« Je reviens te chercher » - Olivier Faure sur France Inter pour la sortie de son livre (30/04/25)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
48 Sonia Deviller, votre invité est député de Sénémarn et premier secrétaire du Parti socialiste. À ce poste depuis 7 ans, il est candidat à sa réélection. Le congrès du PS se déroulera du 13 au 15 juin prochain à Nancy.
D'ici là, il fend l'armure. C'était l'expression de Lionel Jospin. Bonjour Olivier Fort.
Bonjour Sien de Guiller. Je reviens te chercher. C'est le livre que vous publiez chez Robert Lafond.
Ce titre, vous l'empruntez à une chanson de Gilbert Beco et vous l'adressez à votre père qui est mort il y a très peu de temps. Vous écrivez dans des pages intimes et sincères que vous connaissez l'extrême droite de l'intérieur. On va en reparler évidemment, vous allez pouvoir répondre à l'édito de Patrick Cohen.
Vous connaissez cette extrême droite de l'intérieur ? celle de l'action française à laquelle appartenait votre grand-père, admirateur de Morace, celle du journal du Front National que lisaient vos tantes, celle qu'a quitté votre père, puis le repli et l'abîme de la vieillesse et dans celle qu'il a fini par rejoindre à la fin de sa vie. Revenir chercher votre père, c'est revenir chercher les Françaises et les Français qui ont en général basculé à l'extrême droite.
C'est ce que j'aimerais. Ce livre, c'est l'histoire d'un fil rompu avec un un homme, mon père avec qui j'ai grandi, qui est d'abord né à l'extrême droite dans une famille morcienne, dans une famille de la vieille extrême droite française et qui ensuite a basculé à gauche après avoir été nommé fonctionnaire à la Réunion puis qui a rebasculé dans les dernières années de sa vie à l'extrême droite parce que ce monde allait peut-être trop vite pour lui parce qu'il avait avait été séduit par la thèse du grand remplacement et qu'il pensait que la civilisation dans laquelle il avait appartenu était en danger. Et donc cette cette conversation, j'ai voulu la prolonger postmortem difficilement parce que c'est c'était un déchirement pour moi de voir ce père que j'ai tellement aimé partir là où il était là où il était né.
Mais vous en faites une ambition programmatique, vous en faites un devoir moral, vous en faites une mission politique. Et ma question, elle est simple, c'est que est-ce que l'extrême droite de votre famille paternelle, c'est la même extrême droite de celle de Marine Le Pen et de Jordane Bardella ? Est-ce que ceux qui ont voté pour les extrêmes droites de l'époque votent pour les mêmes raisons aujourd'hui pour Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Mais la matrice de madame Le Pen est la même que celle de mon père. C'est la même. C'est il y a dans ma famille eu aussi un maire qui était encarté au FN à l'époque.
Et la réalité c'est que en fait ces gens n'ont pas changé. Ils ont euphémisé leur discours, ils l'ont modifié, ils ont cherché à se rendre acceptable, à se notabiliser, mais le fond de sauce elle est resté le même. Et donc c'est ça qu'il faut que je veux combattre.
Et quand je dis que je la connais cette extrémote de l'intérieur, c'est que oui, je je la connais mais en même temps, je sais aussi qu'il est possible de vaincre ses préjugés. L'histoire de ma famille, c'est l'histoire d'abord d'une famille enfin d'un père et d'une mère qui en l'occurrence n'aurait jamais dû se rencontrer. Votre mère réfugiée vietnamienne ?
Absolument. et elle-même issue d'une famille nationaliste mé vietnamienne. Mon grand-père a été ministre mais vietres s'étaient un jour rencontrés, je ne sais pas ce qu'il se serait raconté tant, leurs consciences, leurs préjugés les avait conduits loin l'un de l'autre.
Et pourtant, mes parents se sont aimés. Et pourtant, ma mère a été aimée par mon grand-père paternel, par sa par ma grand-mère, par mes oncles et mes tantes. Et donc c'est la démonstration que parfois grâce à l'amour et bien on peut modifier beaucoup de choses mais aussi grat grâce à à voilà au combat politique et grâce à l'union. grâce à l'union, grâce euh au rassemblement, parce que vous le dites et vous le martelez du début à la fin de ce livre, pour vaincre l'extrême droite, vous prenez une gauche unie euh et vous y consacrez de nombreuses pages, mais vous consacrez aussi de nombreuses pages à votre bilan, à la NUPES, au NFP, le Nouveau Front populaire.
Vous détaillez aussi par le menu les heures, les brouilles, les divergences profondes, les sissions auxquelles ça a finalement abouti. 3 années de palabre et de tractation à gauche. Qu'est-ce qui reste Olivier Fort ?
Qu'est-ce qui reste ? Mais il reste une espérance j'espère. Et ce que je vois c'est que ce matin, il y a un sondage qui est sorti et qui fait apparaître le fait que la gauche rassemblée, celle que je prône le sondage de la revue regard.
Exactement. qui de Ruffin à Gluxman est en mesure aujourd'hui d'être sur grand tour et je l'espère de battre l'extrême de demain. Donc la gauche pour vous ça va de Ruffin à Gluxman.
La gauche est plus large bien entendu mais celle le rassemblement que je prône celui-là. D'accord. Donc vous excluez les insoumis.
Je crois qu'ils se sont exclus d'eux-même. Oui. Non mais vous les excluez.
Oui. Oui. Bien sûr.
Non. Enfit donc il n'y aura plus d'accord d'appareil entre les insoumis et cette gauche que vous voulez rassembler. C'est ça que vous dites ?
C'est ce que je dis. C'est ça. Euh par ailleurs, il y a beaucoup de gens qui votent euh pour euh pour les insoumis, pour la France insoumis.
Bien sûr mais moi je ne rejette pas les les électeurs insoumis qui sont souvent des électrices et des électeurs qui ont voté pour d'autres formations politiques à gauche. Ce que je dis et qui ne votent plus pour le Parti socialiste précisément. Mais ce que je dis, c'est que nous avons nous un travail à faire pour retrouver ces gens-là de la même façon que nous avons un travail à faire pour retrouver celles et ceux qui ont pendant très longtemps accompagné la gauche et qui sont qui ont basculé à l'extrême droite.
Malheureusement, nous étions un grand parti qui a été un parti qui a alterné avec la droite au pouvoir et c'est devenu un parti qui a connu disons le ch plus qu'un trou d'air qui a connu en fait une descente aux enfers. Et donc évidemment que aujourd'hui cela suppose que nous retrouvions les raisons. Euh mais il y a pas une forme de comment dire de de de contradiction de de dire du début à la fin de ce livre que il n'y a pas de gauche irréconciliable, que c'est un mythe queon peut considérer qu'il a des lecteurs de gauche irréconciliables.
Je dis qu'il y a des françaises et des français qui ont besoin de la gauche dans le monde dans lequel nous traversons. dans le monde que nous traversons, avec euh une France qui est inquiète, qui se cherche, avec euh un monde qui donne le sentiment d'être en pleine bascule et tous les jours vos chroniques font part de cette bascule de Trump à Poutine mais on pourrait prolonger siing Ping, Erdogan et tant d'autres. Et bien si nous voulons à un moment être la réponse, nous devons d'abord être en mesure de rassembler une offre politique commune et puis parler aux français et au français de ce qui les touche.
Et ce qui les touche, ce n'est pas en fait les débats que nous avons en permanence à votre micro comme à d'autres de savoir quelles sont les alliances et de savoir comment on arrive à fédérer ce qu'on a appelé autrefois le peuple de gauche et plus largement les Françaises et les Français. Vous y concernez, vous y consacrez Olivier Fort de très nombreuses pages à ses alliances et au problèmes qu'elles ont posé parce que on sent que vous avez besoin de vous justifier. On sent que vous avez besoin de vous expliquer de vous expliquer.
Pas du tout. Je ne me justifie de rien du tout. J'explique simplement quel était ce trajet, quelle était cette trajectoire.
Et si on avait pas fait le Front populaire il y a à peine il y a moins d'un an, qui serait au pouvoir aujourd'hui ? Et puisque le combat que je vous dis vouloir mener, c'est celui contre l'extrême droite, je n'ai aucun regret. Et ce que je dis aussi, c'est que le 7 juillet, le 7 juillet que nous avons gagné avec le Front Populaire que nous sommes arrivés en tête, il y avait derrière moi toutes celles et ceux qui me contestent et tous voulaient gouverner ce jour-là.
Tous espéraient pouvoir gouverner. Alors, c'est trop facile d'être en permanence en train de dire c'est celui-là, c'est ce que je vois ce que vous conteste à l'intérieur de spécialiste. Il y a toujours des gens qui cherchent à avoir les mains pures mais enfin ils n'ont pas de main.
Moi ce que je sais c'est que je suis celui qui a mis souvent les mains dans le cambouille, qui a retrussé ses manches, qui a fait en sorte que ce parti se relève et je suis fier de l'avoir fait avec une génération qui aujourd'hui de trentenaire, de cadragé et bien qui aujourd'hui euh me donne beaucoup de fierté parce que ce qu'ils ont fait avec moi était vraiment méritoire. qui pour incarner la gauche. Vous avez aussi des pages assez dures sur François Hollande.
Vous dites que la ligne est coupée avec l'ancien président de la République. Vous critiquez publiquement son bilan, il ne le supporte pas. Il prépare son retour.
L'animal politique, écrivez-vous, regrette d'avoir jeté les gants trop tôt. Il veut sa revanche. Il veut sa course à l'Élysée.
Il ne sert qu'un destin personnel. François Hollande, mais je le crains maintenant. C'est à lui de le dire.
C'est pas Je suis pas là pour le juger en permanence. Ce que je dis c'est que aujourd'hui il faut peut-être passer à autre chose. Il aurait pu avoir un rôle de passeur.
Il aurait pu être celui qui par son expérience indiscutable à la tête de l'État, il aurait pu être celui qui dit à la nouvelle génération et bien écoutez voilà ce à quoi je me suis heurté et voilà les erreurs que j'ai commises et que je veux vous éviter il aurait pu être celui-là. Il n'a pas été celui-là. Il est celui qui au contraire aujourd'hui dans le Congrès et là en arrière-plan cherche à alimenter les querelles, les haines et les désaccords pour pouvoir mieux revenir.
Rapha Glan, presque 14 % aux européennes, c'était votre candidat. La ligne est coupée aussi manifestement. Non non, pas du tout.
Non, au contraire, vous dites qu'il qu'il pactise et qu'il participe au rassemblement. Non, je dis pas ça. Je dis que organisé par vos opposants où effectivement que ça vous a blessé.
Ça a été blessant parce que la politique n'exclut pas l'amitié et que donc parfois oui, il y a des moments où on est on peut être blessé par l'attitude de tel ou tel. Nous nous en sommes expliqués et aujourd'hui nous sommes à nouveau capable de nous parler et d'avancer ensemble parce que j'espère que nous avancerons ensemble. Est-ce qu'il faut censurer le gouvernement Bairou ?
Mais c'est pas une question de principe, c'est une question qui se posera ben peut-être aujourd'hui sur l'affaire Biaram, peut-être demain sur la question des retraites, peut-être après-demain sur la question du budget et nous jugerons à chaque fois en fonction de ce que répond François Beirou. Moi, je ne suis pas euh en fait pavlovien, je ne suis pas là pas avec des réflexes conditionnés. Je dis simplement que ce dont nous avons besoin, c'est une gauche qui se revendique de gauche, qui n'a pas qui n'est pas là simplement pour euh ben puisqu'on parlait de François Hollande qui disent "Écoutez, jusqu'en 2027, faites ce que vous voulez, on ne vous censurera pas." Ce n'est pas mon point de vue.
Mon point de vue, c'est que nous avons à tenir un discours qui est celui un discours offensif qui permettra de faire revenir les femmes et les hommes de gauche et peut-être plus Olivier Fort, je reviens te chercher chez Robert Lafond. Merci. Merci à vous.
Olivier Faure