LÉGISLATIVES : «NOUS POUVONS ÊTRE AU SECOND TOUR DANS 78% DES CIRCONSCRIPTIONS» - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteÉludée
Est-ce que vous reconnaissez qu'Emmanuel Macron avec ces nouvelles nominations donne un coup de neuf sur la politique ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Vous avez l'impression que ceux que vous avez entendus juste avant, c'était des idées de la langue de bois ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que ce à quoi on assiste, c'est à une clarification de la politique ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Pourquoi vous vous sentez amer depuis le soir du premier tour ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Si vous avez un groupe parlementaire, voterez-vous pour des projets de loi de Macron ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Pourquoi vous n'êtes pas allé à Hénin-Beaumont ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00JLMFait
« Non, ça me fait même l'effet inverse parce que... ce sont de très vieilles idées dans des corps jeunes »
- 2:30JLMFait
« Vous auriez pu par exemple demander à monsieur le nouveau porte-parole : "Est-ce que le gouvernement compte téléphoner à PSA et à Renault, pour que l'entreprise GM&S puisse redémarrer ?" »
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« Il a réussi ça, c'est-à-dire à effondrer les deux partis traditionnels, qui ne savent plus quoi faire : LR et le PS. »
- 6:30JLMFait
« Le nouveau paysage est le suivant : au milieu, la grande coalition qui applique la feuille de route de la Commission Européenne »
- 10:30JLMChiffre
« Dans 78% des circonscriptions au deuxième tour. »
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JLM : Bonjour Madame. LS : Monsieur Mélenchon. DP : Bonsoir Jean-Luc Mélenchon, soyez le bienvenu.
DP : Première question, c'est à vous Léa. LS : Emmanuel Macron, 39 ans, Édouard Philippe 46 ans, tous ces nouveaux visages aussi, issus de la société civile qui entrent au gouvernement, tous ces jeunes qui se présentent aux législatives qui étaient là sur ce plateau. Est-ce que vous reconnaissez qu'Emmanuel Macron avec ces nouvelles nominations, avec ce nouveau gouvernement, donne un coup de neuf, un coup de jeune, un coup de frais sur la politique ?
JLM : Non. [ rires ] Non, ça me fait même l'effet inverse parce que... ce sont de très vieilles idées dans des corps jeunes, pour un certain nombre d'entre eux mais tous ne le sont pas, d'autres sont même plus âgés que moi, ce qui est quand même...euh, pas à la portée de tout le monde.
LS : Vous avez l'impression que ceux que vous avez entendus juste avant, c'étaient des idées...
JLM : De la langue de bois. LS : Ah vous avez l'impression que ces jeunes femmes c'était...
JLM : On vient de passer vingt minutes, on n'a pas entendu parler un instant de quoi que ce soit qui concerne la vie des gens, car ce pays pâtit et souffre. Vous auriez pu par exemple demander à monsieur le nouveau porte-parole : "Est-ce que le gouvernement compte téléphoner à PSA et à Renault, pour que l'entreprise GM&S puisse redémarrer ?" puisque ça dépend de deux commanditaires dans lesquels l’État est actionnaire.
Il aurait pu le décider : un coup de téléphone, c'est réglé. Et vous avez 267 personnes, qui tout d'un coup revivent. Et qui sont aujourd'hui à bout de nerfs, vous savez, ils ont mis des bonbonnes de gaz et tout ça.
Attention, je vous dis "attention" ! Ces gens-là sont à bout de nerfs, et des gens comme ça, y'en a plein le pays. Alors après j'aime mieux vous dire que eux, ils n'en ont rien à fiche de l'âge du capitaine et de la couleur de la voiture, hein.
C'est pas leur sujet. Voilà. Donc, alors oui, M.
Macron a quand même absolument réussi quelque chose de totalement nouveau. Ça c'est vrai. DP : Alors quoi ?
JLM : D'avoir fait en France ce qui semblait impossible à tous les libéraux du monde : un gouvernement de grande coalition, comme c'est le cas à peu près dans tous le reste de l'Europe. Il a réussi ça, c'est-à-dire à effondrer les deux partis traditionnels, qui ne savent plus quoi faire : LR et le PS. Là vous aviez sur le plateau un membre du PS, vous avez pas entendu dire qu'il était exclu celui-là ?
JLM : Il a d'ailleurs, vous lui avez pas posé la question, mais fallait lui demander. LS : Jean Viard. JLM : Ils sont quatre comme ça.
Et le Premier Secrétaire du PS, lui-même dit qu'il sera vigilant, je ne sais pas quoi....
ça veut dire que, une fois que ce qui restera de candidats PS sera élu, eh ben ils recommenceront à se ventiler les uns dans l'opposition, les autres dans la majorité. LS : Donc il a réussi à faire, vous lui reconnaissez ça ? JLM : Ah ben oui !
Ben il a gagné, c'est pas rien...
LS : Et, et...
Nicolas Hulot. Jamais il n'a accepté de faire partie d'un gouvernement. JLM : Oui LS : La prise de Nicolas Hulot, vous avez dit, c'est un crève-cœur.
JLM : Oui, pour nous bien sûr, c'est un crève-cœur parce que...bon.
Moi, ça, je ne retirerai pas mon estime personnelle à Nicolas Hulot que je connais et que je fréquente. Mais je pense qu'il a fait une lourde erreur, du point de vue des idées qu'il défend. Il y va avec beaucoup de naïveté, il pense qu'il va changer tout à lui tout seul.
C'est un homme qui a beaucoup de mal à intégrer la logique des rapports de force. Il ne comprend pas ça. Et pour lui, il se dit : "ben comme j'ai une bonne idée, et que je vais bien la défendre, eh ben tout le monde va être d'accord", mais non !
Pas quand vous êtes dans un gouvernement dont le Premier Ministre est un nucléariste avéré, pas quand vous avez comme Ministre de l'Agriculture un gars qui a voté contre l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes - pardon. Bon...
Bref, des gens qui sont engagés, qui savent ce qu'ils veulent. Ils vont pas lui céder parce qu'il arrive. Donc je pense que dans un mois et demi, deux mois, M.
Hulot va découvrir que il est tout seul là-dedans comme l'a dit M. Corbière, comme une espèce d'ours polaire dans le Sahara ! DP : Je reviens un peu sur le titre de notre émission : La Nouvelle Donne, et sur ce que vous disiez sur euh cette réunion des partis de gouvernement de droite et de gauche.
Est-ce que ce à quoi on assiste, c'est à une clarification de la politique, DP : étant donné qu'on voit qu'y a des gens...
JLM : Oui. DP : ... de la gauche et des gens de la droite qui sont finalement d'accord sur l'essentiel...
C'est une clarification bienvenue de la vie politique, Jean-Luc Mélenchon ? JLM : D'une certaine façon, oui, M. Pujadas, parce que du moins le tableau est-il lisible, et peut-on maintenant envisager d'avoir des débats plus honnêtes qu'ils ne l'ont été dans le passé, où les uns s'habillaient en gauche alors qu'ils ne le sont pas, et ainsi de suite.
Donc, vous avez en gros, le nouveau paysage est le suivant : au milieu, la grande coalition qui applique la feuille de route de la Commission Européenne, que l'on connait. Bon, ça va être, l'adoption du CETA, vous savez, l'accord de libre -échange....
LS : Ah ! attention, il a dit qu'il avait reculé sur le CETA. JLM : Ah ben tant mieux, ça commence bien.
LS : Il avait nommé une commission qui va expertiser. JLM : Oui, c'est pas une commission, mais euh... la discussion à la fin, c'est oui ou non, c'est pas une commission, et on a eu le temps largement d'en discuter.
Mais, très bien, Madame Salamé, j'en suis content et ça me réjouit beaucoup qu'il ait changé d'avis. Vous nous annoncez ce soir sur France 2 que le CETA ne sera pas adopté par la France. LS : Non, absolument pas, j'ai pas dit ça...
JLM : Bon ! alors donc laissez moi euh...
LS : J'ai dit qu'il avait amendé euh, amendé sa position. JLM : Amendé sa position...
Bon...
DP : Donc on a une grande famille sociale, démocrato-libérale...
JLM : Non, libérale ! Il faut appeler les choses par leur nom. Y'a pas de honte à être un libéral.
DP : Non, les socio-démocrates, euh....
JLM : C'est un programme politique, qui a sa cohérence, qui a bon...
Les gens ont le droit de choisir ça, nous sommes en démocratie quand même, c'est pas la guerre civile. Et puis vous avez ensuite euh, y'a deux alternatives : l'une qui est celle de l'extrême-droite, comme dans tout le reste de l'Europe. C'est-à-dire des gens qui pensent que le problème c'est de régler euh... ma tribu, on est chez nous, on ne veut entendre parler de rien ni de personne....
Et puis la famille humaniste et le hasard...
Pardon, le hasard, et la bataille politique, et la famille, de l'humanisme écologique et social que je m'efforce d'incarner. Les circonstances m'ont confié la responsabilité d'être celui qui doit faire une proposition à cette famille politique. Car sept millions de personnes ont porté leur voix sur ma candidature dont 80% ont été convaincus par : ceci, c'est-à dire un programme.
Un contenu. Pas simplement ma personne ou bien comme ça arrive dans une élection, c'est bien normal, le vote par défaut. On s'dit "ah ben, je vote pour lui, parce que bon, je suis pas d'accord avec lui mais ça fait rien, il me semble que." Et puis, euh, donc, c'est à... sept millions de personnes. 500 000 personnes qui donnent leur adhésion au mouvement la France Insoumise, donc ça me crée des responsabilités et des devoirs.
LS : Pourquoi vous...
Pardon. DP : Allez-y, Léa. JLM : Si vous voulez, je continue, hein LS : Non, non, non, c'est...
LS : Pourquoi on vous sent amer, Jean-Luc Mélenchon ? Depuis le soir du premier tour, y'a comme une... amertume, une colère, comme si vous n'arriviez pas à digérer la défaite.
JLM : Mais...
Madame, je ne suis ni amer ni en colère, regardez-moi. Vous fais-je l'effet d'un homme en colère ou amer ? LS : Non, ce soir, je dois dire que vous êtes un peu plus jovial.
Mais les dernières prises de position vous étiez très en colère, comme si on vous avait volé la victoire. Vous avez même parlé de triche ou...
LS : Vous aviez...
JLM : Non, non LS : Comme si vous aviez du mal à digérer. LS : Vous avez dit que c'était une élection digne d'une république bananière. JLM : Non plus, je n'ai pas dit ça...
LS : Si vous l'avez dit, chez Jean-Jacques Bourdin. JLM : Non, madame. JLM : Bon, écoutez, Madame Salamé, oui !
Allez ! Vous êtes contente ? LS : Non, on va vérifier !
JLM : Oui, on va vérifier, on connait ces numéros-là. Laissez-moi vous dire la chose. Quand, à 600 000 voix près - 1,70 point - vous passe l'honneur d'être présent au deuxième tour de votre... de votre pays.
Et que, à 600 000 voix près, vous ratez le fait d'envoyer Madame Le Pen, euh, de la renvoyer à la maison. Et bien, pardon hein d'être comme ça, je suis pas un journaliste qui peut passer de "quarante morts dans un accident de car, et maintenant passons aux victoires au rugby !" D'accord ? [ rires ] Je sais pas le faire.
Voyez, quand ça me passe au bout des doigts comme ça, eh bien, je suis triste. Oui...
Oui. Et à ce moment-là, je pense à tous ces braves gens qui s'étaient dit : "Bon sang ! Si c'est lui, on va avoir les salaires qui vont augmenter.
Si c'est lui, il va y avoir la cantine gratuite, si c'est lui, on va sortir du nucléaire." Et qui, tout d'un coup, stupéfaits, voient tout ça leur passer devant le nez et se disent "Et maintenant, on va devoir manger, pour potage, de deuxième tour, une contrainte : ou bien monsieur Macron ou bien madame Le Pen." DP : Juste une question là-dessus Jean-Luc Mélenchon JLM : Voilà Madame pardon mais c'est pour dire il y a là-dedans la réaction normale d 'un être humain.
Et après c'est mon devoir de tourner la page et vite de passer à la suite, parce que je crois que je peux gagner l'élection législative. Et que...
Parce que si je reste fidèle à ce programme, pas si je fais des magouilles avec tout le monde, mais si je reste fidèle à ce programme avec mes amis, si comme vous savez que j'y suis arrivé nous sommes arrivés à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions JLM : de France métropolitaine et de l'outre-mer. DP : On va en dire un mot. Par conséquent, ça signifie que partout on va pouvoir voter pour les idées pour lesquelles on a déjà voté aux présidentielles.
Laissez-moi terminer là-dessus, Si ces sept millions de personnes se retrouvent dans le vote des législatives, mes candidats de la France Insoumise, ceux qui auront le Phi, eh bien ils seront présents dans 78% des circonscriptions au deuxième tour. Ça veut dire que c'est à portée de doigts. Vous savez comme moi, vous êtes observateurs de la vie politique, que tout ça est très volatil aujourd'hui.
Non, les Français n'ont pas voté pour le programme de Monsieur Macron ! DP : Eh bien on va voir dans une circonscription, la vôtre. JLM : Ne me l'attribuez pas s'il vous plait, celle où je suis candidat.
DP : A Marseille, DP : Celle où vous êtes candidat, on va voir quel est le sondage de nos amis d'Harris Interactive avec Jean-Daniel Levy. Le temps qu'il s'installe une petite question parce qu'on entend beaucoup qu'il y'a une nouvelle ambiance politique. Vous, Jean-Luc Mélenchon si vous avez un groupe parlementaire ou même quelques députés et qu'il y a des projets de loi d'Emmanuel Macron qui recueillent votre assentiment, est-ce que vous voterez pour ces projets de loi, aux côtés de ses députés à lui ?
JLM : Ben personne n'est...
D'abord vous supposez que je suis dans l'opposition là ? DP : Oui, si vous êtes dans l'opposition. JLM : Alors si j'ai déjà perdu ça tombe bien, DP : Après on verra les sondages !
JLM : c'est intéressant votre émission ! DP : On verra les sondages, peut-être qu'on sera...
Oui mais, je veux dire... je crois à la situation ouverte, permettez-moi de le rappeler.
Après vous me parlez du rapport à la politique et à l’intérêt général. Mais l'intérêt général, les uns et les autres nous ne nous en faisons pas la même idée. DP : Bien entendu.
JLM : Par conséquent, je ne me vois pas, je ne vois pas Monsieur Macron se dédire de sa ligne politique libérale. Et évidemment que je m'y opposerai. Je ne m'imagine pas un instant, si je ne suis pas majoritaire, de combiner avec le pouvoir.
Nous serons une alternative, c'est comme ça que vit la démocratie. Après, au fil des textes de loi, ben ça arrive souvent qu'il y a ceci, cela, vous dites : "Bon, ben ça, c'est pas trop bête..." DP : La moralisation ?
JLM : On verra ce qu'il y a dans le texte de la moralisation. JLM : Mais ce n'est pas ça le fond. Le fond, c'est que les Français ont le droit de choisir et d'avoir des alternatives.
Vous savez, la démocratie, c'est pas que d'accepter de gagner. Des fois, il faut accepter de perdre aussi. Et il faut que le peuple puisse avoir tout le temps le choix.
La liberté du peuple, c'est notre diversité. Le consensus, c'est la dictature. DP : Jean-Daniel, on attend avec impatience les résultats de votre première enquête sur cette circonscription où se présente Jean-Luc Mélenchon, à Marseille.
JLM : Ah ben oui, oh la la...
JDL : Oui, c'est une enquête récente, hein, qui a été faite hier et aujourd'hui, et qui vient de se terminer. Un peu plus de 600 personnes représentatives, qui habitent dans la circonscription. On leur a proposé l'ensemble de l'offre électorale.
Et dans ce contexte-là, et je pense qu'on va le voir s'afficher, les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon sont assez flatteuses : 35 % vous sont aujourd'hui attribués. Devant Patrick Mennucci à 13 %, Corinne Versini : 26 % DP : Corinne Versini, La République En marche, JDL : Absolument DP : Donc la candidate du parti d'Emmanuel Macron JDL : la candidate Républicaine et UDI 9%, la candidate du Front National à 12% et les autres candidats, parce qu'il y en a un certain nombre, qui cumulent au total 5%. Ce qui est extrêmement frappant, dans le cadre de cette circonscription, alors que nous avons un député sortant qui s'appelle Patrick Menucci, alors qu'il avait réalisé plus de 33% des voix lors de la dernière élection législative en 2012, c'est que nous avons à peu de choses près le décalque de l'élection présidentielle - quand on regarde par grandes forces politiques, hein.
Vous aviez réalisé...
JLM : Lui fait mieux que M. Hamon, et moi je... un petit peu, je m'explique pas, mais bon c'est bien, 35 je suis content.
LS : Attendez, vous allez...
Attendez [ rires ] JDL : Donc c'est effectivement un petit peu moins pour vous par rapport au score que vous aviez réalisé en tant que candidat à l'élection présidentielle, Patrick Menucci bénéficie de sa notoriété et de son implantation locale pour gagner quelques points mais ça n'est pas suffisant, et puis également, dans un mouvement national, la candidate En Marche a un score qui lui est aujourd'hui promis qui est plus important que le score qu'avait réalisé JDL : Emmanuel Macron dans cette circonscription JLM : C'est impressionnant. DP : Est-ce que vous avez testé un deuxième tour, Jean-Daniel ? JDL : Oui, David. on a testé un deuxième tour, on va le voir s'afficher et avec une logique, qui est une logique issue du premier tour, vous pouvez le voir, 56% d'intentions de vote en votre faveur, 44% en faveur de Corinne Versini, la candidate de la République En Marche et on peut voir que d'une manière générale, au sein de la gauche, et même parmi les électeurs de Patrick Menucci du premier tour, on a des électorats qui se reportent plus en votre faveur qu'en faveur de la candidate d'En Marche.
Et avec ce qu'on avait vu d'ailleurs dans le cadre de la campagne présidentielle, une forme de fluidité des comportements électoraux entre ceux qui avaient l'intention de voter à l'époque pour le candidat socialiste, c'est-à-dire Benoît Hamon, et ceux qui avaient l'intention de voter pour vous, qui se traduisent et qui se manifestent ici dans le cadre de cette circonscription. LS : Ce n'est qu'un sondage DP : Il y a moins de tristesse d'un coup. LS : Ce n'est qu'un sondage mais...
JLM : Comme ça fait plaisir je le prends, hein. DP : Attention, on est à un mois et demi du scrutin, c'est une photographie...
Les sondages sont une photographie et pas une prévision du vote, voilà. JLM : L'élection est loin d'être faite, moi je suis allé à Marseille parce que sur une vision stratégique j'ai choisi Marseille parmi les grandes villes dans lesquelles je suis arrivé en tête. J'aurais pu aller à Evry puisque je suis devant M.
Valls, j'aurais pu aller même au Havre puisque je suis devant le Premier Ministre LS : Vous auriez pu retourner à Hénin-Beaumont. JLM : Par exemple, j'aurais pu retourner à Hénin-Beaumont LS : Pourquoi vous ne l'avez pas fait ? JLM : Parce que j'ai changé de ligne stratégique sur ce qu'il y a lieu de faire.
LS : C'est-à-dire qu'il ne faut plus combattre le Front National forcément ? JLM : Voilà, exactement ça, c'est exactement ça. JLM : Alors...
Vous avez pas une autre hypothèse à me proposer ? [ rires ] LS : Ben non je sais pas. JLM : Vous savez pas ?
LS : Non je vous pose une question ! JLM : Vous trouvez que c'est une question ?!
JLM : Pour vous c'est une question de dire à un homme comme moi JLM : "vous pensez qu'il ne faut plus combattre le Front National ? LS : Mais pourquoi vous allez...
LS : C'est une interrogation ! DP : C'est une interrogation ! JLM : Bon d'accord.
Oui, oui. LS : Pourquoi vous n'allez pas à Hénin-Beaumont...
JLM : Parce que, madame, je vais à Marseille ! Voilà ! [ rires ] DP : Mais elle... on vous demande pourquoi !
LS : Ben écoutez, donc je n'ai pas de réponse...
JLM : Eh bien j'étais en train de l'expliquer mais on m'a interrompu en me demandant pourquoi je n'allais pas à Hénin-Beaumont ! LS : Non vous m'avez dit que c'était une question absurde, donc...
JLM : Ah carrément. [ rires ] JLM : Ma vision...
J'ai dit...
J'ai une responsabilité politique, je le sais. On le voit aux résultats qu'il y a là. Le temps que les autres éclaircissent leur situation, c'est-à-dire le Parti Socialiste qui maintenant est partagé entre ceux qui, une fois élus, iront voter Macron et ceux qui ne voteront pas Macron.
C'est mon plus grand problème ! Vous vous souvenez que j'ai tendu la main à M. Hamon, quand il a dit "Il faut faire l'unité".
Ben j'ai dit "Bah oui ! Mais sortez du PS !" Parce que sinon ça ne veut rien dire, ce sont les alliances tuyau de poêle.
Donc j'ai une responsabilité. Je me tournerai vers eux dès qu'ils auront fait la clarté entre eux. Moi, c'est ça ma feuille de route.
J'ai un programme et je veux réussir sur ce programme. Pourquoi je vais à Marseille ? Entendez ça.
La dernière fois en 2012, on sentait que le danger était extrême avec Mme Le Pen. Et j'avais passé une partie de la campagne à tacher d'entrer...
De la sortir de son rail. Je n'y suis pas arrivé. Je suis allé à Hénin-Beaumont, je n'y suis pas arrivé.
Nous avons eu une réflexion en profondeur sur ce qu'il fallait faire. Et vous avez vu que pour la première fois, dans cette élection, dans une série des bastions du Front National, nous l'avons fait reculer. Les observateurs ne contestent pas cette réussite que nous avons obtenue.
Donc je suis parti de cette idée : comment créer une vague d'entraînement, d'adhésion dans le pays, qui me permette d'être présent dans la situation politique qui va arriver ? Parce que tout ce que vous avez vu sur ce plateau, c'est une apparence des choses. Il n'y a pas de base sociale pour la politique de M.
Macron. Et donc je vais à Marseille pourquoi ? Parce que Marseille, c'est la France en concentré.
Et la circonscription dans laquelle je suis, je l'ai étudiée, c'est Marseille en concentré. C'est-à-dire des écarts extrêmes de pauvreté et de richesse, toutes sortes de problèmes, et toutes sortes d'atouts. Si bien que cette ville doit pouvoir parler à la France.
J'ai besoin d'être appuyé sur une base sociale qui permet de dire : "Voilà les problèmes !" DP : Mais vous entendez...
JLM : Y'en a assez de voir des gens, tant de vies brisées par le chômage, et par la misère, voilà. DP : Mais Jean-Luc Mélenchon, vous entendez le reproche qui vous est fait. Vous auriez pu aller à Marseille, et aller dans une circonscription où le FN était haut.
Dans celle-ci, il n'est pas très haut, le FN. JLM : Voilà. Voilà.
Non mais de toutes façons, je suis habitué à l'idée que quoi que je fasse, JLM : je mérite des reproches. DP : On vous pose des questions. LS : C'est juste des questions.
On a le droit. JLM : Oui mais je comprends, JLM : Nan mais j'ai entendu ce que vous me dites. On me dit, alors, cette circonscription est facile.
Elle est tellement facile que le député sortant a perdu sa mairie. Bon, c'est pour dire. JLM : Pourquoi je ne suis pas allé...
DP : Il est député sortant. JLM : Pourquoi je ne suis pas allé dans cette circonscription ? Parce qu'il y a quelqu'un !
Elle s'appelle Sarah Soilihi ! C'est une doctorante en criminologie, c'est une championne du monde de boxe, d'accord ? C'est une femme, elle coche toutes les cases.
Je viens pour l'aider. Vous verrez que tout le monde montera ! Et j'ai l'espoir que ce soit elle qui batte le député Front National.
Parce que cette femme est représentative de cette bigarrure de Marseille. Et de sa formidable capacité chez les pauvres et les humiliés, à se sortir de leur condition par leurs études. Je suis extraordinairement fier d'avoir cette femme dans nos rangs.
Et elle va gagner. Voilà pourquoi je ne suis pas allé. Et tous les gros machos du coin me disent : " T'avais qu'à aller là-bas !" Non !
Je veux qu'elle gagne, elle ! LS : Jean-Luc Mélenchon, une question encore : Vous avez parlé de Benoît Hamon, qu'on recevra dans un instant et on lui posera une question sur vous et un éventuel accord avec vous. Mais vous n'êtes pas très tendre avec le Parti Communiste, avec vos amis du Parti Communiste qui vous ont pourtant soutenu...
Euh...
Ben si, ils vous ont soutenu, non ? [ rires ] LS : Ils vous ont soutenu ? JLM : Oui, oui, oui, bien sûr.
LS : Ah ben voilà ! J'ai cru que vous aviez oublié qu'ils vous avaient soutenu comme candidat à la présidentielle...
JLM : Non, non, non mais...
Alors quand vous envoyez, alors, c'est sorti dans le Canard Enchaîné ce SMS assassin à Pierre Laurent, le Secrétaire National du PCF, LS : en disant que le Parti Communiste était...
JLM : Il n'y a vraiment pas un procédé qui vous répugnera hein. LS : était la mort et le néant JLM : Vous savez qu'un SMS, c'est une correspondance privée ? LS : Là c'est pas moi qui l'ai sorti, hein, personnellement...
J'vous interroge...
JLM : Et vous êtes sûre que c'est un vrai SMS ? LS : Mais pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à vous entendre avec le Parti Communiste ? Bon.
Ben posez la question comme ça et je vous réponds. N'allez pas chercher des sms et je sais pas quoi, parce que ça me met les abeilles. Parce que ce n'est pas un procédé correct.
C'est pas un procédé correct. On part de l'idée que c'est vrai, que c'est...
Alors, que Pierre Laurent donne ses sms, c'est son affaire. Mais qu'on ne vienne pas...
Parce que moi, je peux vous dire que, ce sms je sais pourquoi il est donné. Ça arrive...
Jamais vous avez des sms un peu tendus, vous ? Avec votre époux ? Ben ça arrive, non ? [ rires ] JLM : Allez, ne racontez pas d'histoires...
DP : L'émission prend une autre direction. JLM : Oui, mais, non, elle prend pas une autre direction...
DP : Oh, je plaisante...
JLM : Je veux dire que quand on est dans la...
LS : Vous êtes marié à Pierre Laurent ? JLM : Non ! JLM : Quand on est dans la correspondance de cette nature, vous savez bien que les mots vont vite.
Donc on ne peut pas prendre ces formules au pied de la lettre. Par contre ce que moi, j'ai pris au pied de la lettre, c'est ce qui était publié, dans le supplément communiste de l'Humanité, que j'ai là ! Et où Pierre Laurent dit, en janvier, quand il pensait que j'allais me faire nettoyer par le Parti Socialiste et qu'il était en train de discuter avec.
Il dit : "La France Insoumise, c'est un problème, il n'y a pas, et il n'y aura jamais d'accord !" LS : Mais pourtant vous avez discuté, vous vous êtes vus 6 fois, vous avez discuté, JLM : Merci Madame de le reconnaître. LS : Pourquoi vous n'êtes pas parvenu à un accord ?
LS : Est-ce que c'est parce que vous imposez une ligne ? LS : En gros il faut vous suivre absolument, sur le programme, sur tout JLM : Voilà. Au pas s'il vous plait, en marchant au pas.
JLM : Parce que sinon vous savez je n'y trouve pas mon compte LS : Oui mais c'est un peu ce qu'ils disent LS : Eux disent que...
JLM : Votre homologue a déjà dit que j'étais un dictateur, c'est pour ça que je vous aide JLM : à aller plus vite en besogne LS : Non mais quel est le problème alors ? JLM : Eh bien si vous me laissez le dire je vous le dirai. LS : Je vous en prie JLM : Le Parti Communiste...
D'abord le mouvement communiste c'est quelque chose de très divers, comme toute la société française. Il y a des gens qui sont communistes, des qui ont une carte, des qui n'en ont pas, des qui l'ont été mais qui n'aiment pas qu'on dise du mal du Parti Communiste, et puis il y a l'organisation communiste, et tout ça ne réagit pas de la même manière. J'ai dit aux dirigeants communistes que quand 7 millions de personnes votent pour ce programme, je ne peux pas aller les voir en leur disant "Ecoutez, je me suis mis d'accord sur un coin de table avec mon vieux copain Pierre Laurent, et dorénavant 50% du pays est appelé à voter pour un autre programme et pour des communistes parce que j'ai fait un accord avec." Vous me comprenez ?
Je ne peux pas dire aux gens : "Je vous ai proposé de voter pour la sortie du nucléaire mais maintenant je vous appelle à voter pour quelqu'un qui veut y rester" Je ne peux pas vous dire : "Je suis pour le droit de révocation par référendum des élus" "Mais je vous appelle à voter pour quelqu'un qui, lui, ne veut pas en entendre parler" Donc je leur ai dit "On ne peut pas se partager des places parce que ce monde-là est fini", comprenez-le. Les gens ont voté pour ça, donc premièrement la base de notre élection commune c'est le programme. Ensuite il faut faire un groupe, ensemble, qui soit fidèle à ça.
Bon sang mais qu'est-ce que ça a de dictatorial de demander qu'on respecte l'engagement sur lequel on se fait élire ? Mes amis communistes n'en ont pas voulu, soit. Eh bien qu'ils fassent leur vie !
De notre côté nous avons investi dans le cadre de la France Insoumise une trentaine de communistes. Êtes-vous capables, madame Salamé, de me dire où il y a un candidat de la France Insoumise soutenu par la direction du Parti communiste ? Non, il n'y en a pas.
LS : J'irai vérifier DP : Merci, Jean-Luc Mélenchon, DP : Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions ce soir JLM : Le temps passe vite DP : Le temps passe vite, ça fait un peu plus de...
JLM : Bref, que les gens votent pour nous et ils auront une autre majorité. DP : Merci à vous Jean-Luc Mélenchon JLM : Sinon, qu'ils s'en prennent à eux et aux résultats. JLM : Merci DP : Merci Jean-Daniel on vous retrouve à la fin de l'émission
Jean-Luc Mélenchon