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interviewRMC — Face à Face· 16 février 2023 21 min

Face à Face : Aurélien Pradié - 16/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Aurélien Pradié. Bonjour. Vous êtes vice-président des Républicains, numéro 2 du parti donc. Vous êtes député du LOT et tous les regards se tournent vers vous parce que c'est vous qui avez les clés pour savoir si oui ou non ce gouvernement obtiendra une majorité et pourra faire passer sa réforme des retraites. On va y revenir mais vous avez même eu longuement le cabinet d'Elisabeth Borne qui vous a appelé ce week-end, qui montre ainsi l'attention qu'il vous porte.

Ma première question c'est tout simplement de savoir si au moment où on se parle vous la votez ou vous ne la votez pas cette réforme.

0:41
Aurélien Pradié

Je vais poser une condition très simple qui n'est pas une obsession personnelle qui est un combat pour les Français. Je vais m'assurer que tous ceux qui sont en carrière longue, qui ont commencé avant 21 ans, ne fassent pas plus de 43 annuités de cotisation. Il y a eu un geste de la Première Ministre sur les 20-21 ans, c'est une bonne nouvelle. Sur les 17 ans, on l'a appris hier, mais les choses ne sont pas très claires. Comme assez souvent d'ailleurs avec ce gouvernement en l'occurrence, on ne sait pas si ceux qui ont commencé à 16 ans et à 18 ans vont faire 43 annuités ou 44. Et donc la position elle est très simple.

1:08
Présentateur

Vous rentrez directement dans le vif du sujet, tant qu'à faire puisque vous parlez de cette histoire de complexité des carrières longues. Nous à BFMTV, on a effectivement essayé de comprendre qui ça concernait. Vous le voyez à l'antenne, sur RMC je vous l'explique. En gros, c'est ça qui est effectivement très compliqué à comprendre. C'est que si vous avez commencé à travailler à 14 ans, alors vous pourrez partir à la retraite à 58 ans et faire donc 44 ans de durée de cotisation. Si vous avez commencé à 15 ans, vous n'aurez que 43 années. Si vous avez commencé à 16 ans, vous aurez à nouveau 44 années. 17 ans, 43 années. 18 ans, 44. Enfin bref, c'est presque un an sur deux.

Il y en a qui passent entre les mailles du filet et qui vont se retrouver à donc travailler 44 ans. Qu'est-ce que vous demandez Aurélien Pradié ?

1:52
Aurélien Pradié

Une chose simple, tous ceux qui sont en carrière longue, avant 21 ans, doivent partir avec 43 annuités de cotisation.

1:58
Présentateur

Donc vous vous demandez à ce qu'on supprime l'idée même qu'il y en ait qui travaillent 44 ans.

2:03
Aurélien Pradié

Mais bien sûr, pour une raison simple, c'est que comment justifier dans notre pays que celui qui a commencé à travailler à 16 ans va devoir faire 44 annuités, alors que celui qui a commencé à 17 va en faire 43, et que celui qui a commencé à 21 va devoir en faire 43. Pourquoi est-ce que je porte ce combat sur les carrières longues ? Pas par obsession personnelle, pas pour embêter le gouvernement. D'abord parce que je suis un député d'opposition, et que mon travail c'est de résister aussi au gouvernement, d'arracher des choses pour mes concitoyens. C'est un combat que je porte pour les Françaises et les Français.

Et parce que celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, c'est la France qui travaille dur. Ce sont ceux qui souvent ne vont pas pouvoir aller jusqu'à l'âge légal de départ à la retraite, et qui vont se retrouver par exemple avec une pension d'invalidité. La France qui travaille, c'est cette France à laquelle la droite doit être attachée et attentive. Et lorsque je défends avec mes amis les carrières longues, je défends à la fois la clarté et la justice. Il nous faut remettre de la justice dans cette réforme des retraites, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Et je dis donc à la Première Ministre, comme je l'ai dit à ses équipes ce week-end, moi je ne suis pas votre copain, je ne suis pas votre ami, je suis même votre adversaire politique, votre opposant politique. Je le resterai. Je veux que sur les carrières longues nous avancions, parce que nous aurons obtenu quelque chose de fort pour nos concitoyens. Mais soyez clair, ça suffit les entourloupes. On en a eu assez. Regardez sur les 1 200 euros, à quel point on n'y voit pas clair. Voyons clair sur les carrières longues.

3:18
Présentateur

On va revenir sur les 1 200 euros, parce qu'effectivement là aussi il y a de la confusion. Sur les carrières longues, si on reste vraiment sur ce point, qui est le point sur lequel vous avez dit être intransigeant, et qui décidera si oui ou non vous votez la réforme, si je comprends bien, en l'état, et malgré ce que le gouvernement annonce comme des avancées ou des mains tendues à votre endroit, en l'état, vous estimez que le compte n'y est pas, qu'il y a encore des gens qui travailleront 44 années, donc c'est non ?

3:43
Aurélien Pradié

Bien sûr. Mais ma position est très claire, elle n'a pas varié. Et j'ai d'ailleurs dit que je tiendrai parole. Si les avancées que nous souhaitons et que nous défendons sont sur la table, alors nous soutiendrons la réforme. Et si elles n'y sont pas, pourquoi le faire ? Vous voulez que je revienne vers les Français dans quelques jours en disant « Écoutez, vous voyez, je me suis beaucoup battu sur les carrières longues, mais vous avez commencé à 16 ans, vous avez commencé à 18 ans, désolé. Pour vous, le comptiez pas. Je ne me bats pas pour moi, je me bats pour mes concitoyens. » Et lorsqu'on est un député, lorsqu'on a des convictions, on se doit de mener la bataille jusqu'au bout.

C'est mon travail de député et ma mission. Que le gouvernement remette de la clarté, et c'est à Elisabeth Borne désormais, de clarifier les choses en disant « Tous ceux qui ont commencé en carrière longue, pas plus de 43 annuités. »

4:23
Présentateur

Ce matin, donc, vous dites, pour les 16 ans et les 18 ans, qui sont les deux qui restent encore entre les mailles du filet, les 16 ans et les 18 ans qui devront travailler 44 ans si la réforme passe telle qu'elle est aujourd'hui, vous demandez à ce que là aussi ça bouge et est-ce qu'Elisabeth Borne fasse un geste

4:41
Aurélien Pradié

pour ces deux-là ? C'est son de jouer au chat et à la souris. Je ne suis pas un marchand de tapis. Je ne suis pas là en train de négocier le bout de gras. Ce que je souhaite, c'est qu'on ait une position claire, que ce gouvernement cesse de lâcher par petits morceaux, comme si nous nous amusions. On n'est pas en train de s'amuser. On est en train de faire en sorte que les Français, demain, aient une vie meilleure, notamment ceux qui ont commencé à travailler tôt. Les 17 ans, c'est une belle victoire. Je le dis. Lorsque, depuis quelques semaines, je marque-bout sur ce sujet, j'ai tendance à essuyer beaucoup de critiques.

On dit, mais enfin, quand même, Aurélien Pradié, il est dur, il est raide, il ne veut pas lâcher. C'est une victoire. C'est une leçon politique aussi. Donc, les 17 ans, qu'est-ce que vous avez obtenu ? Les 17 ans, nous avons obtenu qu'il ne fasse pas 44 annuités de cotisation et bien 43. C'est une vraie avancée. Le problème, c'est ceux juste avant et ceux juste après. Les 16 ans, il est 18 ans. Et comment voulez-vous expliquer que ce n'est pas de bol ? Vous avez commencé à 16 ans, vous ferez 44. Vous avez commencé à 17 ans, vous avez un peu plus de chance. Vous ferez 43 annuités. Tout ça ne tient pas.

Et voilà pourquoi je pense que même si le gouvernement voulait se rendre un peu service, il clarifierait cette situation. Je suis un combattant politique. Je considère que le rôle d'un député, c'est d'aller jusqu'au bout de ses convictions et d'arracher des avancées pour les Français.

5:45
Présentateur

C'est ça la vraie question ? Et c'est la question d'ailleurs que vous a posée, si je le comprends bien, le directeur de cabinet d'Elisabeth Borne ce week-end. Il vous a appelé, Aurélien Rousseau. Il a parlé avec vous 45 minutes. C'est ce que notamment nos confrères de France Télévisions ont révélé ce matin. 45 minutes au téléphone. Mais il laisse entendre aussi que c'est parce qu'il voulait comprendre ce que vous voulez. Sous-entendu, on ne sait pas trop ce que vous voulez.

6:07
Aurélien Pradié

C'est assez clair. Tous ceux qui ont commencé en carrière longue, pas plus de 43 annuités de cotisation. J'ai d'ailleurs dit aux équipes d'Elisabeth Borne avec qui je n'ai pas de contact particulier sauf ce week-end, que je n'étais pas leur allié politique, que je ne le serais jamais, que je n'étais pas un dealer politique et que donc il n'y avait pas de deal, que je leur disais simplement que ce combat-là, j'y tenais parce que c'était le combat qui respectait la France qui travaille dur, que mon jeune frère boulanger, je ne voulais pas revenir le voir dans quelques jours en lui disant que je n'avais rien fait pour lui et pour tous ceux qui travaillent. Il est boulanger dans le lot ?

Il est boulanger dans le lot. Il a commencé très tôt et comme des centaines de milliers de Français, c'est cette France travailleuse à laquelle je souhaite que nous soyons attentifs. Et je leur ai dit que je n'avais rien à leur proposer en échange sauf de tenir parole. Si cette mesure y est, je soutiendrai la réforme. Si elle n'y est pas, je ne la soutiendrai pas.

6:49
Présentateur

Est-ce que vous allez jusqu'à demander à ce qu'on supprime la référence à l'âge légal de départ ?

6:55
Aurélien Pradié

Ça, c'est la réforme que j'aurais souhaitée. J'ai toujours dit que pour moi, la bonne réforme des retraites, ce n'était pas celle qui se focalisait sur un âge légal de départ à la retraite, mais celle qui jouait sur la durée de cotisation. Je souhaite qu'on dise dès lors que vous avez la durée de cotisation, vous pouvez partir en retraite. En gros, 43 années

7:09
Présentateur

de cotisation, que vous ayez commencé à 16 ans ou à 25 ans, vous partez au bout de 43 ans. Bien sûr.

7:14
Aurélien Pradié

Et s'il faut faire évoluer les choses, c'est sur la durée de cotisation. Aujourd'hui, beaucoup de nos concitoyens sont obligés de faire plus de 43 annuités de cotisation parce qu'il leur faut aller jusqu'à l'âge légal. D'ailleurs, ce que je dis, c'est ce que le président de la République, Emmanuel Macron, disait lorsqu'il disait que le seul reprend de l'âge légal, c'était une hypocrisie.

7:30
Présentateur

La version Emmanuel Macron, premier mandat.

7:32
Aurélien Pradié

Oui, il y a eu beaucoup de versions d'Emmanuel Macron, comme il y a souvent d'ailleurs beaucoup de versions d'Emmanuel Macron. Lui-même a du mal à trouver sa boussole.

7:38
Présentateur

À l'époque, il disait que c'était injuste de faire jouer l'âge de départ. Il était favorable à ce qu'il appelait la réforme par points qui a finalement été enterrée.

7:45
Aurélien Pradié

Qui était une manière de prendre en compte la durée de cotisation. Ce qui est dramatique dans ce débat, c'est que nous n'allons pas au fond des choses. Pourquoi est-ce qu'on ne parle pas de la vraie question qui est la question du travail ? On dit aujourd'hui que le déséquilibre de notre système de retraite est lié à des questions démographiques. Ce n'est pas vrai. Il est d'abord lié au fait que nous n'avons pas suffisamment d'actifs. Comment faire en sorte demain que les centaines de milliers d'emplois vacants dans notre pays soient pourvus ?

8:07
Présentateur

Il y a quand même un travail sur le chômage qui a été fait. Il y a ces chiffres du chômage qui ont été publiés hier qui montrent que le chômage est au plus bas depuis des années. Et puis, il y a eu cet index senior. Vous ne l'avez pas voté ?

8:19
Aurélien Pradié

L'index senior ne sert à rien. Absolument à rien. Ce n'est pas avec un index, avec un termomètre supplémentaire que vous allez régler quoi que ce soit.

8:26
Présentateur

Et par ailleurs,

8:27
Aurélien Pradié

je pense que cet article était anticonstitutionnel. Je l'ai dit publiquement. Lorsque le gouvernement a fait le choix d'examiner le texte dans un projet de loi de finances de la sécurité sociale, il doit intégrer des mesures qui ont un impact budgétaire sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale.

8:42
Présentateur

Est-ce que vous êtes favorable à ce que, pour augmenter le nombre d'actifs de plus de 55 ans dans les entreprises, il y ait carrément des contraintes, voire des sanctions, des amendes ?

8:53
Aurélien Pradié

Je souhaite qu'on travaille à la fois sur les contraintes, notamment pour les plus grandes entreprises qui sont celles qui souvent respectent le moins les règles.

8:59
Présentateur

Notamment ou uniquement ?

9:00
Aurélien Pradié

Notamment. D'abord, je pense qu'il faut commencer par les plus grandes entreprises parce qu'en réalité, dans les plus petites et moyennes entreprises, on garde ses salariés jusqu'au bout. Mais il faut aussi poser la question du temps de travail. J'ai fait une proposition il y a quelques semaines qui consistait à dire réfléchissons à augmenter le temps de travail sur 4 jours. Pourquoi ne pas réfléchir à la semaine de 4 jours ? Le gouvernement le teste. La semaine de 4 jours en 36 à 38 heures. Ça fait des longues journées quand même. Oui, ça fait des longues journées mais certains le font déjà. Et je pense que le vrai travail de la droite, c'est de tout repenser.

Travailler plus, oui, mais travailler mieux aussi. On doit explorer tous ces sujets.

9:35
Présentateur

Une liberté dans l'organisation de son temps. On sait qu'il y a certaines entreprises qui ont mis en place ces semaines de 4 jours. Ce n'est pas forcément le vendredi libre, ça peut être un autre jour. Mais chacun est libre d'organiser ses 35 heures, 36 éventuellement, comme il le veut, sur 4 jours.

9:51
Aurélien Pradié

Il faut que nous laissions cette liberté. Mais le rôle d'une famille politique... Ça ne changerait rien en retraite ? Si, parce que vous augmentez le temps de travail, vous augmentez le volume de travail. Aujourd'hui, on travaille en moyenne un peu plus de 36 heures. Si demain, on travaille 38, alors vous réglez une bonne partie du problème. Mais je le dis, c'est important.

10:07
Présentateur

Mais ceux qui vous battez qui sont ces carrières longues, c'est typiquement le genre de métier où c'est bien difficile de s'organiser sur 4 jours en général ?

10:13
Aurélien Pradié

Vous savez que ce sont souvent des métiers qui sont déjà organisés sur des très longues journées de travail. Je ne prétends pas Nicolas Sarkozy avait, à l'époque où il défendait la France travailleuse, porté l'idée du travailler plus pour gagner plus. Moi, je crois à l'idée du travailler mieux pour travailler plus. Et je pense que c'est le rôle d'une nouvelle génération, y compris à droite, d'ouvrir des chemins, de ne pas s'arcobouter sur des vieilles rengaines, sur des vieilles idées. Je pense que le seul report de l'âge légal, c'est une solution qui n'en est pas une en réalité. Mais ça, c'est une autre réforme des retraites. En l'occurrence, ce n'est pas celle portée par le gouvernement.

10:46
Présentateur

Le problème, c'est que vous allez quand même vous retrouver pris en tenaille entre le gouvernement avec qui, visiblement, vous négociez. En tout cas, le gouvernement a décidé de négocier précisément avec vous, Aurélien Pradié. Et puis, de l'autre, une partie de votre famille politique qui vous attend au tournant. On a Bruno Retailleau, par exemple, qui a été votre adversaire dans la course à la présidence des Républicains, qui est arrivé numéro 2. Vous êtes arrivé 3e, qui aujourd'hui est à la tête des sénateurs de droite et qui dit qu'il faudra qu'Aurélien Pradié choisisse. S'il vote contre cette réforme, alors il n'a plus sa place comme vice-président du parti.

11:22
Aurélien Pradié

Il y a un sujet auquel je suis totalement insensible, ce sont les menaces. Personne ne me menace. Et je ne cède à aucune menace et à aucune intimidation. Je suis député de la Nation, Bruno Retailleau est sénateur. Nous avons tous les deux une légitimité. Et la légitimité nécessite de défendre ses convictions. Et j'ai donc dit à Bruno, comme à tous mes amis qui ne sont pas des adversaires, que je continuerai à défendre mes convictions, que les menaces n'avaient qu'une conséquence sur moi, c'est de renforcer mes convictions. La liberté en politique, le tempérament en politique, c'est sûrement un peu ce qu'il nous manque.

Et je suis heureux de contribuer peut-être en toute petite partie à le réhabiliter.

11:56
Présentateur

Vous avez parlé des 1200 euros comme étant une entourloupe. Il y a cette question, tout le monde se rend compte qu'en effet c'était confus, au minimum confus. Est-ce que ça l'était sciemment ou est-ce que vous vous dites bon, ils se sont eux-mêmes pris les pieds dans le tapis, ils n'ont pas réalisé ? Ou est-ce qu'il y avait de la manœuvre politique pour tenter de faire croire aux Français qu'il y aurait un minimum retraite à 1200 euros ?

12:17
Aurélien Pradié

Je ne sais pas ce qui est le plus grave entre l'incompétence et le mensonge. En l'occurrence, plusieurs ministres ont fait croire sciemment aux Français qu'il y aurait une retraite minimale pour tout le monde à 1200 euros. Nous savons que ça ne sera pas le cas. Nous le savons aujourd'hui. Et c'est pour ça d'ailleurs que sur les carrières longues, je dis attention, pas deux fois la même entourloupe. Ne faites pas croire aux Français quelque chose que vous ne tiendrez pas. Parce qu'au final, la rupture démocratique, elle sera extrêmement grave. Et c'est ce qui nous guette cette volonté de prendre les Français pour des imbéciles en permanence.

Cette volonté de les dresser les uns contre les autres. C'est un immense danger. Sur les 1200 euros, nous allons continuer à débattre. Moi, je veux savoir ce qu'il y a au fond. Parce que c'était un des éléments sur lesquels, y compris mes amis politiques, avaient avancé. Si au final, il y a des petites lignes en dessous du contrat qui font que le contrat est rompu, alors je le dis clairement, ce sera sans moi. Ma position, elle est claire. Je ne suis pas un négociateur et je ne suis pas un ami politique de la Macronie.

13:09
Présentateur

73% des Français disent, et c'est notre sondage Elab, qu'ils considèrent le gouvernement ni clair, ni transparent sur ces questions des retraites. La question, c'est aussi de savoir si vous allez pouvoir, oui ou non, voter. Puisque de toute façon, tout ça ne sera que théorique si vous n'arrivez pas au fameux article 7. Il faudrait pour cela que la France Insoumise notamment retire ses amendements. Ça pourrait se faire dans la journée, vous les y inviter ?

13:39
Aurélien Pradié

Oui, je pense qu'il faut que nous allions jusqu'au bout du débat et je demande à la fois à la France Insoumise de nous permettre d'accélérer les débats parce que le spectacle aujourd'hui à l'Assemblée nationale est absolument épouvantable et je demande aussi à Marine Le Pen de ne pas rajouter à la bordélisation de l'Assemblée nationale. La motion de censure qu'elle a déposée qui est une pitrerie dont on sait qu'elle ne servira à rien n'a qu'une vocation, c'est ralentir les débats. Il faut que nous allions au bout des débats parce que sans cela, beaucoup à un mode dégradé de notre démocratie.

Ce n'est pas acceptable qu'une réforme des retraites qui va changer la vie de nos concitoyens, ce n'est pas une réforme comme les autres, ne soit au final pas votée par l'Assemblée nationale, notamment en première lecture, qu'elle soit peut-être validée en commission mixte paritaire. Attention, Elisabeth Borne, attention à ne pas sous-estimer le besoin de faire vivre la démocratie.

14:27
Présentateur

Enfin là, en l'occurrence, ce n'est pas tellement la faute d'Elisabeth Borne, c'est plutôt la faute des autres députés qui obstruent la possibilité même de ce vote-ci. Mais qui a choisi ? De la part des députés Renaissance, même une crainte, finalement, ça les arrangerait qu'on n'ait pas à voter cet article 7 ?

14:43
Aurélien Pradié

Bien sûr. Les uns sont les idiots utiles des autres. Je le vois à l'Assemblée nationale. Les députés de la Macronie passent leur temps à dire aux députés insoumis qu'ils font retarder le débat. Et eux-mêmes le font retarder. Mais enfin, qui a choisi ?

14:56
Présentateur

Il y a un jeu de dupe un peu.

14:56
Aurélien Pradié

Il y a un jeu de pitrerie insupportable aujourd'hui. Le gouvernement est bien content. Mais vous ne mettez pas

15:00
Présentateur

tout ça sur le dos d'Elifi, quoi.

15:02
Aurélien Pradié

Non, le gouvernement est bien content d'avoir en face d'eux des idiots utiles qui sont les insoumis pour neutraliser le débat. Qui a choisi d'utiliser le 47.1 de la Constitution

15:10
Présentateur

pour limiter ?

15:12
Aurélien Pradié

Le 47.1, c'est un article de la Constitution qui fait que le temps de débat est limité lorsqu'il s'agit d'un projet de loi de finances rectificatif de la sécurité sociale. C'est donc un débat exprès, en quelque sorte. Oui. Mais ça, c'est le gouvernement qui l'a choisi. C'est Emmanuel Macron qui l'a choisi. Personne n'a jamais fait voter une réforme des retraites en utilisant cet outil de la Constitution. C'est donc le gouvernement, dès le début, qui a voulu faire en sorte qu'il y ait une tension parlementaire et une tension dans le pays. Mais cette méthode-là, c'est la méthode d'Emmanuel Macron. La méthode de la fracturation.

Et je pense que c'est une très mauvaise méthode politique et une très mauvaise méthode pour notre pays.

15:44
Présentateur

Emmanuel Macron qui a dit hier en Conseil des ministres les oppositions sont totalement perdues. Elles n'ont pas de boussole. C'est sans doute à vous qu'il pensait.

15:52
Aurélien Pradié

Oui, mais moi, je sais très bien où je vais. C'est le même Emmanuel Macron qui, il y a quelques années, nous disait que la réforme à 64 ans, c'était une mauvaise idée. C'est lui qui, aujourd'hui, nous parle de perte de boussole. Qui a perdu sa boussole ? Moi, je sais où je vais. Ce que je veux, c'est que nous défendions les travailleurs. Que cette réforme soit juste. Qu'elle ne tape pas toujours sur les mêmes, c'est-à-dire ceux qui bossent dans notre pays. Voilà ma boussole. Et si Emmanuel Macron a besoin que nous lui précisions la boussole pour le pays, je suis à sa disposition. Je le ferai.

16:16
Présentateur

Alors, essayons d'imaginer le scénario d'une journée qui va commencer à 9h, dans un peu moins de 15 minutes. Il va falloir que vous vous préciez un petit peu imaginons, en effet, que LFI retire ces amendements. Que vous vous retrouviez, peut-être en fin d'après-midi, aujourd'hui, à devoir voter cet article 7. Vous dites oui ou non ?

16:39
Aurélien Pradié

Tant qu'Elisabeth Borne n'aura pas précisé les conditions sur les carrières longues, c'est non.

16:42
Présentateur

Donc, l'article 7, ce fameux article 7, cet après-midi, vous êtes prêts à voter contre ?

16:46
Aurélien Pradié

Bien sûr. Attendez, depuis quand un député qui a porté des convictions devrait dire « Bon, mais finalement, je m'arrête là. Ça suffit. J'en ai fait assez. » Enfin, derrière, il y a des Français. Ce ne sont pas des cases, tout cela ne sont pas des chiffres. Donc, j'irai jusqu'au bout de cette démarche-là que la Première Ministre rapidement précise les choses, qu'Emmanuel Macron cesse d'attiser et de mettre le feu au pays politiquement comme c'est le cas depuis des mois et auquel cas, nous verrons ce qui est le vote sur l'article 7.

17:12
Présentateur

Vous êtes combien sur cette ligne, Aurélien Prédier, dans votre groupe ?

17:14
Aurélien Pradié

Je ne sais pas. Moi, je ne suis pas un chef de caserne mais je pense qu'Elisabeth Borne ne doit pas, comme Emmanuel Macron, sous-estimer le fait que beaucoup de députés chez les Républicains n'ont pas envie de se faire rouler dans la salle.

17:23
Présentateur

C'est un, vous tout seul, c'est cinq, c'est dix, c'est quinze ?

17:26
Aurélien Pradié

Vous savez, si j'étais tout seul, je pense qu'on ne se focaliserait pas sur moi en bien et en mal comme on le fait depuis quelques semaines. Vous voulez dire que le cabinet d'Elisabeth Borne

17:33
Présentateur

ne sera pas 45 minutes avec vous ce week-end alors qu'ils ont d'autres à faire ?

17:35
Aurélien Pradié

Mais on l'a ça. Je pense que même mes amis politiques ne passeraient pas autant de temps à dire des sympathies à mon égard.

17:39
Présentateur

Parfois, quand je vous écoute, si je fermais les yeux et nonobstant le petit accent du lot, vous pourriez être Laurent Berger. Finalement, vous êtes assez proche sur la ligne, sur les idées, sur la manière d'envisager cette réforme des retraites. D'ailleurs, lui, il était plutôt favorable à la réforme première version, ce qui semble être aussi votre cas. Est-ce que vous vous sentez proche des idées de la CFDT ?

18:01
Aurélien Pradié

Nous avons souvent dans le pays la droite réformer les retraites avec la CFDT. Moi, j'ai du respect pour les partenaires sociaux et notamment pour la CFDT qui est un syndicat réformateur. Mais qu'est-ce que vous faites du coup ? J'ai échangé avec Laurent Berger souvent et je pense que c'est un homme de grande qualité. Qu'est-ce que je fais chez les Républicains ? Je défends une idée juste de notre pays. Et peut-être que parce que la droite ne l'a plus fait depuis très longtemps, quand quelqu'un le fait, ça paraît original. Mais ce n'est pas original. Je me suis engagé à 16 ans en politique parce que pour moi, la droite, c'était le respect du travail et de l'effort.

Le respect des travailleurs. Je suis député du Lod, d'une terre rurale dans laquelle on travaille dur comme dans beaucoup d'autres départements. Mais Aurélien Prenier, vous récitez un peu

18:35
Présentateur

votre laïus. Mais pardon, il se trouve que c'est Éric Ciotti qui a gagné cette bataille des Républicains. Éric Ciotti qui dit le candidat naturel en 2027, ce sera Laurent Wauquiez. Pourriez être derrière Laurent Wauquiez, pour vous, c'est le candidat naturel de la droite ?

18:50
Aurélien Pradié

Ce n'est pas tout à fait un laïus que je vous récite. En fait, c'est les raisons pour lesquelles je me suis engagé en politique. Et ça, c'est important de le comprendre pour les uns et pour les autres. Et ce sont des raisons tout à fait sincères. Moi, je souhaite que pour que la droite gagne en 2027, elle ait quelque chose à dire au pays. La question, ce n'est pas seulement le choix de notre chef.

19:05
Présentateur

Le choix est déjà fait, visiblement. C'est-à-dire que Éric Ciotti a fait un ticket, comme on dit, avec Laurent Wauquiez. Il a dit dès maintenant qu'il n'y avait pas de débat, que pour lui, il y avait un candidat naturel.

19:15
Aurélien Pradié

Oui.

19:16
Présentateur

Il y a un candidat naturel ?

19:17
Aurélien Pradié

Il n'y a pas de candidat naturel. Il y a le candidat qui s'imposera demain. D'ailleurs, Éric Ciotti lui-même a dit qu'il soumettrait au vote des adhérents la désignation de Laurent Wauquiez. Mais franchement, si nous voulons nous reconstruire après avoir fait moins de 5% à la présidentielle, ce sera en se remettant profondément en question.

19:34
Présentateur

Donc ressortir Laurent Wauquiez ne vous paraît pas forcément être la meilleure façon de se remettre.

19:36
Aurélien Pradié

C'est à Laurent Wauquiez de le décider. J'ai admiré Jacques Chirac en 1995 qui parlait à tous les Français. On juge ce qu'on veut de ce qu'il en a fait après. J'ai admiré Nicolas Sarkozy en 2007, avant que ça tourne mal, qui respectait les Français qui travaillaient dur. C'est ça la droite. Et cette droite populaire de tous les Français, c'est le chemin que nous devons retrouver.

19:56
Présentateur

Ce qui est quand même frappant, c'est qu'à chaque fois, vous dites, j'ai admiré le candidat Chirac, le candidat Sarkozy, mais tout de suite, vous dites, bon, après, c'est un peu vrillé.

20:06
Aurélien Pradié

Oui, et bien, voilà pourquoi sûrement nous avons déçus les Français. Nous les avons déçus parce que les promesses n'ont pas été tenues. Mais comment faire en sorte

20:12
Présentateur

de ne plus les décevoir, François ?

20:13
Aurélien Pradié

En reconstruisant, et j'assume d'être parfois un peu le perturbateur, celui qui dit des choses que d'autres n'ont pas envie d'entendre, si nous voulons demain reparler à tous les Français, il nous faut tout rebâtir de fond en comble. Ça commence peut-être par la réforme des retraites.

20:26
Présentateur

Et ça commence aujourd'hui, donc dans 7 minutes, puisqu'il est 8h53 sur RMC et qu'à 9h, c'est le débat qui reprend dans l'hémicycle. Merci Aurélien Pradier. Merci à vous. Vous êtes vice-président des Républicains, député du Lot. Merci d'être venu sur RMC et BFM TV.