Quelles réponses à la colère sociale ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut qualifier cette journée de mobilisation de réussie ?
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Comment expliquer que les objectifs de blocage du pays ne sont plus atteints par les forces syndicales ?
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Est-ce que Sébastien Lecornu est sous pression de la rue ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quelle est la stratégie de Sébastien Lecornu face à cette situation ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la dissolution est une solution pour sortir de l'impasse ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Quelle est la situation de Boualem Sansal en Algérie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Chiffre
« 500000 personnes selon le ministère de l'intérieur, 1 million selon la CGT. »
- 17:00Fait
« La polarisation idéologique est extrêmement forte. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et pour en parler, on est ravi de retrouver deux habitués. Bonjour Nenedi, merci d'être là. Rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire.
Et Benjamin Morel est également avec nous. Bonjour Benjamin. Vous allez bien ?
Ça va et vous ? Mais ça va très bien. On va revenir sur cette journée de mobilisation.
D'abord, on a vu les chiffres 500000 personnes selon le ministère de l'intérieur, 1 million selon la CGT. Est-ce qu'on peut qualifier de cette journée de réussir ? Est-ce que le paris des syndicats, il est réussi ?
Arnaud, c'est une mobilisation soutenue en tout cas. Bon, après, vous savez, c'est toujours l'éternel débat sur les chiffres entre les chiffres du ministère de l'intérieur et ceux des syndicats. 500000, c'est un peu moins que ce qu'avait annoncé d'ailleurs dans ses prévisions le ministère de l'intérieur.
Mais on peut se poser la question de savoir si le ministère de l'intérieur n'a pas fait exprès un peu de monter la George pour d'une certaine manière qu'il y ait un effet un peu déceptif qui soit suscité par des chiffres un peu plus bas que prévu. Enfin, c'est une hypothèse parmi d'autres. Euh après, ça reste quand même une manifestation enfin une mobilisation assez soutenue.
La vraie question est de savoir euh comment notamment les forces politiques de gauche vont capitaliser sur cette mobilisation dans un moment parlementaire qui est un moment parlementaire que l'on connaît qui est particulièrement complexe pour le nouveau premier ministre. La réité, c'est que il y a de toute façon clairement et toutes les études d'opinion le démontrent maintenant depuis de nombreuses depuis de nombreux mois mais encore plus ces derniers temps, une vraie une vraie défiance sociale qui s'est installée dans le pays. Mais moi ce qui me frappe toujours depuis quelques temps quand même dans ces grandes mobilisations, y compris durant les mobilisations des des retraites, c'est que les objectifs de de d'arrêt du pays, de blocage du pays ne sont plus atteints par les forces syndicales.
J'ai connu par le passé, moi si vous voulez, des mouvements sociaux où le pays était véritablement bloqué. en 95 clairement euh la la réforme des régimes spéciaux des des cheminaux entre autres sous Alain Jupé avait véritablement bloqué l'Île-de-France. On ne circulait plus on ne circulait plus.
Aujourd'hui, on voit que quand même c'est plus tout à fait le cas. Comment vous l'expliquez ? Bah d'abord, je pense que sur les transports, il y a eu quand même une réforme qui euh donne, je veux dire, la possibilité d'un service minimal qui quand même malgré tout, je veux dire euh fait que je veux dire, c'est plus c'est plus bloqué.
Et puis peut-être que les les les syndicats n'ont plus la la capacité qu'ils avaient par le passé à véritablement à un moment donné bloquer le pays. Euh Benjamin, est-ce que du coup avec ce qui s'est passé hier, Bruno Rotayol disait "La France n'a pas été bloquée mais il y avait quand même entre 500000 et 1 million de personnes dans la rue. Est-ce qu'on peut dire que Sébastien Lecnu est sous pression de la rue ?
Alors il est sous pression de la rue mais en fait beaucoup plus que de la rue, il reste sous la pression du parlement et la rue rebondit sur le parlement d'une certaine façon. C'est-à-dire que si vous aviez eu personne hier, la légitimité du Parti socialiste de potentiellement avoir des demandes extrêmement importante aurait été moindre s'il y avait eu peu de monde dans la rue, les marges de manœuvre du Parti socialiste pour faire potentiellement un compromis aurait été également plus importante. En d'autres termes, qu'est-ce qui s'est passé hier ?
Il s'est passé que ben entre une enquête qui avait été commandée par le Parti socialiste, un sondage et une mobilisation qui est quand même est assez importante au vu d'un contexte où il y a pas de grand texte à combattre, typiquement une réforme des retraites et cetera, vous avez une gauche qui apparaît comme étant ragaillardi droite dans ses bottes. Et cette gauche aujourd'hui, le problème fondamental pour Sébastien Lecornu, c'est qu'elle a les clés. C'est-à-dire que les gouvernements Barniers et Bairou tenaient sur deux routes de secours.
Une route de secours RN qui aujourd'hui veut la dissolution et une route de secours PS qui aujourd'hui bien est sous la pression d'une base et sous la pression de ses autres partenaires de gauche pour potentiellement ne pas tendre la main et qui n'a plus aujourd'hui fondamentalement peur d'une dissolution. Quand vous prenez les dernières enquêtes d'opinion, qu'est-ce qu'elles disent ? Elles disent que bah si demain vous avez une dissolution, ce que je vous aurais dit il y a un mois, c'est-à-dire le groupe PS en cas de division de la gauche disparaîtrait.
Aujourd'hui, c'est plus vrai. Le groupe PS peut peut tenir, il peut même avoir plus de troupes. Et ceux qui s'effondrent, ce sont les centristes.
Et donc, vous avez un Parti socialiste qui demain va négocier avec Sébastien Lecnier. Enfin, il dit qu'il ne négociera pas, mais admettons qu'il décide de le faire. Et bien se dit "En fait, j'ai plus vraiment peur d'une dissolution.
Si jamais je tends la main, je vais contre ma base, je vais contre les syndicats, je vais contre les écolos qui vont basculer du côté de la France insoumise à l'avant-veille des municipales et donc potentiellement je me fais arquiri." Est-ce que lecte socialiste a dès lors réellement intérêt à négocier ? Pas tant que ça.
Donc la réussite de la mobilisation d'hier, c'est un vrai problème stratégique pour Sébastien Lecnu. Pas parce qu'il y avait des gens dans la rue et qu'ils y resteront, mais parce que derrière bah ça fragilise la potentialité de construire un accord politique. Ça veut dire que les discussions, elles sont vouées à l'échec. il trouvera pas d'accord de non censure.
Moi, je fais partie de ceux qui je crois que Benjamin partage la même opinion que moi, mais je pense je pense que la situation est assez inextricable et je rejoins ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire qu'en l'occurrence le Parti socialiste et ça c'est nouveau depuis quelques semaines, n'a plus vraiment peur de la dissolution parce que tout simplement quand on fait les projections en sondage, on voit que le Parti socialiste ne risque pas grand-chose aujourd'hui en terme de dissolution. il a retrouvé un peu d'air en l'occurrence et il peut faire monter d'autant plus les enchères vis-à-vis euh de Sébastien Lecornu. Le problème de Sébastien Lecornus, c'est de savoir comment il peut lâcher à gauche sans perdre sur sa droite et même je dirais sans perdre même y compris dans le bloc macroniste parce qu'on parle toujours des LR mais au sein même du bloc Macroniste, je ne suis pas sûr par exemple que le groupe Horizon soit très favorable à une hausse de la fiscalité sur les très haut patrimoines, même à l'intérieur si vous voulez même du bloc de de Renaissance, il y aura des questions qui se poseront.
Donc c'est une situation qui est pour euh Sébastien Lecnu euh difficile et finalement c'est vrai qu'aujourd'hui toutes les oppositions réunies n'ont plus du tout peur de la dissolution quelle qu'elle soit et euh bien sûr du côté du Rassemblement national qui hésité à un moment donné mais qui ne sont plus du tout hésités en la matière malgré les problèmes judiciaires de Marine Le Pen et on le voit que du on voit que du côté du Parti socialiste aussi et il y a un dernier paramètre qu'il faut retenir les élections municipales. Les élections municipales vont peser sur les calculs et les anticipations rationnelles des acteurs politiques et notamment des socialistes. Les socialistes ont beaucoup à perdre des divisions à gauche, ce qui est moins vrai d'ailleurs du côté de LR pour les municipales, mais là en la matière, ça peut si vous voulez les inciter à avoir une opposition encore plus ferme vis-à-vis de Sébastien Lecordnu.
Et Arnou, vous parliez de du bloc central et de la stratégie du bloc central. On va écouter l'une des députées de ce bloc central, Renaissance, c'est Mot Brégon. Elle était l'invité ce matin de TF1.
Notre responsabilité, c'est de tout faire pour trouver un compromis. Mais un compromis par essence, ça nécessite que chacun fasse un pas vers l'autre et qu'on ne s'envoie pas des taxes Ukman à la figure ou des menaces de censure en permanence. C'est pas comme ça qu'on fera avancer la culture du compromis en France.
Oui. Alors, la culture du compromis, faut arrêter avec cette essentialisation de la vie politique. Les en fait la question c'est quel est le coût du compromis et quels sont potentiellement ces apports ?
Si vous êtes le Parti socialiste aujourd'hui et c'est ce qui est tout ce qu'on évoqué et que vous faites un pas vers le centre, vous gagnez quoi ? Bah vous gagnez rien. Vous allez être le vilain petit canard de l'ensemble du reste de la gauche.
Vous allez en effet être fragilisé pour vos municipales et vous vous trouvez dans une situation qui est une situation où vous allez faire valoir quelques gains idéologiques au sein d'un budget que tout le reste de la gauche va vous reprocher d'avoir fait passer parce que ce sera un budget d'aérrité. Si vous êtes les LR de l'autre côté et ben vous êtes également dans une situation compliquée parce que si vous tendez la main au programme du parti socialiste, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui différencie aujourd'hui aux yeux de leur électorat LR du RN ?
Ah, c'est plus tant les questions d'immigration et de sécurité, c'est les questions économiques et notamment de crédibilité économique. Si demain vous avez LR qui to pour une taxe Zucman ou un équivalent, que va dire le RN ? Le RN va dire "Nous, on censure he, on avait dit que s'il y avait la moindre d'impôts, on censurait.
C'est un message à qui ?" À l'électeur de Centre Droit. Si demain tu ne veux pas qu'on augmente tes impôts, bah arrête de voter LR, va directement voter pour l'Assemblée nationale puisque nous, on va jusqu'à la censure.
Et donc LR est également pris dans un piège stratégique en la matière. Ils peuvent pas céder sinon eux aussi ils meurent. Et donc c'est pas une affaire de culture du compromis.
Ce sont des acteurs relativement rationnels qui tout bêtement ne veulent pas mourir ou veulent augmenter leur gain politique à des seins de main de faire un truc qui est normal en politique parce qu'on les juger en disant non mais ils aiment pas l'intérêt général et cetera. Ils pensent qu'à leur nom d'ombril. Si vous êtes le parti socialiste, c'est quoi votre vision de l'intérêt général ?
C'est pas le budget de Sébastien Lecornu. C'est qu'un jour votre parti survive, arrive au pouvoir et applique son programme idem pour LR. Et donc dans ce cadre-là, le coût du compromis devient extrêmement élevé pour eux.
Le coût de la dissension là est beaucoup plus important. Et dernier point, ce sont qui plususés des groupes divisés. Aujourd'hui, LR qui tient le pouvoir, Bruno Retaillot.
Au parti et au Sénat qui tient le pouvoir à l'assemblée ? Laurent Vaquier qui n'aime guerre Bruno Retaillot. Et donc dans ce cadre-là, le groupe à l'Assemblée est en dissidence ou en tout cas en fragilité par rapport au parti et n'a pas forcément les mêmes intérêts.
Du côté des socialistes, il seit qu'il y en ait 25 qui décident demain de voter une motion de censure en disant "La ligne majoritaire au sein du parti moi me fragilise ou ne correspond pas à la vision que j'ai du parti de la gauche pour que le gouvernement tombe." Donc vous comprenez bien que ce sont deux piliers de flotteurs sur lequels doit reposer Sébastien Lecornu LR et le PS qui sont des flotteurs qui n'ont pas intérêt à le faire flotter et qui sont des flotteurs qui plus bah sont assez divisés et fragiles. Donc il est dans une impasse ?
Il est dans une impasse parce que si vous voulez, on se retrouve dans une situation sous la 5e République qui est tout à fait inédite, c'est que c'est pour la première fois que vous vous avez une coalition gouvernementale qui est arithmétiquement minoritaire et politiquement donc minoritaire. C'est ça la réalité. Et on l'a vu lors du vote de confiance.
Lors du vote de confiance, vous avez eu 364 députés très exactement sont compté ceux qui se sont abstenus qui ont voté contre la confiance à François Berou. François Berou a eu 196 voix. Donc vous voyez bien que le rapport de force est quand même extrêmement disproportionné et les mêmes raisons qui ont fait chuter d'une certaine manière Michel Barnier et François Beirou, monsieur le Cornu y est confronté aussi.
Alors il y a quelque chose qui a un peu changé, c'est peut-être la seule différence entre Sébastien Lecnu et ses deux prédécesseurs. C'est le moment que nous sommes en train de traverser. Si vous voulez, on a le sentiment que aujourd'hui la technique qui a été adoptée par le Cornu et également par le président de la République, c'est un peu la technique de la 4e République.
C'est-à-dire que on désigne un président du conseil, c'est ce qu'on faisait sous la 4e République, qui avait charge de trouver un compromis politique avant de former un gouvernement. Moi je je note une chose, mais tous les observateurs l'uront remarqué, c'est que depuis la nomination de monsieur le Cornure ne parle pas du tout du futur casting gouvernemental. C'est complètement sous les radars.
D'ailleurs, je note aussi que monsieur le Cornu est extrêmement discret. Il n'a pratiquement pas communiqué depuis sa nomination. Donc c'est cette stratégie qui a été adoptée qui est une stratégie en l'occurrence très 4e République sur le plan, j'allais dire de la comparaison.
Mais il y a une différence fondamentale, c'est que sous la 4e République, vous aviez des groupes centraux qui quand les les coalition sous la 4e République se disloquaient. C'était les coalitions gouvernementales qui se disloquaient. Mais il y avait quand même, on pouvait s'adosser malgré tout à un moment donné à la possibilité de reconstituer des majorités parlementaires, ce qui n'est pas le cas là en l'occurrence.
Le problème c'est que encore une fois vous prenez ce parlement par tous les bouts, cette assemblée nationale pardon par tous les bouts et ben vous avez une énorme difficulté à reconstituer arithmétiquement une majorité parlementaire pour une raison simple aussi c'est que la polarisation idéologique est extrêmement forte. Donc vous croisez ces deux paramètres et ben vous vous retrouvez dans une situation qui est structurellement extrêmement difficile pour monsieur le Cornu comme tout autre premier ministre qui seraiit confronté à la même à la même tâche. Mais non, je suis absolument d'accord.
C'est-à-dire que il y a une stratégie président du conseil en effet et c'est plutôt malin. C'est probablement ce qu'il faut faire mais c'est fait beaucoup trop tard. Si ça avait été fait par Michel Barnier, ça aurait sans doute beaucoup mieux fonctionné. pas parce que Michel Barnier aurait été meilleur mais parce que un il y avait pas de risque de dissolution et parce que qui plus et bien il y avait pas eu à ce moment-là et bien les tensions qu'on a pu connaître au sein de cette assemblée nationale et les retour était pas région numéro 3 Sébastien le Cornu il aurait plus pu réussir que là où faire ça après il a une autre voix de stratégie qui va vous plaire ici sur Public Sénat quand il parle de décentralisation qu'est-ce qu'il fait il dit en fait regardez mesdames messieurs les maires qui sont les deux grands partis d'élus en France le PR le PS et LR et donc dans ce cadre là, il essaie de jouer la base des élus locaux contre la direction des partis en disant au maire "Bah écoutez, est-ce que vraiment vous avez intérêt à une dissolution en pleine élection municipale ?" La réponse est non parce que ça va être une nationalisation de l'élection et pour parler à pas mal de maires croyez-moi, ils en ont plutôt peur.
De l'autre côté, si je reste au pouvoir, vous allez l'avoir le statut de l'élu, vous allez avoir éventuellement l'autonomie fiscale. Bref, vous allez avoir ce que les associations d'élus, notamment la MF demandent depuis des années. Donc allez appeler Olivier Fort, s'il vous plaît que je ne sois pas censuré.
Est-ce que ça peut fonctionner ? Peut-être probablement pas tout bêtement parce qu'aujourd'hui et bien vous avez notamment du côté des socialistes un pouvoir qui est essentiellement détenu par le groupe politique à l'Assemblée dont on a dit qu'il avait plutôt intérêt aujourd'hui à être sur une base plutôt radicale. Mais on voit que Sébastien Lecornu a quand même conscience des difficultés et innove dans la méthode par rapport à ses prédécesseurs.
Jouer les élus locaux, jouer le président du conseil de la 4e, c'est probablement la bonne stratégie. Vraiment pas sûr que ce soit suffisant. Oui, c'est peut-être une stratégie payante ça de jouer les élus locaux.
Est-ce que les municipales finalement c'est un atout handicap pour très bien la mécanique je veux dire en tout cas tactique qui peut je veux dire présider à à ce type de de de j'allais dire de de démarche. Mais la réalité c'est qu'il y a un autre facteur qu'il faut prendre un autre paramètre qu'il faut prendre en compte c'est l'opinion publique. Et aujourd'hui là aussi quand on regarde les études et les et les sondages on voit clairement que l'opinion publique n'a plus du tout peur d'une dissolution même majoritairement la demande en l'occurrence.
Donc ça aussi, si vous voulez, ça rentre dans le calcul notamment des leaders euh des partis politiques et euh des responsables de groupes parlementaires. Donc est-ce que finalement ils vont plus écouter dans l'hypothèse où il serait, je veux dire, il se lanceraiit dans une opération en en anticipant une dissolution, est-ce qu'ils vont plus écouter les élus locaux avec bien évidemment tout ce qui tout ce que cela pose comme problème de nationalisation du scrutin municipal s'il y avait en effet une dissolution ou est-ce qu'ils vont être plus sensibles finalement à l'état de l'opinion publique ? Il y a quand même un facteur qui est décisif aussi dans cette affaire, c'est que l'élection matricielle sur la 5e République, c'est l'élection présidentielle.
Donc, ce sont quand même peut-être plus des enjeux nationaux et des enjeux d'avenir national qui vont en tout cas quelque part motiver leur comportement plutôt que celui des élus locaux. D'autant plus qu'on a aujourd'hui quand même deux scènes politiques et ça c'est tout à fait nouveau. La scène nationale et la scène locale.
Vous voyez bien que sur la scène nationale, les marques sont fortes en général sont des marques qui sont peu enracinées en tout cas dans les municipalités et que les marques qui sont fortes localement sont des marques qui sont en déclin sur le plan en tout cas national. On va écouter justement l'un des un autre député, c'est Alexis Corbière. Il était l'invité ce matin de Sud Radio.
J'espère que le gouvernement ne se satisfait pas en disant tout va bien parce que finalement hier ils étaient un million et blab blabla. Non, le pays est au bord d'une quasi rupture. Il y a une colère dans le pays.
Il y a un ral. Les gens ils le disent avec des mots simples, on en a marre, ça suffit. Ça ne peut pas l' vu hier d'ailleurs dans les sn Alors on est dans un état de rupture du pays, d'une quasi rupture du pays.
Alors c'est toujours compliqué, c'est toujours très compliqué de dire cela parce qu'en fait on avait pas forcément vu la crise des gilets jaunes et donc on ne sait pas exactement comment ça peut exploser, quand ça peut exploser. Il est vrai que vous avez une situation de colère, de désespoir qui monte depuis des années et qui se cristallise. Est-ce que vraiment elle peut conduire à des mouvements sociaux extrêmement importants ?
On a vu que le 10 n'a pas vraiment été le succès que certains pouvaient escompter. Est-ce que ça peut mener à des jaqueries ? C'est pas tout à fait évident pour une raison simple, c'est que malgré tout, aujourd'hui, il y a un déboucher politique.
C'est-à-dire que vous allez combattre quoi ? Un budget, on n a même pas. Vous allez combattre quoi ?
Un gouvernement, il est finalement très faible un président de la République peut-être mais on le renouvelle dans un an et demi et on est quasiment en précéagne présidentielle. Autrement dit, il y a des exutoires politiques, il y a des exutoires électoraux. Ça veut pas dire que derrière et bien il y aura pas un déchaînement dans les urnes, qu'il y aura pas potentiellement des options qui seront des options radicales qui seront choisies.
Mais de là à penser que le pays va exploser parce que ce serait une cocotte minute qu'on mettrait sous pression. Je crois qu'on est dans une situation très différente de l'époque des gilets jaunes. À l'époque des gilets jaunes, vous n'aviez pas de déboucher politique.
L'Assemblée nationale était tenue de la, je dirais de manière absolument claire par les Macronistes qui appliquaient un programme qui était un programme euh relativement récent après l'élection de 2017 et qu'il et qu'ils arrivaient à décliner sans vrais contrepouvoirs, sans vraies oppositions. On en est plus du tout là aujourd'hui. Et donc il y a une attente, l'attente.
Il y a potentiellement en effet des explosions électorales qui peuvent advenir des explosions sociales à voir mais je suis beaucoup moins sûr. Ouais. Mais est-ce qu'il y a pas aussi, c'est un peu ce qu'on entendait hier chez les manifestants, un sentiment d'injustice, un sentiment de ralbol le fait de se dire "C'est toujours les mêmes qui payent à quelque chose d'injuste".
Oui. Non mais le sentiment d'inégalité, il a existé, il existe toujours en France de toute façon quoi qu'il arrive, queles que soient les périodes, il est peut-être plus fort aujourd'hui en effet. Et c'est vrai que la crise des gilets jaunes quelque part, on avait illustré l'expression.
Après, ce qui est sûr, c'est que si vous voulez la défiance dans les institutions et surtout dans ceux qui sont chargés de les diriger, elle est très forte. Mais c'est un mouvement que l'on voit euh poindre et croître depuis pratiquement plusieurs décennies. C'est-à-dire que ce n'est pas nouveau.
Là où on a véritablement, si vous voulez, une perception qui est à mon avis nouvelle, c'est qu'on a peut-être pour la première fois le sentiment qu'on arrive au bout au bout au bout au bout au bout d'un système, j'aime pas trop l'expression, qui je veux dire semble en effet totalement essoufflé et qui n'est plus en capacité de répondre. Et d'ailleurs quelque part finalement l'émiettement ou la balcanisation du champ politique à laquelle nous assistons et qui a un impact évident sur les rapports de force à l'Assemblée en est le résultat, on est le produit. La vraie question est de savoir si aujourd'hui ce qu'on a appelé les forces de gouvernement parce que globalement qu'est-ce qui se passe dans la perception de l'opinion publique ?
Il y a eu des grandes forces de gouvernement qui ont gouverné depuis des décennies des décennies. Ça force de gouvernement, c'est le Parti socialiste, c'est les LR et c'est qu'on le veuille ou non aussi euh ce que l'on appelle le macronisme qui est quand même, je veux dire, un composé de ces forces de gouvernement de centre gauche et de centre droit et que là on voit bien que si vous voulez ces forces de gouvernement n'arrivent plus à avoir l'adhésion majoritaire des Français. Donc c'est ça le vrai sujet.
Et euh il finit euh ce qu'on a vécu en 2024 avec euh la possibilité pour le Rassemblement national qui est véritablement le parti qui incarne aujourd'hui de manière historique si vous voulez la contestation de ce système. Le fait que le Rassemblement national finalement rate d'assez peu d'une certaine manière le l'élection législative de 2024 montre que quand même il y a aujourd'hui véritablement un point de rupture sur le plan politique est important et c'est ce qui d'ailleurs à mon sens peut et là je rejoins ce que dit Benjamin faire que il n'y ait pas d'explosion sociale parce que il y a un débouch il y a quand même des débouchés politiques autant à gauche d'ailleurs qu'à qu'au rassemblement national qui existent et qui peuvent retenir si vous voulez d'une certaine façon une explosion sociale. Après les exposants sociales, l'histoire nous apprend qu' qu'elles arrivent là où on les attend le moins, très souvent.
Rappelez-vous, en 2018, personne n'attendait les gilets jaunes et les gilets jaunes sont arriver. En 68, personne n'attendait après les élections de 67 68 et 68 est arrivé. Donc c'est pour ça qu'il faut être très prudent.
Ça fait des années et des années qu'on nous promet une rentrée sociale qui va être explosive. On n pas de rentrée sociale explosive. On a des rentrées sociales difficiles mais jamais explosives sur le plan politique.
Après, nul ne peut savoir ce qui va se parce qu'il reste encore se déboucher. Emmanuel Macron en 2017, il s'était fait lire, il avait promis en tout cas de réduire les fractures. Est-ce qu'aujourd'hui ces fractures, elles sont plus grandes que jamais, Germain ?
Ah oui, très clairement. Alors, on a une fracture, un sondage que je cite souvent et que j'ai déjà cité, je crois, sur votre plateau, une enquête au Doxa qui était paru avant les dernières législatives montré qu'il y a 47 % des Français qui voulaient voter contre la gauche à l'époque, 44 % contre Emmanuel Macron, 41 % contre le RN. On a trois Frances qui se regardent en chien de faillance.
Et d'ailleurs, quand on dit les hommes politiques ne sont vraiment pas des gens responsables, ils veulent le compromis que ils ne veulent pas le compromis alors que les Français le veulent. Les Français veulent le compromis sauf avec les gens qui sont pas de leur bord. C'est-à-dire que au fond les partis politiques suivent leur électorat.
Les partis centristes, ils veulent bien le compromis. Quand même pas avec le RN, faut pas exagérer, puis encore moins avec les insoumis. La gauche veut bien le compromis mais quand même pas avec les macronistes ou alors vraiment il faut qu'il votent pas les motions de censure et qu' ils acceptent la taxe Zucman et puis pas avec le RN parce que quand même faut faire barrage quant au RN.
Le compromis oui mais pas avec la gauche non et puis les Macronistes vous pensez vous vous n'y pensez pas. Donc vous avez ces trois Frances et ces trois Frances aujourd'hui évoluent dans des blocs très étanches. Il y a très peu de porosité entre ces blocs électoralement et ça évidemment bah ça rend le pays ingouvernable.
Et donc ça veut dire pardon s'il y a une dissolution la tripartition elle restera. La dissolution ne sera pas une solution. En cas en cas de dissolution il y a deux scénarios.
Soit le RN qui a une bonne géographie électorale et qui pourrait compter sur un affaiblissement très fort du Front républicain à une majorité absolue. C'est le seul groupe politique qui aujourd'hui peut espérer avoir une majorité avec le soutien des sotistes et cetera. Soit vous avez un hémicycle encore plus ingouvernable parce que vous aurez plus de RN.
Les circos sont des fiefs et donc ils auraient pas beaucoup moins de la FI et donc ça rend une ingouvernabilité encore plus grande. Pour terminer sur la la partition, ce qui peut-être doit nous désespérer ou nous rassurer, c'est qu'elle est pas franco-française. Regardez en Allemagne.
En Allemagne, l'AFD, le parti d'extrême droite en train de dépasser la CDU CSU. Le total dilink à Goknest, les deux parties d'extrême gauche entre guillemets, l'équivalent de la FI et bien sont en train de doubler le SPD. Même en Grande-Bretagne, quand on fait des cours de droits constitutionnel, on aime dire la Grande-Bretagne, c'est le pays de la bipolarisation qui inscrut un majoritaire à un tour sacrée de la bipolarisation, ce qui est pas vrai.
D'ailleurs, regardez le Canada, ben aujourd'hui, vous avez trois forces au euh en Grande-Bretagne qui sont à peu près équivalentes. Et donc cette tripartition des opinions, tripolarisation, elle est un phénomène occidental qui crée de l'instabilité en Allemagne comme en France, comme en Grande-Bretagne. Et donc c'est pas quelque chose qu'on va résoudre du jour au lendemain à travers que ce soit une réforme institutionnelle ou une nouvelle élection.
Merci pour votre analyse. Arnaud. On va on va dire un mot évidemment de Boem Sansal he vous présidez son son comité de soutien.
Comment il va aujourd'hui Boem Sansal ? Vous savez, on a très peu d'informations. Il finit, elle nous remonte de manière très sporadique et il faut les il faut les prendre avec les plus extrêmes précautions parce que les informations qui peuvent remonter sont celles quand même d'un régime qui est un régime qui est un régime policier.
Donc la liberté d'expression y compris de ses proches qui peuvent éventuellement le voir et de manière très épisodique est extrêmement contrainte et extrêmement limitée. On est aujourd'hui dans une impasse. On est dans une impasse parce que le fil entre Paris et Alger est extrêmement, j'allais dire tenu si tentez que je veux dire il existe encore.
Euh l'arrêté c'est qu'il faut que la mobilisation se poursuive. Évidemment, il faut continuer à en parler et surtout il faut essayer peut-être d'explorer des voies qui soient, nous on l'a déjà dit plusieurs reprises, des voies externes, des voies extérieur à la France qui ont des relations avec l'Algérie qui sont certainement beaucoup moins compliquées que les nôtres pour essayer de trouver une solution à brève échéance. Je rappelle, il est âgé, Bolhem s'installe, donc toute journée supplémentaire en prison est un risque pour sa santé.
Merci Arnaud pour ces nouvelles et on continuera évidemment à en parler. Avant de se quitter, on termine comme chaque jour désormais par l'histoire du jour. Benjamin, on va attendre un peu pour les marchés de Noël mais aujourd'hui, on va aller en scène maritime à Nechatelambré.
C'est près de Diep et en ce weekend de journée du patrimoine, on va parler d'une histoire de patrimoine, mais c'est aussi une histoire humaine. La commune qui va fêter ce weekend les 10 ans de la rénovation de sa chapelle Sainte Radegonde. Et si cette chapelle est debout, et bien elle le doit à des bénévoles qui ont décidé de s'unir, d'unir leur temps, d'unir leurs compétences pour la remettre debout pendant 5 ans.
Il y a notamment beaucoup de retraités qui ont travaillé d'arrache-pied. Ils étaient sur le terrain 8h par jour. Et pour marquer le coup et bien il y aura une stelle ce weekend qui sera inaugurée en hommage aux œuvriers.
Elle sera scellée sur le site. Une exposition également d'artistes locaux aura lieu. Ça fait une autre idée de sortie du patrimoine et comme le ton le temps ne s'annonce pas très très beau, ça fait aussi une alternative aux plages normandes si vous êtes dans le coin.
Merci beaucoup. Merci. Merci à tous de nous avoir suivi cette semaine.
Je vous retrouve lundi avec très grand plaisir. Très bon weekend. [Musique]