette popularité ne se transforme pas politiquement ou plus précisément ne se transforme pas en capital électoral. Alors ça correspond à deux types de personnalités. Soit des personnalités qui sont appréciées mais qui sont un peu en dehors de la politique. Vous savez, il y a toujours ces baromètres avec des personnalités à la limite humanitaires, etc. Elles sont très populaires mais elles sont hors-jeu en quelque sorte.

3:58
Présentateur

Bernard Kouchner a commencé par être extrêmement, je dirais, populaire et il est devenu ministre. Oui, mais on lui a prêté parfois un destin encore plus important. Il n'a jamais réussi à se faire élire. Oui, oui, on est bien d'accord.

4:08
Invité

Il a tenté de le faire en législative. À chaque fois, il a été battu. Ce n'est pas un hasard. Et par ailleurs, il y a un autre type de personnalités, parfois ce sont les mêmes d'ailleurs, qui ont une popularité qui est fondée en partie auprès des sympathisants de leur camp et dans une partie équivalente, voire supérieure, c'est le cas d'Emmanuel Macron, de sympathisants du camp adverse. Il y a déjà eu deux cas précédents dans ce quinquennat. Bien sûr, Emmanuel Valls, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, très apprécié à droite.

Et on l'a oublié, ça frappe un peu moins plaisir à Emmanuel Macron, Jérôme Cahuzac, qui avait par bien des aspects la même structure d'image qu'Emmanuel Macron et un peu pour les mêmes raisons à l'époque.

4:45
Présentateur

Rangez-vous une personnalité comme Simone Veil dans ce que vous êtes en train de me décrire ? Elle a été extrêmement populaire pendant des années, qui a eu des responsabilités importantes et à laquelle on prêtait un destin possiblement national au sens présidentiel du terme. Simone Veil est un très bon exemple. Je pense notamment aux élections européennes, je crois, de 1989, où elle était partie très haut dans les sondages

5:05
Invité

parce que les sondages mesuraient plus de la popularité de l'image. Et quand on s'est rapproché de l'élection, ça a baissé. Et finalement, la liste qu'elle menait a réalisé un assez mauvais score. Cependant, elle a gardé, on le sait, une image extraordinaire auprès de l'opinion française.

5:20
Présentateur

Jérôme Fourquet, alors, popularité de papier ou popularité réelle ? Voilà. Alors, comme disait Jérôme Sainte-Marie, le juge de paix qui permettra de statuer sur l'intensité ou la teneur et la densité de cette popularité, c'est si d'aventure Emmanuel Macron se lance dans la campagne électorale. Et on mesurera alors à ce moment-là, d'abord en capital électoral, en intention de vote. Alors vous me direz, on sera encore dans des sondages, mais ce sera un peu différent. Et éventuellement ensuite, en décomptant les bulletins.

Vous voulez dire que c'est facile de s'intéresser à Emmanuel Macron tant qu'il n'est pas effectivement au minimum, au moins, candidat à une élection, quelle qu'elle soit, notamment présidentielle ? Voilà. Alors on l'a testé en intention de vote, dans l'hypothèse où François Hollande ne se présenterait pas, et que ce serait Emmanuel Macron qui serait le candidat des socialistes. Il fait deux points de plus aujourd'hui que François Hollande. Mais vous me direz, c'est pas très compliqué, vu que François Hollande est à un étiage très très bas. Donc il n'y a pas une prime forcément monumentale.

Pour aller dans le sens de cette thématique de la primaire de papier, avec tout ce qui a été mentionné avant, on peut ajouter un autre phénomène. C'est parfois aussi le décalage entre l'engouement et l'emballement médiatique autour d'une personnalité qui, pour plein de raisons, peut plaire. Yves Tréhard en a rappelé certaines. On est sur une personnalité qui change. Et donc, quand on est journaliste, on doit raconter de nouvelles histoires. On est aussi, il faut le reconnaître, sur une personnalité qui porte un discours idéologique qui correspond à l'idéologie, on va dire, majoritaire dans les salles de rédaction. Donc ça aussi, c'est un phénomène qui peut expliquer.

Et donc, souvent, il y a une confrontation entre ce que pense ou ce que souhaiterait voir advenir le microcosme et ce qui se passe réellement dans les urnes. Donc ça, il faut être prudent de ce point de vue-là. Et pour aller dans le sens de Jérôme Sainte-Marie, on voit qu'Emmanuel Macron tire sa très haute popularité, 53% de bonne opinion dans le baromètre IFOP Match, le quatrième personnage politique le plus apprécié des Français. Il tire cette popularité du fait qu'il a le soutien des sympathisants socialistes, mais aussi d'une bonne partie des sympathisants républicains. Ça, ça va en termes de popularité.

Le jour où on est sur une élection présidentielle, ou quoi qu'on en dise, on est encore sur un clivage gauche-droite, il y a de bonnes raisons de penser, notamment si c'est Alain Juppé qui sort de la primaire des Républicains, que cet électorat de droite, même de centre-droit, sera plutôt tenté de voter pour Alain Juppé que pour Emmanuel Macron. Françoise Fréseuse. Pour rebondir, ce qui est intéressant dans ce que fait Emmanuel Macron, c'est que lui a la conviction que la recomposition politique, elle est là. 2017, c'est l'heure de la recomposition politique. Peut-être se trompe-t-il complètement. Mais tout son pari, de son mouvement En Marche, c'est de dire ça. De dire, on ne peut plus...

7:56
Invité

Il y a une partie des Français qui en ont marre de la sinistrose ambiante, qui n'en peuvent plus, de dire, le pays est déclin,

8:02
Présentateur

c'est foutu, et on va reconstruire. Et je vous propose une direction, un récit, par-delà les clivages. Et le clivage, maintenant, c'est progressiste contre conservateur, et on y va.

8:13
Invité

Donc, il a cette intuition de dire, on ne veut plus du clivage ancien et tout ça.

8:20
Présentateur

Ce qui se passe à gauche, je trouve, toute cette décomposition, l'incapacité de François Hollande à rassembler une partie de la gauche de la gauche, et son apesanteur. Là, il cherche visiblement une majorité à laquelle se raccrocher, qui n'existe pas.

8:33
Invité

Moi, je pense qu'à gauche, il y a effectivement cette déportation vers un social-libéralisme, qui soit beaucoup plus en phase avec les attentes de la société.

8:41
Présentateur

Le problème pour Emmanuel Macron, c'est est-ce qu'il est suffisamment attractif pour bousculer le jeu à droite, alors que le jeu, normalement, il est organisé par la primaire qui va se dérouler à l'automne. Juste une chose, là, en fait, vous expliquez qu'il existe aussi, à cause de la faiblesse actuelle, notamment du président de la République, mais j'ai envie qu'on réponde à la question, où est Macron ? Je veux dire, que veut-il vraiment ? Il se veut un destin présidentiel qui ne nous a pas encore avoué ? Moi, je pense qu'à partir du moment où il lance...

Enfin, c'est quand même un acte transgressif incroyable d'être ministre de l'économie, d'être au gouvernement et d'aller annoncer un beau jour que vous lancez un mouvement En Marche et que votre ambition, c'est de construire un discours présidentiel. C'est ce qu'il dit, quand même. Donc, je pense que oui, il est parti, il est lancé sur le pari que 2017, ça va être l'abolition des clivages. Donc, ça veut dire que dans la relation de charme qu'il y a en ce moment avec les Français, il y a aussi ce côté... Ah ben, dites-donc, il est culotté, celui-là, il ose le faire. Oui, d'autant plus culotté qu'il n'est pas du tout élu. Objectivement, c'est un objet qui n'est pas politique.

Donc, c'est ça aussi qui est intéressant. Yves Tréa ? Ce qui peut être un handicap pour lui, justement, parce que cette façon d'être en rupture par rapport au président de la République, ce n'est pas uniquement le président de la République qui est en cause, c'est la fonction présidentielle. Souvenez-vous, pendant l'émission télévisée, il n'était pas dedans, mais quand une de nos consoeurs a interpellé le président de la République pour lui demander s'il plaisantait, ça a été diversement apprécié. Ça veut dire que les Français sont encore attachés, quand même, à cette fonction.

Quand Emmanuel Macron fait le cabot, parce qu'il est très cabotin, quand même, dans une visite en province hier, et qu'il ne se met pas à côté du président de la République, est-ce que ça... Tout ce que j'expliquais en début d'émission, qui a vraiment eu lieu... Est-ce que ça, les Français l'apprécient ? Je ne suis pas sûr que tous rentrent dans ce jeu-là. Non, sans doute pas. Il a plusieurs... Mais ça continue de construire l'image qui surprend. Bien sûr, mais il a plusieurs handicaps, quand même, il faut être sérieux. Il n'a pas de parti. Même En Marche, ce n'est pas un parti.

Ce n'est pas un parti structuré, avec des gens qui font du porte-à-porte, qui sont corps et âme dévoués à une cause. Et à un homme. Il a un deuxième problème. C'est qu'on ne sait pas ce qu'il est. Emmanuel Macron, aujourd'hui, c'est une image. Ce n'est pas un contenu. Et je défie qui que ce soit qui regarde la politique de loin, de nous dire exactement ce qu'il dit, ce qu'il pense, notamment sur les problèmes de société, où là, on pourrait être un peu surpris. Troisièmement, il reste peu de temps. Il reste très peu de temps, d'ici à la présidentielle.

Est-ce qu'Emmanuel Macron ne pense pas non plus, lui et surtout, au coup d'après, c'est-à-dire à se mettre en ordre de bataille maintenant, pour être sûr d'être sur la ligne de départ, après l'élection de 2017, en visant 2022 ? Alors, c'est une interview au Dauphiné libéré, qui a fini d'énerver tout le gouvernement, et probablement l'Elysée. Emmanuel Macron y déclare ne pas être l'obligé du président de la République. Une forme de réponse au « il sait ce qu'il me doit » du chef de l'État récemment sur France 2, en l'occurrence la semaine dernière. Bref, en dépit de ces dénégations, le ministre de l'Économie prend de plus en plus ses aises.

Deux exemples dans ses nombreuses interviews récentes. Emmanuel Macron affirme l'ISF économiquement inefficace. Et au soir de Bruxelles, il déclare travailler un projet présidentiel, sans préciser lequel. Marie-Laurent nous en dit plus.

12:00
Invité

Agir en responsabilité et en liberté, c'est la ligne que s'est fixée ce matin le ministre de l'Économie, invité à parler sidérurgie européenne à Varsovie. Balayant les rumeurs sur son éventuelle sortie du gouvernement, il a tenu à le rappeler. Il est là et bien là, indiscipliné peut-être, mais loyal envers le président. J'entends en effet que certaines et certains voudraient utiliser le moindre mot, la moindre initiative pour fragiliser le président de la République. Ça m'est insupportable. Je suis comme membre du gouvernement, en plein soutien, et dans la mission qu'il m'a confiée. Et je continuerai à le faire.

Hier pourtant, il l'avait joué beaucoup plus personnel dans cette interview au Dauphiné libéré. défendant alors son indépendance politique. Lorsqu'un président nomme quelqu'un ministre, il le fait parce qu'il pense que c'est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé. Calmer le jeu, se remettre dans le sillage du président après son pas de côté hier, qui a eu le don d'agacer l'Elysée. Lors de cette visite d'usine dans la matinée, François Hollande a beau le chercher, Macron le trublion savoure sa popularité au contact des salariés. À la traîne, hors du cadre, et amusé. On est là, on est venus ensemble, et on travaille, on a travaillé pour cet investissement collectivement.

J'ai toujours fait depuis le début, ne vous inquiétez pas pour ça. Un chef d'État chahuté par un ministre dissipé, sérieuse remise en cause de son autorité, car pour la première fois la semaine dernière, François Hollande l'avait remis à sa place. Il est dans l'équipe et il est sous mon autorité. Vous en êtes sûr ? Mais j'en suis sûr, parce que c'est, entre nous, non pas simplement une question de hiérarchie, il sait ce qu'il me doit, c'est une question de loyauté personnelle et politique. Mais le ministre s'émancipe et continue d'allumer de nouvelles mèches coup sur coup.

Mardi, il évoque le projet présidentiel de son nouveau mouvement dans cette interview à Un Quotidien Belge et s'attaque dans ce magazine à l'impôt sur la fortune dont la suppression est au menu de tous les candidats de la primaire à droite. Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF. C'en est trop pour Manuel Valls, qui lui lance un énième avertissement. Supprimer cet impôt, supprimer l'impôt sur la fortune, qu'on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d'un point de vue économique, serait une faute. Que chacun soit concentré sur sa tâche, dans la cohérence et dans la loyauté.

Un pas en avant, deux pas en arrière, Emmanuel Macron là aussi temporise. Je n'ai pas dit qu'il fallait supprimer l'ISF, j'ai dit que la taxation du capital dans notre pays n'était pas optimale. Emmanuel Macron court vite, un peu trop sans doute aux yeux de Manuel Valls. Lors du dernier remaniement, lui qui rêvait d'un portefeuille élargi reste dans son périmètre à Bercy et perd deux rangs dans l'ordre protocolaire, derrière la ministre du Travail qui avait déjà récupéré sa loi Macron 2, devenue loi El Khomri. Le ministre fait bonne figure et c'est l'autour d'une pièce montée, la nouvelle alliance qui lui est imposée.

Il n'y a aucune concurrence entre nous, il y a une vraie complémentarité entre nous deux et ce qui est essentiel justement pour faire reculer le chômage dans notre pays. Honnêtement, savoir s'il y a une loi, deux lois, si c'est Tartemol ou Mâche Pro qui la porte, tout le monde s'en fout et personne ne s'en souviendra. Face à ces velléités d'indépendance, ses collègues aujourd'hui ne cachent plus leur agacement. Il a plutôt une belle gueule, il a un sourire qui est plutôt craquant et il y a beaucoup de buzz. La vie politique, et en particulier lorsqu'on est membre d'un gouvernement, c'est un peu comme au football puisqu'on parlait de l'euro, il faut jouer collectif, sinon on ne gagne pas.

Mais Emmanuel Macron n'a pas fini de détonner dans le paysage politique. Donc, invité le 8 mai prochain à présider la fête de Jeanne d'Arc à Orléans, à l'invitation d'un maire républicain.

16:34
Présentateur

Alors je vais vous dire, quand on voit le reportage, j'ai tendance à vous dire, il nous aura tout fait, ou plutôt, il leur aura tout fait. Alors on va remonter le fil de tout ça. Gentiment, d'abord on a une question de téléspectateurs ou de téléspectatrices qui est la suivante. Emmanuel Macron n'aurait-il pas un petit problème d'ego ? Le succès n'est-il pas en train de lui monter à la tête ? Est-ce que parfois ça se murmure, je veux dire, pas uniquement dans ses ennemis, mais... Le succès est en substantiel à l'ambition politique, je dirais, l'ego. Alors chez lui, il est un peu plus développé, parce que son ambition est encore plus grande.

Il y en a qui sont conscients de leurs limites, si vous voulez, qui savent qu'ils ne seront jamais plus que députés, ministres, présidents d'une assemblée. C'est d'ailleurs ceux qui en veulent aux autres, d'ailleurs, un petit peu. Souvent ceux qui ont la dent la plus dure. Oui. Et à côté de ça, vous avez les vrais, je dirais, les grands fauves de la jungle. Et ceux-là, c'est la présidence de la République. Souvenez-vous, Nicolas Sarkozy, pendant le quinquennat, c'est-à-dire le deuxième mandat de Jacques Chirac, était un peu dans le même état d'esprit que Macron avec François Hollande.

C'est-à-dire qu'aller au Conseil des ministres, et ça je l'ai vécu, aller au Conseil des ministres, ça l'ennuyait. Donc il arrivait une minute avant, il ne s'y passait rien, il le disait, il le faisait savoir. Donc il était, c'était le roi fainéant, un petit peu Jacques Chirac pour Nicolas Sarkozy. Oui, il en avait parlé en ces termes. Voilà, donc vous avez des fauves comme ça qui sont prêts à tout et qui n'ont aucune limite. Tout est, ils y pensent, matin et soir, en se rasant et en dormant. Donc vous le mettez dans ces profils psychologiques. Il est probablement dans ce profil psychologique-là.

18:05
Invité

Il y a peut-être un élément aussi qu'il faut apporter pour comprendre la psychologie de Macron. C'est qu'il est auprès de François Hollande depuis le début du quinquennat.

18:12
Présentateur

C'est lui qui a favorisé la politique de l'offre, qui a été quand même aussi beaucoup dans le tournant du pacte de responsabilité. Ensuite, vous avez eu une étape qui s'est déroulée en décembre dernier,

18:24
Invité

où il a essayé de vendre à François Hollande tout un plan de redressement de l'emploi en disant

18:29
Présentateur

« Ce n'est pas la déchéance de la nationalité le problème aujourd'hui, c'est l'emploi. Il faut résoudre le problème de l'emploi. » Mais en l'occurrence, on ne peut pas dire qu'il ait eu tort. Il n'a peut-être pas eu tort. Et parallèlement, Manuel Valls a tout fait pour ne pas qu'il soit en ligne sur le projet de loi El Khomri, sans doute parce que Valls voyait émerger un concurrent. Donc je pense que ce qui porte Macron, c'est qu'il est fidèle à ses idées. Il avait une ligne qui n'a pas été autorisée et qu'il essaye de valider. À partir de là, il y a aussi...

Il est fidèle à ses idées, sauf que vous venez de nous démontrer qu'au moment où il comprend qu'il est en partie, si ce n'est désavoué mais pas complètement assumé, que son Macron 2 devient une partie d'El Khomri, et ce qui vaut quand même cette expression où il parle de tartemoles devant la ministre. Je me permets de vous le faire remarquer. À ce moment-là, il décroche. Il a peut-être pris sa décision d'aller beaucoup plus loin, non ? Je pense qu'à ce moment-là, il hésite à démissionner, mais il n'a pas de parti. Donc il reste. Il crée son mouvement en marche. Et je pense que la fin, ça sera qu'il va partir. À un moment, il va partir du gouvernement.

Mais à mon avis, ce qui lui donne la force, c'est qu'il est constant. Il a essayé de vendre quelque chose depuis le début du quinquennat et on lui a barré la route. Et deuxièmement, il a derrière lui, c'est ça qu'il faut aussi évoquer, c'est-à-dire qu'il y a toute une partie du patronat, toute une partie de la gauche sociale libérale qui le pousse, le porte en disant de toute façon Hollande c'est fini et il faut qu'il y ait quelqu'un qui y aille. Et donc il y a aussi, je pense dans ce phénomène Macron, c'est que jour, matin, jour et nuit, il y en a qui lui disent vas-y, vas-y.

Tous ceux d'une certaine façon qui disent ça ne se fera pas avec Mélenchon et Martine Aubry, donc c'est toi qui dois vivre ce genre. Un mot là-dessus ? Oui, je pense qu'il faut bien voir à quoi sert au fond Emmanuel Macron, à quoi il sert à Hollande.

20:06
Invité

Alors on peut dire en termes d'analyse politique, c'est pour contrecarrer l'influence de Valls, etc. Mais je crois sincèrement que c'est assez secondaire. Essentiellement, Emmanuel Macron est le gage que nous donnons à nos partenaires européens, à la Commission européenne et au marché financier pour dire les réformes, on veut les faire. Et même si on ne les fait pas tant que ça, au fond la personne remplace une action qui n'est pas menée... Mais ça, ça...

20:28
Présentateur

Ce que vous décrivez, c'est un personnage de guignol dans ce cas-là. Non, non, et ça veut dire que Hollande le maîtrise encore ? Je pense qu'il ne le maîtrise plus là-bas.

20:36
Invité

Vous vous demandez pourquoi quelqu'un qui n'a pas de poids politique particulier, qui est un collaborateur de l'Elysée, devient tout d'un coup ministre ? Évidemment, c'est parce qu'il va projeter une image à l'extérieur qui va protéger un petit peu le président de la République, le gouvernement, par rapport aux exigences de nos partenaires qui deviennent parfois assez insistantes. En disant, regardez comme nous voulons faire. Malheureusement, nous ne pourrons pas faire complètement...

20:55
Présentateur

Vous voulez dire qu'à Bruxelles, on ne voulait plus voir les chaussettes roses de Michel Sapin ? Ça a été dit par Françoise Fresseuse ou par Jérôme Fourquet d'une autre manière.

21:02
Invité

Mais c'est vrai qu'il incarne des forces dominantes et il incarne aussi une idéologie dominante qui n'est pas forcément une idéologie majoritaire. Je rappelle un sondage Opinion Way qui vient de sortir qui montre que pour les deux tiers des Français, eh bien, cette idée d'abolir l'ISF est une mauvaise idée.

21:19
Présentateur

Je pense que ses points de vue ne sont pas forcément contradictoires. C'est-à-dire qu'il est dans cette dynamique idéologique-là et qu'il a pris acte des faiblesses de son patron, François Hollande, au tournant de l'année 2015-2016. Il voit sans doute que François Hollande, pour toute une série de raisons, ne va pas aller aussi loin que lui souhaiterait y aller. Il a des visiteurs du soir qui le poussent en disant, c'est toi qui dois faire le boulot, tu vas réussir à fédérer. Donc c'est ça sans doute qui le pousse à franchir les étapes.

Ce que vous disiez tout à l'heure, ces Français qui se demeurent attachés à la fonction présidentielle, effectivement, cette situation d'entre deux ne va pas pouvoir durer très longtemps. C'est-à-dire que soit il rentre dans le rang, soit là il est allé peut-être un cran trop loin, qu'il va être obligé de s'émanciper. Mais il s'émancipe en laissant comme idée le fait que les conservateurs, de son point de vue, sont au gouvernement et que lui voulait aller plus loin, qu'on ne l'a pas laissé réformer. Alors c'est très intéressant ce que vous nous dites. On s'arrête un petit instant là-dessus parce que je pense que c'était sous-tendu dans la première question SMS.

Est-ce qu'il commence à agacer ? Autant qu'il séduit et qu'il intéresse et qu'il interpeste, est-ce qu'il commence à agacer, selon vous ? Plus que ça, il énerve. Non mais pas uniquement dans son camp, c'est même l'opinion publique. Non mais même à l'opinion publique. Je vous disais tout à l'heure sur l'irrespect vis-à-vis de la fonction présidentielle, je pense que même dans le camp adverse où il est assez populaire pour ses idées libérales, c'est quelque chose qui ne doit pas passer. Et je ne pense pas qu'il puisse faire... Je ne pense pas, et c'est là où Françoise a raison tout à l'heure, elle a fait le remarque en disant qu'il va partir un jour.

Et je pense que s'il continue comme ça, ça ne peut pas durer, ça ne peut pas rester, parce que ça va devenir, si vous voulez, ça va devenir une comédie le pouvoir là. Et le président de la République, c'est très dangereux pour lui quand même. Et même pour Macron, je pense que ce n'est pas bon, parce que, souvenez-vous, il n'arrête pas de dire, moi je suis bienveillant, je ne fais pas de la politique comme les autres, je ne fais pas des petites cras, je ne dis pas du mal des autres. Là, il est en train de faire de la politique comme les autres, à la puissance se grandir.

Honnêtement, on est d'accord, vous et moi, sans être trop, je ne sais pas, j'allais vous dire, classique ou pisse froid, ce n'est quand même pas possible qu'il fasse sa conférence de prêt, sa propre visite, pendant qu'il est en train de faire une visite avec le président de la République. Non, ça ne se fait pas, ce n'est pas bien. On est d'accord, ce n'est pas bien. Deuxièmement, cet homme n'est pas élu. Donc, quand François Hollande lui dit, il sait ce qu'il me doit, c'est vrai, il a été fait secrétaire général adjoint de l'Elysée par François Hollande, il a été fait ministre de l'économie par François Hollande, et hors de cela, Emmanuel Macron n'a pas d'existence politique.

Il ne faudrait pas que la moutarde lui monte au nez. Donc, voilà, fragile. Il est fragile. Là, on sent que s'il va plus loin, ça sera le cas. Macron, il ne faut pas oublier que sa popularité, elle vient d'un constat intelligent au début. Qu'est-ce qu'il constate, Macron ? Il constate que l'offre politique est très impopulaire, qu'il n'y a pas de renouvellement, qu'il incarne quelque chose de nouveau. Il fait un constat aussi de l'évolution de la société que d'autres n'ont pas fait, sur comment il faut passer de l'ancienne économie à la nouvelle économie.

Moi, c'est le seul homme politique, peut-être avec quelques autres, que j'ai entendu sur ce sujet, et que j'ai entendu de façon intelligente. La loi Noé n'a rien donné, mais rien du tout. Mais l'introduction, quand il a reçu tous ses chefs d'entreprise à Bercy pour faire ça, je crois que c'était à Bercy, même ses chefs d'entreprise qui sont à la pointe de cette révolution économique étaient, il paraît, et je le sais, ils étaient épatés, parce que le type, il savait de quoi il parlait. Pour une fois, il y avait un politique qui comprenait cette évolution de la société.

Donc les constats sont plutôt assez positifs, les constats dressés sur la société actuelle, mais s'il commence à rentrer dans une espèce de jeu de rôle, là, il va se griller. C'est toujours un peu brutale de dire ça, mais quand même, ces justifications d'après-midi en Pologne, où il dénonce des manœuvres pour fragiliser Hollande à partir de ses propos du Dauphiné libéré.

Je me permets de préciser, ce matin, on a appelé à la radio notre confrère du Dauphiné qui a fait une interview, on lui a dit, monsieur Brochet, il vous a bien dit ça, il savait très bien ce qu'il faisait, et notre confrère a évidemment confirmé que le ministre de l'économie savait parfaitement ce qu'il était en train de dire en tenant ses propos. Donc là, il ment publiquement devant les micros, en disant, non, non, on est en train de me mettre en...

Je pense qu'il ne sait pas comment gérer sa sortie, parce qu'en fait, il y a deux solutions, soit il se fait virer, ce n'est pas très bon, soit il prend l'initiative, et il faut quand même qu'il construise son discours pour dire que je n'assassine pas mon camp,

25:45
Invité

que je suis l'homme du renouveau, c'est compliqué. Il nous vend autre chose quand même que ça. Il nous vend de la bienveillance.

25:53
Présentateur

Donc ça, c'est compliqué. Il y a plein de choses qui sont médiocres, comme la une de Paris Match, où il s'excuse, il met ça sur le dos de son épouse, le jour de la conférence de l'intervention télévisée du président de la République. Je veux dire, tout ça, c'est la mauvaise part de la politique en plus. Je crois que c'est ça que les Français ne veulent plus, justement. Ils veulent qu'on leur parle d'eux, qu'on leur parle... Et le côté chaud, off, c'est assez...

Donc là, vous nous dites que c'est intéressant, c'est au moment où il est au maximum de sa popularité, de la macromania, de la bulle médiatique, de l'intérêt que nous lui portons, et vraiment, on doit s'inclure dedans et l'assumer, vous nous dites qu'il est quand même sur une ligne de crête où il faut qu'il fasse attention, et que ça commence à se voir et à s'entendre. Il casse des tabous à gauche aussi, quand même. Il casse beaucoup de tabous à gauche. L'ISF, quand même, on peut dire... Oui, mais vous nous dites à longueur d'émission que les Français sont beaucoup plus modernes que le Parti Socialiste. Les Français...

Pardonnez-moi, j'insiste, je reformule, que les Français sympathisants socialistes ou de gauche sont souvent parfois plus modernes que les dirigeants du Parti. Là, je parle des tabous, pas de l'appareil du Parti Socialiste, des électeurs du PS. L'ISF, l'électorat du PS, c'est pour le maintien. Le statut de la fonction publique, que Emmanuel Macron a critiqué, beaucoup de sympathisants socialistes sont eux-mêmes membres de la fonction publique, qui sont très attachés à ce statut-là. Donc, sur un certain nombre d'évolutions, sur l'idée qu'il faille donner des marges de manœuvre aux entreprises, que, lui venant de l'économie, il soit plus à même d'écrire ce nouveau monde.

Là, il marque des points, mais sur tous ces sujets-là, vous me posez une question, est-ce qu'il agace ? Je vous donne juste un chiffre. 37% de popularité chez les ouvriers. On est à 70% chez les cadres supérieurs. Donc, il parle à cette France-là, cette France qui va gagner dans la mondialisation. À un moment, notamment sur une présidentielle, où on a 80% de participation, si on ne parle qu'à cette tranche-là de la population, on peut avoir un destin politique, c'est-à-dire faire 5-10% et se vendre ensuite à gauche ou à droite. Mais si on ambitionne de rassembler, je pense qu'on doit...

En plus, vos propos de tout à l'heure, qui m'avaient un petit peu heurté, vous nous disiez, c'est surtout une sympathie dans les rédactions et chez les journalistes. Vous voulez dire que, pardonnez-moi, par rapport à certaines catégories socioprofessionnelles françaises, où il est là, très largement en retrait, il y en a d'autres qui le séduisément, mais que ça... Et alors, il y a un autre élément qui est très intéressant, c'est son très haut score chez les retraités. C'est-à-dire que c'est une des personnalités qui incarne le renouvellement politique, qui est à l'aune de l'État civil très jeune, 37 ans, et sauf qu'il fait son meilleur score chez les personnes âgées.

C'est-à-dire que c'est un jeune... Les personnes âgées, bien leurs petits-enfants. Mais juste... Mais aussi, juste peut-être pour compléter ce point de vue, c'est que Macron, il a été couvé par beaucoup de personnes qui ont déjà un certain âge. C'est Rocard. Vous voyez dans son entourage des gens qui ont cru énormément en lui, qui l'ont poussé, mais qui sont nettement plus âgés que lui. Donc c'est un produit hybride. C'est-à-dire qu'il veut séduire les jeunes, mais c'est vrai qu'il plaît d'abord aux vieux. Paul Ricoeur. Paul Ricoeur. Le problème qu'il a aussi, quand on dit qu'il agace, mais il agace d'autant plus que, finalement, si on se met du point de vue

28:47
Invité

de l'Élysée ou du Parti socialiste, qu'est-ce qui leur apporte ? Ce qui est tout à fait frappant, c'est de voir que ce phénomène Macron, dont on parle, n'a produit aucun effet positif sur la popularité de l'exécutif, sur la popularité du Parti socialiste, et lors des élections intermédiaires, on ne peut pas dire que sa présence ait empêché des défaites historiques. Le problème, et bien effectivement celui qui a été pointé à l'instant, c'est-à-dire qu'il déchire en réalité le tissu sociologique de la gauche.

Effectivement, il plaît à des gens qui préféreront in fine voter pour la droite dès le premier tour, et au sein de la gauche, certes, il en est, grosso modo, ceux qui pensent effectivement être les gagnants de la mondialisation et qui ont par ailleurs une sensibilité de gauche sont enthousiastes, les autres sont effrayés, et notamment, bien sûr, ceux qui se sentent victimes du cours. Ces déchirures font que la gauche est de plus en plus minoritaire.

29:34
Présentateur

Il y a cette déchirure, mais je pense que vous sous-estimez un autre élément que je trouve qu'il apporte Macron, c'est de dire croyez au pays, on se remet en mouvement. La positivité.

29:44
Invité

On positive. On n'est pas dans le discours d'un Fillon qui dit c'est catastrophique, si on ne fait pas le sursaut, on va mourir. C'est un jeune type qui arrive et qui dit écoutez, on a des atouts, il faut juste qu'on écrive une histoire ensemble et qu'on l'amène et tout. Et je trouve que par rapport à ce qui se passe à gauche, moi, mon analyse, c'est que le cycle d'Epinay, c'est-à-dire les deux gauches, la gauche extrême et l'autre gauche

30:08
Présentateur

qui gouvernait, où il y avait une synthèse possible, c'est terminé. Regardez ce qui se passe en ce moment avec le PC, avec les verts, il n'y a même pas une possibilité d'organiser une primaire dans laquelle serait François Hollande. Vous avez cet homme qui arrive et qui dit écoutez, moi je vous ouvre d'autres perspectives qui ne sont peut-être pas classiques, mais au moins je vous remets quelque chose en mouvement. Il faut que ça marche parce qu'il sort du gouvernement aussi parce que là, il ne peut pas continuer à dire ça. Je suis d'accord, je suis absolument d'accord.

C'est un de vos constats, en tout cas, de ce début de l'émission, c'est qu'il va falloir qu'il parte à un moment ou à un autre. Alors, 52% des Français, eux, estiment qu'il ferait un bon président de la République. Dans une autre enquête, il est la personnalité de gauche préférée des Français, coqueluche des médias, nous l'avons dit, et désormais de la presse People. Paris Match affirme avoir fait ses meilleures ventes de l'année avec le couple Macron, c'était la semaine dernière. Les chefs d'entreprise sont sous le charme.

Bref, la Macron-mania est en marche et pour l'instant, sans fléchir, même quand le ministre semble se désolidariser de son épouse après l'une de ses interviews révélant leur vie privée. Magali Lacroix, Stéphanie Ginon, Stéphane Lopez.

31:09
Invité

Comme s'il l'était déjà. Candidat, superstar, meilleur espoir masculin sur la route du pouvoir. Macron séduit même les grands prêtres de la com'.

31:25
Présentateur

On a quelque chose de neuf à se mettre sous la dent, tellement formidable. Bon, il faut l'aimer, il faut l'aider et il va tellement ringardiser les autres.

31:33
Invité

En une de Paris Match, Emmanuel Macron, aux côtés de Brigitte, sa femme, qui se confie sur leur vie, son amour pour lui, façon roman photo populaire et politique, le genre qui marche à tous les coups. Finalement, ça l'a officiellement mis un peu mal à l'aise. Comme vous l'avez vu, je n'ai pas parlé à Paris Match. Mon épouse, à laquelle je tiens beaucoup, a parlé à une journaliste de Paris Match. Mon épouse, elle ne connaît pas le système médiatique. Elle le regrette d'ailleurs profondément. Elle a suffisamment de pressions qui sont liées justement à tous les journaux qui nous tombent dessus. C'est une bêtise. C'est une bêtise qu'on a faite ensemble.

Non pas que je le regrette parce que ça avait beaucoup d'importance. Mais moi, ce qui m'importe le plus et au-delà de tout, de mon engagement, c'est mon couple. Donc je ne laisserai personne m'embêter là-dessus. Mon couple, ma famille, c'est la chose à laquelle je tiens le plus. Ce n'est pas une stratégie de l'exposer. C'est sans doute une maladresse. Je l'assume pleinement et ce ne sera donc pas une stratégie qu'on reproduira. Ça se passe souvent comme ça. On dirait un ministre sans filet. Il tente et qu'en sa dérape, il s'excuse. Comme cette fois où il avait qualifié les salariés de gades d'illettrés.

Les excuses les plus plates elles vont à l'égard des salariés que j'ai pu blesser, que j'ai blessé à travers ses propos et je ne m'en excuserai jamais assez. Ça va être dur de passer là. Un nouveau de la politique qui ne ferait rien comme les autres. Ni à droite, ni à gauche, il se place surtout à la hauteur des Français. Emmanuel Macron a réussi à faire oublier son aspect banquier parce qu'il n'est pas du tout hautain. Il a travaillé sa sympathie, sa proximité. Le cliché du banquier, c'est quelqu'un de très riche, d'accord, mais c'est aussi quelqu'un qui appartient à l'élite et qui vous snob un petit peu. Macron s'est mis tout de suite au niveau des gens.

Quand il a, entre guillemets, insulté des ouvriers, il s'est excusé le lendemain, platement, et ça avait l'apparence d'une très grande sincérité. Ça, c'est nouveau et c'est une façon de connecter avec les gens qui est direct, qui est sans chichi, sans voilà. Donc les gens oublient le banquier, ils voient l'homme et ça, c'est une très grande réussite. Là où il y a un espoir pour lui, c'est que c'est l'un des seuls à gauche qui sache le faire. Ni Manuel Valls, ni François Hollande n'ont cette proximité avec les gens. Macron est arrivé à créer ce raccourci, finalement, avec le cœur des Français. — S'il vous plaît. — Macron, s'il vous plaît. — S'il vous plaît.

La politique en direct et sans intermédiaire. Un nouveau concept très en vogue, l'ubérisation de la vie publique. Ça veut dire transgresser les parcours et les partis politiques. Les entrepreneurs applaudissent.

34:02
Présentateur

Moi, en tant qu'entrepreneur et uniquement en tant qu'entrepreneur, je ne fais pas de politique et je n'y connais rien, j'ai des idées, parce que ça fait depuis que j'ai l'âge de 22 ans que je crée des entreprises, j'ai des idées de comment améliorer l'investissement en France, comment améliorer la vie dans les petites entreprises. — Et elles collent

34:15
Invité

avec le projet de Macron.

34:16
Présentateur

— Elles ne collent pas, elles ne sont pas encore définies, mais elles vont être débattues, mises sur la table. Et ce n'est pas des réformes ni de droite ni de gauche, c'est des réformes de bon sens qui devraient émerger.

34:25
Invité

— La Macron-mania. Dernière invention de la vie politique française. À un an des élections, 52% des Français estiment qu'il ferait un bon président de la République.

34:38
Présentateur

— Alors, en effet, par certains côtés, on a atteint une forme d'agacement. Je voulais la prochaine question SMS. Elle est drôle parce qu'elle révèle aussi, je dirais, la curiosité qu'il suscite et aussi l'énervement. Comment un jeune premier sans expérience, capable de faire des pours d'aussi grosses que lui, pourrait-il devenir président de la République ? — Effectivement, c'est vrai qu'il manque une expérience, c'est bougrement, parce que l'épisode de Paris-Match, il y a plein d'épisodes qui sont critiquables. Après, si vous voulez, la force de Macron, quand même, pour son âge et pour son peu d'expérience, c'est la qualité de sa réflexion. Il y a un fond.

On sent que l'homme est construit, qu'il a réfléchi, qu'il a une vista, qu'il voit bien, et qu'il voit loin. Alors, je ne suis absolument pas dans la micro-ondolâtrie, absolument pas, je m'en garderai bien. J'aimerais d'ailleurs que lui en dise davantage, parce que sur le plan économique, on voit très bien où il est. On voit très bien, c'est un libéral assumé, la remise en cause des 35 heures, la remise en cause de l'ISF, la remise en cause du travail dominical, enfin, tout ça. Ce que d'ailleurs ne traduit absolument pas sa loi, qui ne va pas très loin. On en a beaucoup débattu, ça a duré un an, et cette loi ne réforme pas grand-chose en France. Il faut quand même le dire.

Il y a une deuxième chose qu'il va falloir aborder, c'est tout le côté problème de société. Alors, ce qui est très intéressant, il faut le savoir, les téléspectateurs ne le savent peut-être pas, c'est que Macron, il sort, je dirais, il sort de chez Chevènement. Il a fait la campagne de Chevènement en 2002, il a voté Chevènement en 2002, et Chevènement, c'est quoi ? C'est une gauche qui défend des thèmes nationaux, le Made in France, mais aussi l'autorité à l'école, une tenue, enfin, une France très républicaine. Très républicaine, voilà. J'aurais tendance de vous dire, tiens, on dirait du valse. Oui, oui. Alors, valse, c'était pas... Oui, un peu ça.

Avec une petite chouille de Montebourg, par exemple. Oui, voilà. Et, oui, avec une chouille de Montebourg. Alors, lui, Macron a fait ça. A fait ce parcours-là, il y a 15 ans. Aujourd'hui, si on l'écoute, et si on l'écoute bien sur ce qu'il a dit après les attentats, ça s'est passé un peu inaperçu. Il a eu un discours que moi, j'ai trouvé d'une gauche assez classique, c'est-à-dire justifiant ce qui s'était passé par une explication sociologique. C'est la faute à la société si aujourd'hui, il y a des jeunes qui vont à la dérive et qui prennent l'islam en otage pour commettre des attentats. C'est ce qu'on appelle l'excuse sociale. Non, c'était pas social, c'était sur le climat de défiance.

Il n'a pas dit que c'est les conditions sociales, parce que je me souviens, c'était le discours des Grecs. François... C'est le climat de défiance qui... Vis-à-vis d'une certaine partie de la population. Vis-à-vis d'une certaine. Et donc, c'est le chômage, c'est les 6 millions de chômeurs, c'est le fait qu'on ait rompu avec ce qu'on appelle l'ascenseur social. Ce n'est pas un discours de chevènement. Ce n'est pas un discours de chevènement. Et donc, là, il y a une évolution. Ce n'est pas non plus un discours... Ce que vous voulez dire, c'est qu'il y a des thèmes...

Quel que soit l'intérêt qu'il suscite en ce moment, il va y avoir aussi des thèmes maintenant qui vont commencer à défriser une partie de l'opinion. Je résume votre propos. L'opinion de droite. Bien sûr, bien sûr. Jérôme Fourquet. Jérôme Sainte-Marie. Pardon, Jérôme Sainte-Marie. Et de Jérôme Sainte-Marie, je vous connaisse. Non, non. Et donc, je crois qu'il y a une cohérence interne, si vous voulez, à la pensée d'Emmanuel Macron.

37:58
Invité

Et cette cohérence, elle est devinée, en quelque sorte, par l'opinion. C'est la réconciliation. Il incarne la réconciliation de tous les libéralismes. Le libéralisme économique, le libéralisme culturel, par bien des côtés. Il incarne également la réforme.

38:10
Présentateur

Et il incarne toute cette France. La France qui a pu être chevènementiste autrefois. Il s'est peut-être cherché. Mais aujourd'hui, il s'est trouvé.

38:16
Invité

Il s'est trouvé tout à fait ailleurs. Et il incarne aujourd'hui les espérances de la France qui a voté oui, par exemple, en 2005. Là, c'est vraiment... Et c'est cette France

38:24
Présentateur

qui va s'apprête à voter ensemble au second tour de la prochaine présidentielle,

38:29
Invité

très probablement, contre Marine Le Pen. Le problème,

38:31
Présentateur

c'est qu'il serait parfait, si vous voulez, pour réconcilier les réformateurs, les libéraux, on peut appeler ça comme ça, les europhiles, de gauche comme de droite, face à ceux... On va dire les conservateurs, c'est prépédoratif, mais enfin à tous ceux qui sont antilibéraux, qui sont eurosceptiques, etc. Le problème pour lui, c'est que pour le second tour, il serait parfait. Et là, il y a toute une partie de la France qui aspire à trouver justement cette forme d'union nationale mais qui ne regroupe que 50% de la population, quand même. De droite et de gauche, on est d'accord. De droite et de gauche,

39:01
Invité

la droite de gouvernement et de la gauche de gouvernement rassemblées face à Marine Le Pen. C'est le moment que nous sommes en train de vivre. Le problème pour lui, c'est qu'est-ce qu'il pourra réellement incarner cela ? Ça serait logique. Le problème pour lui, c'est qu'il y a des primaires et qu'il y a un premier tour. Et que pour l'instant, son positionnement et de gauche et de droite, comme on dit, vient trop tôt. Il est à cheval sur ses deux plaques et s'est prématuré

39:21
Présentateur

de quelques mois. Alors, le vrai Jérôme Fourquet. Voilà. Effectivement, ce qu'on peut penser, c'est que, comme Françoise Fresseau se le disait tout à l'heure, on est peut-être à la veille d'une phase de recomposition politique avec le clivage gauche-droite qui s'estomperait. Quelqu'un comme Alain Juppé porte ça en disant j'ai été soutien de Jacques Chirac. Mais si d'aventure je dois affronter Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, moi, contrairement à mon ancien mentor, je ferai rentrer dans mon gouvernement des gens qui m'auront soutenu. Dans ce cadre-là, Emmanuel Macron, une gauche libérale, a toute sa place dans ce gouvernement.

Alain Juppé dit aussi qu'il va falloir à un moment peut-être couper les deux bouts de l'omelette et que les réformateurs ou les gens raisonnables des deux camps se mettent à travailler ensemble pour que, contrairement à ce qui s'est passé sous Nicolas Sarkozy et sous François Hollande, on est une assise politique et sociale qui nous permettent sur la durée d'un quinquennat de faire les réformes qui sont nécessaires et obligatoires. Là-dessus, je pense qu'ils sont en parfaite osmose et ils sont raccords 5 sur 5 avec Emmanuel Macron. Toute la question est de savoir autour de qui cette synthèse va pouvoir se faire. Oui, et avec quelles institutions ?

Parce que tout ce que vous nous dites là, c'est très intéressant, mais c'est très difficile à le faire en ce moment dans le fonctionnement institutionnel du pays. Oui, ça se fait après une présidentielle et notamment avec un choc majeur, par exemple une Marine Le Pen au deuxième tour qui sort à 25-28% au premier tour, un nouveau 21 avril mais qui aura été annoncé deux ou trois ans à l'avance. Et donc là, Alain Juppé qui lui, là d'ores et déjà, commence à préparer les esprits. fait ce que Chirac n'a pas fait. Il prépare les esprits et en face, vous avez du répondant avec un Emmanuel Macron qui dit je serai à la fois de gauche et de droite.

On a posé récemment pour Atlantico une question qui demande est-ce que vous approuveriez en cas où Alain Juppé serait élu président qu'Emmanuel Macron arrive à Matignon ? Oui. 53% des Français nous disent oui. Ce qui est intéressant c'est de regarder comment ça se décompose. 75% de l'électorat UDI le centre droit libéral qui verrait ses voeux exaucés. Et on est également à deux tiers au PS et chez les Républicains. Donc on est bien là dans le schéma d'Alain Juppé se couper les deux morceaux de l'omelette.

On laisse d'un côté le front de gauche et de l'autre le front national et aussi les franges de l'omelette au PS et à droite qui sont soit trop à gauche soit trop à droite pour faire ces réformes. Toute la question encore une fois c'est de savoir qui va pouvoir mettre en marche ce mécano. Emmanuel Macron a sans doute beaucoup d'appétit. Il est porté par cette vague médiatique mais effectivement il y a des lois d'airain sous la Ve République. Il faut un parti il faut des candidats. Alors il a de l'argent il a des conseillers il veut s'inspirer d'Obama on a vu qu'il s'était rapproché d'une société qui fait de l'ingénierie électorale. On va décrire ça dans quelques instants.

Donc il y a tout ça encore faut-il trouver des lieutenants des troupes des électeurs et arriver à se frayer une place par rapport à d'autres poids lourds qui ont déjà préempté ce créneau-là. Parce que je rappelle qu'en ce moment ils lui tapent tous dessus et visiblement on leur avait demandé de le faire ce matin. On a entendu tout à l'heure le ministre Le Drian le ministre Sapin Jean Glavani Jean Glavani a expliqué que ça ne pouvait pas continuer comme ça sur toutes les radios de France ce matin il fallait aller mettre un petit coup de boule.

Oui parce que je pense qu'ils ont réalisé alors peut-être un peu tard qu'il y avait un vrai danger Macron au début ils ont cru je pense que Hollande a cru qu'ils pouvaient encore s'en servir mais là je pense qu'ils ont réalisé. Mais pour rebondir c'est vrai que par rapport à Juppé la question d'âge c'est il y en a un qui a 70 ans et l'autre qui a 38 ans donc qu'est-ce que la France va préférer ?

Moi il me fait beaucoup pensé à Giscard Macron mais Giscard il s'était donné du temps il avait fondé son parti il avait ensuite pactisé il avait pactisé avec Montpidou et puis après son heure était venue mais ça avait duré quand même et la France était plus jeune là Macron faire le pari qui peut y arriver dans un an c'est quand même gonflé mais ils sont très pressés les nouveaux Je rie parce que je vois votre regard quand vous dites c'est quand même gonflé ça vous...

Oui c'est gonflé parce que je me dis quand même 38 ans et croire qu'on peut se faire élire comme ça Dernier mot là-dessus on découvre le dernier portal Oui pour l'instant il fait surtout penser à Jean Le Canu c'est-à-dire qu'il est pour se présenter pour se présenter sur sa propre bannière c'est très compliqué par contre inversement

43:37
Invité

ce que décrivait Jérôme Fourquet c'est bien le fait que ça serait un Premier ministre idéal malheureusement c'est un Premier ministre idéal pour un président de droite C'est pas Le Canu

43:44
Présentateur

c'est Jean-Jacques Servan-Schreiber vous allez voir là c'est tout de suite plus sexy Allez en tout cas là la grande marche d'Emmanuel Macron a commencé plusieurs dizaines de milliers de marcheurs auraient suivi son site dédié En Marche 5000 d'entre eux sont prêts à venir chez vous et ouvrir 500 000 portes afin de recueillir 100 000 contributions préparant des propositions pour le pays une application est en cours de préparation avec une start-up ayant travaillé notamment pour François Hollande enfin le chargé de communication du ministère vient d'abandonner Bercy pour rejoindre l'équipe ce qui donne sans doute une petite idée des priorités d'Emmanuel Macron en dépit de ce qu'il veut bien nous dire Romain Becker Guillaume Biraud Allez partout en France partout pour aller interroger 100 000 Françaises et Français C'est le top départ de la grande marche imaginée par Emmanuel Macron samedi dernier une trentaine d'adhérents du nouveau parti du ministre de l'économie avait rendez-vous à Paris pour une journée de formation théorique et pratique à l'art du porte-à-porte parmi les participants venus de toute la France ce jeune trentenaire militant socialiste séduit par les idées d'Emmanuel Macron mais aussi

44:59
Invité

par sa démarche nouvelle quand je vais aller à la rencontre des gens dans les quartiers ça ne va pas être pour leur soumettre des propositions ça va être pour recueillir ce que eux pensent et peuvent proposer donc c'est là-dessus qu'on a été formé comment aborder les citoyens porte-à-porte et leur soumettre le plus simplement possible ces questions sans déformer les questions sans orienter les réponses c'est des questions qui sont ouvertes Qu'est-ce qui marche en France ? Quelles initiatives récentes vous ont séduit ? C'est le type de questions que poseront les militants à 100 000 français entre mai et juillet Pour mener à bien son entreprise Emmanuel Macron s'est adjoint

45:43
Présentateur

les services de cette start parisienne spécialisée en stratégie électorale en plus de former les militants elle détermine à l'aide de gigantesques bases de données

45:52
Invité

quels quartiers viser en priorité Tous ces petits carrés que vous voyez ce sont des iris c'est un découpage officiel de l'INSEE de 2000 habitants sur lequel il y a énormément de données disponibles que nous on a utilisées pour faire notre analyse de ciblage pour la grande marche Ce que vous voyez en rouge là ce sont les iris prioritaires c'est-à-dire les iris dans lesquels on va demander aux volontaires d'aller frapper aux portes et on s'assure qu'il y en ait un peu partout dans Paris de même qu'on s'est assuré qu'il y en ait un peu partout en France Donc si vous prenez par exemple tous ces iris à Paris et bien pris dans leur ensemble c'est un échantillon représentatif de la population de Paris

46:26
Présentateur

Et les trois dirigeants de cette start-up ont à leur actif

46:30
Invité

quelques belles réussites On a piloté la campagne de porte-à-porte de François Hollande

46:35
Présentateur

Les gens qui travaillent avec vous ils finissent président de la République finalement

46:37
Invité

Ça leur arrive Ça leur arrive Et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique Un mouvement politique nouveau

46:46
Présentateur

Lancé le 6 avril à Amiens En Marche qui revendique aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'adhérents peaufinent donc sa stratégie Si Emmanuel Macron garde pour l'instant le mystère sur ses ambitions futures son discours ressemble pourtant à un début de programme électoral

47:02
Invité

Nous pouvons dans une action commune une volonté commune rassembler des bonnes volontés de droite et de gauche celles et ceux qui croient dans le travail l'émancipation par le travail et véritablement améliorer la vie des travailleurs des entrepreneurs des investisseurs celles et ceux qui croient dans la réconciliation de la liberté et de la justice et celles et ceux qui croient dans l'Europe Est-ce que sur ces trois valeurs la gauche est réconciliée aujourd'hui ? Non Est-ce que la droite est réconciliée ? Non Est-ce qu'il y a des femmes et des hommes de bonne volonté de gauche et de droite qui peuvent travailler ensemble pour faire réussir le pays à un moment essentiel de son histoire ?

Oui Cette semaine

47:43
Présentateur

le conseiller en communication d'Emmanuel Macron à Bercy a quitté le ministère de l'économie pour rejoindre le parti En Marche peut-être une indication sur les priorités actuelles du chouchou des sondages Macron n'a-t-il pas compris avant les autres que les partis politiques sont à bout de souffle et que les français ne les supportent plus ? Nouvelle question SMS de téléspectatrices ou de téléspectateurs Que me dites-vous Jérôme Fourquet ?

Alors effectivement il y a un affaiblissement des structures partisanes qui est tout à fait palpable et vérifiable par tout le monde Néanmoins c'est encore ce qu'on fait de moins mal pour préparer une élection présidentielle On voit tout le mouvement de tâtonnement autour par exemple de la mouvance Nuit Debout qui ne débouche pas encore sur grand chose et donc sur une présidentielle avoir des relais dans tous les départements des gens qui soient un tant soit peu connus qui savent faire du porte-à-porte du militantisme pour relayer la bonne parole c'est quand même important On voit là dans votre reportage une trentaine de jeunes qui viennent se faire former par une structure privée spécialisée On peut faire beaucoup de choses avec de l'argent Je pense personnellement que ça ne remplace pas quand même une armée de militants un peu convaincus Il faut être 5000 qui vont aller faire du porte-à-porte Je vous dis pas que c'est pour du monde On verra Il faut quand même vérifier tous les chiffres qui sont sortis sur le mouvement en marche sont pour l'instant extrêmement fragiles On sait que beaucoup de gens qui ont cliqué par exemple sur le site sont comptés parmi les adhérents C'est très abusif Vous voulez dire que si je rentre sur le site par curiosité pouf je suis compté comme adhérent Je crois que c'est l'expérience qu'a subi mon fils je crois donc il n'en est pas très content mais effectivement il y a des petits procédés Alors du coup je vais aller voir ça va lui faire un clic en plus A force d'aller très vite il y a des petits procédés comme ça qui commence là aussi on l'a dit sur différents modes un petit peu à agacer Par ailleurs cette ingénierie démocratique que l'on voit se déployer actuellement fournit pour l'instant très peu de résultats Je rappelle simplement Excusez-moi sa boutique elle a ouvert il y a moins de 10 jours quand même L'important c'est c'est savoir

49:46
Invité

est-ce qu'il sera incarné je rappelle que c'est le parti le plus archaïque qui soit le Front National qui actuellement fait les meilleurs scores

49:53
Présentateur

Alors moi je pense qu'il a lancé son mouvement parce qu'il avait déjà très bien compris qu'au Parti Socialiste il était personne à non ni un cata et qu'il n'arrivera rien avec le Parti Socialiste Deuxièmement il s'est fait briefer sur la campagne d'Obama en 2008 et c'est ça le modèle qu'il essaye de développer c'est à dire en marge d'un parti essayer de monter vous faites le citoyen militant et voilà qui fait du porte-à-porte qui va essayer de porter la bonne parole alors peut-être ça ne marchera pas C'est dans la culture américaine C'est dans la culture française Mais ça correspond aussi au fait qu'il veut essayer d'aller chercher les gens qui ne votent plus les gens qui se sont désengagés du politique et donc au fond c'est essayer de remettre aussi la société en mouvement puis s'il n'y arrive pas il dira au moins j'ai essayé de bouger ça n'a pas marché vous n'avez pas voulu mais il aura été proactif là-dessus Donc là encore moi je regarde ça avec intérêt peut-être ça ne marche pas c'est peut-être pas dans la tradition française mais en tout cas il y a une volonté d'analyser cette crise de la démocratie enfin si vous avez Le Pen au deuxième tour plus une abstention importante à la présidentielle c'est qu'il y aura quand même quelque chose qu'on aura raté dans la démocratie française en 2017 si lui ça permet d'associer un peu plus les citoyens et d'essayer ça peut être regardé avec intérêt aussi Il a combien de temps pour réussir si c'est vraiment son objectif est-ce que c'est pas alors vous nous suggérez comme un peu aujourd'hui que c'est peut-être déjà trop tard Oui je pense que c'est un peu tard il y a plusieurs choses à dire d'abord le fait il faut que s'il veut que ça réussisse il veut que ça prenne il faut qu'il quitte le gouvernement il ne peut pas rester parce qu'il est comptable aussi du bilan de François Hollande qui est plus impopulaire que jamais du Premier ministre dont la popularité se dégrade aussi de jour en jour donc il ne peut pas être à la fois au pouvoir et dans la contestation parce que là c'est vraiment ce qu'il est quand on dit il faut supprimer l'ISF vous ne pouvez pas supprimer l'ISF quand vous êtes dans un gouvernement prétendument socialiste c'est pas possible surtout avec un président qui a clairement dit qu'il ne supprimerait pas l'impôt sur la fortune ça c'est la première chose la deuxième des choses il faut quand même revenir je crois c'est très important à ce que disait Jérôme tout à l'heure sur le alors pardon je vais employer des termes qui sont les milieux urbains bobos bourgeois bohème tout ça et la France alors pardon réelle je ne sais pas s'il faut l'appeler comme ça c'est à dire la France les bobos ils existent ils sont réels oui d'accord mais attendez il n'y a quand même c'est pas rien ce que dit François vous pouvez dire si vous voulez les gentils néo 68a voilà et le pays profond voilà rien ne prouve que les gentils 68a ne soient pas dans le pays profond je ne suis pas sociologue excusez moi vous voyez ce que je veux dire c'est la France déri-urbaine dont on a beaucoup parlé ces derniers mois c'est à dire la France on peut dire les gens qui souffrent mais ceux qui sont plus contégés là où il n'y a pas d'emploi là où il y a les services publics les français qui souffrent voilà exactement est-ce que le discours de Macron ils l'entendent je ne suis pas persuadé pourquoi Marine Le Pen a un tel succès alors qu'elle est en cure d'abstinence médiatique on ne la voit plus alors que eh bien elle n'a pas changé de discours elle ne cherche pas à séduire et tout ça c'est elle aujourd'hui qui est toujours en tête oui mais moi ce qui m'intéresse c'est justement la confrontation Macron-Le Pen ça m'intéresse beaucoup oui mais il faut qu'elle ait lieu il faut qu'elle ait lieu il faut qu'elle ait lieu alors pour le moment si vous voulez vous avez quelqu'un qui d'un côté vend du rêve enfin vend du rêve même pas auprès de ces gens là vend une certaine idée de la France on va dire et à côté vous avez une personne qui donne des solutions très précises à ce qu'elle veut faire je ne dis pas que ces solutions sont des bonnes solutions ni qu'elle pourra les mettre en oeuvre parce que c'est compliqué mais voilà on est dans ce dans ce schéma là et c'est pour ça que je ne vois pas aujourd'hui encore Macron vous nous dites qu'il y a une opposition entre le marchand de rêve et la marchande de catastrophes quand même puisque oui ou si une partie de solutions on va dire mais de solutions je ne sais pas si les solutions sont bonnes dans tous les cas mais Marine Le Pen on sait à quoi s'en tenir je ne suis pas sûr que Macron en dehors de l'image qu'il dégage en dehors d'une certaine qualité de discours et bien les français adhèrent complètement moi ce que je trouve intéressant

54:05
Invité

c'est qu'il pose le débat qui est éludé parce que ça divise chacun de Europe pas Europe mondialisation pas mondialisation et est-ce qu'on va jusqu'au bout et si on va jusqu'au bout

54:15
Présentateur

et bien quelle solution voilà et là vous avez une confrontation qui décrit entre ceux qui sont pour la fermeture de la France et puis ceux qui sont pour le verre Jérôme Saint-Marie et on part aux questions SMS oui très rapidement c'est à dire effectivement je suis d'accord il produit en quelque sorte de la clarification malheureusement pour Manuel Valls

54:32
Invité

qui est appelé à la clarification elle est produite par effectivement ce couple opposé Le Pen et Emmanuel Macron mais il produit aussi juste pour finir

54:42
Présentateur

cette déchirure de la gauche ça c'est intellectuellement c'est très séduisant mais dans la réalité politique

54:46
Invité

ça produit également cette offensive Macron des très bons résultats par exemple pour Mélenchon actuellement

54:52
Présentateur

en fait Emmanuel Macron maintenant on attend tout simplement qu'il nous dise des choses sur comment on combat le chômage comment éventuellement on baisse les impôts et comment on gère le terrorisme auquel la France est confrontée en permanence le mode d'encore vous avez fait ces trois points là vous avez à mon avis 80% des préoccupations du moment des Français on va passer aux questions SMS Macron a des idées intéressantes mais pas la sérénité ni la stature d'un président Ce qu'on disait tout à l'heure sur l'aspect égo un peu surdimensionné qui a peut-être aussi été entretenu par tout l'engouement médiatique autour de lui c'est-à-dire que ça va très très vite c'est grisant on fait la couverture de Paris Match Paris Match une semaine après vous dit qu'on n'a jamais fait de telles ventes depuis un an on est en tête des baromètres de popularité on est invité sur tous les plateaux télévisés donc tout ça et bien pèse je pense aussi sur la psychologie et donc la faute de car n'est jamais loin vous avez repassé tout à l'heure l'exemple de la sortie sur les idées très en Bretagne ça avait fait énormément de dégâts on peut penser que dans une campagne électorale présidentielle si d'aventure il se lance ce genre de faux pas même s'il a une trouble de communicants autour de lui va amener à être répété il y a quand même un savoir-faire une pratique politique qui nécessite un petit peu de maîtrise En tout cas il faut peut-être tout simplement qu'il se densifie ou qu'il se clarifie un peu plus pour qu'éventuellement on accepte des erreurs de ce type qu'il pourra à ce moment-là peut-être assumer différemment Macron est-il le poulain du MEDEF ?

Oui donc je pense que le MEDEF prendra comme poulain celui qui épouse ses idées et c'est vrai que là pour ceux qui sont au pouvoir c'est le seul qui dit enfin il y a eu Manuel Valls Manuel Valls quand même allait dire au MEDEF à l'université du MEDEF tout le bien qu'il pensait de l'entreprise tout ça et qui était un discours qu'on n'avait jamais entendu vraiment dans la bouche des socialistes Il y a eu un épisode c'est qu'il s'est beaucoup fritté avec le MEDEF sur l'histoire des droits de vote double dans les sociétés c'est-à-dire que quand il estime qu'il faut défendre l'État il va le défendre et quand Hollande l'a nommé ministre il a dit je ne suis pas là pour faire des risettes au patron je veux agir donc non je ne pense pas c'est trop caricatural de dire c'est le produit du MEDEF alors quel est le bilan de Macron en dehors des lignes de CA Nul il n'y en a pas je suis désolé Macron c'est une parole c'est un verbe c'est une image mais il n'a pas de bilan la loi Macron elle modifie l'économie à la marge elle ne créera pas d'emplois ou très peu la loi Noé dont je vous ai parlé tout à l'heure sur la transition économique malheureusement elle a débouché sur rien du tout la loi Macron qui devait être 2 est devenue la loi El Khomri donc ce n'est plus lui qui l'apporte requalifié par lui Tartemol Tartemol et il accepte d'ailleurs que cette loi soit complètement vidée de son contenu alors qu'elle devait reprendre des éléments qu'il n'avait pas pu mettre dans la loi Macron 1 enfin bon pour le moment ce n'est pas lui faire outrage que de dire que et en plus il est au gouvernement donc s'il est au gouvernement en France c'est la solidarité gouvernementale vous acceptez j'ai bien compris que vous voulez qu'il sorte j'ai dit ça non mais on ne va pas le mettre sur un piédestal dehors je pense qu'il a identifié ce risque c'était celui qui pèse aujourd'hui encore sur François Fillon c'est à dire que François Fillon aujourd'hui dit à l'électorat de droite j'ai voulu faire les réformes mais Nicolas Sarkozy m'en a empêché les électeurs de droite aujourd'hui ont du mal à acheter cette histoire là Emmanuel Macron c'est plus vendable de dire moi j'étais le vrai réformateur et vous avez bien vu que les autres avaient le pied sur le frein mais dans ce cas là il faut aller jusqu'au bout de l'histoire et sans doute pour aller dans le sens de Yves envisager une sortie pour pouvoir dire voilà j'avais toute une série une panoplie d'outils réformateurs que j'ai proposé au président de la République encore en janvier 2016 on n'a pas acheté ma copie et donc j'en ai tiré les conséquences les conclusions la situation de la France est très dégradée il faut maintenant passer à cette étape supérieure je rappelle qu'on s'est quand même à peu près mis d'accord les uns les autres pour dire que son engagement et l'annonce du mouvement coïncidait en gros avec sa compréhension du fait que voilà blocage et là il le met en scène il le met en scène et il l'explique voilà je parais que cet homme aura abandonné le monde politique d'ici quelques années alors ça c'est le c'est la grande question que je me pose parce qu'effectivement quand vous l'entendez c'est un peu la nouvelle génération qui dit moi je veux tout casser maintenant et puis si ça marche pas je ferai autre chose j'ai revu récemment Tapie qui disait mon meilleur souvenir de ma vie politique c'est quand Mitterrand m'a nommé ministre de la ville c'était un grand moment et il vivait dans une nostalgie de ce qu'il faisait au gouvernement donc ce qui me fait dire que quand vous avez goûté au pouvoir quand vous avez été ministre c'est pas sûr que vous renonciez après qu'il fasse autre chose voilà c'est une drogue forte j'attends c'est une drogue très forte quelle différence entre Valls et Macron ?

il y a une différence qui est énorme c'est Valls si vous voulez je pense que Macron a un discours qui est assez spontané sur le plan économique en tous les cas Valls est plutôt sur le côté républicain autorité tout ça mais Macron a une force par rapport à Valls d'abord il est un peu plus jeune et deuxièmement il peut avoir une stature internationale qui à mon avis peut être très rapide on l'a vu à Davos ils étaient tous les deux à Davos Davos qui est vraiment le symposium de toutes les grandes forces économiques si vous voulez de ce monde et Macron a fait un tabac pourquoi ?

parce que Macron parle couramment anglais il parle je crois aussi assez bien allemand il était comme un poisson dans l'eau le premier ministre Emmanuel Valls Emmanuel Valls il était comme un banquier au milieu de gens qui traitent d'affaires Emmanuel Valls d'abord l'économie on verra au salon de l'agriculture c'est pas son terrain de jeu favori et puis deuxièmement il est bloqué un peu par ça si vous voulez donc ça va faire quand même

1:00:38
Invité

Valls c'est quand même un atout

1:00:39
Présentateur

c'est le fait excusez-moi un atout c'est quand même le fait qu'il parle davantage quand même à la gauche il a donné des gages là-dessus c'est assez amusant parce que c'est lui qui disait à un moment donné le parti socialiste c'est quelque chose de passé etc il voulait supprimer il voulait couvrir les charmes il voulait couvrir les charmes à un moment Valls mais maintenant Valls c'est très intéressant parce que c'est un réaliste et il retrouve dans ce moment précis les charmes du clivage gauche droite et c'est lui qui s'en fait le défenseur ce qui idéologiquement est totalement aberrant par rapport à ce qu'il prétendait auparavant parce que jusqu'à là encore une fois jusqu'au premier tour de la présidentielle à mon avis pas après mais jusqu'à ce premier tour ça se passe comme cela donc lui pour succéder en quelque sorte que vous mettez le doigt sur le truc essentiel c'est soit ça se passe comme ça et effectivement Hollande et Valls ont raison soit ça se passe pas comme ça et c'est Macron qui est la dynamique voilà Macron est-il autre chose qu'une start-up politique qui fait le buzz où en sont nos où en est l'opinion des français par rapport à ce genre de critique selon vous parce que ce qu'on disait tout à l'heure sur la popularité de papier on va voir assez rapidement elle est quand même très forte en ce moment très très forte mais on a vu des emballes on a parlé de Bernard Kouchner tout à l'heure vous n'avez pas échappé que quelqu'un comme Ramayad fait son retour politique reprenez les unes et les couvertures de magazines sur Ramayad il y a encore 5-6 ans personnalité politique des français elle a elle a le bilan le bilan alors on ne va pas comparer les deux ils n'ont pas la même équation personnelle mais le bilan pour Ramayad c'est aucun mandat électoral exclut des partis politiques où elle a été et aujourd'hui elle se lance parce qu'on peut facilement aujourd'hui se lancer vu le système l'état de décomposition du système politique mais on a quand même vu une dégringolade en flèche la concernant donc pour Emmanuel Macron il faut être quand même relativement prudent même s'il a une popularité très forte il est en train de se passer quelque chose et il y a sans doute une carte à jouer et un moment politique qui est relativement favorable pour répéter la popularité n'est pas l'intention de vote Emmanuel Macron donne un coup de jeûne à la politique et ça risque de marcher non nous demande un téléspectateur aux vieux pardon ça plaît aux personnes âgées oui mais c'est vrai mais c'est vrai qu'ils sont nombreux les personnes âgées une des choses que j'apprends dans l'émission c'est de savoir qu'il accroche bien avec les seniors mais qui sont beaucoup plus nombreux qu'à l'époque où Valéry Giscard d'Estaing était élu on est quand même en plein paradoxe parce que d'un autre côté l'homme qui est populaire notamment à droite aujourd'hui c'est le plus âgé qui a bientôt enfin qu'à 70 ans vous voulez dire Alain Juppé Alain Juppé et puis vous savez qu'on est en train de fantasmer la classe rêvée des français il y a quelque chose enfin en ce moment oui enfin il y a quelque chose je suis sûr que les français si on leur vendait un deuxième tour un second tour d'un présidentiel Bruno Le Maire Emmanuel Macron tout le monde achèterait parce que justement ça serait un coup enfin je pense que quand même il y aurait quelque chose de nouveau Mario Maréchal Le Pen a dit il était interrogé puisque en pleine Macron-mania sur Emmanuel Macron on l'a dit c'est Alain Juppé avec 30 ans de moins oui et une barbe de 3 jours une barbe de 3 jours selon les époques parce qu'il l'avait à l'époque selon les saisons peut-on avoir confiance en un homme qui trahit le président de la République on est dans la trahison déjà là ou pas encore je pense que ça c'est c'est ce qui est difficile à gérer pour lui c'est que à un moment il va falloir qu'il clarifie et qu'il ne se trompe pas de message il va souffrir mais ce que je pense c'est qu'il a quand même une cohérence de discours et il a une cohérence de ligne et il a ce que je pense les français attendent c'est un récit national sur la France n'est pas foutue on peut se remettre en marche et ça je pense que c'est un atout quand même assez important en marche n'est-il pas le parti de gauche favorable à l'entreprise et à l'économie de marché qui manquait à la France vous savez quand même il faut être quand même très mal il faut faire attention parce que le part socialiste justement en tout cas ce qu'il représente c'est quand même a beaucoup changé idéologiquement le congrès de Poitiers a montré qui validait la ligne suivie par François Hollande et donc c'est pas forcément une nécessité absolue voilà ce que nous pouvions vous dire ce soir sur la trajectoire d'Emmanuel Macron et j'espère que nous avons en partie répondu à la question que nous vous posions où est Macron rediffusion de ce C dans l'air à 22h40 ce soir 22h40 dimanche vous avez rendez-vous avec Caroline Roux pour C Politique à 19h en direction France 5 son invité la ministre de la Santé Marisol Touraine je vous souhaite donc un excellent week-end merci à nos invités merci à vous de nous avoir suivis et merci surtout de votre fidélité à la semaine prochaine