Eva Joly
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11FerméeRéponse directe
Maintenez-vous qu'il n'y aura pas d'accord électoral avec l'EPS sans un arrêt du chantier EPR de Flamanville ?
- 1:12OuverteRéponse partielle
Votre porte-parole Yannick Jadot propose ce matin un audit indépendant et un gel du chantier pendant qu'on étudie à la fois la sécurité et le coût du projet. Ça ne vous satisferait pas ?
- 1:23RelanceRéponse partielle
Ça ne vous satisferait pas ?
- 1:38RelanceRéponse directe
Oui mais vous, vous êtes intransigeante là-dessus. Pardon, mais je vous ai bien entendu. Il ne pourrait pas y avoir d'accord sans un arrêt du chantier.
- 1:54OuverteRéponse directe
Mais là on ne parle plus de compromis. En somme, vous voudriez que l'EPR signe votre programme.
- 2:08OuverteRéponse partielle
Mais vous comprenez ce qui est curieux dans votre démarche, c'est la façon dont vous êtes entré dans cette négociation et notamment dont vous avez porté cette parole. Quand on pose un ultimatum...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« nous ne pouvons donc pas nous lancer dans un projet qui va nous coller à l'énergie nucléaire pour 60 ans. »
- 0:40Invité politiqueFait
« C'est le même modèle que ce qu'on construit depuis les années 70. »
- 0:44Invité politiqueFait
« Sa sécurité n'est pas plus grande, simplement il y a une concentration plus grande de matières radioactives et de déchets plus importants. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Et on utilise aussi le MOX comme combustible. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Et moi je voudrais qu'on tire les leçons de Fukushima. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Les socialistes étaient contre ce chantier lorsqu'il a démarré au début de l'année 2000, en 2004. »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« Arrêtez l'EPR de Flamanville, c'est 3 milliards d'économies que nous pourrions injecter immédiatement dans les énergies renouvelables. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Les autorités de sécurité nucléaire en Finlande, en Angleterre et en France ont pointé les défaillances de cette centrale. »
- 5:56Invité politiqueFait
« En tout cas, on peut constater que les marchés réussissent en Italie, ce que l'opinion n'avait pas réussi. »
- 6:08Invité politiqueChiffre
« Il a un nombre de procès, je ne sais pas, il a six ou sept procès en cours. »
- 7:34Invité politiqueFait
« Moi je pense qu'il n'y a pas d'autre solution qu'aller vers un fédéralisme européen. »
- 7:40Invité politiqueFait
« Il faut créer un trésor européen, il faut un impôt européen, il faut une coordination de politique fiscale. »
Temps de parole
- Eva Joly67 %
- Présentateur33 %
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La candidate à la présidentielle d'Europe Écologie des Verts est notre invitée ce matin. Bonjour Eva Jolie. Bonjour. Maintenez-vous qu'il n'y aura pas d'accord électoral avec l'EPS sans un arrêt du chantier EPR de Flamanville ?
Moi je maintiens cela. Je souhaite vraiment convaincre mes concitoyens que nous devons changer de paradigme, que nous devons changer de modèle énergétique. Et nous ne pouvons donc pas nous lancer dans un projet qui va nous coller à l'énergie nucléaire pour 60 ans. Je voudrais aussi m'inscrire en faux contre l'idée que cet EPR est un progrès technique. C'est le même modèle que ce qu'on construit depuis les années 70. Sa sécurité n'est pas plus grande, simplement il y a une concentration plus grande de matières radioactives et de déchets plus importants. Et on utilise aussi le MOX comme combustible.
Donc ce n'est pas parce qu'il y a un cendrier, comme disent les techniciens en plus, que ce modèle est plus sûr. Et moi je voudrais qu'on tire les leçons de Fukushima. Et je ne comprends pas qu'on puisse continuer à faire comme si rien ne s'était passé.
Donc sur l'EPR, pas de compromis. Votre porte-parole Yannick Jadot propose ce matin un audit indépendant et un gel du chantier pendant qu'on étudie à la fois la sécurité et le coût du projet. Ça ne vous satisferait pas ?
Cela prouve que le parti n'est pas dans l'intransigeance et qu'il y a différentes propositions sur la table. Et on voit bien que l'intransigeance est de l'autre côté parce que même ces propositions-là, qui ne sont pas les miennes, ne sont pas acceptées.
Oui mais vous, vous êtes intransigeante là-dessus. Pardon, mais je vous ai bien entendu. Il ne pourrait pas y avoir d'accord sans un arrêt du chantier.
Voilà, mais moi je ne négocie pas cela avec le parti socialiste. Moi je m'adresse aux français pour les convaincre eux. Et ça donne tout son sens à ma candidature, il semble-t-il.
Mais là on ne parle plus de compromis. En somme, vous voudriez que l'EPR signe votre programme.
Je ne suis pas, je ne demande pas à ce que les socialistes deviennent écologistes. Et moi je ne vais pas devenir socialiste. Nous portons chacun notre projet.
Mais vous comprenez ce qui est curieux dans votre démarche, c'est la façon dont vous êtes entré dans cette négociation et notamment dont vous avez porté cette parole. Quand on pose un ultimatum...
Je n'ai jamais posé d'ultimatum. Nous étions d'accord sur la date. La date avait été arrêtée d'un commun accord entre le parti socialiste et nous. Et les exigences des écologistes sur l'arrêt de l'EPR étaient archi connues. Et je dois dire que la position de François Hollande m'étonne parce que les socialistes étaient contre ce chantier lorsqu'il a démarré au début de l'année 2000, en 2004. Les socialistes étaient contre. Donc c'est vraiment un recul de leur position.
Et les avancées qui ont été verbalisées au cours de la primaire socialiste, la proposition de François Hollande de réduire d'un tiers la part de l'énergie nucléaire dans la production électrique, ça ne vous satisfait pas ?
Ça ne me satisfait pas parce que nous devons décider quel modèle énergétique nous voulons. Il faut une rupture.
Et vous pensez, vous, qu'il n'y a qu'une seule politique énergétique possible pour la France ?
Il y a, on peut négocier sur les modalités de sortie, est-ce que ça va être en 18 ans, 20 ans, 30 ans, ça on peut le négocier. Mais par contre, on ne peut pas dire que nous voulons sortir du nucléaire et relancer l'EPR. C'est contradictoire.
Ce que l'EPR s'explique, c'est que maintenir Flamanville permettrait notamment de fermer les vieilles centrales.
Mais voilà, c'est ce qu'ils appellent la transition énergétique. Mais c'est la fausse bonne idée, c'est-à-dire faire croire aux Français que l'EPR de Flamanville est meilleur techniquement est un mensonge. C'est une catastrophe industrielle. Il y a eu trois années de retard. On n'arrive pas à le construire en Finlande, c'est aussi une catastrophe financière. Arrêtez l'EPR de Flamanville, c'est 3 milliards d'économies que nous pourrions injecter immédiatement dans les énergies renouvelables.
On pourrait vous rétorquer que si on arrête le chantier, ce serait une catastrophe financière plus grande encore parce que c'est de l'argent à fond perdu, les 3 ou 4 ou 5 milliards déjà dépensés.
Les autorités de sécurité nucléaire en Finlande, en Angleterre et en France ont pointé les défaillances de cette centrale. Elle n'est pas encore opérationnelle en réalité. C'est une catastrophe industrielle. Et donc nous devrions pouvoir trouver là-dessus un terrain d'entente, me semble-t-il.
Bon, si je vous écoute ce matin Eva Jolie et si j'entends ce que vient de déclarer Manuel Valls sur RTL, il est hors de question, dit-il, d'arrêter le chantier de l'EPR. Il n'y aura sans doute pas d'accord avec le parti socialiste, pas d'accord de gouvernement, c'est grave ou pas ?
Écoutez, je pense que nos négociateurs font un travail remarquable. Ils travaillent jour et nuit et ce n'est pas encore terminé. Donc voilà, j'ai encore un espoir qu'il y aura un accord.
Est-ce que ce serait grave de partir à la bataille présidentielle sans un accord législatif ou un accord de gouvernement avec l'EPS ?
Je pense que la dynamique qui constitue le rassemblement de la gauche et des écologistes, ça serait grave que cette dynamique ne soit pas en place. Parce que gouverner la France dans cette crise, je pense que les écologistes y ont toute leur place. Et aller à la bataille seul pour les partis socialistes, c'est aussi s'affaiblir.
On va revenir évidemment sur ces questions énergétiques forcément dans la deuxième partie de cette interview avec les questions des auditeurs d'Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000. Je voudrais rebondir sur la chronique de Bernard Guetta il y a un instant. Lucas Papademos en Grèce, Mario Monti en Italie. Est-ce que vous aussi vous criez à la dictature des marchés en Europe ?
En tout cas, on peut constater que les marchés réussissent en Italie, ce que l'opinion n'avait pas réussi. Ça fait très longtemps qu'Ebalosconi était très impopulaire. Il a un nombre de procès, je ne sais pas, il a six ou sept procès en cours. Un de mes collègues et amis qui a instruit cette affaire est désespéré par le nombre de changements législatifs que Ebalosconi a initiés par exemple. Donc son impopularité était énorme. Mais c'est lorsque le taux d'intérêt s'enflamme et qu'il y a une conséquence directe sur le budget qu'il prenne action. Donc je ne suis pas d'accord avec Bernard Guetta.
Je pense que là, le marché a vraiment joué son rôle, a joué un rôle très grand dans le départ de Ebalosconi. Et ça, on peut s'interroger sur la qualité démocratique de cela.
Mais on peut aussi penser que les marchés ont en quelque sorte accompagné les peuples pour se débarrasser de dirigeants qui n'étaient pas à la hauteur de la crise actuelle.
Oui, c'est vrai, on peut dire ça. On peut vraiment dire que Ebalosconi n'était pas à l'auteur et que c'est un bon débarras et nous sommes tous très contents qu'il soit parti.
Donc vous êtes plutôt du côté de ceux qui ont manifesté en Italie pour crier leur joie à l'annonce du départ de Silvio Berlusconi.
Avec l'orchestre philharmonique devant et l'hymne à la choix.
Avec l'orchestre philharmonique. Est-ce que le débat actuel sur la crise en France et les mesures d'austérité, est-ce que ça vous inquiète ? Comment vous vous inscrirez dans cette campagne présidentielle face à la situation économique qui semble se dégrader pour notre pays, Eva Jolie ?
Moi je pense qu'il n'y a pas d'autre solution qu'aller vers un fédéralisme européen. Il faut créer un trésor européen, il faut un impôt européen, il faut une coordination de politique fiscale. Aussi longtemps qu'on laisse la concurrence fiscale jouer, lorsqu'on laisse les paradis fiscaux en place et qu'on permet aux multinationales de ne pas payer d'impôts et aux riches citoyens de ne pas payer d'impôts, il n'y a pas de solution.
Eva Joly