François Asselineau invité de Micheline Lezin pour la « Plume Antillaise et d'Ailleurs »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:01François AsselineauFait
« Il y a quelque chose, quand même, qui me frappe beaucoup. C'est que parmi nos compatriotes noirs, d'origine antillaise, d'origine africaine, il y a quelque chose qu'ils ne remettent pas en cause. Ce sont les grands choix géopolitiques de la France, de la nation française. »
- 14:00François AsselineauFait
« Actuellement, nous sommes lancés dans une construction qui consiste à dire aux Français que nous devons partager le même avenir que la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, qui commémorent les Waffen-SS nazis. »
- 15:00François AsselineauFait
« Il suffit de voir cette salle pour savoir que l'avenir de la France passe d'abord et avant tout par ses liens avec les pays de la francophonie, et en particulier avec les pays du Sud. »
- 16:00François AsselineauFait
« Je pense que le XXIe siècle, si ça doit être un siècle de paix, doit être un siècle où tout le monde se reconnaît at home. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bienvenue à La Plume antillaise, 16e édition ! Je suis donc Micheline Lezin, présidente de l'association APTOM : association du personnel de La Poste et d'Orange originaire des départements d'Outre-mer. Donc nous organisons depuis 16 ans un forum littéraire, qui s'appelait au départ La Plume antillaise, et qui après, donc, s'est ouvert à tout le monde, donc s'appelle aujourd'hui La Plume antillaise et d'ailleurs. (Jean-Jacques Seymour - Journaliste, écrivain, éditorialiste sur Tropiques FM) Il y a tous les auteurs d'Owen Publishing : Michelle Jean-Baptiste, ...
Il y a tous les auteurs de la maison d'édition Anacaona. Il y a des auteurs américains qui viennent aussi, parce que nous rendons hommage aujourd'hui à Toni Morrison. Donc il y aura une conférence tout à l'heure qui va être ouverte par Éléonore Bassop et Claudine Seymour, qui est une spécialiste de la civilisation américaine.
Toni Morrison est une militante, une militante du monde noir, (Toni Morrison - Romancière, prix Nobel de littérature 1993) et qui a beaucoup écrit sur les problématiques du monde noir, que l'on retrouve ici aujourd'hui. Et il y a des passerelles à faire entre elle et le monde créole notamment. Faut jamais oublier qu'en 2006, elle est venue à Paris, où elle a été reçue par un grand monument aussi de la littérature : Édouard Glissant.
Et c'est cette passerelle entre ce monde américain et ce monde créole que nous allons mettre en avant aujourd'hui. La Plume antillaise et d'ailleurs, qui regroupe des auteurs des Antilles, bien sûr, du monde créole en général. « Et d'ailleurs », c'est l'Amérique latine, c'est l'Afrique.
Et tous ces auteurs seront représentés ici aujourd'hui. Le but de cette manifestation, d'une part, c'est faire la promotion des auteurs qui veulent bien venir. Mais c'est surtout susciter l'envie de lire et d'écrire auprès de nos adhérents, mais du public, parce que c'est une manifestation ouverte au public. (Michelle Jean-Baptiste - Avocate, conférencière, auteure, chroniqueuse) Michelle Jean-Baptiste.
Je suis auteure et aussi éditrice. Et je suis présente à la 16e édition, là, qui est un petit peu spéciale, puisqu'on rend hommage à une auteure américaine : Toni Morrison, qui nous a quittés au mois d'août dernier. Voilà.
Et je présente l'un de mes derniers livres, sur les droits de l'homme, qui s'intitule : « Droits humains, passons à l'action ». Parce que c'est pas le tout de dénoncer et d'informer. Il faut aussi que chacun et chacune, à notre niveau, on puisse aussi mettre en place des actions concrètes.
C'est un livre d'action, qui pousse les personnes à se rendre compte aussi de la situation à l'international, en matière de droits humains. Parce que...
Il y a des avancées, c'est sûr. D'ailleurs, j'en parle dans le livre. Mais il y a aussi beaucoup de dégradations, que ce soit au titre du droit du travail, du droit à la liberté de s'exprimer, du droit des femmes.
Donc il y a beaucoup de droits qui sont mis à mal. Et en plus, ce livre, qui est sorti à l'occasion des 70 ans de la Déclaration universelle des droits, a pour fonction aussi de faire un bilan, un bilan dans le réel, et puis de pousser aussi à l'action, effectivement. Encore une fois, se dire : « Qu'est-ce qui ne va pas ?
Mais qu'est-ce qu'on peut faire, chacun à son niveau ? ». Et le pire, je pense, auquel on assiste actuellement, c'est le défaitisme, c'est le côté : « Ouais, mais de toute façon, il n'y a rien à faire », et qui va avec le défaitisme souvent le silence.
Et quand on se tait, on est complice. Donc ce livre a été écrit pour ça : pour sensibiliser, pour faire en sorte que les personnes se sentent un peu plus impliquées, et qu'elles aient conscience qu'elles ont du pouvoir, quel que soit le niveau de diplôme, quelle que soit la situation familiale, quelle que soit la situation sociale. On a le pouvoir de faire changer les choses. (Luc Lamin - Auteur) Luc Lamin.
Je suis auteur d'un ouvrage qui s'appelle...
Titré « la France en perdition sous l'image subliminale du racisme ». Je vous dirais que c'est un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps, parce qu'on s'est rendu compte que la discrimination augmente à une vitesse incroyable. Pas seulement en France, mais aussi en Europe.
Et il me tenait à cœur d'écrire sur le sujet. Quand on parle de l'immigration, c'est difficile de la dissocier (du) racisme. Je parle de la façon dont on entame le sujet actuellement.
Pourquoi ? Parce que je vous dirais que vous avez...
Il faut pas...
Il faut être clair. Il y a bien effectivement un problème d'immigration. Mais il faut pas confondre l'immigration légale et l'immigration illégale.
Or, il y a une confusion d'idées qui fait que des gens qui sont bien intégrés en France et qui sont là en tant qu'immigrés légalement, même des gens qui ont un lien avec l'immigration...
Ces gens-là se trouvent à certains moments touchés par le sujet. On a besoin que le sujet soit clair, parce que c'est quand même un sujet sensible, un sujet complexe. L'immigration, c'est un sujet complexe.
On (en) a besoin, d'autant plus que l'immigration...
Quand je parle d'immigration, je parle : l'immigration légale. L'immigration légale, c'est un apport pour notre société. (Yollen Lossen - Auteure) Eh bien oui, j'ai été très surprise d'avoir eu le prix, pour la première fois, de la Plume antillaise et d'ailleurs, à propos de mon roman : « le Jour où ma mémoire s'est réveillée », qui parle du déni de l'inceste.
Il s'agit d'une jeune fille qui a été violée par son père à l'âge de 11 ans. Et la douleur a été si terrible que pour survivre, elle l'a oublié. C'est ce qui s'appelle le déni ou l'amnésie traumatique.
Elle a fait sa vie professionnelle très bien, hein, et avec des rapports extrêmement conflictuels avec les hommes. Et une fois, à Paris, elle fait une rencontre. On lui montre une photo.
Et là, tout lui revient. La réminiscence est totale. Elle avait 30 ans.
Et le livre raconte comment, avec des hauts et des bas, elle arrive à la réminiscence. Voilà. C'est mon troisième roman.
J'avais déjà écrit deux précédents romans : « la Peau sauvée », qui parle des problèmes de couleur de peau aux Antilles, c'est-à-dire...
Chez les Noirs, évidemment, parce que dans les années 50, la peau claire, qu'on appelle « la peau sauvée » à la Martinique, « peau chappée » à la Guadeloupe...
La peau claire était un ascenseur social. Plus la peau était comme un peu celle des Blancs...
On avait plus de chance de trouver un travail, même de trouver un conjoint, hein. Et donc comme je suis issue d'un père blanc et d'une mère noire, donc j'ai vécu cela de l'intérieur. Donc j'ai voulu parler de cette thématique.
J'ai une licence de psychologie. J'ai travaillé en tant que rééducatrice dans des réseaux d'aide à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Et évidemment, je me sens concernée par tout ce qui touche à l'enfance.
Ça se termine toujours bien, mes romans, parce que...
Mais oui, parce que je montre la lutte de mes acteurs, et comment ils arrivent à s'en sortir. — Je voudrais appeler M. Asselineau.
En tout cas, je veux vous remercier pour le passage à l'APTOM. Et je voulais que vous gardiez un souvenir. Donc je vais vous offrir à vous aussi des tasses, voilà, et je donne le...
Quelques minutes. — Merci pour ces échanges qui sont très remarquables. C'est la première fois que je viens, à cette 16e Plume antillaise.
Et je suis stupéfait par la qualité de cette conférence. C'est pas ici que ça devrait se tenir. Je trouve que ça serait à la télévision française qu'on devrait avoir ça.
Il y a une belle citation de Toni Morrison qui disait : « If there's a book that you want to read and it hasn't been written yet, then you must write it » : « S'il y a un livre que vous aimeriez lire et qui n'a pas déjà été écrit, vous devez l'écrire ». Moi, j'ai été sensible à ce qui a été dit dans les échanges, notamment à cette statistique terrible : ce sondage qui montre qu'une petite fille noire préfère une poupée blanche, parce qu'elle est plus belle, alors qu'elle n'est pas belle. Je voudrais ici...
Vous allez voir un peu où je veux en venir, parce que je suis quand même un homme politique. Mais je vais pas faire un discours politique. Il y a quelque chose, quand même, qui me frappe beaucoup.
C'est que parmi nos compatriotes noirs, d'origine antillaise, d'origine africaine, il y a quelque chose qu'ils ne remettent pas en cause. Ce sont les grands choix géopolitiques de la France, de la nation française. Or, actuellement, nous sommes lancés dans une construction qui consiste à dire aux Français que nous devons partager le même avenir que la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, qui commémorent les Waffen-SS nazis, que nous devons apporter notre soutien à des pays avec lesquels je n'ai rien contre, mais avec lesquels nous n'avons pas beaucoup de liens, alors qu'il suffit de voir cette salle pour savoir que l'avenir de la France passe d'abord et avant tout par ses liens avec les pays de la francophonie, et en particulier avec les pays du Sud.
Et là, je trouve que vous devriez peut-être – je m'adresse ici aux Français d'origine africaine ou d'origine antillaise, mais d'origine plus généralement de la francophonie – vous emparer de ce sujet pour une autre vision du monde que celle qui nous est proposée actuellement, qui est (celle) du clash of civilizations, the remaining of world order, c'est-à-dire le choc des civilisations, où on aurait un monde judéo-chrétien : en fait l'Amérique du Nord et l'Europe, qui aurait vocation à entrer en conflit avec le monde plus orthodoxe, vocation à entrer en conflit avec le monde musulman, vocation à entrer en conflit avec le monde latino-américain, vocation à entrer en conflit avec le monde africain. Moi, je suis à la tête d'un mouvement politique...
Je ne suis pas là pour faire sa promotion, mais simplement pour attirer votre attention sur la réflexion qui doit être menée, parce que je pense que le XXIe siècle, si ça doit être un siècle de paix, doit être un siècle où tout le monde se reconnaît at home, hein, et que la France a des liens avec les pays d'Afrique qui sont finalement beaucoup beaucoup plus importants que ceux qu'on peut avoir avec un certain nombre des pays de l'UE. Je pense notamment aux pays baltes ou à certains pays de l'Est, mais pas uniquement. Voilà.
C'était le petit message que je voulais dire. Je pense que derrière le message de Toni Morrison, c'est-à-dire cette réflexion qui est une réflexion de nature sociologique, il devrait y avoir...
Aller au-delà, en tirant une conséquence en matière politique, et la plus haute politique, c'est-à-dire la géopolitique planétaire. Quel est le XXIe siècle que nous voulons ? Est-ce qu'on veut un siècle de choc des civilisations et à la limite des couleurs de peau, parce qu'on risque de faire se hérisser les poils d'un certain nombre de personnes ?
Je persiste à soutenir qu'au bout du compte, la construction européenne, c'est une espèce d'apartheid planétaire qui ne dit pas son nom. Nous, ce que nous voulons, c'est avoir les mêmes relations avec l'ensemble des pays du monde. Il n'y a pas de peuples torchons et de peuples serviettes.
En tout cas, merci beaucoup pour tout ce que vous avez fait. Je trouve que c'était vraiment passionnant. Et si un jour, nous avions le pouvoir...
Je le dis parce que je connais bien Jean-Jacques. Eh bien nous, nous donnerions accès aux grands médias français – notamment à la première chaîne de télévision – à tout ce qui est fait dans la littérature, le cinéma africains, francophones et pas francophones, mais d'abord et avant tout francophones, le cinéma africain, le cinéma de la Caraïbe, le cinéma latino-américain, asiatique, etc., et toute la littérature qui, en fait, est cachée aux Français, sur lequel il y a un silence organisé.
Merci beaucoup. — Merci. — C'était super. {Inaudible}. (Applaudissements)
François Asselineau