Alimentation : Michel-Edouard Leclerc prévoit «une hausse des prix à l'achat»
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse partielle
On va parler des carburants. Ça continue de grimper en flèche. Ils sont déconnectés nos politiques, Michel-Edouard Leclerc, ou pas ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Sur les carburants, par exemple, les Français sont extrêmement inquiets, ils ont de quoi l'être. Le prix du gazole frôle désormais les 2 euros, 30. On va monter jusqu'à où ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Là, les gens, ils doivent faire le plein. Là, aujourd'hui, ce matin, pour aller au boulot, Michel-Édouard Leclerc, chaque candidat a une solution miracle. Vous, c'est quoi la solution ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Comment les consommateurs se comportent-ils actuellement ? Est-ce que vous notez une baisse de la consommation ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut s'attendre, Michel-Édouard Leclerc, à une hausse des prix de l'alimentaire en 2027 ?
- 6:38OuverteÉludée
L'inflation, vous avez souvent prédit que l'inflation allait monter. Là, vous la voyez à quel niveau, à la fin de l'année, chez l'Édouard Leclerc ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Et donc, rappelez-vous, depuis Barnier, Bayrou, Attal, on leur parle des retraites. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Leclerc vend des taxes. Carrefour vend des taxes. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, Leclerc a la recharge de moins cher, 0,19 du kilowatt-heure. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Si les Chinois, et tout le Sud-Est asiatique, partent sur l'électrique, qu'est-ce qu'on a à faire à continuer à dépendre des états d'âme de Trump, des conflits irano-américains ? »
- 6:40Invité politiqueFait
« La hausse des prix qu'on a constaté dans les magasins, même sur les fruits et légumes, c'était beaucoup dû à la hausse de l'énergie. »
- 8:12Invité politiqueFait
« La loi EGalim, de ne pas renégocier les demandes du secteur agricole. »
- 9:51Invité politiqueFait
« Les TVA sociales, c'est une hypothèse, il y en a d'autres. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Il faut transférer les cotisations sur le travail et les mettre sur ceux qui concurrencent le travail. »
- 11:44Invité politiqueFait
« Si c'est une loi, si c'est par branche, si c'est progressivement sur 5-6 ans, vous voyez, le salaire va sortir de la trappe à bas salaire. »
- 15:52Invité politiqueFait
« Si on ne lâche pas du salaire, les hommes politiques qui ont proposé de faire de la retraite par capitalisation, il n'y aura pas de capitalisation. »
- 18:25Invité politiqueFait
« Nous sommes prêts à acheter plus cher des produits agricoles. »
- 18:33Invité politiqueFait
« Je trouve inadmissible que dans la loi, des députés de droite comme de gauche n'ont pas exigé des industriels, de la restauration, des grossistes, des exportateurs en Europe de mettre l'origine des produits. »
Temps de parole
- Invité politique79 %
- Présentateur16 %
- ?5 %
≈ 30,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Michel-Edouard Leclerc. Bonjour à vous, bienvenue. Bonjour
Laurence, vous avez l'air bien réveillés là. Oui,
très bien réveillés. On va parler de pouvoir d'achat parce que c'est ce qui intéresse nos téléspectateurs, nos auditeurs. Et vous dites quelque chose de très intéressant. Vous dites que
c
'est trop absent de la campagne électorale. Vous dites qu'ils ne parlent pas assez de pouvoir d'achat, de logement, de carburant. On va parler des carburants. Ça continue de grimper en flèche. Ils sont déconnectés nos politiques, Michel-Edouard Leclerc, ou pas ?
À
titre personnel, il y a des belles personnes, il y a des gens qui sont bien construits. Mais le problème, c'est que dans la flopée de consultants qui les conseillent, il y a un rapport au peuple, il
y
a un rapport aux usagers, il y
a
un rapport aux retraités, aux salariés qui ne se fait pas. Et donc, rappelez-vous, depuis Barnier, Bayrou, Attal, on leur parle des retraites. On ne sait plus d'ailleurs ce que l'on dit, parce que dans les chaînes en boucle, on reparle, on reparle. Mais en fait, tous ces sujets macroéconomiques passent
par-dessus... La dette,
les déficits, tout ça.
Ça
intéresse les Français. Ils ont bien compris quand même.
Oui, mais
quand vous avez 2050
euros de salaire médian en France, et qu'on vous dit qu
'il
faut se serrer la ceinture, vous n'aurez peut-être pas vos retraites, et qu'en plus de ça, on vous dit l'IA va venir et va venacer votre emploi, en tout cas celui de vos enfants, c'est inaudible. Vous voyez, les gens qui gagnent 2050 balles par mois, ils ne sont pas responsables de la dérive des comptes publics. Il
ne
faut pas les responsabiliser, les culpabiliser. Et donc aujourd'hui, il y a une demande des Français sur le pouvoir d'achat, la sécurité de l'emploi, même pas la sécurité, le type d'emploi pour eux, pour leurs enfants. Et on ne cherche pas simplement des paroles réconfortantes. On a envie que quelqu
'un leur dise,
je prends le sujet et on va y travailler.
Alors, sur les carburants, par exemple, les Français sont extrêmement inquiets, ils ont de quoi l'être. Le prix du gazole frôle désormais les 2 euros, 30. Le sans plomb a pris 7 centimes. On va monter jusqu'à où, Michel-Édouard Leclerc ? De 40 ? 3
?
Je ne pense pas.
C'est envisageable ou pas ?
Je ne pense pas. Là, on arrive en haut d'un cycle. De toute façon, rappelez-vous, on vend des taxes. Leclerc vend des taxes. Carrefour vend des taxes. Donc, à un moment donné, ça va peser tellement dans la dépense sur l'agriculture française qui a besoin de croissance et tout ça, que les pouvoirs publics vont être obligés de plafonner ces prix. C'est des taxes. Donc,
ça,
c
'est inéluctable.
Il
va
falloir plafonner ces prix. C'est inéluctable. Mais par
contre, ce qu'il faut retenir comme leçon, c'est que ça y est, les carburants... Je ne
sais
pas si vous vous rappelez, vous êtes plus jeune que moi, mais le rapport Herman Kahn dans les années 2000 disait que c'était la fin du pétrole dans l'an 2000. On voit bien que ça continue.
Ce n'est
pas le cas. Moi, je pense, avec Leclerc, je peux vous dire, avec Système U, avec Carrefour, on fonce sur l'électrique. Aujourd'hui, Leclerc a la recharge de moins cher, 0,19 du kilowatt-heure. On part sur l'électrique. Tant pis si les constructeurs automobiles hésitent. Mais aujourd'hui, les Chinois, ils n'hésitent pas. C'est la moteur électrique. Et donc, on va carrer... Moi, je pense que la réponse, elle est concrète, elle est économique. Il faut quitter le pétrole. Ce sera toujours aléatoire. Il y aura toujours un conflit. Allez, on va sur l'électrique. Mais ça va prendre
du
temps.
Là, les gens, ils doivent faire le plein. Là, aujourd'hui, ce matin, pour aller au boulot, Michel-Édouard Leclerc,
chaque
candidat a une solution miracle. Vous, c'est quoi la solution ? Qu'est-ce que vous dites
?
Non,
la solution, là, il faut aider les gens à passer ce cap. Mais il faut arrêter d'hésiter à passer sur l'électrique. Il ne
faut
pas faire croire que ce sera les hybrides. Et les constructeurs automobiles, aujourd'hui, quand ils voient les bagnoles chinoises casser tout le modèle allemand de l'industrie automobile et remettre en cause nos propres hésitations, il faut y aller, il faut y aller. Et vous voyez, il n'y a même pas besoin de faire des grands discours écologiques. C'est juste dans le rapport de force géopolitique. Si les Chinois, et tout le Sud-Est asiatique, partent sur l'électrique, qu'est-ce qu'on a à faire à continuer à dépendre des états d'âme de Trump, des conflits irano-américains ? Il faut se redonner de la souveraineté.
La souveraineté, c'est maîtriser nos sources d'énergie, diversifier nos sources d'énergie. Et
vous le dites dans ce livre, Les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien, bouquin très pratique chez Erol. Oui, les carburants,
c
'est 60% de taxes de l'État. 60% de taxes de l'État.
Alors, j'ai fait ce petit bouquin à la demande des éditions Erol. Je ne
sais
pas si vous vous rappelez, quand vous étiez très très jeune, c'était des livres scolaires,
c
'était des livres des fiches. Et à l'heure de TchapDPT, à l'heure de Gémini, j'ai pensé que pour les étudiants, j'anime aussi une école de commerce qui s
'appelle
Neoma, avoir des fiches sur l'ensemble des domaines de consommation pour montrer que tous les consommateurs sont impactés par la révolution numérique, par la géopolitique, par, on l'a vu cet été, les incendies, le climat,
etc.
Donc, j'ai essayé de faire avec un collaborateur des petites fiches très simples
pour
montrer qu'il y avait des solutions à chaque fois sur le logement. De quoi je me mêle ? Non, non, je suis très positif. Je pense qu'on a du jus en France. On a de la croissance
en
nous. Le compta va vous dire qu
'on
n'a plus beaucoup de fric. Non, mais l'absence de fric n'empêche pas d'avoir des idées. Et on peut encore remonter dans le leadership européen. Par secteur, par secteur.
Ok. Juste un mot des consommateurs, évidemment, dans les centraux de fer, vous les côtoyez, vous les voyez. Comment ils se comportent là actuellement ? Est
-ce
que vous notez une baisse de la consommation ? Elle a été claire les derniers mois. Et qu'est-ce que vous voyez pour l'avenir en termes d'inflation et de hausse des prêts de
l
'alimentaire ?
Je pense que ce sont les consommateurs qui vont nous aider à basculer sur un autre modèle économique. Ah, on a tous fait la fête. Pendant l'été, on a fait des apéros. On a fait du snacking. Toutes choses qui, pour la santé, nécessitent un peu de salle de sport après. Mais vous voyez, par exemple, les consommateurs aujourd'hui retiennent leur consommation, regardent ce qu'ils mangent. Par exemple, on va arriver au foire au vin. Les jeunes et les femmes préconisatrices regardent s'il
y
a du sulfite dans le vin. C'est complètement nouveau. Même dans les grands crus de Bernard Arnault, de Bernard Magret, de Gérard Bertrand, ils regardent sans sulfite ajouté ou pas. Quand on regarde un produit avec du sucre, on regarde le taux de nutrition, le Nutri-Score.
Le Nutri-Score.
Le Nutri-Score. Eh bien, vous voyez, il y a plein de gens encore qui résistent. Nous, on a mis toutes nos marques de distributeurs au Nutri-Score. Ben oui, ça ne veut pas dire que je ne consomme pas du rouge ou du F. Mais bon, c'est pareil. Quelques kilomètres en plus, en marchant, ça fait du bien. Et ça, c'est une consommation qui devient plus intelligente. Elle se lâche. Mais c'est une consommation plus intelligente pour son corps, pour son bien-être. Et il faut que ça reste accessible.
Bien sûr. Mais le panier a réduit.
Est
-ce que le volume des achats d'alimentaires a réduit ? Est-ce qu'il faut s'attendre, Michel-Édouard Leclerc, à une hausse des prix de l'alimentaire en 2027
?
Alors, là, en ce moment, il n
'y
avait pas de hausse des prix alimentaires. La hausse des prix qu'on a constaté dans les magasins, même sur les fruits et légumes, c'était beaucoup dû à la hausse de l'énergie. Les transporteurs, qui avaient leur facture élevée, donc pour amener les fruits, les produits agricoles dans les magasins, il y avait une hausse de coût. Là, maintenant, il va y avoir deux phénomènes. Il va y avoir peut-être un phénomène de rareté de certains produits, parce que les pommes n'ont pas poussé, n'ont pas des rendements formidables. Elles sont peut-être un peu mouchetées et tout ça, mais elles seront bonnes.
Mais par contre, à partir de novembre, décembre, quand les industriels vont acheter en masse de la matière première agricole pour faire des plats transformés, pour faire de la bonne cuisine, ça va coûter plus cher. Et donc, il va y avoir, mais c'est normal, une hausse des prix
à
l'achat, ce qui ne
veut
pas dire qu'on va les répercuter aux consommateurs.
Ça veut dire que vous allez renier sur les marges de la grande
destruction
? Oui. Actuellement, c'est le cas. Aujourd'hui, on a à peu près 20 000 contrats avec des alliances locales, des producteurs plutôt petits, qui sont à 100 km autour d'un centre Leclerc. On regarde les trésoreries, on regarde les problèmes, on prend les mêmes trains pour aller à Paris, donc on se parle, et là, on fait du sur-mesure. Après, là, quand je vois M. Rousseau dire le plan général
de besoin
pour M. Rousseau, le président de la FNSEA, et puis la surenchère des autres syndicats, il y a des choses qui nous échappent. Moi, je ne sais pas si les grandes cultures sont assurées ou pas. Là, on verra bien, mais la loi nous oblige, la loi EGalim, de ne pas renégocier les demandes du secteur agricole. Donc, on jouera français. Je regardais, là, aujourd'hui, on est 100% d'origine France pour le steak haché, les pommes, le porc, les œufs, la volaille entière en découpe. Bon, le breton que je suis, il est français, et les Leclerc-Vendéens, les
Leclerc-Normand, ils sont...
On pourrait avoir des pénuries.
Des ruptures.
Des ruptures.
Oui, pas des pénuries. Il faut faire attention.
Il y a eu sur les deux à un moment. Un rayon vide, ce n'est pas une pénurie, c'est
une rupture. Par exemple, cet été, il manquait d'eau de certaines marques, parce qu'elles avaient épuisé leur quota de pompage dans les sources. Donc, il y a eu d'autres marques.
Un
peu dans les médias, ça s'est affolé. Non. Des ruptures, ça ne
veut
pas dire des pénuries.
D
'accord. L'inflation, vous avez souvent prédit que l'inflation allait monter. Là, vous la voyez à quel niveau, là, à la fin de l'année,
chez l'Édouard
Leclerc ?
Je ne dis plus, parce que si ça ne se vend pas, ce sera aussi peut-être de la déflation. Parce que vous voyez, un prix, si ça ne se trouve pas preneur, ça ne fait pas une vente, ça ne fait pas une rémunération, et donc c'est compliqué. Donc, je ne sais pas prédire, d'abord les humeurs de M. Trump, les agressivités de M. Poutine ou de l'Iran. Donc, aujourd'hui, c'est très difficile. Moi, ce que je préconise aux consommateurs aujourd'hui, c'est d'aller chez tout le monde, de comparer, et
il faut
que l'État nous laisse faire de la pub comparative. Ça, j'insiste là-dessus, parce qu'il
y a
un projet pour interdire la publicité comparative.
D'accord. Parlons de solutions, Michel-Édouard Leclerc. Vous, vous avez une idée pour permettre de gagner un peu plus sur la feuille de paye. Quand on voit la différence entre le brut et le net, chacun peut s'en rendre compte. Vous voulez transférer les charges sociales vers une autre masse financière. Expliquez-nous en quoi ça consiste, et est-ce que ce n
'est
pas, au fond, la TVA sociale ?
Alors, ce n
'est
pas que la TVA sociale. Les TVA sociales, c'est une hypothèse, il
y
en a d'autres. Mais d'abord, le constat, vous payez des cotisations sociales, et votre employeur, CNews, paye des cotisations sociales. Et vous allez voir arriver des IA qui vont vous préparer le travail en espérant ne pas vous dégager. Espérons. Les punchlines, tout ça, ça va être automatique. Donc, ce numérique, ces IA, la robotique
chez moi,
ils vont vous piquer du travail. Ils ne paieront pas votre retraite à vous, Laurent.
Donc, taxe ou l'IA ?
C'est quand même pas bien. Et donc, pour moi, il y a une sorte de mensonge. On dit à tous les Français, on touche pas, par exemple, à gauche, on dit, il ne
faut
pas toucher aux cotisations sociales, c'est du salaire différé. Ben non, si on vous le pique à la fin. Et donc, c'est une altération du contrat social. Donc, moi, je pense qu'il faut transférer les cotisations sur le travail et les mettre sur ceux qui concurrencent le travail. Votre appareil, votre iPhone ou votre appareil Samsung, il est photographe, il est secrétaire, il envoie des mails à la place de la poste, etc. Il ne paye pas de cotisation sociale.
Qu
'il paye 5, 6%, qu'il coûte 5 ou 6% en plus pour vous libérer du salaire, pour vous donner de la possibilité d'augmenter le salaire, moi, je trouve que c'est bien. Ce n
'est
pas être un gars. Et d'ailleurs, je regardais Bill Gates. Bill
Gates propose de
taxer l'intelligence artificielle.
Oui,
c'est le moment,
c'est au moment où
ça arrive qu'on dit les conditions de... Alors, on me dit...
Mais
cette hausse, elle sera répercutée sur le prix à l'achat, de toute
façon.
Non,
non,
non, oui, mais la masse sur
laquelle elle est prélevée
fait que cette hausse sera beaucoup plus faible que la part qu'on vous prendra sur le salaire. Quand vous ne prenez que sur le travail,
dont
la masse de travail réduit et que vous le reportez sur tous les services comptables, financiers, numériques, sur la robotique, la masse de prélèvement est beaucoup plus grande que si c'est le seul travail qui cotise. Et je suis pour qu'on donne des signaux aux salariés. Individuellement, les entreprises ne savent pas augmenter le salaire dans un système concurrentiel. C'est compliqué. Mais si c'est une loi, si c'est par branche, si c'est progressivement sur 5-6 ans, vous voyez, le salaire va sortir de la trappe à bas salaire. Les jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi pourront se dire, je pourrais faire plus 30% en 5 ans. Et puis, je dis ça comme scénario.
Ce que je trouve pas bien, c'est que Bercy ne nous scénarise pas ça. C'est un débat
qu'on a... On ne scénarise
que des taxes.
Bah
oui. Et bah voilà, je demande à ce qu'on scénarise tous ces scénarios. D'ailleurs, Dominique Schoelcher, mon dynamique concurrent de système MUT, dit la même chose.
Il
dit la
même chose.
Il faut faire moins porter la protection sociale sur le
travail. Il faut
penser aux gens. Il faut penser aux gens. On va voter pour un président. Un président, c'est pas un comptable. Un président, c'est pas un type à Bercy. Un président, c'est même pas un premier ministre. D'accord ? Un président, c'est celui qui va fédérer un maximum de Français, et pas simplement dans son parti, et qui va devoir tenir tête à Trump, à Poutine, refaire la relation Nord-Sud, etc. Et donc,
ça
est ras-le-bol de parler sans arrêt des choses qu'il fâche. Les sujets sont légitimes. La dette, le coût de la dette et tout ça. Mais aller dire ça à des Français qui veulent travailler, ça les démobilise.
Qui veulent travailler pour gagner plus, travailler plus
pour gagner plus.
Mais même avant de gagner plus, dans ma génération, en 6-7 ans, un banquier prêtait à un salarié pour acheter un appartement. Aujourd'hui, il ne prête plus. Il demande l'hypothèque de la grand-mère. D'accord. Vous,
vous ne serez pas candidat à
l
'élection
présidentielle,
finalement, Michel. Vous avez caressé l'idée un moment. Puis finalement, vous avez dit non, pourquoi ?
Laurence,
c
'est d'abord... Fin
août, vous vous êtes dit, voilà, c'est pas pour moi. Ce sont d'abord des groupes
de presse qui m'ont mis dans les sondages.
Oui.
D
'accord ?
Vous avez laissé faire.
J'ai laissé faire. Et j'ai vu, effectivement, mais moi, vous savez, j'ai compris aussi que la cote de popularité dont on m
'a
crédité, c'est justement parce que j'en étais pas. C'est justement parce qu'avec les centres Leclerc, on est présent sur les réponses au quotidien des problèmes de vie des Français,
ce
qu'on a décrit dans ce petit livre, les 50 fiches pour comprendre les enjeux économiques. Et il ne
faut
pas que j'ai le melon.
Donc,
il faut que j'apporte cette pression populaire
auprès
de tous
les candidats, auprès de tous les
candidats, pour qu'ils arrêtent de faire de la macroéconomie et qu'ils répondent
aux attentes des Français. Vous parlez à tout le monde ? Oui, oui, oui. Gabriel Attal,
Renaud
Rotaillot, qui sera
notre invité ce soir,
après une heure. Oui, oui, oui.
J'aime bien Rotaillot, je vois tout le monde. Vous savez ? Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Je parle à tout le monde.
Vous savez, il y a
700 centres Leclerc sur la France. Il y a des élus républicains de tous les partis politiques qui viennent aux inaugurations.
On
prend un café ensemble. Et j'essaie d'être un bon marchand d'idées.
Et
ils vous écoutent comment
? Et c'est
gratuit. Avec un petit sourire en coin en disant qu'ils causent toujours ou est-ce qu'ils
prennent vos propositions
? Non,
je
peux vous dire qu'aujourd'hui,
tout
candidat à l'élection se rend compte que ça peut déraper,
que
chaque personne ne fait plus de 15-20%
dans
sa sphère, dans sa paroisse. Et qu'à un moment donné, on fait référence toujours au général de Gaulle ou à Chirac et tout. Quand le monde de Gaulle dit « je vous ai compris », il ne dit pas ça à OLR, il ne
dit
pas ça à OPS, il dit à la France. Et c'est cette empathie qu'il faut secréter.
Et vous pensez que les Français, ils sont obnubilés par la présidentielle ? Ils se disent « oh là là, si c'est RN, LFI, qu
'est
-ce qu
'on
va faire ? » Ou pas du tout ?
Moi,
je n'arrête pas à
boucler mes fins de mois.
Moi,
je pense que c'est ça. Le débat politique est anxiogène. Ça fait trois ans que dans les télévisions en boucle, les chaînes de l'info, on parle des retraites, on parle du déficit public. Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'on disait il y a trois ans sous Michel Barnier, sous Bayrou ? On
disait qu'on n
'arriverait pas à payer nos retraites.
Je sais, oui.
Et pendant ce temps-là, on trouve de l'argent pour le programme d'armement, pour le plan de
l
'État, pour le plan de railler au niveau européen. Par milliards, on soutient l'Ukraine, etc. Toutes choses qui sont légitimes et bien. Mais vous voyez que ça ne concorde pas avec le discours « il n
'y a
pas d'argent pour ça » ou pour tout. Et puis tout d'un coup, on retrouve des masses d'argent.
Mais les retraites,
ce
n
'est
pas un vrai sujet, Michel-Edouard Leclerc ? Si, si, si. Parce que les jeunes générations, qu'est-ce qu'elles se disent aujourd'hui ? Gen Z, vous en parlez dans votre livre, ils se disent « mais en fait, ce système est complètement délireux
en fait ».
Si on ne lâche pas du salaire, les hommes politiques qui ont proposé de faire de la retraite par capitalisation, il n'y
aura
pas de capitalisation. Si vous restez sur des petits salaires, vous ne pouvez pas épargner. D'ailleurs, le taux d'épargne français est très fort, mais c'est les classes moyennes. Ce sont des gens qui ne savent pas l'investir ou le dépenser parce qu'ils n'ont pas confiance dans le système. Moi, je suis à la tête d'un observatoire pour lesquels un sou est un sou. Et c'est très important de comprendre que ça, c'est la noblesse de nos métiers. Notre métier, notre mission, c'est de s'occuper des gens. La politique, c'est pareil. On est au service des gens. On n'est pas au service de ses propres idées. Pardon pour la
morale et un peu la
condescendance, mais moi, je sors de chez les curés. C'est comme ça que le service aux autres, même dans l'économie capitaliste, c'est ça qui fait marcher l'économie.
Parlons de nos agriculteurs parce qu'ils
ont
été très impactés cet été aussi. Les récoltes ne vont pas être fantastiques. Là encore, qu'est-ce qui veut la colère agricole est en vue ? Est-ce qu'il y
a
une solution pour nos agriculteurs français, Michel-Edouard Leclerc ?
Alors,
à
court terme, à moyen terme et après. À court terme, aujourd'hui, on est en relation avec tous les agriculteurs de nos territoires. On a 20 000 contrats avec les alliances locales. Ça représente peut-être 30 000, 40 000 agriculteurs. On ne discute plus trop du prix.
On
est content qu'ils nous approvisionnent en œufs, en tomates et tout ça. Donc, on est un peu une place de marché.
Ils
viennent chez nous, on ne discute pas trop du prix. Ils ont leur débouché chez nous et ça se passe plutôt bien.
Ils
sont très impactés par la concurrence étrangère.
Non, non. Là, dans notre environnement, en Bretagne, nous, on prend produits en Bretagne, en Vendée. Après, la question, c'est plutôt l'agriculture industrielle. Où là, par exemple, s'agissant des viandes, il y a eu beaucoup d'enfouissages de bêtes qui n'ont pas tenu la chaleur et tout ça. Donc, je ne sais pas. Je n
'ai
pas l'état des lieux. Je crois aujourd'hui que M. Rousseau, le président de la FNSEA, est reçu par la Première ministre. Il va y avoir un plan d'aide, déjà, de secours. Je ne sais pas comment il va se passer. Et puis après, il va falloir changer de culture. Je ne
sais
pas, le maïs en Bretagne qui consomme beaucoup d'eau, s'il n
'y
a plus d'eau, il va falloir accompagner aussi ces reconversions. Tout le monde en parle. Les écologistes en parlent et tout. Tout le monde s'en empare en réalité. Mais un agriculteur qui vient de s'endetter pour 12 ans, il ne
va
pas repartir sur une autre culture si on ne
l
'aide pas. Donc, vous voyez, il y a trois temps de la relation à l'agriculture. En tout cas, moi, je peux vous dire, Leclerc, on est bien que breton, bien que vendien, bien que normand. On est très préférence française. Un truc qui ne me plaît pas, c'est que pour autant, je suis prêt à acheter plus cher. Nous sommes prêts à acheter plus cher des produits agricoles. Je voudrais quand même savoir si c'est des produits français. Je trouve inadmissible que dans la loi,
des
députés de droite comme de gauche n'ont pas exigé des industriels, de la restauration, des grossistes, des exportateurs en Europe de mettre l'origine des produits. C'était une idée d'Olivia Grégoire. Aujourd'hui, nous, nous mettons l'origine info des quatre principaux ingrédients de nos produits sur le paquet ou sur un QR code. Aujourd'hui, quand je négocie un sandwich où il y a un jambon... Comme
ça,
il n
'y a
pas de double jambon.
Non. Et donc, autant j'accepte de ne pas négocier le prix de la matière agricole. Mais si c'est pour payer le cochon espagnol, je trouve ça assez con. Ou le poulet
ukrainien. La souveraineté alimentaire, dernière question rapide, Michel Édouard Leclerc. On est capable encore d'être
autosuffisant
en
termes d'agmentation ?
On a
un pétrole vert. Il y a un gros
accident là et il va y en avoir d'autres. Mais le pétrole vert de la France, c'était une expression qu'on utilisait sous Raffarin, sous Chirac et tout. Moi, j'y crois. C'est peau de
chagrin aujourd
'hui,
le pétrole vert.
C
'est-à-dire qu'il y a de moins en moins d
'exploitation agricole.
Les agriculteurs sont au bout du rouleau.
Arrêtons de nous larmer. On est bons. Il
y a quand même moins d'exploitation
agricole. Cette année, les Espagnols et les Italiens nous ont taillé des croupières sur l'Allemagne, sur ces pays-là. Parce qu'ils ont fait aussi du marketing. Le raisin italien est bien présenté. Il y
a
eu un gros travail de fait. Nous, on se retranche derrière Top Chef. Et les Italiens, en vendant des pâtes, ils nous ont doublé sur la côte. Ils ont le maillot à poids. Ils sont malins les pâtes. Oui, ils sont malins. Je sais que ça vous fait
plaisir, Madame
Ferrari. On a un bon fond, on a des bonnes terres, on a des savoir-faire, on a des bonnes écoles agricoles. On est capable de faire cette conversion.
Allez, le petit message optimiste. Merci Michel-Édouard Leclerc. Les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien, c'est chez Erol Pratique. Bonne journée à vous.
Merci,
merci Laurence.
Et rendez-vous ce soir à 21h sur CNews et Europe 1 avec Bruno Rutaillot.
Merci Laurence Ferrari. Merci Michel-Édouard Leclerc. Dans un instant, restez avec nous Emmanuel Ducrot, Eugénie Bastier et Nicolas Carreau.