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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 2 octobre 2015 41 minAutoproduitFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Assises écosocialiste de l'Agriculture - intervention de clôture de Jean Luc Mélenchon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Oh. Le parti de gauche au nom duquel je ne parle pas puisqu'il a des responsables pour ça dont Laurent Lev, et combien d'autres camarades a assez curieusement bouclé son premier programme catégoriel dans l'agriculture. C'est en fait qu'avant même qu' a été rédigé quoi que ce soit d'autre, nous avions un programme agricole.

J'ai donc été en quelque sorte l'élève de l'élève euh de Marc Dufumier qui a enseigné Laurent Levar, lequel Laurent Levar a enseigné tout le parti de gauche. Merci. Et de ce fait, il y a une culture collective au parti de gauche des questions agricoles qui fait que cette question n'est pas la question agricole.

Elle a pu trouver naturellement sa place lorsque faisant notre travail Corine Morel d'Arle et moi, nous avons mis en place un cadre intellectuel plus large à l'intérieur duquel l'ensemble des problèmes catégoriels pouvaient trouver leur place qui est les assises de l'écosocialisme. C'est donc d'un point de vue écosocialiste que je m'exprime à ce moment, c'est-à-dire dans une volonté de comme l'a dit Corine tout à l'heure non pas saucissonner les problèmes. Il le faut.

C'est le c'est c'est le mécanisme même de la raison hein de la construction. de la raison, c'est de distinguer, de séparer et cetera. Puis arrive le moment où ayant bien distingué, il faut de nouveau rassembler dans une compréhension large.

Et deux mouvements euh doivent avoir lieu, y compris dans le sujet que nous traitons. La doctrine de l'écosocialisme postule comme article 1 : "Il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine." Par conséquent, ce que nous défendons, ce n'est pas la nature en général qui se moque absolument de nous euh et de toute façon continuerait tout à fait sans nous.

Euh car nous ne sommes rien pour elle ou peut-être peut-être sommes-nous quelque chose mais nous ne savons pas quoi. Par rapport à l'équilibre d'ensemble de l'immense univers en expansion. Nous défendons l'écosystème compatible avec la vie humaine et il nous semble que l'ensemble de ce qui est sous nos yeux que nous avons à connaître ou que nous ne connaissons pas puisque la dernière expédition maritime qui comme vous le savez drague dans les océans a découvert 110000 espèces nouvelles et nous savons que dans les océans se trouvent 95 % des espèces à découvrir.

Donc en réalité nous ne savons pas grand-chose sur le monde vivant à l'intérieur duquel nous prenons place. sinon que nous avons l'illusion qu'il est possible de le maîtriser absolument et sans discernement d'après des visions que les uns ou les autres ont élaboré, il le pensent d'une manière naturelle. Bref, il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine.

Donc nous rattachons tout à ça. De là, nous avons déduit un élément politique. Là, je parle dans le domaine programmatique et politique et institutionnel.

Vous allez voir pourquoi institutionnel, c'est la règle verte. C'est-à-dire, nous posons comme règle en tant que responsable politique d'un pays et et et pays essentiel en Europe sans lequel on normalement si nous avions des dirigeants et pas des suiveurs, on ne déciderait de rien sans nous. Et à l'avenir, lorsque ce sera notre tour, on ne décidera de rien contre nous.

Ce sera une différence assez substantielle. Donc dans un un contexte comme celui-ci et bien la règle verte c'est on ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle est capable de reconstituer. C'est une règle modeste et mais en même temps c'est une règle dynamique.

Elle n'enferme pas dans un dogme. Elle n'enferme pas dans un registre de que certains appelleraient punitif ou autre. Elle elle propose une méthode de travail. ne jamais rien prendre de qu'on que la nature ne puisse restituer.

Voilà le le sens de la règle verte que nous avons porter et ça doit être une règle constitutionnelle à notre avis. C'est-à-dire qu'il faut que le peuple français ait à connaître de la question de la protection, de sa contribution à la tâche qui s'impose à l'humanité universelle. Protéger son écosystème.

Dans un instant, je vais dire pourquoi à notre avis, ce programme-là est presque dépassé. protéger l'écosystème puisque par mains aspects euh il s'agit de le réparer et pas seulement de le protéger. Ce qui pose des questions d'une complexité inouie.

C'est aux questions complexes que que je veux me consacrer, en tout cas à leur énoncer. Mais là, je reste dans cette première partie de de ce que j'ai à dire. Une règle institutionnelle veut dire que le peuple français doit s'impliquer et même s'il a pas envie, il doit être impliqué quand même.

C'est-à-dire que comme il aura à discuter d'une constitution, il faudra qu'il en parle. Voilà. Et telle est la stratégie révolutionnaire du mouvement que nous incarnons, c'est l'implication populaire, l'implication citoyenne massive dans toutes les questions, y compris les questions politiques philosophiques les plus fondamentales.

Il n'y a pas de politique de changement possible autrement que comme ça. Tous ceux qui ont sont intervenus à cette tribune l'ont répété et je voudrais vous rappeler des propos que j'ai fait totalement mien qui sont ceux de Marc du Fumier pendant sa démonstration. Il a dit "Aha bah le sectarisme, il devait parler sans doute des organisations politiques.

Dans ce cas-là, la partie est perdue. Euh mais s'il s'agit des citoyens chacun pour soi, oui, abas le sectarisme et dit va falloir ratisser large." Et là, vous avez vu peut-être une démonstration peut-être plus concrète que mes propos habituels, la différence qu'il y a entre rassembler la gauche et fédérer le peuple.

Parce que rassembler la gauche, ça suppose que je m'accorde avec toutes sortes d'olibrius avec lesquels j'ai pas envie de m'accorder et les autres ne veulent pas s'accorder avec moi. Par conséquent, nous perdons notre temps. Et quand je dis moi, je et cetera, vous avez compris queil ne s'agit pas de cela.

Si nous devons limiter la discussion de la propagation d'une orientation politique écologiste pour changer le pays, ça ne peut pas se limiter à la discussion entre les appareillons groupuscules euh vastes organisations et et autres questions de cet ordre parce que nous n'allons nulle part comme ça. Fédérer le peuple, c'est rassembler des une entité qui s'appelle le peuple, c'est-à-dire des gens qui sortent de leur destinat individuel de multitude éclaté entre d'innombrables activités à passer à autre chose, c'est-à-dire ce mêlant d'affaires collective et devenant donc le peuple acteur politique. Le peuple acteur politique, il est travaillé de contradiction et pas seulement la contradiction de classe fondamentale entre les propriétaires, les actionnaires et les salariés, celle-là on la connaît, mais il y a toutes les autres contradictions qu'il s'agit de régler et qu'on ne peut pas traiter par-dessus la jambe, on dira "On verra bien demain".

Comme on le faisait du temps que j'étais fort jeune où on pensait que le matin du grand soir et ben tous les problèmes on les réglerait. On verrait à ce moment-là le problème du féminisme, on verrait à ce moment-là le problème de l'écologie, il sera bien temps de voir à ce moment-là. Non, nous savons que les moyens vont déterminer la fin et en quelque sorte la fin est toute entière dans les moyens, ce qui est vrai non seulement en agriculture mais aussi en politique.

Donc actuellement, alors nous avons entendu un dessin stratégique qui a été euh présenté devant nous par tous ceux qui se sont exprimés. Mais il faut, je je vais être oiseau de mauvais augure à cet instant. Nous sommes en train de vivre non seulement le contraire, mais une aggravation du contraire.

C'est-à-dire que en ce moment, par exemple, pour la première fois, l'Europe a décidé d'accepter de le légaliser 19 OGM alors que jusqu'à présent, elle résistait. Mais quand il s'agit des intérêts de la grande industrie chimique, c'est fini. La résistance est effondrée.

Trois groupes parmi lesquels deux groupes euh allemands, non pardon, on doit pas dire deux groupes tut. Sinon, ça fait germanophobe. Voilà, je pas quand même sombrer dans la germanophobie. de groupes venus ne sait où euh très important parce que figurant parmi les premiers du monde et manifestant une absence de scrupule et de responsabilité absolue encouragée par un gouvernement tut euh qui a été soutenu par le nôtre appuyé cette histoire 19 variétés d'OGM et des OGM qui sont d'une catégorie assez particulière parce que jusqu'à présent nous a expliqué que les OGM c'était pour limiter les pesticides.

C'est comme ça que ça nous a été présenté. Or ces gm justement leur caractéristique c'est qu'ils résistent au pesticides pour qu'on puisse s'en tout le temps vu que ça les autres résisteront pas au pesticides les autres herbes donc elles crèveront sauf celles qui sont au GM. OK.

Voilà le renversement de la perspective un. Donc voilà la situation ça a 15 jours. C'est TAFTA qui est l'instauration notamment dans l'agriculture pour toutes les productions agricoles de l'idée du marché libre sans concurrence qui viennent fausser ce marché.

Bon, il y a pas 50 exemples à prendre. Je peux en prendre d'abord un sur le lait puisque si le lait est une ce qu'on voit en tout cas dans l'agriculture est une chose inouie. Depuis que l'humanité est humanité, on fait des stocks.

Tout le monde sait ça, qu'une saison sera pas la même la saison d'après. Tout le monde sait ça et que donc il faut prévoir un peu. Et le capitalisme libéralisé vous dit mais pas du tout, on prévoira rien du tout parce que c'est le marché qui va régler cette histoire là.

Bon et par conséquent, plus de stock, plus de limite aux productions. Euh, allez-y, enrichissez-vous. En 1975, quand les cotas laitiers ont été instaurés, j'étais un un hble petit journaliste qui commençait sa carrière de menteur et euh donc les gens protestaient contre le fait qu'il y a des côtes à laitier sur le thème vous allez c'est la planification, c'est insupportable, vous allez réduire notre capacité productive alors que blab blabla et cetera.

L'Europe à ce moment-là était déjà devenue autosuffisante au plan alimentaire grâce aux politiques coordonnées, les politiques publiques qui étaient celles de la Pâque car il faut examiner une réalité politique dans tous ces aspects. Le fait d'avoir planifié, organisé a permis l'arrivée à la l'autosuffisance alimentaire à un coût social et autre que maintenant on dont on comprend toute l'ampleur. Mais perdons pas ça de vue parce que sinon on perd tout de vue et et et rien n'est possible.

On ne peut pas non plus s'en remettre seulement à la bonne volonté de chacun parce que ça bon voilà maintenant 2000 ans qu'une religion bien connue s'y essaye sans aucun résultat. Bon et et par conséquent l'action publique, l'encadrement législatif et la nécessité et nous devons bien réfléchir à la valeur de ces instruments. En attendant l'idée que tout devient marchandise et que il y a plus de limite d'aucune sorte, ça vous donne d'un côté et ben le lait c'est un produit comme un autre.

Donc, puisqu'on a mis 500 vaches, on va en mettre 1000 puis peut-être 2000 et un élevage de port de 20000, de 30000, de 5. On ne sait pas ce qu'ils sont capables de faire. Ce qui est deux violations en même temps.

La première, à l'évidence tout ça va suivre les cours du marché. Quand il y a un prix élevé, tout le monde se met en produire. Donc tout le monde augmente les capacités de production.

Il y a trop de production, le prix s'effondre, la l'outil de production s'effondre avec. C'est ce que ça a donné chez dans le cochon et dans tout ce que vous voulez dans plus dans plus d'une production. Ça sera ça à nouveau.

C'estàdire des effets cycliques qui à un moment donné conduisent à un effet de rupture et vous avez derrière un manque, une famine et cetera. Et puis la deuxième c'est que c'est un viol permanent. Là on parle des animaux de quelque chose qui devrait avoir une importance qui est le registre de la sensibilité des êtres sensibles et du traitement qui est réservé aux êtres sensibles dont nous prélevons la vie pour la nôtre.

Bon, l'indifférence à ce sujet n'est pas une affaire de sensiblerie encore qu'on ait le droit d'être sensible et même hypersensible. Et ce n'est pas une honte. Ce qui est une honte, c'est de n'être sensible à rien.

D'accord ? C'est plutôt le contraire. Mais si on met même de côté cet aspect pour ne pas donner un tour sentimental à une expression politique qui serait un malvenu, il n'empêche que l'accoutumance à traiter des êtres sensibles de cette manière-là à vite fait de créer une culture hein.

De la même manière que la culture bureaucratique conduit à ce que des gens vous organisent des déportations de masse. Personne n'étant coupable de rien. Un arinte a parfaitement décrit la force tranquille du mal.

Quand vous prenez l'habitude d'ignorer la finalité de ce que vous faites et le moyen qui est utilisé, à la fin vous privez de toute humanité. Si je vais à ce rythme, on est là 2h. Bon alors donc là ta le lait et enfin je dis nous sommes dans une déferlande du contraire de ce à quoi nous aspirons.

Donc en ce moment c'est ça qui est à l'œuvre. La politique agricole commune la précédente s'interrompt, donc il y a plus euh de quota laitier. Donc le marché du lait va suivre celui du cochon et du reste dans tout le pays.

La catastrophe est pour bientôt. Et la catastrophe fait partie du plan capitaliste parce que la catastrophe permet de limiter encore la population paysane, d'augmenter la concentration et cetera. C'est comme ça que ça se passe.

Donc il ils réussissent à utiliser les dégâts qu'ils font eux-mêmes. Enfin, les politiques de partenariat économique avec l'Afrique finissent de massacrer euh l'agriculture vivrière. Et donc, ils vont vous dire avec la même mine satisfaite, joyeuse et heureuse, "Ah oui, mais monsieur Mélenchon, vous pleurnichez, mais regardez, tel pays !

Et ben, il apparaissait pas dans le la comptabilité. Il regardez maintenant, le PIB de ce pays a augmenté." Non, le PIB n'a pas augmenté.

Ce qui a augmenté, c'est les productions qui sont monétarisées et qui sont monétais sur le marché mondial. Alors ça, oui, ça a augmenté mais personne ne compte tout ce qui a été détruit derrière. C'est-à-dire que là où vous avez flanqué toutes ces euh ces marchandises, ces ressources agricoles que vous allez vendre sur le marché mondial, il y a plus les il y a plus d'agriculture vibrière.

Donc les gens sont partis de là où ils étaient pour aller à la ville et de la ville à l'immigration pour les plus courageux qui peut-être vont survivre à la traversée du désert et à la noyade. Voilà, ça c'est le cycle infernal. Ce cycle infernal, il est en train de se renforcer.

Il est pas en train de diminuer. Il est en train de se renforcer. Et pas une fois, vous n'aurez entendu dans les mesures proposées pour faire face à l'invasion migratoire que on allait arrêter ça.

Or, pourtant, c'est la cause de toutes nos affaires. Alors, tout ça, je crois que c'est en gros notre patrimoine de compréhension développé tout à l'heure de manière très brillante, point par point. Et moi, je me suis senti euh je ne me suis jamais senti euh à pris à revers ou quelque chose où nous nous soyons à revers de notre argumentation par ceux qui sont euh intervenus.

Donc félicitations au camarades de de la commission, le travail est bien fait et et on est dans dans le bon fil. Bon, maintenant ne nous cachons pas les difficultés. J'en évoque trois, je vous promets de pas être trop long.

Première, elle est culturelle. L'objet de la révolution est d'abord culturel car la société est faite d'êtres humains et les êtres humains ont des rapports entre eux sont des rapports fait de culture. Je ne cesserai de répéter qu'on ne se fait pas tuer pour un différentiel d'inflation, ce qui pourtant est une chose extrêmement cuisante, mais queon se fait on se fait tuer pour des idées beaucoup plus approximatives telles que la dignité, la liberté et des choses que personne n'est incapable de définir en moins de trois ou quatre pages.

Ainsi sont faits les êtres humains. Ainsi vivent les hommes. Voilà, c'est comme ça.

Et la première des révolutions, puisque le capitalisme est un système global et globalitaire et qui rentre dans nos vies intimes, c'est donc à la fois pas seulement le mode de production qui doit être mis en cause que le mode de consommation. les désirs qui sont suscités en nous par la publicité et l'idéologie dominante, pas qui nous conditionne, auquel nous adhérons avec enthousiasme, auquel nous aspirons à ressembler les images des magazines mais les produits à consommer, créant toutes sortes d'addictions qui finalement font partie de notre personnalité. Ah, je raffole du yaourt à je ne sais quoi dans lequel il y a la dose suffisante de produits pour que j'en raffole à mort jusqu'à en crever.

Bon, bien sûr. Donc le combat culturel, c'est un combat qui va aller contre une certaine forme de consommation. Nous ne pouvons pas faire vivre durablement une révolution écologiste qui ne commence et n'argumente continuellement dans le processus révolutionnaire contre les consommations et les modes de consommation, notamment dans les pays développés.

Parce que dans les pays développés, en quoi sont-ils développés ? vous prie pas seulement par les instruments de production mais par l'organisation de la société qui est l'extrême concentration de la richesse à un bout que vous ne voyez pas, l'extrême concentration de la misère à l'autre que vous voyez tous et qui est de moins en moins concentré. Mais vous avez ces classes moyennes.

Les classes moyennes n'existent pas. Elles n'existe que par la représentation qu'elles ont d'elles-mêmes. Les classes moyennes sont riches d'ambitions individuelles, pauvres en ambition sociales.

Et ces classes moyenne se définissent comme moyenne. Figurez-vous que c'est quand même 1600 € hein le revenu médian. Bon, vous voyez à peu près ce qu'est le niveau d'un couple d'une classe moyenne.

S'identifie eux-mêmes en tant que classe moyenne par le spectacle des très pauvres qui leur permet de savoir qu'ils n'en sont pas et le spectacle plus rare des très riches parce que ça pourrait faire envie mais dont on décalque les modes de consommation sur soi pour y ressembler. Autrement dit, cette classe moyenne n'existe qu'à travers ces représentations collectives et ces représentations collectives sont faites de consommation. C'est dans la consommation que cette classe dominante dirigeante affirme son identité de de classe et son être.

C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas gagner si nous passons notre temps seulement, pardon, c'est très important, à sortir les gens de la misère et de l'extrême misère sans contester le fait qu'une fois qu'ils en sont sortis, ils s'installent dans la classe moyenne. Ils disent merci au gouvernement qui a rendu possible ça, mais ils passent pas leur temps heureusement à remercier le gouvernement hein. Donc une fois qu'ils sont là, bah ils se demandent pourquoi ils ont pas ceci, ils ont pas cela.

Comme j'ai eu l'occasion de dire à l'illustre camarade commandant de notre révolution au Venezuela, si on a fait tout ça pour que tout le monde se fasse de la chirurgie esthétique et achète des 44, je rentre chez moi, ça m'intéresse pas. Oui, mes camarades, c'est ça dont il est question. Donc c'est pas une tâche simple.

Vous voulez modifier le régime agricole et maintenant j'en viens à vos porte-monnaie. Comment se sont faites notamment les fameuses 30 glorieuses ? J'ai fini sur le côté culturel, je vais pas plus loin parce que sinon il y en a pour un moment.

Mais quand même, j'oublie une chose, j'ai parlé de vos modes de vos relations à la consommation. J'ai parlé du mode du mode de production, la relation entre, c'est-à-dire le paysan comme on l'a dit tout à l'heure qui fait de l'agriculture bio et tous les autres et tous les autres paysans et leurs amis. J'ai connu pour ma honte dans les années 70 un camarade qui était viticulteur comme moi, membre du Parti socialiste et le gars il décide de tout démolir et de tout recommencer à zéro.

On lui rionnait. D'accord. Dit mais il est complètement fou.

Alors il prétendait qu'il allait cultiver sa vigne avec une charrue. Al ça nous plongeait dans des délires d'illarité hein. Et il passait pour un dingue.

Bon maintenant je j'ai été visité il y a pas longtemps sa vigne. Bon j'ai pour lui un respect immense et je je me morfond de de la voir à l'époque ironisé comme ça. Bon au passage pendant que j'étais dans sa vigne tiens j'y viens sur le climat.

Euh alors, il m'explique toutes sortes de choses sur la terre, le machin, tout ça. Bon, moi je suis un urbain, je vais pas vous dire que ça me fascine hein. Ça m'intéresse mais bon, ça m'intéresse.

Voilà, c'est je suis pas là à genou, ah mon dieu, un pied de vigne. Bon, non, pas mon truc hein. Euh bon, et je sais que les vaches ne sont pas violettes comme sur le chocolat Milka, euh contrairement à bien des gosses de nos villes.

Mais on parlait tous les deux et au bout d'un moment, je lui dis "Mais je sais plus comment ça vient dans la conversation et il m'explique l'impact pour lui du changement climatique. L'impact pour lui c'est la mouche de rosophile." Et il dit "Quand il y en a, c'est fini parce que tu ramasses une hôte de ton raisin, tu le fous dans la cuve.

Et comme faire du vin, c'est ralentir et empêcher le fait que le jus se transforme en vinaigre, et ben si tu as mis un truc avec les mouches dedans, terminé, en revoir tout le monde. Tout est perdu parce que tout peut se transformer. Pourquoi ? parce que la mouche perce le grain et que à partir de là bah le grain tourne, le jus qui a dedans tourne au vinaigre.

Comment tu le sais ? Ben il me dit "Ben c'est ça, tu respire. Si ça sent le vinaigre, tout est foutu." Pourquoi c'est comme ça ?

C'est nouveau pour eux parce que cette mouche monte à mesure que le réchauffement se fait. Et pour que ça se réchauffe dans le Jura, j'aimais vous dire qu'il en faut une couche. C'est l'endroit le plus froid de France se trouve dans la montagne à moute.

Bon, la culture donc vous a-je dit, il y a celle donc du regard des uns sur les autres et encore une fois à quoi une société identifie-t-elle ses progrès ? que la bataille est culturelle, vous pouvez passer à côté de ça. La deuxième, elle est sociale.

Les trempes glorieuses ou supposé se sont fait pour une large part sur le dos des agriculteurs. Pourquoi ? Parce que si l'on voulait augmenter la compétitivité des travailleurs, il fallait changer les machines.

Cela fut fait massivement. Mais deuxièmement, il ne fallait pas que leur salaire progresse plus vite que la compétitivité et que la productivité. Au contraire, moins il progresserait vite, mieux on se porterait.

Si en valeur absolue, en effet, ils ont progressé, le pouvoir d'achat a progressé bien plus que de progresser les salaires. Pourquoi ? Parce que pendant ce temps-là, ce qui était l'essentiel du budget d'un ménage, c'est-à-dire l'alimentation, baissait dans le le bilan de la famille.

Autrement dit, ce qui occupait avant 20 % des revenus, 25 % des revenus n'a plus représenté que 7 ou 8 ou 10 % des revenus. Autrement dit, une partie du mieux vivre de la ville et de la classe ouvrière a été acquise sur l'exploitation des paysans. On peut pas en rendre les les travailleur responsables.

Mais maintenant, si vous écrivez dans vos programmes que vous voulez voir rémunérer justement les produits agricoles au niveau où ils doivent l'être, et c'est la condition de la transition, car vous ne convaincrez jamais aucun paysan de dire et ben maintenant deuxème tournée après en avoir bavé pour nos pères, c'est nous qui allons en baver nos pères et nos mères parce que les mères c'était encore pire même pas statut. C'était avant les GAEC, ça c'est pas si vieux que ça hein. Bon alors donc on va leur dire quoi ?

On va leur dire "Bah écoutez euh maintenant faut produire autrement. Vous allez travailler deux ou trois fois plus. Vous allez trouver des gens pour aller faire le boulot qui seront d'ailleurs très mal payés hein.

Et puis nous on continue comme avant." Non. Si vous augmentez les prix agricoles pour avoir ce type d'agriculture, vous êtes augmenté d' vous êtes obligé d'augmenter les salaires ouvriers pour que ça puisse suivre sans que la dégr l'amélioration des conditions de vie des ans se fasse au prix au détriment de la condition de vie des autres.

Et par conséquent, vous devez changer la répartition de la richesse. Autrement dit, partager autrement, organiser autrement la répartition de la richesse. C'est écologique.

C'est pas deux sujets différents, c'est le même. De la même manière que si vous augmentez les salaires, ils pourront se payer du bon produit, notamment du du produit bio. Augmenter le SMIC, c'est écologique.

De la même manière que si vous dites que vous voulez une industrie écologique, pour ça, il faut faire la transition des machines et des processes de production. Donc vous changez l'arbitrage de la répartition entre capital et travail des de la de la de la plus-value parce que ce qui n'ira pas ce qui ira dans le changement des machines et le paiement du changement des machines n'ira pas dans les dividendes, l'accumulation et la bulle financière. C'est pourquoi nous parlons d'écosocialisme.

Où elle est passé l'autre là qui vous me posez la question tout à l'heure. C'est pourquoi nous parlons d'écosocialisme ? C'estàd la question de l'écologie posée en tant que programme politique ne peut pas se séparer de la question d'une manière générale du la répartition des richesses.

C'est la même chose. Augmenter les salaires des ouvriers, des salariés, c'est leur permettre de se nourrir correctement donc de payer des produits correctement produits par plus de travail humain qui est le travail des agriculteurs. OK ?

De la même manière, le changement des processé de répartition entre capital et travail du point de vue de la répartition de la richesse produite. Alors, ça m'amène à quoi ça m'amène maintenant une fois que j'ai évoqué aussi cet aspect social, des difficultés qui font partie du programme écosocialiste. Et pourquoi je veux dire, on ne peut pas convaincre une société de tout ça tout à l'heure ça vous a été dit sans qu'on commence par les tâches de révolution culturelle.

Et tout à l'heure, j'ai été intéressé parce que pour la première fois, je comprenais bien comment cette affaire-là se mariait de la modification des comportements individuel avec la modification de l'appareil productif. Ça m'amène à la culture collective. Les paysans ne changeront pas d'avis parce que nous leur demanderons de le faire.

Ils changeront d'avis parce qu'on va les en convaincre. Premier point. Et pour les convaincre, faut que ça soit jouable.

Quelqu'un l'a dit tout à l'heure. Faut qu'on y voit clair. Faut que la direction politique sache où elle va. 3, il leur faut des garanties que ceux qui les ont poussé à pratiquer comme ça ne reviendront pas demain.

Ce qui veut dire tout le changement des organismes. Alors là, c'est institutionnel. Moi, je suis pas un connaisseur, je m'avance pas sur le terrain.

Mais clairement la composition des affaires et les priorités qui leur sont données, les chambres d'agriculture et cetera, quelqu'un est intervenu tout à l'heure dans la salle pour dire il y a des propositions qui existent, il y a des modes opératoire et cetera. ben vont être drôlement bienvenu car là aussi la révolution écossocialiste passe par le changement des institutions de ce secteur. Si on change pas les institutions, pour quelle raison les intérêts qui s'y expriment tout d'un coup touchés par la grâce euh euh reculeraient ?

Non, pas du tout. Ils ne reculeront pas. Et le deuxème le deuxième élément c'est qu'il faut que l'image et l'idée qu'on donne des tâches à au niveau le plus élevé soit clairement énoncé.

Si nous disons aux agriculteurs qu'ils sont les responsables de la transition écologique numéro 1, les choses se passeront différemment car les agriculteurs ne pourrissent pas la terre par goût. Ils pensent qu'ils le font bien, que c'est bien de faire comme ça parce que c'est technique, parce qu'ils ont une idée d'eux-même qui est plus valorisante et que on leur dit que c'est comme ça et que c'est bien et qui n'est pas comme ça ? Tout le monde est comme ça.

Tout le monde aime son métier. Tout le monde aime son métier. Quel que soit son métier, est tâche de le faire bien.

Et si tout le monde vous dit "Bien, et ben vous essayez." Ça s'appelle le désir mimétique, mes camarades et amis, hein. C'est inscrit dans les gènes humains.

Je le fais parce que l'autre le fait. S'il le fait, c'est que ça doit être bien. Ce machin-là est vissé en nous.

D'accord ? Ça fait partie du programme de départ au déma quick, tu sors du ventre de ta mère, tac, ça commence le désir mimétique. Voilà, ça marche avec ça et la production du futur dans le cerveau.

Voilà. Donc là, nous avons quelque chose qui est très important qui tient au système collectif des représentations. Si nous continuons à voir des dirigeants qui ont un chapitre dans leur programme qui s'appelle l'écologie, des présidents de la République qui tout d'un coup se lèvent un matin et comprend qu'il y a un problème avec le climat, alors il dit à qui on écrit pour le climat ?

Voilà. Bon, c'est à peu près le maximum d'imagination d'un tas de ces gens-là. Et ben non, le climat faut tout changer parce que si on change pas tout, on change rien.

Ah ben c'est nouveau ça. Ça c'est des conditions nouvelles qui normalement devrait nous être plus favorable. Alors il faut quand même que je finisse.

Oui, j'allais dire pas des responsables qui s'en vont dire à la FNSEA, vous êtes les premiers écologistes du pays. Parce que c'est Vals a quand même osé faire ça, hein. Bon.

Ah bah oui hein, il y a pas que les Rome à qui il s'en prend hein. Bon et deuxème deuxème problème par non j'ai pas fini sur l'agriculture, c'est représentation collectives et le reste, c'est la question des lycées agricoles qui a été évoqué. Bon les camarades, vous avez fait un magnifique programme, vous écrivez dedans, on va créer 300000 emplois.

Très bien. Où vous les trouvez ? Je vous prie.

Pas les emplois, ça j'ai compris. Mais les gens pour aller tenir les emplois, vous allez leur dire quoi ? Alors, qui c'est qui veut aller au fin fond du diable vauver où il y a même pas la wifi ?

Je blague hein, mais si vous changez pas les conditions de vie, d'accès au service public, du goût de vivre ensemble et que tout ce que vous avez à promettre aux gens, c'est une déportation dans un machin lointain avec des machines partout, ça personne ira le faire. La preuve, ceux qui y sont, ils s'en vont pour une part parce que c'est un mode de vie qui ne correspond à rien d'humainement supportable. C'est bien pourquoi vous une profession ou en plus des conditions sociales le suicide est un est un n'est pas le résultat mécanique d'une situation sociale, hein.

C'est compliqué le suicide, hein. Je vous renvoie à Durkheim si vous voulez le début de la complexité de l'affaire. Mais bon, pourquoi il y a un suicide par jour dans la profession agricole et tout le monde personne n'en parle, une personne par jour se suicide et qui est un paysan.

Donc il doit bien avoir quelque chose de profondément. C'est qu'à la fin quand le truc s'écroule, quand vous quand tout s'est écroulé économiquement, après il y a le spectacle de vous-même dans votre solitude des fois dans dans votre misère des fois affective dans l'isolement. Donc tout ce qui correspond à cette façonlà de vivre en tant que paysan, c'est ça aussi qu'il faut régler.

Par conséquent, la paysanerie de 300 ou 400000 paysans de plus que nous avons l'intention de de de recruter dans ce pays, c'est pas la paysannerie d'avant-hier, c'est une paysannerie comme aujourd'hui, c'est-à-dire avec les mêmes désirs, les mêmes exigences, les mêmes niveaux d'élévation culturelle qui font que le spectacle de la vie pour soi-même devient insupportable et qu'il y a des suicides. C'est-à-dire une paysannerie qui puisse avoir accès à un certain nombre de modes de vie auquel il est légitime d'aspirer. Je ne dis pas à tout hein.

Je vous dis pas que ça soit une joie d'être pris dans le grille pain mondial dénommé Wi-Fi. Bon, j'achève. Vous voyez, moi j'essaie de revenir toujours aux questions de la culture.

C'est souvent incompréhensible par les gens avec qui nous parlons. Prenons l'exemple du vin. Non, ça pourrait prendre une conférence d'une heure.

Moi, j'ai choisi ce thème, le vin, parce qu'il me semble que tous les Français euh aim bien boire du vent, qui a une culture nationale sur le vent. Quand les gros sabots de la Commission européenne arrivent déjà, vous avez une tête d'œuf qui trouve cette idée géniale que puisque le cours du rosé est élevé, sueli du cours du blanc et du rouge et bas, il y a qu'à mélanger le rouge et le blanc, ça fait du rosé et ça fait un produit qui vaut plus cher. Quand on on menace de le pendre ou de le jeter par la fenêtre, il est tout surpris et il se demande pourquoi, hein ?

Qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on a nous les Français ? Qu'est-ce qui nous rend comme ça ? Si susceptible et chatouilleux à propos de vin rosé.

Lui d'ailleurs, il en boit pas, il boit que du Coca-Cola light. Donc il sait même pas de quoi on parle. Bon le vin si vous acceptez, c'est ça qu'ils sont en train de faire hein, vous acceptez que le vin c'est comme du lait.

Pas de concurrence la concurrence doit être libre et non faussée. Donc les AOC, les limitations de surface, les limitations d'arrosage, les ceci les cela qui peuvent poser d'autres problèmes hein qui est la normalisation dans les AOC parce qu'il y a aussi ce débat là mais je le laisse de côté parce que pour l'instant il y a le feu à la maison. Il y a tout simplement qu'ils ont décidé que tout ça existe pas.

Ils veulent décider ça. On est en route vers ça. Et les États-Unis d'Amérique, pays avec qui nous avons tant de valeur commune, c'est bien connu, surtout à Guantalamo.

Alors et bien les États-Unis eux pour eux, ils ont quitté l'Organisation mondiale du vin parce que c'est trop de réglementation. Donc pour eux il y a le liquide et sinon le liquide. Voilà.

Et donc vous avez du champagne, du tennis déjà de l'excellent Bordeaux de je ne sais où. et ils ne comprennent pas pourquoi nous voulons limiter ça en appellation contrôlée avec des normes de production et cetera et cetera. Ça c'est très culturel.

Vous n'avez aucun moyen d'expliquer pourquoi vous voulez ces normes si vous ne parlez pas de culture. Voilà, c'est tout. Si vous parlez pas de goût, si vous parlez pas de terroir et vous pouvez rien répondre parce que c'est évident que pourquoi on ferait pas du champagne au diable va vert après tout.

Bon, c'est un exemple qui va qui ramène encore à l'idée de cette préignance de de l'entrée culturelle dans dans nos débats. Pour finir, je viens sur la militance. Le capitalisme est un système qui joue sur deux ressorts essentiels.

Premièrement, la gratuité. Vous savez qu'il y a souvent des débats sur la gratuité. Est-ce qu'il faut Il y en a un qui vient jamais discuter, c'est le capitalisme.

Pourtant, le capitalisme vit entièrement de gratuité. Il vit de la part gratuite du travail humain. Mais évidemment, il va pas le dire, hein.

Donc il en parle pas. Vous chipoter pour savoir si la gratuité des transports en commun, c'est raisonnable ou pas hein, parce qu'on peut pas dépenser plus que gna gna gna hein. Mais lui, non, ça va très bien.

Taux d'exploitation maximum, c'est l'objectif dans la vie. C'est-à-dire gratuité du travail des autres. Le renversement de la clause de gratuité, c'est en des enjeux culturels entre eux et nous.

Deuxième élément, c'est l'externalisation de tous les coûts. Et c'est ça qui est nouveau dans l'agriculture. C'est ça qui fait queils sont révoltés.

Pour ça que je vous parle de militance. Dans le ressort de la militance des paysans, il y a pas que les traditionnels ressorts de revendication sociale, salariale et cetera et cetera. Il y a une revendication qui tient à ce qu'ils font eux-mêmes, c'est que eux savent du fait même de ce qu'ils manie, que cette chose-là n'est pas perpétuellement renouvelable et que donc le mécanisme central du capitalisme qui est l'externalisation des coûts, c'est comme ça qu'il s'en sort, il externalise tous les coûts, les coûts sociaux, les coûts environnementaux, les coûts de santé, tout. rien à rentre dans le coût de la marchandise.

Mais comme l'a dit tout à l'heure quelqu'un, si vous mettez dans le cou du lait, ce que ça nous coûte en en terre pourrie, en vie détruite, en espace agricole ruiné, ah ben c'est vous perrez plus l'olide de lait de la même manière, l'olide de lait libre et non faussé. Là, par conséquent, le mécanisme d'externalisation des coûts, il a une réalité physique que les paysans sont les premiers à voir, c'est qu'ils se rendent compte que ceci est en train de tuer l'outil de production si on devait ramener les choses à cette seule dimension là. La militance euh paysane est d'une d'une puissance que nous ne connaissons pas dans nos propre mécanisme de militance parce que l'employé, le salarié, la salariée de l'hôpital public ou de l'éducation nationale euh souvent jouit d'une certaine solidarité de son milieu.

C'est pas toujours le cas pour les paysans. Et c'est donc un mouvement qui part de l'intérieur de sa propre culture qui l'amène à entrer en en opposition ou en rébellion. Et le mécanisme d'extension de la rébellion paysane qui est un mécanisme d'une grande profondeur culturelle.

Il n'est pas simplement il n'est pas c'est pas une réaction émotive instantanée. Ça n'est pas une pulsion de l'instant. C'est quelque chose qui est très construit.

Vous pouvez pas changer l'organisation de votre entreprise, de vos terres, de vos cultures sur un coup de tête ou sur un coup de sang. Ce n'est pas vrai. Ça prend plusieurs années.

Ça prend ça demande la révision de beaucoup d'actes professionnels et d'une culture du métier. Donc moi, je suis rassuré sur le fait que par rapport à la tâche qui nous a été fixée tout à l'heure en disant "Vous y arriverez pas si vous ne faites pas des fronts larges, c'est-à-dire pas des fronts politiques, des fronts politiques, j'allais dire pas de fronts politiciens, des fronts politiques avec des secteurs de la société qui se rassemblent pour atteindre des objectifs." Nous savons au moins une chose là, je m'adresse au vieux bolcheviques, il y a plus de témoin.

à ceux qui sont dans la culture profonde de la gauche. Les rapports avec la paysannerie ont pourri les discussions du mouvement socialiste et ouvrier pendant des décennies. Qu'est-ce qu'on fait avec eux ?

Est-ce qu'on peut s'entendre avec eux ? Oui, non, oui, non, oui, non. Oui, disaient les uns, non, disaient les autres.

Ceux qui disaient oui disaient "Rez midi rouge est avec nous." Les autres disaient "Vous les avez vu enfin pas de cité de région parce que je me fâché avec quelqu'un encore mais enfin étit drôlement réac à la terre et ainsi de suite." Bon tiens, on va dire la vendé comme ça on est sûr de pas se tromper.

Euh bon. Et on vexe peut-être une ou deux personnes, mais ils sont du bon côté. Il y a des rouges et des bleus.

En vendez aussi, hein. Euh, les rouges sont dans les villes et les bleus dans les campagnes. Oui.

Ah ben exactement, mais j'ai étais plus d'une fois milité avec eux, hein. Et j'aime mieux vous dire que ça rigole pas là-bas. Alors euh, tiens, tu m'as fait perdre le fil divisé nouveau.

Qu'est-ce que je disais ? Tu me suis ? le mouvement.

Ouais. Bon, c'est bien. Tu suis euh Laurent, ça a vraiment posé beaucoup de problèmes que cette alliance.

Euh d'abord parce que la la paysannerie était le registre de la petite propriété avec ce que les représentations symboliques de la petite propriété. Mais ça fonctionnait pas toujours du côté de la droite, ça fonctionnait aussi du côté de la gauche. Le Midi rouge, c'était quand même des paysans tout ça, hein.

Euh ce que nous voyons, c'est que nous avons des alliés euh extrêmement enracinés et puissants. Finalement, la culture paysane, si vous voulez bien vous en rendre compte, véhicule avec elle beaucoup d'éléments du socialisme et du communisme en tant que philosophie politique. même des choses qui peuvent être aussi vu de loin curieuses qu'un GAEC hein.

C'est une mise en commun qui n'existe nulle part ailleurs sinon dans les coopératives ouvrières. Par conséquent, non seulement nous avons le substrat anthropologique, culturel, mais nous avons les masses humaines concernées. Moi tous les paysans que j'ai vu qui avaient changé de camp, c'est-à-dire qu'on rompu pas avec je sais pas quoi la droite, le machin tout ça, c'est autre chose ça, mais que rompu avec le productivisme et d'un niveau d'éducation et de culture et de conscience politique aussi élevé que peuvent l'être et même davantage que peuvent l'être à la fin de la lutte la prise de conscience collective des salariés quand il rentrent en lutte. car vous savez que la lutte est la première école du socialisme.

Moi, je suis frappé par ça. la profondeur, la puissance peut-être parce que j'ai passé 3 heures le jour avec des vignerons mais l'ampleur de vue dans ce que j'ose appelé, j'espère que je vais pas vous choquer, une forme de communisme élémentaire, c'est-à-dire la prise de conscience de l'existence du bien commun et d'une humanité égale en similitude, d'une d'une densité que nous n'atteignons pas toujours en en conclusion de nos luttes salariées et urbaines. Donc je pense que ça c'est un bon signal, mais nous ne réglerons pas la transition que nous avons évoqué si c'est plus le sujet c'est plus le fond.

On est d'accord sur le fond. Vous avez vu cette table, on a tout ce qu'il faut. Les hommes, les femmes, tous ils savent faire.

Bon, demain, on a la majorité. Tant qu'on est en col là au ministère, on sait qu'il saura faire parce qu'il y aura tous les autres. Le problème c'est d'arriver à englober tout le monde et pour ça de répondre aux questions à moi j'en ai évoqué trois mais il y en a plusieurs autres comme ça.

Si vous ne changez pas vos modes de vie, vous ne changerez pas l'agriculture parce que votre mode de vie est incompatible avec l'agriculture actuelle. Je ne dis pas votre mode de vie réel mes pauvres. Souvent parmi vous, il y a bien de la misère, mais vos modes de vie fantasmés, idéalisés et vos modes de vie quand même courant.

Vous ne changerez pas l'agriculture si vous ne trouvez pas d'autres agricultrices et agriculteurs. Et pour ça, faut leur promettre une autre vie, faut leur proposer une autre vie. Nous ne les trouvons pas non plus si ne changeons pas la répartition entre les uns et les autres de la richesse.

Et pour ça, il faudra aller la chercher avec les dents. Ce n'est pas une affaire de gentil. le changement auquel nous aspirons.

Nous ne pourrons pas simplement en convenir dans un colloc avec des gens ouverts qui acceptent de discuter blabla prout prout et le reste. C'est à coup de bâton qu'il va falloir reprendre, bâton symbolique bien sûr, la force de la loi qui va falloir renverser le sens de la circulation des flux de la richesse accumulée. Donc ne vous racontez pas d'histoire.

Si vous voulez faire tout ce que vous avez entendu, vous ne pouvez pas faire autrement que de faire une révolution. Et cette révolution, je l'ai nommé, c'est la révolution citoyenne. Pas de changement de la matrice productive de notre pays, pas de changement du modèle dominant de la production sans révolution citoyenne.

Sinon, vous faites du bruit avec votre bouche et vous faites le marché carbone, le capitalisme vert et je ne sais quoi qui est un attrape gogo et même du Coca-Cola vert paraît-il. ce qui en doit en faire une double horreur. [Applaudissements] Il a débordé de combien ?

Ah double mais c'est pas grave. J'avais prévu. J'avais prévu.

Je sais M.