Dette : «Les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui, ce sont des impôts pour demain», rappelle Michel Barnier
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Questions et réponses
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- 0:31FerméeÉludée
Qu'est-ce que vous dites ce matin à ceux qui cassent ? Ça suffit, Michel Barnier ?
- 1:34RelanceRéponse directe
Mais là, vous dites qu'il faut stopper la violence avant de négocier quoi que ce soit ?
- 2:10OuverteRéponse directe
La justice, Michel Barnier, un tout petit mot sur la réponse pénale.
- 2:51OuverteRéponse directe
Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre.
- 3:55OuverteRéponse directe
Vous avez évoqué la réponse à apporter aux revendications légitimes, dites-vous, des lycéens.
- 4:32FerméeRéponse directe
C'est-à-dire que vous comprenez les violences, Michel Barnier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12PrésentateurChiffre
« 6800 interpellations »
- 2:53PrésentateurChiffre
« Plus de 700, 800 blessés parmi les policiers »
- 4:03PrésentateurChiffre
« 3 000 profs remplaçants sans affectation »
- 10:10Invité politiqueFait
« nous sommes exactement aujourd'hui deux ans plus tard et vous êtes tombé pour ça »
- 12:36Invité politiqueFait
« on nous prête déjà à un taux qui est de plus en plus éloigné de celui de l'Allemagne »
- 12:50Invité politiqueFait
« on est au niveau du Maroc ou des Philippines aujourd'hui »
- 14:07Invité politiqueFait
« Madame Le Pen propose de réduire de 50% le budget français à l'Europe »
- 15:00Invité politiqueFait
« la règle d'or ça consiste à dire dans la constitution ou de manière solennelle qu'on ne dépassera pas 3% de déficit »
- 15:07Invité politiqueChiffre
« on est à près de 6% aujourd'hui »
Temps de parole
- Michel Barnier79 %
- Présentateur19 %
- ?2 %
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Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour à vous. Bonjour.
Monsieur le Premier
ministre, député à
l
'heure de Paris. On va parler des lycéens. Le mouvement va repartir dès ce matin. Demain, journée nationale d'appel à manifester. 17 octobre également, le préfet de police de Paris, Patrick Faure, se dit très inquiet de la présence de nombreux black box de tirs de mortiers contre les forces de l'ordre. Qu'est-ce que vous dites ce matin à ceux qui cassent ? Ça suffit, Michel Barnier ? Vous
dites que le mouvement va repartir. Est-ce que c'est le mouvement qui va repartir et que ces violences instrumentalisées par l'extrême gauche, par LFI, qui cherchent à tester ses propres réseaux, qui cherchent à tester les forces de police, qui cherchent à tester aussi sa capacité de créer dans le pays une atmosphère insurrectionnelle ? Je suis député depuis un an, député de Paris, du centre de Paris. Et je retrouve une assemblée que j'ai connue il y a quelques années, où il y a, à bien des moments, en raison de
l
'attitude de l'extrême gauche, une atmosphère pré-insurrectionnelle. Donc, est-ce que c'est le mouvement qui va repartir avec le dialogue ? Est-ce que c'est le dialogue qui repart ? Je le souhaite, parce qu
'il
y a de vraies préoccupations chez les jeunes. Il
y a
eu une angoisse sur l'avenir qui n'existait pas en 68, par exemple. Il y a des questions sur Parcoursup, il y a des problèmes de professeurs qui manquent, il y a des locaux que les régions pourtant subventionnent et
modernisent.
Mais là, vous dites qu'il faut stopper la violence avant de négocier quoi que ce soit ? Non, je dis qu'il faut, bien sûr qu'il faut stopper la violence.
Et
la violence, quand elle est là, il faut la stopper et il faut que les casseurs payent. Il faut que ceux qui cassent, qui bousculent ou qui violentent des professeurs ou des policiers payent et soient sanctionnés, que la justice doit passer très vite et sans faiblesse. Mais après, il faut que le dialogue reprenne. Il faut que les vraies préoccupations des jeunes, pas seulement dans les villes, en province, mais aussi dans les campagnes où il
y
a d'autres préoccupations, d'autres raisons parfois de désespoir ou de
colère. La justice, Michel Barnier, un tout petit mot sur la réponse pénale. eu 6800 interpellations. Vous savez combien de personnes ont été placées en détention provisoire ? 21.
C
'est ça la réponse pénale
?
Ce n
'est
pas la première fois qu'on constate que des jeunes qui sont relâchés au grand désespoir
d'ailleurs... Ce sont des mineurs,
86% de mineurs qui
ont
été interpellés. Je ne vais pas commenter ça. Je pense qu'il faut que la justice paye, que les gens soient sanctionnés, que les peines courtes soient rétablies et qu'elles soient rapides. Voilà ce que je pense. Et que ceux qui payent, ceux qui cassent payent, ou leur famille paye ce qu'ils ont cassé. La plupart sont insolvables. Maintenant,
il
faut trouver. Les familles ne le sont pas forcément. Il faut qu'on trouve le moyen de dialoguer plus régulièrement sans être obligés d'aller vers ces violences.
Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre. Plus de 700, 800 blessés parmi les policiers.
Évidemment, je comprends
le ras-le-bol
des forces de l'ordre. Ils sont pointés
du doigt.
Manque d'empathie, aurait dit le président. Et puis, ils ont le ras-le-bol de l'impunité aussi. Donc,
c
'est aussi le problème que nous soulevons avec Bruno Rotaillot, qui a commencé à agir quand il était le ministre de
l
'Intérieur dans le gouvernement que je dirigeais, et qui doit pouvoir continuer. Vous avez été Premier ministre. Comment soutenir les policiers
?
En disant très clairement que tous ceux qui portent atteinte, qui portent la main sur un policier, vont en prison. C'est aussi simple que ça. et leur affirmer en permanence notre soutien, comme nous le faisons à l'Assemblée nationale. Ce sont des moments, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, où nous parlons du soutien aux policiers, des moyens qu'on doit leur donner. L'autre jour, j'ai présenté avec un jeune député, Charles Rotoel, à
une
proposition de loi dite Philippine, qui a été adoptée, finalement, qu'avait porté en son temps Olivier Marlex. J'ai porté ce texte. J'ai vu dans le débat à l'Assemblée nationale cette atmosphère pré-insurrectionnelle, cette violence, cette intolérance, cette haine, cette violence des mots qui, d'ailleurs, souvent entraîne la violence des actes.
Vous avez évoqué la réponse à apporter aux revendications légitimes, dites-vous, des lycéens. Est-ce que celle du gouvernement est à la hauteur ? On parle de 3 000 profs remplaçants sans affectation qui vont être déployés. Les
autres
demandent pourquoi ils ne l'ont pas fait avant. C'est mieux que rien.
C
'est très bien que M. Geoffrey, qui est d'ailleurs un homme que je respecte, ait trouvé ces 3 000 postes.
Est
-ce qu'on n'aurait pas pu les trouver plus tôt ? Ça,
ça
pose un autre problème, Laurence Ferri, qui est celui de cette centralisation généralisée dans ce pays où on doit faire des violences, faire tout remonter vers Paris. Ça suffit.
Il
va falloir qu'on donne un coup d'oxygène et de respiration dans ce pays en décentralisant, notamment en matière d'éducation nationale.
C'est-à-dire
que vous comprenez les violences, Michel Barnier ? Non, je
ne les comprends pas. C'est-à-dire que c'est le seul moyen de
se faire entendre aujourd'hui ? Non, je regrette. On sait très bien qu'elles sont instrumentalisées. Et les jeunes, d'ailleurs, la plupart d'entre eux, si on engage un vrai dialogue, comme c'est le cas aujourd'hui, sur ces questions de professeurs, de locaux, avec les régions, il faut donner un coup de chapeau aux régions. Regardez ce que fait Valérie Pécresse avec la région Île-de-France. Il faudrait d'ailleurs que la ville de Paris l'accompagne plutôt que de la bloquer. Ce sont des efforts considérables que l'État serait incapable de faire. Les départements qui gèrent des collèges font des travaux, parfois de très beaux collèges. L'État serait incapable de le faire.
Donc il faut donner un coup de chapeau aux collectivités locales. Il trouve qu'il faut décentraliser.
Parcours, on supprime, on modifie. Jean-Luc Mélenchon parle de l'école du vice, Michel Barnier.
Oui,
mais
M. Mélenchon a l'habitude d'utiliser des mots, des mots violents pour exacerber les tensions. Et ce n
'est
pas ce qu'il faut faire dans notre pays. En ce moment, il y a suffisamment de tensions. Il faut évaluer Parcoursup, objectivement, et puis réformer ou changer. Mais on a besoin d'un système... Mais pas le supprimer. Pas le supprimer, et aussi réfléchir au fait d'orienter un peu mieux les jeunes vers des filières, notamment professionnelles, des métiers qui ne soient pas tous intellectuels, mais qui soient des métiers manuels, où il y a de l'avenir et
du
travail. Et du travail. Vous avez parlé de Jean-Luc Mélenchon, de la France insoumise. Est-ce que vous estimez que ce mouvement politique instrumentalise ce qui se passe aujourd'hui ? On a vu la présence de nombreux élus sains de leur écharpe tricolore devant les blocus délités,
dans les
manifestations. Je vous l'ai dit, je peux le répéter autrement, je pense que la France insoumise, dans la lignée de son attitude à l'Assemblée nationale, qui est très violente, faite de haine, d'intolérance généralisée, les faits ne comptent plus, le raisonnement ne compte plus, il n
'y a
jamais de nuance. C'est ça qui est insupportable. Dans cet esprit-là,
on
voit bien qu'ils instrumentalisent, mais il faut faire attention.
Il
faut faire attention à la France insoumise en particulier. Est-ce que c'est la leçon que vous tirez du résultat de la primaire de la Social-Démocrate d'hier, où Raphaël Glucksmann a été élu largement ? C'est dire non à une éventuelle alliance
à Jean-Luc Mélenchon ? Oui, on voit bien qu'il y a un
mouvement de ce côté-là. C'est une primaire qui s'est bien déroulée. Il faut leur donner acte. Ça prouve qu'une primaire peut marcher, d'ailleurs. Ça peut être utile pour d
'autres. Ça
porte de l'eau à votre moulin. Oui. Et Raphaël Glucksmann a clairement gagné, avec le soutien de M. Guetsch. D'ailleurs, ça fait 72% de ceux qui ont voté qui refusent l'alliance avec la France insoumise. J'espère qu'ils auront la force d'aller jusqu'au bout. Vous
y croyez ? Et
de ne pas céder. J'espère qu'ils ne céderont pas aux tentations, aux menaces, aux chantage de la France insoumise. Ça n
'a
pas toujours été le cas de la part du Parti Socialiste. Je le vois à l'Assemblée Nationale. On l'a vu aux municipales ou dans beaucoup de communes. Ils ont cédé. Je l'ai vu au moment de la censure qui a fait tomber mon gouvernement. Le PS est souvent soumis à la France insoumise.
Et
maintenant, s'ils s'en libèrent, tant mieux. Il y
a
une autre leçon que je tire plus générale, c'est que c'est la fin dure en même temps. On retrouve ce clivage gauche-droite que M. Macron a voulu supprimer depuis dix ans patiemment, méthodiquement, et qui a donné ce pouvoir incroyable aux extrêmes de la droite et de la gauche. Il faut retrouver un clivage gauche-droite avec une gauche sociale-démocrate. Elle est en train de se reconstituer et une droite républicaine. C'est ce que nous faisons avec Bruno Rotaillot.
Et ça met un terme, selon vous, aux espoirs de François Hollande d'éventuellement revenir sur
le domaine de la semaine. Oui, je vais t'en faire du
commentaire là-dessus. Je pense que c'est au Parti Socialiste de décider ce qu'il veut faire.
En
tout cas, il a son candidat. Qui n
'est
pas socialiste.
Enfin,
qui est le candidat du Parti Socialiste.
La primaire, donc, de la droite et du centre. Vous dites, il faut l'armer sur le tapis. Regardez, ça marche à gauche, c'est une socialiste. Il faut l
'armer sur le tapis.
Il faut l'unité. Nous avons, les Français attendent. Qu'est-ce qu
'ils
nous disent aux municipales ? Qu'est-ce qu
'ils
disent sur le terrain ? J'étais encore à Clermont-Ferrand avec les agriculteurs vendredi. Toutes les semaines, je vais écouter les gens, y compris naturellement dans les arrondissements qui m'ont choisi comme député. Ils nous disent, entendez-vous là-haut
et
réglez nos problèmes. Entendez-vous comme on s'entend dans des municipalités, dans des départements entre les gens de la droite et du centre. Donc, il faut qu'on s'entende. Et personne
n
'est capable de s'entendre.
L
'incantation, le débat. Et c'est aussi dans cette période que je soutiens sans ambiguïté et de manière très déterminée Bruno Rotaillot.
Mais quitte à lui dire le moment venu, rallie-toi plutôt au panache de tel ou tel candidat s
'il est
mieux placé que toi. Oui, à
dire
à tel ou tel candidat, ralliez-vous au panache de Bruno Rotaillot. Et alors, est-ce qu'il ne faudrait pas qu'il fasse déjà un ticket avec David Lissnard, Bruno Rotaillot ? Écoutez, David Lissnard, quelqu'un qui
a
une voix singulière que je respecte et qui porte des idées qui sont très proches de celle de Bruno Rotaillot sur le plan de l'économie, de la liberté, du desserrement de cette contrainte bureaucratique et réglementaire. Et je souhaite très sincèrement que sur la base de ces idées ils puissent se rejoindre. On
va parler des problèmes de fonds de la France, les problèmes économiques et financiers. Vous dites d'ailleurs que la première politique pour la jeunesse c'est ne pas augmenter la dette. C'est ça la clé en réalité, Michel Barnier ? Évidemment.
J'ai dit quand j'étais Premier ministre que je dis aujourd'hui la même manière et la même force et un peu plus de force parce que la situation s'est beaucoup dégradée. On parle des jeunes mais la principale faute immorale que l'on fait actuellement nos générations c'est de faire porter une dette toujours plus lourde sur la tête ou les épaules des jeunes de tirer des chèques sans provision et les efforts qu
'on
ne fait pas aujourd'hui ce sont des sacrifices pour demain ce sont des impôts pour demain. Il y a un ancien Premier ministre plutôt de gauche que je respectais beaucoup Pierre Madès France il y a très longtemps qui avait cette très belle phrase ne jamais sacrifier l'avenir au présent.
on est en train de sacrifier l'avenir et de faire porter le poids de notre irresponsabilité sur les jeunes c'est pas possible donc c'est pour ça que je voulais diminuer d'un point le déficit il y a deux ans et nous sommes exactement aujourd'hui deux ans plus tard et vous êtes tombé pour ça Michel oui je suis tombé pour d'autres raisons Mme Le Pen avec son cynisme habituel le parti socialiste avec son irresponsabilité à l'époque je suis tombé à cause de cette comment dire le fait que les grands partis politiques que j'avais en face de moi les gens de l'opposition n
'ont
pas été à la hauteur de la situation cette situation est insupportable et elle nous affaiblit à l'intérieur puisqu'elle fait porter le poids sur nos enfants et nous affaiblit à l'extérieur je peux bien vous le dire parce que vous savez que je suis patriote en plus d'être européen je dis bien en plus à la place d'être européen aussi très ardemment quand on regarde la situation internationale le fait qu'on ne sache pas régler nos problèmes à l'intérieur du pays qu'on ne sache pas mettre de l'ordre chez nous de l'ordre dans les rues aux frontières dans la rue dans les comptes ça fait que nous sommes faibles à l'extérieur que notre influence diminue Michel
Barnier
vous avez envoyé une lettre à Sébastien Lecornu qu'est-ce que vous lui dites dedans est-ce que vous lui donnez le manuel pour ne pas tomber en tant que Premier ministre ou au contraire vous lui dites attention les choix qui seront faits là
sont déterminants je souhaite qu'il
y ait
un budget pour la France parce qu'ajouter une instabilité politique supplémentaire au désordre actuel du pays ce serait très grave et les entreprises les petites et moyennes entreprises les consommateurs les citoyens attendent un peu de visibilité de stabilité je lui dis d'être courageux je lui dis parfois qu'il faut savoir préférer une censure à un budget où on laisserait filer les déficits et les dépenses il faut être courageux à condition de démontrer que les mesures que l'on prend soient justes et bien équilibrées j'ai beaucoup regretté l'abandon de la réforme des retraites parce que c'était aussi reporté pour plus tard les décisions il faut arrêter ça il faut être courageux indiquer un cap et j'ai dit au Premier ministre qu'il me trouvera à ses côtés pour prendre des mesures courageuses à condition de ne pas laisser filer les retraites mais
vous le dites qu'il vaut mieux qu'il même aller vers la censure plutôt que de céder
il
faut savoir prendre ce risque maintenant on peut trouver d'autres méthodes des ordonnances ou le 49-3 et puis il faudrait que chacun prenne ses responsabilités mais le gouvernement doit prendre les siennes
mais la crise financière qui découlerait d'une censure et d
'une
demie c'est ce
que je
viens de vous dire je souhaite qu
'il y ait
un gouvernement qui soit capable de trouver un chemin et qu'il y ait un budget pour la France pour ne
pas
rajouter de l'instabilité à ce désordre nous sommes en pré-crise financière actuellement quand vous regardez ce qu'on appelle ça
veut dire
quoi une pré-crise financière ça veut dire
que demain quoi on
ne
pourrait plus emprunter ça veut dire que les marchés financiers
qui nous prêtent pourraient cesser de nous prêter on nous prête déjà à un taux qui est de plus en plus éloigné de celui de l'Allemagne qui est supérieur à ceux de l'Italie ou de la Grèce si vous regardez un autre indicateur qui est celui du prix des assurances que nous payons pour nos dettes publiques on est au niveau du Maroc ou des Philippines aujourd'hui donc ça prouve que la confiance est de moins en moins là à l'égard de la France et comment la confiance reviendra si on est capable de mettre de l'ordre de faire des réformes de réduire notre déficit et ça c'est l'intérêt général du pays il faut dire la vérité il faut que les hommes politiques et les femmes politiques aussi dans ce pays affrontent la réalité c'est ça que je trouve un peu hors sol aujourd'hui dans le débat présidentiel c'est qu'on a l'impression qu'on est au dessus de la réalité non on est pile poil si je puis dire
en face du mur est
-ce
qu'il
y a
le spectre Michel Barnier d'une mise sous tutelle de la France Jean-Luc Mélenchon hier à Clermont-Ferrand dit nous ne sortons pas de l'oeuf nous savons nous battre nous n'accepterons pas cette mise sous tutelle
bien sûr mais le meilleur moyen de ne pas accepter cette mise sous tutelle c'est de faire des réformes dont le pays a besoin et de réduire notre dette voilà c'est la seule manière en faisant des sacrifices en faisant des efforts des efforts pour éviter des sacrifices plus tard de faire des efforts aujourd'hui des efforts qui soient justement répartis et des efforts aussi qui nous permettent de rester influents et présents dans le jeu européen ce que j'observe c'est que aussi bien Madame Le Pen dont on n'a pas beaucoup parlé et que Monsieur Mélenchon sont des anti-européens ils veulent détruire aucun ne veut sortir de l'Europe aucun ne dit qu'il veut sortir de l'Europe publiquement mais ils ont les mêmes intentions de détruire le projet européen quand Madame Le Pen propose de réduire de 50% le budget français à l'Europe c'est du Frexit elle n'ose pas dire les choses parce qu'elle sait que ça peut porter des torts dans l'opinion publique mais elle a exactement la même position que lorsque les Anglais sont sortis de l'Union Européenne il y a 10 ans maintenant
et on voit le résultat du Brexit on voit le
résultat aujourd'hui où les Anglais regrettent leur vote Madame Le Pen elle ment ou elle ne dit pas la vérité sur ses intentions elle veut sortir de
l
'Union Européenne
vous avez étudié son contre-budget à Marine Le Pen du RN est-ce que vous le trouvez cohérent et rapide
? je viens de
vous le dire à propos d
'un exemple qui est peut-être
140
milliards d'euros d'économie
on sait bien que
ce
n
'est pas vrai règle d'or déficit sous les 3% en 2013 elle n
'est
pas la première à évoquer cette règle d'or elle aurait mieux fait de voter le budget que je proposais plutôt que de me faire tomber parce que ça serait une preuve qu'elle était prête à faire des efforts et notamment la règle d
'or
l'exigerait la règle d'or ça consiste à dire dans la constitution ou de manière solennelle qu'on ne dépassera pas 3% de déficit on est à près de 6% aujourd'hui et Mme Le Pen est responsable en partie de ce résultat non je ne trouve pas ce budget sérieux il est plein de démagogie et le plus grave c'est cette sortie déguisée de l'Union Européenne que Mme Le Pen propose quand vous voyez M. Trump qui nous agresse en permanence et qui dit n'importe quoi notamment on le voit sur l'Ukraine quand vous voyez les Chinois qui détruisent méthodiquement les pans entiers de notre industrie à coups
d
'exportations subventionnées quand vous voyez M. Poutine qui agresse un pays européen vous vous dites comment on se défend
?
comment on défend l'intérêt national puisque c'est ça notre mission défendre l'intérêt national de la France et ça passe par le fait sur certains sujets d'être ensemble en tant qu'Européens sinon on est foutus sinon on est définitivement dépendant de la Chine ou des Etats-Unis Michel Barnier
il
y a
aussi la crise des carburants aujourd'hui les grands groupes les distributeurs de carburants sont reçus à Matignon pour discuter des modalités de la baisse des prix du gasoil c'est une bonne idée d'avoir libéré des stocks stratégiques pour faire baisser la tension
c
'est une idée un peu la dernière chance je pense qu'on a pas toujours intérêt à
baisser
la garde si je puis dire en diminuant des stocks stratégiques puisqu'ils sont précisément des stocks stratégiques il faudra les reconstituer il faudra l'effet que ça fait et dans combien de temps on a proposé d'autres mesures sur les certificats qu'on pourrait supprimer pour alléger le coût de l'énergie et le coût de l'essence en particulier
mais
vous demandez par exemple à TotalEnergie à tous ceux qui distribuent le carburant de jouer le jeu de répercuter Oui mais TotalEnergie
je ne
suis
pas la porte-parole loin de là a déjà pris des mesures de plafonnement Mais ce sont des
mesures encore une fois qui sont des véritables chèques en blanc ou pas pour vous ? Non dans l'occurrence il faudra que quelqu'un paye il faudra que l'État paye donc fasse des économies par ailleurs D'accord la situation politique est instable on l'a dit situation économique assez sombre qu'est-ce qui peut se passer de pire dans les mois qui arrivent Michel Barnier pour nous pour
la France Le pire c'est que le pays continue à être dans le désordre que les gens ne voient pas le cap soient désespérés que comme je l'entends souvent les gens ne croient plus à la politique ils se
disent
à quoi ça sert la politique moi je pense que ça sert à quelque chose je pense que si on dit la vérité si on montre du respect à l'égard des gens et qu'on est respectable soi-même qu'on indique un cap clair la France vaut la peine qu
'on
se batte pour elle un autre jour je regardais un reportage sur une chaîne de télévision où on montrait la sortie du film De Gaulle un jeune de 18 ans qui disait j'ai compris pourquoi je devais être fier de mon pays fier de la France voilà je pense qu'il faut rester fier de la France on a des raisons d'être fier de la France une France éternelle c'est pas une France nouvelle une France éternelle qui garde son âme mais qui vit avec son temps et ce temps aujourd'hui c'est le temps de l'Europe c'est le temps des crises mondiales c'est le temps d'internet de l'intelligence artificielle c'est le temps où il faut être moderne mais il faut aussi garder une fierté de la France éternelle
mais avons-nous un De Gaulle aujourd'hui Michel Barnier le voyez-vous parmi les rendez-candidats qui sont extrêmement nombreux
qui voyaient De Gaulle en 37 ou 38 donc il faut des circonstances ne comparons pas des personnages ou des hommes qui ne sont pas je pense qu'il y
a
des hommes de bonne volonté Bruno Rotaillot est l'un de ceux-là c'est pour ça que je le soutiens je pense qu'il est capable d'être l'homme du rassemblement quand vous le regardez faire sa campagne il est clair il sait ce qu'il veut il est sincère il est sincère c'est à quelqu'un qui a le sens de l'état je peux en témoigner puisque j'ai eu l'occasion de diriger le gouvernement dont il faisait partie
et vous vous verriez en recours si d'aventure la campagne de Bruno Rotaillot ne décollait pas d
'abord je pense qu'elle peut décoller qu'elle va décoller et ensuite je veux simplement continuer d'être utile à l'unité de mon camp de la droite et du centre tous ceux qui doivent travailler ensemble comme ils ont travaillé avec moi lorsque j'étais premier ministre est utile à mon pays qui
mérite ce qui manque à la
droite on voit bien voilà le projet est sur la table c'est une affaire de dynamique une présidentielle
vous le savez parfaitement oui mais la dynamique
vous la crée par l'unité en ayant un seul porte-parole et pas 4 ou 5 donc il faut maintenant et
quand personne ne la veut c'est la division
le pire n
'est
jamais sûr il faut continuer à se battre chacun actuellement est dans son couloir avec son drapeau de grâce qu'ils ne prononcent pas de mots les uns contre les autres pour ne pas rendre la réunion impossible et je pense qu'à la fin de cette année en novembre ou décembre il sera possible
j
'espère encore d'organiser une primaire qui est un outil démocratique qui permet aux gens de se respecter de débattre et finalement quelqu'un d'émerger et qui irait jusqu'à Gabriel
Attal
ou pas ? il faut que ce soit tous les gens du centre et qu'ils puissent être capables ils ont tous travaillé avec moi quand j'ai des premiers ministres donc on sait bien qu'ils devront travailler ensemble mais aussi à Lysnard et je vous le répète à Bruno Retailleau qui fait une très bonne
jusqu'à Eric
Zemmour ? non je ne pense pas que M. Zemmour ni Manac Nafo font partie de ce camp-là quand je vois leur position sur l'Europe notamment
Michel Barnier a été notre invité merci beaucoup d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe un bonne journée à vous merci Michel Barnier merci Laurence Ferrari dans un instant restez avec nous votre signature du lundi Philippe Vall et votre club culture à tout de suite c'est fini
Michel Barnier