Edwige Diaz : " Il appartient au RN de présenter aux français un discours de vérité " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Pourquoi le RN présente-t-il ce contre-budget aujourd'hui ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Ça ne vous effraie pas, si vous deviez être au pouvoir, cette situation que vous décrivez ?
- 2:25RelanceRéponse partielle
Le chiffre de 125 milliards sur 5 ans est-il suffisant pour résorber la dette et le déficit ?
- 4:29RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il y a moins de contribution ou plus de contribution de la France à l'UE ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment faire pour sortir de la crise éducative avec des lycées en ébullition ?
- 9:25RelanceRéponse directe
Si vous arrivez au pouvoir, augmenterez-vous le budget de l'éducation et le nombre de professeurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04Invité politiqueChiffre
« 83% des Français estiment que le bilan économique d'Emmanuel Macron est mauvais. »
- 8:24Invité politiqueFait
« Les macronistes ont décidé de ne pas augmenter de manière significative le budget de l'éducation nationale. »
- 10:02Invité politiqueFait
« Nos enseignants ne font pas partie des mieux payés de l'Union européenne. »
- 12:20Invité politiqueFait
« Nous sommes très attachés au principe du casseur-payeur. »
Temps de parole
- Edwige Diaz78 %
- Présentateur13 %
- Invité6 %
- ?3 %
≈ 11,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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125 milliards d'euros, c'est le montant annoncé du contre-budget du RN, présenté aujourd'hui par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et pour en parler, nous recevons Edwige Diaz. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Sénatrice RN de la Gironde, nouvellement élue. Et vous avez pris la présidence du nouveau groupe RN-IDR au Sénat que vous avez choisi d'appeler… Union Nationale pour les Téléments. Voilà, on va en parler. Une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vessé-Redon. Bonjour Fabrice. Bonjour Auriane, bonjour Edith Fabrice. Fabrice du groupe EBRAS, ce sont tous les journaux régionaux de la façade Est de la France.
On va commencer par ce contre-budget, puisque c'est aujourd'hui que le RN le présente. Il y avait besoin, pour votre parti, de se crédibiliser sur la question économique
?
Non, parce que je crois aujourd'hui que le RN est réellement perçu comme le parti étant en mesure de présenter la meilleure politique économique possible. Et d'ailleurs, ça a été attesté par un sondage récemment. Et puis surtout, aujourd'hui, 83% des Français estiment que le bilan économique d'Emmanuel Macron est mauvais. Et ils ont raison de penser ça, puisqu'on voit que la dette est toujours sous-estimée, qu'on voit que la croissance, quant à elle, est toujours surestimée par les macronistes, qui en définitive nous laisse un véritable fardeau budgétaire. Et donc, il nous appartient de présenter aux Français un discours de vérité.
Et donc, nous allons indiquer tout à l'heure, avec Marine Le Pen, Jordan Bardella et Jean-Philippe Tanguy, quelle sera notre trajectoire budgétaire pour redresser les finances publiques de la France.
Ça ne vous effraie pas, si vous deviez être au pouvoir, cette situation que vous décrivez ?
Écoutez, nous sommes prêts psychologiquement, intellectuellement. Ça fait plusieurs années que nous travaillons. Nous avons, du coup, des spécialistes des finances. Je pense bien évidemment à Jean-Philippe Tanguy, mais à beaucoup d'autres de mes collègues. Et puis, je vais vous dire sincèrement, on ne peut plus laisser la France entre les mains de ceux qui l'ont conduite à ce niveau d'endettement-là. Et on peut encore moins la laisser entre les mains de la gauche, dont on connaît le programme économique absolument effrayant.
L'immense majorité des chefs d'entreprise redoutent l'accession au pouvoir de Jean-Luc Mélenchon, parce qu'ils savent qu'à ces conditions-là, ils mettront très clairement la clé sous la porte.
Alors, vous le dites, la situation financière budgétaire du pays est compliquée. Il y
a
un chiffre, quand même, qui est sorti de votre contre-budget. C'est ce chiffre de 125 milliards sur 5 ans. Pour qu'on comprenne bien, c'est deux fois moins que ce que propose Sébastien Lecornu, et qui est sur 54 milliards en une année. Est-ce que c
'est suffisant pour réserver leur dette et le déficit ? En tout cas, c'est notre objectif.
Et
d'ailleurs, Marine Le Pen s'est exprimée très clairement dans une tribune à l'Opinion, c'était le 2 octobre dernier, où elle a indiqué notre règle d'or budgétaire, que nous allons la soumettre par référendum aux Français. Et le but, c'est de ramener la dette à 60% du PIB. Donc, c'est un discours de vérité,
de clarté et de
nécessité. Exactement, on est à 120%.
En 5
ans,
vous pourrez la ramener à
60
% ? En tout cas, c'est l'objectif. Et nous, nous le disons depuis un certain nombre d'années, il y a des mauvaises dépenses, de la dépense publique, qui n'est pas souhaitée par les Français. Je pense par exemple à la contribution de la France au budget de l'Union européenne, qui va quand même dépasser les 30 milliards d'euros l'année prochaine. Et je précise pour nos téléspectateurs, les 30 milliards d'euros que nous donnons chaque année à l'Union européenne. L'Union européenne ne nous en reverse qu'une partie, de plus en plus petite, chaque année. Et surtout, elle nous impose la manière dont nous devons dépenser ces fonds. Mais
qu'elle reverse notamment nos agriculteurs, par exemple, que vous
défendez. C'est-à-dire, vous allez dire à nos agriculteurs, vous essayez sur les aides de
la PAC ? Non, parce que regardez, ce que je viens de vous dire, c'est que nous donnons 30 milliards d'euros, nous en récupérons à peu près la moitié. Et en plus, nous avons des règles strictes pour la manière dont nous devons dépenser cet argent. Ça veut dire qu'au passage, nous perdons plus de 10 milliards d'euros. Donc, avec nous, les agriculteurs continueront d'avoir des soutiens, des soutiens financiers. Mais surtout, avec nous, les agriculteurs, leur voix sera portée. Parce que, vous le savez, nous sommes contre, par exemple, la multiplication des traités de libre-échange qui pénalisent nos agriculteurs parce qu'ils les mettent en situation de concurrence internationale déloyale.
Et nous cesserons d'appliquer les surnormes qui, là aussi, pénalisent la compétitivité de nos agriculteurs.
–
Mais est-ce que ça veut dire s'il n'y
a
plus de contribution ? Il n
'y
a plus de contribution ou il y a moins de
contribution de la France à l'Union Européenne
? – Non,
il y a moins de contribution, absolument.
– Mais il y a quand même une contribution
de la France. – Oui, oui, parce
que nous ne souhaitons pas sortir de l'Union Européenne, nous disons simplement…
– C'est ma
question, parce que là, s'il n
'y
a moins de contribution, si on ne transpose plus les règles de l'Union Européenne, c
'est
quoi ? C'est un fréquilibre
déguisé
un peu ? – Non, ça c'est ce que nos opposants politiques nous disent. Mais nous, nous voulons baisser de 6 milliards d'euros notre contribution nette au budget de l'Union Européenne. C'est-à
-dire,
nous continuons de contribuer, mais dans une moindre mesure. Moi, je me souviens, vous savez, j'arrive de l'Assemblée Nationale, j'ai été membre de la Commission des Finances, et je me souviens que Mme de Montchalin nous expliquait que c'était impossible d'aller négocier avec Bruxelles une diminution de notre rapport financier. Et puis là, on se rend compte que finalement, c'est possible.
C
'est souvent comme ça avec le Rassemblement National, on dit des choses, on nous dit que ce n
'est
pas possible, et finalement,
ils
appliquent nos mesures. Tant mieux qu'ils appliquent nos mesures, mais je pense que pour que nos mesures soient véritablement appliquées, il faut une politique du RN, et en tout cas, c'est celle qui est vraiment attendue par les Français.
– Je reviens à ce que vous avez dit, la règle d'or budgétaire, référendum qui sera fait par Marine Le Pen si elle arrive au pouvoir. C'est quand même un changement de pied du Rassemblement National, parce que vous n'étiez pas pour la règle d'or budgétaire il
y a encore quelques temps. – Alors, ce n'est pas tout à
fait la même règle d'or que celle imposée par les traités de Bruxelles. C'est une autre règle d'or, voilà. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est aussi une question de souveraineté, parce que là, aujourd'hui, notre dette est détenue par des capitaux étrangers. Donc, ça veut dire que nous ne sommes plus maîtres chez nous en matière de dette, en matière de créanciers. C'est la raison pour laquelle, en fait, si nous reprenons les commandes de notre politique budgétaire, eh bien, finalement, nous dépendons moins de l'international et nous dépendons moins des capitaux étrangers. Et puis,
c
'est aussi une question de crédibilité de la France, parce que quel pays ou quelle entreprise voudrait venir investir chez nous, si jamais ils se rendent compte, eh bien, qu'en France, on n'a pas une situation économique pérenne. Et donc, voilà, en fait, tout ça, c'est un enjeu de souveraineté avant tout. Et donc, c'est pour ça que nous allons demander aux Français, est-ce que, oui ou non, vous souhaitez que l'on reprenne les commandes de notre politique
budgétaire ?
– C'est trop d'Europe, aujourd'hui, pour vous. Alors, vous n'évoquez pas la sortie de l'Union européenne, mais c'est trop d'Europe. En même temps, certains Anglais, beaucoup d'Anglais, se reposent la question de revenir.
–
Ce n
'est
pas que c'est trop d'Europe, c'est
que
c'est trop de mauvaise Europe, en définitive. C'est trop de Mme von der Leyen, c'est trop de Commission européenne, c'est trop la voix de la France qui est assombrie, qui est méprisée. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron a échoué dans tous les domaines, donc, en fait, a perdu de son poids politique. Et nous, nous souhaitons, avec Marine Le Pen et nos alliés partout en Europe, eh bien, recréer cette Europe des nations, et précisément des nations souveraines. C'est ce que nous nous empoignons à faire au Parlement européen, avec nos nombreux députés européens qui sont présidés dans le groupe et présidés par Jordan Bardella.
Et figurez-vous que notre voix est entendue au sein de l'Union européenne, aujourd'hui, et même, j'ai envie de vous dire, l'élection de Marine Le Pen est attendue en Europe.
Mais l'Europe des nations, ça veut dire qu'on est tous ensemble, mais chacun chez soi, chacun avec ses règles
? Non,
ça veut dire que nous sommes très respectueux de la souveraineté des uns et des autres.
C
'est-à-dire que nous...
Il n'y a plus de règles communes européennes.
Il peut y avoir des règles, mais dès lors qu'elles n'empiètent pas de manière excessive sur la souveraineté des pays. Donc nous,
nous
sommes pour l'Europe des coopérations, de la construction, mais dans le respect des souverainetés des pays, en fait.
–
Fabrice.
– On
parle des manifestations en ambray, sur cette actualité chaude, avec une journée qui s'annonce chargée du côté des lycées. Pour revenir une seconde sur ce qui s'est passé ces derniers jours, comment on fait pour en sortir
?
Là, il y a de la casse, et comment on fait pour s'en sortir ? Surtout quand il n'y
a
pas de texte à retirer et qu
'il
n
'y
a plus un sou dans les caisses.
– Bon déjà, si on en est là, ce n
'est
pas le résultat d'une fatalité. C'est parce que les macronistes ont décidé de ne pas augmenter de manière significative le budget de l'éducation nationale. Et on en est là aussi parce que l'année dernière, les socialistes ont refusé de censurer le gouvernement qui prévoyait dans son projet de loi la suppression de 4 000 postes d'enseignants. Donc là, aujourd'hui, si on se retrouve avec
des classes surchargées…
–
Vous
pensez
que tout parle là ? – Non, mais
je dis que ça n'est pas incohérent de le souligner. La question de l'absence, du non-remplacement des professeurs absents, c'est une question qui est présente depuis un certain nombre d'années. Moi, quand j'étais députée, j'ai interpellé un nombre incalculable de fois les différents ministres de l'éducation nationale et les rectorats, en fait, pour dire, attention, il
y
a les parents qui nous alertent sur le non-remplacement des professeurs absents. Donc je ne jette pas du tout la pierre aux professeurs qui ont le droit d'être absents. Par contre, l'éducation nationale n'a pas joué son rôle en matière de remplacement de ces enseignants. Donc la colère, elle
est légitime. – Mais ça veut dire que qu'est-ce que vous
ferez ?
– Et
si vous arrivez au pouvoir,
c
'est quoi ? Augmentation du budget de l'éducation, alors qu'il augmente déjà. Et c'est quoi ? Augmentation du nombre de professeurs
malgré une démographie scolaire en baisse ? – Oui, mais en fait, justement, la baisse de la démographie ne doit pas servir de justification au non-remplacement des professeurs. Au contraire, malheureusement, moi je voudrais qu'il y ait plus de natalité en France, mais s'il y a une baisse de la démographie, et bien autant que les classes soient moins surchargées, que les enseignants puissent mieux s'occuper des élèves. Je le dis, un recrutement des enseignants, aussi une revalorisation de leur salaire, parce qu'il faut savoir que nos enseignants ne font pas partie des mieux payés de l'Union européenne.
Et donc en fait, il faut réparer cette crise des vocations et puis surtout, il faut rétablir l'ordre et dire aux enseignants « Nous allons vous soutenir
».
Vous savez, il y a quelques années,
il
y
a
eu la politique « Pas de vague ». C'est-à
-dire
que les enseignants commençaient à subir cet ensauvagement de la société qui est aussi présent en classe et malheureusement, ils n'étaient pas soutenus par la hiérarchie. Donc en fait,
il faut changer le paradigme. Mais le « Pas de vague », c'est encore le
cas ? Ça n
'a
pas changé le « Pas de vague » ?
Eh bien, écoutez-moi, j'ai un certain nombre de témoignages d'enseignants qui votent, entre parenthèses, de plus en plus pour le Rassemblement national et je m'en réjouis, et qui nous disent « Vous savez, on n'est pas tellement soutenus par la hiérarchie. Des fois, on nous dit de ne
pas
trop en parler. Donc oui, c'est encore un problème. Mais moi, je veux le dire, avec nous, les enseignants seront littéralement soutenus.
Qu'est
-ce
que vous attendez des enseignants
?
Le fonctionnement tel qu'il est aujourd'hui des enseignants dans ce pays, il vous convient au Rassemblement national
? Moi, je
pense, oui, que les enseignants font leur travail avec beaucoup d'implications, beaucoup de dévouement dans un contexte qui n'est pas facile, des locaux dégradés, une violence qui augmente, des salaires insuffisants.
Mais qu'est-ce que vous voulez leur demander ? C'est ça,
ma question.
Je vais leur
dire de tenir bon. Je vais leur demander de tenir bon qu'avec Marine Le Pen, nous arrivons, que nous mettons l'enfance et l'enseignement au cœur de nos préoccupations et qu'avec nous, ils seront soutenus. Et pour revenir, du coup, sur la contestation, malheureusement, elle n'a épargné aucun département en France. Moi, je voudrais parler de mon département, la Gironde. Mais oui,
vous
voyez, même dans des lycées réputés tranquilles ou dans des secteurs réputés tranquilles, par exemple, le lycée Max Linder à Libourne, eh bien, c'est le proviseur qui, lui-même, a dû aller éteindre une poubelle en feu au lycée Cousteau à Saint-André-de-Cubzac. C'est une salle qui a été incendiée. Et bien sûr, il y a eu d'autres lycées à Bordeaux, comme le lycée François
-Bordel. Mais vous
la soutenez ou pas, cette mobilisation ?
Alors, nous soutenons les revendications, mais pas la bordélisation, ni l'accaparement, ni la récupération politique de la France insoumise qui vise à conflictualiser et à brutaliser toutes les revendications. Donc, qui va payer ? Eh bien, moi, j'estime que bloquer, casser, brûler, ça n'est pas une solution. Et donc, ça n'est pas aux contribuables de payer. Il faut que les délinquants soient identifiés. Et s'ils sont mineurs, eh bien, c'est aux parents de payer. Parce que là, vous voyez, nous, au Rassemblement National, nous sommes très attachés au principe du casseur-payeur.
Et d'ailleurs, nous avions déposé une proposition de loi en la matière qui a été rejetée par l'ensemble des groupes à l'Assemblée Nationale, quand j'y étais.
Mais il y a un projet, toi, ça prend partie des premiers que vous allez examiner. Mais est-ce que vous
allez le voter
? Je
vous dis, nous, le principe du casseur-payeur, nous y sommes attrachés. Ce que je vois, là, aujourd'hui, c'est que c'est le principe du bosseur-payeur, c'est
-à
-dire les Français, les contribuables qui vont devoir payer deux fois en définitive. Juste,
pardon, sur le texte, parce que le
27 octobre, vous allez devoir vous prononcer sur ce texte.
Tant mieux, mais oui, mais
je ne l
'ai
pas encore lu. Mais si le titre, si le contenu du texte est conforme au titre que vous évoquez, bien entendu, que nous pourrons voter tout ce qui vise à appliquer le principe du casseur-payeur. Par contre, si ce texte vise à créer une taxe, comme ils ont voulu le faire pour les émeutes en 2023, c'est-à-dire faire en sorte que ce soit les contribuables, les assurés qui payent une prime d'assurance pour compenser ces dégradations, eh bien là, nous y serons défavorables. Mais vraiment, vous voyez, c'est une perte de temps. Nous nous l'avons proposée, cette loi,
en
fait, de permettre à l'État d'aller sanctionner les parents d'enfants qui se comportent mal. Et c'était en 2023. Donc, vous voyez, on a perdu trois ans. Et c'est bien dommage. Donc, en fait, cette loi qui arrive dans la précipitation, eh bien, j'espère qu'elle apportera des solutions. Mais je doute, parce que, désolée de le dire, mais je n
'ai
plus du tout confiance en
ma connaissance. Mais
quand vous entendez, par exemple, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, LR, qui dit, moi, je ne donnerai plus de subventions aux lycéens qui ont commis des dégradations. Ça, ce sont des mesures que vous
soutenez
? Mais oui, tant mieux. Je veux dire, en fait, tout ce qui va dans le bon sens, c'est-à-dire dans le principe de la responsabilisation des délinquants et de la sanction des délinquants, ça me va, vous voyez,
moi,
je suis élue au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, on recense 25 lycées qui ont été dégradés pour
environ
1 million d'euros.
Pour
environ 1 million d'euros.
Parfait, j'allais prendre cet exemple précis. Et vous n'êtes pas la région la plus touchée. Certaines, on parle de 20 millions d'euros. C'est considérable. C'est considérable.
Vous
divisez par le nombre de
personnes
qui peuvent passer en justice, traduitant, conseil de discipline, etc. Et souvent, ce ne sont pas que des élèves, d'ailleurs, vous le savez. Est-ce que c'est réaliste
?
Dire, j'ai 20 millions d'euros à répartir sur peut-être 10 personnes.
Est-ce que c'est réaliste
? Oui, c'est réaliste. Parce que, vous voyez, la sanction doit être dissuasive. Et moi, je n'ai aucun état d'âme. Si des personnes cassent délibérément du matériel public, empêchent les élèves d'aller étudier, terrorisent les professeurs, eh bien, oui. Si leurs parents doivent payer pendant des années, s'ils doivent faire l'objet d'une expulsion de leur logement social, par exemple, si les élèves, une fois qu'ils seront en travail, doivent payer toute leur vie, eh
bien,
écoutez, ça me va. Au moins, ça leur servira de leçon. Et je pense que le laxisme dont bénéficient les délinquants dans notre pays fait partie des causes qui contribuent à la galvanisation de ces délinquants qui se croient tout permis. Enfin, je veux dire, on ne peut plus avoir une manifestation aujourd'hui, on ne
peut
plus avoir de revendications qui ne découlent pas sur de la violence. On l'a vu avec les gilets jaunes, on l'a vu avec la réforme des retraites, on le voit avec les manifestations sur le Covid, on le voit maintenant avec les lycéens. Et
puis,
on le voit aussi d'une manière générale, on ne peut pas fêter un 14 juillet, un 31 décembre, une victoire, une défaite en foot sans qu'il
y
ait le bazar dans le pays. Et là, je le dis clairement, les macronistes ont une responsabilité dans cette situation de chaos et nous, nous y mettrons fin.
– Donc, vous soutenez les revendications, mais vous ne serez pas dans la rue, les élus RN ne seront pas dans la rue aujourd'hui.
–
En fait, nous, nous allons faire des propositions et nous disons aux gens, tenez bon, la présidentielle, ça arrive, vous ne trompez pas de bulletin de vote.
–
Fabrice, on va parler de votre arrivée, votre groupe au Sénat.
– Bah oui, alors moi, il
y a
une question que je me pose.
C
'est qu'est-ce qui fait qu'à 36 ans,
je
peux dire votre âge,
mais
je crois qu'il a été disparu.
– 38, 38. –
Pardon, excusez-moi, mais mais dans ce sens-là.
–
Qui fait qu'on choisit le Sénat plutôt que l'Assemblée nationale, où vous étiez plutôt bien d'ailleurs.
– Oui, moi, j'ai apprécié mes 4 années de mandat à l'Assemblée nationale. J'ai en plus eu le privilège d'être la seule députée réélue dès le premier tour de toute la région Nouvelle-Aquitaine en 2024. Mais à un moment donné, il faut prendre ses responsabilités, c'est-à-dire en allant au Sénat, je laisse le siège de la 11e circonscription de la Gironde à Christine Juma, ma suppléante qui est une dame remarquable. Et nous, il fallait que nous obtenions ce groupe au Sénat. Et donc, j'en ai discuté avec Marine Le Pen, Jordan Bardella, avec ma fédération de Gironde, notre déléguée départementale, Jimmy Bourlieu, et nous avons estimé…
– Ils vous ont incité
à y aller ? Ils ont
contribué ?
– On en a discuté ensemble, oui, mais disons que j'étais la parlementaire la plus expérimentée RN du département. J'étais membre de la délégation aux collectivités territoriales de l'Assemblée. J'ai été deux fois conseillère municipale. Donc, on m'a dit, allez Edwige, il faut que tu ailles gagner ce siège qui n'était pas gagné, puisque j'étais… C'était aussi ma troisième candidature pour les élections sénatoriales, 2014, 2020, 2026. Et en 2020, je dis très modestement, nous avions recueilli 79 voix. Là, nous faisons fois 9, puisque nous obtenons 709 voix. Et donc, la marche était très haute. Le pari n'était pas gagné d'avance.
Mais nous avons fait campagne, grâce à mes colistiers, grâce aux élus locaux courageux qui ont manifesté leur envie d'alternance.
– Un groupe de 15 membres, est-ce que quelque part… Alors, vous avez élu 12 sénateurs RN plus vos deux alliés UDR, et vous avez réussi à rallier une ancienne sénatrice à
l
'air. Est-ce que là, il n'y
a
pas quand même une forme d'échec ? C'est-à-dire, vous espériez rallier des LR, des centristes, bon, une personne
?
– Alors, juste, si vous pouvez reprendre les papiers de tous les journalistes il y a quelques semaines, notre objectif, c'était de constituer le groupe. Voilà. Et nous avons réussi à le faire grâce notamment à des départements comme la Gironde, qu'on n'attendait pas spécialement en arriver au Sénat. Donc déjà, c'est une immense victoire… – La scène maritime qu'on attendait encore moins. – Oui, absolument. Et j'en profite pour adresser un salut à mes collègues du groupe Union Nationale pour les Territoires.
Donc voilà, nous, déjà, c'est une première victoire réussir à constituer un groupe au Sénat, cerise sur le gâteau, nous allons intégrer le bureau du Sénat puisque nous aurons ou un secrétaire ou peut-être même un vice-président de manière tournante.
Et
donc ça, ça contribue bien sûr à l'institutionnalisation du Rassemblement National et nous réparons quelque part cette asymétrie puisque nous avons quand même 11 millions d'électeurs dans le pays et nous n'avions que 3 sénateurs.
– Fabrice,
on
termine en parlant de Jordan Vardella.
–
Oui, je ne
vais
pas refaire l'historique de la polémique ces derniers jours, mais est-ce que vous comprenez les mois que jette chez les Français les propos antisémites qui lui sont prêtés
? –
Alors, Jordan Vardella a contesté ses propos antisémites. Moi, je lui accorde tout mon soutien et d'ailleurs tout
le Rassemblement National
comme Marine Le Pen, comme tous les cadres du Rassemblement National, mais aussi dans la population parce que moi, je le vois sur les réseaux sociaux ou les textos que j'ai reçus, les gens ne sont pas dupes de ces tentatives de manipulation qui arrivent de surcroît de
le parler d'autres posants du
Rassemblement National qui s'appelle Mediapart.
–
D'accord, mais
est-ce que quand même, il y
a
une question, est-ce que là, on se dit, bon, finalement, la dédiabolisation RN, c'est une façade ? – Mais ça,
c'est ce dont rêvent nos opposants politiques parce que vous vous rendez bien compte, il
faut
se mettre un instant dans leur tête. Nous avons les deux personnalités politiques préférées des Français, Marine Le Pen et Jordan Bardella qui ont un mouvement politique qui est lui aussi le mouvement préféré des Français et nous sommes tous en ordre de bataille pour remporter l'élection présidentielle et d'ailleurs, tous les sondages nous donnent gagnants pour cette élection présidentielle. Petite parenthèse,
ça
ne
veut
pas dire que nous n'allons pas travailler et que nous nous reposons sur nos lauriers. Donc, en fait, on sait très bien que le système panique,
que
nos opposants paniquent et qu'eux, eh bien, ils essayent de faire feu de tout bois
parce que nous, on parle de ça. – Là, il y a un article
avec des faits. Alors, Jordan Bardella contexte,
vous l'avez dit. – Évidemment,
voilà. – D'accord, mais bon, les journalistes maintiennent leurs informations. Ça interroge quand même. Est-ce que vous pouvez dire qu
'il
n
'y
a plus d'antisémitisme aujourd'hui au Rassemblement
national ? – Il n'y a pas d
'antisémitisme au Rassemblement national. La justice tranchera puisque Jordan Bardella a réfuté toutes ces accusations qu'il a qualifiées de manches songères et je vous confirme que je lui adresse tout mon soutien. Puis, je vais vous dire, les personnes qui savent le mieux ce que nous pensons de nos compatriotes de confession juive, eh bien, ce sont nos compatriotes de confession juive eux-mêmes qui, eux, estiment que le vrai danger en France, c'est la France insoumise. Et ils savent que nous, nous sommes un véritable bouclier, un véritable grand pas contre l'antisémitisme. Moi, je suis membre du groupe d'amitié France-Israël.
Je participe chaque année à la journée en hommage au Juste de France et je peux vous dire que nous sommes très bien reçus et tant mieux.
Donc, en
fait, tout le reste, c'est
de la polémique. – Mais par exemple,
chez vos élus locaux, parce que là, c'est avéré, à Bergerac, en
Dordogne,
il y a trois élus RN qui ont refusé de baptiser une école du nom d'une rescapée de la Shoah, qui était devenue une élue locale communiste. Est-ce que vous comprenez que ce genre
de vote, ça interroge ? – Alors, du coup, la Dordogne, c'est ma région, la Nouvelle-Actienne, donc je connais parfaitement bien le sujet. Il s'agit de nos trois élus dont c
'est
le premier mandat municipal. Ils avaient l'intention de s'abstenir sur cette délibération pour deux raisons. La première, c'est qu'ils respectaient parfaitement le drame qu'a subi cette pauvre dame quand elle était enfant. Mais d'un autre côté, ils n'étaient pas dupes que cette dame était une opposante politique qui s'est comportée de manière absolument sectaire avec tous les élus du Rassemblement national, refusant même de leur serrer la main. Et ce qui s'est passé en conseil municipal, c'est que le maire qui est de gauche, les a provoqués, insultés, leur a coupé le micro, a réellement réalisé un refus de démocratie, un refus de respect.
Et donc, pour cette raison, ils ont décidé de voter contre, étant entendu que la délibération allait quand même passer. C'est-à-dire, ils ont expliqué que si leur voix avait contribué à faire échouer ce baptême de classe, eh bien, ils n'auraient pas voté contre. Donc, en fait, là aussi, c'est une espèce d'affaire qui est montée de toute pièce contre des élus locaux du Rassemblement national qui font remarquablement bien leur travail dans un contexte difficile parce qu'à Bergerac, c'est quand même très de gauche et franchement, le maire a manqué d'élégance en la matière.
Merci Edwige Diaz. Merci beaucoup d'avoir été notre invitée.
Edwige Diaz