Arlette Laguiller - Campagne présidentielle 1988 | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] travailleuse travailleur parce que je m'adresse ainsi à vous parce que je parle de classe ouvrière et de bourgeoisie on dit souvent de mes idées qu'ell datent d'une autre époque qu'elles sont périmés mais qu'aujourd'hui tout cela a bien évolué mais dans quel sens la société a-t-elle évolué et bien moi je vous le dit elle a évolué à reculon elle retourne en arrière et mes idées ne sont pas pér mais elles sont même de plus en plus actuelles on a pu croire il y a bien des années que la situation des travailleurs allait continuer à s'améliorer peu à peu et que finalement l'élévation du niveau de vie serait continuelle mais cela c'était une illusion savamment entretenu par tous ceux qui nous répétaient que notre société était le meilleur des mondes et que les travailleurs n'avaient qu'à faire confiance aujourd'hui les conditions de vie des travailleurs ne s'améliorent pas elles ne sont même pas stationnaires elles se dégradent et pas seulement les conditions de vie des travailleurs car nous sommes menacés au travers du craque de la Bourse d'autres catastrophes économiques de crise bien plus grave encore peu à peu tous les travailleurs ont vu disparaître des éléments de leur niveau de vie qu'il pouvaient croire à quiis la stabilité de l'emploi mais quel travailleur peut dire aujourd'hui qu'il ne fera pas partie d'une vague de licenciement et quand après avoir été chômeur on a la chance de retrouver du travail ce n'est dans l'immense majorité des cas qu'avec ces contrats provisoires temporaires qui rendent le travail encore plus précaire l'évolution des salaires elle s faite à reculon les salaires sont bloqués depuis 6 ans d'abord par le gouvernement de la gauche puis par celui de la droite quand on perd son emploi on en trouve un autre si on en retrouve un que beaucoup moins payé le salaire minimum il existe encore mais pour combien de temps les patrons revendiquent ouvertement sa suppression mais il est déjà tourné de tous côtés avec les tucs et les SIVP la protection sociale mais elle disparaît progressivement les cotisations à la sécurité sociale s'élèvent et les remboursements diminuent et au train où vont les choses ça va être quoi l'an 2000 quel avenir aujourd'hui pour ces 3 millions d'entre nous qui n'ont plus de travail de moins en moins d'espoir d'en retrouver et dont un nombre croissant se retrouve en fin de droit sans plus rien pour vivre combien de travailleurs au chômage en sont ou seront prochainement réduits au restaurant du cœur combien d'entre eux sont ou seront bientôt chassés de leur logement et condamnés au taudi ou à la rue et parmi ceux d'entre nous qui ont du travail combien doivent se passer du nécessaire car pour ce qui sont payés au SMIC vivre avec 4000 francs nets par mois c'est se priver du nécessaire la crise elle ne date pas d'aujourd'hui cela fait maintenant une bonne quinzaine d'années qu'elle a commencé et c'est peu à peu que la situation des travailleurs s'est dégradé les travailleurs auraient pu se défendre car ils ont les moyens la force d'imposer au patronat une répartition des sacrifices qui ne soi pas à sens unique mais c'est dans ces années-là que les partis de gauche ont fait croire aux travailleurs que si l'union de la gauche arrivait au pouvoir elle pourrait enrayer le développement de la crise celui du chômage et éviter des sacrifices aux travailleurs et c'est ainsi que dans ces années-là la classe ouvrière a été ligotée d'élection en élection pendant les années décisives du début de la crise le patronnat la bourgeoisie en ont profité pour porter les premiers coups au moy aux conditions d'existence de la classe ouvrière mais ils en ont encore plus profiter lorsque l'union de la gauche est arrivée au gouvernement car là c'est un gouvernement que les travailleurs croyaient favorable à leurs intérêts qui leur apportai les coûts les plus rudes il y a eu quelques mesures au début comme l'augmentation du SMIC comme l'abaissement de l'âge de la retraite ou de l'horaire légal du travail qui pouvait faire croire aux travailleurs que leur espoir ne seraiit pas déçu mais ces mesures coûtaient peu au patronnat et lui ont finalement rapporté gros car ces mesures ont contribué à lier les mains à la classe ouvrière à accréditer parmi les travailleurs l'illusion que le gouvernement d'union de la gauche était dans la bonne voie et qu'il fallait lui laisser le temps qu'il ne fallait pas le gêner et c'est fort de cette illusion désastreuse pour la classe ouvrière que l'union de la gauche a pu ensuite bloquer les salaires justifier les licenciements instituer le forfait hospitalier attaquant directement et de plein fouet les conditions d'existence de la classe ouvrière il y a eu aussi et c'est au moins aussi grave les attaques au moral de la classe ouvrière c'est un gouvernement qui se prétendait socialiste qui s'est mis à expliquer ce qu'aucun gouvernement de droite n'aurait pu faire sans réaction de la part des travailleurs qui s'est mis à expliquer qu'il fallait que les travailleurs acceptent des sacrifices pour que les entreprises fassent du profit et cela même lorsqu'il devenait visible que les entreprises n'utilisaient pas ses profits pour créer des emplois mais seulement pour enrichir leurs propriétaires c'est un ministre socialiste bergevois qui a manifesté bruyamment sa joie lorsque les dividendes des actions en bourse se sont mises à grimper lorsqu'un véritable flot d'argent s'est déversé sur la bourgeoisie grande et même moyenne et petite mais c'est au même moment que les restorant du cœur devenait une nécessité non plus pour les marginaux mais pour un nombre croissant de travailleurs sans travail et arrivé en fin de droit c'est un gouvernement socialiste qui en un mot a déconsidéré l'idée même que puisse être mené face à la crise une autre politique que celle qui consistait à laisser les mains libres au patronat à l'aider à s'enrichir par l'appauvrissement de la classe ouvrière mais rappelons-nous donc ces années de la gauche au pouvoir où on a vu à peu près toutes les catégories sociales descendre dans la rue magnif testé on a vu les médecins on a vu les petits patrons on a vu les paysans on a vu les mandarins des hôpitaux on a vu les policiers on a même vu les curés et les religieuses on a vu tout le monde ou presque mais pas la classe ouvrière qui avait les mains liées parce que c'était le gouvernement de gauche qui était au pouvoir et que les principaux syndicats ne voulaient rien faire alors que c'est précisément la classe ouvrière qui a été attaquée et violemment oui nous les travailleurs nous avons perdu du temps que le patronat a su utiliser aujourd'hui toutes les grandes entreprises capitalistes font des profits exceptionnel il est évident que ces profits ne sont pas réalisés grâce à un accroissement de la production et des ventes mais grâce au blocage des salaires grâce au fait que les entreprises ont licencié beaucoup de travailleurs pour en embaucher moins et surtout moins payé il est tout aussi évident car cela fait plusieurs années que les profits sont élevés que ses profits ne servent pas à créer des emplois le chômage il n'a pas cessé d'augmenter un seul instant et le temps passé au chômage s'allonge les profits accrus ils servent seulement à l'enrichissement des banquiers et des propriétaires des grandes entreprises ils servent à financer tous ces rachats d'entreprises par lesquels les de benénédti les Pinau valenciennees les Manias de la finance se disputent la propriété des grandes sociétés et disons-nous bien que si la classe ouvrière se laisse faire cela va continuer car la soif de profit de ces gens-là est sans limite et la seule limite c'est celle que la classe ouvrière sera capable d'imposer et cette limite nous ne l'imposerons pas par le bulletin de vote sûrement pas pas en attendant quoi que ce soit du résultat de ces élections pas en faisant confiance au moindre degré à ce politicien retort de la bourgeoisie quitéran aussi viscéralement hostile à la classe ouvrière que Barou Chirak aussi platement au service du grand patronat et de ses intérêts mais dangereux par le crédit usurpé dont il bénéficie dans une partie de la classe ouvrière je ne vous dis pas à l'occasion de cette élection voter harlette lagaguiller et ça changera je dis qu'avec le bulletin de vote on peut seulement dire ce que l'on veut mais pas l'obtenir mais c'est important de dire vraiment ce qu'on pense sans approuver une politique qui n'est pas la nôtre sous prétexte de voter pour celui qui a des chances d'être élu et qui de toute façon se retournera contre nous et aujourd'hui je voudrais m'adresser plus particulièrement aux femmes aux femmes comme moi aux travailleuses mais aussi aux autres femmes car nous les femmes on nous fait une place à part secondaire dans cette société la preuve je suis la seule femme dans cette élection aucune autre n'a voulu faire acte de candidature et en tout cas aucune autre n'a été jugé digne par son parti de le représenté je crois que ça en ditilon sur la société dans laquelle nous vivons 20 ans après mes 68 et le développement du féminisme qui a suivi nous voilà revenus au point de départ oh des femmes ils en montrent tous de barre à mitérant en passant par Chirac c'est à qui montrera qu'il a le plus de femmes avec lui à tel point que on peut se demander si les candidats font la cour aux femmes pour obtenir leur voix ou s'ils se serent des servent des femmes comme élément publicitaire pour vendre les actions de suè on a été chercher Catherine de neuvre pour vendre bar on a trouvé une championne de javelot pour Chirac on a trouvé Madonna et pour mitteran elle se bouscule dans le milieu du showbusiness et de la littérature et bien moi je crois que les femmes ont plus de bon sens et de dignité que cela elles n'achètent pas n'importe quoi elles ont leurs idées comme les hommes et elles se déterminent politiquement elles aussi ce que j'ai à dire aux femmes aujourd'hui n'est pas différent de ce que j'ai à dire aux hommes oui je m'adresse à vous qui êtes des travailleuses des femmes au foyer chôumeuses retraité à vous qui faites partie du monde du travail et qui vous trouvez de ce fait dans une situation de plus en plus difficile car vous vous connaissez les prix des choses vous n'avez pas besoin de consulter les indices officiels pour ça savoir que le prix de la viande a augmenté et celui des chaussures pour les enfants et celui des loyers et celui des transports et celui des livres scolaire et vous savez aussi mieux que quiconque ce qu'est ce que c'est que de faire la queue à la NPE et de consulter désespérément les annonces d'emploi parce que les femmes aujourd'hui partagent avec les jeunes le triste privilège de fournir les plus gros contingents de chômeurs être chômeuse à 18 ou 20 ans c'est Révol temps mais l'être à 40 ou 50 ans c'est désespérant comme les hommes peut-être plus que les hommes car sur le marché du travail les femmes là encore ont le triste privilège de représenter le plus fort pourcentage de la main- d'œuvre non qualifiée alors tout ce que les hommes politiques peuvent raconter sur l'avenir la modernisation sur l'échéance du marché unique européen de 92 les femmes des milieux populaires savent bien ce que cela veut dire pour elles plus de chômage plus de difficultés moins d'espoir alors comme les hommes avec les hommes plus fort peut-être encore que les hommes elles pourront dans ces élections dire qu'elles en ont assez et qu'elles n'ont pas confiance elles peuvent faire passer sur ces élections le souffle de leur colère et de leur amertume et elles doivent le faire parce que rien de bon pour les classes populaires ne se fera sans elle travailleuse travaille illeur il y a une pression ouverte ou insidieuse qui est exercée sur les travailleurs pour les amener à voter pour mitteran pour exprimer leur hostilité à bar ou à Chirak mais voe pour la personne de miteran ce serait approuver une politique antiouvrière qu'il aurait commune à tous voter massivement pour mitteran et sa politique ce serait de la part des travailleurs lui dire qu'il peut vraiment tout se permettre qu'il n'a pas se préoccuper de l'opinion du monde du travail auquel déjà il ne promet rien ce serait lui dire que du côté de la classe ouvrière il a les mains entièrement libres et qu'il peut se consacrer à gagner les faveurs de cette petite frangeche de l'électorat de droite qui lui permettra d'être élu en faisant de la paix sociale un de ses principaux arguments électoraux miteran s'adresse au grand patronat pour lui dire que s'il est élu il sera capable de faire accepter au travailleurs sans qu'il réagisse plus de sacrifice que ses concurrents travailleuse travailleur refusez d'utiliser votre bulletin de vote pour approuver la politique anti-ouvrière des gouvernements passés présents et futurs faites-en au contraire un moyen de protestation à moyen d'exprimer votre mécontentement et si je vous propose de le faire en votant sur mon nom ce n'est pas pour mlire ni pour me procurer un quelconque strapentin dans un ministère même de gauche mais pour compter tous ceux qui sont dans le camp des travailleurs car si je vous dis voote pour ma candidature c'est pour vous dire votez pour le camp des travailleurs votez pour la politique des travailleurs si vous voulez m'entendre à nouveau je donne rendez-vous à tous ceux qui le peuvent au meeting central de ma campagne le dimanche 17 avril au Zénit à la porte de pentin à Paris où je parlerai à 15h [Musique]
Arlette Laguiller