Autonomie des directeurs d'école à Marseille, performances du système éducatif français, pass sanitaire... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jean-Michel Blanquer, j'ai blessé des gens mais j'ai appris, c'est la formule qu'a répétée plusieurs fois Emmanuel Macron hier soir sur TF1 au sujet des paroles qui ont pu en blesser certains, notamment au début du quinquennat, dire ça à 4 mois de la présidentielle, est-ce que c'est pas un peu tard ?
C'est surtout très authentique, je pense d'ailleurs qu'à certains moments il l'a dit aussi dans le passé, et en réalité cette phrase elle vaudrait pour nous tous dans la vie je crois.
Vous vous avez blessé qui ?
Vous vous blessez parfois sans vous en rendre compte tout simplement.
Et vous arrivez de blesser les enseignants ?
En tout cas j'ai pas cherché à le faire, c'est certain, j'ai toujours dit depuis le premier jour que j'étais en soutien des professeurs, j'ai souvent dit que j'étais le ministre des professeurs, en même temps que le ministre des élèves évidemment, et d'ailleurs quand on est le ministre des professeurs, on est ipso facto le ministre des élèves, parce qu'être en soutien de ces troupes si j'ose dire, en soutien de ces professeurs, c'est évidemment faire en sorte que ça se passe au mieux tous les jours pour les élèves, donc je n'ai jamais cherché à blesser, et après, ai-je blessé sans le faire exprès, c'est tout à fait possible.
J'ai l'impression d'être Mireille Dumas moi ce matin, salaire à bras qu'il y a.
Vous disiez que c'était authentique ce qu'a dit le président de la République hier soir, le dire à 4 mots de la présidentielle, il n'y a pas une petite odeur de manœuvre politique justement à l'approche de l'élection ?
Non, je pense que c'est aussi la fin d'une année civile, et que c'est un petit peu la période où on fait ce genre de choses, c'est-à-dire on se retourne sur ce qui a été fait, on commence à avoir aussi des perspectives pour l'année qui vient, il y a cette dimension dans l'exercice de sa fonction, ça me paraît assez normal. Vous savez, s'il ne dit rien, on s'étonne en disant il est froid, et s'il dit quelque chose, on dit que c'est calculé, en réalité je crois qu'il a dit tout simplement ce qu'il pensait, après à chacun de se faire son opinion.
La situation sanitaire à l'école, Jean-Michel Blanquer, en ce moment dans le primaire, un élève sur 100 à le Covid, le virus circule deux fois plus à l'école que dans le reste de la population, est-ce que vous êtes le ministre du plus grand cluster de France ?
Non, bien sûr que non, d'abord parce que je l'ai toujours dit, le milieu scolaire n'est pas un milieu de contamination particulière, c'est vrai que les enfants peuvent se contaminer plus actuellement, ceux qui ont moins de 12 ans, parce qu'ils sont justement les seuls qui ne sont pas vaccinés, donc c'est normal, c'est ce qu'on constate dans tous les pays, mais le milieu scolaire n'est pas un milieu de contamination particulière, je dirais même plus, c'est à l'école qu'on apprend plus les gestes barrières, plus que dans certaines parties de la vie sociale, donc cela reste vrai, fort heureusement les enfants sont très peu symptomatiques, vous le savez bien, donc ceci nous permet...
Ils peuvent ramener le virus aux enseignants qui sont face à eux, et à la maison, le Premier ministre, votre patron sait quelque chose, c'est sa fille de 11 ans qui lui a transmis le Covid.
Vous savez, il y a des personnes, des enfants se sont contaminés hors milieu scolaire, dans bien des cas, par exemple pendant des vacances, ont contaminé leurs parents, c'est la triste réalité du Covid. Tous ceux qui veulent en déduire rapidement qu'il faut fermer les écoles au moindre problème, vont beaucoup trop vite en besogne lorsqu'ils disent ça, et vous savez que c'est la position que j'ai défendue depuis le début.
On a un fonctionnement de l'école aujourd'hui qui est le meilleur possible, ça n'est évidemment pas facile, je pense notamment justement aux acteurs du quotidien, par exemple aux responsables des écoles primaires, aux directeurs et directrices, aux professeurs tout simplement, puisque c'est toute une gestion qui est fatigante, qui peut être aussi fatigante pour les parents, j'en ai complètement conscience, mais nous sommes allés vers les solutions les meilleures possibles, les choses étant ce qu'elles sont.
Aujourd'hui on en est à combien de classes fermées ?
On est à 3 150 classes fermées. C'est un chiffre ? Non, c'est un chiffre en stagnation je dirais depuis une semaine, il a baissé depuis que nous avons pris les nouvelles mesures. Rappelons qu'avec les nouvelles mesures que nous avons prises pour l'école primaire il y a quelques semaines, on a considérablement multiplié les tests pour les enfants, c'est-à-dire qu'on est passé au fait que les enfants étaient trois fois moins testés que les parents, que les adultes, pardon, au fait que maintenant ils sont trois fois plus testés que les adultes.
Parce qu'on teste dès qu'un cas positif apparaît dans la classe, on teste toute la classe ?
Oui, tout à fait. On va revenir sur la question si vous voulez bien du dépistage dans un instant, parce que ce que vous faites dans les écoles n'est pas ce que préconise le conseil scientifique. Mais vous savez qu'aujourd'hui il y a pas mal de parents qui retirent, avec quelques jours d'avance puisque les vacances scolaires c'est demain soir, qui retirent leurs enfants pour éviter qu'ils ne se contaminent et qu'ils ne contaminent les autres pendant les fêtes de Noël. Qu'est-ce que vous leur dites à ces parents-là ? Est-ce qu'ils ont raison de le faire par précaution ?
Non, de façon générale, on ne retire pas les enfants de l'école. Si on a fait l'instruction obligatoire à trois ans, si on parle d'instruction obligatoire, c'est que l'école n'est pas une option. L'école est fondamentale pour les enfants. Que ce soit au titre du Covid ou pour d'autres raisons, enlever les enfants à un moment donné de l'école, faire moins faire l'école aux enfants est toujours une mauvaise formule.
Il y aura des sanctions, normalement c'est 135 euros d'amende si on retire sans raison son enfant de l'école.
Pourquoi pas ? Je veux dire, on n'est pas tellement dans ces logiques répressives actuellement. On est surtout sur le sens des responsabilités. Mais c'est important qu'un enfant aille à l'école, tout simplement. Et je crois que c'est un message qui est quand même passé très clairement. Vous savez, par rapport à tous ces débats, ceux qui nous écoutent peuvent peut-être avoir l'impression d'une forme de répétition, parce que ça fait quand même maintenant un an et demi que je dois répondre à ce type de questions. J'aimerais quand même qu'on regarde rétrospectivement tout ce qui s'est passé depuis mars 2020 et qu'on fasse confiance à l'école. Regardez tout ce qui s'est passé.
On est le pays qui a maintenu ces écoles ouvertes, dans des proportions beaucoup plus fortes que d'autres. Aux Etats-Unis, la moitié des enfants ne sont pas allés à l'école pendant un an. Ce sont de véritables catastrophes. Aujourd'hui, on réussit à ce que, dans l'enseignement secondaire, l'immense majorité des classes soient ouvertes et qu'il n'y ait qu'un petit pourcentage de classes fermées à l'école primaire. Ce sont des performances du système scolaire français. Et donc c'est normal de se poser des questions. Mais prenons l'acquis quand même de toute l'expérience accumulée et faisons confiance à l'école.
Jean-Michel Blanquer, tout à l'heure, vous mettiez en avant le dépistage qui est fait à l'école, le dépistage auprès des élèves. Sauf que le conseil scientifique signale une faiblesse dans le dépistage. Il vous demande de généraliser les tests une fois par semaine à l'école, ce qui n'est pas fait aujourd'hui. Pourquoi vous ne le faites pas ?
Alors, on a lancé deux expérimentations. Une qui va dans le sens que vous venez d'indiquer. Une autre que nous avions commencée début octobre et qui correspond à ce que nous avons maintenant généralisé.
Dont les résultats n'ont jamais été rendus publics ?
Si, si. L'expérimentation est publique depuis décembre. On a mal entendu les syndicats. Et ces résultats sont intéressants, puisque cela nous permet de voir tout simplement une efficacité qu'on constate aujourd'hui. Puisque ce système qui consiste à demander aux parents de tester l'enfant pour qu'il puisse revenir à l'école lorsqu'il est négatif, est un système qui fonctionne actuellement. Je l'ai vu encore hier dans un cas.
La deuxième expérimentation, justement, c'est de tester les enfants une fois par semaine.
La deuxième expérimentation, nous en aurons les résultats début janvier. Mais il y a des problèmes pragmatiques, pratiques pour ce genre d'expérimentation. Il faut bien voir que, jusqu'à aujourd'hui, et encore aujourd'hui, nous faisons, en plus de ce que je viens de mentionner, c'est-à-dire le fait que les parents font tester les enfants, nous proposons 400 000 tests salivaires chaque semaine à l'école primaire. Ça, c'est à l'école. Eh bien, nous n'en faisons que 200 000 sur les 400 000 que nous proposons, parce que nous avons seulement 50 % d'acceptation de la part des parents.
Donc le type d'expérimentation proposé où c'est à l'école que les choses se passent, se heurte forcément à un pourcentage non négligeable de parents qui ne veulent pas qu'on le fasse à l'école.
Et il est impossible d'imposer aux parents la faisabilité du test pour accepter l'enfant à l'école ?
Même pour des tests salivaires qui ne sont pas douloureux.
La seule chose, là où nous avons pu aller le plus loin, c'est ce que nous avons fait, c'est-à-dire dire que si vous n'avez pas un test négatif, vous ne revenez pas à l'école. Mais c'est le maximum de ce que vous pouvez faire, à fortiori avec un enfant.
Jean-Michel Blanquer, invité de France Info jusqu'à 9h. On s'interrompt le temps du Fil Info à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
La balle est dans le camp des syndicats, prévient ce matin la direction de la SNCF. 600 euros de primes pour les conducteurs, 300 pour les contrôleurs. C'est la dernière proposition. Une négociation pour le week-end. Pour demain, la suppression de la moitié des TGV sud-est est actée. Les 50 000 voyageurs concernés seront remboursés. Ils auront un bon d'achat du montant de leurs billets. La grève des cheminots a déjà commencé ce matin en Ile-de-France. Deux trains sur trois en moyenne sur les RER, B, C, D et E et les Transiliens. Pas de coup de pouce pour le SMIC en janvier. Seulement la hausse automatique confirme ce matin la ministre du Travail.
Une augmentation de 0,9% selon le calcul de l'INSEE. Sur France Info, le porte-parole du Rassemblement national, Julien Audoul, dénonce une pièce de théâtre et un président totalement insincère hier soir à la télévision pour déminer, dit-il, ce qui n'a pas été. Emmanuel Macron a notamment regretté certaines petites phrases blessantes. L'épidémie de Covid et la propagation d'Omicron au menu du sommet des dirigeants européens qui s'ouvre à Bruxelles. Il sera aussi question des prix de l'énergie et de la situation tendue à la frontière entre l'Ukraine et la Russie.
France Info Toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer, plusieurs de nos voisins très proches en Europe, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique ont décidé de jouer sur la date des vacances scolaires pour tenter justement de freiner l'épidémie. Certains les ont avancées ces vacances de Noël, d'autres vont les repousser quelques jours plus loin en janvier. Est-ce que vous envisagez de le faire ? Pour les avancer, c'est raté. On est jeudi, les vacances, c'est demain soir. Mais pour les repousser de quelques jours en janvier, est-ce que c'est une hypothèse ?
J'ai toujours dit qu'aucune hypothèse n'a été écartée. Souvenez-vous, nous l'avons fait pendant les vacances de printemps. Donc ça reste un outil possible. Mais a priori, ce n'est pas aujourd'hui une hypothèse privilégiée. On doit continuer à regarder l'évolution de l'épidémie au cours des deux semaines qui viennent. Mais je le répète, la fermeture de l'école en soi n'est pas une solution miracle. Et le président de la République ainsi que le Premier ministre l'ont dit à plusieurs reprises. Et c'est un marqueur de la politique menée. L'école est la dernière chose à fermer dans une société. Ça n'a par exemple pas de sens de fermer l'école quand vous ne fermez pas le reste.
Les confinements d'école, lorsqu'ils ont un impact, c'est en général parce qu'ils stoppent la vie sociale. Ils obligent les gens à rester chez eux.
Vous voulez dire que la dernière chose qu'on refermerait en France aujourd'hui, si l'épidémie, ce que personne ne souhaite, évidemment, devait s'envoler encore plus haut, ce sont les écoles. C'est la dernière chose à laquelle on toucherait ?
Tout à fait. Nous l'avons affirmé à plusieurs reprises et ça reste un marqueur. Les enfants, dans une famille comme dans un pays, sont la priorité. Et la priorité, c'est qu'ils puissent aller à l'école. Tout montre, pas seulement en France, dans le monde entier, que l'école n'est pas quelque chose de marginal, que c'est fondamental pour la santé des enfants. La société française de pédiatrie le réaffirme en permanence et nous sommes complètement au diapason là-dessus.
Retour en classe, c'est sûr, le 3 janvier pour tous les écoliers, mais est-ce que ce sera le même protocole sanitaire ? On est au niveau 3, là. Est-ce qu'il va être revu à la hausse, à la rentrée, en fonction de l'épidémie pendant les vacances ?
Ça reste toujours possible. Je ne le pense pas, très honnêtement. Mais personne ne peut être affirmatif sur un sujet comme celui-ci avec deux semaines et demie d'avance. Donc on doit laisser toutes les hypothèses ouvertes, mais néanmoins, je reste assez serein sur le fait que nous pouvons, avec ce protocole renforcé que nous avons maintenant, continuer et évidemment en restant très pragmatique en fonction de l'évolution de l'épidémie.
La vaccination des enfants, Jean-Michel Blanquer, elle pourrait être autorisée ouverte à l'ensemble des enfants peut-être dès le mois prochain, dès le mois de janvier. Ça pourrait coïncider, nous dit-on, justement avec la rentrée scolaire. Si c'est le cas, si tous les enfants de 5 à 11 ans sont appelés à se faire vacciner, est-ce que ça se fera aussi à l'école ?
Alors en tout cas, on pourra le proposer au travers de l'école, comme nous l'avons fait pour le collège et le lycée. Rappelons qu'en septembre et octobre, nous avons pu vacciner soit dans les collèges et lycées, soit aux abords, soit au travers de différentes initiatives prises par les familles, près de 80% des élèves du second degré. C'est un des records européens et on doit là aussi, sans féliciter, rappelez-vous les débats qui ont eu lieu fin juillet, quand j'ai annoncé le fait qu'on ne fermerait pas de classe dans l'enseignement secondaire, mais que simplement les élèves non vaccinés devraient rester chez eux une semaine.
On m'a beaucoup critiqué, néanmoins, ça a permis d'avoir beaucoup plus de vaccination dans cette classe d'âge. Et aujourd'hui, on voit que les collèges et les lycées fonctionnent à peu près normalement, ce qui est une bonne chose. C'est un peu la même chose avec le nouveau protocole de l'école primaire. C'est quelque chose qui incite à tester les enfants et c'est ainsi qu'on a développé les tests pour les enfants dans le pays. Sur la vaccination des enfants ? Sur la vaccination des enfants, c'est évidemment un sujet que l'on prend avec tout le recul nécessaire.
Une nécessité, dit Jean Castex, c'est souhaitable, dit le président de la République hier. Vous, vous dites quoi ?
La même chose, évidemment, puisque nous avons attendu d'avoir tous les résultats de toutes les autorités de santé nationales et internationales pour être certain que c'était une bonne chose pour les enfants.
Donc il faut le faire, c'est ce que vous dites aux parents ?
Bien sûr, mais néanmoins, c'est quelque chose de facultatif, bien entendu, mais c'est quelque chose d'important. Et donc, c'est aussi un des outils qui nous permettra d'avoir une école primaire plus ouverte.
Est-ce que vous souhaitez que les maîtresses et les maîtres, puisqu'on parle des enfants petits, les 5-11 ans, fassent la promotion du vaccin ? Qu'il y ait des cours là-dessus pour expliquer aux enfants qu'il est utile ?
C'est très important d'expliquer les virus et les vaccins à nos élèves, ça fait partie des... Oui, mais celui-là en particulier. Même indépendamment. Non mais, bien sûr, oui, évidemment, puisque les enfants... Il y aura un temps peut-être alloué à l'école pour en parler. Nous avons déjà donné des ressources aux professeurs pour expliquer cela, et je sais qu'ils le font. On pourrait le systématiser davantage, mais ça me paraît très important. Vous savez, l'école, c'est l'école des lumières, et l'école des lumières, ça signifie qu'on apprend les sciences en particulier. Et apprendre les sciences, c'est apprendre ce que sont les maladies, ce que sont les médicaments, ce que sont...
Vous n'avez pas peur que les enseignants et les parents antivaxent sur le dos le soir à la sortie de l'école ?
Il y a déjà, malheureusement, des débats de ce type, mais c'est fait aussi pour parler avec les parents, ce genre de choses. C'est-à-dire, vous savez, il y a des sujets sur lesquels ce n'est pas 50-50. Il y a des choses qui sont démontrées sur le plan scientifique, et le rôle de l'école depuis toujours, depuis qu'il y a une école en France, c'est de transmettre les savoirs, pas de transmettre des opinions.
Et donc de faire la promotion du vaccin contre le Covid ?
Et donc d'expliquer comment ça fonctionne un vaccin, et pourquoi le vaccin, c'est quelque chose de rationnel face à un virus. Oui, et d'ailleurs, en quoi auriez-vous pu être choqués par une phrase pareille si on avait parlé de la rougeole il y a trois ans sur un tel sujet, si vous voulez, ou d'autres choses ? On ne doit pas reculer face à tout ce qui, aujourd'hui, sont des espèces de coups de bélier contre la rationalité. Notre civilisation, notre pays, ont connu des grands progrès pendant des décennies, et même des siècles. À la faveur des progrès des sciences, des technologies, des techniques. Nous savons que ce n'est pas forcément synonyme, d'ailleurs, de bonheur de l'humanité.
Il faut être très attentif aux effets pervers des sciences et des technologies. Mais néanmoins, on doit apprendre les sciences et les technologies, et apprendre la déontologie qui va avec. C'est vrai, par exemple, aussi pour le numérique. Et donc l'école moderne, celle du XXIe siècle, elle doit faire cela en toute sérénité. Et si ça doit déboucher sur du dialogue avec les parents, c'est bien aussi, parce qu'il doit y avoir une convergence entre les parents et l'école autour de l'enfant.
Est-ce qu'il est envisagé à un moment ou à un autre, Jean-Michel Blanquer, qu'il y ait un pass sanitaire pour les enfants, quel que soit leur âge, pour certaines activités, qu'elles soient scolaires ou extrascolaires ?
Alors, pour tout ce qui est scolaire, non. Depuis le début, ce que nous disons, c'est que l'école est le lieu qui, par définition, est ouvert à tous. Il ne saurait y avoir un quelconque facteur qui fasse qu'on dise à un enfant durablement...
Jamais on interdira, par exemple, un cours de sport à un enfant pas vacciné.
Alors, pour les activités périscolaires, ce n'est pas inimaginable. Mais pour tout ce qui a trait au temps scolaire, ça n'est pas du tout la doctrine que nous avons eue jusqu'à présent. Tout simplement parce que c'est toujours la même idée. C'est l'idée de l'école ouverte, d'une école qui permet à tous les enfants d'être scolarisés, même si vos parents sont anti-vaccin.
Un pass sanitaire pour aller au club de judo le mercredi après-midi, ça, c'est envisageable ?
Je ne dis pas que c'est ce que nous allons faire, mais c'est moins impensable.
Pour une sortie ? Qu'est-ce qu'on peut imaginer ?
Jusqu'à présent, on a déjà des règles du jeu sur les sorties scolaires, notamment le fait qu'à partir du moment où c'est un créneau dédié pour les élèves, il n'y a pas besoin. Il n'y a pas besoin. Mais par contre, lorsque ça correspond à des lieux où il y a d'autres personnes, il est normal qu'il y ait des règles du jeu différentes. Ça, c'est sur la table du Conseil de défense sanitaire demain, par exemple ? Non. Non, bon, d'accord. Rassurez-vous sur ce point.
Non, mais encore une fois, dès qu'on parle d'un avenir de plus de deux semaines s'agissant de cette crise, et même de plus d'une semaine quand il s'agit de cette crise sanitaire, on ne saurait dire des choses absolues, puisque nous sommes obligés de nous adapter à la situation. Mais je suis serein, vous savez, sur toutes ces questions. Il n'y a pas de raison de remettre en cause fondamentalement ce qui nous a servi de boussole jusqu'à présent, et qui, je le rappelle, a quand même plutôt bien fonctionné. Faites de la comparaison européenne, de la comparaison internationale, et faites confiance à l'école.
Et moi, je veux remercier, puis ça correspond un peu à votre première question, mais je veux remercier les professeurs et tous les personnels engagés. Ce n'était pas ma question. Je vous ai demandé si vous aussi vous aviez appris, si vous vous étiez trompé.
18 minutes plus tard, vous remerciez les enseignants. Mais la parole est libre, c'est ne me mettez pas là-dedans. Ce n'est pas ma question. Je sais que je suis Mireille Dumas aujourd'hui, mais je ne peux pas tout prendre sur le dos.
Je vous l'accorde. Mais en tout cas, je veux les remercier, tout simplement, parce qu'ils font un grand travail, et je sais que ce n'est pas facile en ce moment.
Alors, je fais Mireille Dumas, je fais l'horloge aussi. 8h50, je défile l'info avec Mélanie Delaunay, on se retrouve dans un instant.
De nouvelles restrictions pour les voyageurs qui arrivent du Royaume-Uni, un motif impérieux pour se rendre en France, et un test négatif de moins de 24 heures à partir de samedi, annonce le porte-parole du gouvernement. En France, les tests Covid sont à un niveau jamais atteint. On en a fait près de 5,9 millions la semaine dernière. Réunions en cours au ministère de l'Intérieur pour apporter des réponses aux violences dans le football. Après les incidents lors de Lyon-Marseille, le président de l'OL, Jean-Michel Aulas, est privé de stade pour 5 matchs.
Depuis ce matin, des trains supprimés sur les Transiliens et les RER en Ile-de-France, sauf le A, et demain, la moitié des TGV sur l'axe sud-est, la balle est maintenant dans le camp des syndicats, assure la direction de la SNCF. Garde à vue prolongée pour l'actuelle compagne de Cédric Jubilard, elle est entendue pour complicité de recel de cadavres dans l'enquête sur la disparition de Delphine Jubilard dans le Tarn. Et puis elles sont en demi-finale, les handballeuses de l'équipe de France affronteront le Danemark demain, après leur victoire hier soir sur la Suède.
France Info Toujours avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale.
Par précaution, la faculté d'Aix-Marseille a décidé de revenir au distanciel à la rentrée de janvier. Est-ce que vous considérez que c'est une bonne idée pour anticiper cette épidémie, cette augmentation de l'épidémie qui pourrait avoir lieu pendant les fêtes ?
Bon, s'agissant d'une université, elle n'est pas dans mon champ, puisque je suis ministre de l'Éducation nationale et pas de l'enseignement supérieur. Et par ailleurs, vous le savez, les universités ont une forte autonomie de décision sur ces sujets et peuvent tenir compte de circonstances locales. De façon générale, je crois que tout le monde l'a compris, je ne suis pas très favorable à la fermeture trop systématique et qu'il ne faut pas abuser du principe de précaution qui peut se retourner contre nous, parce que c'est aussi bon pour la santé psychologique et pour les connaissances des étudiants que d'avoir un enseignement qui se déroule en leur présence.
Donc je pense que la fermeture d'un établissement, c'est quelque chose qu'il ne faut pas dégainer trop facilement.
Toujours à Marseille, Emmanuel Macron, lors de sa visite sur place il y a quelques mois, avait annoncé qu'une cinquantaine d'écoles allaient pouvoir tester plus d'autonomie. Les directeurs de ces écoles pourraient notamment recruter directement du personnel. Il se trouve qu'hier à votre place, Jean-Michel Blanquer, c'est le maire de Marseille qui était là. Il se trouve qu'on lui a posé la question sur est-ce que ça va se faire en septembre ? Il se trouve que voici sa réponse.
Est-ce que ça va se faire ? Non, ça a été abandonné. Ce n'est pas dans le camp de Marseille. D'abord, les enseignants dans ces endroits-là, dans ces écoles-là, ils travaillent de manière absolument extraordinaire. Tout le personnel dans ces endroits-là est ultra mobilisé. La question n'est pas de savoir si on va faire des expérimentations sur la manière dont sont recrutés les enseignants. Et puis, je crois savoir qu'en France, il y a quelque chose qui s'appelle un code de l'éducation. Il se trouve qu'il faut le respecter parce que c'est la loi. Et dans le code de l'éducation, je crois que cette disposition est interdite.
Et sauf à changer la loi, ce qui n'a pas été fait, mais peut-être que le ministre vous l'annoncera demain matin, sauf à changer la loi, je crois qu'on ne peut pas le faire. C'est mort et enterré ou pas ?
Non, pas du tout. D'ailleurs, c'est un peu étonnant puisqu'on s'est vu avant-hier avec le maire de Marseille et que cette question n'a pas du tout été abordée. Pour le coup, elle est dans mon champ de compétences et pas dans celui du maire de Marseille. Ce qui nous a bien rappelé. Mais il nous a dit que ça ne se fera pas à la rentrée. Je parlerai code de l'éducation avec lui et droit à l'expérimentation aussi, qui est bel et bien inscrit dans le code. Mais bon, ne faisons pas de polémique sur cela puisque lundi, ça s'est très bien passé à Marseille. Mais il y aura bien une exception marseillaise à la rentrée des écoles qui pourront recruter directement leurs enseignants.
Je peux même vous donner le chiffre exact. C'est 58 écoles pour lesquelles il y a une expérimentation. Toutes volontaires, bien sûr, correspondant à des projets éducatifs. On a beaucoup parlé du recrutement par les directeurs. C'est la mesure qui frappe le plus. Mais il y a aussi tout ça, ce n'est pas fait pour le plaisir, si je puis dire. C'est fait pour aller vers un projet éducatif qui va de pair avec des investissements importants qui sont faits, notamment pour le bâti scolaire, mais aussi pour un beau projet éducatif différencié dans chacune de ces 58 écoles. Donc ça va se faire, c'est ce que vous dites ? Oui, bien sûr.
Et de façon intéressante pour tout le monde, puisque l'idée, c'est d'avoir 58 projets éducatifs extrêmement motivants, extrêmement intéressants, et avoir des professeurs qui ont envie d'être là. Alors il y a beaucoup de professeurs qui sont déjà là, qui vont tout simplement rester. Oui, parce qu'en fait, la plupart restent. Mais je sais qu'il y a, par exemple, beaucoup de candidats aujourd'hui qui ont envie de rejoindre ces projets-là. Et c'est bien, et c'est sain. C'est bon pour tout le monde, et c'est bon pour Marseille. Donc je pense que ce n'est pas la peine de cultiver une polémique. Là, on reparlerait avec le maire de Marseille.
Mais en tout cas, ce que j'ai noté dans son intervention, c'est surtout qu'il s'est félicité de ce qu'on a pu faire avec le Premier ministre lundi, à la suite des déclarations du chef de l'État. Et donc on est en train d'avancer. Donc soyons sur ce chemin de progrès, et soyons chacun sur notre terrain de compétence.
La Cour des comptes vient de rendre son dernier rapport sur l'éducation nationale. Jean-Michel Blanquer, avec un mot dans ce rapport de la Cour des comptes que vous avez, je suppose, lu avec beaucoup d'attention. Elle dit que les performances de l'école française sont médiocres. Vous êtes à la tête d'un décolle médiocre.
Moi, je regrette cet adjectif, puisque c'est très souvent ce qu'on voit aussi dans les articles de presse, c'est-à-dire cette espèce de goût pour des mots excessifs. Et par exemple, cette phrase-là, sauf erreur de ma part, elle vient à l'appui d'un chiffre qui lui-même date de 2016. C'est celui qui dit que les élèves en queue de peloton dans les classes, leur nombre a augmenté. Ça fait référence à une étude de 2016. Et si vous voulez, moi, je suis un peu là de voir qu'on m'oppose des... Par exemple, PISA 2018, qui a trait à des élèves de 15 ans testés en 2018, ou une étude de 2016 pour dire « Ah, le système ne bouge pas, il est toujours aussi médiocre ». C'est complètement absurde.
D'abord, ce mot de médiocre est très excessif. Et ensuite, moi, je suis dans la situation...
Très excessif, simplement.
Oui, mais très sûr. Il est surtout inapproprié. En réalité, ça ne veut rien dire de dire ça. Par contre, ce qui est important, c'est de noter les rebonds qui ont lieu actuellement. Regardez les dernières évaluations nationales, qui sont incontestées, et qui, d'ailleurs, nous ont été très utiles pour traverser la crise sanitaire. Elles nous montrent des élèves de CP, de CE1 et de CM2 qui progressent. Les chiffres de l'entrée en 6e sont encore des chiffres qu'on doit améliorer, bien sûr, mais ils sont en amélioration.
Donc, moi, je suis dans la situation, si vous voulez, d'avoir opéré un premier rebond, notamment grâce à cette priorité à l'école primaire que nous avons eue, et de continuer à entendre les mêmes objectifs comme si...
Donc, le niveau n'a pas baissé, contrairement à ce que dit la Cour des comptes ?
Pas du tout. Le niveau n'a absolument pas baissé ces dernières années. À l'école primaire, je l'affirme, preuve à l'appui, le niveau est en train de monter pour la première fois depuis très longtemps.
Ça pèse du côté du collège et du lycée, alors ?
Après, vous savez, ces sujets-là nécessitent du temps. Et donc, il y a toute une génération qui monte, qui va représenter cette hausse du niveau. J'étais dans une école du 18e arrondissement, d'un goutte d'or, il n'y a pas très longtemps, extrêmement emblématique de choses que j'ai vues aussi dans l'académie d'Amiens, par exemple, très récemment. C'est-à-dire, ces classes dédoublées où des enfants ont des réussites en matière de lecture, écriture, calcul, comparables aux élèves d'arrondissements plus favorisés. C'est une performance totalement nouvelle de l'école française.
Et donc, si nous réussissons à ce que les 20% les plus en difficulté aillent vers le même niveau que les autres, nous avons déjà les trois quarts de la solution. C'est ce qui est en train de se passer et interroger les professeurs à l'école primaire. Nous avons aussi amélioré le taux d'encadrement, département par département, en France, depuis 2017. Les méthodes pédagogiques ne cessent d'évoluer. Il y a un plan français et un plan mathématique. Donc, moi, ma réponse à ça, c'est faisons confiance à l'école.
Il y a plusieurs propositions aussi dans le rapport de la Cour des comptes. Elles souhaitent qu'on annualise le temps de travail des enseignants. Elles disent aussi qu'il faudrait éventuellement rendre les remplacements entre collègues obligatoires. Il y a un ministre, je crois, qui avait tenté de faire ça il y a une quinzaine d'années. C'était François Fillon. Il avait vite remballé le projet rendre les remplacements entre collègues obligatoires pour éviter... Est-ce que c'est une bonne idée ou pas ? Est-ce que vous allez le reprendre ? Il y a plusieurs idées dans le rapport de la Cour des comptes qui sont intéressantes. Certaines, je les ai déjà faits. Les remplacements obligatoires.
Oui, mais ça, j'ai commencé. Vous savez, il y a ce qu'on appelle la deuxième heure supplémentaire obligatoire. Je l'ai fait en 2019. Ça s'applique. C'est une des mesures à prendre et on a commencé à la prendre. Vous savez, il y a beaucoup de choses qui ne se voient pas forcément, mais qui représentent des progrès. Évidemment, la crise sanitaire cache aussi un certain nombre de choses. Mais les préconisations de la Cour des comptes, je les prends évidemment au sérieux. Et certaines d'entre elles sont déjà mises en œuvre. Faisons-nous confiance. Faisons confiance à l'école. C'est ce dont notre pays a besoin. Il y a matière. Aujourd'hui, ce n'est pas juste une phrase.
Ça s'appuie sur des premiers progrès qui sont vraiment importants.
Merci beaucoup Jean-Michel Blanquer. Merci à vous. Et bonne journée. Merci. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille. Le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.