LPM : il est crucial de sortir des ambiguïtés qui menacent les moyens des armées
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Chapitres
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Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10François-Xavier BellamyChiffre
« La loi de programmation militaire est présentée aujourd'hui en conseil des ministres, le budget des armées doit doubler entre 2017 et 2030. »
- 1:00François-Xavier BellamyChiffre
« En cinq jours au début de la guerre en Ukraine, les forces russes ont tiré ce que les forces françaises ont consommé de munitions en 15 ans d'engagement opérationnel. »
- 5:00François-Xavier BellamyFait
« Si on devait être confronté à une menace de haute intensité, on ne tiendrait pas la route aujourd'hui. »
- 7:00François-Xavier BellamyFait
« On a désarmé pendant longtemps et aujourd'hui le coût du réarmement va être absolument majeur. »
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La loi de programmation militaire est présentée aujourd'hui en conseil des ministres, le budget des armées doit doubler entre 2017 et 2030. Là-dessus, est-ce que vous soutenez Emmanuel Macron? Je reconnais l'effort très important qui est fait et j'ai beau être dans l'opposition, il faut dire parfois quand des pas importants sont réalisés, celui-ci en est un.
Je crois qu'on est aussi dans un contexte qui rend cette trajectoire absolument nécessaire et il me semble malgré tout que malgré l'effort qui est fait, cette loi de programmation militaire, en réalité, recèle quelques potentielles ambiguïtés qui peuvent être très dangereuses. Sur quoi ? D'abord, sur le moment de l'effort.
La question, on le verra tout à l'heure, quand la loi sera annoncée de manière vraiment précise, c'est à quel moment est-ce qu'on augmente cet effort de programmation? Parce que comme vous le savez, la loi de programmation militaire elle définit une trajectoire. Mais ensuite les budgets sont votés chaque année.
L'idée pour l'instant, c'est de doubler le budget des armées, enfin le budget de l'ensemble du ministère de la Défense entre 2017 et 2030, on est au milieu. Toute la question c'est : est-ce qu'on augmente massivement aujourd'hui – sur le papier – les budget plutôt à la de la période, c'est-à-dire entre 2026 et 2030 avec toutes les incertitudes que ça peut comporter sur l'évolution du contexte politique, sur l'évolution aussi du contexte budgétaire – on parlait de la gestion de la dette tout à l'heure qui va représenter un problème –, ou bien est-ce qu'on commence maintenant de manière déterminée ? L'augmentation des budgets, il y a ce qu'on appelle les recettes extra budgétaires.
Les recettes extra budget c'est quand même un problème majeur, c'est quand même une manière de déloyauté à l'égard du monde militaire, c'est-à-dire qu'on dit aux forces armées "vous aurez des recettes en plus à condition que vous les trouviez vous-mêmes". C'est comme si on vous disait à vous France Info "eh bien vous aurez un budget pour fonctionner mais à condition que vous vendiez les éléments qui sont autour de vous : studio etc." et en fait cette situation est évidemment intenable.
Si la nation s'engage auprès de nos forces armées il faut qu'elle le fasse. Est-ce que la France doit continuer à livrer des armes à l'Ukraine quoi qu'il en coûte, c'est-à-dire quelque soit l'état de nos stocks ? Mais le vrai sujet c'est d'abord qu'il faut qu'elle ait les moyens de livrer des choses à l'Ukraine.
Or aujourd'hui, comme vous le savez, si on a besoin de cette augmentation budgétaire c'est parce qu'on est dans une absolument précaire du point de vue de nos stocks. S'il fallait aujourd'hui rentrer en guerre, on aurait tout au plus quelques dizaines de pièces d'artillerie disponibles. Là où en réalité la Pologne elle-même est en train d'en commander plusieurs centaines Ça veut dire quoi, qu'on est allé trop loin en livrant autant d'armes, de munitions à l'Ukraine?
Ça veut dire qu'on a été beaucoup trop paresseux au cours des dernières années en décidant de sous-investir et toutes les formations politiques ont leur responsabilité là-dedans, je n'ai aucune difficulté pour l'assumer, on a désarmé pendant longtemps et aujourd'hui le coût du réarmement va être absolument majeur, absolument majeur et il suppose une cohérence globale très importante. Rendez-vous compte que en cinq jours au début de la guerre en Ukraine, les forces russes ont tiré ce que les forces françaises ont consommé de munitions en 15 ans d'engagement opérationnel. En cinq jours.
Si on devait être confronté à une menace de haute intensité, on ne tiendrait pas la route aujourd'hui. Et donc on est devant un sujet majeur qui est celui de produire, de produire plus, de produire mieux, de produire en Europe – je crois que c'est un sujet majeur de souveraineté. Moi je travaille aujourd'hui, après avoir été rapporteur sur le Fonds européen de défense, sur le fonds EDIRPA, et c'est une bataille majeure au plan européen pour faire en sorte que nos partenaires européens acceptent de ne pas seulement acheter américain, mais d'investir aussi dans une industrie de défense authentiquement européenne.
François-Xavier Bellamy