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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 11 juin 2025 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉducation & rechercheEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Surveillante tuée à Nogent, sommet de l'océan... Le 8h30 de Marine Tondelier

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26FerméeÉludée

    Ça veut dire que rien n'aurait pu empêcher cet homicide ?

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Mais comment vous expliquez cette contagion d'armes blanches chez les ados ? D'où ça peut venir ?

  • 4:48OuverteRéponse partielle

    Sur les réseaux sociaux, l'interdiction en moins de 15 ans des réseaux sociaux, que veut le président ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Plus de moyens pour la psychologie, la santé mentale à l'école.

  • 9:05OuverteRéponse partielle

    C'est une bonne chose, c'est une bonne méthode pour montrer aux élèves les conséquences de cette violence ?

  • 11:40OuverteRéponse directe

    Ce qui est important d'abord que ça se passe chez nous, ici en France ? Ce qui est important est-ce qu'il en sort des choses ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:39InvitéChiffre
    « De 2017 à 2021, on est passé de 1,7 à 20,8 de prévalence d'épisodes dépressifs chez les jeunes, c'est-à-dire plus 77% en 4 ans. »
  • 2:23InvitéFait
    « Il semble qu'il y ait un effet de mode. »
  • 4:15InvitéChiffre
    « La médecine scolaire, les effectifs ont baissé de 20%. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « En moyenne, on est arrivé sur ces réseaux à 8 ans, à 8 ans et demi. »
  • 14:09InvitéChiffre
    « En France hexagonale, il n'y a que 0,1% de nos aires marines protégées où on a vraiment une protection stricte. »
  • 16:57InvitéChiffre
    « Les 3% de bateaux font 50% des prises. »
  • 19:30InvitéChiffre
    « La France dépense 14% de sa richesse nationale pour les retraites. »
  • 19:44InvitéChiffre
    « Les exonérations de cotisations sociales, c'est 65 milliards d'euros. »
  • 22:22InvitéChiffre
    « Macron fait 40 milliards par an de cadeaux fiscaux aux plus riches. »
  • 22:50InvitéChiffre
    « La taxe Zuckman, c'est taxer de 2% le patrimoine des gens qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine. »
  • 24:50InvitéChiffre
    « Les Français, en moyenne, payent 52% d'impôts sur leurs revenus. Les ultra-riches payent en moyenne 27% d'impôts sur les revenus. »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 212 %

≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Ce n'était pas un fait isolé, c'est une dérive de la société, a déclaré François Bayrou hier. Mélanie, 31 ans, une surveillante au collège de Nogent en Haute-Marne, a été poignardée à mort par un élève, Quentin, 14 ans. Un contrôle des sacs des élèves était pourtant en cours, en présence des gendarmes devant l'établissement. Les gendarmes étaient présents, les gendarmes étaient présents. Ça veut dire que rien n'aurait pu empêcher cet homicide ?

0:29
Invité

Déjà, commencer à vous dire que ce qui s'est passé est effroyable. Moi, je pense évidemment à sa famille, à son petit garçon de 4 ans, à qui il va falloir expliquer ce qui s'est passé. Et puis, évidemment, aux gens qui fréquentent cet établissement et puis à toute la communauté éducative de ce pays, qui, drame après drame, on est seulement deux mois après l'assassinat de Nantes, ne se sent plus en sécurité et on doit les comprendre. Ce qui est saisissant dans ce drame, c'est qu'il n'y a pas d'échappatoire possible. On est obligé de regarder la société en face. Il n'y a pas de bouc émissaire possible. On ne peut pas dire que c'est un migrant, c'est à cause des OQTF.

On ne peut pas dire que c'est parce qu'il n'y a pas de force de l'ordre. Les gendarmes étaient à quelques mètres. On ne peut pas dire que, mettons des portiques, ça va tout résoudre. J'entends que certains essayent encore de dire ça, mais il y avait un contrôle des sacs ce jour-là, de tous les sacs. C'est même plus que des portiques qui ne détectent pas toutes les armes. J'ai entendu que les métiers de Taillot hier parlaient des couteaux céramiques qui ne sont pas détectés par les portiques. Là, c'était un contrôle de tous les sacs. Et puis, on ne peut pas dire que c'est la justice qui est laxiste, etc., puisque cet enfant n'avait jamais été connu des services de police ou de justice.

Il avait été exclu de son établissement, mais pas plus. Donc, à un moment, on est obligé, avec ce qui s'est passé hier, à regarder en face la santé mentale des jeunes, qui se dégrade dans ce pays. Le chiffre est saisissant. De 2017 à 2021, on est passé de 1,7 à 20,8 de prévalence d'épisodes dépressifs chez les jeunes, c'est-à-dire plus 77% en 4 ans. Et donc, je veux bien qu'on mette tous les portiques du monde, tous les gendarmes du monde, le système le plus répressif possible, qu'on enlève les allocations aux parents. C'est de ça dont on parle souvent quand on parle de la délinquance des jeunes.

2:01
Présentateur

On va entrer dans le détail des réponses qui sont apportées aujourd'hui.

2:04
Invité

Aujourd'hui, on est obligé de se dire que c'est un problème sociétal qui ne pourra pas être résolu par des portiques et plus de forces de sécurité.

2:11
Présentateur

L'enquête est en cours, Marine Tondelier, l'auteur des faits, est toujours en garde à vue. Mais comment vous expliquez cette contagion d'armes blanches chez les ados ? D'où ça peut venir ?

2:23
Invité

Il semble qu'il y ait un effet de mode. Moi, j'ai entendu le président de la République hier dire qu'ils allaient rendre plus difficile pour les mineurs de s'en procurer en ligne. Mais enfin, on peut tous s'en procurer dans sa cuisine. Le président, par exemple, lui, met en cause aussi les réseaux sociaux. Oui, mais bien sûr que tout ça fait partie du problème. Mais je vais vous dire, les réseaux sociaux, les gens, ils y ont accès sur les portables de leurs parents. Les couteaux, on y a accès dans sa cuisine. Des couteaux de cuisine, c'est aussi une arme mortelle. Il ne suffit pas d'avoir acheté une arme classifiée comme arme sur Internet.

Donc, vous voyez, si on ne fait que des mesures comme ça de répression ou de contrôle, sans prendre du tout en compte l'état de notre société, et je dois vous dire, l'état du débat politique et public, contribue aussi de ce fait que tout part à volo, tout le monde dit n'importe quoi.

3:11
Présentateur

Parce que là, la droite et l'extrême droite, depuis hier, ils parlent de laxisme, de perte d'autorité. Et c'est ce qui conduit pour eux à cette ultra-violence dans les établissements scolaires.

3:18
Invité

Mais non, alors eux, comme ils n'ont qu'un marteau comme outil, ils tapent toujours sur le même clou. On a compris, mais à un moment, plus ils tapent sur ce clou, plus ils développent cet argumentaire. Ils sont au pouvoir, ils prennent des mesures en fonction de cette idéologie. Ça ne fait que s'empirer. Mais la question qui se pose aux personnalités politiques, c'est est-ce qu'il y a une réponse immédiate à ce type de drame ? Est-ce qu'on peut se dire calmement que ce qui est entrepris par les Darmanin, Retailleau, Dupond-Moretti, je ne sais pas qui, depuis des années, ne marche pas ? Est-ce qu'on peut se le dire calmement ?

Est-ce qu'on peut se dire qu'il faut peut-être aller regarder ailleurs ? Ça ne veut pas dire qu'il ne faut plus de police, plus de justice. Évidemment que ces sujets-là doivent être travaillés avec beaucoup de sérieux. Pas avec émotion, pas avec idéologie, avec beaucoup de sérieux. Mais si on ne regarde que de ce côté-là, on rate la partie immergée de la guerre. Mais il peut y avoir les deux, quand vous l'entendez hier. Je viens de parler de la santé mentale des jeunes. Et je dois vous dire quand même que l'éducation nationale est l'un des principaux déserts médicales de ce pays. Que la médecine scolaire, les effectifs ont baissé de 20%. Que sur la psychologie scolaire, c'est pareil.

Sur les infirmières scolaires, c'est pareil. Comment voulez-vous qu'on laisse en première ligne du personnel dont le métier est l'éducation, pas le soin ? Et voilà, à Nantes, je vous l'avais dit sur ce plateau.

4:34
Présentateur

Le président aborde la question de la santé scolaire.

4:35
Invité

Mais pour nous, vous l'avez dit sur ce plateau, il y a quatre fois moins de lits pour les mineurs en psychiatrie en Loire-Atlantique que partout ailleurs en France. Ce n'est pas un hasard que ça.

4:45
Présentateur

Non mais alors du coup, sur les réseaux sociaux, l'interdiction en moins de 15 ans des réseaux sociaux, que veut le président ? Il dit même si l'Union Européenne n'avance pas, nous, on ira là-dessus.

4:53
Invité

Aujourd'hui, c'est déjà interdit au moins de 13 ans. J'ai vu hier qu'en moyenne, on est arrivé sur ces réseaux à 8 ans, à 8 ans et demi. Pardon, mais on n'arrive pas bien à voir, parce que vous dressez un constat, qui est d'ailleurs dressé, pour le coup, par la quasi-totalité de la classe politique. Il y a un problème de santé mentale, mais on ne voit pas précisément à quel type de mesures vous vous préconisez. Les choses sont claires. Déjà, je pense que la classe politique doit monter l'exemple. Parce qu'on parle de la brutalisation. J'entends certains dire barbare, en sauvagement. Mais ils regardent les politiques quand même, comment ils débattent entre eux ? Quels mots ils utilisent ?

Comment ils utilisent les réseaux sociaux ? Comment ils utilisent les plateaux télé ? C'est extrêmement choquant. Et je pense que la classe politique participe à la brutalisation de ce monde, en normalisant le fait qu'on peut se parler mal, on peut se mettre... C'est comme ça, la politique. Ça, c'est la première chose, l'exemplarité de la classe politique. L'extrême droite n'a pas d'ailleurs le monopole de ce type de comportement politique. Mais non, mais le système politique et médiatique est devenu comme ça, on va se le dire. La deuxième chose, c'est que la santé mentale, ce n'est pas juste dire que c'est important. C'est des moyens. C'est des moyens.

Quand on baisse de 20% les effectifs de la médecine scolaire dans les écoles, il ne faut pas s'attendre à ce que les gens aillent mieux. Quand on n'a pas assez de lits en psychiatrie pour les mineurs dans ce pays, on ne peut pas s'attendre à ce que ça aille mieux. Donc, il y a une question de moyens tout de suite. Moi, j'ai rencontré Elisabeth Borne avec les écologistes il n'y a pas longtemps. On voit bien que là, du coup, elle a traîné. On va essayer de mettre un plan sur la psychologie en milieu scolaire. Mais les effectifs, ils ne s'inventent pas comme ça. Donc, comme les politiques, ils n'ont pas de solution, les politiques en place, ils font des petites mesures comme ça.

Il faut que ce soit grandiose pour que ça fasse communication, pour qu'ils donnent l'impression d'agir. Et donc, ils cherchent des boucs émissaires. Alors, des fois, c'est l'immigration. Des fois, c'est qu'il n'y a pas assez de police dans les écoles. Là, il y avait des gendarmes à quelques mètres. Des fois, il faut des portiques. Là, il y avait un contrôle des sacs, de tous les sacs à l'entrée. Ça n'a pas marché. Ou d'autres fois, ils nous expliquent que c'est la justice qui n'est pas assez répressive. Cet enfant n'était pas connu de service de justice.

Et je ne pense pas que parce qu'il aurait su que sa peine serait de six mois plus forte ou qu'il passerait devant une cour d'assise ou pas, ça aurait changé son acte. Ce n'est pas vrai que les gens pensent comme ça. Donc, je vous demande juste que ce drame, c'est un drame, c'est horrible, mais il force la société à se regarder en face et il n'offre aucune échappatoire explicative ou populiste de prendre telle mesure, ça va tout résoudre.

7:06
Présentateur

Ça n'existe pas. Nous, adultes et parents, notre devoir est engagé quand nos enfants, nos fils, le plus souvent, s'enfoncent. Il faut méditer notre rôle et savoir agir à temps et veiller à leur santé mentale comme au reste de leur santé. Ça, c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon. Il vous rejoint sur la question de la santé mentale. Il vise, lui, les petits garçons, les garçons, les adolescents en particulier. C'est une histoire de genre aussi derrière ?

7:31
Invité

Oui, si on veut, mais ce n'est pas le principal sujet. Le principal sujet, c'est... Parce qu'en plus, là, on parle de l'école parce que ce drame a eu lieu hier, mais vous voyez bien qu'il y a eu des meurtres aussi islamophobes récemment en France. C'est en train de craquer de partout. C'est en train de glisser, en fait, très vite. On est dans un monde qui se tend. Ce n'est pas vrai qu'en France, d'ailleurs, mais je pense que ce qui se passe à l'étranger a aussi une résonance chez nous par les réseaux sociaux interposés. Tout se brutalise. Et je pense qu'il est urgent et que les politiques qui participent a baissé un peu le ton de la violence verbale, des attaques, de tout.

Parce que c'est une chute en avant.

8:05
Présentateur

Plus de moyens pour la psychologie, la santé mentale à l'école. La violence à l'école parce qu'effectivement, les établissements scolaires doivent être des sanctuaires pour protéger les enfants. Et la communauté enseignante. Voilà. Cette violence à l'école, au collège, elle est hyper bien montrée dans une mini-série qui s'appelle Adolescence, diffusée sur Netflix en ce moment. On y voit le déni du garçon violent, les failles aussi de l'aide psychologique dans les établissements scolaires dont vous parliez et le désarroi des parents face aux réseaux sociaux. Tu crois que c'est possible qu'on parle un petit peu de ton père ?

8:36
Invité

Je n'ai rien fait, je suis innocent !

8:40
Présentateur

Toi aussi, Eddy, t'es un père génial.

8:43
Invité

Il n'est pas déclaré coupable, il est juste accusé.

8:57
Présentateur

Cette série, comme au Royaume-Uni, elle va être diffusée dans les établissements scolaires en France. Décision d'Elisabeth Borne, la ministre de l'Éducation nationale. C'est une bonne chose, c'est une bonne méthode pour montrer aux élèves les conséquences de cette violence ?

9:11
Invité

Je ne sais pas si Netflix sauvera le monde, mais écoutez, si ça peut contribuer à faire réfléchir certains enfants, à induire aussi un dialogue dans la classe, alors pourquoi pas, tout ce qu'on peut faire, on doit le faire. Mais sur la question plus immédiate, parce qu'on a entendu hier encore une fois des mesures qui ont été mises sur la table, qu'on a parlé des réseaux sociaux, l'interdiction de vente, par exemple, sur Internet. Est-ce qu'encore une fois, vous mettez en avant la question de la santé mentale, mais ce sont des mesures qui mettront des années à porter leurs fruits ? Raison de plus pour s'y mettre, quand même.

Parce que l'argument de « ça fera des années », ça fait dix ans qu'on l'entend. Résultat, les effectifs baissent de 20% en médecine scolaire. Mais immédiatement, il n'y a pas d'autres mesures que cela ? Ah bah si, il faut en choc. Il faut qu'on ait un discours plus rassurant. Quand les jeunes sont en état dépressif comme ça, il faut aussi se rendre compte dans quel monde ils vivent, en fait. C'est quoi les perspectives qu'on leur donne ? Comment vous voulez qu'un jeune, aujourd'hui, aille bien ? Vous les ouvrez les réseaux sociaux, vous voyez ce qu'on y trouve toute la journée ? Vous les regardez, les actualités, vous voyez quel avenir on leur propose.

Il n'y a quand même plus beaucoup de lumière au bout du tunnel. C'est-à-dire que c'est une mauvaise passe, ça valait mieux. Il n'y a aucune raison de penser que ça valait mieux. Et donc, oui, il y a un état dépressif dans la jeunesse. Et nous, politiques, on doit s'occuper de mettre aussi de la lumière au bout du tunnel. Et aujourd'hui, excusez-moi, j'en vois pas beaucoup. Quand M. Barnier prend la parole dans son discours de politique générale, je ne suis pas sûre que tous les enfants de ce pays aient regardé. En tout cas, pas jusqu'au bout. Mais il passe plus de temps à parler des prisons qu'à parler de l'éducation, pour lesquelles il n'avait aucune vision.

Ça pose d'ailleurs au passage la question de l'éco-anxiété qui est souvent mise en avant quand on parle de santé mentale. Ça pose la question de l'éco-anxiété, mais pas que. L'anxiété aujourd'hui chez Jean Jeune, évidemment que l'écologie joue une grande partie, et à juste titre, parce que ce qui se passe est préoccupant et que je pense qu'une partie de cette jeunesse n'a pas l'impression d'être entendue. Mais les politiques qui nous gouvernent, ils ont quoi à proposer aux jeunes ? Des places de prison ? De l'injustice sociale ? De l'injustice fiscale ? Ils ne nous parlent que d'économies qu'ils vont faire. Allez, le pass culture, ça suffit.

Par contre, les ultra-riches, on ne touche jamais à leur magot. Il y a un moment où c'est impossible pour un jeune de se projeter de manière saine et enthousiaste et pleine d'espoir dans ce monde. Et toujours avec la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier. Je crois que vous revenez de Nice, où se tient en ce moment la troisième conférence des Nations Unies sur l'océan qui se poursuit jusqu'au 13 juin en France à Nice. C'est important d'abord que ça se passe chez nous, ici en France ? Ce qui est important, c'est est-ce qu'il en sort des choses ou pas ? Alors précisément, il en sort de ce que vous avez vu, vous ? Franchement, c'est très déceptif.

Premièrement, parce que ce sommet, il coûte 60 millions d'euros. Je le dis parce que c'est un prix démesuré. D'ailleurs, la France n'arrivait tellement pas à boucler le budget qu'ils ont appelé la CMA-CGM, qui n'est pas très neutre dans l'affaire des océans, pour financer le sommet de l'ONU. On voit bien qu'il y a un mélange complet. Les États n'ont tellement plus de moyens qu'ils doivent se quémander au privé pour payer leur propre sommet ou discute des océans que le privé contribue largement à détruire. Donc tout ça n'a pas de sens. Par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, donnez-nous quelques motifs d'espoir au moins sur ce qui se passe en ce moment à Nice.

Non, mais je vous le dis quand même, parce que Lisbonne, c'est tous les trois ans ces sommets européens, et Lisbonne, il y a trois ans, ça avait été reconnu comme un modèle en matière d'organisation, de transparence. Les gens pouvaient assister au débat, etc. Ça avait coûté 20 millions d'euros. Pas de 11 millions d'euros.

La 60 millions d'euros, ce à quoi j'ai assisté lundi, moi je n'ai de badge nulle part, d'accréditation nulle part, j'y suis allée comme citoyenne, mais des parlementaires français qui étaient accrédités, on leur explique lundi, ah vous avez un pass, mais en fait pour aujourd'hui il faut un sur-pass, et je n'ai assisté le lundi qu'à des gens qui ne comprenaient pas où ça se passait, où ça se discutait, ce qu'il fallait faire, c'est un fiasco à 60 millions d'euros. C'est quand même un fiasco déjà sur l'organisation.

Ensuite, sur ce qu'on en a attendé, je pense qu'Emmanuel Macron a tout misé, comme souvent avec lui, sur la communication, et donc comme il n'avait pas grand-chose à raconter, il a dû mettre une équipe d'experts, soit de cabinet de consulting, soit de son service com, en disant trouvez-moi des trucs à raconter. Et il compte sur le rouleau compresseur de la communication idizéenne pour donner de la force à ce qu'il dit et qu'on a l'impression que ça y est, il est sauvé la planète. Bon, les faits sont même un peu plus contrastés.

13:17
Présentateur

On va juste l'écouter pour voir ce qu'il a dit quand même aux autres chefs d'État qui étaient présents. Allons-y, écoutez le président de la République. Pour réussir la bataille pour les océans, il nous faut redonner de la force au multilatéralisme derrière le secrétaire général des Nations Unies et bien considérer que la seule manière de répondre à ce défi, c'est de mobiliser tous les acteurs. Les abysses ne sont pas à vendre et pas plus que le Groenland n'est à prendre, pas plus que l'Antarctique ou la Haute-Mer ne sont à vendre.

13:47
Invité

Il s'est fait plaisir. Il a fait sa petite phrase de pourdommage de France. Ce n'est pas des mots de France devant les chefs d'État ? Mais on s'en fiche des mots, en fait. Vraiment, il faut des... Par exemple, aller au Groenland pour dire aux populations locales voilà, on vous soutiendra si... Évidemment qu'on les soutient. Mais là, ce qui compte, c'est qu'est-ce que lui, il fait en tant que président de la République française ? Il s'est vanté sur la scène internationale de dire, nous, en France, on est exemplaire, on a 30% d'aires marines protégées. Il s'est vanté de ça depuis des jours. Mais protégé de quoi ?

Savez-vous qu'en France, on pêche parfois plus dans les aires marines protégées qu'en dehors ? Que nos aires marines sont protégées de rien ? Alors qu'au niveau international, une aire marine protégée, ça veut dire que dedans, on n'a pas d'activité destructrice, extractive, pas de pêche, vous savez, les arbres traînants avec des chaluts, c'est interdit. Bon, en France, en France hexagonale, il n'y a que 0,1% de nos aires marines protégées où on a vraiment une protection stricte. C'est la honte ? Donc qu'est-ce que vous dites, en fait ? Vous dites qu'au fond, il a fait de la communication ce dernier jour ? Ça, c'est l'effet avant le sommet. Là, il annonce deux grosses choses.

Alors, il fallait le remercier. Premièrement, il annonce qu'en Polynésie, il y a la Polynésie, vous savez, évidemment, les eaux territoriales, c'est immense. C'est un dixième de notre domaine maritime français. Bon, il annonce, parce que la Polynésie, depuis dix ans, fait le travail, pas Emmanuel Lapont, la Polynésie, la création de cette grande aires marines protégées de 4,55 millions de kilomètres carrés dont 900 000 kilomètres carrés seront vraiment en protection stricte. Donc, il dit, ça y est, mes aires marines protégées, fortement protégées, c'est passé de 4 à 14%. Mais, enfin, écoutez, la Polynésie, c'est très bien, ils font leur travail, ça change.

Mais moi, je vous parle de la France hexagonale. Et alors, là, sur la France hexagonale, il finit par dire, alors, on a pris toutes les aires marines protégées, on a une grande annonce à faire, on va interdire dans certaines aires marines protégées le chalutage de fond. Et donc, regardez la carte, tous les endroits où vous voyez des points, on va interdire le chalutage de fond. Sauf que le chalutage de fond, grâce aux écologistes, notamment à l'association Bloom et à Yannick Jadot au Parlement européen, à tout le groupe écolo, il est interdit à plus de 800 mètres de fond depuis 2016.

Et donc, quand on regarde la carte, tous les endroits où Macron annonce que ça y est, il n'y aura plus de chalutage de fond, c'est des endroits où il n'y en a déjà pas.

15:53
Présentateur

Est-ce que c'est un sommet pour rien ? Non, mais franchement, est-ce que ce matin, vous dites que c'est un sommet pour rien ? Parce qu'on l'a entendu parler de multilatéralisme et justement, le président de la République a fait beaucoup de lobbying pour que le traité sur la protection de la haute mer soit ratifié par le plus grand nombre de pays. Là, il en faut 60 pour qu'il soit appliqué.

16:10
Invité

Oui, c'est de la protection. Alors, il y a le mot pêche combien de fois dans ce traité ? Une fois. C'est un traité qui est négocié depuis des décennies et qui a fini par être validé en 2023.

16:19
Présentateur

C'est aussi la protection des fonds marins et vous savez quand on a un Donald Trump qui veut justement

16:23
Invité

fuiser dans ces fonds-là. Il est très déceptif parce que tout le temps où ça a traîné, les lobbies ont pu faire beaucoup de choses pour amoindrir la portée de ce texte qui va concerner très peu de sujets finalement. Alors, c'est mieux que rien mais franchement, ce n'est pas ce qu'Emmanuel Macron dit. Ce n'est pas vrai. Il ne faut pas dire aux gens les océans, c'est deux tiers de la surface du globe. C'est l'équivalent d'un camion poubelle de plastique par minute qu'on y rejette. C'est le premier puits de carbone au monde c'est-à-dire que ça emmagasine un quart de toutes les émissions de CO2 qu'on peut tous produire et cet océan est en train de crever. Premier motif, la surpêche.

Emmanuel Macron nous dit qu'il n'y a pas de pêche industrielle en France, on n'est pas du tout responsable. Il n'y a que 3% de bateaux. Ce qu'il ne vous dit pas c'est que les 3% de bateaux font 50% des prises. Donc c'est la moitié de notre volume de pêche. Moi j'ai vu des pêcheurs pleurer. Un pêcheur à Boulogne qui nous explique qu'à la radio il a entendu un super chalutier de plus de 80 mètres se vanter en 20 minutes d'avoir pêché ce que lui pêche en 15 ans. Ça veut dire qu'il faut les interdire ? Alors nous, les écologistes, comme on ne compte pas que sur Macron et les sommets internationaux, on a jeudi à l'Assemblée nationale la niche écolo.

C'est nous qui choisissons l'ordre du jour une fois par an. Je le dis demain. Et Mathilde Olivier, sénatrice des Français de l'étranger mais qui est originaire de Bretagne, portera une proposition pour interdire déjà les chalutiers de plus de 20 mètres dans la zone côtière, le long de nos côtes. Ça déjà, première chose. Et que les bateaux soient français ou pas, c'est comme ça. Si au moins on pouvait faire ça et j'ai vu qu'Emmanuel Macron en parlait un petit peu dans le sommet, donc peut-être que les sénateurs macronistes vont faire preuve d'un peu de courage et voter cette proposition.

Ce qu'on propose aussi, c'est que dans les 30% d'air marine protégé, il y en est au moins 10% qui soient protégés de manière stricte, qu'on n'y pêche plus. C'est comme ça. Ça paraît hallucinant qu'on puisse encore faire du chalutage dans les airs marines protégés. Beaucoup d'autres questions à vous poser ce matin, Marine Tondelier, notamment sur les retraites. On est à une semaine des conclusions, des discussions sur les retraites dans le cadre de ce conclave. Le MEDEF confirme hier son refus de toucher aux 64 ans. Ce conclave est-il un échec ? Peut-être que ce sera un atout vu que j'ai vu que l'accord maintenant voulait passer à 66 ans.

Donc on compte vraiment sur le MEDEF pour défendre les 64 ans s'ils ne veulent pas bouger l'âge. Vous n'en attendez plus rien ? Non mais ça, c'est les projections du corps. Ma constance et ma cohérence que vous pouvez me reconnaître, c'est que depuis la première minute, je n'en attends rien. Donc je n'ai pas suivi le feuilleton jour par jour. J'attends des choses. Ce que la CFDT, la CGT m'avait dit que peut-être qu'ils pourraient obtenir sur les pénibilités, etc. Ça touche peu de Français mais c'est ceux qui sont les plus exposés au risque de travail. Donc ce serait juste mais ce serait une goutte d'eau dans l'océan.

Moi après, ce que je vous dis, c'est que dans le débat public, on débat, quand on parle des retraites, de l'âge minimal des parents en retraite, on débat beaucoup de la durée de cotisation et on débat beaucoup du montant des pensions. Mais jamais on débat du montant des cotisations. Et c'est ça que les écologistes veulent explorer. Et il y a quand même, il faut se dire, le chiffre, on dit que 6,6 milliards d'euros, c'est ça le déficit des retraites en 2025 et la Cour des comptes dit que jusqu'à 2030 ce sera stable. 6,6 milliards d'euros qu'on cherche. On dit aussi, et ça ce sont des chiffres, la France dépense 14% de sa richesse nationale pour les retraites.

Il faudrait dépenser plus si on vous écoute bien. Je vous dis donc, 6,6 milliards d'euros pour le déficit des retraites en 2025 qui ne bougera pas jusqu'à 2030. Les exonérations de cotisations sociales, c'est 65 milliards d'euros. Est-ce qu'on n'irait pas chercher par là ? Est-ce qu'on n'irait pas qu'on dépenserait encore d'avantages ? Vous allez dire que je ne propose pas dès que j'en fais, vous me coupez. Est-ce qu'on ne pourrait pas se dire qu'on fait une contribution exceptionnelle sur les dividendes ? Ce n'est pas le travail le plus compliqué du monde d'être actionnaire. Est-ce qu'on ne se dit pas qu'on augmente la CSG sur les revenus du capital ?

On doit pouvoir travailler sur les cotisations. Ce qui est important, c'est que quand vous parlez des cotisations, quand on regarde les autres pays européens, ils dépensent un peu moins de la richesse qui est produite, autour de 11-12%, quand nous on est à 14%. Ça veut dire qu'à vous entendre sur les retraites. Ça veut dire qu'à la fin, il faut dépenser plus pour financer les retraites.

20:21
Présentateur

Non, sur les cotisations, pardon, c'est juste des baisses de salaire. Parce qu'évidemment que les patrons, s'ils cotisent plus, s'ils donnent plus au régime de retraite, ils vont augmenter la CSG

20:30
Invité

sur les revenus du capital. Ce ne sont pas des baisses de salaire. Quand je vous propose de pouvoir faire les décribations exceptionnelles sur les dividendes, ça ne touche pas aux salaires. Vous parlez des cotisations. Et donc, je vous réponds sur les cotisations. Oui, ce sont des cotisations aussi. Donc, je vous dis que ça me paraît hyper important qu'on arrête de juste se focaliser sur l'âge. En fait, il va falloir faire un effort quelque part. Certains estiment que c'est sur le nombre d'années au travail qu'on doit en faire un. Les écologistes contestent cette vision-là.

Nous, nous pensons qu'il faut faire un effort sur les cotisations et aller chercher d'autres ressources de financement dont je vous ai parlé ce matin. Il ne faut trouver qu'à 40 milliards d'euros d'économies pour l'année prochaine. Ce sont les projections du gouvernement pour le budget 2026 qui est en cours de construction. On n'a pas encore de chiffres mais parmi les pistes envisagées, il y a la baisse du nombre de fonctionnaires envisagés notamment par le ministre de l'Economie. Oui, on n'a qu'à prendre des médecins scolaires, des policiers, des gens dans les hôpitaux et puis des gens dans la justice. C'est pas mal. Peut-être des agents de l'OFB aussi.

Il n'y a nulle part de possibilité de trouver des économies de ce côté-là. Non, mais sincèrement, on voit bien qu'une partie des problèmes que l'on vit aujourd'hui, c'est le fait que l'État, il a perdu de sa puissance d'agir. On rappelait ce chiffre hier sur France Info. Le nombre de fonctionnaires ces dernières années a augmenté de 23% alors que la population a augmenté de 14%. Ce chiffre a été rappelé hier. Moi, ce que je vous rappelle, c'est que depuis des années, on sait que le libéralisme souffle aux plus grands dirigeants de ce monde de déshabiller les États pour laisser plus de place aux privés. C'est ce que l'État macroniste a fait avec les KPMG.

Et je t'enlève des fonctionnaires par-ci et je t'en mets pas par-là et je te supprime des dispositifs qui a été défoncés. Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 23% contre une augmentation de la population de 14%. Oui, parce qu'on s'est rendu compte que depuis Sarkozy, on avait enlevé la police de proximité, qu'on avait supprimé des postes dans l'éducation, dans les hôpitaux et que ça nous faisait crever. Donc, ce n'est que petite réparation des drames qui avaient été commis et de mauvaises décisions politiques.

Quand Macron fait 40 milliards par an de cadeaux fiscaux aux plus riches, on en a déjà parlé plusieurs fois ici, c'est comme si vous avez une maison, vous enlevez une tuile, donc c'est 40 milliards, il y a tout dans le toit. Au lieu de dire on va réparer le toit, vous vous dites on va évacuer toutes les pièces, tant qu'on ne s'attaque pas à ce sujet-là de la justice fiscale, on n'arrivera à pas grand-chose. Et donc, les écologistes, toujours demain au Sénat, proposeront la taxe Zuckman. Donc, la taxe Zuckman, c'est taxer de 2% le patrimoine des gens qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine, c'est 1 800 personnes en France.

Mais figurez-vous qu'on a un petit problème en France, c'est que les 500 personnes les plus riches, ils ont 1 200 milliards, c'est-à-dire autant que 2 tiers des Français, que 40 milliards de Français. Il y a 500 personnes, ils ont plus que 40 milliards de Français. Est-ce qu'on ne peut pas se dire qu'ils doivent être mis à contribution ?

23:10
Présentateur

Pas si. La contribution, elle passe aussi par les niches fiscales et aussi les crédits d'impôt, c'est ce que dit le gouvernement. Et donc, dans ces cas-là, le crédit d'impôt sur les services à la personne pourrait être raboté. Ça va aider l'emploi, ça aussi, je pense. Qu'on permette, en gros, seuls les gardes d'enfants et les accompagnements aux personnes âgées seraient maintenus dans le crédit d'impôt. Le reste, les aides aux ménages. Ça nous évitera

23:34
Invité

d'aller dans des crèches people and babies, c'est bien.

23:36
Présentateur

Du coup, non. Vous dites non.

23:39
Invité

Je vous redis qu'avant d'aller prendre, parce que toutes les économies dont on parle là, c'est dans le porte-monnaie des Français. C'est du pouvoir d'achat en moins, qu'on se le dise. Et donc, moi, je n'en peux plus des personnes qui m'expliquent l'écologie punitive, eux, c'est leurs économies qui sont punitives. Parce que sur quoi ils prennent ? Sur le pass culture pour les jeunes. Ils prennent sur là les gens qui vont avoir des emplois à domicile et faire aussi tourner l'économie. Ils vont aller prendre sur ma prime rénov'.

C'est-à-dire que ma prime rénov', quand le budget a été baissé de 50%, donc ça aide à isoler son logement pour arrêter d'engraisser Poutine en lui achetant son gaz et en faisant des économies décristées pour soi, ils ont baissé de 50% de budget. Et puis quand on a râlé les écolos en janvier, ils ont dit « Ah non, mais vous n'avez pas compris, c'est qu'en fait l'aide est vraiment sous-utilisée, donc même si on baisse 50%, il y en aura assez. » Résultat, on est en juillet, ils disent « Ah, on doit suspendre en urgence, on n'en a plus.

» Ils ont baissé l'aide sur la prime pour changer de voiture, et y compris la surprime ZFE pour dire après « Les ZFE, ce n'est pas juste, les gens ne peuvent pas changer de voiture. » Pourquoi ils ne peuvent pas changer de voiture ? Parce que les macronistes ont supprimé l'aide qui permettait aux gens de changer de voiture. Et aussi, pas juste d'aller dans les zones ZFE, mais de faire des économies de combustible. Donc à un moment, j'en ai marre de me faire donner des leçons de punitivité de je ne sais quoi. Ces gens sont punitifs, ils tapent sur les Français. Et je rappelle un chiffre quand même qui est important. Les Français, en moyenne, payent 52% d'impôts sur leurs revenus.

Les ultra-riches payent en moyenne 27% d'impôts sur les revenus. C'est ça qui n'est pas juste. Ils sont très très riches, ils ont les moyens et l'État les impose moins. Mais qu'ils aillent chercher là, ça paraît logique. J'espère que ça paraît aussi logique à vos téléspectateurs à qui je souhaite bon courage pour rester de bonne humeur cette semaine. Je suis avec vous. Nous souhaitons bonne journée. Merci Marie. Les écologistes.fr Si vous voulez travailler à tout ça, on cherche du monde, on a besoin d'aide. Vous étiez l'invité de France Info ce matin.