Pierre-Antoine Lévi : « Il y a des vocations parmi les enseignants, mais on les empêche »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Pourquoi on n'a pas su répondre avant à ces angoisses des lycéens ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Êtes-vous d'accord avec lui sur le fait que la colère devient politique ?
- 2:40RelanceRéponse directe
Est-ce que détourner le fond du sujet et pointer systématiquement la gauche est une manière de ne pas se mettre face à ses responsabilités ?
- 2:57RelanceRéponse directe
Le Premier ministre a-t-il traité des problématiques que les lycéens veulent exprimer ?
- 3:36RelanceRéponse directe
Estimez-vous que la colère des lycéens se résume à une question de maintien de l'ordre ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Vous avez donc longuement auditionné hier le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Jeffrey. Que vous a-t-il dit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Quatrième semaine de mobilisation pour les lycéens dont les représentants seront reçus aujourd'hui pour la troisième fois par Édouard Geffray. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a reconnu que la jeunesse exprime des angoisses légitimes. »
- 2:20InvitéChiffre
« Mille policiers blessés, moins de 300 enseignants. »
- 4:30InvitéChiffre
« Sur les 3 700 lycées de France, le ministre de l'Éducation nationale a indiqué que 160 lycées étaient toujours fermés. »
- 4:59InvitéChiffre
« 148 personnels d'Éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements. »
- 7:27InvitéChiffre
« Édouard Jeffrey a mobilisé 3 000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas d'affectation. »
- 7:33InvitéChiffre
« 920 postes d'enseignants contractuels sont en cours de recrutement. »
- 7:39InvitéChiffre
« Actuellement, il y a 49 lycées en situation critique du point de vue de ces non-remplacements, contre 114 la semaine dernière. »
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Pierre-Antoine Levi18 %
- Invité11 %
- Invité 27 %
- ?6 %
- Invité 33 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Pierre
-Antoine Lévy, vous êtes sénateur union centriste et indépendant du Tarn-et-Garonne et nouveau président de cette commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport ici au Sénat, quatrième semaine de mobilisation pour les lycéens dont les représentants seront reçus aujourd'hui pour la troisième fois par Édouard Geffray. Édouard Geffray, que vous avez longuement auditionné hier au Sénat, le ministre de l'Éducation nationale, le gouvernement qui fait face à la colère des lycéens et hier en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a reconnu que la jeunesse exprime des angoisses légitimes. Pourquoi on n'a pas su y répondre avant à ces angoisses
? Ça
fait un petit moment que la jeunesse aujourd'hui exprime des angoisses, des angoisses
sur
l'avenir. Aujourd'hui, quand on parle d'intelligence artificielle, on a des lycéens aujourd'hui qui se projettent dans 10 ans
sur
des métiers qui vont peut-être disparaître à cause de l'intelligence artificielle. Et ça, aujourd'hui, ça angoisse les gens. Vous avez également une angoisse avec le parcours sup
sur
l'orientation, la problématique de transparence, de mixité sociale. Donc, aujourd'hui, on a une colère qui s'exprime, alors, une colère et une violence qui s'expriment de cette jeunesse, raison pour laquelle j'ai voulu, avec la commission, auditionner le ministre,
qui
a répondu avec sincérité à toutes les questions. Il y en a eu de nombreuses, puisque c
'est
une audition qui a duré plus de deux heures.
Et
aujourd'hui, il est temps maintenant de bien entendre cette jeunesse. Et je crois que la plateforme qui a été mise en place, qui a été décréée au départ, qui aujourd'hui a recueilli plus de 100 000,
on
va dire, sollicitations, permettra peut-être de savoir exactement ce qu'attendent les lycéens aujourd'hui et répondre. C'est ça, la vérité qu'il faut aujourd'hui défendre, c'est répondre à la colère des lycéens et mettre en place des moyens.
Colère qui devient politique est un sujet, évidemment, pour l'exécutif, le chef de l'État hier, qui a également déploré que les angoisses de la jeunesse soient exploitées politiquement et transformées en violences urbaines avec des scènes inacceptables. Je le cite, message repris hier dans l'hémicycle du Sénat par le Premier ministre Sébastien Lecornu, en réponse à une question de la présidente du groupe écologiste Mélanie Vogel.
Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation. de la violence.
Deux
minutes, pas une seule condamnation de la violence. Mille policiers blessés, moins de 300 enseignants. Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ?
Où
est la gauche ?
Même
pas un mot pour condamner des tirs de mortiers sur des salles de classe.
– Vous
êtes d'accord avec lui
? – Oui, tout
à fait. – Est-ce que détourner, parce qu'on entend ça depuis le début du mouvement, détourner un peu le fond du sujet et pointer systématiquement la gauche, l'extrême gauche, la France insoumise, ce n
'est
pas un peu une manière pour le gouvernement de ne pas se mettre face à ses responsabilités
? –
Écoutez, je crois que ce qu'on a pu constater hier dans l'hémicycle du Sénat, c'est que la question qui a été posée, effectivement, la traité avec des violences policières, il n'a absolument pas traité des problématiques
que
les lycéens veulent exprimer. Le Premier ministre a répondu avec, on va dire, les franchises,
puisque
aujourd'hui, comme il l
'a
dit lui-même, il n
'a
pas d'agenda politique et donc il est un petit peu en roue libre dans ses réponses, et il l
'a
montré à plusieurs reprises. Mais je crois que les écologistes hier auraient dû aussi manifester de la solidarité envers les policiers qui ont été blessés, envers les enseignants qui ont été blessés, et envers les lycéens, il y a plus de 200 lycéens qui ont été blessés, quasiment 1000 policiers, plusieurs centaines d'enseignants, ça,
c
'est inacceptable. – Et
vous estimez qu'ils résument
ça à une question de maintien de l'ordre
? –
Le maintien de l'ordre, aujourd'hui, il
y a
une question de règle de proportionnalité. Je veux dire que vous avez le droit de manifester, vous n
'avez
pas le droit de bloquer, mais aussi, il faut que la violence ne s'exprime pas de cette manière. Parce qu'aujourd'hui, quand on voit des tirs de mortier faits par des jeunes, c'est quand même grammatique.
Vous
avez des étudiants, des lycéens qui veulent venir rentrer en cours parce qu'il
y
en a qui veulent venir bosser, il y
en a
qui veulent venir étudier, on les empêche de rentrer. Alors, il
y
a des violences policières, effectivement, et je crois qu'il
y a
des enquêtes de l'IGPN,
il
y en a 18 à ce jour.
Toute
la lumière sera faite sur ces violences et l'IGPN dira si elles sont disproportionnées. Mais j'aurais bien aimé aussi entendre le groupe écologiste condamner les violences de toute nature.
– Et vous avez donc longuement auditionné hier le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Jeffrey. Alex, on va voir ça avec vous. Devant les sénateurs, le ministre qui a d'abord fait le bilan des blocages des lycées et des violences.
– Sur les 3 700 lycées de France, le ministre de l'Éducation nationale a indiqué que 160 lycées étaient toujours fermés, soit parce qu'ils ont été partiellement détruits, soit pour cause de menaces de violence envers ces établissements et son personnel. Et d'ailleurs, Édouard Jeffrey est revenu sur le bilan des blessés du côté du personnel de l'Éducation nationale. On l'écoute.
–
Normalement, si vous voulez, ce que je vais dire là, et ce que j
'ai
déjà dit dans l'hémicycle, devrait collectivement déclencher une onde de choc
qui
n'a pas été déclenché depuis 10 jours, 148 personnels d'Éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements, la plupart
dans
le cadre d'actions délibérées.
J
'ai des proviseurs aujourd'hui qui ne peuvent plus habiter leur logement de fonction
parce
qu'avec leur famille, ils ont été menacés.
On
en est là quand même.
–
Pierre-Antoine Lévy, le ministre, estime qu'il n'y a pas eu d'onde de choc dans ce mouvement lycéen par rapport aux enseignants blessés. Est-ce qu'il y
a
une forme de banalisation de cette violence qui concerne l'éducation nationale, qui concerne les enseignants
? –
Écoutez, ça fait maintenant la quatrième semaine, je crois qu'on était au cinquième acte
de
ces manifestations lycéennes. On a tendance effectivement à banaliser la violence alors qu'aujourd'hui, elle s'exprime de toutes les manières.
Vous
avez parlé en début de journal de l'attaque du lycéen de 14 ans qui a tiré à Aubagne, qui a blessé une proviseur et une enseignante. C'est dramatique, puisque aujourd'hui, on ne peut rentrer en classe avec des armes. On peut tirer sur des enseignants. Et donc, cette violence, elle se banalise. Je vous dis, on parlait des tirs de mortier des lycéens, mais elle n
'est
pas suffisamment condamnée. On condamne effectivement
le
manque de réponses que le gouvernement
ne
veut pas exprimer, mais on ne condamne pas suffisamment ces violences. On ne peut pas répondre
à
des demandes par la violence, on ne
peut
pas répondre par le silence non plus, mais il faut que ça soit proportionné. Et aujourd'hui, moi, je condamne toutes ces formes de violences, je le dis de manière très
claire.
Je souhaite également que le gouvernement entende le mouvement des lycéens, apporte des réponses. Le ministre, hier,
a
commencé à ébaucher un certain plan de mesures qu'il va annoncer dans les jours à venir. J'espère que ces mesures seront de nature à rassurer les lycéens, parce qu'on ne peut pas laisser s'installer
cette
colère
qui
prend des proportions qui vont être difficiles à arrêter. Et on le voit aujourd'hui avec la manifestation de samedi.
Les lycéens vont se
joindre à ce grand mouvement national. Et donc, il faut maintenant mettre les moyens en face.
Il
y
a
quelques réponses qui ont été apportées. Elles sont, moi, n'évite pas suffisante.
On
en parlera sur les moyens, sur le bâtiment, sur…
On va y venir, puisque l'un des problèmes soulevés par le mouvement lycéen, Alex, c'est le non-remplacement des professeurs. Et là encore, le ministre a donné des chiffres.
Oui, si on regarde la dernière année scolaire, 2025-2026, 5,9% des heures d'enseignement n'ont pas été remplacées dans les lycées, contre 8,6% pour l'année précédente, 2024-2025. Donc,
il
y
a
une progression, même si cette situation n'est pas du tout satisfaisante. Alors, dans l'urgence de ce mouvement lycéen, Édouard Jeffrey a mobilisé 3 000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas d'affectation. 920 postes d'enseignants contractuels sont en cours de recrutement. Et actuellement, il y a 49 lycées en situation critique du point de vue de ces non-remplacements, contre 114 la semaine dernière. Pierre-Antoine Lévy, il vous a convaincu, le ministre, avec ses 3 000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas d'affectation, qui sont mobilisés comme ça, tout d'un coup, alors que ce problème des non-remplacements, il est assez vieux.
Ça ne date pas de ce ministre, les problèmes de non-remplacement. Moi, dans mon département, j'ai eu des cours entiers où il n
'y a
pas eu de professeur de français pendant toute l'année. C'est pas faute d'avoir sollicité. Vous avez dit, on a une amélioration,
on
va dire, en termes de pourcentage. Par contre, entre 2018 et 2025, on avait 490 000 journées longue durée, on va dire, de professeurs. C'est passé à 949 000 en 2025. Donc on a un nombre important
de
journées non-remplacées.
Ce
que je trouve inacceptable,
c
'est que quand on arrive en cours, le collégien ou le lycéen n'est pas de professeur face à lui.
Il
y
a
une perte de chance très importante. Et donc, l'annonce qu'a faite le ministre,
elle
arrive un peu tard, parce qu'aujourd'hui, 3 000, j'ai l'impression que c'était une réponse avec
un nombre donné. Mais surtout, vous la
comprenez, parce que comme vous le dites, ça fait longtemps que
les
élèves, que les parents, que les profs alertent sur ce manque de professeurs. Et là, on trouve 3 000 professeurs remplaçants d'un coup.
Vous comprenez que ça interpelle
quand même ?
Ça interpelle, bien sûr. Ça interpelle parce qu'on aurait dû le faire avant. Alors, il y a des disciplines où il est très difficile de trouver un professeur au pied levé pour remplacer un professeur absent.
Il
y a des disciplines où on peut trouver facilement un remplaçant.
Il
faut les mettre en place de manière rapide. Mais aujourd'hui, on va dire que la réponse est arrivée un peu tard. Et ce qui a encore plus attisé la colère des lycéens. Alors, moi, ce que j'attends de voir maintenant, c'est le déploiement de ces 3 000. On en
a
2 000 qui sont en cours. Il en reste un millier. Ça ne suffira pas. Ça ne suffira pas. Il faut absolument que dans tous les lycées de France, on ait des lycéens qui commencent les cours avec un professeur face à eux. Il y a 49 lycées
en
situation critique. Toujours en situation critique. Toujours en situation critique. Sur ces non-remplacements, alors le ministre évoque effectivement un nouveau logiciel qui va arriver, des problèmes de gestion des effectifs. Mais est-ce que, selon vous, c'est la cause suffisante ou est-ce qu'il y
a
aussi un problème de moyens ? C'est-à-dire qu'on n
'a
pas assez de professeurs pour pouvoir réagir et remplacer, notamment faire les remplacements de longue durée ?
C'est un petit peu le cas. On a également une question d'attractivité du métier, je pense aussi.
On
y avait répondu un petit peu par l'augmentation des salaires de base d'entrée pour les professeurs. Mais il y
a
une question d'attractivité du métier. Mais est
-ce que c
'est lié ? Est-ce que, par exemple, le système d'affectation aujourd'hui des profs contribue au manque d'attractivité du métier ? Quand vous commencez votre carrière, vous êtes envoyé souvent loin de chez vous pour une durée indéterminée. Est-ce que, globalement, il faut revoir ce système d'affectation des
professeurs ? Bien sûr.
J'ai un cas particulier dans mon département où j'ai un professeur des écoles qui était une vocation, qui a repassé le concours à 35 ans,
qui
est en Haute-Garonne et qui a voulu travailler pas loin de chez elle puisqu'elle a des enfants en bas âge. On l'a envoyée à une heure et demie de route de chez elle.
On
a essayé de négocier pour la ramener dans le département de Haute-Garonne.
On
n'y est pas arrivée. La personne a démissionné. Vous voyez, on a une question de vocation
et
après, une question de lourdeur administrative. Je veux dire, c'est une grande machine, l'éducation nationale. Il faut absolument revoir les mécanismes d'affectation des professeurs parce qu'on a des vocations, mais souvent, elles ne
s
'expriment pas
puisque
quand vous êtes à deux heures de chez vous, effectivement, quand vous n'y arrivez pas, vous abandonnez.
Alex-Édor Giffray est également revenu sur la plateforme Parcoursup, plateforme d'orientation des lycéens vers l'enseignement supérieur qui est très décriée par le mouvement.
Et le ministre a malgré tout plutôt défendu le bilan de cette plateforme d'orientation Parcoursup avec une baisse du taux d'échec en licence, un taux qui est actuellement de 50% contre 60% avant la création de Parcoursup. Et cette plateforme, elle réserve 150 000 places pour les boursiers dans des formations où ils n'auraient pas forcément été retenus. Alors, Parcoursup a été défendu par le ministre Édor Giffray, même s'il travaille au sein du gouvernement sur des améliorations de Parcoursup, notamment sur l'expérience utilisateur qui est très stressante pour les lycéens.
Et puis ensuite, Édouard Giffray s'est exprimé sur le débat autour de la sélection à l'entrée à l'université dû à un nombre de places limité dans certaines formations. Et selon lui, revenir sur cette sélection, ce n'est pas forcément la solution. Actuellement, il y
a
des gens qui vous disent tout le monde devrait pouvoir aller où il veut.
Très
bien.
On
pourrait créer 30 000 places à Sciences Po.
Bon, on
aura plein de gens qui feront les sciences politiques. On en a sûrement besoin, mais on a peut-être aussi besoin d'industriels, tout ça. Mais notre responsabilité aussi, c'est aussi de ne pas simplement reporter par confort
politique
ou intellectuel la frustration
au
niveau du bac plus 3 ou du bac plus 5 ou de l'insertion professionnelle ou de la carrière professionnelle.
Pierre
-Antoine Lévy, sur Parcoursup, est-ce qu'il faut réformer cette plateforme ou tout simplement la supprimer comme on l'entend, comme on le lit à des pancartes dans les manifestations
? Si
vous la supprimez, vous la remplacez par quoi
? Je
crois qu'aujourd'hui, c
'est
le nom de Parcoursup. Parcoursup,
vous
pourrez l'appeler n'importe comment.
C
'est ce nom de Parcoursup qui est aujourd'hui, on va dire, diabolisé. Donc, moi, je pense que l'outil
peut
être largement amélioré parce qu'il crée vraiment de l'incompréhension chez les lycéens, de la frustration, parce qu'il y
a
peut-être aussi une question de manque de transparence. Donc, je pense qu'il faut
que
le ministre retravaille dessus, le ministre de l'Éducation, le ministre de l'Enseignement supérieur également, en collaboration. Mais aujourd'hui, effectivement, il faut se reposer aussi la question de savoir
si
tous les étudiants qui ont le baccalauréat, 95% des lycéens qui
ont
le baccalauréat, sont prêts pour rentrer à l'université. C'est
ça, c'était ma question. Le problème, est-ce que
c'est Parcoursup
ou est-ce que c'est le niveau du bac aujourd'hui ?
Il y
a
peut-être aussi le niveau du bac. J'ai ma collègue Laurence Garnier qui a rendu un rapport, une mission, justement, sur ce sujet le 17 septembre. où une des questions, c'est de savoir si,
après
le bac, on ne peut pas passer une année, regarder si on est prêt pour une orientation
post
-universitaire ou si on peut rentrer directement à l'université. Vous avez dit, Alexandre, il
y
a un taux d'échec très important aujourd'hui. Plus de 50% d'échec. Peut-être parce que les lycéens ne sont pas prêts à rentrer à l'université. Donc,
il
faut
élever le niveau
du bac. Je pense qu'il faut regarder un peu comment on peut élever le niveau du bac aujourd'hui de manière à permettre aux étudiants qui arrivent en première année d'université ou d'école d'avoir le maximum de chances pour réussir. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Et
sur cette entrée à l'université, est-ce qu'il faut augmenter le nombre de places dans les formations d'enseignement supérieur pour assouplir un peu cette sélection ? Le ministre vous a répondu.
Sur Sciences Po, vous avez 30 000 demandes, je crois, pour quelques centaines de places. Donc, créer des places, il faut des professeurs face à ces places. Donc, je crois qu'on crée effectivement de la frustration parce que l'outil de Parcoursup n'est pas assez lisible puisque vous mettez plusieurs vœux. Et souvent, quand vous arrivez à la fin de l'analyse par l'algorithme qui est dedans, vous avez des lycéens qui n
'ont
aucune affectation alors qu'ils ont réussi le bac avec mention très bien,
qu
'ils ont fait 4, 5, 6 vœux qu'aucun de
ces
vœux n'est exaucé. Et là, on se retrouve dans une situation de stress terrible. Qu'est-ce que je vais faire demain
? Donc
ça, je pense qu'il faut l'améliorer même si aujourd'hui, je considère que Parcoursup
a
amené quelques réponses. Mais il faut, à mon avis, que le ministre donne, on va dire, un peu d'oxygène à ce dispositif qui aujourd'hui est totalement décrié et dans qui les lycéens n'ont absolument plus confiance.
On
va continuer à parler de ce sujet avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale.
On
va aller à Limoges. Bonjour Olivier Chaperon. Merci beaucoup d'être avec nous, rédacteur en chef du Populaire du Centre. Olivier, vous vouliez nous parler des moyens engagés par les régions pour les lycées
? Oui,
parce que ça fait partie des revendications des lycéens. Ces locaux qui sont pour certains un peu dépassés, qui ne répondent pas aux normes thermiques, évidemment. La région Nouvelle-Aquitaine a investi plus de 2 milliards d'euros depuis 2016, c
'est
au moment de la fusion. Aujourd'hui, Alain Rousset, son président, estime qu'il peut difficilement faire plus. C'est quoi la solution, monsieur le sénateur, pour accélérer la rénovation, faciliter l'accès des salles froides, fraîches, tout au moins pour les lycéens et même parfois dans les universités ? On voit qu'il n
'y a
plus de moyens, plus de budget pour ça. Comment les régions peuvent-elles porter toutes seules cette masse incroyable de budget et de financement
?
Aujourd'hui, effectivement, les régions ont la compétence des lycées. Beaucoup de régions ont investi des milliards d'euros.
On
l'a eu en Occitanie également. Vous avez eu des milliards d'euros qui ont été investis pour améliorer les conditions d'exercice et, on va dire,
la performance
thermique des bâtiments, mais ça ne suffit pas. Il faudrait des moyens encore plus importants. Et ce n
'est
pas, on va dire, les coupes budgétaires qui ont été présentées dans le projet de loi de finances 2027 qui vont rassurer les régions et qui vont les faire investir.
Parce qu'hier,
Emmanuel Macron demande au gouvernement d'apporter des réponses concrètes dans les semaines à venir sur cette question du bâtis scolaire. Mais qu
'est
-ce qu'on peut faire sur le court terme et comme vous le dites avec les contraintes budgétaires actuelles ?
Écoutez, moi je pense que
ce
que l'on peut apporter, c'est mettre en place un plan
d
'investissement massif pour aider les régions, donc aider les collectivités qui portent le bâtis scolaire pour améliorer les conditions d'exercice. C'est absolument inacceptable que vous ayez, avec les fortes chaleurs que nous avons eues, on a eu quand même trois mois de canicule, au mois de juin et même au mois de septembre à la rentrée, il faisait 35-36 degrés dans les salles de cours. Et l'hiver, il fait 12 degrés, voire 8 degrés. Donc si Emmanuel Macron l
'a
annoncé, il veut que le gouvernement apporte une réponse rapide, il faut mettre en place des moyens. Donc il faut un plan d'investissement et d'aide aux collectivités qui portent justement le bâtis scolaire de manière à apporter des réponses rapides. Mais ça, ça ne veut que.
On
ne peut pas dire d'un côté, il faut apporter des réponses et faire des coupes budgétaires aussi importantes
sur
le budget 2027. Parce que là, quand vous allez voir,
on
va travailler, le budget va nous arriver au Sénat, on va amender, mais ça va être un massacre
pour
les collectivités. 5,5 milliards de coupes.
Donc
avec des collectivités qui vont devoir faire des choix. Et peut-être que le choix qui va être fait,
c
'est peut-être de ne pas mettre
l'accent sur
la rénovation de ces bâtiments scolaires, des lycées
ou
des collèges pour les départements. Parce qu'on a également des problèmes, pas que sur les lycées, sur les collèges, sur les écoles qui pèsent sur l'ensemble des collectivités territoriales.
Olivier, vous aviez une autre question sur l'avenir de la jeunesse.
Oui, notamment sur le sentiment de résignation désabusée. On le voit à Limoges,
je
veux dire, comme en Limoges, il y
a
eu peu de débordements globalement. Par contre, on voit déjà que le mouvement s'essouffle.
Est
-ce que vous pensez que ces jeunes sont résignés, qu
'ils
ont l'impression qu'on ne les entend pas, qu'on ne les écoute pas et que finalement, il
y
a peu de chances que ça bouge ? Vous l'avez peut-être évoqué d'ailleurs avec le ministre lors de
l
'audition, c'est un sentiment partagé
?
Alors, même
si le mouvement s'essouffle, il faut continuer, je veux dire, à avancer. On est là dans un mouvement qui dure depuis un mois. On verra s'il se calme avec les vacances parce qu'il
y a
les vacances scolaires qui démarrent en fin de semaine. Compte tenu de l'ambiance pré-présidentielle, ils pourraient reprendre, attiser comme on l'a vu aussi par certains. Mais moi, je pense qu'il faut mettre les 15 jours à profit
pour
vraiment présenter un plan d'action massif et montrer que le gouvernement a entendu les lycéens. Ils peuvent paraître résignés. Il y
a
beaucoup de résilience chez les lycéens aujourd'hui. Il y
a
aussi une question d'inquiétude et de savoir comment ils vont rattraper pour certains les cours qu
'ils
n'ont pas eu.
Parce
que vous avez aussi beaucoup de cours qui n'ont pas pu être assurés. Comment ça va se passer ? On va avoir de la perte de chance pour les milieux les plus défavorisés. Donc, moi, je pense que les lycéens aujourd'hui vont continuer à s'exprimer mais il faut que la violence cesse maintenant de manière à
ce
que le dialogue puisse être beaucoup plus serein.
Parce
que quand il y a de la violence au milieu, la sérénité n'y est pas.
Une
dernière question, Olivier
?
Oui, peut-être sur l'avenir justement et la perspective qu'ils passent à l'université et qu'ils obtiennent le choix, le vœu qu'ils ont formulé. Et cet aspect de la précarité on voit dans les files d'attente quelles que soient les villes moyennes même en zone un peu plus reculée ou rurale, les croûts sont débordés avec ce repas à 1 euro. C'était une idée qui semble-t-il était plus que nécessaire mais comment est-ce qu'on peut aller plus loin pour rassurer ces jeunes qui pour certains sont obligés de travailler sur leur barre de cours ce qui pénalise les études.
Là, il y a aussi une vraie inquiétude de leur part sur cet avenir immédiat de la poursuite des études et leur capacité à manger tous les jours tout simplement.
Vous
savez, c'était l'idée que j'avais eue quand j'avais déposé la loi sur la restauration universitaire à tarif modéré. En 2021, j'avais porté... Parce que vous avez des étudiants
qui
ont accès à un repas à 1 euro et vous avez des étudiants qui aujourd'hui sont à plus de 20 minutes d'une université par exemple
et
qui n'ont pas accès. Donc, j'avais fait mettre en place à l'époque sur l'idée du ticket restauré étudiant une aide.
Donc,
il y
a
une carte qui est fournie par les CRUS qui permet aux étudiants d'avoir une aide financière pour manger. On a également, je l'ai dit en début d'émission, l'inquiétude des lycéens de se projeter à 10 ans.
Ils
cherchent un métier qui peut-être dans 10 ans va disparaître avec l'intelligence, le développement de l'intelligence artificielle. Donc, il
y a
une question d'orientation, une question de métier effectivement sur lequel on doit accompagner les futurs étudiants mais je ne peux pas nier qu'il
y a
une inquiétude. Ça va tellement vite aujourd'hui, l'intelligence artificielle qu'il y a des dizaines de métiers qui vont disparaître. Et ça, je pense que ça crée une angoisse supplémentaire pour les lycéens qu'ils expriment aujourd'hui par
leurs
manifestations.
Merci Olivier Chaperon, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
On
regarde la une du populaire du centre, le paysage marqué par le soleil. Très belle photo mais pour parler d'un sujet inquiétant, les stigmates de l'été sec et chaud notamment sur l'agriculture. Merci beaucoup Olivier Chaperon. Dernière question là-dessus, Pierre-Antoine Lévy, comment vous voyez l'avenir du mouvement ? Il y
a
une journée de mobilisation qui s'annonce samedi mais qui vient bien au-delà du mouvement lycéen. Est-ce que vous sentez, vous, dans votre département, monter cette colère et monter notamment la colère de cette France rurale
? Oui,
alors moi, je suis dans un département extrêmement rural, extrêmement agricole. C'est à
l
'Utarn-des-Garonnes, c'est un petit peu le verger de la France. Donc avec les épisodes de canicule que nous avons connus cet été, il
y
a une détresse agricole qui va s'exprimer certainement samedi puisque vous avez une manifestation dans laquelle certaines organisations syndicales et agricoles vont participer. Je pense que ça va être la journée de toutes les colères. Les lycéens vont certainement se joindre mais cette journée, elle a été décidée bien avant le début du mouvement des lycées. Donc, il y
a
une question du prix du carburant, du prix de
l
'énergie. Donc, moi, je pense que cette journée va être importante, il faut y faire attention
et
encore une fois, j'espère que le gouvernement saura être attentif aux différentes revendications qui vont être exprimées samedi et dans les jours qui viennent.
On va regarder 3-1 de la presse régionale pour terminer.
D
'abord, la 1 du progrès à Le Pen-Mélenchon vers le duel annoncé.
C
'est notre sondage à 200 jours de la présidentielle qui donne cette configuration pour le second tour. Midi libre, le thermalisme social, c'est fini. Sujet d'inquiétude, là aussi, dans nos territoires,
l
'inquiétude des directeurs de termes, alors que le budget de la Sécu envisage de transférer les remboursements des cures aux complémentaires santé. C'est une autre une du Midi libre, mais ça,
c
'est les agriculteurs également et l'INRAE notamment qui propose des solutions innovantes pour aider nos agriculteurs.
Mais
je voulais vous parler de cette question des termes parce que je sais que ça inquiète dans beaucoup de départements. La dernière une, c'est celle de West France. Le soutien américain faiblit, l'Ukraine peine à se défendre, livraison d'armes qui tardent, décrue des renseignements de l'armée américaine, bridage du réseau Starlink d'Elon Musk. L'Ukraine peine de plus en plus à contrer les missiles russes. De quelle une avez-vous envie de nous parler
? La
première, tiens. Sur le duel
Le Pen
-Mélenchon
? Et
puis on va en parler. C'est quelque chose, quoi ?
Quelque chose qui
m'inquiète. Qui
vous paraît inéluctable
?
Non, il ne me paraît pas inéluctable. Vous savez, ça fait plusieurs élections présidentielles où quelques mois avant, on avait déjà un candidat qui était gagnant. Et on a vu que le résultat n'était pas finalement celui que les sondages avaient annoncé.
Je
considère que ce n'est pas inéluctable, être conscient que si on ne fait rien, si les forces politiques social-démocrates ne se rassemblent pas, vous aurez un duel Le Pen-Mélenchon.
Ce
qui serait dramatique parce qu'encore une fois, on va avoir un choix par défaut
et
pas un choix pour quelqu'un. On va voter encore contre quelqu'un pour éviter de voter pour quelqu'un. Donc moi, je suis très inquiet, oui, parce que je vois Jean
-Luc Mélenchon monter. Mais vous êtes inquiet sur
ce bloc central incapable de se finir ?
Pour
l'instant, ce que j
'observe,
c
'est
qu'il
y a
beaucoup de candidats.
Bon,
à mon avis, à la fin de l'année, il y aura certains candidats peut-être qui vont commencer à se rassembler. Mais aujourd'hui, s'il n
'y
a pas un rassemblement,
on
va dire, du bloc central ou en tout cas de certaines forces politiques, on aura un duel Le Pen-Mélenchon.
Vous soutenez qui
? Je
soutiens, je soutiens, on va dire, deux candidats Bruno Retailleau, David Ziznard également.
Déjà, vous
soutenez deux candidats ?
Je soutiens deux candidats. Ça n'est pas un
rassemblement,
ça. Tout en étant attentif à d'autres candidats. Mais effectivement, moi, je fais partie d'une majorité sénatoriale
et
je considère que ces deux candidats aujourd'hui portent des projets de rupture qui sont intéressants. Merci beaucoup.
Public
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Pierre-Antoine Levi