L'invité d'Apolline Matin : Économie, pourquoi la France est-elle en train de décrocher ? - 14/10
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait là ? Il faut s'inquiéter, est-ce qu'on peut faire quelque chose ou est-ce que, de toute façon, c'est fichu ?
- 3:33RelanceRéponse directe
Mais aujourd'hui, quand vous entendez la BCE qui dit qu'il va falloir en urgence remettre de la rigueur et de la discipline budgétaire, qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui avec la situation politique dont vous venez de parler ?
- 3:54FerméeRéponse directe
Est-ce qu'on peut encore faire quelque chose ?
- 5:15ComplaisanteRéponse partielle
Juste avant que vous répondiez, Marc Fiorentino, je voudrais qu'on passe par le 3216, parce qu'il y a Julien qui nous appelle dans Montpellier, qui est infirmier, et qui a précisément une question sur ses retraites.
- 6:13OuverteRéponse directe
Est-ce que cet énorme poids des retraites va nous entraîner vers le fond, comme le dit Arthur ?
- 7:09OuverteRéponse directe
Donc, comment on fait pour réduire cette part des retraites dans le budget des ministères ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04PrésentateurChiffre
« le Fonds Monétaire International, qui a dévoilé ses chiffres de croissance, réévaluant à la hausse celles de la plupart des pays européens et de nos voisins, mais elle a divisé par deux les perspectives de croissance de la France. »
- 2:42InvitéFait
« depuis juin 2024, l'économie française est à l'arrêt. »
- 2:54InvitéFait
« on n'a pas de gouvernement depuis juin 2024. »
- 3:11InvitéFait
« il fallait évidemment faire du quoi qu'il en coûte post-Covid. »
- 3:26InvitéFait
« parce que les taux d'intérêt étaient négatifs, et les taux d'intérêt étaient très bas. »
- 4:50PrésentateurFait
« la transparence sur les retraites. »
- 4:53InvitéChiffre
« les portions de retraite de la fonction publique sont en passe de devenir le premier budget de l'État. »
- 5:24AuditeurChiffre
« 4,5 milliards d'euros par an, c'est 15% du PIB, et c'est financé par les actifs. »
- 5:51InvitéFait
« la BCE interviendra. »
- 7:24InvitéPromesse
« Il faut faire une réforme des retraites. »
- 7:48InvitéPromesse
« Le signal précis, c'est de dire la capacité à travailler jusqu'à 67 ans avec des décotes avant. »
Temps de parole
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- Présentateur24 %
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- Invité 25 %
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C'est
ce qu'a confirmé le FMI hier, optimiste pour tout le monde, mais pessimiste pour une, pour nous, pour la France, le Fonds Monétaire International, qui a dévoilé ses chiffres de croissance, réévaluant à la hausse celles de la plupart des pays européens et de nos voisins, mais elle a divisé par deux les perspectives de croissance de la France. Bonjour Marc Fiorentino, vous êtes spécialiste des marchés financiers, on vous retrouve aussi chaque week-end sur BFM Business dans l'émission C'est votre argent. Qu'est-ce qu'on fait là ? Il faut s'inquiéter, est-ce qu'on peut faire quelque chose ou est-ce que, de toute façon, c'est fichu ?
Alors, un, c'est pas du tout fichu, la situation est grave, mais pas désespérée, donc ça c'est quand même la bonne nouvelle. La bonne nouvelle aussi, c'est qu'à force d'avoir ces alertes un peu partout, on commence à avoir le sujet, enfin, de la dette. Moi, je me réjouis de voir qu'on parle tous les jours de la dette, que ça devient une préoccupation des Français. C
'est
au
cœur
de la question de la campagne. Voilà,
mais c'est complètement dingue, enfin, pour nous, qui sommes des gens de marché, pour les économistes, de voir que ce sujet-là est devenu un des sujets centraux de la campagne électorale, de voir, bon, j'ai regardé la conférence de presse de Marine Le Pen, et puis j'ai lu son interview ce matin dans
le Final Showtime. Dans le Final Showtime, chez nos
voisins anglais ?
C
'est complètement dingue, quoi, c'est-à
-dire
de l'entendre parler de règles d'or, de parler, alors même s'ils sont...
Elle s'est
mise à l'idée qu'il fallait vraiment faire une priorité de passer sous les 3%. Non,
mais c'est complètement dingue. Je ne
sais
pas si on imagine le changement radical par rapport à on va passer à la retraite à 60 ans en race gratis. Alors, j'entends, évidemment, tout ce qui se dit, et ce que je dis moi-même, c'est-à-dire que son chiffrage est complètement absurde, mais son argument, qui n
'est
pas totalement faux, c'est de dire qu'il y avait des gens beaucoup plus crédibles qu'elles qui ont fait des chiffrages, et quand on voit le résultat auquel on est
arrivé... Et la situation
dans laquelle
on est aujourd'hui. Et la
situation dans laquelle on
est
aujourd
'hui.
Alors, ce qui est intéressant, c'est de se dire, un, la situation est grave, et c'est bien qu'on en parle,
c
'est-à-dire c'est bien qu'il y
ait
ses alertes.
On ne soit pas dans le déni,
qu
'on
sort du déni. C'est bien que tout le monde en parle, c'est bien que ça devienne un sujet. Après, est-ce que la
situation... Après, j'ai
envie de vous dire, vous avez quand même une manière de... Non, mais c'est bien, c'est bien, ça va mal, mais au moins on en parle. Oui. Bon, mais ça ne suffit pas d
'en parler. Mais pourquoi maintenant, Marc
Fiorentino ? Pourquoi maintenant ? Parce que ça fait des années qu'on nous alerte sur la dette, ça fait des années qu'on nous dit, finalement, la situation est indable. C'est quoi ? C'est la pression des marchés avec la hausse récente des taux d
'intérêt ? D'abord,
Marc Fiorentino. La situation a complètement changé,
c
'est-à-dire qu'on était jusqu'à présent, on bénéficiait d'une totale impunité. Pour quelle raison ? Parce qu'on était le passager clandestin de la zone euro et de l'Allemagne. C'est-à-dire que les gens se disaient, bon, globalement, on n
'a
pas laissé tomber la Grèce, on ne laissera pas tomber la France. Et puis, c'est des cancres, mais ils copient sur leurs voisins, mais finalement, à la fin de l'année, ça ne se passe pas trop mal. Et puis, il y
a
eu plusieurs événements qui ont complètement modifié la situation. Si on en est là aujourd'hui, il y a trois événements majeurs qui se sont produits. Le premier, c'est la dissolution. On ne
le
répétera jamais assez, depuis juin 2024, l'économie française est à l'arrêt. C'est-à
-dire
qu'il faut bien comprendre que dans un contexte politique où vous n'avez pas de majorité, donc pas de gouvernement, en fait, on n'a pas de gouvernement depuis juin 2024.
Qui est vraiment
du point et qui puisse vraiment...
Donc, ça veut
dire que vous, moi, je suis entrepreneur, vous êtes dirigeant d'entreprise,
vous
vous dites jusqu'à l'été 2027, et encore,
on
verra ce qui se passera après, vous n'avez aucune visibilité. Premier élément. Deuxième élément, le quoi qu'il en coûte. C'est-à
-dire,
on ne le répétera jamais assez, il fallait évidemment faire du quoi qu'il en coûte post-Covid. Tout le monde s'est arrêté après le Covid, et nous, on a continué. Pourquoi ? Parce qu'on rasait gratis, parce que les taux d'intérêt étaient négatifs, et les taux d'intérêt étaient très bas. Troisième élément, c'est ce que dit Emmanuel, c'est-à-dire la hausse des taux. À partir du moment où il y
a
eu la hausse des taux, on ne
pouvait
plus se
planquer au fond de la classe. C'est devenu un engrenage.
Alors, moi, j'ai quand même envie de vous demander, Marc Valentino, OK, on a compris comment c'était arrivé, mais aujourd'hui, quand vous entendez la BCE qui dit, d'une part, qu'il va falloir en urgence remettre de la rigueur et de la discipline budgétaire, et qui dit, par ailleurs, que ça mettra quand même beaucoup de temps avant de rassurer les marchés, qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui,
avec
la situation politique dont vous venez de parler, qui est quand même d'une fragilité extrême ? Est-ce qu'on peut encore faire quelque chose ? Oui,
oui, alors,
c'est ça qui est très important à répéter. C'est-à
-dire,
moi, j'entends partout la France et la Grèce de 2010, enfin, bon, tous ces trucs qui font le clash et le buzz. C'est peut-être l'Espagne ou le Portugal, quand
même.
Mais qui ne sont pas complètement fausses, c'est ni l'Espagne ni le Portugal, je ne
suis
pas d'accord du tout. Je pense qu'aujourd'hui, on a du gras partout. C'est-à-dire que la bonne nouvelle dans notre...
C'est qu'il y a du gras, c'est que si on...
C'est-à
-dire,
quand j'entends parler de « il va falloir faire un programme à la grecque », j'entends parler, vous avez dit le mot « de rigueur », je pense qu'on ne sait pas ce que c'est la rigueur, on ne
sait
pas ce que c'est que l'austérité. On n'a pas besoin de rigueur, on n
'a
pas besoin d'austérité, on a besoin de signaux. C'est-à-dire, ce qui est très important pour rétablir la confiance des marchés, c'est
des signaux. C'est quoi ?
C'est du gras dans les dépenses ? C'est du gras dans quoi ? C'est un problème de
finances publiques ?
Mais
partout, enfin, je veux dire...
Rien ne
marche bien. J'aimerais quand même qu'on
ait... On ne peut pas ne
pas évoquer ce que Merci a révélé hier,
à
savoir que le premier
budget de l'État... Exactement, la
transparence sur les retraites.
Voilà, sur la portion des retraites dans les budgets des différents ministères. La vérité, c'est que les portions de retraite de la fonction publique sont en passe de devenir le premier budget de l'État. Pardon, mais est-ce que ça, c'est quelque chose qui... Puisqu'en fait, ce sont des prestations sociales. Est-ce que ces prestations sociales pourraient nous emmener par le fond ? Puisque la réforme des retraites au global, pas seulement pour la fonction publique, nous ne l'avons pas faite. Est-ce que ça peut nous
entrer par le fond ? Vous savez quoi ?
Juste avant que vous répondiez, Marc Fiorentino, je voudrais qu'on passe par le 3216, parce qu'il
y a
Julien qui nous appelle dans Montpellier, qui est infirmier, et qui a précisément une question sur ses retraites. Je vous écoute, Julien.
Oui, bonjour à tous. Eh bien, non, bonjour à les retraites, c'est quoi ? 4,5 milliards d'euros par an, c'est 15% du PIB, et c'est financé par les actifs. Donc, on ne
va
plus pouvoir suivre. Et après, je lisais un article. Pour un titre de dette française émise, il
y a
trois aspects. Et à priori, les investisseurs japonais sont en train de se désengager dans nos dettes.
Est
-ce que là, il n
'y a
pas de danger non plus aussi ?
En fait, ce que vous dénoncez, c'est effectivement ce poids. Un, le poids des retraites. Et deux, la question, effectivement, de notre souveraineté, tout simplement, avec sa dette. Marc Fiorentino.
Alors, souveraineté avec la dette, il n
'y a
pas de sujet. Parce que, de toute façon, vous avez le prêteur en dernier recours, qui est la BCE. Et donc, la BCE interviendra.
Elle ne nous laissera pas
tomber ? Elle ne nous laissera pas. Elle n
'a
pas laissé tomber la Grèce. Elle a failli ne pas laisser tomber. Elle n
'a
pas eu besoin, mais elle devait intervenir en 2022, au moment où les taux italiens sont remontés. Elle demande des efforts en contrepartie. Évidemment, mais tant mieux. C'est-à-dire, c'est notre souhait.
Et sur cette part
des retraites,
est
-ce que ça va ? Est-ce que cet énorme poids des retraites va nous entraîner vers le fond, comme le dit Arthur ?
Alors, un, d'abord, bonne nouvelle, la transparence.
J'aime bien, c'est un
optimiste
du maître. Bonne nouvelle, ça va mal, mais bon.
Non, mais attendez, c'est quand même important. Non,
mais
c'est important de dire qu'on donne les chiffres. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous mettez toutes les données devant tout le monde en leur disant... Pour
la première
fois, il
y a
une transparence. Transparence
totale. Les gens n'avaient pas conscience, par exemple, que... Et ça, c'est important. Si on veut imprimer la nécessité d'une nouvelle réforme des retraites, eh bien, évidemment, il faut que les esprits soient préparés. Et si vous affichez les chiffres et que vous montrez, enfin, que le poste des retraites, dans la fonction publique, mais aussi dans le privé, est un poste monstrueux du budget de l'État et que les dépenses sociales sont le propre poste de dépenses de l'État, vous avez
déjà une prise de comptabilité. Vous n'allez pas
stopper le paiement des retraites. Donc, comment on fait pour réduire cette part
des retraites dans le
budget des ministères
?
Alors, c'est amusant. Imaginez qu'on a un paquebot, on est le France. On n'a pas besoin de faire un virage à 180 degrés. Il suffit de manœuvrer un tout petit peu et de rétablir la confiance.
Comment ? Donnez-moi un
exemple très
concret. Non, mais très,
très concret. Il faut faire une réforme des retraites. C'est-à-dire que la question ne
se
pose même pas. Ça, c'est le signal qu'attend les marchés. C'est le signal qu'attend nos partenaires. C'est le signal qu'attend la BCE. C'est le signal qu'attend le FMI. Si on ne fait pas de réforme de retraite, qui est la mère de toutes les réformes. Et cette réforme, elle n'a pas besoin d'être dramatique.
C'est révolutionnaire. Mais non. Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Il faut donner des signaux.
C
'est-à
-dire qu'il faut dire... Oui, moi je comprends bien,
mais c'est quoi le signal ?
Le signal précis, c'est de dire la capacité à travailler jusqu'à 67 ans avec des décotes avant. La durée de travail qui doit être un peu allongée, c'est des signaux.
Et on allège le poids.
Et on allège... Alors, on allège le poids sur la durée. C'est-à-dire que ce n
'est
pas grave que ça mette du temps. On est dans une situation qui n'est pas catastrophique. On a des ressources, mais au moins vous donnez un cap. Au moins vous montrez ce qu'on n'a pas montré depuis la dissolution et depuis le quoi qu'il en coûte, qu'il y a quelqu'un à la barre qui sait contrôler
ses dépenses. Je vous trouve très optimiste,
Marc Fiantino, et j'aimerais l'être avec vous. J'ai encore une question quand même. Est-ce qu'il se pourrait qu'à la faveur d'une mauvaise décision politique ou quoi que ce soit, dans les semaines qui viennent, soudain, les marchés ne nous prêtent
pas ?
Et
là, que ce soit
vraiment la chute.
Mais j'ai envie de dire, j'appelle presque de mes voeux, qui est encore une attaque sur la dette française, pour qu'on ait la BCE,
comme disait Emmanuel. Pour qu'on touche
vraiment le fond de la piscine et qu'on appuie sur les talons.
Et que la pression vienne de l'extérieur et que les politiques disent que de toute façon, ils n'auront pas besoin de faire preuve de courage politique. Ils diront qu'on n'a pas le choix.
Merci beaucoup, Marc Fiantino, d'avoir répondu à nos questions ce matin. Vous êtes spécialiste des marchés financiers. On vous retrouve samedi sur BFM Business dans l'émission C'est votre argent.