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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 21 août 2014 15 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Eva Sas, députée EELV : "Nous n'avons jamais été un parti contestataire"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Bonjour à vous.

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez lu le cadeau que souhaite vous faire Dominique Voinet dans le Figaro ce matin ?

  • 1:25RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que vous lui répondez ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que vous avez plus de poids sur les sujets que vous évoquez depuis que vous avez quitté le gouvernement ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de l'attitude de la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal ?

  • 3:57RelanceRéponse directe

    Vous n'êtes pas un parti contestataire, m'a dites-vous ce matin Eva Sasse, pourtant vous êtes un parti qui claque la porte d'un gouvernement au cœur de l'action.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:02Invité politiqueFait
    « Je crois que le sens de responsabilité nous l'avons. »
  • 1:56Invité politiqueChiffre
    « La taxe poids lourd, on a eu un recul important. Elle a été divisée par trois en termes de réseaux taxables. »
  • 2:13Invité politiqueChiffre
    « Et puis c'est une politique qui est inefficace en matière d'emploi puisqu'on a encore perdu 7000 emplois au premier semestre 2014. »
  • 4:17Invité politiqueChiffre
    « L'Union européenne en janvier 2014 a sorti une étude qui s'inscrit vraiment dans la suite de nombreuses études qui a montré qu'en 2030 nous pouvions créer 1,2 million d'emplois en Europe »
  • 3:36Invité politiqueChiffre
    « Nous avons proposé l'année dernière 1500 amendements, 15 propositions de loi. »
  • 7:35Invité politiqueChiffre
    « 70% des sympathisants des écologistes, aujourd'hui, ne font pas confiance à l'exécutif. »
  • 13:31Invité politiqueFait
    « Quand j'ai accouché il y a neuf mois, je me suis rendu compte, effectivement, à ma grande surprise, qu'il n'y avait rien prévu, en fait, pour les femmes enceintes. »
  • 13:52Invité politiqueChiffre
    « La politique française est faite par des hommes et pour des hommes. Nous ne sommes toujours que 25% de femmes à l'Assemblée. »

Temps de parole

  • Eva Sas77 %
  • Présentateur23 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le sunset de l'été, Dorothée Barba, sur France Inter. Vous savez ce que c'est, un anniversaire, une fête de famille, on voit souvent éclater au grand jour les bisbilles, les querelles, les chamailleries. Et puis il faut dire que chez les Verts c'est un peu une habitude, ce 30e anniversaire du parti s'annonce particulièrement tendu. Les journées d'été d'Europe Écologie Les Verts démarrent aujourd'hui à Bordeaux. Ce sont les premières depuis que la formation politique a quitté le gouvernement. Eva Sasse est mon invitée ce matin, députée écologiste de l'Essonne. Bonjour à vous. Bonjour.

Merci beaucoup d'être en direct sur France Inter ce matin, juste avant de partir à Bordeaux pour ces journées d'été. Alors c'est un double anniversaire en fait, les Verts fêtent leur 30e anniversaire. Et c'était il y a 40 ans la première candidature écologiste à la présidentielle d'un certain René Dumont. Donc c'est l'écologie politique finalement qui est née il y a 40 ans. Est-ce que vous avez lu le cadeau que souhaite vous faire Dominique Voinet dans le Figaro ce matin ?

0:56
Eva Sas

Pas encore mais vous allez me le dire.

0:58
Présentateur

Elle propose de vous offrir le sens des responsabilités en cadeau.

1:02
Eva Sas

Je crois que le sens de responsabilité nous l'avons. J'entends aujourd'hui des critiques qui sont un petit peu déplacées. La critique elle est toujours bonne à prendre et Europe Écologie Les Verts a certainement des choses à améliorer. Maintenant je pense que nous avons fait un choix, celui de la sortie du gouvernement. On ne peut pas nous reprocher de mettre nos actes en accord avec nos convictions, nous défendons. Donc comme René Dumont il y a 40 ans, l'écologie avant tout.

1:25
Présentateur

L'ancien ministre Dominique Voinet dit aussi qu'à 30 ans il serait temps pour votre formation politique de terminer sa crise d'adolescence. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

1:34
Eva Sas

Moi j'ai surtout l'impression que la sortie du gouvernement a peut-être contrecarré quelques ambitions individuelles et effectivement il y a quelques grincements dedans qu'on entend. Mais nous ne pouvons pas rester dans ce gouvernement parce que, et ce n'est pas un manque de responsabilité, bien au contraire. C'est vraiment parce que nous assistions à un recul sur les sujets qui nous sont chers, les sujets de l'écologie. Je vais prendre deux, trois exemples. La taxe poids lourd, on a eu un recul important. Elle a été divisée par trois en termes de réseaux taxables. La loi de précaution sur les ondes, nous avons beaucoup de mal à la faire accepter.

Les investissements dans l'isolation des logements, c'est quelque chose qui nous tient à cœur. Là aussi il y a pour l'instant très peu d'avancées. Et puis c'est une politique qui est inefficace en matière d'emploi puisqu'on a encore perdu 7000 emplois au premier semestre 2014. Nous ne pouvions plus soutenir, ça n'était plus tenable. Je crois que c'est au contraire le sens des responsabilités que de quitter un gouvernement avec lequel nous ne sommes plus en accord.

2:27
Présentateur

Alors pensez-vous que vous avez plus de poids sur les sujets que vous évoquez depuis que vous avez quitté le gouvernement ?

2:33
Eva Sas

Nous avons une stratégie qui est claire, c'est de construire des alliances sur les sujets qui nous tiennent à cœur. Aussi bien sur l'écologie que sur par exemple la baisse de l'impôt sur les ménages, avec des partenaires au sein du Parlement. La question c'est de savoir est-ce que Manuel Valls va vraiment revaloriser le rôle du Parlement ? Comme le président de la République l'avait annoncé dans le discours du Bourget, pour l'instant effectivement ça nous pose question.

Mais vous serez peut-être surprise de savoir que par exemple quand nous avons défendu le maintien du budget de l'écologie, nous avons trouvé des alliés à la fois à l'UDI, donc au centre, et à la fois du côté des députés socialistes des 41 qu'on appelle aujourd'hui maintenant les fondeurs.

3:13
Présentateur

D'ailleurs sur cette question du maintien du budget de l'écologie, que pensez-vous de l'attitude de la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal ? Moi je trouve qu'elle a été mutique et c'est un peu dommage effectivement.

3:23
Eva Sas

Moi j'attends beaucoup de volontarisme de Ségolène Royal, elle peut en avoir. Donc nous serons là pour soutenir ces bons projets et pour améliorer aussi ces projets. Nous sommes d'abord un parti de proposition, c'est ça qui est très important. Nous n'avons jamais été un parti contestataire et nous avons proposé l'année dernière 1500 amendements, 15 propositions de loi. Nous restons d'abord et avant tout un parti de proposition centré sur les questions écologiques. Nous avons tout notre rôle à jouer au Parlement et je crois que ça n'est pas du tout la fin de l'écologie que de sortir du gouvernement.

3:53
Présentateur

Au contraire, c'est le début d'une nouvelle aventure et la façon de peser. Vous n'êtes pas un parti contestataire, m'a dites-vous ce matin Eva Sasse, pourtant vous êtes un parti qui claque la porte d'un gouvernement au cœur de l'action.

4:03
Eva Sas

Nous sommes un parti de conviction quand aujourd'hui nous ne pouvons pas nous mettre d'accord avec le gouvernement. Par exemple, nous exposons très clairement que nous pouvons créer des milliers d'emplois avec par exemple l'isolation des logements. L'Union européenne en janvier 2014 a sorti une étude qui s'inscrit vraiment dans la suite de nombreuses études qui a montré qu'en 2030 nous pouvions créer 1,2 million d'emplois en Europe avec un investissement qui était rentable parce qu'il se rentabilise sur les économies d'énergie. Nous démontrons cela au gouvernement qu'investir dans la transition énergétique c'est rentable, ça crée de l'emploi et c'est comme ça qu'on va sortir de la crise.

Et pourtant on ne nous écoute pas. On ne peut pas rester dans un gouvernement qui reste sourd à ces solutions volontaristes que nous proposons. Le problème c'est aussi le manque de volontarisme de ce gouvernement. Je relisais récemment le discours du Bourget qui nous avait tous enthousiasmés à l'époque. De François Hollande. Voilà, de François Hollande candidat. C'était le discours de Roosevelt, ça nous avait enthousiasmés, nous attendions de la régulation, du volontarisme. Malheureusement nous avons eu la politique de Reagan des années 80 et même en plus mou, je vais vous dire. Donc pour nous c'est très important de soutenir une politique qui serait volontariste.

Et nous avons des alliés au Parlement pour développer ça.

5:22
Présentateur

Donc finalement vous dites la même chose que Cécile Duflo dans son livre au vitriol qui va paraître ce week-end. Oui, je ne l'ai pas encore lu mais ça veut dire qu'il y a un accord. De l'intérieur, voyage au pays de la désillusion, il ne dit pas autre chose. La désillusion, la déception, elle vient avant tout de François Hollande et de Manuel Valls.

5:36
Eva Sas

Oui, je crois qu'effectivement le recul devant les lobbies sur le sujet bancaire aussi nous avons été très déçus parce qu'on attendait une vraie loi de régulation et malheureusement vous voyez qu'au final il y a deux banques qui sont touchées et qui font une filiale où il y a 1 ou 2% de leurs activités. Donc il y a un moment où vraiment le volontarisme et l'action font partie aussi vraiment de l'ADN des Verts. Nous sommes dans la continuité de 30 ans d'histoire des Verts. Donc je pense que la lutte contre les lobbies, ça fait 30 ans que nous l'exabissons aussi. C'est aussi important pour nous d'avoir vraiment une politique extrêmement volontariste.

6:18
Présentateur

Alors revenons à vos histoires de famille, Evassas, puisque c'est l'anniversaire des Verts. L'ambiance aurait-elle pu être pire dans le parti à l'heure où s'ouvrent les journées d'été ?

6:26
Eva Sas

Oui, bien sûr. Ça aurait pu être pire encore ? Je pense que nous nous retrouvons sur les fondamentaux. Après, c'est des questions de stratégie. Comme je vous le disais, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. Je pense que si certains aujourd'hui émettent quelques aigreurs, c'est parce qu'aussi des parcours individuels ont été stoppés par la sortie du gouvernement. Ça joue quand même. On ne va pas se mentir. Après, nous nous retrouvons sur les fondamentaux. À chaque fois que nous avons discuté de fonds et les journées d'été, c'est d'abord l'occasion de discuter du fonds.

Et un moment de convivialité, je crois, comme vous allez le voir, puisque de nombreuses fêtes et concours d'hiver sont prévus. Je crois que nous nous retrouvons vraiment sur l'essentiel. Nous avons toujours connu des aventures individuelles qui se sont parfois d'ailleurs soldées par décision. Je pense à Génération écologie. Je pense au mouvement écologiste indépendant. Les Verts ont l'habitude de ce type de débat. Le débat est sain. Nous l'affrontons avec sérénité. Je crois que nous avons fait des choix qui sont partagés par l'ensemble des militants. Et moi, je n'oublie pas que 70% des sympathisants des écologistes, aujourd'hui, ne font pas confiance à l'exécutif.

Donc, nous sommes très sereins sur nos choix.

7:42
Présentateur

On a quand même du mal à croire, aujourd'hui, Eva Sasse, que Cécile Duflo et Jean-Vincent en placés puissent tomber d'accord sur quoi que ce soit.

7:49
Eva Sas

Je ne sais pas si c'est l'enjeu. Je crois que l'enjeu, c'est vraiment que nous défendions nos positions. Après que des divergences s'expriment une fois de plus sur la stratégie plus que sur le fond, ça ne me dérange pas beaucoup. Moi, ce qui m'intéresse plus, c'est de savoir si la prochaine loi de transition énergétique, nous allons pouvoir avoir les moyens de mettre en œuvre les projets d'économie d'énergie et d'isolation des logements qui sont contenus dans cette loi. Il y a de bonnes choses, d'ailleurs, dans cette loi. Maintenant, il faut les moyens qui vont avec. C'est là-dessus que nous devons concentrer notre énergie et non pas sur des bisbis qui sont parfois un peu hors sujet.

Moi, quand j'entends parler de dérive gauchiste, moi qui suis, qui ai fait une école de commerce, qui suis issue du monde de l'entreprise et qui cherche avant tout une efficacité de la politique économique, c'est vraiment ça notre sujet. C'est quand on perd 7000 emplois une fois de plus au premier semestre 2014, il faut se poser des questions. Donc, notre sujet, ce n'est pas la politique de relance à la papa des années 80. C'est l'investissement dans un nouveau modèle de développement qui crée de l'emploi. Et c'est là-dessus que nous devons concentrer nos forces.

8:56
Présentateur

Alors, puisque vous êtes issue d'une école de commerce, le mot « firme » vous plaît peut-être plus ? Noël Mamère qui claque la porte du parti en dénonçant une firme menée par Cécile Duflo ?

9:06
Eva Sas

Ça, c'était il y a quelques temps déjà. Je crois que c'est même déjà complètement dépassé.

9:11
Présentateur

Il y a d'ailleurs là un vocabulaire un peu mafieux qui renvoie peut-être à une accusation.

9:14
Eva Sas

Non, ça renvoie à un côté clannique qui peut exister parfois dans tous les partis. Je crois que Noël a toute sa place chez nous. J'espère qu'il s'est... Mais il ne sera pas là à Bordeaux. Ça lui arrive effectivement de ne pas être là. Mais à l'Assemblée, je peux vous dire qu'il est très présent et très précieux surtout parce que c'est un des ténors et notre meilleure porte-parole sur les sujets internationaux. Moi, je suis très attachée à ce que Noël continue le parcours avec nous. C'est effectivement des gens qui sont importants pour l'écologie. Je pense qu'il ne faut pas se couper effectivement des gens qui ont fait l'écologie depuis 30 ans.

9:52
Présentateur

Alors, il manquera aussi Dominique Voinet, Nicolas Hulot, Noël Mamère, on le disait, Daniel Cohn-Bendit. Ça fait quand même beaucoup d'absents sur cette liste.

10:00
Eva Sas

Nicolas Hulot n'a jamais fait partie à ma connaissance d'Europe Écologie Les Verts.

10:03
Présentateur

Mais puisqu'on parle d'écologie politique, dont c'est l'anniversaire, le 40e anniversaire, il incarne aussi l'écologie politique au sens large.

10:09
Eva Sas

Je vais vous donner raison. Je pense qu'il faut effectivement un mouvement d'ouverture et qu'il faut que nous fassions attention à rester effectivement un mouvement attractif, à rechercher les représentants de l'écologie partout où ils sont et à les rassembler sur les projets dont j'ai parlé. Nous restons sur nos fondamentaux. Je voudrais citer une proposition de loi qui n'aura certainement pas fait l'ouverture de votre journal. Nous venons de déposer une proposition de loi. Enfin, ma collègue Laurence Abeille plus exactement a déposé une proposition de loi contre le chalutage en eau profonde pour limiter la destruction des fonds marins. Voilà, nous restons sur nos fondamentaux.

Ça ne fait pas effectivement la une des journaux. Je crois que sur ces sujets environnementaux que nous défendons toujours corps et âme, c'est pour ça que c'est important d'avoir des députés écologistes parce qu'il n'y a que nous qui portons ces sujets-là au Parlement. C'est ça la réalité. Nous devons rassembler effectivement toute la planète de l'écologie et c'est vrai que c'est dommage qu'effectivement nous n'élargissions pas plus notre cercle.

11:10
Présentateur

Eva Sasse, vous évoquiez tout à l'heure la loi sur la transition énergétique dont vous craignez qu'elle reste lettre morte par manque de moyens. Cela renvoie là encore au livre de Cécile Duflo. Elle dit que l'explication de François Hollande, c'était la suivante à l'époque. C'est compliqué. Pour François Hollande, tout est toujours compliqué, écrit l'ancienne ministre du logement. Est-ce que vous pensez que François Hollande et Emmanuel Valls sont la fibre écologique ?

11:31
Eva Sas

Pour l'instant, ils ne l'ont pas démontré. Une conscience écologique alors, écologiste ? Je ne pense pas que ça fasse partie de leur culture initiale. Mais comme disait Nicolas Hulot, on ne n'est pas écologiste, on le devient. Donc nous, nous cherchons à convaincre. Je pense qu'une fois de plus, nous ne sommes pas seuls. Et au sein des députés écologistes, il y a par contre des gens qui sont à nos côtés. Je pense à Olivier Faure sur les transports collectifs. Je pense à Jean-Paul Chanteuguay, le président de la commission de développement durable, qui sont vraiment des gens convaincus sur l'importance du sujet écologique. Et donc, je pense que tous ensemble, on peut faire bouger les lignes.

Notre objectif dans les trois ans qui viennent, c'est clairement faire bouger les lignes. On ne peut pas s'enfermer effectivement dans une posture contestataire stérile. Il est très facile aujourd'hui de faire du holland bashing. Tout le monde en fait. C'est démagogique et en plus, ça marche.

12:23
Présentateur

Mais ce n'est pas du tout ce que nous allons faire. Alors justement, Eva Sass, est-ce que vous êtes favorable à l'idée d'une participation d'Europe Écologie Les Verts à une primaire de la gauche pour 2017 ? Je crois que c'est vraiment trop tôt pour poser le sujet.

12:33
Eva Sas

Néanmoins, je pense qu'il faut aujourd'hui écarter aucune des solutions. On a une responsabilité vis-à-vis du pays. On est dans une situation qui malheureusement, je veux le dire, a été créée aussi par ce gouvernement de montée des populismes que nous prenons en compte et que nous prenons très au sérieux. Donc, nous aurons une posture responsable. Est-ce que ça veut dire que nous n'aurons pas de candidat ? Je pense qu'il est bien trop tôt pour prendre une décision sur cette question-là. Et puis, c'est des questions politiciennes qui, à mon avis, aujourd'hui, n'intéressent pas beaucoup les Français.

Les Français préfèreraient sans doute qu'on leur parle de leur pouvoir d'achat, de l'économie et de la création d'emplois.

13:14
Présentateur

Eva Sass, j'aimerais qu'on termine rapidement par un sujet qui concerne la carrière des députés, qui a une portée symbolique très importante. C'est le congé maternité des députés qui n'existe pas. Vous qui êtes députée maire, maire de trois enfants, si je ne me trompe pas, vous avez eu l'occasion de constater que vous n'avez pas de congé maternité au Parlement ?

13:31
Eva Sas

Oui, quand j'ai accouché il y a neuf mois, je me suis rendu compte, effectivement, à ma grande surprise, qu'il n'y avait rien prévu, en fait, pour les femmes enceintes. Ce n'est pas du tout une question d'intérêt. C'est une question, surtout, qu'on soit représenté pendant notre absence pour congé maternité. Ça en dit long, à votre avis, sur la vie politique française ? Exactement. La politique française est faite par des hommes et pour des hommes. Nous ne sommes toujours que 25% de femmes à l'Assemblée. Et ça nous envoie un message très clair. Vous n'avez pas à être enceinte. Ça ne fait pas partie des possibilités d'une députée.

Donc, c'est surtout une question de symbole, au-delà du fait lui-même. Nous nous sommes toutes arrangées, parce qu'aujourd'hui, nous sommes quatre, pour remplir notre mandat, quand même. Mais je pense que vous êtes quatre députés à avoir été enceintes pendant votre mandat. Il y en a en ce moment, trois.

14:18
Présentateur

Voilà.

14:19
Eva Sas

Et donc, moi, j'ai été enceinte un peu plus tôt. Donc, c'est un cas qui, maintenant, se généralise. Je pense qu'il faut envoyer un message aux femmes pour dire, vous êtes bienvenue en politique, vous pouvez être enceinte.

14:30
Présentateur

Merci beaucoup, Eva Sasse, députée écologiste de l'Essonne. Bonne journée à vous. Merci.