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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 décembre 2024 24 min

Nouveau Premier ministre, Syrie, Jeux olympiques... Le 8h30 franceinfo de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot, on devrait connaître d'ici ce soir le nom du nouveau Premier Ministre ou de la nouvelle Première Ministre, est-ce que vous vous attendez à une surprise ?

0:13
Yannick Jadot

J'espère de la cohérence et de la responsabilité, on a eu une assemblée qui vous le savez est divisée globalement en trois blocs, avec un bloc plus fort que les autres c'est celui du nouveau Front Populaire, on a eu un vote le 7 juillet qu'a clairement dit avec une mobilisation extraordinaire des françaises et des français pour éviter que le Rassemblement National prenne Matignon, c'était le Front Républicain, on a eu, vous l'avez vu, la dérive du gouvernement Barnier qui a fini par mendier les voix du Rassemblement National, on a eu la sanction du macronisme à ce moment-là, ce qui devrait disqualifier un Premier Ministre issu du camp macroniste. Alors il reste de quelle solution ?

Je l'ai dit, le NFP est arrivé en tête, dans toutes les démocraties européennes, le Président de la République s'adresse au groupe arrivé en tête pour essayer de construire des majorités, surtout que nous avons pris un engagement, qui est un engagement puissant en faveur du parlementarisme et pour stabiliser le pays, c'est de dire, nous ne recourrons pas au 49-3 dans l'exercice gouvernemental, c'est-à-dire qu'en fait, nous voulons...

1:22
Locuteur non identifié

Alors ça, cet accord de pas de 49-3 contre pas de censure, vous croyez que c'est une hypothèse qui est sur la table, clairement ?

1:30
Yannick Jadot

Ben écoutez, c'est quelque chose d'extrêmement puissant que nous proposons, c'est de dire que finalement, nous n'allons pas à la fois forcer en permanence le Parlement, l'Assemblée, dans ces délibérations et dans ces constructions de majorités, mais surtout, ça veut dire que nous nous engageons, si Matignon nous est donné, à ce que nous construisions en permanence à l'Assemblée des majorités. Et donc, ça stabilise le pays, ça stabilise nos politiques, alors qu'il n'y a aucune autre option qui stabilise aujourd'hui le pays.

2:05
Locuteur non identifié

Ça, ça vaut Yannick Jadot, même si ça n'est pas un Premier ministre de gauche ?

2:08
Yannick Jadot

Ben non, ça ne vaut pas si ce n'est pas un Premier ministre de gauche. Pourquoi ? Parce que le Président de la République, ses politiques ont été sanctionnées le 7 juillet. Et reconnaissons que le camp qui a perdu le 7 juillet, c'est d'abord le camp macroniste. Donc, y compris...

2:27
Locuteur non identifié

Vous savez, on ne va pas refaire tout le débat, mais c'est la base.

2:30
Yannick Jadot

Aucun des blocs ne fait de majorité. Non, mais donc, on est quand même, reconnaissez, on est un bloc plus fort que le bloc macroniste. Ce que nous avons proposé depuis le début, puisque nous sommes en faveur des régimes parlementaires, puisque nous sommes en faveur de la proportionnelle, c'est de dire évidemment, à partir du moment où c'est un gouvernement qui construit, qui bâtit des politiques en alternance, des politiques macronistes, nous construirons des majorités à l'Assemblée. Et le seul bloc avec lequel il faut construire ces majorités à l'Assemblée, c'est le bloc central. Il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus.

J'ai même déclaré que si nous arrivions à construire des majorités à l'Assemblée, moi, je ne voyais pas de problème à ce qu'il y ait des ministres du bloc central dans notre gouvernement. C'est le principe des coalitions dans les régimes parlementaires.

3:22
Locuteur non identifié

Vous n'irez pas, la gauche n'ira pas, en tout cas les écologistes n'iront pas dans un gouvernement, Bayrou par exemple.

3:27
Yannick Jadot

Pourquoi ? Ce n'est pas une question de fierté, d'honneur ou de relations personnelles. Ce matin, cette nuit, il a fait très froid dans notre pays. Vous avez 12 millions de Français qui ont froid dans notre pays. Le précédent gouvernement, issu du bloc macroniste, a sacrifié tous les programmes de rénovation thermique. Ils ont sacrifié le chèque énergie qui permet aux plus vulnérables d'entre nous d'être aidés pour payer les factures d'énergie. Vous avez aujourd'hui des manifestations dans toute la France sur les faillites et notamment dans l'industrie.

Le précédent gouvernement, avec son budget, sacrifiait tous les budgets de politique industrielle, y compris pour avoir une industrie propre, moderne, qui joue l'exportation.

4:19
Locuteur non identifié

Tous ces sujets, c'est des conditions, entre guillemets, que la gauche peut mettre sur la table dans cet accord de non-censure.

4:24
Yannick Jadot

C'est le cœur. C'est le cœur de la politique. On parle de 49-3. On parle d'accords de non-censure. Tout ça peut paraître assez abscons pour celles et ceux qui nous écoutent ou nous regardent. Mais la réalité, qu'est-ce qu'il y a derrière ? Est-ce qu'on continue ce que voulait faire le camp macroniste ? Et donc, je ne vois pas pourquoi ils changeraient d'idée. Ils ont sacrifié les budgets des collectivités territoriales. C'est quoi ? Yannick Jadot. Parce qu'il faut revenir au quotidien des Français. Les budgets des collectivités territoriales, c'est quoi ?

C'est les places en crèche, c'est la police municipale, c'est la rénovation des écoles, c'est les subventions aux associations de sport ou de culture.

5:02
Présentateur

Yannick Jadot, vous parlez comme si le futur gouvernement allait avoir d'immenses marges de manœuvre et allait pouvoir mener une politique radicalement différente de celle du précédent. Or, il y a une chose qui ne change pas, c'est la configuration du Parlement.

5:17
Yannick Jadot

Je suis d'accord. C'est pour ça que j'ai dit, dès la semaine dernière, qu'il fallait ce que j'appelais un pacte républicain. C'est-à-dire qu'il n'y aura pas une coalition de gouvernement. On n'a pas le temps d'avoir un projet de mandature. Vous voyez bien les divergences lourdes entre les différents blocs. Mais si on veut mettre le bloc RN de côté, et c'est pour ça que d'ailleurs, y compris on ne veut pas faire avec les LR, parce qu'ils sont complaisants avec les idées du RN et avec les votes du RN.

Mais si on veut réussir, il nous faut à la fois traiter les, au fond, avoir un vrai plan d'urgence social pour les Français, leurs revenus, les questions de logement, les questions des services publics, les questions de l'industrie. Sur ces dimensions-là, je suis convaincu qu'on peut, avec le bloc central, trouver des compromis.

6:11
Locuteur non identifié

Dans la méthode qui a été imaginée par le Président de la République à ce stade, l'idée c'est qu'il nomme un Premier ministre qui devra négocier ce pacte de non-censure sur un certain nombre de thèmes, de sujets, que vous venez d'évoquer peut-être, avec les différences...

6:24
Yannick Jadot

Donc en fait, on met un Macroniste pour faire une politique issue du camp de la gauche et des écologistes. C'est quand même, ce serait, ce Président de la République... Vous censurerez... Non, moi, je ne censure pas par principe. Notre responsabilité n'est pas de censurer par principe. De gauche. Moi, nous censurerons sur la base de ce qui sera proposé comme budget par le prochain gouvernement. Et franchement, si c'est pour continuer, encore une fois, à casser les services publics... Enfin, vous avez vu que dans le dernier budget, on supprime 4000 postes d'enseignants pour les petits. Dans le monde d'aujourd'hui, où on a besoin, franchement, à la fois d'éduquer, de former...

7:06
Présentateur

C'est aussi parce que le nombre d'élèves a baissé de manière importante.

7:09
Yannick Jadot

Oui, mais enfin, reconnaissez qu'on est un des pays européens où il y a le plus d'élèves par classe. Si on pouvait, quand le nombre d'élèves diminue, avoir des classes que nos enseignants peuvent mieux gérer, où ils peuvent accompagner davantage nos enfants, les éduquer et en faire des citoyens, c'est un enjeu extraordinaire de notre monde, bousculé, percuté par les fake news, par le complotisme et tout ça. Il nous faut de l'éducation à tous les étages. Le précédent gouvernement voulait le sacrifier. Nous voulons faire de nos enfants des enfants heureux, épanouis et des adultes citoyens de demain. Voilà des différences.

7:48
Locuteur non identifié

Ok, pour les...

7:49
Yannick Jadot

C'est juste.

7:49
Locuteur non identifié

Les grandes lignes de programme, on a quand même besoin de comprendre qui vous imaginez comme Premier ministre idéal et non censurable. Parce que c'est ça l'objectif.

7:58
Yannick Jadot

L'objectif, et c'est ce que nous avons... Nous avons été les seuls à la table du Président de la République à faire une proposition, encore une fois, qui stabilise le gouvernement et le travail de l'Assemblée pour les mois qui viennent. C'est, nous nous engageons à ne pas forcer l'Assemblée comme les précédents gouvernements, donc il n'y aura pas de 49-3. Quand vous dites qu'il n'y aura pas de 49-3, ça peut paraître, on ne comprend rien. Mais en fait, ça veut dire qu'en fait, vous vous engagez à toujours trouver des majorités. Ça veut dire que le budget peut rester bloqué. Eh bien non, on trouvera une majorité.

Vous savez, dans le précédent budget, y compris nous au Sénat, mais aussi à l'Assemblée, avec les centristes, on avait réussi à plus de justice fiscale et plus de justice sociale.

8:42
Présentateur

Vous êtes sûr que vous ne ferez pas censuré par LFI, par exemple ?

8:45
Yannick Jadot

Écoutez, chacun prendra sa responsabilité dans le moment. Si, au moment où on améliore les services publics, on protège nos industries en ayant un plan de relance, comme tous les pays du monde font, au moment où on se dit, quand même, il y a eu une annonce, pour la première fois dans l'histoire, nous avons, en 2024, 1,5 degré de réchauffement climatique. C'est une catastrophe pour notre pays. Nous allons mettre des moyens aux collectivités pour nous aider à nous adapter face aux sécheresses, face aux canicules, face aux inondations.

9:18
Présentateur

Mais précisément, il faut des moyens d'action dans ce type de situation. Et le 49-3, il a été inventé pour pouvoir permettre à un gouvernement d'agir quand il n'y a pas de majorité.

9:29
Yannick Jadot

Mais reconnaissez que ça a été une catastrophe à la fois sur les retraites, le 49-3, et c'est une catastrophe sur le budget.

9:36
Locuteur non identifié

Sur le budget, on ne peut pas enlever à Michel Barnier d'avoir discuté le plus longtemps possible.

9:40
Yannick Jadot

Et le fait est qu'il n'y avait pas de majorité qui active, finalement, le 49-3. Parce qu'il a fini par se mettre dans les mains de Mme Le Pen, alors que nous avions voté le 7 juillet, pour éviter, justement, le Rassemblement national. Donc, il est temps de s'affranchir des idées nauséabondes du Rassemblement national. Ça veut dire, encore une fois, qu'à un moment donné, le bloc gauche et écologiste doit faire avec le bloc central. Mais ça ne peut pas être le bloc central qui pilote. Parce que c'est sûr, c'est les mêmes politiques.

10:10
Présentateur

Mais il y a un hic dans le scénario que vous nous décrivez depuis tout à l'heure. Vous dites, vous parlez d'affronter. Moi, je le trouve vachement carré. Je trouve que ça tient. Bah écoutez, hier, à votre place, il y avait Manuel Bompard. Et ce scénario que vous nous décrivez depuis tout à l'heure, de discussion, de deal avec le bloc central, il ne veut pas en entendre parler. C'est-à-dire que votre scénario, c'est la mort du NFP.

10:27
Yannick Jadot

Mais chacun fait ce qu'il veut. Mon problème n'est pas le NFP. Mon problème, c'est la France. Enfin, à un moment donné, on va être sérieux quand même. Je veux dire, on ne va pas... Vous savez, je ne sais plus qui disait, la haine ne construit rien. Mais on ne peut pas, aujourd'hui, si les Insoumis ne veulent pas gouverner le pays dans l'état dans lequel il est. C'est-à-dire un pays tendu, un pays angoissé et avec une Assemblée nationale où personne n'a la majorité absolue. S'ils ne veulent pas prendre sa responsabilité, c'est leur sujet.

Mais reconnaissez que le Parti Socialiste, le Parti Communiste et les écologistes sont prêts à assumer cette responsabilité inconfortable, frustrante, extrêmement difficile dans les temps.

11:14
Locuteur non identifié

Eux, ils vous appellent beaucoup ces derniers jours à revenir à la maison, comme ils disent. Est-ce que vous vous lancez le même appel, finalement ? Les Insoumis, mettons-nous autour de la table, où c'est peine perdue ?

11:22
Yannick Jadot

En tout cas, j'espère que si, encore une fois, le Président de la République suit la jurisprudence de toutes les démocraties, de toutes les démocraties, en nommant un Premier ministre, une Première ministre issue de la gauche et de l'écologie, Je n'imagine pas que les Insoumis vont voter contre ou censurer avec le RN un gouvernement qui remettrait de la justice sociale, qui remettrait de l'écologie tellement on en a besoin, qui augmenterait les revenus des paysans sans sacrifier la biodiversité et la santé, et qui aurait enfin une politique industrielle dans notre pays, qui remettrait des usines dans notre campagne.

reconnaissant que si on veut lutter contre le RN, des services publics qui protègent, des usines dont on est fier, ça serait quand même une belle politique.

12:11
Présentateur

Yannick Jadot, vous parliez du LFI, vous demandiez s'il avait envie de gouverner, il y en a un en tout cas qui a envie de gouverner, c'est Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il cherche... Il ne veut pas gouverner, il veut présider. Il veut présider, enfin oui. Avec un programme. La différence est importante quand on prétend défendre la 6ème République. Il cherche ses 500 signatures, c'est ce que nous a confirmé hier le coordinateur de la France Insoumise, en cas de présidentiel anticipé. Est-ce que vous faites de même, vous, chez les écologistes ?

12:38
Yannick Jadot

On a ce scénario en tête. Évidemment, il est possible. On voit bien l'instabilité aujourd'hui et l'entêtement du président de la République. Il y a un moment donné, si le président de la République ne choisit pas la solution raisonnable, et nous sommes porteurs de la solution, s'il ne choisit pas une solution raisonnable, ça va poursuivre l'instabilité gouvernementale. Et à un moment donné, vous, comme moi, on se tournera vers le président de la République en disant, vous mettez le pays un peu plus tous les jours dans le chaos, donc vous n'êtes plus à votre place.

13:13
Locuteur non identifié

Ça, ça veut dire que si il n'y a pas de premier ministre de gauche, vous appelez à jour départ. Non, non, non.

13:17
Yannick Jadot

Non, ce que je veux dire, c'est qu'on verra ce qui se passera. Moi, je ne suis pas pour une présidentielle demain. Vous savez ce que c'est une présidentielle ? Que les gens... Moi, je vois bien les enquêtes d'opinion.

13:26
Locuteur non identifié

35 jours de maximum.

13:28
Yannick Jadot

On dit, c'est 35 jours. Est-ce que les Françaises et les Français ont envie d'une présidentielle qui se déroule dans les pires conditions où, comme en 2022, on ne débat pas du logement, on ne débat pas de l'hôpital, on ne débat pas de notre industrie, on ne débat pas de notre transition écologique et de notre santé ? Je ne pense pas que ce soit ça que veulent les Français. Et ce matin, Yannick Jadot,

13:54
Locuteur non identifié

sénateur écologiste de Paris. Ça fait 4 jours, Yannick Jadot, en Syrie, que le régime de Bachar Al-Assad est tombé. Lundi, vous avez posté sur X, je vous cite, « Pathétique message des soutiens français de Poutine et d'Al-Assad qui, comme les résistants de la dernière minute, tentent aujourd'hui d'effacer leur complicité et leur complaisance. » Vous faites référence à qui ?

14:14
Yannick Jadot

C'est clairement déjà l'extrême droite. Vous avez y compris des élus d'extrême droite comme Mariani et d'autres qui n'ont cessé de défendre Bachar Al-Assad, y compris quand ils faisaient les pires massacres. Vous avez malheureusement à gauche des responsables comme Jean-Luc Mélenchon qui se satisfaisaient des bombardements russes sur Alep quand c'était les populations civiles qui étaient massacrées par Bachar Al-Assad. Donc on a une responsabilité aujourd'hui. C'est une bonne nouvelle que Bachar Al-Assad, au vu des crimes de guerre, de crimes contre l'humanité qu'il a commis, tombe. Est-ce que l'avenir est écrit pour la Syrie aujourd'hui ? Non. C'est beaucoup d'incertitude.

C'est beaucoup d'inquiétude, de risque. Et quand je vois cette situation d'incertitude, de risque, mais qui est aussi porteuse d'un avenir plus bienveillant pour les Syriennes et les Syriens, quand je vois la réaction de l'Europe qui est de ne pas proposer de participer à la reconstruction de la Syrie. 80-80% des gens vivent sous le seuil de pauvreté. Elle attend des preuves, l'Europe.

15:21
Présentateur

C'est ce que dit ce matin Kayakalas, dans une interview,

15:24
Yannick Jadot

elle attend que... La moitié de la population syrienne en dehors de la Syrie. Et comment réagit l'Europe ? Elle attend de savoir... En disant, on bloque les réfugiés ? Si les paroles des nouveaux... Mais il faut attendre. Vous avez raison. On peut aussi proposer, reconnaissez que nous n'avons pas aidé les Syriens face à Bachar el-Assad. On les a abandonnés sous les bombes russes et sous les bombes du Hezbollah et de l'Iran.

15:46
Locuteur non identifié

Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?

15:47
Yannick Jadot

Écoutez, à l'époque, moi je soutenais évidemment la vision du président Hollande qui était quand il a commencé à avoir des bombardements chimiques d'Alep, de bombarder l'aviation syrienne. Vous savez qu'à l'époque, Barack Obama avait lâché l'affaire. Bon, mais on a abandonné les populations syriennes. Aujourd'hui, l'Europe pourrait dire si le nouveau régime en Syrie s'inscrit dans la reconstruction de la démocratie, respect des droits, y compris des femmes, respect des droits des minorités, eh bien nous aiderons à la reconstruction...

16:27
Présentateur

C'est ce que dit Kaya Kalas dans une interview qu'elle a donnée hier à la presse européenne. Oui, reconnaissez que la plupart

16:34
Yannick Jadot

des pays européens disent « Oh là là, on suspend les réfugiés ! »

16:36
Locuteur non identifié

Et la France dit aussi qu'elle travaille à suspendre ces demandes d'asile.

16:41
Yannick Jadot

Je trouve ça indécent. Est-ce que par prudence,

16:44
Locuteur non identifié

dans ces premiers temps, ça ne se défend pas ?

16:46
Yannick Jadot

Mais écoutez, on a, je crois, 700 demandes d'asile de personnes syriennes à l'OFPRA. Donc franchement, il n'y a pas d'invasion, il n'y a pas de crise. Plutôt que d'être dans l'indécence... Mais certains avancent le risque terroriste. Alors attention, moi j'ai entendu, y compris sur ce plateau de Fabien Roussel, dire « Mais il y a des terroristes français. » Enfin pardon, les terroristes français ne rentrent pas dans la case réfugiée. Ils ne rentrent pas dans la case réfugiée parce qu'ils sont français. Et vous savez, à l'époque...

17:17
Présentateur

En 2015, des terroristes du 13 novembre sont arrivés avec les... Mais il y a des terroristes.

17:22
Yannick Jadot

Et reconnaissez que les écologistes ont toujours dit « Les terroristes français qui sont emprisonnés en Syrie, il faut les rapatrier. » Il faut les rapatrier parce qu'à un moment donné, pour plein de raisons, ils sortiront de prison. Et on a le problème de terroristes français qui sont détenus aujourd'hui par les Kurdes, qui sont menacés par les Turcs. On a toujours dit « Il faut les rapatrier pour les juger et les emprisonner. » Parce que sinon, c'est un risque pour notre pays. Le gouvernement français a préféré mettre la tête dans le sable. Eh bien, nous, nous avons une attitude responsable.

Le sujet, c'est, y compris pour mettre la pression sur le nouveau régime syrien, de leur proposer une aide à la reconstruction, une aide à l'installation de la démocratie. Et ça stabilisera un peu une région qui manque terriblement de stabilité.

18:13
Locuteur non identifié

Yannick Jadot, vous êtes sénateur de Paris. Les JO ont été excédentaires de 27 millions d'euros. Les comptes ont été publiés hier. 27 millions pour 4 milliards et demi de recettes. Il y avait 200 millions d'euros de subventions publiques. Plus des frais divers. Mais est-ce qu'il faut qu'une partie de ces subventions soient remboursées ?

18:32
Yannick Jadot

Moi, je préférais que ça aille dans les associations de sport. Vous savez combien nos associations de sport amateurs qui sont en grande difficulté. Y compris ces dernières années, ils ont perdu beaucoup d'emplois aidés, beaucoup d'aides publiques. Je l'ai dit, si le budget était passé, c'est encore moins d'aides aux associations. Mais ça veut dire qu'on assume les subventions publiques par ailleurs sur ce genre de grands événements. On a appris le budget du ministère des Sports, si je ne dis pas de bêtises, dans le précédent budget, il était réduit de 30%. Donc, on a eu un enthousiasme extraordinaire autour de ces JO.

C'est potentiellement une capacité à mobiliser dans chaque petit club, dans chaque association, des jeunes pour faire du sport. C'est bon pour la santé, c'est bon pour l'intelligence, c'est bon pour tout. Et moi, j'adore le sport, vous le savez. Donc, je serai très heureux. Et bien, mettons cet argent dans les associations de sport.

19:24
Présentateur

On sait que votre parti s'est opposé à l'accueil des Jeux d'hiver de 2030 dans les Alpes. Et puis, on a tous en tête cette image, cette semaine, le Grand Bornand où doivent se dérouler la Coupe du Monde de biathlon avec des bennes qui apportent de la neige. On les voit d'ailleurs derrière vous pour ceux qui nous suivent sur le canal 27, au milieu de champs tout vert. Est-ce que c'est une ineptie ? Est-ce qu'il faut continuer d'organiser en France ce type d'événements ?

19:52
Yannick Jadot

Alors, moi, j'ai toujours préféré... J'ai parfois des petites différences avec mon mouvement politique. Moi, j'aime les grands événements sportifs. Je sais, il y a du CO2, il y a tout ça, mais je pense que ça participe parfois un peu de réconciliation de l'humanité. Et les Jeux... Je préfère regarder les Jeux de Paris. Ça a été à la fois un enthousiasme puis c'est quand même des valeurs qu'on a exportées dans le monde entier. Il faut quand même mieux faire des JO en France ou en Europe qu'en Chine ou en Russie ou en Arabie saoudite. Après, là, on a quand même un gros problème, y compris parce que vous avez vu que c'est Wauquiez qui prend la main sur les JO.

C'est que Wauquiez, aujourd'hui, c'est un climato-sceptique. Laurent Wauquiez qui était encore jusqu'à peu le président de la région Ronald Auvergne. Voilà, c'est lui qui veut mettre des canons... Un climato-sceptique ? C'est un climato-sceptique. Il est dans la gestion de sa région, dans la négation permanente des effets du dérèglement climatique. Vous savez que la France se réchauffe très vite et qu'en montagne, le réchauffement va encore deux fois plus vite qu'en plaine. Et donc, Wauquiez nie le dérèglement climatique et continue à vouloir financer avec l'argent public des canons à neige, y compris dans des stations qui doivent changer leur modèle touristique.

21:07
Locuteur non identifié

Ce n'est pas la première année qu'on voit ces camions et notamment pour cette compétition au Grand Bornand.

21:12
Yannick Jadot

Et donc, et là, dans les JO de 2030...

21:15
Locuteur non identifié

Pourquoi vous n'êtes pas plus entendus ? On a le sentiment que...

21:18
Yannick Jadot

Écoutez, pourquoi on n'est pas plus entendus ? Donnons la liberté de choisir aux habitants de la région. Voilà. Ça ne sera pas le sujet des écologies de Wauquiez. Le maire d'Annecy, qui n'est pas un écologiste, il a dit par exemple

21:35
Présentateur

qu'il supprimait sa subvention à l'événement dont nous parvions tout à l'heure, cette Coupe du Monde de Biathlon qui se passe pas très loin de chez lui au Grand Bornand. Les maires commencent à prendre des décisions. Mais les maires commencent parce que,

21:46
Yannick Jadot

vous savez, malgré Wauquiez, les maires qui gèrent des communes où il n'y a plus de neige l'hiver, ils ont à gérer des investissements où tout est concentré sur le sport d'hiver, sur le ski, plutôt que d'ouvrir. Et ce n'est pas facile. Honnêtement, ce n'est pas facile. On dit toujours le modèle 4 saisons. C'est-à-dire, faisons en sorte que ces régions qui sont absolument magnifiques attirent des touristes parce que toutes les saisons sont belles en montagne. Bon, ce n'est pas facile. Reconnaissons que ce n'est pas facile. Mais, c'est le seul modèle économique viable. On ne va pas continuer le sport d'hiver dans des régions où il n'y a pas de neige. C'est simple.

22:21
Présentateur

Il faut qu'on parle dans les quelques minutes qui nous restent de Boilem Sansal. Son éditeur hier, Antoine Gallimard, était l'invité de France Info. Il se disait très inquiet. On entend souvent, à propos de cet écrivain, on le rappelle, qui est détenu depuis bientôt un mois en Algérie pour des propos qu'il a tenus ici en France, on entend souvent un oui, mais, et c'est ce qu'on a cru entendre dans la bouche de la députée de Paris écologiste, Sandrine Rousseau. Elle a dit hier, c'était chez nos confrères de Sud Radio, il n'a pas à être en prison, Boilem Sansal, mais il tient des propos suprémacistes.

22:55
Yannick Jadot

Oui, mais il n'y a pas de oui mais. Quand on défend la démocratie et la liberté d'expression, on défend la démocratie et la liberté d'expression, même si cette liberté d'expression nous dérange. Voilà. Donc, vous en avez parlé ? Donc, il faut se battre. Non, il faut se battre pour sa libération, y compris, on voit bien comment son incarcération est instrumentalisé par le régime algérien vis-à-vis de la France.

23:19
Locuteur non identifié

C'est une détention clairement politique de la part du régime algérien ?

23:23
Yannick Jadot

Bien sûr, bien sûr, après la reconnaissance par Macron, par le président Macron, du fait que le Sahara rentrait totalement sous la tutelle, le Sahara occidental rentrait totalement sous la tutelle du Maroc.

23:39
Présentateur

Comment est-ce que vous expliquez qu'une partie de la gauche notamment ne soit pas très à l'aise avec cette figure de Boilem sans salle ?

23:46
Yannick Jadot

Parce qu'on peut ne pas être d'accord avec lui. Moi, je n'ai aucun problème avec le fait qu'il ait tenu des discours qui ne me correspondent pas. Mais bon, on est dans le pays de Voltaire et le principe de Voltaire, c'est que même si je ne suis pas d'accord avec vous, je vous défends pour que vous puissiez le dire.

24:02
Présentateur

Eh bien, c'est dit. Merci beaucoup, Yannick Jadot. Vous étiez l'invité de France Info ce matin et on aura sans doute l'occasion de vous réentendre dans les prochains jours puisqu'on attend aujourd'hui la nomination de ce Premier ministre. Ce sera à suivre bien évidemment sur France Info.