Jean-Luc Mélenchon - On n'est pas couché 8 avril 2017 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 58 %Attaque 31 %Défensif 11 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Voici l'homme qui monte, Jean-Luc Mélenchon.
- 1:13OuverteRéponse partielle
La dernière fois vous étiez à 11%, comment expliquez-vous cette montée ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Le coup des religions face à Marine Le Pen sur le débat de lundi dernier, c'était pas mal.
- 3:36OuverteRéponse directe
Revenons sur votre bonheur du moment, ce fait de monter dans les sondages.
- 4:51OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez demander à M. Hamon de se désister en votre faveur ?
- 6:35OuverteRéponse directe
Vous avez parlé d'une conférence de sécurité de l'Atlantique à l'Oural, expliquez-nous.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurChiffre
« Il a largement dépassé Benoît Hamon dans les enquêtes d'opinion et talonne même désormais François Fillon. »
- 9:32Invité politiqueChiffre
« La vérité, c'est que 75% du dispositif de défense russe est mis en cause. »
- 10:12Invité politiqueFait
« Je suis un, on dit en diplomatie, que je suis plutôt Mitterrando-gaulliste. »
- 11:31Invité politiquePromesse
« Nous voulons un référendum sous contrôle de l'Organisation des Nations Unies, pour être certain, que les gens de Crimée... »
- 12:37Invité politiqueFait
« Plus d'armes nucléaires, c'est énorme, hein ? »
- 16:47Invité politiqueFait
« Ça s'appelle la dissuasion, ça, madame. »
- 24:20Invité politiqueChiffre
« Nous avons été 4 millions en 2012. »
- 28:15Invité politiquePromesse
« On réévalue le SMIC. »
- 28:22Invité politiqueChiffre
« 80% des personnes payées au SMIC sont des femmes. »
- 28:22Invité politiqueChiffre
« 80% des personnes payées au SMIC sont des femmes. »
- 28:47Invité politiquePromesse
« J'ai proposé une échelle de salaire qui ne puisse jamais aller plus loin que de 1 à 20. »
- 29:02Invité politiqueChiffre
« Si j'appliquais à toutes les entreprises ce qui est aujourd'hui le régime des entreprises de l'économie sociale et solidaire, ça serait de 1 à 7. »
- 30:25Invité politiqueFait
« Les entreprises doivent déclarer leurs bénéfices dans les pays où elles les réalisent. »
- 39:22Invité politiqueFait
« Si les dettes en Europe ne sont pas reprises par la Banque Centrale qui aujourd'hui, par exemple pour le cas de la Grèce, elle en a racheté 80%. »
- 41:44Invité politiquePromesse
« On va sortir du nucléaire déjà en France. »
- 42:33Invité politiqueChiffre
« La moitié de la facture du commerce extérieur de la France, c'est du pétrole et du gaz. Plus de l'uranium. »
- 45:34Invité politiqueChiffre
« Il y a 2000 personnes qui meurent dans la rue tous les ans. »
- 46:51Invité politiqueChiffre
« Il faut 200 000 logements par an. »
- 47:47Invité politiqueChiffre
« L'année dernière, 130 000 décisions d'expulsion, 14 000 de fait. »
- 49:09Invité politiqueFait
« C'est tout le monde. »
- 49:38Invité politiqueFait
« Quand vous avez une cotisation, ça vous coûte, mais après ça vous rapporte. »
- 50:56Invité politiquePromesse
« Je donnerai des papiers à tous les travailleurs qui ont un contrat de travail et qui n'ont pas de papier. »
- 51:03Invité politiqueFait
« Je dis les travailleurs détachés, ils rentrent chez eux. »
- 51:08Invité politiqueFait
« Ce système-là ne s'appliquera plus en France, parce que c'est un système qui va détruire la sécurité sociale. »
- 52:05Invité politiqueChiffre
« Il y a 500 000 jeunes Grecs qui ont fichu qu'en Grèce et qui sont partis. »
- 52:08Invité politiqueChiffre
« Il y en a 400 000 qui sont partis d'Espagne. »
- 53:56Invité politiqueChiffre
« Un pays qui a été capable d'absorber 130 000 boat people n'a aucune difficulté à faire ce qu'il faut. »
- 53:00Invité politiqueFait
« On pourchasse les gens d'après leur couleur de peau, leur apparence. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon76 %
- Présentateur7 %
- Invité6 %
- Présentateur 26 %
- ?5 %
≈ 23,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il
est temps d'accueillir notre premier invité politique pour ce soir, le député européen et candidat de la France insoumise. Il est candidat évidemment à l'Elysée et c'est l'homme en forme du moment. Il a largement dépassé Benoît Hamon dans les enquêtes d'opinion et talonne même désormais François Fillon. Il vient à nouveau donc défendre sa vision de la France insoumise. Voici l'homme qui monte, Jean-Luc Mélenchon. La dernière fois vous étiez à 11%, c'était à peu près la moitié de ça. Là, d'un seul coup, 17, 18, sur le moment où je
vous parle. Mais c'est
pour vous faire plaisir. Je suis reparti tout penaud. J'étais venu, vous m'avez dit au moins 10 fois, comment ça se fait, vous ne faites que 11% ? Je me suis dit, mais c'est vrai, comment ça se fait, je ne fais que 11% ? Allez, on va en mettre un bon coup. Merci, merci, je suis content d'avoir
participé.
Plus que content, monsieur Mélenchon,
je
suis fier même d'avoir participé à cette prise de conscience qu'il fallait vous bouger le cul. Je vous garantis que ce n
'est
pas ça que j'ai bougé. C'est là que ça se passe. Bon, en tout cas, franchement, ça va, vous marchez sur l'eau en ce moment, Jean-Luc Mélenchon.
Il
paraît, pas moi, non. Moi, je suis prudent. Et trop laïque aussi pour marcher sur l'eau. Ou pas, c'est bon en ce qui nautique.
C
'est vrai que le coup des religions face à Marine Le Pen sur le débat de lundi dernier, ça,
c
'était pas
mal.
Vous voyez, parce qu'à la fin, ça finit par être saoulant, quoi. J'aurais peut-être pas dû réagir comme ça, parce qu'il y
a
des gens autour de moi, je ne vais pas raconter d'histoire, y compris dans ma famille, des gens qui ont la foi, qui sont pratiquants, et moi, je n
'ai
pas d'avis sur ce sujet, sinon que je les respecte. Mais là, ça faisait trop, quoi. Les crèches, enfin, au début, je n
'ai
même pas compris ce qu'elle disait.
Vous avez bien compris que vous n'aviez pas compris. Je lui ai parlé
des crèches pour les gosses, quoi. J'ai dit, mais c'est la crèche
pour
le petit Jésus. Mais oui, à la fin, je lui ai dit, mais vous ne
voulez
pas mettre les urgences dans la Constitution pendant que vous y êtes ? Et puis en route, je me dis, mais qu'est-ce qu'elle raconte
?
Et après, j'ai compris qu'elle voulait mettre les crèches dans la Constitution. Là, je crois que vraiment, bon, alors j'ai répondu que beaucoup de Français, mais ce que je voulais dire, c'est que beaucoup n'ont pas de religion, en tout cas n'en professent pas. Je lui interdis de dire ce que moi, je crois ou ne crois pas, parce que tant que je serai élu des Français, je représente tout le monde, mais surtout, y compris les gens qui ont la foi, qui pratiquent, ils n'ont pas envie qu'on les prenne comme ça, qu'on les accapare pour les... Non, ils pratiquent dans le secret de leur cœur, dans leur famille, pour eux-mêmes. Ils ne demandent pas de devenir des objets politiques.
De ce point de vue, deux siècles de victoire de la Révolution et de la République a créé un consentement entre nous, même si on n
'est
pas du même avis politique. Néanmoins, on sent les choses comme ça. La foi, c'est une affaire privée, ce n
'est
pas un sujet politique.
Revenons quand même sur votre bonheur du moment, ce fait de monter dans les sondages. Alors c'est vrai que quand on est un peu faible dans les sondages, ou quand on ne décolle pas, on a tendance à dire,
«
Oui, mais vous savez, les sondages,
je
n'y crois pas. » Là, en ce moment, vous y croyez, au sondage ?
Ben, je suis comme tout le monde. C'est-à-dire que quand j'ouvre le journal,
il
m'arrive, par distraction sans doute, mais allez savoir, pourquoi ? Je vais voir l'horoscope. Alors s'il est bon, je crois.
S
'il n
'est
pas bon, je me dis, mais c'est des bêtises, allons, allons, ça va m'influencer. Mais bon, je
vous l'ai dit la dernière fois. La religion, pardon,
c'est une nouvelle religion, le sondage.
Le
sondage ? Oui,
oui.
Oui, vous avez raison, moi je serais pour qu'il n
'y en
ait pas. Parce que ça fausse tout, ça donne une impression que la partie est jouée, les gens ne se déterminent plus d'après leurs idées, mais d'après une espèce de petit jeu, vous savez, bon, qui va être à tel... Je vous l'ai dit la dernière fois, vous rappelez
?
Mais c'était ma question. Aucun combat ne vaut la peine d'être mené si on se repère dans les sondages, parce qu'ils sont tous perdus d'avant. Et aujourd'hui, on me dit, vous marchez sur l'eau et tout, mais attendez, il
y
a une erreur. Mon sujet, ce n
'est
pas de marcher sur l'eau, c'est de gagner l'élection. Je ne suis pas là pour témoigner, si vous voulez. Je me bats pour gagner. Alors, si j'y arrive, eh bien, on fera ce qui est prévu. Si je n'y arrive pas, je m'inclinerai devant la décision du peuple et je me dis heureux de vivre dans une grande démocratie. Voilà.
Pour y arriver, vous allez... C'est l'inverse que j'ai posé comme question il y a quelques semaines, puisque c'est M. Hamon qui était devant vous, vous derrière. Maintenant, c'est l'inverse. Est-ce que vous allez demander à M. Hamon de se désister en votre faveur, de lui dire, dis donc, est-ce qu'on ne peut pas finalement passer ce cap des 20% et être au deuxième tour ensemble ? Mais ce sera vous, forcément, le candidat, puisque vous êtes devant lui maintenant.
Bon,
il va de soi que s'il le faisait, ce serait une très grande nouvelle et que je ne dirai pas non, évidemment, vous le devinez. Mais moi, je ne veux pas exercer sur lui une pression qu'au demeurant, je n'avais pas supportée sur moi. Il mène son combat. Il le fait courageusement avec des gens absolument répugnants qui lui font le supplice chinois de l'abandonner un après l'autre, jour après jour, des gens qui sont totalement déloyaux, mais qui me donnent raison a posteriori.
Vous pensez à
Manuel Valls,
à certains ministres du
gouvernement
? Moi,
je n'ai pas voulu aller dans cette histoire en disant que ça ne règlera rien parce que les gens sont trop différents.
On
peut faire une primaire entre des gens qui sont séparés par des nuances ou des sensibilités. Là, c'est des projets différents. Et ils sont en train de le poignarder. Et il
n
'y a que lui qui tient parole parce que tous les autres... Là, le Parti Socialiste est, en quelque sorte, comme un emballage, une apparence. Donc moi, ni je veux l'accabler, ni faire de pression sur lui. Je respecte son combat. Je me suis accordé avec lui sur le fait qu'il y aurait un pacte de non-agression. Je le respecterai jusqu'au bout. Je ne dirai pas un mot sur lui plus haut que l'autre. Et bien sûr, la seule chose que j'aurai à dire, c'est des choses pour le rassurer éventuellement. Si vous permettez que j'évoque
un
sujet de fond à ce sujet. Il m'a entendu parler d'une conférence pour la sécurité en Europe, de l'Atlantique à l'Oural.
J
'allais vous poser la question après.
Mais
si vous voulez me la poser là, ça tombera bien.
Allez-y. Oui, dans le...
Oui.
Non, mais c'est une question intéressante. Regarde le type prudent. Tout à fait bien sûr, monsieur le Président.
Non, non, c'est pas le type de... Non,
non, lui
mettrait son point d'honneur s'il avait affaire au Président à être insolent. Mais vous aimez l'insolence ? Non, c'est-à-dire la mienne, oui. Oui,
c
'est des
autres. Comme
tout le monde.
Alors,
vous avez parlé d'une conférence de sécurité de l'Atlantique à l'Oural pour organiser une sorte de négociation des frontières.
Mais
il y a quelque chose dans cette négociation qui m'échappe un peu. Parce que vous avez rajouté dans une petite vidéo que j'ai vue de vous, très intéressante au Demand, il faut demander au peuple ce qu'ils en pensent. Mais vous imaginez bien que, à cette conférence, Poutine et Trump vont se présenter peut-être, mais les peuples, ils vont pas se présenter, les peuples.
Ce
sont les représentants de ces peuples qui vont venir. Et vous imaginez bien que les Écossais et ceux qui représentent le Royaume-Uni, la Catalogne et ceux qui représentent l'Espagne, ne vont pas être représentés de la même manière.
Sans
doute. Mais je commence d'abord par le début de votre question. La vérité, c'est que les frontières sont en cause.
C
'est ça, le problème. Sinon, on n'en parlait même pas. Elles le sont d'une manière terrible. Il y avait les vieux cas qu'on connaissait. Chypre, qui n'est toujours pas réglée. Ceux qui sont en train d'apparaître, la frontière entre l'Albanie et puis la Macédoine, de l'autre côté, les Bulgares, on voit apparaître des tensions. On ne le sait pas, nous, en France, parce qu'on n'en parle pas, mais ceux qui suivent l'actualité internationale savent que ce sont des sujets. Auparavant, nous-mêmes, on a charcuté la Serbie pour faire le Kosovo. Donc, il y
a
une ambiance en Europe, depuis la fin de l'Union soviétique,
qui
est à l'incertitude sur certaines frontières. Et puis, il y a un énorme problème. C'est la Crimée. Alors, en cours de route, la Crimée est devenue une des républiques de la Fédération de Russie, mais ce n'est pas dans les accords internationaux. Ce n'était pas ça, la frontière. La frontière précédente a inclué la Crimée dans l'Ukraine. On en pense qu'on en veut. Personnellement, je pense que c'est stupide. Mais c'est ça, l'ordre international. Donc, c'est à cause de ça qu'il y a une montée des tensions. Donc, il y a deux solutions.
Ou
on prépare la guerre, ce que j'entends dire. Alors, on fait pression. Enfin, où on essaye d'organiser ce que pourrait être une sortie raisonnable. C'est à ça que, moi, j'essaye de réfléchir. Parce que je pense que l'autre chemin ne mène nulle part, sinon à une escalade qui, à un moment donné, pourrait échapper à tout le monde. Alors,
nous
avons installé, je dis nous, les Américains, avec l'accord du président français, ont installé des batteries antimissiles en Pologne. Au départ, c'était pour riposter à l'Iran, puis en cours de route, évidemment. On est venu quand même à la vérité. La vérité, c'est que 75% du dispositif de défense russe est mis en cause. Alors, de l'autre côté, ils ont amené leurs missiles. Et nous, on est les Français. Pas question. Pas question qu'il y
ait
une guerre en Europe. Donc, il y a deux choix. Ou bien on laisse faire,
ou
bien on essaye de faire une proposition. C'est ma proposition, c'est une conférence de sécurité. On a un cadre pour ça. Ça s'appelle l'Organisation de coopération pour la sécurité en Europe. Ça a été créé après les accords d'Eltimie.
Qui
va y participer ? Les peuples.
Et
pourquoi vous avez rassuré Benoît Hamon là-dessus ? Parce que je veux
dire, je n'ai pas l'intention, j'ai entendu dire, ma formule a été résumée. Mélenchon propose de rediscuter les frontières en Europe, ça ne va pas. Je n
'ai
jamais proposé une chose pareille. Je suis un, on dit en diplomatie, que je suis plutôt Mitterrando-gaulliste. Bon, c'est comme ça. Bon, pour la réelle politique. Eh bien, écoutez, déjà, la première chose et la chose essentielle qu'a fait François Mitterrand quand les deux Allemands se sont réunifiés, c'est de dire aux Allemands, nous on est d'accord, mais vous commencez par dire que vous êtes d'accord pour respecter la frontière Oder-Neiss qui est à l'Est, qui a déjà déclenché deux guerres. Bon, ils ont bien été obligés de dire oui.
Si on avait écouté François Mitterrand, eh bien, les Allemands n'auraient pas reconnu en 48 heures les Croates et les Slovènes qui, aussitôt, ont commencé à afficher dehors les gens qui les dérangeaient. Bref, je suis donc pour la stabilité. Mais je demande à tout le monde de comprendre qu'il y a danger. Et nous, nous sommes un grand pays. Donc, nous pouvons faire, mettre une offre sur la table. Pas simplement rester là en disant, on va s'armer jusqu'aux dents pour faire peur à Poutine. Mais vous rigolez, vous ne lui faites pas peur. Vous renforcez son point de vue. Car son point de vue est entièrement bâti sur le rapport de force. Mais à cette conférence, c'est Poutine qui sera là.
Ce ne sera pas son
peuple. Oui.
Alors, moi, je pars du principe suivant. C'est de me dire, je pars du principe que tout le monde essaye d'éviter la guerre. Donc, si cet homme vient à cette conférence, il représente son pays, évidemment. Il ne s'agit pas non plus d'aller chercher les gens comme ça. Il vient. On va lui dire, écoutez, quel est votre problème ? Parce que nous, la frontière de la Crimée, on ne peut pas accepter que tout d'un coup, un morceau de l'Europe change de pays comme ça. Donc, nous,
ce
qu'on vous demande, par exemple, on peut dire, nous, on met sur la table, nous voulons un référendum sous contrôle de l'Organisation des Nations Unies, pour être certain, que les gens de Crimée...
On va envoyer Mamane et Antoine Gouy. Ben oui, mais pourquoi pas ? Une
commission internationale. Écoutez, l'idée, c'est que... On reconnaît le
gondouana,
là. Il
y a deux principes qui sont à l'œuvre. L'intangibilité des frontières et le droit des peuples à disposer de
même. Il
faudra convaincre M. Poutine de faire un référendum dans son pays à ce sujet. Oui. Alors, attendez. Mais sur la table, on met d'autres choses. Lui,
il
va nous dire, écoutez, vous êtes bien gentils, vous, les gens, là. Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? De rapprocher la frontière de l'OTAN sans arrêt de mon pays. Donc, vous vous engagez, vous retirez vos batteries antimissiles qui sont en Pologne. Alors, nous, on va dire, ben, oui, mais vous,
vous
retirez les vôtres. Oui. Après, on dira, tel pays, il va nous dire tel pays, on ne veut pas qu'il soit dans l'OTAN. Bon, d'accord, on l'avait déjà promis la dernière fois. Donc, l'Ukraine ne sera pas dans l'OTAN. Donc, les pays limitrophes de la Russie ne seront pas dans l'OTAN. Et on établit une zone de paix. Et si ça marche, comme ça avait marché pour Helsinki...
Vous
sentez que l'OTAN existe encore à ce moment-là,
hein ?
Si, si, si ça marche, je vous répondrai sur l'OTAN avec beaucoup de plaisir. Mais si ça marche, on peut passer à autre chose. Par exemple, on pourrait dire, nous proposons que l'Europe soit une zone dénucléarisée.
Plus
d'armes nucléaires, c'est énorme, hein ? Mais pourquoi on ne le proposerait pas ? Si tout le monde se sent en sécurité, à partir du moment où chacun se sent en sécurité, du coup, il ne se sent pas en nécessité de s'armer jusqu'aux dents pour faire face aux autres. Voilà ma vision des choses. Mais ça, pour faire ça, il faut que les Français soient crédibles. Il ne faut pas qu'on apparaisse comme les petits porteurs de sacoche des Américains, et c'est là que vient la question, de notre sortie de l'OTAN, qui n'a pas de raison d'être en tant qu'organisation du traité de l'Atlantique Nord, alors qu'il n
'y
a plus d'URSS, qu'il n
'y
a plus de pacte de Varsovie, que fait cette organisation, aujourd'hui, sinon créer des problèmes. En Europe, elle crée des problèmes, c'est tout ce qu'elle fait.
Votre discours est intéressant, mais un peu paradoxal, avec le fait que vous voulez réinstaurer le service militaire. C'est-à
-dire
que vous faites tout pour que la guerre n
'ait
pas lieu, à la fois à l'extérieur et à l'intérieur, par rapport à l'arme nucléaire, et en même temps, j'ai vu votre programme, réinstaurer un service national, militaire et civil. Mais il
y a
militaire.
Après,
ce sera valide, ça. Oui, oui, il
y
a civil et militaire. Militaire.
Est-ce que ce n
'est
pas paradoxal ? Je ne suis pas naïf non plus. Un pays, il doit aussi être capable de se défendre. Mais ma vision de la défense,
c
'est qu'elle est d'abord fondée sur la sécurité des frontières de la France. Donc le peuple français doit être en état de se défendre s'il était agressé. Le service militaire, c'est une participation humaine de haut niveau, parce que les jeunes français sont instruits, cultivés, et que donc ça donne une capacité de défense de haut niveau intellectuel. Et c'est de la défense, la défense moderne, c'est-à-dire y compris de la défense, comme on dit, non létale, non mortelle. C'est protéger les cheminements, c'est assurer la sécurité de certains sites. Bon, par exemple, on peut dire les centrales nucléaires, je n
'aime
pas trop évoquer ça, mais des sites, on va dire, que le peuple français est en état de protéger quoi qu'il arrive. Et c'est de cette façon que nous montrons à la fois que nous sommes un peuple pacifique, mais en même
temps
pas naïf. Est-ce que si l'Europe n'existe pas, c'est parce que justement, les
Français veulent
défendre nucléairement que leur territoire et non pas le territoire des voisins qui font partie de l'Europe, est-ce que ce n
'est
pas ce manque de fédéralisation européenne, à ce niveau-là, qui pose un
problème
? Mais M. Max, admettons, je ne suis pas éloigné de ce que vous dites, mais pour qu'il y ait une défense commune, il faut qu'il y ait quelque chose de très grand en commun, c'est-à-dire un Parlement et un peuple. Une Europe fédérale.
Ça
pourrait être une Europe fédérale, mais ce n'est pas à l'ordre du jour, dans les conditions actuelles, et ce serait une catastrophe de le proposer à cet instant. Mais néanmoins, je veux dire, pour vous répondre sans tourner autour du coup, je ne suis pas d'accord
pour
que la dissuasion nucléaire française soit mise au service des 28 pays de l'Europe. Je ne suis pas d'accord. Pourquoi ? Parce que c'est se faire embarquer dans des histoires dont les Français n'ont pas idée. Il y a les conflits que les Russes ont avec leurs voisins, il
y
en a, ils durent depuis 1 000 ans. Donc, il ne peut pas être question d'être à la merci d'une provocation ici ou là, d'un côté ou de l'autre, et que les Français se trouvent embarqués, et puis après on vous dira, mais dites donc, M. Mélenchon, c'est vous tout seul qui allez décider de ça ? Si vous êtes le président de la République, ben oui, c
'est
moi tout seul. C'est pas vous, on fera pas une assemblée générale pour décider si on passe, que je n'espère n'avoir jamais affaire, et ça n'aura pas lieu, à la dissuasion nucléaire. Mais, M. Moix, entendez-moi bien, il faut protéger, je suis anti-nucléaire, je suis pour les conférences de désarmement, mais il faut à tout prix que nous gardions pour nous l'argument d'après lequel les Français ne se laisseront jamais faire, et qu'ils ne veulent pas de guerre sur le vieux continent. Ni une petite, ni une moyenne, ni une grande. Mais même des petites, on n'en veut pas.
Sophie, Vanessa, deux blondes et je m'y perds, Vanessa Burgraff. Eh ben alors... C'est ça, les blondes me font tourner la tête.
Sur
l'Europe, parce que plus on approche...
C'est une
blague, non ? Non, oui. Ah bon ? Rassurez-vous.
On
se voit toujours
après. On se voit toujours
après.
On se voit toujours après, Marine. Pardon. Sur l'Europe, plus... Excusez-moi, madame.
Je vous en prie. Sur l'Europe, plus on approche du scrutin, plus j'ai le sentiment que les sujets qui ne font pas consensus, les candidats mettent un peu d'eau dans leur vin. Je voudrais qu
'on
reparle, si vous voulez bien, à un moment de l'Europe, avec vos deux plans. Le plan A, c'est la renégociation pour sortir des traités européens de l'austérité. Et le plan B, on est bien d'accord, si vous n'arrivez pas à renégocier ces traités, on sort de l'Union européenne et on sort de l'euro. Vous nous le dites ce soir, oui, si je n'arrive pas à renégocier, on sortira de l'euro.
Oui. Oui. Ça s'appelle la dissuasion, ça, madame. C'est comme si vous me demandiez, il y
a
un instant, M. Mélenchon, si la France est attaquée
militairement,
est-ce que vous utiliserez la dissuasion ? Réponse, oui. Si je ne vous dis pas oui, il
n
'y a pas de dissuasion. Si je ne vous dis pas oui pour le plan B, il n'y a pas de plan B. Et s'il n
'y a
pas de plan B, il n
'y
a pas de plan A. Parce
que les gens
diront, on parle toujours, Mélenchon, dans cinq minutes, il faudra bien que tu fasses comme les autres, c'est là qu'on signe. Bon, donc je ne signerai pas. Je veux qu'on sorte des traités. Mais madame, je ne veux pas biaiser avec votre question. La réponse est oui. C'est-à-dire que, ou bien nos partenaires, car ce sont des partenaires, pas des ennemis.
Donc
on peut parler avec eux. Et pour l'instant, aucun président français n'a pris le temps de dire à madame Merkel pour quelles raisons les français ne peuvent plus accepter ces traités européens. Pas par idéologie, mais parce qu'ils contiennent des principes économiques et des normes, comme le refus de l'harmonisation sociale ou fiscale, qui permet à ce bandit de Juncker de piller le reste de l'Europe avec son pays, le Luxembourg, ou à d'autres, de refuser toute harmonisation sociale,
dans
des conditions telles que nos économies sont en train d'être détruites. Donc nous allons commencer par dire que ça ne nous va pas et on vous dit pourquoi. C'est la première fois qu'ils l'entendront.
Et
on va avoir des pays qui vont dire comme nous.
Parce
que si
vous croyez... Quel
pays ? Alors c'est ça qui m'intéresse. Quel pays ? Parce que vous,
vous
misez beaucoup sur les pays du Sud, de l'Europe du Sud. Aujourd'hui, l'Espagne de Rajoy, c'est un pays qui est à droite. En Italie, Gentiloni est plutôt du côté de Renzi, donc plutôt un social-démocrate. Avec quel pays on va faire ce partenariat ? Avec le Portugal qui ne pèse pas grand-chose en Europe ? Avec la Grèce qui ne pèse plus grand-chose ? Avec qui ? Quels vont être vos alliés ?
On
le fera avec ceux qui le voudront.
Mais je voudrais...
Attendez, je voudrais... Je crois que vous avez une vision des choses qui ne tient pas à ses comptes du fait que, quelle que soit la nature politique d'un gouvernement, il y a aussi des intérêts qui le surplombent, qui sont ceux du pays qu'il gouverne. Aujourd'hui, ni les Espagnols, ni les Portugais ne peuvent trouver leur compte au traité européen, ni les Italiens. Je ne dis pas
le capital
espagnol ou portugais.
Mais ils n'ont pas
voté, pardonnez-moi, ils n'ont pas voté pour des partis d'extrême-gauche.
Non,
d'abord... Donc la
preuve, c'est que les peuples...
Qu'est-ce que vous appelez
un parti d
'extrême-gauche ? Parce qu
'avec vous, ça va vite, hein ?
On évite à l'extrême-gauche.
Non, on évite à
l
'extrême-gauche. Podemos, par exemple, est
un parti...
Podemos, c'est un parti d'extrême-gauche.
Non, mais bon...
Dans votre classement, d'accord. Alors,
dans mon classement, on va dire que c'est un parti d'extrême-gauche.
Ah oui, vous, les rôles
à l'extrême-gauche. Il
n'a pas remporté les élections. Mais il n'a pas... Revenons, si vous voulez bien. Il n'a pas remporté les élections. Donc vous dites que les peuples suivent. Or, les peuples d'Europe du Sud n'ont pas voté pour ces partis-là.
Alors,
on
pourrait analyser chaque vote.
Vos alliés. Moi, je voudrais savoir avec quel pays
vous comptez
vos alliés.
Je vous dis qu'il y a des situations où chacun réfléchit différemment. Les Italiens sont en train de se faire saigner par le même dispositif qui nous saigne nous. Monsieur Rajoy, tout de droite qu'il est, tout corrompu qu'il est,
en Espagne,
il est le Premier ministre d'un pays qui est à la ramasse
et
qui souffre affreusement. Ne croyez pas que la situation se soit calmée là-bas.
Ça va mieux.
Jean-Luc Mélenchon,
on
va quand même...
Non, madame.
Si, on passe de 25% de taux de chômage en Espagne à 18%. Il y a quand même une baisse de 7 points de...
Bon, je ne vais pas vous commenter la politique de l'Espagne que je connais bien car je suis en relation très étroite avec mes amis là-bas. Mais regardez ce que je vais vous donner comme exemple. Lorsque j'étais ministre de l'enseignement professionnel, certes,
ce
n'était pas un sujet central, l'enseignement professionnel, tout le monde s'en fout, sauf qu'on est dans la moitié de la... Hélas, vous avez raison.
C
'est un des gros problèmes de la France. Mais bien sûr. En tout cas, ce qui se passait à ce moment-là, c'est que quand je faisais des propositions, j'étais en français, de gauche pour eux, d'extrême gauche parce que Lionel Jospin pour eux, c'était le communisme à peine masqué. Bon. Hé bien, lorsque je faisais des propositions qui, par exemple, étaient d'avoir des diplômes communs avec le même contenu dans toute l'Europe, c'était une révolution. Vous savez-vous qui m'a aidé ? Celle... La ministre anglaise qui était une travailliste qui avait fait exactement le contraire jusque-là. La ministre italienne, alors elle était non seulement, elle était de droite, mais honnêtement,
elle
était même un peu plus que de droite. L'Espagnol était de mon côté, il était de droite. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est pas qu'on avait fait une concession, c'est que l'intérêt de nos pays allait dans le même sens. Quand vous discutez de pays à pays, vous ne venez pas demander aux gens d'adhérer à vos idées, ce serait absurde. Vous traitez des États et les États ont des intérêts
et
les intérêts de ces États, on essaye de les faire coïncider. Moi, je ne renonce pas à l'idée d'arriver à convaincre les Tchèques. Je ne renonce pas à l'idée d'arriver à m'accorder avec les Polonais avec qui je n'ai strictement rien à
voir. Est
-ce que vous ferez un référendum pour la sortie de l'euro ?
Alors,
là, merci de me poser
cette question parce qu'elle est très importante. Quoi qu'il arrive, à la fin, on décidera par référendum.
C'est-à-dire,
je reviens et je dis voilà les gens,
voilà
ce que je ramène à la maison. Qu'est-ce que je fais ? Je signe ou je ne signe pas ? S'ils me disent tu ne signes pas, je ne signe pas. Et à ce moment-là, plan B.
S
'ils me disent
tu signes, je signe.
Et si vous perdez ce référendum, Marine Le Pen avait dit qu'elle ferait également un référendum pour la sortie de l'euro. Elle a dit si je perds ce référendum, je pars. Est-ce que ça sera votre cas aussi ?
Je ne
sais pas pourquoi vous
éprouvez le besoin de citer Marine Le Pen à propos de quelque chose qu'a fait avant le général de Gaulle. Bon, honnêtement, dans les institutions... On ne va pas
remonter
au général de Gaulle. Moi, je parle de
cette date
en ce
moment. Est-ce que vous
partez ?
Les institutions de la Ve République sont extrêmement centralisées sur le monarque présidentiel. Aussi longtemps que l'Assemblée Constituante que j'aurais convoquée n'aura pas fait la nouvelle constitution pour la VIe République, c'est la Ve qui s'applique. Il me semble que devant une déconvenue pareille, si je revenais avec un accord dont je dirais aux Français écoutez, ça vaut la peine de le voter. Ça vaut la peine de tenter ça. Et qu
'ils
me disent non, ben,
c
'est non. Moi, je suis un démocrate. Non,
mais
oui, moi, je m'en vais à la différence des autres qui restent tout le temps. Oui, non, pareil, ça y reste.
En
même temps, vous pouvez se poser la
question.
En même temps, attendez, pardon, M. Mac, je compte convaincre. Si je signe, je ne
sais
pas n'importe qui, moi, j'ai un caractère que vous connaissez. Si je signe, c'est que je suis convaincu et donc que j'aurais fait le travail pour ça et je dispose d'importants moyens. C'est pour ça que je suis... Vous me dites, je ne mets pas d'eau dans mon vin. Je pratique avec, sans des responsabilités. C'est-à-dire, je veux qu'avant d'arriver, grâce à vous,
qui
auraient fait de moi le portrait, comme vous le savez, ils se disent, oh là là, celui-là,
il
va falloir faire attention. Il ne
va
pas falloir parler trop fort parce qu'il est un peu nerveux.
Et du coup, il y aura une ambiance
de travail.
Ah, ça c'est la personne que vous pouvez trouver. Oui, là-dessus, là-dessus, là-dessus, il faut
dire...
On change le sujet. Oui, il faut d'ailleurs le reconnaître. D'ailleurs, ça voulait être ma première question, mais je vais y venir. Dans le JDD, la semaine dernière, vous avez déclaré je deviens une figure rassurante, je suis moins impétueux. Et c'est vrai, franchement, vous vous êtes calmés. C
'est chouette que l'exemile. Non, mais qu'est-ce qui s'est passé ? qu'on
passe notre vie au camping ensemble. Comment vous le savez ?
Mais
non
!
Comment vous le savez ? Mais
vous
êtes calmés
! Vous
vous êtes... Ah, il
y a
un petit
bouquin qui se passe et
grassé qui est le vrai Jean-Luc Mélenchon.
Vous vous êtes
un peu nerveux.
Mais vous-même, vous le dites. Vous-même,
vous
le dites dans le JDD, c'est le titre «
Je
deviens une figure rassurante, je suis moins impétueux ». Est-ce que vous pensez qu'à un moment donné, vous avez pu faire peur ?
C
'est possible, oui. Et puis, il y avait aussi une stratégie à ce moment-là qui était la stratégie de la conflictualité, quelque chose que je n
'ai
pas inventé, et qui consistait à être frontale sur tous les sujets. Et puis, à partir de là, il s'est construit quelque chose autour de cette ligne. des milliers de gens, pardon de dire des millions, puisque nous avons été 4 millions en 2012, se sont reconnus et ne l'ont pas fait autour d'un homme. Ils l'ont fait autour d'un ensemble d'idées avec malice, des fois en l'utilisant. Et il s'est construit de cette manière une sorte de partie sans mur, un mouvement, que je retrouve à cette étape. Mais après, je comprends votre question et je vais vous répondre.
D
'abord, le temps passe sur tout le monde.
Et c
'est une chose importante dans la vie d'une personne sans se regarder vivre.
Parce
que ça, c'est malsain. De sentir le bonheur qu'il y a à être progressivement quelqu'un d'autre. Moi, je n'ai jamais regretté le temps passé.
Et
deuxièmement, un événement, oui, a bouleversé ma manière de regarder les choses et surtout mes plus jeunes camarades. Parce que je suis entouré de beaucoup de gens jeunes.
C
'est la mort de François de Lapierre qui était, on appelle ça mon bras droit. En
fait,
en réalité, c'était mon alter ego.
Et
nous avions ensemble une sorte d'échange permanent, idéologique, tactique, stratégique.
Et
son absence, soudain, a pesé en moi comme celle d'un être cher. Mais il avait sa vie, j'avais la mienne. Mais intellectuellement, soudain, je me suis retrouvé tout seul.
Et
je ne le dis pas par mépris du tout de tous ceux qui sont avec moi. Et donc,
au
contraire, la présence, et c'est mon dernier mot, contribue aussi à m'apaiser. La jeune génération, mon directeur de campagne, il a à peine 31 ans. C'est un docteur en mathématiques, je ne
sais
pas ce qu'il cherche, il n
'a
rien compris. Vous voyez la feuille, on ne comprend rien. Les autres, pareil, ce sont de jeunes esprits extrêmement brillants.
Vous
avez une bonne directrice de la communication quand même.
Également. Vous êtes une grande
star en ce moment, on la voit partout dans la presse, Sophia Chiquirou.
Elle a un grand mérité. Il n'y a pas quand
même qui a changé Jean-Luc Mélenchon.
Oui, mais ça, c'est ce qu'on dit. Ses mérites sont très grands, mais bon, c'est
un peu... Elle a
canalisé vos colères un peu ?
Elle
vous a dit, Jean-Luc... Non, elle vous aurait des fois plutôt
allumée, oui. Parce que bon, les communicants, ça reste des communicants. Non, mais nous avons inventé ensemble un concept dont vous découvrirez après la campagne toute l'intensité. Le concept de révolution ? Non, ça, alors là, il a été galvaudé. Vous avez vu, même M. Macron... Enfin, en tout cas, eux, ils ont des concepts descendants. Lui, il invente révolution, personne n'y croit. L'autre, elle dit je suis la France apaisée. Tu la vois, tu te dis mais ça ne va pas, elle est complètement enragée. Bon. Ça ne marche pas. Tandis que... Tandis que, quand moi, je dis la force du peuple, c'est quand même le style et la force, c
'est
le peuple. Bon. Donc, les gens qui travaillent avec moi ont tous ensemble, mais pour des raisons de théorie, construis une manière de voir la façon de faire de la communication. Nous avons inventé la communication montante. À l'heure à laquelle nous parlons, en plus des 360 000 personnes qui appuient ma candidature, j'aime bien, on dit que je suis seul, moi, ça me fait marrer cette histoire depuis le début, mais il y a des groupes, je ne sais pas qui c'est. Par exemple, il y a un groupe qui s'appelle Discord Insoumis. Ils sont 3 000. Ils changent la liste tous les 3 jours. et ils militent tout seuls,
ils
ne reçoivent pas la moindre consigne. Là, par exemple, ils créent un jeu qui s'appelle Fiscal Combat. Ils sont présents partout. Donc, vous voyez, ça, qu'est-ce que ça montre ? Ça veut dire que c'est l'action, c'est le mouvement, c'est l'idée qui crée le réseau, pas l'inverse. Donc, les autres,
ils
sont là à dépenser des millions pour se payer des communautés managers et je ne
sais
pas quoi, des pauvres malheureux qui essayent d'injecter comme du ciment dans la tête des gens et qui n'arrivent naturellement à rien parce que le mouvement, il est capable de se centraliser.
C
'est ça, la nouveauté qui fait que j'espère qu'une fois élu, tout ça va continuer parce que je ne peux rien changer sans eux.
Revenons sur la politique nationale et sur la vie quotidienne des Français et leurs salaires. Les salaires des Français, les salaires moyens, les salaires de ceux qui gagnent le moins, s'amélioreront quand et de combien
? Si vous êtes
président.
Alors,
d'abord, ils vont s'améliorer. On va parler salaire et pouvoir d'achat très rapidement. D'abord, on réévalue le SMIC. Alors, le SMIC, il faut se rendre compte que c'est d'abord la paie des femmes parce que 80% des personnes payées au SMIC sont des femmes et toutes n'ont pas, une bonne partie d'entre elles, n'ont pas un salaire complet, c'est-à-dire à la fin du mois, elles n'ont pas le SMIC tel qu'on l'entend mensuellement. C'est donc un SMIC qu'il faut le réévaluer parce que les gens n'y arrivent pas.
Et
à partir du moment où on le réévalue, on sait qu'il va y avoir un effet, on le connaît, qui va de case en case, tous les salaires remontent d'un cran. Ça, c'est le premier effet. Deuxièmement, je suis pour verrouiller ce système fou où les uns n'ont rien, les autres ont tout. Donc, j'ai proposé une échelle de salaire qui ne puisse jamais aller plus loin que de 1 à 20. Bon, alors, 1, on me dit 1 à 20, c'est beaucoup. D'accord, mais enfin, c'est la revendication de la Confédération européenne des syndicats. Si j'appliquais à toutes les entreprises ce qui est aujourd'hui le régime des entreprises de l'économie sociale et solidaire, ça serait de 1 à 7. Et honnêtement, ça va de 1 à 7.
J'ai pris 1 à 20 pour me situer dans un cadre de combat en quelque sorte européen pour que l'idée puisse être prise dans d'autres pays. Donc, premier effet augmenté, deuxième effet verrouillé, remettre du carnet de...
Imposer à toutes les entreprises, petites, moyennes, grandes entreprises ?
Oui. Alors, j'ai pensé à deux choses parce que pour les petites,
c
'est difficile d'augmenter, je
l
'explique. Donc, la manière de faire serait la suivante. On va baisser l'impôt sur les sociétés pour les petites entreprises. Vous savez qu'aujourd'hui, l'impôt est le même pour tout le monde, c'est 33 et des choses. J'ai entendu M. Gattas dire que c'était confiscatoire. Le gars, il
n
'est pas au courant de ce que c'est qu'une confiscation, hein. Parce que j'ai connu une époque où c'était du 50%, d'accord ? Bon. Donc, on en est à 33. Les très grandes entreprises ne payent pas à 33. Elles trichent, elles fraudent, elles vont au Luxembourg, enfin, c'est le genre McDo, là. Bon. Qui ne payent pas en rond en France, qui s'arrangent pour mettre tous ces restaurants en déficit. Et les pauvres gens qui y travaillent, ils les traitent de manière affreuse. Bon. Alors...
Mais comment vous faites ? Prenons cet exemple, le concret. Contre McDo, comment vous
faites ? Ah, ceux-là, mais jusqu'en enfer, je les pourchasse. Parce que... Non, mais je...
C
'est deux principes très simples à appliquer. Premièrement, les entreprises doivent déclarer leurs bénéfices dans les pays où elles les réalisent. S'il y a doute, et il y a doute, puisque le ministère des Finances fait une enquête, hein. Il y a doute, c
'est
-à-dire que McDo organise, semble-t-il, volontairement, la mise en déficit de chacun de ces magasins en leur faisant payer une quittance pour la marque et un loyer. Bon. Donc, cela, on peut dire, vous déclarez dans chaque pays les bénéfices que vous avez faits et vous payez comme tout le monde. Voilà. Vous êtes là, vous faites vos bénéfices. Surtout, nous, les Français, on a quelque chose à dire. Parce que c'est leur deuxième chiffre d'affaires en Europe, la France. Bon.
Alors,
quand même, ils pourront au moins cotiser et faire leurs devoirs. Ça,
c
'est un premier aspect. Pour les personnes, c'est pareil. Vous savez, j'avais proposé qu'on reprenne un truc qu
'on
a inventé les Américains. Pour une fois, c'est moi qui propose quelque chose d'américain. C'est l'impôt universel. Basé sur la nationalité ? Oui. C'est-à-dire que vous êtes Français, vous êtes quelque part, vous déclarez au pays où vous êtes, parce que quand même, il
faut
payer vos impôts là où vous êtes. Vous dites, voilà, je paye tant. Et puis après, vous envoyez au fisc votre déclaration et vous dites, ben voilà, j'ai gagné tant et j'ai payé tant. Alors le fils dit,
ben,
si vous aviez été en France, vous me devriez encore tant. Ou bien, si vous étiez en France, vous ne payerez plus rien. Très bien. Comme député européen, je suis astreint à ce régime. Et les Nord-Américains courent tout le monde dans le monde. Ils demandent dans les banques les soupçons d'américanitude pour être bien sûr de retrouver les leurs.
Donc moi, j'en prie autant. C'est un casse-tête, M.
Mélenchon, parce que par exemple, on va vivre au Brésil. Je paye mes impôts comme un Français alors que je suis au Brésil. Mais quand je suis en France, dans mes impôts, si je suis au Brésil et que je dois repayer pour ma santé, c'est inique de faire un impôt pour un Français qui ne bénéficie pas par le pays d'où il réside depuis des mêmes largesses, j'allais dire, que celui de la société française. Si. Et toutes les fiscalités ne sont pas harmoniques. Oui,
on paye dans le pays où on est. Puis après, on contribue pour qu'il reste quelque chose qui s'appelle la France. Parce que peut-être qu'un jour, tu vas y revenir. Peut-être qu'un jour, tes enfants n'auront pas envie de rester au Brésil mais voudront rentrer en France. Ou toi-même. Je ne sais pas vous que je tutoie, mais à la personne qui me le dirait parce que j'ai déjà eu cette objection. Mais un jour, tes enfants vont rentrer au pays et puis peut-être que toi, tu es parti là-bas, tu es tout jeune,
tu
craches feu et flammes et puis un jour, ben voilà, tu es en couple, tu vas avoir des enfants. Tu voudrais bien quand même qu'ils aillent à l'école gratuite parce que dans le pays où tu es, elle ne l'est pas gratuite. Si je
suis jeune et que je n'ai pas plus d'argent que
je vais m'installer au Brésil, je dois donc payer des impôts en France pour ma santé et au Brésil, comme le système de santé est très défaillant, je suis obligé de repayer pour avoir accès à des mutuelles au Brésil et donc c'est injuste.
Non, ce
n
'est
pas injuste,
c
'est... On est français, quoi. Ça ne peut pas être... Ce n'est pas un restaurant, ce n
'est
pas un
livre-service.
Ce n
'est
pas un livre-service. Nous sommes français, donc nous partageons
l'intérêt de la patrie. La France doit
être défendue. Bon, ben voilà, ce n
'est
pas le Brésil qui va le faire, donc ça vous coûte des sous. Il doit y avoir une école en France, vous
n
'avez pas envie que l'école soit ruinée, ben ça coûte des sous. Donc tout le monde s'y met. Voilà. Et puis si vous payez déjà là-bas beaucoup, eh ben vous ne paierez pas en France parce que le fils verra la différence. Mais oui, on paye tous. Tous. On paye tous. C'est notre pays, c'est notre bien commun, donc on cotise tous.
Je
pose une question et je vous redonne la parole, Vanessa, Yann.
Pour
être
au
deuxième tour, vous savez aussi bien que moi, maintenant il faut encore gagner des électeurs et vous comptez sur les deux semaines, c'est deux semaines qui restent avant le premier tour, pour les gagner ces électeurs. Vous pensez les gagner où ? Dans l'électorat de Benoît Hamon, dans celui de Marine Le Pen ? Vous pensez que vous pouvez encore récupérer des gens du Front National ? Des
électeurs, je parle.
J'espère bien que des électeurs vont changer d'avis parce que, surtout dans un milieu populaire, les gens vont bien finir par se rendre compte que cette femme leur ment. Bon, qu'elle a décidé... Alors, suivant les endroits, vous voyez, il dit des choses différentes, mais nous, on la suit à la trace, donc on sait qu'elle raconte pas la même chose partout. Elle s'en va à Lille, elle dit oui, oui, 35 heures, non, 39, enfin, on comprend plus rien. Après, elle va au MEDEF, elle dit attendez, nous,
on
a toujours été compter 35 heures, hein, et ça sera 39 payés 39. Très bien. 39 payés 39, où est le problème ? C'est qu'elle a fait sauter 4 heures sup. Et 4 heures sup multipliées par 4 dans un mois, ça commence à faire beaucoup, hein ? Voilà.
Donc, elle ne leur paiera
pas les heures supplémentaires.
Ils les auront
perdues. Pour prendre un exemple, j'en ai
dit comme ça. Non, mais pour poursuivre
sur la question de Laurent, il y a des souverainistes de droite, et d'ailleurs en Grèce, c'est ce qui a été fait. Vous pourriez très bien, au nom de certaines idées que vous avez sur l'Europe, avec M. Dupont-Aignan, faire une sorte d'alliance pour que les
souverainistes...
Non, mais, je vous dis ça... Non, mais...
Je
vous mets dans la situation... Déjà, quoi ? Non,
mais...
La dernière fois, c'était Hamon, maintenant, vous voulez le foutre
avec
Dupont-Aignan. c'est que... Non, mais je le compare... Oui, oui, j'entends encore. Je le compare
un peu à Mitterrand en 81. Le coup de génie de Mitterrand en 81, c'est qu'il a réussi, grâce à ce qu'il a fait entre 71
et
81, à finalement pouvoir réunir des forces qui, à la base, étaient antagonistes. Manifestement, c'est pas Benoît Hamon qui est Mitterrand, c'est vous, là, cette année. Donc, vous avez la possibilité soit de faire en sorte que M. Hamon devienne Georges Marchais et donc de lui faire à l'envers comme a fait François Mitterrand, soit de marchéiser, si j'ose dire, M. Dupont-Aignan. Mais il y a des voix qui, naturellement, vous reviennent et avec un petit peu de tactique politique, vous pourriez les récolter et faire un très joli score. Qui fait Chirac dans l'histoire ? Chirac en 81, son score était tout à fait, certes honorable, mais mineur. Écoutez, je vais pas
faire de la tactique parce que c'est l
'erreur
terrible que je... Vous prenez la question ? Non, non, mais je réponds à votre question. Je défends...
J
'ai fait, on va dire,
un
pari, on va mettre des guillemets. J'ai fait le pari que je ne m'adressais pas à des électorats préétablis, mais je m'adressais à tout le monde.
À
certains moments, j'ai fait des petites prises de risque.
J
'ai dit, écoutez, moi je suis un homme de gauche, mais je vous demande pas d'être d'accord avec la gauche, je vous demande d'être d'accord avec ce que je raconte. Si vous voulez, quand on veut forcer le destin et qu'on veut... qu'on est habité par... Admettez, hein, il faut l'être un peu... La modestie. Habitez par la modestie,
si
vous voulez, laissez-vous habiter par la modestie, mais moi j'ai besoin de prendre des forces pour me lever le matin et me dire que je vais soulever mon déclimant.
Si vous n'y
croyez pas
vous-même, alors...
Mais si on n'y croit pas, on ne fait pas ça. Bon, on ne croit pas à la France, bon, on va faire autre chose. Bon, des choses honorables, hein, je ne dis pas que tout le monde doit être dans cet état d'esprit. Je me suis dit, c'est comme ça que je vais avancer. Et encore à cette heure, je ne me dis pas je vais prendre celui-ci, par exemple. C'est pour ça aussi je ne polémiquerai pas avec Benoît Hamon, ce n'est pas que les mots me manqueraient. Mais c'est parce que j'espère que le moment venu... Mais la politique, c'est
ça aussi.
Mais non, la politique, ça c'est la politique aille. La politique, c'est convaincre des gens, convaincre des masses de gens qu'une chose est juste et que ça vaut la peine.
Ce que vous voulez dire, c'est que
ce ne sont pas les leaders avec qui vous allez vous entendre, mais ce sont les électeurs qui sont naturellement... Mais
les leaders,
si on... Il y a deux questions,
hein.
Je ne vais pas perdre de vue celle de M. Moach parce qu'elle a un grand contenu. Mais les leaders, certains, évidemment, qui vont faire mouvement... Imaginez-vous que je gouverne le pays. Vous croyez que je vais laisser de côté quelqu'un comme Montebourg ? Vous ne croyez pas qu'il peut m'aider, celui-là ? Il avait déjà les dossiers avant, il sait ce que c'est que le besoin de nationaliser certaines entreprises. Donc je vais avoir besoin de lui. Mais
c'est moi
qui vais le voir.
Dupont-Aignan peut vous aider sur l'Europe.
Dupont-Aignan
peut vous aider
sur l'Europe. Alors,
c'est là qu'il
y a
une différence, M. Moach, et c'est maintenant que je vais vous répondre. Il y a une différence dans le contenu qu
'on met aux choses.
C
'est ça parce que
Chevenement avait proposé un rapprochement à
un
moment donné, Mélenchon-Dupont-Aignan. Oui, oui. Mais c'est Chevenement, ce n'est pas moi. Chevenement, il avait aussi proposé à un moment donné de s'accorder avec M. De Villiers. J'ai toujours trouvé ça épouvantable. M. Dupont-Aignan, c'est logique, que je respecte, ce n'est pas... Il n'appartient pas au camp progressiste. Pardon de vous dire que pour moi, tout est au service d'une idée. Celle de l'émancipation humaine, ce sont extrêmement tribaux, en quelque sorte. Pas moi.
Ma vision
de
la France,
c'est une France universaliste, c'est une France qui n'est pas enfermée dans une vision d'elle-même étriquée. Et ça ne m'empêche pas, je le dis à M. Dupont-Aignan, vous voyez, vous m'avez entendu ce soir parler de De Gaulle, ce qui n
'est
quand même pas banal, dans ma bouche. Mais Syriza l'a fait en Grèce, c'était ça ma question aussi. Mais Syriza, il l'a fait parce que ça devait correspondre à quelque chose pour lui. Mais il s'est beaucoup trompé. Beaucoup trompé. Il ne fallait pas signer. Je l'ai dit et répété, il avait des moyens de pression, même quand on est un petit pays, il
n'y a
pas de petit pays. Vous parlez
de
Tsipras en Grèce.
Je parle de Tsipras en Grèce. Il se laisse enfermer pendant 18 heures avec 17 personnes qui n'avaient qu'une idée de lui faire les poches. Et le docteur Chaobleu lui a parlé sur un ton inacceptable. Moi, à sa place, je vous dis ce que j'aurais fait. J'aurais pris ma tête, Georges Gattaz, vous voyez, effondrée, avec la sébile à la main. J'aurais dit, écoutez, j'adorerais payer,
mais
je ne peux pas. Alors, déclarez-moi en banqueroute. Au revoir, je m'en vais. Les deux autres qui étaient là, j'aime mieux vous dire qu'ils auraient couru dans le couloir pour le rattraper. Pourquoi ? Parce que le mécanisme européen de stabilité financière, si c'est la banqueroute en Grèce, 40 milliards pour les Français, 60 milliards pour les Allemands. Il avait donc des arguments pour faire valoir une position de bon sens qui était de dire, nous ne pouvons pas payer. La preuve, c'est qu'ils se sont encore saignés et qu
'ils
n'ont toujours pas payé. Ils en sont encore au mémorandum. Voilà ce que je veux vous dire. Si les dettes en Europe ne sont pas reprises par la Banque Centrale qui aujourd'hui, par exemple pour le cas de la Grèce, elle en a racheté 80%. Hein ? À qui ? Pas à la Grèce, aux banques privées. Si la Banque Centrale Européenne, au lieu d'arroser les banques privées en espérant qu'elles remettent en route l'économie européenne, racheter les dettes des États, les inscrire à son bilan en tant que dettes perpétuelles, tous les États en sont libérés.
Pour
autant, le papier ne perd pas sa valeur. Et à ce moment-là, la dette est annulée. Monsieur, madame,
écoutez-moi bien. Mais l'Allemagne ne
veut pas la mutualisation
de la dette.
Si nous ne le faisons pas, demandez à des gens, vous-même, vous suivez ces questions-là, la manière d'épurer une dette que personne ne peut payer, il n'y en a pas 50. L'inflation, la guerre ou rembourser. Rembourser, on n'y arrive pas, il reste la guerre et l'inflation. Eh bien moi, je préfère l'inflation et qu
'on
soit tous vivants. Parce qu'à 4 ou 5 points d'inflation, nous vous tirons d'affaires et on en finit. Vous ne pouvez pas dire à un jeune homme, une jeune femme qu'à 20 ans ou qu'il
y en
a 30, lui dire écoutez, le projet pour les 20 prochaines années, c'est de payer la dette et de voir tous les 5 ans rappliquer les faces de pierre qui viennent dire on va retirer 120 milliards, on va retirer 50 milliards, on va supprimer 500 000 fonctionnaires, vous vivez au-dessus de vos moyens, alors que c'est eux qui vivent au-dessus de nos moyens, à nous ceux-là. Bon, vous le savez comme moi. Donc, vous ne pouvez pas,
ce
n'est pas une affaire. Comment vous dire ? Ce n'est pas une affaire, madame, simplement parce que je suis un homme qui vient de la gauche et qu'il y a une façon de voir le collectif d'une manière très forte, l'intérêt général. Ce n
'est
pas le sujet. Le sujet, c'est que cette politique n'est pas tenable. Si nous continuons comme ça, nos nations vont se disloquer et dans cette
dislocation, il y aura la guerre.
Manane veut intervenir. Oui, tout à l'heure, vous parliez de dissuasion nucléaire. Moi, quand on dit nucléaire, il y
a
l'uranium. Moi, je suis né au Niger.
Et
Niger, c'est l'uranium, c'est Areva. Et est-ce que quand vous arriverez au pouvoir, vous laisserez les Nigériens décider du prix de l'uranium ? Parce que c'est ce qui arrive.
Ça
va de soi.
Voilà. Nous, on vit au-dessus de l'uranium et on le voit partir, mais on ne le voit pas revenir.
Non seulement l'uranium est pris au prix
qu
'on peut discuter, mais
il
provoque des appétits
de
toutes sortes.
D
'ailleurs, la plupart du temps, les guerres, il n
'y a
qu'à suivre les pipelines et les gazoducs pour savoir où elles ont lieu et là où il y a de l'uranium. Donc,
ma
position, c'est qu'on va sortir du nucléaire déjà en France. Parce que nous, les Français, nous on les malins, mais nous ne sommes pas indépendants. Pour pouvoir faire fonctionner nos centrales, il faut qu'on aille chercher l'uranium chez vous et on le fait dans des conditions qui sont
souvent
assez largement discutables. D'accord ? Donc, sortir du nucléaire, c'est aussi garantir notre indépendance, je vous parle franchement, et aussi fiche la paix aux habitants des endroits qui ont, pour leur malheur, cette richesse sous les pieds, qui n'en est pas vraiment une. Donc, on voit que, en sortant du nucléaire, en sortant des énergies carbonées, toutes choses que nous pouvons faire en passant au 100% renouvelable, nous nous rendons indépendants et nous libérons
des
peuples et nous améliorons nos comptes. Parce que, même s'il n
'est
pas cher, il n
'est
pas gratuit l'uranium. Et le pétrole et le gaz, non plus. C'est la moitié de la facture du commerce extérieur de la France, c'est du pétrole et du gaz. Plus de l'uranium. La moitié. Donc, voilà comment on y trouvera notre compte. puisque je vous tiens, tiens, j'en profite pour dire quelque chose. Moi, je crois que, je crois à la francophonie politique, vous voyez ? C'est-à-dire, pas seulement les échanges actuels qui sont un peu officiels, je crois qu'on peut faire des choses. Et il va se passer une chose extraordinaire, c'est que la langue française, j'aimerais mieux, si vous pouvez l'appeler autrement, ça m'arrangerait.
La
langue commune, je ne sais pas. Va être le troisième groupe de locuteurs dans le monde.
Grâce à l'Afrique.
Oui. Alors, l'Afrique va donc, comme c'est elle qui utilise le plus la langue, elle va la féconder de son imaginaire, de ses récits, de ses musiques. Et nous sommes à la veille d'un grand changement, puisque cette langue que les Français croient n'appartenir qu'à eux est la langue, en fait, de plusieurs centaines de millions de gens, bientôt d'un milliard de personnes qui vont la parler. Et je crois que ça,
ça
crée des bases. Par exemple, on pourrait imaginer
que
l'académie française cesse d'être française et devienne une académie francophone. Et donc, l'ensemble des pays qui ont en usage commun la langue, il y aurait leurs auteurs, leurs plus beaux esprits, leurs poètes, peut-être leurs chanteurs, pourquoi pas, puisqu'après tout, ils ont même des prix Nobel maintenant. Par conséquent, on
fait de la littérature. Il y a eu des
africains et des russes à l'académie française quand même. Pardon ? C'est très ouvert.
Oui, oui, oui, bien
sûr. Et nous ne nous comportons pas toujours très bien.
Léopold
Senghor. Senghor, qui était à l'académie française et qui est un très
grand... André Mackin,
qui est russe,
nous l'avons l'année dernière. Moi, j'aime ça. Je trouve que c'est bien comme ça.
Et qu'on devrait l'élargir encore. Ensuite, on pourrait avoir un système pour nos étudiants qui ont en usage la langue française de nos différents pays. On pourrait faire, on appelle ça un Erasmus, un système de bourse qui nous permette d'échanger. Moi, je sais que si j'ai à diriger ce pays, eh bien, pour l'enseignement professionnel, par exemple, bon, tous les ans, il se trouve qu'il nous reste des places. Vous voyez ? Il nous reste des places au lycée, ceci, au lycée, cela, etc. Eh bien, moi, je serais pour les proposer à des jeunes gens qui viendraient des pays francophones pour qu'ils viennent ici apprendre leur métier.
Et puis, je dirais aux gouvernants de ces pays, ben, écoutez, on vous en prend tant, vous nous en prenez combien ? Pour que nous aussi, nos jeunes gens, puissent aller étudier et commencer à faire humanité avec ceux qui parlent la même langue qu'eux. Donc, je suis très optimiste pour l'avenir parce que nous allons être la première nation en population d'Europe
et
que, nous, les Français, et en plus, nous sommes à l'intérieur d'un monde francophone et il faut, pour que le monde francophone vive, qu'on laisse les pays émergents parlant la langue française diriger le mouvement, l'entraîner, parce que c'est eux qui vont renouveler notre imaginaire.
Vanessa Burgraff.
Enfin,
on a une question quand même parce qu'on n
'a
pas beaucoup parlé du logement, logement des jeunes et des précaires. Aujourd'hui, il y a un jeune avec un emploi, un jeune sur deux avec un emploi qui vit chez ses parents. Qu'est-ce que vous faites pour ces jeunes qui n'arrivent pas aujourd'hui à
se loger
parce qu'on leur demande une caution bancaire,
parce qu'on leur demande d'avoir un CDI ? Oui, mais qu'est-ce qu'on
fait ?
Oui, je vous réponds. D'abord,
on
va commencer par dire une chose pour qu'au moins elle soit dite. Il y a 2000 personnes qui meurent dans la rue tous les ans. Et elles ne meurent pas parce qu'elles sont dans la rue, elles meurent parce qu'elles sont dans la rue, abandonnées de tous. Donc déjà, on a un premier problème, ça, on ne peut plus l'accepter. Alors, ce n
'est
pas seulement le logement d'urgence ni le fait que le 115, une fois sur deux, ne répond pas qu'il faut qu
'on
mette au point. C'est assurer des parcours pérennes. Maintenant, pour les jeunes gens, il n
'y a
rien de plus facile à régler. Il faut construire des logements. Voilà. C'est aussi bête comme ça. Alors, vous dites, combien il y
en
a besoin ? Combien on construit de logements ? Et quand on emprunte par une caisse ou par une autre pour construire du logement, vous savez que derrière, il y a un bien matériel qui est le logement lui-même. Si bien que l'emprunt s'amortit par la force des choses. Donc, c'est seulement la décision politique. Mais je vais vous dire qui, elle dérange la solution politique
et
la volonté politique. Ça dérange tout ce pour qui l'explosion des prix de l'immobilier est une rente extraordinaire. J'en sais quelque chose. Je suis parisien. J'ai d'abord acheté un petit appartement au bon moment en le revendant sans avoir rien fait. La rue n
'a
pas changé. Moi, je n
'ai
rien fait. J'ai changé l'intérieur. J'ai gagné dessus. Et puis le suivant. Et puis le suivant. C'est une source d'enrichissement sans cause. Et à la fin, j'ai un appartement. Il vaut cher. Ça me fait une belle jambe parce que de toute façon, ça ne change rien au fait que je l'habite. D'accord ?
Mais
en attendant, c'est comme un placement pour plein de gens.
C
'est un placement. Ça, ce n
'est
pas acceptable. Donc, nous construirons. On m
'a
dit, il faut 200 000 logements par an. Je ne suis pas en état, moi, Mélenchon, de faire l'évaluation.
On
m
'a
dit 200 000. Ben, c'est 200 000. Et ne venez pas me dire que ce n
'est
pas possible. Il n
'y
a rien de plus simple à faire que de construire du logement. Et le logement des jeunes, notamment le logement des étudiants, a aussi été une base spéculative. Il y
a
des gens à qui on a dit, normal, placez vos économies, mettez-les là-dedans, ça
va vous rapporter
du temps. Les fameuses chambres de bonne qu'on loue. Bon, alors ça, c'est inacceptable. Et vous avez raison de poser cette question parce que, quand même, il y
a
un droit de base qui est le logement. Je finis là-dessus. Cette année-là, la trêve est terminée. On appelle la trêve parce qu'en effet, c'est la guerre contre les pauvres.
Alors,
donc...
D
'ailleurs, je signale et je montre le dessin que vous avez choisi cette semaine comme ça, ce sera fait. Fin de la trêve hivernale et on voit François Hollande qui dit à son chien, son labrador, mais on nous laisse encore un mois
Il y a
plein de gens qui sont morts de peur de se faire expulser. L'année dernière, 130 000 décisions d'expulsion, 14 000 de fait. Là, les gens sont morts de peur. Toutes sortes de gens. C'est injuste parce que si on dit on comprend, ils n
'ont
pas payé. Ok, on ne
va
pas dire que personne ne paye. Mais quand même, on sait bien qu'on est dans une situation extraordinaire. C'est une situation d'urgence. Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ? Et des fois, on les met dehors et après, ils sont dehors. Alors, il y a d'autres règles qui s'appliquent. Vous êtes dehors, vous avez des enfants. Bon, allez,
on vous vient à l'hôtel. Ça coûte plus cher que vous avez été là. Mais qu'est-ce que vous faites vis-à-vis
des propriétaires
?
C
'est-à-dire que si on ne les expulse pas, qu'est-ce qu'on fait vis-à-vis qui paye le loyer au
propriétaire
? Je
comprends. Je
comprends. Attendez, d'abord, le propriétaire, ça dépend qui c'est. Mais je réponds à votre question. Ce n
'est
pas forcément
un salaud, le
propriétaire. Non, mais bien sûr que non.
Ce n'est pas qu'il
soit un électeur ou pas.
Non, mais je veux dire, ça peut
être quelqu'un qui est aussi trimé,
qui a réussi à... Qui a
investi
dans ce truc,
qui en attend.
Qui paye. On est d'accord.
Mais attendez, laissez-moi vous dire, c'est très simple aussi à régler. La ville de Paris le pratique. Quand vous êtes à Paris, si vous voulez louer quelque chose que vous avez, vous allez à la ville de Paris, il y a un contrat, pouf, et vous garantis que vos loyers seront payés pendant deux ans si le locataire ne le paye pas. Alors évidemment, quand le locataire ne le paye pas, on ne le laisse pas, pas payé, et puis personne ne va le voir. Non, on dit, ah ben là, il
y
a un problème, il ne paye plus. Alors on va le voir, on met en route l'assurance, le propriétaire a donc son loyer, et puis on va discuter avec la personne.
Mais qui paye
l'assurance, pardonnez-moi, qui paye l'assurance, c
'est
le propriétaire ou c'est la mairie
?
C'est tout le monde.
Mais donc c'est-à-dire quoi, tout le monde ?
C
'est le propriétaire
ou c'est la mairie ? Tous ceux qui sont
propriétaires payent l'assurance,
tous ceux qui sont locataires payent l'assurance, c'est une mutuelle. J'imagine que les
assurances vont augmenter alors pour les propriétaires, parce que les assurances ne vont pas garder les mêmes tarifs.
Écoutez,
je ne sais pas, je ne suis pas candidat
à une compagnie
d'assurance.
Oui, mais je suis
désolé la prochaine fois. Mais je suis désolé, mais
Jean-Luc Mélenchon,
ça
pose un vrai problème, parce qu'évidemment,
c
'est
simple la formule que vous proposez.
Mais ça
veut dire que... J'ai compris, ok.
Eh ben oui, mais pour tout, quand vous avez une cotisation, ça vous coûte, mais après ça vous rapporte, parce que c'est vous le propriétaire. Si, quand la personne ne paye plus, vous touchez votre loyer, vous êtes contente ou pas, madame ? Si votre gosse va à l'école et qu
'il y a
un instituteur, vous êtes content ou pas ? Ben, ça vous coûte. Ça s'appelle les impôts. Là, ça s
'appelle
la cotisation. Donc, pour un coup, vous avez un service en face. C'est ça qui compte.
Sur France 2, le 11 mars, vous avez dit ceci. Oh là là ! Les gens qui aujourd'hui sont en France et n
'ont
pas de papier, s'ils ont un contrat de travail et qu'ils sont au boulot, je leur donne des papiers. Oui. Les autres, je suis obligé de leur dire écoutez, je ne sais pas quoi faire et surtout je dis il faut arrêter de partir de votre pays d'origine.
Vous
dites cela aux Syriens, aux Somaliens, aux Soudanais, aux Érythréens ? Non, ça dépend des cas. C'est
une très grande
violence. Enfin, à mes yeux, cette phrase.
C'est d'ailleurs là-dessus
que Nathalie Arthaud dit c'est la différence entre M. Mélenchon et moi.
Elle
sera notre invité
un peu plus tard dans la soirée. Oui, c'est possible. Parce que
peut-être qu
'on
ne s'est pas compris. Moi, je n'ai jamais été pour la liberté d'installation. Je ne
vais
pas commencer maintenant. Je dis que les gens ne partent pas par plaisir. Je ne cesse de le dire. Ils partent parce qu'ils y sont obligés.
Il en meurt en très grand nombre.
Pardon. Laissez-moi terminer. Donc déjà, c'est ça la part de ma réponse qui est de dire moi je ferai tout pour que vous ne soyez pas obligés de partir de chez vous. J'ai déjà expliqué comment. Les guerres, les contrats commerciaux, iniques, etc. Deuxième temps. Quand les gens sont là. Aujourd'hui, vous avez des gens qui travaillent.
Qui
travaillent. Ils ont un contrat de travail.
Ils
sont exploités. Et ils n'ont pas de papier. Alors je m'engage. Je donnerai des papiers à tous les travailleurs qui ont un contrat de travail et qui n'ont pas de papier. De la même manière, je dis les travailleurs détachés ils rentrent chez eux. Parce que ce système-là ne s'appliquera plus en France. Parce que c'est un système qui va détruire la sécurité sociale. Et qui oblige tous les entrepreneurs à aller chercher de la main d'oeuvre de travailleurs détachés pour la raison qu'elle coûte moins cher. Même celui qui veut être correct ne peut pas l'être. Vous voyez ? Donc j'essaye d'avoir une attitude qui est une attitude de raison.
Quant aux autres, ceux qui ne sont ni travailleurs détachés ni travailleurs avec un contrat, qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Je ne
vais
quand même pas aller dire « Ben écoutez, eh ben c'est pas grave. » Si c'est un problème pour le pays. Par conséquent, je suis obligé de faire, de travailler avec discernement. Les gens qui sont des réfugiés, parce que de toute façon ils ne peuvent pas rentrer chez eux. Vu que c
'est
la guerre, on a tout cassé et que nous-mêmes on y a des responsabilités. Je ne
vais
quand même pas leur dire « Rentrez chez vous, ça n
'a
pas de sens. » Ou bien, comme a dit Mme Le Pen, une fois que vous êtes sortis des zones internationales, « Tchouf, je vous repousse dedans et noyez-vous. » On ne peut pas faire ça, tout le monde le sait. Donc on est obligé, on est obligé, mais parce qu'on est des êtres humains, de traiter les gens qui sont dans cette situation comme on voudrait que nos gosses soient traités quand ils vont chez les autres. Parce que, je ne cesse de le dire, il y a 500 000 jeunes Grecs qui
ont
fichu qu'en Grèce et qui sont partis. Il y en a 400 000 qui sont partis d'Espagne. De ceux-là, on ne parle jamais. On ne parle que des gens qui viennent d'Afrique et du reste. Mais ce que nous, les Européens, nous envoyons chez les autres, il n'en est jamais question. Ceux qui sont là et qui n'ont pas de papier, alors il
y
a la catégorie de ceux qui sont des réfugiés de la guerre. Il y a les gens qui sont des réfugiés climatiques. Et puis vous avez les gens qui passent par là. Après, la loi s'applique. Est-ce qu'il faudra faire une tournée, en quelque sorte, de régularisation
? Est
-ce qu'il faudra le faire ?
C
'est à vous de répondre.
Mais je vous pose la question à tous. C'est vous le réfléchissez. C'est vous le candidat ? Mais bien sûr. Le Maroc l'a fait. L'Espagne l'a fait. Tout le monde le fait. Et chez nous, parce qu'on a peur d'une femme, qui est Mme Le Pen, comme on a peur d'elle et de l'influence qu'elle peut avoir sur les gens, aussitôt tout le monde se cache. Eh bien non, il faudra faire des régularisations. Parce qu
'on
ne sait pas faire autrement. Sinon, vous condamnez les gens à une chasse perpétuelle dans la rue et à la chasse au faciès. Parce qu'il faut dire les choses comme elles sont. On pourchasse les gens d'après leur couleur de peau, leur apparence. Et là-dessus, on se fonde sur l'idée qu'en attrapant un paquet, on finira par en trouver un qui n'avait pas à être là. Donc, voilà comment il faut.
Ça
fait plaisir de vous retrouver
révolté.
Mais le
feu est toujours sous la cendre.
Oui, ça on a vu.
Non mais,
je
veux d'avance dire le mépris que m'inspire
ceux
qui disent que
ce
sera un appel d'air. Ils ne savent pas qu'exiler est une souffrance. Immigrer, c'est un exil forcé. S'en aller, c'est une souffrance. Il y a des milliers de parents à cette heure qui se demandent où sont passés leurs gosses. Parce qu'ils sont partis, ils sont noyés en Méditerranée ou ils sont perdus quelque part. Et cette immense souffrance nous fait un devoir. On commence par être des êtres humains et après on fait des comptes.
Et
je suis sûr qu'un pays qui a été capable d'absorber 130 000 boat people n'a aucune difficulté à faire ce qu'il faut pour remettre de l'ordre chez lui et cesser de diviser tout le monde et de pourchasser les gens selon la tête qu'ils ont. Les gens, allez.
On termine en signalant que c'est bien cet ouvrage où vous répondez aux questions de Cécile Amart de la vertu. On n'a pas eu le temps de parler des affaires, de la corruption en politique, tout ce que vous ne voulez plus voir.
C
'est ce que vous expliquez évidemment dans ce livre.
Vous
revenez sur... C'est un peu de la philo. J'espère que ça a plu à M. Moix qui s'intéresse... Vous revenez sur l'affaire Cahuzac puisqu'on vous interroge...
On voit la
philosophie...
On vous
interroge là-dessus. Je m'attendais à
ce
que M. Moix ne m'en parle. Tant pis.
J
'avais préparé plein de choses.
J'en reviens
la prochaine fois. Entre les deux tours. Entre les deux tours, pourquoi pas. Cochons qui s'en dédient, M. Roquet. Merci M. Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon