EPSTEIN : LE SCANDALE DU SIÈCLE - ÉPISODE 1
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00narrateurFait
« Jeffrey Epstein commence sa carrière comme professeur de mathématiques, dans la Dalton School, une école huppée de Manhattan. »
- 4:00narrateurChiffre
« Il va ainsi petit à petit pouvoir racheter un Boeing qui appartenait à la compagnie L-Brands, il va aussi grâce à Wexner pouvoir acheter cet hôtel particulier de Manhattan pour une bouchée de pain : 20 millions de dollars. »
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« Pourquoi Jeffrey Epstein a-t-il bénéficié d’une protection et d’un accord avantageux lors de son premier procès en Floride en 2007 ? »
- 7:00narrateurFait
« Il a ensuite démissionné après la deuxième arrestation de Jeffrey Epstein en 2019. »
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« Travaillait-il avec le renseignement US pour mettre en place un réseau de “Kompromat” ? »
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« Jeffrey Epstein est mort le 10 août 2019 en prison, un suicide apparent. »
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« Le codétenu de Jeffrey Epstein cette soirée-là, a été transféré dans une autre prison, il se retrouvait donc seul dans sa cellule. »
- 13:30narrateurFait
« Un nom qui revient systématiquement depuis l’arrestation et la mort de Jeffrey Epstein, c’est celui de Jean-Luc Brunel, son nom est d’ailleurs entouré dans le carnet. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Pour le Média, nous allons plonger dans une affaire vertigineuse, il s’agit de l’affaire Jeffrey Epstein. Ce petit gars de Brooklyn, devenu un millionnaire pédocriminel à la tête d’un réseau international tentaculaire qui va des Bahamas jusqu’à Paris en passant par le Nouveau-Mexique, Israël et la Floride. Jeffrey c’est une sorte de Rastignac criminel dysfonctionnel.
Parti de rien, d’une famille modeste de Brooklyn, son père travaillait aux espaces verts de la ville, il va peu à peu monter les échelons du succès pour embarquer tout un réseau de personnes célèbres, têtes couronnées, financiers internationaux, scientifiques, intellectuels, dans un délire où le pouvoir et le vice font bon ménage. Jeffrey Epstein c’est aussi une affaire qui montre le silence d’une caste, la “jet set”, “le gotha”, qui était consciente des agissements de ce pédocriminel et qui a parfois aussi participé à ces folles fêtes, dans les îles, à New York et aussi à Paris. Donald Trump, Bill Clinton, le Prince Andrew, Ehud Barak ce sont quelques noms des célébrités qui ont côtoyé le millionnaire, mais aussi un nom qui pose question, celui de Leslie Wexner, un des milliardaires les plus connus des États-Unis, fondateur de L-Brands, une entreprise de textiles, et aussi fondateur de Victoria’s Secret, une marque de lingerie.
Si vous ne connaissez pas Victoria’s Secret, c’est ça. On va quand même se réécouter les paroles. Mais revenons-en à Jeffrey Epstein.
Jeffrey Epstein commence sa carrière comme professeur de mathématiques, dans la Dalton School, une école huppée de Manhattan où les fils et les filles de bonne famille étudient. C’est là qu’il se lie d’amitié avec un des fondateurs de la banque Bear Stearns, qui va petit à petit le prendre sous son aile, puisque celui-ci était un parent d’élève. Il s’agit de Ace Greenberg, un grand financier de Bear Stearns qui va faire entrer Jeffrey dans le monde merveilleux de la finance à une époque où Wall Street était entièrement offerte aux loups.
Bear Stearns, c’est une banque dont on on a beaucoup parlé dans le cadre de la crise des subprimes en 2008, c’était un joyau de la finance internationale, salué par la presse économique. Une banque qui faisait des miracles, un an avant qu’elle ne fasse faillite, et qu’elle soit rachetée en précipitant la crise des subprimes en 2008. Jeffrey Epstein lui est parti assez tôt de Bear Stearns, en 1981, pour monter son entreprise personnelle de gestion de fortune et il va très vite avoir de nombreux clients, selon ses dires.
Selon ses dires parce qu’aujourd’hui, on ne connaît toujours pas la liste de cette clientèle si ce n’est un seul nom, celui de Leslie Wexner dont je parlais. Le premier grand client de Jeffrey Epstein, qui lui a fait confiance, à tel point que celui-ci a eu droit à des pouvoirs d’attorney, c’est-à-dire qu’il pouvait signer des documents officiels au nom de Leslie Wexner, et faire des affaires en son nom. C’est ce qui a permis à Jeffrey Epstein de se faire une fortune personnelle.
Personne ne comprend vraiment d’où vient cette personnalité charmeuse, intelligente et manipulatrice, qui va petit à petit créer un mur autour de lui et Leslie Wexner pour devenir l’homme de confiance et l’homme à tout faire du milliardaire. Il va ainsi petit à petit pouvoir racheter un Boeing qui appartenait à la compagnie L-Brands, il va aussi grâce à Wexner pouvoir acheter cet hôtel particulier de Manhattan pour une bouchée de pain : 20 millions de dollars, et également en 1998, c’est l’année où il s’achète Little Saint James, rebaptisée l’îles aux orgies, à côté de St Thomas, où il va en faire sa résidence principale et inviter tout le gotha mondial dans des fêtes décadentes alors même que les locaux étaient au courant, et avaient vu les allées et venues sur le tarmac de l’aéroport de St Thomas, de ces jeunes filles beaucoup trop jeunes, qui descendaient du jet d’Epstein pour monter dans l’hélicoptère qui les emmenait sur l’île. Si vous regardez cette île, rien ne va.
Un pilote de drone a filmé plusieurs vidéos de cette île avant et après l’arrestation de Jeffrey Epstein en juillet, ou l’on découvre d’étranges structures souterraines, un temple qui a été présenté tour à tour comme une salle de yoga, une salle de musique, ou une chambre d’amis et puis un cadran solaire, toutes ces images qui interpellent quand on imagine ce qui a pu se passer sur cette île. Pourquoi Jeffrey Epstein a-t-il bénéficié d’une protection et d’un accord avantageux lors de son premier procès en Floride en 2007 ? En effet, en 2007 il est accusé par une victime, qui avait 14 ans à l’époque des faits, de viol.
Ce procès qui aurait dû mettre le pédocriminel en prison pour plusieurs années se solde par une transaction organisée par Monsieur Acosta, qui est juge et est devenu par la suite ministre du Travail de Donald Trump. USA ! USA !
WOW ! Il a ensuite démissionné après la deuxième arrestation de Jeffrey Epstein en 2019. À l’époque, Jeffrey Epstein écope de 12 mois de prison, une prison où il ne met jamais les pieds car il a droit à un régime de liberté conditionnelle qui lui permet d’aller à son bureau, et de continuer sa vie comme si de rien n'était.
Pourquoi tant de clémence à ce moment-là ? Eh bien la justice américaine se pose la question et a décidé de rouvrir le dossier pour comprendre le pourquoi de ce jugement de 2007. Travaillait-il avec le renseignement US pour mettre en place un réseau de “Kompromat”, vous savez, ces vidéos compromettantes de cibles en fâcheuse posture pour les faire chanter ou faire pression sur eux, a-t-il été un agent pour le renseignement américain ou israélien?
Eh bien c’est en tout cas la thèse de Ari Ben-Menashe, un ancien du renseignement israélien devenu vendeur d’armes, qui assure que Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, son ancienne compagne et Robert Maxwell le père de celle-ci étaient tous trois agents du renseignement israélien. Un témoignage qui demande à être corroboré, car Ben-Menashe a une réputation de mythomane et d’escroc international. Autant de questions et toujours aucune réponse.
Jeffrey Epstein est mort le 10 août 2019 en prison, un suicide apparent, mais l’enquête se poursuit puisque le frère de Jeffrey Epstein, Mark Epstein a diligenté un avocat et celui-ci conteste la thèse du légiste, du suicide avec une contre-expertise qui a fait savoir que les marques de strangulation sont valables aussi bien pour un suicide que pour un homicide. Cette nuit du suicide interpelle tant les dysfonctionnements sont nombreux. Les deux gardiens de prison qui devaient faire des rondes toutes les 30 minutes dans cette unité ultra-sécurisée n’ont pas fait de ronde de toute la nuit, pire ils ont falsifié les registres, ils sont d’ailleurs sous le coup d’une enquête pour ces manquements au règlement.
Le codétenu de Jeffrey Epstein cette soirée-là, a été transféré dans une autre prison, il se retrouvait donc seul dans sa cellule. Et les caméras qui filmaient l’entrée de sa cellule n’ont pas fonctionné cette nuit-là ! Alors théorie du complot pour certains ?
Suicide assisté ? On ne saura sans doute jamais ce qui est arrivé à Jeffrey Epstein cette nuit-là et pourquoi il ne devait absolument pas parler. Car les noms célèbres, on en connaît quelques-uns déjà, mais beaucoup tremblent aujourd’hui d’avoir été bien trop proches de ce millionnaire pédocriminel.
Des noms qui apparaissent dans le black book, ce petit livre noir des contacts de Jeffrey Epstein. Ce carnet a fuité dans la presse grâce à un ancien majordome de Jeffrey Epstein, qui est décédé depuis en prison. En 2015, le site de presse indépendant américain Gawker publie l’intégralité de ce petit carnet : beaucoup de contacts, des noms français également, ce qui ne veut pas dire qu’il connaissait tout le monde, parce que Jeffrey Epstein avait une manie de collectionner les contacts.
Mais évidemment, se pose la question du réseau français de Jeffrey Epstein. Un nom qui revient systématiquement depuis l’arrestation et la mort de Jeffrey Epstein, c’est celui de Jean-Luc Brunel, son nom est d’ailleurs entouré dans le carnet, par le majordome qui avait entouré les têtes de pont du réseau criminel d’Epstein avant de remettre le carnet à Gawker. Jeffrey Epstein avait un appartement à Paris, avenue Foch et Jean-Luc Brunel lui avait un appartement avenue Hoche les soirées étaient nombreuses, se sont suivies et se sont ressemblé : on commence la fête, on va au restaurant et puis parfois on drogue et on viole les filles.
Et d'ailleurs avec le Média on est allés faire un tour chez Jeffrey Epstein à Paris et dans le prochain épisode on vous parlera de ce réseau français. Et c’est comme à Cannes, tapis rouge.
Thomas Ménagé