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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 juin 2020 23 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeSantéÉconomie & entreprises

Damien Abad (LR) : "Il n'y a pas de violences policières systématiques, organisées, en France"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Comment recevez-vous ces manifestations et ces critiques adressées aux forces de l'ordre ? Y a-t-il un problème avec la police française ?

  • 1:45RelanceRéponse directe

    Mais est-ce qu'il apaise les tensions, Christian Jacob, quand il dit non, il n'y a pas de violences policières en France ?

  • 1:57RelanceRéponse directe

    Est-ce que cette phrase est maladroite ? C'est vrai qu'il l'a dit avec une telle assurance, les violences policières n'existent pas en France.

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est normal qu'un jeune entre 18 et 24 ans, noir, arabe ou perçu comme tel, ait 20 fois plus de probabilité de se faire contrôler par la police ?

  • 3:57OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez de la suspension systématique pour chaque soupçon avéré d'acte ou de propos raciste ?

  • 5:03OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a demandé à la ministre de la Justice de recevoir la famille d'Adama Traoré. Il a raison de lui demander ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « Je considère qu'il n'y a pas de violences policières au sens de système organisé, systématique dans la police française. »
  • 2:53Invité politiqueChiffre
    « Il y a 20 policiers et gendarmes par jour qui sont victimes de violences en tant que telles. »
  • 3:20PrésentateurChiffre
    « Un jeune entre 18 et 24 ans, noir, arabe ou perçu comme tel, avait 20 fois plus de probabilité de se faire contrôler par la police. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Si ce jeune a commis un certain nombre de faits délictueux, et s'il l'a fait 5 fois, 10 fois, 15 fois, alors c'est normal qu'il y ait ces contrôles-là. »
  • 6:13Invité politiqueFait
    « Nous remonterons jusque-là où c'est nécessaire. Et pour moi, je pense qu'on peut remonter tout à fait jusqu'au moment de la grippe aviaire. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Nous n'oublierons pas non plus d'auditionner Mme Touraine et également Olivier Vérin. »
  • 6:52Invité politiqueFait
    « On avait des stocks de masques massifs chirurgicaux et ce qu'on appelle les masques FFP2 pour notamment le personnel soignant et qui fait qu'aujourd'hui on se retrouve avec une absence totale de ces masques-là. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « La filière aéronautique comme la filière automobile seront certainement les deux filières les plus touchées en France. »
  • 10:38Invité politiqueChiffre
    « C'est quand même 295 000 emplois. »
  • 12:42Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas un bon deal. »
  • 13:32Invité politiqueChiffre
    « Il y a 700 000 jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. »
  • 13:36Invité politiquePromesse
    « Nous proposons d'exonérer pendant deux ans de toute charge sociale patronale tous les jeunes qui seront embauchés par une entreprise en CDI. »
  • 15:36Invité politiqueChiffre
    « Chaque année, il y a 10 000 agressions des forces de l'ordre. »
  • 16:33Invité politiqueChiffre
    « Les dépenses armées, police, justice, c'est moins de 3% du produit intérieur brut en France. »
  • 20:47Invité politiqueFait
    « Une infirmière qui est au bout de 10 ans et est à 1800 euros net, c'est quelque chose qui est inadmissible. »

Temps de parole

  • Damien Abad64 %
  • Présentateur17 %
  • Invité13 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien de la matinale le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Vos questions, amis auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Damien Abad, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter ce matin avant d'aborder avec vous les travaux à venir de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, d'aborder aussi le second tour des élections municipales.

Commençons par ces manifestations, il y en aura une ce soir encore qui dans le sillage de la mort de George Floyd aux Etats-Unis dénoncent les violences policières, les contrôles au faciès voire le racisme des forces de l'ordre ou de certains de leurs membres ici même en France. Comment recevez-vous ces manifestations, ces critiques adressées aux forces de l'ordre ? Y a-t-il un problème avec la police française ? Ou diriez-vous, comme le président de votre parti Les Républicains, Christian Jacob, que les violences policières n'existent pas en France ?

1:02
Damien Abad

D'abord, je veux dire que toute forme de racisme, d'où qu'elle vienne et quelle qu'elle soit, est inacceptable et encore plus dans notre pays. Je considère qu'il n'y a pas de violences policières au sens de système organisé, systématique dans la police française. Je considère par contre qu'il peut y avoir des comportements individuels qui peuvent être parfois violents ou racistes et qui donc doivent être sanctionnés. Je différencie aussi les Etats-Unis de la France. On voit bien que la police française, et heureusement, n'a pas les mêmes comportements ni les mêmes méthodes de travail que la police américaine, et c'est tant mieux.

Et surtout, ce qui m'inquiète, c'est la fracturation de la société française entre finalement deux Frances qui risquent de se faire face à face. Et c'est là où le rôle d'un responsable politique, c'est d'apaiser les tensions et ne pas jouer ou surfer sur l'émotion.

1:45
Invité

Mais est-ce qu'il apaise les tensions, Christian Jacob, quand il dit non, il n'y a pas de violences policières en France ? Ça n'existe pas ?

1:53
Damien Abad

Je crois qu'il n'y a pas de violences policières au sens systémique du terme. C'est ça l'enjeu. Après...

1:57
Invité

Est-ce que cette phrase est maladroite ? C'est vrai qu'il l'a dit avec une telle assurance, les violences policières n'existent pas en France. C'est un fantasme ?

2:05
Damien Abad

Non, mais ce qu'a dit Christian Jacob, et là où il a raison, c'est que symboliser et imaginer que la police, de manière collective, incarne finalement la violence en tant que telle, c'est effectivement une non-réalité en France. Par contre, et ce qu'il a dit aussi, c'est qu'il y a une certaine haine antifique qui commence aussi à monter en France, et qui est aussi une réalité, et qui est tout aussi condamnable que des comportements qui peuvent être dérivants sur le plan raciste ou sur le plan de la violence. Donc voilà, je crois que c'est cela, ces propos. Et d'ailleurs, Éric Ciotti l'a dit aussi hier matin, nous l'avons tous rappelé, il faut aussi soutenir la police française.

Je rappelle qu'elle a souffert beaucoup, notamment lors des manifestations différentes et variées qu'il y a eu dans notre pays. J'ai eu cette image encore de l'Arc de Triomphe, où la police recule sous la violence des manifestants. Il ne faut pas oublier qu'il y a 20 policiers et gendarmes par jour qui sont victimes de violences en tant que telles, et ça, ça ne doit pas non plus rester sous silence.

3:00
Présentateur

Hier, au micro de France Inter, à votre place, le défenseur des droits, Jacques Toubon, demandait la possibilité de tracer les contrôles d'identité. Il a également cité une étude de ses services, une étude de 2016 qui établissait qu'un jeune entre 18 et 24 ans, noir, arabe ou perçu comme tel, avait 20 fois plus de probabilité de se faire contrôler par la police. Est-ce que c'est normal ?

3:26
Damien Abad

Tout dépend de ce qu'a fait le jeune en question. Bien sûr que si c'est uniquement sur la couleur ou sur la race, c'est totalement inadmissible et intolérable, parce qu'on crée une stigmatisation qui n'est pas acceptable. Mais si ce jeune a commis un certain nombre de faits délictueux, et s'il l'a fait 5 fois, 10 fois, 15 fois, alors c'est normal qu'il y ait ces contrôles-là. Par contre, je le dis, moi je suis favorable à un certain nombre de mesures, y compris à la mesure du caméra piéton, qui permettra justement, sur les contrôles d'identité, d'éviter soit des excès dans un sens comme dans un autre. Je trouve que c'est une évolution de laquelle, en tout cas, je suis favorable.

3:57
Invité

Alors, c'est ce qu'a annoncé notamment Christophe Castaner hier, qui a pris la parole. Il a demandé à ce qu'une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'acte ou de propos raciste. Il va adresser une instruction à tous les services de police et de gendarmerie pour rappeler le contrôle, le cadre des contrôles d'identité, et donc l'usage des caméras piétons. Et puis enfin, la fin, l'abandon de la méthode dite de la prise de coups, de l'étranglement. Qu'est-ce que vous en pensez de cela ?

4:22
Damien Abad

Sur la méthode de la prise de coups d'étranglement, j'écoute aussi ce que disent les syndicats de police, c'est-à-dire qu'il faut que les policiers puissent avoir un moyen d'intervenir face à un manifestant violent. Moi, je ne suis pas spécialiste de ces méthodes-là. Je dis simplement que si cette méthode a un certain nombre de dangers, je peux comprendre, en tout cas, qu'elle soit réduite à son strict minimum. Par contre, là où j'ai un désaccord avec le ministre de l'Intérieur, c'est sur le soupçon avéré de racisme. Attention à ce que la suspicion ne devienne pas une présomption de culpabilité.

Et ça, c'est un risque et un danger réel également, qui risque peut-être aussi d'inverser la peur dans notre société française. Et je crois qu'on a un devoir de vigilance par rapport à ça, parce que là, on peut ouvrir une brèche qui pourrait être, dans l'avenir, très dangereuse.

5:03
Invité

Emmanuel Macron a demandé à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, de recevoir la famille d'Adama Traoré. Il a raison de lui demander ça ?

5:10
Damien Abad

Non, mais surtout que, là aussi, on est dans la confusion la plus totale. On a une ministre qui nous explique qu'elle n'intervient pas sur des dossiers individuels, et puis ensuite, on apprend qu'elle voudrait recevoir, Place Beauvau, qu'elle voudrait recevoir la famille. Donc moi, je crois qu'elle doit s'entendre...

5:24
Invité

Alors que l'instruction dure encore.

5:25
Damien Abad

Alors que l'instruction dure encore. C'est une affaire individuelle. La ministre de la Justice n'a pas à recevoir la famille de Mme Traoré.

5:30
Invité

D'ailleurs, la famille de Mme Traoré a refusé d'y aller.

5:33
Présentateur

La commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'épidémie de coronavirus a donc été installée le 3 juin dernier. Vous en êtes le vice-président, Damien Abad. Les premières auditions commencent la semaine prochaine sur les possibles défaillances de l'appareil d'État sur les masques, les EHPAD, sur la stratégie de dépistage, ou encore la gestion des hôpitaux. Vous allez remonter jusqu'à quand dans le temps et jusqu'à qui dans vos travaux ? Sur les masques, par exemple. Vous allez auditionner François Hollande, Xavier Bertrand, peut-être Nicolas Sarkozy. Jusqu'où et qui ?

6:11
Damien Abad

Écoutez, nous remonterons jusque-là où c'est nécessaire. Et pour moi, je pense qu'on peut remonter tout à fait jusqu'au moment de la grippe aviaire. C'est-à-dire qu'il faut qu'on puisse avoir une analyse précise de l'évolution des stocks de masques entre la fin de la grippe aviaire et aujourd'hui le début du coronavirus. Donc nous avons, si votre question cachée derrière, c'est est-ce qu'on auditionnera des mises de la santé de droite ? Nous n'avons aucune difficulté avec ça. Parce que Xavier Bertrand comme Rosine Blachelot ont fait leur travail pendant la grippe H1N1. Mais nous n'oublierons pas non plus d'auditionner Mme Touraine et également Olivier Vérin.

Et au-delà des mises de la santé, ce sont aussi tous les directeurs généraux de la santé, il faut comprendre qu'est-ce qui s'est passé et qui fait qu'on avait des stocks de masques massifs chirurgicaux et ce qu'on appelle les masques FFP2 pour notamment le personnel soignant et qui fait qu'aujourd'hui on se retrouve avec une absence totale de ces masques-là. Il faut comprendre pour que plus jamais ça ne recommence, il faut comprendre les enjeux de ce désarmement sanitaire massif.

7:02
Invité

Vous dites à propos de cette commission qu'il faut éviter un bénalabis. Qu'est-ce que ça veut dire ça, éviter un bénalabis ?

7:08
Damien Abad

Ça veut dire qu'on évite une paralysie de nos institutions et une commission d'enquête qui tourne à vide comme ça s'est passé à l'Assemblée nationale sur Benalla. Mais je le dis aussi, l'acte de défiance que le Président de la République et le Premier ministre ont posé en voulant installer une pseudo-commission, en voulant s'auto-évaluer, s'auto-contrôler est totalement inadmissible. Nous demandons d'ailleurs que cette commission soit retirée de manière à ce que les commissions d'enquête puissent faire le travail.

7:30
Invité

Pour qu'on comprenne, il y a une commission d'enquête au Sénat, il y aura une commission d'enquête à l'Assemblée nationale. Vous êtes le vice-président. Et effectivement, on a cru comprendre que le gouvernement voulait installer une commission d'enquête lui-même qui portera un regard, dit-il, indépendant et collégial sur la gestion de la crise. Est-ce à dire que les commissions d'enquête parlementaires que vous incarnez ne sont pas indépendantes et collégiales ?

7:53
Damien Abad

Oui, c'est un acte de défiance, c'est un irrespect des institutions, c'est une méprise du rôle du Parlement et des commissions d'enquête. Les commissions d'enquête, elles sont là pour faire la lumière sur ce qui s'est passé. Ce n'est quand même pas au président de la République et au Premier ministre de s'autocontrôler ou de s'auto-évaluer. Donc nous, ce que nous voulons, cette commission d'enquête, ce n'est pas un tribunal populaire, ce n'est pas un pugilat. Simplement, il faut comprendre. Pourquoi ? Parce que des crises sanitaires, il y en aura encore demain et après-demain. Et donc, on doit s'interroger.

On sait que le confinement tel qu'on l'a fait aujourd'hui, il ne sera plus possible demain. Un confinement généralisé aussi massif, ça ne sera plus tenable. Donc, il nous faut des armes de protection, pourquoi la France est tombée par terre.

8:31
Invité

Damien Abad, faut-il accélérer le déconfinement ?

8:33
Damien Abad

Oui, très clairement, oui. Oui, il faut accélérer le déconfinement parce que, d'ailleurs, le professeur Delphrécy, qui était quand même jusqu'à maintenant très prudent et très frileux, le dit lui-même. Pourquoi il faut accélérer ? Parce qu'il y a une urgence économique et sociale vitale. Parce qu'aujourd'hui, il y a des choses qui sont inacceptables. Je vous prends juste deux exemples concrets. Dans les restaurants, aujourd'hui, moi, je souhaite que, dans un Ile-de-France, c'est une souffrance au quotidien pour les restaurateurs qui sont dépendants de la météo pour pouvoir ouvrir ou pas. Et puis, un autre point et un autre scandale, ce sont les EHPAD.

Aujourd'hui, dans les EHPAD, si vous voulez voir un membre de votre famille, vous êtes derrière un plexiglas à deux mètres de distance avec un masque et vous ne pouvez pas toucher la personne âgée. Qu'est-ce qui se passe ? Des syndromes de glissement massif, de l'isolement. Et donc, il faut effectivement déconfiner massivement désormais notre pays. Il aime pour l'école ? Oui, bien entendu. D'ailleurs, moi, je n'ai jamais changé de discours. Et dès le début, j'ai demandé à ce qu'on puisse rouvrir les écoles dès le mois de juin. Pourquoi ? Parce que c'était essentiel qu'on ne se retrouve pas en septembre avec une situation comme celle-là.

Vous imaginez, dans un pays comme la France, six mois sans école, ce que ça signifie pour les enfants. Et donc, je crois que...

9:36
Invité

Mais là, il reste trois semaines avant les vacances d'été. Qu'est-ce que vous souhaitez ? Qu'à partir de lundi, tous les enfants retournent à l'école, par exemple ? Ce serait symboliquement important ?

9:44
Damien Abad

Tous, ce sera impossible. On le sait très bien. Mais entre tous et 20%, je pense qu'il y a une marge de progression qui est possible. Dans mon département de l'Ain, tous nos collèges sont rouverts. Les collèges sont rouverts, mais les enfants et les collégiens ne sont pas là. Et donc, ce qu'il faut, c'est créer un mouvement. Aujourd'hui, il y a des blocages, de l'inspection, des directeurs d'établissement, des parents d'élèves, parfois même des professeurs. Bref, on a toute une série de blocages. Il faut permettre ce retour progressif d'un maximum d'élèves, peut-être au moins la moitié d'entre eux. Le gouvernement,

10:09
Présentateur

passons au chapitre économie. On reviendra peut-être avec les auditeurs de France Inter au sujet que nous venons d'aborder. Le gouvernement annonce aujourd'hui, Damien Abad, un plan d'aide à la filière aéronautique. On parle de 10 milliards d'euros pour un secteur à terre. Est-ce que ce plan vous semble bien doté à 10 milliards et surtout nécessaire ?

10:31
Damien Abad

C'est un pas en avant indispensable. La filière aéronautique comme la filière automobile seront certainement les deux filières les plus touchées en France. C'est quand même 295 000 emplois. C'est beaucoup aussi de sous-traitants dans la filière aéronautique. Et donc, il nous faut pas simplement des mesures d'urgence, il nous faut aussi un plan de relance, des investissements dans les hélicoptères, dans les avions. Et c'est cela qu'il y a dans ce plan.

Nous verrons bien, ce que je veux simplement, c'est qu'il soit appliqué jusqu'au bout, qu'il soit mis en oeuvre rapidement et qu'on puisse avoir des phases et des processus d'évaluation qui nous permettent de savoir si ce plan est efficace ou pas. Mais il est absolument indispensable. Et enfin, dernière chose, ne mettons pas des boulets au pied. Parallèlement à ces investissements massifs dans l'avenir, ne mettons pas trop de contraintes, trop de réglementations dans ces investissements parce que sinon, on va se tirer une balle dans le pied.

11:14
Invité

Trop de contraintes, vous dites, c'est quoi ? Trop de contraintes écologiques, par exemple ?

11:18
Damien Abad

Non, mais pour moi, l'écologie, ce n'est pas une contrainte.

11:22
Invité

Pardon, mais pour certaines entreprises, ça l'est.

11:25
Damien Abad

Oui, mais parce que c'est l'écologie punitive. Mais quand demain, on veut construire un avion vert, ce n'est pas une contrainte, c'est une opportunité. Quand on allège le poids des avions, ce n'est pas une contrainte, c'est une opportunité. Donc, je crois beaucoup aux investissements d'avenir dans ce qui concerne l'avion vert. Simplement, il faut aussi prendre en compte, là où c'est une contrainte, je vais prendre un exemple très concret, c'est quand on explique à Air France qu'il va falloir fermer telle ligne aérienne intérieure au nom, par exemple, de l'émission de CO2. Voilà, on retrouve ce que disait Léa à l'instant, des contraintes écologiques.

Oui, mais c'est là où on considère l'écologie comme punitive. Moi, je pense qu'on doit investir dans l'avenir, permettre que les avions émettent de moins en moins de CO2. C'est ça l'enjeu et on a les capacités en France de pouvoir le faire.

12:06
Invité

Il ne faut pas fermer les lignes intérieures quand on peut le faire en train en deux heures et demie ?

12:10
Damien Abad

Quand on peut le faire en train en deux heures et demie, bien sûr. Mais vous savez, oui, mais on verra la réalité. Quand vous faites, par exemple, l'union entre Lyon et Bordeaux, en train, c'est 6 heures. Et donc, cette ligne intérieure-là, elle doit être maintenue, par exemple.

12:21
Invité

Il y a une petite musique qui monte dans les entreprises. On l'a vu chez De Richebourg, sous traitant d'Airbus, ou chez Ryanair. En clair, vous acceptez de baisser temporairement votre salaire et en échange, on sauve votre emploi. Est-ce un bon deal, à vos yeux ? Est-ce que ça s'appelle du chantage ? Est-ce que c'est un bon moyen de sauver l'emploi ? Est-ce que ça vous inquiète ? Est-ce que ça vous choque ?

12:42
Damien Abad

Ce n'est pas un bon deal. Parce que d'abord, ça a déjà été le cas et on a vu les résultats et les pertes d'emploi derrière. Ensuite, parce que je considère que la reprise économique ne pourra pas se faire par la baisse du pouvoir d'achat des salariés. C'est pour ça que nous défendons les heures supplémentaires, que l'augmentation du temps de travail ne peut se traduire que par des hausses de salaire et que nous devons préserver le pouvoir d'achat. Donc non, ce n'est pas un bon deal.

13:07
Invité

Et notamment dans ce plan de relance, vous proposez pour les jeunes, puisque le vrai problème à partir de septembre qui va se poser, évidemment le chômage va exploser. On vient de voir, à l'instant, la Banque de France anticipe un chômage supérieur à 11,5% attendu mi-2021 et ça va être particulièrement terrible pour les jeunes. Qu'est-ce que la droite, qu'est-ce que LR propose pour les jeunes ?

13:28
Damien Abad

Oui, bien sûr. Notre grande inquiétude, c'est celle de la génération sacrifiée. Il y a 700 000 jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. Il faut un plan global. Nous proposons d'exonérer pendant deux ans de toute charge sociale patronale tous les jeunes qui seront embauchés par une entreprise en CDI. Pendant deux ans, le salaire net égale le salaire brut. La deuxième proposition, c'est sur l'apprentissage. Là aussi, il nous faut aller sur un process de zéro charge. Là aussi, il faut accompagner les entreprises. Pourquoi ? Parce qu'elles ne vont plus prendre des empruntés puisqu'elles licencient quand ça va être extrêmement difficile.

La troisième chose, c'est faciliter aussi, encore une fois, les stages en entreprise et l'insertion professionnelle. Donc, il nous faut un plan massif global qui permette aux jeunes de rebondir. Et puis surtout, et là aussi, il y a une grande erreur du gouvernement, c'est qu'on a abandonné l'enseignement supérieur. C'est qu'on n'a rien dit à ces jeunes qui allaient dans les facs de médecine, qui allaient dans les différentes universités, qui ne peuvent pas passer leur examen aujourd'hui, qui ont perdu des mois et des mois entiers.

On s'est beaucoup focalisé sur la reprise des écoles maternelles et primaires, mais on a oublié l'enseignement supérieur avec toutes les conséquences que ça a en matière économique.

14:26
Présentateur

Allez, dirigeons-nous vers le standard de France Inter où nous attend Yann. Bonjour Yann, bienvenue, on vous écoute.

14:34
Invité

Bonjour, merci de me donner la parole. Je suis militant associatif sur plusieurs régions de France en aide aux populations exilées et les personnes à la rue. On constate depuis des années des contrôles intensifs et massifs sur toutes ces populations exilées. Des violences policières, nous avons rapporté avec plusieurs associations des dizaines de plaintes devant l'IGPN. Toutes ces plaintes sont parties à la poubelle. quand j'entends dire qu'il n'y a pas de violences policières et de racisme dans votre police, en faisant bien sûr pas d'amalgame et en ne mettant pas tout le monde dans le même panier, cette réalité est visible.

On l'a dit au quotidien, les citoyens, la crient beau et fort, il ne se passe jamais rien. C'est révoltant, c'est honteux. Quand est-ce que ça va s'arrêter ?

15:16
Présentateur

Merci Yann pour cette intervention. Damien Abad vous répond.

15:22
Damien Abad

Écoutez, moi je suis favorable à ce que l'IGPN, c'est-à-dire la police des polices qui fait l'inspection, puisse être totalement indépendante. Et donc sur ce point-là, c'est quelque chose que j'approuve. Mais je dis aussi à notre auditeur, n'oublions pas que chaque année, il y a 10 000 agressions des forces de l'ordre et que c'est aussi une réalité. N'oublions pas non plus les images que nous avons vécues absolument insupportables. Qu'est-ce qui se passerait si demain, par exemple, vous avez un policier qui est mortellement blessé par un manifesta ? On aura la même culture de l'émotion. Et l'enjeu, aujourd'hui, c'est de répondre à ça, à cette fracturation de la société française.

Et je n'ai pas dit qu'il n'y avait pas de racisme individuel dans la police française en tant que telle. Et j'ai même dit que ça doit être sanctionné et qu'on ne doit avoir aucune complaisance avec ça. Mais je le dis aussi, considérer que la police organise de manière systématique le racisme, c'est une erreur fondamentale. Et nous avons besoin de nos policiers. Moi, ce que je souhaite, c'est un plan massif de modernisation de la police et de la justice. Qu'est-ce qui se passe ? On a une paupérisation de la police, aujourd'hui, française. Les heures supplémentaires ne sont pas payées. On n'a pas d'équipement matériel. On n'a pas de moyens modernes de cybersécurité informatique.

Investissons massivement dans la police, l'armée et la justice française. Je dis simplement cela. Les dépenses armées, police, justice, c'est moins de 3% du produit intérieur brut en France. Quand vous dépensez 1000 euros de dépenses publiques, il y a simplement 25 euros qui va dans la sécurité, aujourd'hui.

16:40
Présentateur

Une question sur l'application de France Inter, c'est Gérard qui vous la pose. Est-ce que l'on pourrait sortir de ce jeu théâtral entre majorité et opposition et unir nos forces, comme dans le cas du coronavirus, au lieu de perdre son temps à savoir si tout a été bien fait, bien géré ? Ça, c'est une allusion à la commission d'enquête parlementaire dont vous êtes le vice-président à l'Assemblée nationale. Votre réponse à Gérard ?

17:07
Damien Abad

Mais il ne s'agit pas d'un jeu théâtral ni d'un jeu de rôle. Il s'agit simplement de faire la lumière sur ce qui s'est passé pour que plus jamais ça. C'est ça notre objectif. Et je le dis, nous avons voté 40% des textes de la majorité à l'Assemblée nationale. Donc on n'est pas dans une opposition systématique. Par contre, 0% de nos propositions de loi ont été votées par la majorité. Avouez que pour un président de la République qui s'est fait élire sur une promesse de déplacement des clivages, c'est un peu fort de café.

17:29
Invité

Alain Finkielkraut craint un populisme pénal avec le dépôt de plaintes en justice contre les ministres. Est-ce que c'est quelque chose que vous redoutez aussi ?

17:38
Damien Abad

Oui, je le partage. C'est peut-être paradoxal qu'un membre de l'opposition vous dise ça. Mais je suis contre la judiciarisation à outrance de la vie politique française. Pour une raison très simple, qu'est-ce qui se passe ? On met le parapluie. On ne prend plus de décisions. On est paralysé. On est dans l'immobilisme permanent. Et je suis certain, d'ailleurs, que ce populisme pénal, il a certainement prolongé le confinement en France. Je suis quasiment certain que ce populisme pénal, il nous empêche aujourd'hui d'accélérer le déconfinement. Pourquoi ?

18:03
Invité

Parce que les ministres ont peur d'accélérer, c'est ça ?

18:04
Damien Abad

Bien sûr, bien entendu.

18:05
Invité

Et de le payer après

18:06
Damien Abad

dans les tribunaux ? Et c'est humain et c'est naturel. Je dis oui à la responsabilité politique, mais non à la responsabilité judiciaire systématique.

18:13
Présentateur

Retour au standard où nous attend Simon. Simon à Paris. Bonjour et bienvenue. Bonjour. Vous êtes médecin hospitalier ?

18:21
Invité

Absolument. Et donc, j'appelle pour avoir l'avis de votre invité sur son opinion, sur la manière avec laquelle la PHP et notamment Martin Hirsch a géré cette crise. non seulement avec ces dizaines d'années de privation de budget, de restrictions budgétaires pour les personnels médicaux, non médicaux. Et par ailleurs, l'affaire Henri Mondor où quand même Martin Hirsch a grand coup de com' a fait ouvrir sous contrainte avec obligation pour les personnels médicaux et paramédicaux plus de 80 lits de réanimation avec plus d'une dizaine ou quinzaine de millions de charges d'assaut.

Donc des moyens privés pour payer des lits dans le public avec, et l'heure des bilans on le dira, mais des résultats médicaux catastrophiques puisque les médecins sur place et les infirmiers étaient tout à fait opposés à l'ouverture de ces lits.

19:10
Présentateur

Vous êtes à PHP aussi, Simon ? Je l'ai été. Oui, oui. Et vous ne l'êtes plus aujourd'hui ? Absolument. Merci pour cette question.

19:18
Damien Abad

Damien Abad vous répond. Oui, sur la PHP comme sur l'hôpital public en général, il convient en tout cas de repenser les choses complètement. Moi, je suis favorable au système allemand notamment sur l'augmentation des lits de réanimation. Il n'est pas normal qu'en France, on ait beaucoup moins de lits qu'en Allemagne de réanimation donc il y a un investissement là-dessus. Il faut aussi protéger et préserver nos hôpitaux de proximité. Les grands hôpitaux à Paris qui doivent devenir attractifs donc moi, là où j'ai par contre un désaccord, c'est que la symbiose entre le privé et le public ne me choque pas, elle est même nécessaire et utile.

On a vu pendant la crise sanitaire des cliniques privées qui étaient vides et des hôpitaux publics qui étaient remplis et des transferts de malades. Ça doit aussi nous interroger et surtout, il nous faut repenser la médecine de ville. Nous ne sauverons pas l'hôpital public français si on n'est pas en capacité de remettre la médecine de ville sur les rails. C'est la porte d'entrée et l'une des grandes erreurs du gouvernement, ça a été pendant la crise du coronavirus d'envoyer tout le monde sur le 15, le SAMU alors même que du coup on a engorgé le système du 15 alors même qu'on aurait dû s'appuyer davantage sur les médecins généralistes.

Donc oui, à cette refonte de l'hôpital, je le dis, ce n'est pas simplement des moyens supplémentaires. Il y a des moyens mais nos dépenses de santé dans le PIB elles sont les plus importantes de l'Europe. Donc ça ne suffit pas. C'est aussi, aujourd'hui, et je termine juste là-dessus, un emploi sur trois dans l'hôpital public n'est ni un emploi médical ni un emploi paramédical. C'est un emploi de technocratie, de paperasserie, c'est ça qu'il faut changer.

20:35
Invité

Il faut augmenter les infirmières de 300 euros comme il le demande ?

20:38
Damien Abad

Oui, très clairement. Oui, il faut augmenter les infirmières parce que les infirmières aujourd'hui, elles font un travail absolument remarquable parce qu'elles gagnent, je suis bien placé pour le savoir, elles gagnent peu. Une infirmière qui est au bout de 10 ans et est à 1800 euros net, c'est quelque chose qui est inadmissible. Et donc oui, il nous faut aller de l'avant sur ce point-là et avoir une revalorisation hospitalière. D'ailleurs, je demande une clarification du gouvernement sur la question de la prime des soignants.

21:00
Invité

Damien Abad, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Toulouse, des communes importantes où les Républicains, à l'air, vous, ont accepté de passer une alliance avec la République en marche. Est-ce symbolique d'une alliance future ?

21:11
Damien Abad

Écoutez, vous avez cité les civils, c'est 6 sur 273 qui ont plus de 30 000 habitants. Donc déjà, sur la proportion, il faut remettre ça dans leur contexte. Ensuite, il n'y a pas d'alliance entre partis politiques. Il n'y a pas eu d'alliance là, pareil, et Christian Jacob a été très clair sur ce point-là en expliquant que c'était des accords locaux dits techniques entre des majorités d'idées. Pourquoi ? Parce que, par exemple, prenons le cas de Bordeaux ou de Toulouse, nous avons là deux maires sortants qui ont fait la preuve de leurs compétences et sur lesquelles La République En Marche veut surfer. C'est la stratégie du coucou de La République En Marche. Qu'est-ce qu'on constate ?

C'est que nos maires républicains sortants sont tellement attractifs que la majorité est obligée d'y s'y raccrocher.

21:49
Invité

Dernière question, application inter. Question de Marie, vous avez lu la note de Gilles Legendre qui propose son nouveau gouvernement ?

21:54
Damien Abad

Écoutez, j'ai lu les bonnes feuilles comme beaucoup dans la presse. Moi, ce qui m'a frappé, c'est la confusion des jarres. Un président de groupe, il n'est pas là pour composer un casting gouvernemental. L'autre chose qui m'a frappé, c'est d'expliquer que les 200 et quelques députés de La République En Marche, il n'y en a aucun qui est en capacité de rentrer au gouvernement. Je comprends que ça puisse un peu tanguer dans le groupe. Mais vous savez, on m'a appris de ne pas tirer sur une ambulance, donc je serai vigilant par rapport à ça. Je dis simplement que cette confusion-là entre l'exécutif et l'église latif est inadmissible.

Ça montre que le groupe, la majorité, est simplement au bot de l'exécutif. Je suis désolé, le rôle du législatif et le rôle du premier groupe de la majorité, il est de voter des lois et pas de commenter ni de faire une proposition de gouvernement.

22:35
Présentateur

Une dernière question rapide, Emmanuel Macron doit s'exprimer peut-être ces prochaines semaines pour fixer un nouveau cap à sa politique. Quels mots voudriez-vous entendre s'il y avait deux, trois mots-clés que Damien Abad voudrait voir prononcer,

22:52
Damien Abad

seraient lesquels ? Confiance et souveraineté. Confiance parce que c'est ce qui permettra de redémarrer l'économie française. C'est ce qui permettra de sauver nos emplois. C'est ce qui permettra tout simplement de redonner un peu de bombe au cœur aux Français. Et puis aussi la souveraineté. Parce que la souveraineté économique et sanitaire, ça doit être l'objectif majeur. On le voit aujourd'hui. Il y a eu un désarmement économique et sanitaire en France. Il nous faut donc retrouver ces mots-là qui ne sont plus un gros mot. Monsieur le Président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, merci d'avoir été

23:19
Présentateur

au micro de France Inter. Merci Damien Abad.