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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 23 septembre 2024 6 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Bruno Cautrès : "Michel Barnier essaye de bricoler une nouvelle coalition entre LR et macronistes"

Au micro : Mathilde MunozSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    C'était ça le but de l'interview ? Donner des gages à droite et à gauche ?

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Qu'un Premier ministre soit obligé de dire « je ne reviendrai pas sur l'IVG », c'est pas anodin quand même.

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Et rassurer aussi l'extrême droite, puisque sécurité, immigration, ça ce sont des thèmes aussi dont il a parlé hier soir.

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Et puis ce n'est pas gagné non plus finalement à l'intérieur de cette alliance gouvernementale.

  • 4:39OuverteRéponse directe

    Vous, vous la voyez comment cette relation ?

  • 5:19OuverteRéponse directe

    Quelles sont celles qu'il faut observer de près s'il y en a ? Est-ce que c'est vraiment important ou c'est juste de la mise en scène ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « Michel Barnier sait qu'au fond, sa position politique est quand même pour le moment extrêmement fragile. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « Sa nomination à Matignon ne reflète pas totalement en tout cas ce qui s'est passé tant aux élections européennes qu'aux élections législatives. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Il met Didier Migaud qui vient du Parti Socialiste en tête dans l'ordre protocolaire du gouvernement, ministre de la Justice garde des Sceaux. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Par exemple Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, d'autres personnalités issues des rangs des Républicains. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Le Rassemblement national, Marine Le Pen, Jordan Bardella, ont dit que dans un premier temps, au fond, ils ne se voyaient pas sanctionner tout de suite le gouvernement Barnier. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Il essaye de bricoler une nouvelle coalition. »
  • 3:42Invité politiqueFait
    « C'est une coalition entre les républicains et les macronistes. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « Le chemin reste à faire pour Michel Barnier. »
  • 4:58Invité politiqueFait
    « Michel Barnier, par exemple, hier soir, sur les questions de politique européenne et de politique étrangère, il a rappelé que lui, il avait été ministre d'affaires étrangères. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur31 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Invité politique

France Inter, Mathilde Munoz, 5-7.

0:08
Présentateur

Il est 6h21, nous sommes le lundi 23 septembre, c'est le jour où tout commence pour le gouvernement Barnier. Les ministres prennent leur fonction aujourd'hui avec l'épassation de pouvoir et le premier conseil à 15h. Bonjour Bruno Cotteres. Bonjour. Vous êtes politologue, chercheur CNRS au Cévipof, le centre d'études de la vie politique française, enseignant à Sciences Po. Michel Barnier a donné le cap hier soir, le premier ministre était dans le 20h de France 2. Il s'est montré ferme sur l'immigration, rassurant sur les grands sujets sociétaux. C'était ça le but de l'interview ? Donner des gages à droite et à gauche ?

0:42
Invité politique

Oui, sans aucun doute. Michel Barnier sait qu'au fond, sa position politique est quand même pour le moment extrêmement fragile. Sa nomination à Matignon ne reflète pas totalement en tout cas ce qui s'est passé tant aux élections européennes qu'aux élections législatives. Il n'est pas parvenu au fond à faire ce gouvernement de large rassemblement à l'ordre du centre-gauche au centre-droite, ce qui était un peu la feuille de mission d'Emmanuel Macron dès le 10 juillet. Il sait qu'il doit rassurer la preuve. Il met Didier Migaud qui vient du Parti Socialiste en tête dans l'ordre protocolaire du gouvernement, ministre de la Justice garde des Sceaux.

Donc on voit effectivement Michel Barnier qui était en opération hier soir au fond de ce vouloir à la fois rassurant mais toujours rassembleur. Voilà, on voit que pour le Premier ministre, le nouveau Premier ministre, c'est très important dès le début de sa prise de fonction d'essayer de maintenir ce cap parce que ça n'est pas du tout évident.

1:38
Présentateur

Qu'un Premier ministre soit obligé de dire « je ne reviendrai pas sur l'IVG », c'est pas anodin quand même. Au vu du profil très conservateur de certains de ses ministres, ça veut dire que ça va être une difficulté pour ce gouvernement ? Il va traîner ce soupçon de revenir en arrière jusqu'à la fin de son mandat ?

1:55
Invité politique

Peut-être pas jusqu'à la fin de son mandat. En tout cas, il doit sans aucun doute, dès le début de sa prise de fonction, dès le début de son gouvernement, effectivement rassurer et donner des gages à un électorat qui peut s'inquiéter de voir un certain nombre de personnalités politiques qui ont eu des prises de position, qui étaient plutôt dans le domaine du conservatisme social, on va dire des choses comme ça. Par exemple Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, d'autres personnalités issues des rangs des Républicains. Donc effectivement, le Premier ministre doit impérativement rassurer sur cette dimension.

2:26
Présentateur

Et rassurer aussi l'extrême droite, puisque sécurité, immigration, ça ce sont des thèmes aussi dont il a parlé hier soir, des thèmes aussi que Marine Le Pen met en avant et sur lesquels elle menace le gouvernement de censure.

2:39
Invité politique

Bien évidemment, le Rassemblement national, Marine Le Pen, Jordan Bardella, ont dit que dans un premier temps, au fond, ils ne se voyaient pas sanctionner tout de suite le gouvernement Barnier. C'était à lui, d'une certaine manière, de leur donner des gages, à la fois d'une tonalité respectueuse vis-à-vis du Rassemblement national, mais effectivement sur la grande question du Rassemblement national, le sujet bien évidemment de l'immigration. Et là-dessus, Michel Barnier hier a voulu incarner une ligne effectivement de fermeté.

3:08
Présentateur

Et puis ce n'est pas gagné non plus finalement à l'intérieur de cette alliance gouvernementale. Ce n'est pas franchement solide quand on voit que des macronistes lui mettent déjà la pression. Gabriel Attal, on en revient, qui demandait des garanties sur la PMA, l'IVG, les droits LGBT. Et Bruno Le Maire, hier soir, lors de la passation de pouvoir, qui a redit qu'augmenter les impôts était une solution de facilité. Ça craque de partout quand même, mais dès le début là ?

3:30
Invité politique

On voit la difficulté au fond de la tâche de Michel Barnier. Au fond, il essaye de bricoler une nouvelle coalition. Parce qu'appelons les choses par le nom, c'est une coalition entre les républicains et les macronistes. Par contre, cette coalition n'a pas été pensée depuis plusieurs années. Elle est issue comme une solution, on va dire, un peu ad hoc, bricolée au lendemain des élections législatives, au lendemain de cette période de consultation, de confusion qu'on a eue depuis de nombreuses semaines pendant tout l'été. Et donc on voit que la dimension programmatique, unifiante, qui normalement doit réunir les membres d'un gouvernement, elle se cherche.

D'une certaine manière, le chemin reste à faire. Pour Michel Barnier, il doit effectivement trouver la voie de passage entre des macronistes qui ne veulent pas que des pans entiers de l'héritage du macronisme soient remis en cause, au plan économique ou sociétal. Et puis les franges les plus concernés par l'immigration, par la question des déficits publics, à droite. Donc une voie de passage très étroite pour Michel Barnier.

4:29
Présentateur

Et puis il y a Emmanuel Macron lui-même, Michel Barnier a dit qu'il travaillera en bonne intelligence avec le chef de l'État, le président préside, le gouvernement gouverne, les rôles sont vraiment clairs. Vous, vous la voyez comment cette relation ?

4:42
Invité politique

Dans un premier temps, je pense que c'est une relation qui se cherche. Ce sont deux personnalités politiques qui se connaissent bien évidemment, mais qui n'ont jamais travaillé ensemble. Donc une relation qui se cherche. Et au tout début, j'imagine que chacun va essayer un peu de tester là, de voir où sont les limites des compétences. Michel Barnier, par exemple, hier soir, sur les questions de politique européenne et de politique étrangère, il a rappelé que lui, il avait été ministre d'affaires étrangères, il avait été commissaire européen. Donc il entendait aussi dire son mot sur les questions au minimum européennes, voire internationales.

5:14
Présentateur

Bruno Cotteres, une dernière question sur l'un des rendez-vous de la journée, les passations de pouvoir. Quelles sont celles qu'il faut observer de près s'il y en a ? Est-ce que d'ailleurs c'est vraiment important ou c'est juste de la mise en scène ?

5:26
Invité politique

C'est un peu de la mise en scène quand même. Alors il faut toujours surveiller les mots-clés qui sont utilisés en particulier par un certain nombre de personnalités au moment de la passation de pouvoir. Mais voilà, on va en particulier, je pense, surveiller ce qui va se passer sur toutes les dimensions sociales, la famille, l'emploi, le social. Voilà, des thèmes sur lesquels il y a beaucoup d'inquiétude quand même chez les Françaises et les Français vis-à-vis de ce nouveau gouvernement. Mais n'exagérons pas, c'est vrai que ces passations de pouvoir, c'est très largement de l'ordre du symbole.

Mais on a vu au moment de la passation de pouvoir entre Gabriel Attal et Michel Barnier, que derrière les politesses républicaines pouvaient se cacher des tensions ou en tout cas des effets d'affichage.

6:09
Présentateur

Merci beaucoup pour votre analyse Bruno Cotteres, chercheur SCNRS. Au Cévis-Pov, vous étiez l'invité du 5-7.