Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale
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BFM Politique, c'est parti. Bienvenue à vous si vous nous rejoignez. On est ensemble en direct et jusqu'à 13h. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Un 13e samedi de mobilisation. Moins de monde si l'on en croit les chiffres du ministère de l'Intérieur, mais toujours la violence, des affrontements encore, des blessés encore, des dégradations encore, des inscriptions antisémites encore. Est-ce que c'est la nouvelle routine à laquelle les Français doivent s'habituer ? Est-ce que pendant des semaines et pendant des mois, tous les samedis, on va vivre la même chose ?
Oui, moins de monde et des violences. Et moi, je lis les deux. Je pense que parce qu'on voit bien que le mouvement s'essouffle, les violences, elles servent à quoi ? Elles servent à faire parler de ce mouvement. Parce que les médias continuent à mettre en avant ce qui se passe le samedi. Et oui, ces violences, elles sont insupportables. Et elles doivent être condamnées à chaque fois qu'on en a l'occasion. Quand on regarde les chiffres, c'est plus de 140% d'incendies volontaires sur des biens publics. C'est des dégradations de biens publics qui ont exposé. C'est des violences contre les forces de l'ordre, les dépositaires de l'ordre public qui explosent aussi.
Et ça, on ne peut pas s'en accepter. Moi, je n'accepterai jamais, et le gouvernement, la majorité n'acceptera jamais, qu'on considère que ces violences, ça devient une...
Mais ne pas accepter, c'est une chose. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour que ça s'arrête ? Est-ce qu'on peut faire davantage que ce qu'on a fait jusqu'à présent pour mettre un terme à cette espèce de routine du samedi, en quelque sorte ?
Ce qu'on fait sur les violences, c'est une réponse de fermeté. Les policiers sont déployés en nombre. Il y a des interpellations qui ont lieu. Hier, il y a eu, je crois, une trentaine ou une quarantaine d'interpellations à Paris. Il y en a eu d'autres en France. Donc il y a une réponse de fermeté. Il y a des dispositions législatives, on y reviendra peut-être, qui ont d'ailleurs été adoptées à l'Assemblée nationale pour, justement, adapter notre arsenal aussi pour lutter contre les casseurs. Donc c'est la seule réponse contre la violence. On ne peut pas accepter, banaliser la violence. Elle est inadmissible.
Qu'elle se traduise dans la rue contre des biens publics ou contre des parlementaires, comme ça a pu être le cas récemment.
Alors vendredi, on a appris que le domicile du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, avait été visé. Manifestement, une tentative d'incendie criminel. Richard Ferrand, lui, a porté plainte. Vous, vous faites un lien direct entre ce qui se passe le samedi et le domicile de Richard Ferrand, même si au moment où on se parle, bien sûr, on n'a pas encore les résultats de l'enquête.
Non, ce qu'on sait et ce que les policiers ont déjà dit, c'est que c'était un incendie criminel. Évidemment, il y a une enquête pour retrouver le ou les auteurs. Il y a un bornage téléphonique qui est fait. Il y a des enquêtes qui sont faites et on verra bien. Ce qui est sûr, c'est que ce mouvement et les violences, elles ont libéré des actions, des paroles, des menaces fascistes dans le pays. Il ne dit plus, il faut le dire. Quand on voit qu'il y a quasiment 60 parlementaires qui se sont fait agresser, que leur permanence a été cassée ou qui ont reçu des menaces. Il y a des parlementaires derrière moi, Aurore Berger notamment, qui ont reçu des menaces de mort absolument immondes.
On ne peut pas accepter ça. C'est un climat nauséabond. Et donc, oui, je fais un lien entre les deux parce que sans doute que cette parole et ces actions, elles ont été libérées par ces violences. Et moi, ce que je pense, ma conviction, c'est que les Français, ils ne supportent pas ces violences. Ils ne supportent pas ça. Et d'ailleurs, on le voit, le grand débat qu'on a lancé, les Français s'en emparent. Il y a des milliers de réunions qui ont lieu. Il y a des centaines de milliers de contributions qui sont déposées sur la plateforme. On va atteindre très prochainement les 800 000 contributions sur la plateforme. Il y avait ce week-end 500 réunions du grand débat qui avait lieu.
Les Français préfèrent le grand débat aux gros dégâts du samedi. Et ça, je pense qu'il faut le souligner.
On va y revenir. Mais qu'est-ce que ça dit quand même de l'état de notre démocratie aujourd'hui, Gabriel Attal ? Le fait que ces violences se multiplient, le fait qu'on s'en prenne à des symboles, le président de l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale elle-même, des voitures de police. Qu'est-ce que ça nous dit de l'état de la démocratie française ?
Je pense qu'il y a un enjeu de reconnexion des institutions, des élus avec les citoyens français qui ne datent pas d'aujourd'hui. Et moi, je ne considère pas que c'est ces violences, ces attaques qui doivent nous appeler à une réponse. Ce qui doit nous appeler à une réponse, c'est l'abstention qu'on a vu à un certain nombre d'élections. C'est une forme de désamour qu'il y a chez certains Français pour les institutions. Certains n'y croient plus. Et ça, il faut y répondre. Les violences contre les institutions, contre les personnalités politiques, elles sont le fait de factieux, d'extrême droite, d'extrême gauche. Il y en a malheureusement toujours eu. Peut-être qu'il y en aura toujours.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que dans ce moment politique qu'on connaît, leurs actions et leurs paroles se libèrent. C'est pour ça qu'il faut être très ferme et sans doute adapter notre arsenal en matière de fermeté. C'est ce qu'on est en train de faire.
Il ne faut pas évidemment assimiler les gilets jaunes aux auteurs des violences. Mais vous voyez bien qu'il y a une forme de paradoxe quand même. C'est-à-dire que les violences se perpétuent. Mais ce qui se perpétue également, c'est le fait qu'une majorité de Français continue à soutenir ce mouvement des gilets jaunes.
Oui. Enfin là, on peut avoir beaucoup de débats. Moi, ce que je constate, c'est qu'il y avait 50 000 personnes dans la rue samedi. On ne peut pas dire que ce soit une majorité des Français.
Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur qui sont contestés par les gilets jaunes eux-mêmes.
Oui. La semaine dernière, je crois que votre chaîne avait payé un cabinet indépendant pour faire des chiffres.
Sur un cortège. Parce qu'il se trouve qu'il y avait un cortège qui était identifiable et qui avait annoncé son parcours à l'avance. Et que donc la mesure était possible. Mais vous avez raison.
Oui. Et elle donnait des chiffres qui étaient inférieurs à ceux qui étaient donnés par le ministère de l'Intérieur. Donc moi, je crois évidemment au comptage qui est fait. Évidemment. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on a ces manifestations qui sont le plus souvent maintenant le fait d'idéologues. On entend l'idéologie anti-républicaine, anti-pouvoir, anti-élu. C'est quoi les propositions, les revendications qui sont portées dans le cadre de ces manifestations ? Moi, je ne les entends pas. Les Français, vous dites qu'ils soutiennent le mouvement des gilets jaunes. Oui, c'est vrai que dès le départ, il y a eu un soutien majoritaire dans les enquêtes d'opinion au mouvement des gilets jaunes.
Mais à l'époque, c'était quoi le mouvement des gilets jaunes ? C'est-à-dire qu'on ne veut pas la taxe carbone. Globalement, on veut moins de taxes et moins d'impôts. On veut des meilleurs services publics. Et puis, on veut participer davantage. Aujourd'hui, ce n'est plus le discours qui est porté dans ces manifestations-là. Donc moi, je pense qu'effectivement...
Il n'y a plus de discours cohérent pour vous ? Ça n'exprime plus rien ce moment ou qu'est-ce qu'il exprime ?
Je ne vois pas les revendications. Ce que je vois d'exprimer, c'est une contestation du pouvoir sur toutes ses formes. Et moi, je crois qu'on a besoin d'institutions, qu'on a besoin d'élus, qu'on a besoin de personnes pour construire les politiques publiques dans le pays. Évidemment, il faut adapter, le faire davantage avec les citoyens. Et c'est un des enjeux du grand débat. C'est sur ça qu'on est en train de travailler. Mais on a besoin d'institutions. Et moi, je n'accepte pas qu'il y ait des Français qui considèrent que l'anarchie doit prévaloir dans notre pays.
Alors, jeudi dernier, vous étiez aux côtés du président de la République pour une longue séance de questions-réponses avec la Genèse. C'était, je crois, la quatrième fois que le président se livrait à ce type de rendez-vous avec les élus, avec les Français. Et puis avec les jeunes, il va continuer à le faire. C'est un président en campagne ?
Il va continuer à le faire puisque la semaine prochaine, il sera dans l'Indre, je crois, pour un grand débat aussi. C'était un débat passionnant avec les jeunes. Et on parle beaucoup de l'enjeu de faire participer les jeunes au grand débat national. Moi, je suis en charge de la jeunesse au gouvernement. Dès le départ, quand on a lancé le grand débat, je me suis dit, il y a quand même un risque. C'est que les jeunes ne participent pas aux réunions qui sont organisées.
Parce qu'on sait que quand on est jeune, arriver dans une réunion avec des personnes qui ont une expérience, un parcours un peu plus important et qui s'appuient sur ces expériences, sur ce qu'ils ont vécu pour s'exprimer, ça peut être intimidant, voire inhibant.
Alors, on va y revenir, Gabriel Attal, sur le grand débat, les jeunes. Mais ce n'était pas le sens de ma question. La question, c'est est-ce qu'on est en train de voir un président en campagne à la reconquête des Français ? C'est un peu ça qui se passe.
On voit un président qui dialogue avec les Français, en dialogue permanent. Il y a eu des débats avec l'Outre-mer. Je l'avais dit, avec les élus, avec des citoyens et des gilets jaunes, d'ailleurs, dans la Drôme. Je crois que c'était dans la Drôme. C'est important que le président s'exprime et dialogue. Moi, ce que je constate, c'est que parfois, on entend des personnes dire « le président de la République ne s'exprime pas suffisamment, il doit parler au français ». Et puis, quand c'est le cas, dans des formes comme ça qui sont médiatisées, on dit « mais attendez, est-ce que ce n'est pas une campagne ? » Le président, il joue son rôle, c'est celui d'être connecté au peuple français.
Et moi, je suis heureux de voir que cette connexion, elle se traduit par des débats qui fonctionnent, dans lesquels il y a des propositions qui sont avancées, dans lesquelles il y a des idées de fonds qui sont portées. D'ailleurs, je suis heureux que ça soit médiatisé parce que, je vais vous dire, le fait que le président participe à des réunions et que ça soit médiatisé, c'est aussi un enjeu pour que les Français s'emparent du débat.
Mais ce n'est pas un mélange des genres, quand même, parce que le grand débat, tel qu'on l'avait compris à l'origine, ça devait être l'occasion pour les Français d'exprimer ce qu'ils attendaient et de faire émerger des propositions. Là, on a une série de questions-réponses avec le président de la République, ce n'est pas la même chose.
Il y a 5000 réunions du grand débat, il y en a eu 4 ou 5 avec le président de la République. Ça fait, si je calcule bien, 4995 réunions qui sont entre Français avec des propositions qui sont faites, c'est ça l'enjeu.
Mais l'impact n'est pas le même, vous voyez bien qu'il y a un risque de mélange des genres.
Mais non, je pense précisément que le fait pour des Français de voir le président de la République au milieu de ces débats dialoguer avec les Français, ça permet aussi de se projeter. Moi, j'ai vu des Français me dire, au début, le grand débat, je ne savais pas trop ce que c'était, parce qu'il faut dire que c'est un exercice inédit dans notre pays, il faudrait remonter très loin pour voir un moment où, institutionnellement, on a donné la possibilité à les Français de faire des propositions et de contribuer. Et ce que disent des citoyens quand on les rencontre, c'est, ça m'a permis de me projeter.
Je vois ce que c'est le grand débat, je vois qu'on peut y émettre des idées, et donc je me suis rendu à un débat près de chez moi avec d'autres citoyens. Et les Français, ils s'emparent de ce grand débat. Ça fonctionne. Encore une fois, on va atteindre les 800 000 contributions sur la plateforme. Je veux rappeler que granddebat.fr, tous Français, et notamment les jeunes, parce que parfois, c'est peut-être aussi un peu plus simple de faire sa contribution en ligne, tous les Français peuvent contribuer en ligne, faire des propositions, remonter des inquiétudes, faire des interpellations, et tout ça sera pris en compte prochainement.
Alors, l'intérêt des Français est au rendez-vous. Vous venez de rappeler, les chiffres sont effectivement assez spectaculaires, mais ça vous crée aussi une obligation, une obligation de résultats. Alors, il y a beaucoup de questions à poser sur ce sujet-là. On voit la une. Concrètement, est-ce que tous les sujets sont sur la table ? Est-ce que tous les domaines sont sur la table, y compris les impôts, y compris les sujets économiques et sociaux ?
Et la raison pour laquelle je vous pose cette question, c'est qu'il y a une dizaine de jours, le président a reçu des journalistes et il a dit en substance, les sujets économiques et sociaux, c'est fait, ça a été traité, ce sont les annonces que j'ai faites le 10 décembre, et a priori, il n'est pas prévu d'y revenir. Alors, est-ce qu'il faut conclure que cette grande variété de sujets, et qui répondent par ailleurs aux préoccupations des Français, parce qu'il y a beaucoup de questions, ce que vous savez, vous avez participé à ces réunions sur le pouvoir d'achat, sur les impôts, sur les mesures sociales ?
Il n'y aura rien de tout ça à l'issue du grand débat ? Moi, je n'ai jamais entendu le président de la République dire que les questions des impôts et les questions de fiscalité n'étaient pas dans le grand débat. D'ailleurs, dans le grand débat auquel j'ai participé avec lui et avec les jeunes, le sujet a été abordé. Tout à fait. Ce qui est certain, c'est qu'en décembre, il y a eu une réponse politique très forte. 10 milliards d'euros, alors 10 milliards d'euros, ça paraît un peu abstrait, mais concrètement...
C'est même bon, selon la Cour des comptes, oui.
C'est une augmentation de la prime d'activité, pour les personnes qui sont au SMIC et un peu au-dessus et un peu en dessous, de 100 euros. Je veux dire, le 5 février dernier, il y a 700 000 Français supplémentaires qui ont touché la prime d'activité. On est à 5 millions. Il y a des personnes qui touchaient avant pas la prime d'activité, qui la touchent 300, 400 euros. C'est une réponse massive, c'est majeur. Et d'ailleurs, il faut concerner...
Et pour parler, Gabriel Attal, il y aura donc d'autres mesures, y compris économiques et sociales, et potentiellement fiscales, à l'issue du grand débat.
Mais alors, moi, je me bats contre l'idée qui consiste à dire qu'il faut dès maintenant dire ce qu'il y aura à la fin du grand débat.
Je ne vais pas demander des mesures, j'ai demandé ce qu'il y a.
Mais précisément, si on dit maintenant ce qu'il y aura à la fin du grand débat, les Français, ils vont dire, mais attendez... Je vous repose la question, autrement, rien n'est interdit. Ah, mais il n'y a pas d'interdit. Il n'y a pas d'interdit pour s'exprimer et il n'y aura pas d'interdit dans la réponse politique. Ce qui est certain, c'est que la réponse politique, elle s'adaptera à ce qui aura été dit dans les débats, aux propositions qui auront été faites. Parce que c'est ça qui est important aussi, c'est de faire des propositions. Et dans la lettre du président de la République, on voit bien que c'était le cœur de ces questionnements.
Oui, vous voulez faire baisser les impôts, comment est-ce qu'on le finance ? Oui, vous voulez augmenter la qualité, la proximité des services publics, comment est-ce qu'on le finance ? C'est aussi permettre aux Français de se poser ces questions-là.
Alors ça, c'est pour les mesures qu'on attend. Il y a aussi la méthode maintenant. Est-ce que le référendum, on en a beaucoup parlé, un sondage du journal du dimanche IFOP ce matin nous dit que 3 Français sur 4 souhaitent un référendum. Et dans le même journal, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, estime, je cite, qu'un référendum le même jour que les Européennes, c'est-à-dire pour ce qui concerne la France le jeudi 26 mai, n'est, je cite, pas une bonne idée. Et que le référendum n'est, dit-il toujours, Richard Ferrand, président de l'Assemblée, une option parmi de nombreuses autres. Alors, est-ce que vous êtes sur la même ligne ?
Est-ce que vous dites, un, référendum le 26 mai, ce n'est pas une bonne idée ? Et deux, ce n'est pas du tout une certitude parce qu'on a plein d'options, y compris des projets de loi.
Vous l'avez dit, il y a deux sujets. Il y a d'abord la question de savoir si, dans la réponse politique au rendez-bas et à partir de la synthèse qui aura été faite des propositions des Français, il faut ou pas un référendum. Moi, là-dessus, je considère qu'il ne faut rien écarter et qu'en fonction de ce qui aura été proposé, il y aura peut-être des mesures qui devront passer par un référendum, et à ce moment-là, il faudra faire un référendum. Peut-être des mesures qui passeront par un projet de loi, par d'autres vecteurs juridiques. Sans doute qu'il y en aura plusieurs, d'ailleurs, des vecteurs juridiques.
Et ensuite, la deuxième question qui est posée, c'est de savoir s'il y a un référendum, est-ce qu'il faut l'organiser le jour des élections européennes ? Moi, là-dessus, je considère, comme Richard Ferrand, que ce n'est pas une bonne idée. Je pense qu'on a besoin de parler d'Europe pour ces élections européennes. Il faut que le débat européen se fasse. Il y a des enjeux considérables. On y reviendra peut-être. Et donc, il faut savoir dissocier les deux. C'est ma position. Donc, ça veut dire concrètement plus tard, à l'automne, par exemple ? Oui, sans doute un peu plus tard. Moi, je ne fais pas le calendrier précis.
Encore une fois, je pense qu'il faut faire attention à ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Parce que sinon, ça revient à dire que les choses sont en train de se préciser et que, du coup, le grand débat, il perd de son utilité. Et c'est un peu ce qu'essayent de faire les oppositions. Moi, je constate que les oppositions, ils sont beaucoup sur ces enjeux de c'est quoi la réponse, c'est quoi le vecteur juridique ? Pourquoi ? Parce qu'ils voient bien que le grand débat est en train de marcher. Et eux, leur intérêt, ce n'est pas que ça marche. Ce n'est pas qu'on reconnecte avec le peuple français pour faire élaborer des propositions.
Leur intérêt, c'est d'accroître la défiance et la désillusion dans notre pays. Et donc, ils cherchent à détourner le débat vers des enjeux de vecteurs juridiques qui ne sont pas au centre de nos préoccupations en ce moment.
On continue la conversation avec Henri Viernes et la séquence politique au quotidien.
Rebonjour, Henri. Bienvenue à vous. Rebonjour. Rebonjour, Gabriel Attal. Je voudrais qu'on parle de votre dossier de prédilection qui est le service national universel, le SNU. Un test va être lancé dans les mois qui viennent, en juin. Mais l'opération à terme, elle devra concerner 800 000 jeunes français chaque année pour un coût qui n'est pas négligeable. Loin de là, plus d'un milliard et demi par an. Est-ce que c'est réellement tenable dans ces temps où il n'y a plus vraiment d'argent dans les caisses, entend-on dire régulièrement ?
Alors déjà, il faut rappeler pourquoi est-ce qu'on fait un service national universel, si vous me permettez quelques secondes pour le faire. C'est un engagement de campagne du président de la République qui vise à quoi ? À dire qu'il faut un moment de mixité sociale, de cohésion, de brassage territorial au service de la jeunesse. Il y a des jeunesses qui grandissent dans des environnements, dans des espaces, dans des conditions de vie très diverses. Et elles gagnent au partage. Elles gagnent à se rencontrer, à passer un moment ensemble au service des valeurs de la République. Ça, c'est le premier objectif. Ensuite, c'est de leur apporter un certain nombre de formations.
Formations notamment à une société de la résilience et de la vigilance. Comment on fait pour réagir face à une catastrophe naturelle ? Comment on intègre un poste de secours ?
Comment on organise une battue ? C'est-à-dire face au terrorisme également ?
Face au terrorisme, comment on réagit face à un attentat terroriste ? Comment on se protège face aux catastrophes naturelles ? Face à des disparitions, si une personne disparaît, comment on organise une battue ? Tous ces enjeux-là, les jeunes, ils ont envie d'être formés. Ils ont envie de savoir s'en emparer et de savoir réagir en cas d'événement grave. Et puis le troisième objectif, c'est de lever les freins à l'engagement. L'engagement, c'est quoi ? C'est donner ce qu'on a de plus précieux finalement, son temps. C'est donner du temps au service de l'intérêt général.
C'est-à-dire, c'est la cohésion de la société, de la nation ?
Oui, c'est ça, c'est un enjeu de cohésion, mais c'est aussi un enjeu individuel. Quand on s'engage, on fait du bien à l'intérêt général, on se fait aussi du bien à soi. Un jeune qui s'engage, c'est un jeune qui se pose des questions, qui prend confiance en lui, qui arrive à mieux s'orienter, et qui arrive à mieux s'insérer, y compris professionnellement. Et moi, je suis aussi en charge de l'engagement au gouvernement. Je veux faire en sorte qu'il y ait plus de jeunes qui s'engagent.
Et donc, c'est ce qu'on va faire notamment avec le service national universel, puisqu'il y aura une mission d'intérêt général de deux semaines auprès d'une association, d'une collectivité locale, ou d'un corps en uniforme, pompiers, police, gendarmerie. Sur la question que vous avez posée, du coup, vous avez cité un chiffre. Je suis très intéressé par ce chiffre, puisque par définition, il n'y a pas encore de chiffrage. Pourquoi il n'y a pas de chiffrage ? Parce que le coût de ce dispositif, il va dépendre en très grande partie de l'organisation précise qu'on va mettre en place pour 800 000 jeunes.
Cette organisation précise, elle sera affinée et déterminée après la phase de test que vous avez évoquée, qui aura lieu en juin prochain. Notamment la question du taux d'enquête. Donc vous dites que ça pourrait être moins cher ? Comment ? Ça pourrait être moins onéreux, moins coûteux pour l'État ? Oui, je pense que par rapport aux chiffres que vous avez évoqués, je pense que ça pourrait être moins onéreux. Ça veut dire que ce serait quoi ? Moins d'un milliard ? Vous voyez bien que je ne vais pas rentrer dans un chiffrage, parce que par définition, ça va dépendre de ce qu'on va faire.
Ce que je veux vous dire, en revanche, et parce que le président de la République a toujours été clair là-dessus, c'est que oui, ça sera un coût, mais c'est aussi un investissement. Et vous suivez les questions budgétaires. On voit bien qu'il y a l'enjeu du court terme, du moyen terme et du long terme. Qu'est-ce qu'on va faire dans ce service national ? Alors justement, on va faire notamment des bilans de santé. Les bilans de santé, c'est quoi ? Ça va permettre de détecter des pathologies chez des jeunes qui probablement se seraient aggravées et auraient coûté plus cher à la société. Donc il y a une économie pour les vécu à venir. Donc il y a des économies.
On va aussi faire en sorte qu'il y ait moins de décrocheurs, parce qu'on va analyser les parcours des jeunes avec eux et permettre qu'ils soient dans des parcours de formation. Un décrocheur, en accompagnement, sur l'ensemble de son décrochage, ça coûte 200 000 euros à la société, à la collectivité. Il y a 100 000 jeunes qui décrochent chaque année. On a un million de jeunes.
Or, ça concerne les jeunes qui sont en seconde. Mais je voudrais quand même, puisqu'il faut les attirer, ces jeunes, je voudrais qu'on écoute le président Emmanuel Macron. Il a fait des propositions très concrètes. C'était au débat avec les jeunes jeudi dernier. Écoutons-le. 1. On a rouvert et accéléré le code pour qu'il soit obtenu avant les 18 ans et en milieu scolaire. 2. C'est déjà le cas en service civique. Dans le service national universel, on aura l'intégralité du permis qui sera intégré. 3. Pour ceux qui sont en apprentissage, le permis est financé et il y a le chèque de 500 euros qui est fourni. C'est Noël. Il parle du permis de conduire, Emmanuel Macron.
En gros, les jeunes vont pouvoir passer le permis de conduire et tout ça beaucoup moins cher. Est-ce que c'est vraiment tenable, cette promesse ? D'ailleurs, les auto-écoles, on voit, ils grondent. Certaines prévoient de manifester demain à Paris.
Attendez, ce n'est pas de Noël. L'enjeu, ce n'est pas de faire un cadeau avec la auto-écoles Noël. L'enjeu, c'est de répondre à un enjeu majeur pour les jeunes, notamment, qui est celui de la mobilité. J'étais dans les Ardennes vendredi. J'ai rencontré un jeune qui m'a dit que je voulais faire un apprentissage. Je n'ai pas pu accéder à l'apprentissage que je voulais parce que je ne pouvais pas m'y déplacer, parce que je n'ai pas mon permis de conduire, parce que ça coûte trop cher. Dire qu'on veut que les jeunes puissent avoir leur permis de conduire moins cher ou sans frais, ce n'est pas un enjeu de cadeaux. C'est-à-dire qu'elle est tenable, cette promesse, elle est tenable.
Non, mais là, très concrètement, Gabriel Attal, ce que dit le Président, c'est, on repense ses mots, l'intégralité du permis de conduire intégré au service national obligatoire. Ça veut dire, comme il est obligatoire, tous les jeunes de la génération le font. Donc, pour cette génération, le permis de conduire devient gratuit pour tous.
Oui, c'est sur ça qu'on est en train de travailler. Il y a notamment la phase obligatoire. Donc, c'est un mois obligatoire où là, il y a la question du code qui va être prêté. Ce sur quoi on est en train de travailler, c'est qu'il y a un premier module de formation de deux heures au code et l'accès, avec des codes, à une plateforme numérique pour s'entraîner. Et qu'ensuite, après cette phase obligatoire, les jeunes puissent passer gratuitement l'examen du code. Donc, ça, c'est la question du code.
Ensuite, ce sur quoi on travaille, c'est que dans la phase volontaire, parce que je n'ai pas rappelé les deux phases du service national et universel, il y a une phase qui n'est pas obligatoire, qui est volontaire. Où là, c'est un engagement plus long, à partir de trois mois jusqu'à douze mois, à travers le service civique, le service sanitaire, les pompiers volontaires, la réserve. Et dans ce cadre-là, il pourrait y avoir la pratique. Qu'est-ce que ça veut dire pour les auto-écoles ? Mais est-ce que c'est peut-être la fin des auto-écoles ? Alors, on va travailler avec elles.
Et d'ailleurs, on travaille déjà avec elles, puisqu'il y a un rapport parlementaire qui est en cours de rédaction, avec une députée du Gard qui s'appelle Françoise Dumas, qui travaille avec eux, qui échange avec eux, qui va faire des propositions. On va aussi s'appuyer sur ces propositions pour avancer. Mais ce qui est sûr, c'est que, dans le cadre du service national universel, il y aura une facilité pour les jeunes pour acquérir leur permis de conduire. Encore une fois, parce que c'est un enjeu majeur de mobilité. Et moi, qui travaille, qui suis en charge de la jeunesse au gouvernement, je m'attache énormément à cette question de la mobilité. Il y a un drame dans notre pays.
C'est qu'il y a des jeunes, aujourd'hui, qui naissent dans un territoire, dans un quartier, qui n'ont que ce territoire ou ce quartier comme horizon, et qui, du coup, pour leur choix d'enseignement supérieur, pour leur choix de formation professionnelle, pour leur choix d'insertion, ils se limitent dans l'horizon des possibles à ce quartier. Il faut élargir le champ des possibles des jeunes. Et pour ça, il faut leur permettre de bouger. Et le permis de conduire, c'est une des réponses.
Très bien. Sur un autre sujet, mais encore que, on va parler un petit peu d'écologie, cette semaine, le député Mathieu Orphelin a quitté, a démissionné du groupe LREM. C'était un proche de Nicolas Hulot. Cette démission, elle vient après, justement, celle de Nicolas Hulot. Elle vient à un moment où on voit un projet de loi énergie qui est moins ambitieux en termes d'économie, notamment de baisse d'émissions carbone, moins ambitieux qu'attendu. Est-ce que, finalement, votre gouvernement, Emmanuel Macron, n'a pas renoncé à la carte écologique ? Je vous propose d'ailleurs d'écouter Mathieu Orphelin. Il est très précis sur ces griefs. C'était donc cette semaine.
Sur aucun des grands chantiers, aujourd'hui, on est au rythme suffisant. Sur la rénovation énergétique, sur la mobilité, sur l'agriculture et l'alimentation, sur l'économie circulaire, sur tous ces sujets-là, il faut accélérer à fond. Et en plus, ça n'a que des avantages. Des fois, j'aimerais bien que les actes soient plus forts et que la direction qu'ils donnent au gouvernement soit plus forte. Des actes plus forts, on n'a plus l'impression que Macron, c'est l'homme qui va sauver la planète.
Vous avez dit beaucoup dans votre question. Mathieu Orphelin, qui est un ami, qui était un collègue quand j'étais député, c'est le compagnon de route historique de Nicolas Hulot. Son départ, c'est un peu la réplique du départ de Nicolas Hulot qui a eu lieu il y a quelques mois. En tout cas, c'était attendu. Ce n'est pas une très grande... Oui, mais il part avec le même message. Il part avec le même message. C'est un message de déception. Et on en revient au débat qu'il y a eu au moment du départ de Nicolas Hulot qui consiste à dire qu'il y a des personnes qui considèrent qu'il faudrait aller plus vite, plus fort.
Et oui, on peut toujours considérer qu'on pourrait aller plus vite et plus fort. Mais il faut aussi arriver à nous citer le gouvernement, la majorité, qui a fait autant que nous en si peu de temps pour l'écologie.
Là, maintenant, on est dans le nouveau monde, on change tout, on vous renverse à la table. C'est un petit peu la promesse. Donc, ce n'est pas... Mais c'est pour ça qu'on a pris
toutes les mesures qu'on a prises. On a interdit l'exploitation et la recherche d'hydrocarbures en France. Interdire le glyphosate sur l'ensemble du continent dans 5 ans, alors qu'il y a des pays...
En révisant les ambitions à la baisse.
Alors qu'il y a des pays qui voulaient 15 ans. 15 ans, on a obtenu 5 ans. C'est pour ça qu'on va porter un projet de loi sur l'économie circulaire prochainement. Et c'est pour ça qu'il y a cette nouvelle stratégie sur l'énergie que vous avez évoquée. Nous, ce qu'on considère, c'est que oui, il faut rééquilibrer notre mix énergétique. C'est-à-dire qu'il faut baisser la part du nucléaire.
Sur le glyphosate, d'abord, il n'est pas certain que l'engagement sera tenu. Une porte a été ouverte en sens il n'y a pas très longtemps. Et vous voyez bien que le message qui émane, c'est un message de déception. Et c'est un message qui dit, vous avez peut-être fait un certain nombre de mesures, mais vous êtes en deçà du seuil minimum nécessaire
pour sauver l'environnement. Mais qu'il y ait une déception de Nicolas Hulot et de Mathieu Orphelin, évidemment. On voit qu'ils sont partis. Mais il faut aussi penser à tous les autres députés et toutes les autres personnes qui ont rejoint La République En Marche, notamment pour des enjeux écologiques, et qui continuent à travailler, à se battre avec nous. Et notamment à se battre au niveau européen. On va réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique. Alors, certains considèrent qu'il faudra aller très vite et faire les choses très brutalement tout de suite. Nous, on considère qu'il faut que ça se fasse dans une période de transition. Pourquoi ?
Parce que ça veut dire quoi, réduire le nucléaire, si on le fait comme ça, brutalement ? Ça veut dire augmenter le coût de l'électricité pour les Français. À un moment, on parle beaucoup de pouvoir d'achat. Je ne sais pas si les Français seraient pour. Et c'est donc un impact qu'il faut mesurer. Donc, il faut faire les choses en transition et surtout les planifier. C'est ce qu'on fait avec la stratégie pour l'énergie. Et on va continuer à agir sur le terrain écologique. On va continuer avec l'enjeu de l'économie circulaire. Il y a un projet de loi qui sera porté par Brune Poirson dans les prochains mois. On va continuer sur la question du glyphosate. On tiendra nos engagements.
On va continuer sur la question du plastique. On va continuer sur toutes ces questions-là et notamment dans le débat européen puisque la question de l'environnement sera un enjeu majeur.
Très bien. Donc, on note vos engagements sur les européennes, justement. La plupart de vos concurrents ont déjà leur tête de liste voire une partie de leur liste qui sont formées. Ce n'est pas le cas de LREM. Pourquoi est-ce que c'est si difficile ? Est-ce que c'est difficile de trouver des gens engagés réellement sur l'Europe et qui pourraient présenter un projet là, dans les jours, dans les semaines qui viennent pour ces élections du 26 mai ?
Mais ce n'est pas difficile. Pourquoi ça serait difficile ?
Je pose la question.
Ce n'est pas parce que les autres listes publient leur casting maintenant qu'on devrait ce qu'elle est sur elle. C'est sûr qu'elle, elle n'avait plus...
Vous-même, à un moment, il y avait un horizon qui était fin février, mi-février.
Les autres partis avaient prévu leur casting même il y a assez longtemps puisque, en général, c'est quand même l'équipe B qu'ils envoient en Europe. C'est ceux qui n'ont pas réussi à se faire élire aux élections nationales un peu avant. Nous, on veut sortir de ça, justement. Nous, on veut faire en sorte qu'on ait une dream team européenne avec des personnes qui sont engagées pour l'Europe. On est en train de la construire. Il y a une commission nationale d'investiture qui travaille. Il y a plusieurs milliers de Français qui ont candidaté pour être sur notre liste.
On regarde les candidatures les unes après les autres avec une seule question et une seule boussole, c'est qu'est-ce que ces personnes peuvent apporter à notre combat au niveau européen, à notre combat pour transformer l'Europe, pour changer l'Europe.
Donc, ce n'est pas forcément des stars de la politique. C'est ça que vous voulez dire ?
Ah non, ça, je vous confirme. On ne va pas faire une liste avec des gens qu'on voit depuis des années qui ont été battus à une élection nationale.
On peut être une nouvelle star et nouveau.
Oui, l'enjeu, c'est d'agir, honnêtement. Et la question de la tête de liste, elle viendra plus tard. Là, on travaille sur la liste d'une manière générale, sur le programme, sur les orientations qu'on va porter en Europe. Et il y en a beaucoup à porter. On y reviendra peut-être, j'espère, parce que moi, j'aime parler d'Europe, parce que je crois à l'Europe. Mais c'est ça qui nous anime pour l'instant.
Merci Henri Vernet, merci Gabriel Attal. Vous restez avec nous. La suite de BFM Politique, c'est dans un instant, avec les questions d'écho. A tout de suite. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, c'est l'invité de BFM Politique en direct, et jusqu'à 13h, et c'est l'heure des questions d'écho. C'est avec vous, Edwige Chevrillon.
Bonjour Thierry, bonjour à Gabriel Attal. Bonjour. Je voulais vous féliciter, parce que je pense que vous êtes un des seuls du gouvernement à ne pas avoir participé à ce concours l'épine fiscale. On a vu des propositions... Ce n'est pas encore, peut-être que l'émission n'est pas... Je compte sur vous, peut-être, pour remédier à ça. Il y a une proposition, néanmoins, qui vous touche, puisque vous êtes en charge plus particulièrement de la jeunesse à l'éducation nationale. C'est la proposition, une proposition, de supprimer les crédits d'impôt pour tout ce qui est garde d'enfants et garde à domicile. A priori, elle est écartée.
Mais est-ce que vous pensez que pour vous, c'est une niche qui est très importante et qu'il ne faut surtout pas la plafonner en termes de crédit d'impôt, justement, et de revenus ?
Alors, déjà, c'est important de le préciser. Je n'ai pas entendu de proposition de supprimer le crédit d'impôt. Il y a eu des propositions de plafonnement pour les personnes qui gagnent à partir d'un certain seuil, etc. Moi, je vais vous dire ma conviction. C'est qu'on s'est engagé avec Emmanuel Macron, avec un engagement devant les Français, qui était de ne pas augmenter les impôts. Hormis la question de la CSG qui avait été annoncée pendant la campagne. Et d'ailleurs, on a corrigé. Ensuite, on a un mouvement des Gilets jaunes qui est né d'une contestation sur une taxe. Donc, il me semble assez étrange de dire qu'on va en sortir par des hausses d'impôts ou des hausses de taxes.
Je ne sais pas. On écoute ce que disent vos collègues du gouvernement. Non, mais il y a des propositions qui sont faites. Et c'est normal. Moi aussi, j'ai fait des propositions. Pas en matière fiscale, mais notamment sur la question du budget des associations. On pourra y revenir. Mais il y a des propositions qui sont faites. Et il y a des propositions, d'ailleurs, hyper intéressantes.
Est-ce que là-dessus, vous dites, attention, ne touchons pas même, il ne faut pas raboter cette niche fiscale ?
Moi, ce que je dis, c'est que je pense que l'enjeu du mouvement des Gilets jaunes, du grand débat, de ce que je perçois du grand débat aujourd'hui dans les discussions, c'est qu'on ne cherche pas à augmenter les impôts, mais plutôt à les baisser.
Mais pourquoi dans ce cas-là, Gabriel Attal, cette cacophonie, et comme le disait justement Edwil, ce concours l'épine de l'augmentation d'impôts ? François Drugy dit qu'il faut reposer le sujet de la taxe carbone. Gérald Darmanin s'interroge sur les niches fiscales. Bruno Le Maire fait d'autres propositions.
D'autres propositions sur l'ISF.
Quand on se met à la place des Français qui écoutent tout cela, c'est un peu difficile à réconcilier avec ce que vous dites. On a quand même le sentiment que l'idée que de nouveaux impôts émergent de ce grand débat et des propositions du gouvernement, elle est sur la table.
Parce qu'il faut plus de justice fiscale, donc il faut plus taxer les riches.
Qu'on avance des propositions, des pistes, moi ça ne me choque pas. On n'est pas les stormtroopers dans Star Wars, on peut aussi avoir des idées, c'est pas l'armée des clones, le gouvernement, qu'on puisse chacun faire des propositions, avancer des choses. En plus, c'est un moment où globalement les Français le font dans les débats. Quelle est votre position ? Vous dites qu'il ne faut pas toucher aux impôts ? Moi, je vous l'ai dit, je ne suis pas sur la ligne d'augmenter des impôts à l'issue du grand débat. Je ne pense pas que ce soit ça qu'attendent les Français. Après, on a un pays, un système fiscal où on paye beaucoup d'impôts en France. En termes de prélèvement, on est très haut.
Et donc, on a créé des grosses niches, justement, pour compenser ça. Donc la question, c'est si on veut un système qui soit un peu plus d'équerre, où du coup, on va baisser des niches, il faut baisser les impôts de l'autre côté aussi. Donc moi, je pense que c'est comme ça qu'il faut y réfléchir. Mais moi, je ne suis pas pour une augmentation de la fiscalité touchant les Français à l'issue du grand débat. Y compris pour les plus riches, les plus aisés. Mais nous, ce qu'on fait, notre politique, c'est de donner du sens à la fiscalité.
Depuis des années, des décennies, vous êtes spécialiste de ces questions-là, donc vous le savez, depuis des décennies, les gouvernements qui se sont succédés, les majorités, ont fait de l'impôt pour des raisons symboliques, pour des raisons pseudo de justice. Ça n'a pas vraiment fait réduire les inégalités. Par contre, ce que ça a fait, c'est que ça a fait fuir de l'emploi. Donc nous, on a une politique fiscale qui consiste à quoi ? À dire, on veut un impôt qui favorise la création d'emplois en France, qui favorise l'activité. Comment à ce moment-là, vous recréez de la justice fiscale et des demandes des gilets jaunes ? On a, en 2018, des créations d'emplois industriels.
Ça ne s'était pas vu depuis 10 ans en France. On a des investissements et de conjectures.
C'est plus difficile ces dernières semaines.
J'étais dans les Ardennes vendredi. Je peux vous dire qu'il y a l'usine Cévitale algérienne qui vient s'implanter dans les Ardennes. C'est 1000 emplois pour les Ardennes. Et s'ils viennent, c'est notamment parce qu'on a ce nouveau contexte fiscal et cette nouvelle attractivité retrouvée en France.
Comment est-ce que vous répondez-vous à ce besoin, ce sentiment de plus de justice fiscale qu'on a vu avec les gilets jaunes ?
Moi, je ne suis pas pour qu'on fasse de la politique par les symboles. Moi, je ne considère pas qu'en « tapant » sur certains ou en augmentant la fiscalité sur certains, les autres iront mieux par principe. Il faut que des Français aillent mieux. Vous êtes un peu différente de celle de Gérald Darmanin ? Non, je ne crois pas parce que Gérald Darmanin, comme moi, comme tous les membres du gouvernement, on est sur la même ligne. C'est-à-dire que oui, il y a des Français qui vont mal.
Oui, il y a des Français qui considèrent que la situation est injuste parce qu'ils n'ont pas assez de pouvoir d'achat, alors qu'ils bossent, qu'ils triment et qu'à la fin du mois, ils n'arrivent pas à boucler leur mois. Et donc, il faut faire en sorte qu'ils gagnent plus. Faire en sorte qu'ils gagnent plus, c'est les mesures à 10 milliards que le Président a annoncées en décembre. On a une augmentation du pouvoir d'achat, notamment autour du SMIC. Et c'est éventuellement d'autres baisses d'impôts qui pourront intervenir pour ces Français qui bossent et qui ont encore du mal à boucler les fins de mois.
On a bien compris votre position. Il y a un autre aspect qui est important, c'est le sentiment d'abandon, d'abandon du territoire. On l'a bien entendu, ressenti. Les suppressions de postes dans l'éducation nationale pour le budget 2019, c'est-à-dire que vous avez été largement mis à contribution, puisqu'il y a eu 2600 suppressions de postes, avec des créations de postes, notamment dans le primaire. Oui, c'est ça. Évidemment, mais enfin, quand même, il y a un solde qui est plutôt en défaveur de l'éducation nationale.
Est-ce que vous pensez que, maintenant, en 2020, avec ce mouvement, cette fronde, est-ce que vous avez le sentiment qu'il faut, au contraire, arrêter de fermer des écoles, de supprimer des postes dans l'éducation nationale ? C'est le message envoyé. Là encore, sur les postes de fonctionnaires, on se donne des priorités politiques.
On n'est pas sur du rabot, comme ça a pu être le cas avant, où on disait, bon, il faut supprimer tant de postes de fonctionnaires, donc on va en piocher un peu là, un peu là, sans se poser des questions. Nous, on fait des choix politiques. Vous avez dit qu'il y a eu des suppressions de postes et des créations. Pourquoi ? Parce qu'on rééquilibre notre politique éducative. Vous savez, la France, elle ne dépense pas beaucoup plus d'argent en matière éducative que ses voisins. Notamment l'Allemagne, on est à peu près au même niveau. En revanche, on dépense beaucoup moins que tous nos voisins, et notamment la moyenne des pays de l'OCDE, pour le primaire.
Alors que le primaire, c'est là où se jouent toutes les inégalités. C'est là où il y a des jeunes qui partent dans une trajectoire et d'autres dans une autre trajectoire. Donc, qu'est-ce qu'on fait alors qu'on dépense beaucoup plus sur le second degré que nos voisins et que la moyenne de l'OCDE ? Donc, qu'est-ce qu'on fait là, avec Jean-Michel Blanquer ? On rééquilibre. On dit qu'on met plus d'argent sur le premier degré, et on diminue sur le second degré pour compenser, parce qu'on veut se remettre dans la moyenne des pays de l'OCDE, mais pas pour des raisons comptables.
Mais est-ce qu'il y aura d'autres suppressions de postes dans l'éducation nationale ? Parce qu'on le sait, Olivier Dussop l'a encore réaffirmé sur mon plateau, qu'il est en charge de la réforme de la fonction publique, il y aura 120 000 suppressions de postes d'ici la fin du quinquennat. On a un peu de mal à savoir où, quand, comment. Ça paraît difficile pour l'éducation nationale.
Mais l'éducation nationale, vous l'avez dit, elle a joué sa part, elle a tenu sa part, et elle tiendra sa part sur ces questions-là, qui vont être arbitrées. Il y a eu des postes qui ont été supprimés, vous l'avez dit, cette année, notamment des postes administratifs, un peu de postes dans le second degré, et il y a eu beaucoup de créations dans le premier degré. C'est important de le dire, quand même. Quand on dédouble les classes en REP et REP+, on donne des chances à des jeunes qui n'avaient pas avant. Vous avez aujourd'hui des familles qui vous disent, j'ai eu un enfant qui était en primaire, dans une zone défavorisée, à la fin de l'année, il n'arrivait pas à lire, écrire et compter.
Aujourd'hui, son petit frère, qui a une classe dédoublée, il sait lire, écrire, compter, au mois de décembre, au milieu de l'année. Donc on voit bien l'impact énorme de ça.
Juste, est-ce que vous dites, il faudra faire attention, je veux dire, en 2020, budget 2020, l'éducation nationale a déjà contribué largement. Moi, ce que je dis... Il faut arrêter, il faut au contraire beaucoup plus investir sur l'éducation.
Mais on investit beaucoup plus. Vous savez, on parle des 1 800 suppressions de postes. Ce qu'on ne dit pas, en général, c'est que le budget de l'éducation, en 2019, il augmente de 860 millions d'euros. Donc on continue à investir sur l'éducation, le président l'a dit. La France, ça doit être une puissance éducative. Donc l'investissement, il va se poursuivre. Mais après, il ne s'agit pas de dépenser moins, mais de dépenser mieux. On veut rééquilibrer, notamment pour réduire les inégalités à la racine. C'est la source de notre problème.
Alors à propos d'inégalités, parce que c'est un des mouvements, enfin, si je veux dire, c'est ce qui est un peu un sentiment, peut-être un ressentiment qui est ressorti de ce mouvement des Gilets jaunes, c'est les fermetures de classes, notamment dans les zones rurales. Il y a un chiffre qui était sorti, je ne sais pas si vous le confirmez, c'est une évaluation qui avait été faite par le premier syndicat de l'éducation nationale, c'était 1097 fermetures. Ça, c'était en chiffre de mars 2018. Je ne sais pas aujourd'hui où est-ce que vous en êtes, mais dans les zones rurales.
Est-ce que, là encore, vous dites, il faut peut-être qu'on réalloue, en l'occurrence, les moyens de l'éducation nationale ?
Il y a plus d'ouverture que de fermeture de classes en zone rurale. Il n'y a aucune classe qui est fermée pour des raisons économiques ou pour des raisons budgétaires. Il y a des raisons démographiques. Ça, c'est un fait. Quand vous avez une chute démographique comme on en a, dans le premier degré à la rentrée prochaine, il y aura 60 000 élèves de moins. Donc, quand vous avez une baisse démographique, vous avez des endroits où il y a moins d'élèves et vous avez d'autres endroits où il y en a plus. D'accord. Donc, ça veut dire que pour créer des... Donc, on va continuer à avoir des fermetures de l'école pour des raisons démographiques.
Pour créer des classes à certains endroits où il y a plus d'élèves, forcément, à des endroits où il y a moins d'élèves et où il y a moins besoin, on réalloue. Ce qui est certain, c'est que, notamment sur la ruralité, on a un attachement immense à permettre de garantir un bon taux d'encadrement. Et, objectivement, vous avez une baisse. Je crois que c'est dans les 25 départements les plus ruraux de France. Vous avez eu une perte ces deux dernières années de 60 000 élèves et vous avez eu des créations de classes. C'est-à-dire qu'il y a des classes en plus, alors qu'il y a 60 000 élèves qui sont en moins.
Donc, oui, on a cet attachement-là à faire en sorte de garantir un taux d'encadrement important, notamment en zone rurale. Oui, mais sur les fermetures de classes,
est-ce qu'il y en aura d'autres ? Ça va se poursuivre, ce mouvement ?
Encore une fois, il y a des fermetures, il y a des ouvertures, tous les ans, de tout temps, justement pour permettre de garder un bon taux d'encadrement chez les jeunes. Et donc, c'est évidemment quelque chose qui va se poursuivre. Puisque si on veut faire en sorte que là où il y a des élèves en plus, on ait plus de profs, forcément, là où il y a des élèves en moins. Mais on a un attachement à faire en sorte que dans la ruralité, on n'ait pas de fermeture d'école et on ait des fermetures de classes, s'il doit y en avoir, qui soient parfaitement regardées avant.
Merci à vous, Edwige. C'est l'heure du mot de la fin dans BFM Politique. Deux petites questions précises, Gabriel Attal, avant de passer au mot de la fin, sur le service national universel. D'abord, ce jeune téléspectateur qui nous écrit, lui, s'ouvre de diabète et il demande s'il est éligible au service national universel. Donc, de manière générale, est-ce que tous ceux qui souffrent d'une maladie chronique ou d'un handicap pourront faire leur service national universel ?
Évidemment, le service national, il est universel. Donc, c'est pour tous les jeunes. Et donc, ça sera aussi pour les jeunes qui ont une pathologie ou qui sont en situation de handicap. On dit souvent que c'est obligatoire. Mais ce n'est pas obligatoire uniquement pour les jeunes. C'est aussi une obligation pour les pouvoirs publics de garantir à tous les jeunes, par-delà leur différence et leur statut, de pouvoir y accéder.
Et donc, on retourne dans une caserne, on met un uniforme pendant un mois ? C'est ça l'idée ?
Alors, il n'y aura pas que des casernes. Il y a aussi des internats, des centres de formation pour héberger les jeunes. Il y aura une tenue commune, comme je l'ai annoncé. Moi, j'ai souhaité que cette tenue commune puisse être faite par les jeunes pour les jeunes. Donc, j'ai lancé là un concours. J'ai lancé un concours avec des jeunes apprentis dans les filières mode, design, qui sont des filières d'excellence en France, avec un cahier des charges. On veut les couleurs tricolores, on veut les symboles de la République. Et puis, ils vont dessiner un projet de tenue du Service National Universel. Puis, on va mettre en place un petit jury qui va choisir la tenue que porteront les jeunes.
Elle aura été faite par les jeunes.
Un dernier mot sur une personnalité dont on parle toutes les semaines. Alexandre Benalla, une série de révélations sur ses actes, ces propos réels ou supposés qui continuent d'empoisonner, en tout cas, on l'imagine dans une certaine mesure, les efforts du président de la République pour reconquérir l'opinion. Comment vous la voyez, cette affaire, pour vous ? Est-ce que c'est... Elle est révélatrice de dysfonctionnements ? Est-ce que le président a accordé un excès de confiance à Alexandre Benalla ? Est-ce que vous redoutez que le sparadrap qui lui colle aux doigts continue d'être présent pendant assez longtemps encore ?
Enfin, on va repartir dans les débats qu'il y a eu en juillet quand l'affaire du 1er mai a été révélée. Et l'affaire n'est plus la même aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est qu'il y a eu une sanction après le 1er mai, que certains ont considéré qu'elle n'était pas suffisante, qu'il y a eu ensuite une autre sanction qui a été licenciée. À partir de là, ça ne concerne plus l'organisation des services de l'État. C'est l'affaire d'Alexandre Benalla, il y a une enquête judiciaire, il y a une commission parlementaire au Sénat qui travaille aussi, qui sont en train de faire la lumière sur cette affaire.
Après, si votre question, c'est de savoir si, en venant dans les médias, on aimerait parler davantage de nos sujets. Et d'ailleurs, je vous remercie puisque cette question arrive à la fin de l'émission. Ma question, c'est est-ce que le président
ait tort de lui faire confiance, fondamentalement, pour la lumière de ce qu'on s'est dit ?
Je veux dire, il y a des choses qui sont découvertes avec des révélations, d'ailleurs, qui restent à confirmer. Moi, je suis très prudent quand il y a des choses qui sortent dans la presse. Moi, je me fie à l'enquête et au travail des magistrats. Et c'est ça qu'il faut regarder. Ce qui est certain, c'est qu'évidemment, ce qui émerge aujourd'hui dans la presse, personne ne pouvait le savoir auparavant.
Merci. Merci beaucoup, Gabriel Attal, d'avoir été l'invité de BFM Politique. Aujourd'hui, affaire suivante, c'est votre rendez-vous tout de suite à l'antenne de BFM TV. Vous restez avec nous, avec Philippe Gaudin et Dominique Rizet. Très belle journée à tous sur BFM TV. Sous-titrage ST' 501
Gabriel Attal