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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 30 octobre 2019 6 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

«Un moment qui fait honneur à la France» - L'Assemblée condamne l'attaque d'Erdogan en Syrie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Locuteur 1Fait
    « Nous nous sommes réunis pour condamner unanimement l'intervention militaire de la Turquie et pour saluer unanimement le rôle des kurdes dans la lutte contre la tyrannie de l'obscurantisme. »
  • 0:45Locuteur 1Fait
    « C'est nous qui avions le mandat, certain mandat néocolonial, mais un mandat, après la première guerre mondiale qui a duré de 1920 à 1946 »
  • 1:40Locuteur 1Promesse
    « Il faudra ré-ouvrir l'ambassade de France ça ne sert à rien de l'avoir fermée. »
  • 2:00Locuteur 1Promesse
    « il faut ré-ouvrir le lycée Charles de Gaulle et contribuer à son redémarrage »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Heureusement que la Russie était là car c'est elle qui en un an a réglé ce que tous les autres réunis ont été incapables de faire »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « il eût fallu riposter car ce n'est pas aux turcs de décider si des français ont le droit ou non d'être en Syrie. »
  • 4:30Locuteur 1Fait
    « Dois-je rappeler ici qu'il y a eu un ministre des affaires étrangères français pour dire que Al Nosra faisait du bon boulot? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mes premiers mots seront de gratitude et d'une reconnaissance patriotique à l'égard de la présidente de notre commission des affaires étrangères grâce à laquelle cette séance se tient ce texte a été convenu entre nous les présidents de groupe à son initiative et c'est un moment qui fait honneur à la France que celui qui aura été rendu possible par elle. Nous, l'Assemblée nationale de la République française, nous nous sommes réunis pour condamner unanimement l'intervention militaire de la Turquie et pour saluer unanimement le rôle des kurdes dans la lutte contre la tyrannie de l'obscurantisme. Merci madame, d'avoir rendu ce moment possible.

Après quoi bien sûr, nous n'allons pas ici décider autre chose que de cette condamnation mais je crois qu'elle pèse lourd et qu'elle sera entendue comme un réconfort par les combattants et par tous ceux qui croient à la démocratie et c'est déjà énorme. Si nous devions entrer dans les détails sans doute nous séparerions-nous de nouveau dans des options différentes il est important que ce moment d'unanimité française ait lieu la France a avec la Syrie mais aussi avec l'Irak mais avec la Syrie en particulier une vieille accointance. C'est nous qui avions le mandat, certain mandat néocolonial, mais un mandat, après la première guerre mondiale qui a duré de 1920 à 1946 si bien que les choses étant ce qu'elles sont une sorte de familiarité s'est créé entre les syriens et nous quelles que soient les avatars des régimes politiques successifs des français comme des syriens.

Et cette continuité nous intéresse, il faut la rétablir monsieur le ministre. Il faudra ré-ouvrir l'ambassade de France ça ne sert à rien de l'avoir fermée. On pense ce qu'on veut du régime même si on est absolument contre ce que je comprends parfaitement et que je peux partager sans difficulté mais on ne peut pas à la fois avoir une ambassade au Qatar en Arabie Saoudite qui ne sont pas des régimes si proches de nous que ça et ne pas en avoir une à Bagdad; nous avons besoin Ah excusez-moi, à Damas, remarquez Bagdad on y vient dans un instant, je vais vous en parler à Damas excusez moi monsieur le ministre; de même il faut ré-ouvrir le lycée Charles de Gaulle et contribuer à son redémarrage parce que c'est par là que les élites, une partie des élites syriennes, se sont formées dans notre langue et avec notre langue tous les éléments de la pensée qui est celle des lumières.

Si je vous dis tout cela c'est parce que je vois que le bilan est un désastre la France est éliminée. Monsieur le ministre je ne vous en ferai pas le procès personnel mais je suis obligé de le dire, du point de vue de ce qu'est votre propre logique, pas la mienne la vôtre, qui sort vainqueur de cette affaire? les russes dont vous disiez qu'ils étaient des ennemis dont j'ai toujours dit qu'ils étaient des partenaires et des alliés.

Heureusement que la Russie était là car c'est elle qui en un an a réglé ce que tous les autres réunis ont été incapables de faire c'est-à-dire écraser la soi-disante armée du soi disant état islamique dirigé par Daesh Ensuite Ensuite nous ne sommes plus rien; on nous tire dessus; nos propres alliés soi-disant dans l'Otan, la Turquie nos militaires sur le moment riposte et ensuite que faisons-nous? plus rien. Il eût fallu riposter car ce n'est pas aux turcs de décider si des français ont le droit ou non d'être en Syrie.

Et par conséquent s'en aller dans les bagages de l'armée américaine est nul parce que dorénavant tout le monde sait que les français s'en vont quand les américains s'en vont eh bien avec moi il serait resté et on aurait bien vu qui à la fin aurait le dernier mot. Ce n'est pas monsieur le Président de la République turque, qui peut et qui a le pouvoir de décider ce que font les français. De votre point de vue j'estime que c'est un désastre mais déjà il était de longue main.

Etait-ce raisonnable de maintenir le PKK dans la liste des organisations terroristes? Alors que le parti communiste du Kurdistan dont je ne suis pas membre vous l'imaginez a été forte, une combattante décisive pour remporter la victoire. Est-ce qu'il était raisonnable de laisser monsieur Ocalan en prison au moment où l'on négociait cette somme que l'on a donnée aux turcs pour garder les frontières?

Est ce qu'il ne fallait pas faire sortir monsieur Ocalan de là pour qu'il aille à la tête de ses propres troupes? pour mener la lutte contre les islamistes armés? Est-ce qu'il était raisonnable d'être si ambigu avec Daesh?

Dois-je rappeler ici qu'il y a eu un ministre des affaires étrangères français pour dire que Al Nosra faisait du bon boulot? Voilà Aujourd'hui L'irak à son tour est dans une révolution citoyenne, monsieur le ministre nous ne pouvons plus regarder passer les trains. La France doit réaffirmer sa centralité une nouvelle fois; merci madame, de nous avoir permis au moins d'affirmer notre volonté commune aux côtés des combattants contre les terroristes islamistes.