Alexandre Lefebvre : apiculteur partenaire U Keepers
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Est-ce que la mission qui réunit toutes tes casquettes est de développer l'agroécologie urbaine à Bruxelles via des projets sociaux, éducatifs et commerciaux ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Raconte-nous comment tu es arrivé dans l'agriculture urbaine.
- 2:42OuverteRéponse directe
Selon toi, la sensibilisation à l'environnement en milieu urbain s'est-elle renforcée ?
- 4:43OuverteRéponse directe
Est-ce que ça bouge assez selon toi dans la mise en place de ces projets ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Comment tu construis à ta manière ces projets ?
- 6:13OuverteRéponse directe
Peux-tu nous parler de la végétalisation et comment on la fait ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Alexandre LefebvreFait
« développer l'agroécologie urbaine à Bruxelles via des projets sociaux, éducatifs et commerciaux »
- 1:59Alexandre LefebvreFait
« j'ai choisi tous les cours qui n'avaient rien à voir avec l'élevage industriel, la production industrielle de végétaux »
- 3:21Alexandre LefebvreFait
« on le voit notamment avec la pollution du plastique dans les océans »
- 5:33Alexandre LefebvreFait
« la première chose pour moi, c'est la transmission du savoir »
- 6:57Alexandre LefebvreFait
« la végétalisation, c'est un principe qui permet de rendre une ville qui est très minérale comme la plupart des villes un peu plus végétales »
- 12:44Alexandre LefebvreFait
« paradoxalement la pollution qu'on a en ville a un impact qui est plus faible que la pollution qui a à la campagne »
Temps de parole
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Bienvenue dans le podcast BBONs, la plateforme de crowdlanding. Je m'appelle Joel Duisan et je suis le fondateur de BBONs. Dans chaque épisode, nous allons vous présenter les personnes qui portent les projets en financement et nous lèverons le voile sur leur vision et leur parcours. Nous aborderons également les thématiques liées au financement d'entreprise et aux stratégies d'investissement pour dynamiser lespargne citoyenne et la trésorerie des entreprises. Bonne écoute. Bonjour à tous. Pour ce nouvel épisode, nous avons le plaisir d'accueillir l'apiculteur partenaire de BB Buns. Bonjour Alexandre Lafèvre. Bonjour. Bienvenue dans ce podcast. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Tu n'es pas que apiculteur mais aussi et surtout un expert en agriculture urbaine. Tu nous accueilles aujourd'hui au cœur de la ferme Maximilien à Bruxelles. Plus vieille ferme urbaine de la ville que tu diriges depuis quelques temps, quelques mois ? Depuis le mois de septembre. Donc quelques mois depuis le mois de septembre. Alors, est-ce qu'on peut dire que la mission qui réunit toutes tes casquettes est la suivante : développer l'agroécologie urbaine à Bruxelles via des projets sociaux, éducatifs et commerciaux ?
On peut tout à fait dire ça plus largement, c'est surtout euh répondre à des défis environnementaux et euh qui sont très importants comme l'érosion de la biodiversité, le changement climatique, la pollution mondiale, euh l'épuisement des ressources naturelles et l'agriculture urbaine, ben c'est ce que je connais le mieux, c'est ce que je sais faire et donc c'est une des réponses que je peux apporter à tous ces défis environnementaux.
C'est évidemment pas la solution miracle, mais j'ai assez bien de connaissance et de savoir-faire là-dedans pour faire en sorte qu'en tout cas les projets qui veulent répondre à ces défis environnementaux en intégrant l'agriculture urbaine le fasse vraiment bien. Et bien justement, revenons un peu sur ton parcours. Tu as commencé par des études de bio-ingénieur. Raconte-nous un peu comment tu es arrivé dans l'agriculture urbaine. Quand j'ai fait mes études de bioingénieur, j'ai choisi tous les cours qui n'avaient rien à voir avec l'élevage industriel, la production industrielle de végétaux.
Et donc, je me suis orienté vers tous les cours qui étaient liés à la bioéthique, au marketing, au droits liés au droits rural, aussi tout ce qui était lié à l'horticulture. Et dans tous mes travaux d'étudiant, mon mémoire et cetera, j'ai essayé de développer des projets innovants par rapport à la bio-ingénierie et à l'environnement. Et mon travail de fin d'étude, je l'ai fait sur un système aquaponique, donc production de poissons et de plantes assez particulier parce que l'objectif c'était plutôt que de produire des poissons et des plantes, c'était d'utiliser le principe de l'quaponie pour épurer des piscines biologiques.
Et donc, on voulait intensifier le système de lagunage qui permet d'épurer l'eau euh avec un projet assez innovant. Et donc c'est comme ça que je me suis introduit dans le monde des murs végétaux, de la végétalisation des villes et puis de l'agriculture urbaine. Je me suis engagé dans différents projets associatifs. Tu es au plus proche des personnes qui souhaitent opérer un changement et s'impliquer dans l'agriculture urbaine. Selon toi, est-ce que la sensibilisation ou l'intérêt porté à l'environnement et sa place en milieu urbain s'est renforcé ? Euh oui, ça s'est fortement renforcé.
Premièrement parce qu'il y a une il y a une prise de conscience que les problèmes dont j'ai parlé au début, surtout le réchauffement climatique, c'est vraiment là qu'il y a la plus grosse publicité. Mais évidemment que l'érosion de la biodiversité, l'épuisement des ressources et cetera, la pollution mondiale, c'est des choses qui interpellent. Euh on le voit notamment avec la pollution du plastique dans les océans et cetera. euh ça commence à à vraiment ancrer enfin à rentrer dans les têtes de de la population, des entreprises et des collectivités publique tout en même temps où avant c'était seulement les personnes assez engagées qui étaient convaincues qu'il y avait un problème.
Et euh depuis que c'est rentré dans les têtes de chacun à chacune et ben il y a aussi cet engouement de vouloir faire quelque chose qui ressort et on le voit de façon très claire quand on voit des des jeunes qui décident de plus aller à l'école tous les vendredis pour manifester dans la rue. Ça c'était juste avant le Covid euh que voilà ça ça traversait bien plus que les milieux militants et donc ces jeunes manifeste mais en même temps les entreprises ben comme Bibons ou comme d'autres s'intéressent aussi à tout ce qui va permettre d'avoir une justice climatique et sociale comme on dit mais pas seulement sur le climat sur plein d'autres choses.
L'économie circulaire dans le milieu de la construction et cetera, c'est des choses qui sont maintenant presque banales alors que il y a encore quelques années c'était juste les OVNIS qui faisaient ça. Donc on voit que ça bouge et chez les politiques ça bouge aussi. Ça devient vraiment des thématiques prioritaires. On a maintenant des des personnes qui sont chargées bien-être animal et climat dans les administrations de chaque commune. Il y a vraiment des signes qui montrent que ça bouge. Est-ce que ça bouge assez ?
Ça c'est un peu la grosse question que tout le monde me pose et donc personnellement je trouve que pas du tout assez euh parce que les moyens qui sont mis à disposition pour développer tout ça sont infiniment
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trop petit par rapport au moyens qu'on continue de mettre dans des choses qui continuent de détruire tout ce qu'on veut essayer de protéger, restaurer, défendre. Et donc là, il y a un gros déséquilibre, mais il faut bien commencer par quelque chose. Donc ce que je dis souvent, c'est que ça sert à rien de passer sa vie à se battre contre les gens qui détruisent des choses si à côté on fait rien pour construire. Et donc, il faut quand même un équilibre entre les deux. Et donc pour le moment, c'est un équilibre qui est en train d'être trouvé, je trouve. Et comment toi tu construis à ta manière ? Comment je construis ? Ben partout où je peux aider.
La première chose pour moi, c'est la transmission du savoir. Ce que j'aime faire aussi, c'est moi-même pas être juste un conseiller, mais moi-même agir et faire des choses. Et c'est comme ça que je me suis lancé dans l'apiculture. Le but à la base, c'était développer un potager sur mon toit. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. J'ai obtenu des financements pour ça. J'ai cherché les financements, je les ai obtenu avec des voisins. On a installé le potager et je me suis dit que ça pouvait être intéressant d'avoir des abeilles pour que nos plante soit bien polonisé.
Et euh je me suis entouré de quelqu'un qui avait la passion de l'apiculture, qui a installé les ruches et puis j'ai il m'a transmis sa passion. Euh et donc maintenant, je développe des potagers euh un peu partout en ville, euh des ruches aussi euh et je je végétalise différents endroits, même avec du houblon qui après va servir à produire des bières avec des brasseurs locaux. Et donc pourquoi je raconte toutes ces histoires ? C'est pour dire que je ne fais pas que conseiller des gens comme ferait un architecte ou un académique mais que je je mets la main à la terre. Ouais, je mets la main dans le pour vraiment faire changer les choses comme je peux dans une partie de mon temps.
Alors, on va aussi vulgariser parce que c'est aussi l'objectif pédagogique de ce genre de de discussion. Est-ce que tu peux nous parler de la végétalisation ? Est-ce que c'est et comment est-ce qu'on fait ça ? Donc la végétalisation, c'est un principe qui permet de rendre une ville qui est très minérale comme la plupart des villes un peu plus végétales. Donc qu'est-ce que ça veut dire ? ça veut dire introduire les plantes dans la ville et ça sous différentes formes. Le plus simple et le plus évident, c'est bien sûr planter un arbre. On le plante et puis ça va pousser pendant des années et des années. Ça, on végétalise mais c'est pas toujours possible.
Euh et des fois il y a pas suffisamment d'espace et cetera. Donc on peut faire d'autres choses. On peut faire des prairies fleuries euh comme on a sur le boulevard euh l'avenue Franklin Rosevelt par exemple, ils ont transformé une zone en gazonnée. C'était déjà une forme de végétalisation en prairie fleurie pour les pollinisators. Euh on peut simplement enfleurir son balcon. On peut végétaliser une toiture maintenant c'est même une obligation légale. Tout nouveau toute nouvelle construction doit végétaliser euh à Bruxelles sa toiture au-dessus de 100 m².
En tout cas, c'est sûr et même pour certaines rénovations, dès que c'est une toiture plate, on peut faire des murs végétaux plein de formes différentes. Soit utiliser des plantes grimpantes, soit utiliser des structures dans laquelles on va pouvoir constituer comme une mosaïque, comme un tableau végétal. Évidemment, c'est c'est à chaque fois des techniques différentes, des coûts différents, des avantages environnementaux différents. Et enfin, ben avec l'agriculture urbaine, on peut développer des vraies fermes urbaines comme ici à la ferme du parc Maximilien où on va planter plein de choses, avoir des animaux et cetera.
Parle-nous un petit peu de cette ferme où on se situe pour enregistrer ce podcast. Donc on se situe dans la ferme du parc Maximilien qui est la seule ferme urbaine pédagogique en plein cœur de Bruxelles. Toutes les autres fermes pédagogiques sont plutôt en périphérie et on est aussi une des plus anciennes fermes urbaines d'Europe voire du monde. parce que depuis que l'agriculture a quitté les villes grâce au fait que on a eu des voies de circulation plus pratique, les avions, les bateaux, les trains, les autoroutes et aussi que le pétrole a permis à bon marché à bon marché de pouvoir acheminer toutes ces denées alimentaires dans les villes aussi de les refroidir, de les stocker et cetera.
Ben, dans la plupart des villes, des pays occidentaux, l'agriculture est partie et la ferme du parc Maximilien, sans le savoir a eu une idée que maintenant toutes les villes ont, c'est-à-dire rapprocher l'agriculture de la ville pour reconnecter les citoyens à la terre. Et à la base, la ferme du parc Maximilien, c'était surtout pour les animaux de la ferme, les que les les Brux et Lois n'avaient plus aucun contact avec les animaux de la ferme.
Il y avait un terrain ici qui a été un ancien éliiport et une station essence qui a été transformé en endroit assez hors du temps atypique de ferme avec des vieux bâtiments de ferme et cetera mais qui ont été construits dans les années 80, les vieux bâtiments de ferme. Euh donc c'est c'est des vieux bâtiments récents et au fur et à mesure ben la ville s'est densifiée tout autour et donc on se retrouve avec une ferme urbaine de 1 hectare en plein milieu de la ville entre la place Sainte- Catherine, la gare du Nord et Touret Taxi.
Donc on a des publics très différents, des entreprises, des touristes, des habitants de logements sociaux, des administrations Bruxelloises et cetera, tout autour de nous. Et c'est ça qui fait un peu la richesse et la particularité du projet qui est un peu unique au monde par son ancienneté et par sa localisation. Il y a encore le temps pour les abeilles et il y a aussi des abeilles ici directement et du temps pour m'occuper moi-même des abeilles. L'avantage de l'apiculture, c'est que c'est saisonniers. Donc pendant toute la période hivernale, on laisse les abeilles tranquilles. Et alors, une fois que la période pour l'apiculture commence, on dérange les abeilles le moins possible.
On regarde si elles ont suffisamment de place, on ajoute de la place quand il en faut et on récolte le miel quand il y a la production qui est suffisamment grande. Et ça ça demande relativement peu de temps. Euh on passe une fois par semaine ou une fois tous les 10 jours voir les ruches. Et donc j'ai un peu d'aide évidemment pour ça parce que sinon je pourrais pas m'occuper de tout ça tout seul et donc heureusement j'ai un partenaire qui travaille avec moi. Justement, on va en parler en 2016, tu as fondé un projeters avec un associé qui œuvre pour le développement d'une apiculture bruxelloise respectueuse des abeilles et de l'environnement.
Alors, le cœur de votre activité, c'est l'économie circulaire, l'alimentation locale et le durable, mais aussi la sensibilisation à la protection de l'environnement. parle-nous de ton rapport aux abeilles, à l'apiculture. Mais donc comme j'avais expliqué, donc enfin moi la première raison qui m'a mené à l'apiculture, c'était pour aider un potager sur un toit où je me suis dit qu'il y aura pas suffisamment de pollonisation. Donc je me suis dit je vais renforcer le nombre d'abeilles dans mon quartier pour polloniser mon potager sur toi. Ça c'était en quelle année ? Ça c'était en 2016. OK. Et donc on a fait ça, ça a très bien fonctionné. On a produit plein de courgettes, c'était super.
et on a produit beaucoup plus de miel que nécessaire pour nourrir les habitants de l'immeuble. Donc 119 appartements, on on a produit beaucoup plus de miel que ce qu'on a que ce que les habitants consomment. Donc on a commencé à fournir les petits magasins du coin, les petits restaurants et cetera. Et puis je me suis rendu compte que non seulement on avait une quantité qui était largement supérieure aux besoins, mais en plus on avait une qualité qui était largement supérieure à ce qu'on peut trouver même sur les petits marchés et certainement dans les supermarchés. Et comment tu expliques ça ? Ça s'explique après coup, je le comprends.
C'est-à-dire que le miel, c'est un des produits alimentaires les plus euh contrefaits du monde. Donc on peut estimer que 1/3 à 2/3 du miel est en fait du faux miel. Donc euh en Chine et ailleurs, on arrive à produire du miel à base de différents assemblages de différents sucres avec un tout petit peu de pollen, un tout petit peu d'arôme, un tout petit peu de vrai miel. on arrive à reproduire un miel presque à l'identique et seul quelques analyses un petit peu coûteuses en laboratoire permettent de desseler que c'est du faux miel. Et par contre ce qui permet de déceler aussi c'est le le goût. On sent la différence tout de suite. Euh pourquoi du coup à Bruxelles on a un meilleur miel ?
c'est que bah déjà quand on connaît l'apiculteur qui produit le miel, à moins que ce soit vraiment un gros gros charlatan, il y a peu de chance qu'il ait acheté du miel chinois pour vous le refourguer. Ça c'est à ma connaissance, ça n'existe pas à Bruxelles, je connais personne qui fait ça. Mais par contre dans les marchés internationaux, évidemment, c'est c'est très courant. C'est même presque la norme. Euh donc ça c'est une chose déjà, la sécurité, ça c'est le principe un peu du circuit court. Dès qu'on est en circuit court, on a beaucoup plus de garantie sur la qualité de ce qu'on consomme.
Et l'autre chose, c'est que à Bruxelles, on a une ville qui est paradoxalement très verte grâce à la forêt de soigne, à différents espaces verts, aux intérieurs d'Ilo. On est une ville, une capitale européenne assez importante avec quand même beaucoup de maisons qui ont aussi des jardins. Alors que dans d'autres grandes villes comme Madrid ou New York ou Hong Kong, c'est que des appartements. Donc il y a peu de place pour la végétalisation et ce qui fait que on a des des fleurs et des plantes, des arbres très nombreux avec des variétés très différentes et du coup ça fait une une ressource en nourriture qui est fort étalée sur toute l'année et qui est très riche.
Et donc, on peut avoir un miel euh proche du palais royal qui va avoir un goût complètement différent qu'un miel de la place Stéphanie ou un miel de des casernes d'XEL ou un miel ici de la ferme du parc Maximilien. Et donc on a une richesse en terme de diversité de miel qui est liée à la diversité des fleurs et aussi euh ces fleurs vont être disponible tout le temps. Alors qu'à la campagne, si vous avez un énorme champ de tournesol super pour les abeilles, mais le jour où l'agriculteur va passer pour récolter son tournesol, il y a plus rien sur des hectares et des hectares, ça devient un désert écologique.
Une autre fleur qui peut être géniale, c'est le thint ou ou la lavande dans le miel et cetera. C'est assez recherché. Mais là, c'est la même chose. À partir du moment où ces champs vont être complètement récoltés ou où simplement ils ne sont pas récoltés, mais la floraison va s'arrêter, on va se retrouver avec des énormes espaces, des énormes champs où il y a plus de ressources en nourriture pour les abeilles. Et donc ces monocultures comme on appelle, elles sont négatives pour l'environnement de manière générale et pour l'apiculture, ça c'est sûr en particulier. En plus de ça, ça ajoute le fait qu'à Bruxelles, on a une interdiction de l'utilisation des pesticides dans beaucoup de communes.
Enfin, maintenant, je pense que c'est toutes les communes, mais ça s'est fait au fur et à mesure. Et donc, on a un impact sur le le miel en terme de toxique, de élément toxique qu'on peut retrouver dans le miel qui est vraiment plus faible. Et ça, ça a été mesuré par des différentes études qui ont été menées sur mon miel et sur d'autres miel en Walloni de l'ULB qui ont démontré que c'était une vérité. Et donc paradoxalement la pollution qu'on a en ville a un impact qui est plus faible que la pollution qui a à la campagne. Et ça ça se comprend quand on l'explique, c'est-à-dire que les miels vont chercher leurs alim leurs ressources nourriture, donc le pollen et le nectar sur les fleurs.
Et si ces fleurs sont pulvérisées chaque année et plusieurs fois par an, forcément ça va se retrouver dans le miel. Par contre, les voitures qui circulent en ville et cetera n'ont pas un impact direct sur les fleurs. Elles vont produire du CO2 et tout un tas de choses qui sont mauvaises par rapport au réchauffement climatique, aux voies respiratoires des hommes et cetera provoquer des cancers et cetera par rapport au système respiratoire humain. Mais les abeilles ou les fleurs de la ville, elles ne sont pas ou peu impactées par cette pollution. On en retrouve un petit peu dans le pollen.
Donc moi, je réalise pas de pollen de pollen produit en ville, même si on pourrait, mais on en retrouve un petit peu, donc je le fais pas. Et du coup dans le miel, on retrouve vraiment très très peu de polluant dans le miel urbain. Comment est-ce que tu as appris ton métier d'apiculteur sur ton toit potager ? Et ben, je l'ai appris en contact de mon partenaire qui s'appelle Pavel de son nom de famille euh et qui fait de l'apiculture en Roumanie depuis trois génération. Et il faut savoir qu'en Roumanie, l'apiculture, c'est comme la brasserie ou la chocolaterie en Belgique.
C'est quelque chose qui est vraiment très réputé euh et qui a un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, qui s'apprend pas dans les écoles. Il y a des écoles d'apulture bien sûr, mais là on apprend les bases théoriques comme chez nous, il y a des écoles pour apprendre à brasser. Ça fait pas de quelqu'un un bon brasseur. Il faut vraiment être en contact avec des personnes qui ont ce savoir pour pour l'apprendre. Et donc moi, j'ai pas fait d'école d'apulture. J'ai fait l'école de Jamblou, donc des écoles d'agronomie générale. Donc j'ai toutes les connaissances sur les insectes et cetera, les plantes.
Mais vraiment la la technicité, comment faire un bon miel et cetera, comment bien entretenir, prendre soin des abeilles, c'est Pavel qui me l'a appris. Et qu'est-ce que vous faites avec Yokiers ? Et donc ce qu'on fait principalement, c'est prendre soin de nos abeilles euh pour produire un miel pour nous, notre famille et puis après, j'ai dit pour des petits commerces, des restaurants et cetera. Quand on a vu que ça fonctionnait bien, qu'on avait beaucoup de demandes, euh on s'est développé grâce à un appel à projet qui s'appelle CU.
Donc c'est un projet d'occupation temporaire des casernes d'Ixel où on a eu la chance d'avoir un local pour développer notre activité, donc notre miellerie et aussi d'installer plus de ruches sur la toiture de CU. Donc on a une dizaine de ruches sur le toit des casernes Excel ancien ancienne caserne de gendarmerie.
Euh et donc sur base de cette production, on a pu commencer à vraiment cibler des enfin cibler des clients, être en contact avec des clients comme Bruces Bear Project et autres qui ont des besoins en quantité qui sont un peu plus importantes et développer des chouetes projets, des bières au miel, du chocolat au miel, des restaurants gastronomiques qui utilisent notre miel, des choses comme ça. Euh on a vu que ça fonctionnait bien, on a été en contact avec différentes entreprises qui souhaitent installer des ruches chez elles pour être formé à ça.
Et donc c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à à d'abord entretenir des ruches qui existaient déjà dans les entreprises et puis à proposer d'installer des ruches en entreprise ou que des entreprises parenent des ruches chez nous et qu'on organise tout un tas de d'activités en lien avec ça et c'est ce qu'on fait avec BBons par exemple. Très bien. Justement c'est un parfait parfaite transition pour parler de BBS. Merci. Donc bonjour Alexandre, tu es l'apiculteur de BBONS. Donc BBONS qui est une plateforme de financement participatif et dont la vocation est de créer un circuit court du financement. Et donc ça veut dire quoi concrètement ?
mettre directement en rapport des investisseurs petits ou grands, donc à partir de 1000 € et les mettre directement en rapport avec le porteur de des porteurs de projet pour les aider à financer les projets qui sont proposés sur la plateforme.
Donc ça c'est la dimension circuit court du financement mais on comprend que toi tu es dans la dans un autre circuit cours qui est celui donc de de l'agriculture de la protection de la bière diversité et donc il y a un lien entre ces deux institutions qui est au cœur de l'identité même de BBons qui est l'abeille et ça se traduit par un sponsoring ou en tout cas un soutien financier qui pour chaque campagne réalisée sur la plateforme une ruche est supportée donc que you keepepers est donc toi-même développé.
Est-ce queon pourrait euh pour les gens qui nous écoutent un peu expliquer donc euh l'équilibre, l'économie de ce projet donc qui est euh euh comment tu prends le le soutien de comment tu fin, je veux dire l'aménagement de ces ruches, quel produit tu extrais euh de valeur aussi. Voilà. Ouais. Euh mais il faut savoir que dans tout projet agricole euh la production alimentaire surtout quand c'est à petite échelle, c'est une très faible rentabilité parce que c'est lié aussi au fait que le le le budget des ménages pour l'alimentation, la proportion du budget desménage pour l'alimentation a fortement diminué ces dernières années, c'est ces dernières décennies, on va dire même.
Et du coup, on achète beaucoup d'aliments à l'étranger et cetera à des prix très bas. Et donc même les produits artisanaux comme le miel produit localement au final se vend un prix qui ne permet pas à lui seul de rémunérer un petit apiculteur qui a quelques dizaines de ruches. Et ce malgré le fait que ce miel, ce bon miel, je vais dire est nettement plus cher que celui qu'on trouve dans les supermarchés et qui est parfois souvent pas du miel d'ailleurs. Oui. Donc j'essaie de faire en sorte qu'il soit pas trop nettement plus cher. Il est quand même concurrentiel. Donc on on est obligé de d'une certaine manière de s'aligner avec certains prix.
et euh notamment avec le fait que l'apiculture en Belgique et dans pas mal de pays occidentaux est pas mal occupé par des personnes qui ont par ailleurs un métier de médecin, avocat ou autres et qui font l'apiculture par passion plus que pour financer quelque chose. Et donc en fait ils vendent leur miel à un prix qui leur permet de l'écouler assez facilement et de financer leur hobby. Donc le soutien des entreprises, c'est comme Bibons en l'occurrence, ça permet aussi à l'heure de diminuer le coût initial de l'aménagement de la ruche, quoi. C'est Oui. Donc euh donc dans mon dans mon projet, comment ça fonctionne ? BBONS va me permettre de financer une nouvelle colonie.
Et il faut savoir que dans une ruche, on a une seule colonie d'abeilles avec une reine et puis les ouvrières et puis les mâles. Et donc une colonie d'abeilles en fonction de comment on va gérer la ruche, des impacts du climat, des pollutions, des espèces invasives comme le frolon asiatique ou le varois et cetera. On peut avoir une une mortalité de la colonie après 1 an, 2 ans, 3 ans, maximum 4 ans. Si on gère bien, on peut produire de nouvelles reines et prolonger un peu la durée de notre colonie. Mais donc régulièrement, il y a quand même un besoin de remplacer les colonies et aussi de garantir une certaine qualité génétique.
Et donc nous, on ne fait pas d'insumination artificiel des reines chez nous, pas encore en tout cas. Et donc on doit acheter ça à quelqu'un qui qui a le savoir-faire et ça coûte quand même assez cher. Et donc tu nous en a parlé lors de l'inauguration que qui a eu lieu il y a quelques jours et donc on a apparemment un expert de renommée internationale en Belgique du côté de Ferrière. C'est ça ? Oui. Donc un peu plus loin que Liège à Ferrière. Il y a une personne assez âgée qui s'appelle José Artus et qui a déjà énormément partagé d'informations, développé des choses dans le domaine de l'apiculture et il arrive à développer une génétique assez unique euh d'abeille.
Donc lui, il est spécialisé dans la variété Bugfast, mais il développe cette variété très localement ici en Belgique depuis plus de 20 ans. Et donc c'est une abeille qui est vraiment adaptée au climat belge euh et qui a des caractères de douceur, de productivité, de résistance aux maladies qui sont assez impressionnants. Et donc c'est pour ça que on travaille étroitement en partenariat avec lui, qu'on prend tous ses conseils aussi.
Donc quand on disait que je j'ai appris en fait en partenariat avec un apiculteur d'origine roumaine qui a beaucoup d'expérience, ben j'apprends aussi en partenariat avec un apiculteur plus âgé, belge qui a énormément d'expérience et qui peut me partager d'autres choses plus théoriques sur l'apiculture. Donc ça c'est le sourcing. Vous vous vous achetez des bonnes abeilles, je veux dire. Oui. Euh et puis après vous devez trouver donc vous avez un partenari sponsoring par exemple d'entreprise pour pouvoir euh acheter ces API. Oui. Après, il faut trouver un lieu.
Alors, est-ce que tu peux nous dire comment tu trouves ces lieux et et et comment comment tu tombes d'accord pour pouvoir exploiter ce lieu quoi avec des exemples ? Oui, ben il y a différents exemples. Euh c'est un peu comme ça pour n'importe quel projet d'agriculture urbaine. Soit on va se comporter comme un, si on prend le parallèle avec quelqu'un qui cherche un logement, comme un locataire, on cherche un endroit où on va pouvoir contre rémunération avoir un petit espace. on peut faire ça. Euh donc ça c'est possible, on va voir quelqu'un, on lui dit "Voilà est-ce que je peux occuper ton terrain ? Combien ça coûte ou combien de pots de miel je dois te donner en échange ?
Euh donc ça c'est possible. Donc on fonctionne un peu comme ça pour les terres d'ici. Donc on entretient leur ruche et on fournit du miel en échange du terrain qu'on peut utiliser. Soit on peut fonctionner avec des appels à projet comme à cu. Donc c'est un lieu d'occupation temporaire. Là on paye simplement les charges de notre local mais on doit pas on doit rien payer d'autre. on a pas de loyer à payer et cetera, mais on vient avec un projet qui intéresse le collectif. Ça c'est une solution. Et puis la dernière solution, c'est on est carrément payé pour venir installer les ruches dans un endroit.
Ça c'est le cas par exemple pour l'hôpital du CHEK où on propose tout un service d'accompagnement, d'entretien, de formation et on fournit du miel qui est garanti chaque année. Et ça ça permet évidemment de rentabiliser notre activité. plus que la vente du miel où j'expliquais que ben la marge sur un pot de miel c'est quand même relativement petit même si on vend notre miel un peu plus cher que du miel de grande surface ou le miel d'un amateur, on a aussi comparé à un amateur tout un tas de frais de TVA et cetera, des choses à payer euh qui font que la rentabilité est difficile à obtenir pour payer des heures et des heures de travail.
Donc on a compris, c'est une activité qui est avant tout dirigée par une forme d'idéal ou de conviction et pas uniquement de rentabilité et de de profit quoi. Tout à fait. Il y a aucune volonté de maximiser le profit dans le projet Yukiers et il y a pas de possibilité non plus parce que ça n'aurait pas de sens d'installer 1200 ruches dans Bruxelles. Yukepers. Là, il y aurait une trop grosse pression sur l'environnement. C'est pas le but. Et aussi euh le but n'est pas de tirer profit de l'image de l'abeille pour gagner un maximum sa vie.
C'est plutôt de d'installer des ruches là où ça nous paraît pertinent et de produire un alément de qualité qui autrement devrait être importé de très loin et de très mauvaise qualité. Ben Alexandre, merci beaucoup. Euh on te dit bah rendez-vous l'année prochaine pour l'inauguration des des ruches de la prochaine saison. Merci beaucoup de nous avoir accueilli ici à la fin Maximilien et pour tout le travail que tu fais au quotidien pour améliorer notre environnement. Merci à toi et à ton équipe. De rien. Au revoir. Au revoir Alex. Merci d'avoir écouté ce podcast. Rendez-vous sur la plateforme bibbuns.com pour créer gratuitement votre compte investisseur.
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