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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 4 avril 2026 64 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseSécuritéÉconomie & entreprises

Iran : la guerre s'étend encore... jusqu'où ? - C dans l’air - 05.03.2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Israël est dans une guerre totale avec le Hezbollah. Ca veut dire qu'Israël prépare une intervention terrestre d'ampleur au Liban?

  • 4:45OuverteRéponse directe

    Le chef d'état-major des armées s'est rendu sur place pour tenter d'empêcher Israël de passer à l'offensive. La France a-t-elle les moyens d'empêcher Israël d'aller au bout de sa volonté d'éradiquer le Hezbollah?

  • 6:11OuverteRéponse directe

    La France a-t-elle les moyens d'empêcher Israël d'aller au bout de sa volonté d'éradiquer le Hezbollah, et de sécuriser le Liban?

  • 6:54RelanceÉludée

    Est-ce que la France va envoyer des troupes pour empêcher l'armée israélienne de progresser au Liban?

  • 8:20RelanceRéponse partielle

    On parle de la Finul. La France a-t-elle les moyens d'empêcher Israël d'aller au bout de sa volonté d'éradiquer le Hezbollah?

  • 9:05OuverteRéponse directe

    On a aussi entendu 'rouleau compresseur' à propos des forces israélo-américaines. Une centaine d'avions sont prêts à décoller d'Israël toutes les 6 heures. C'est vrai?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:11P.AllémonièreFait
    « Pour le Premier ministre israélien, c'est le moment totalement opportun. Il y a une conjonction planétaire. Le président américain est favorable comme jamais aux objectifs d'Israël. L'Iran est totalement affaibli. La population, pour l'instant, soutient le Premier ministre israélien. »
  • 3:38P.AllémonièreFait
    « Il y avait la guerre menée par Israël au Liban. Il y a eu invasion du Sud-Liban, occupation des terres jusqu'au sud de l'Italie. Cette guerre s'est poursuivie longtemps. Des soldats israéliens ont été faits prisonniers. C'est un très mauvais souvenir en Israël. »
  • 5:29Gal N.RichouxFait
    « On a des liens très anciens avec le Liban. On a une coopération bilatérale militaire, dans laquelle on aide les forces armées libanaises. On envoie des instructeurs, on fournit des équipements, on forme leurs officiers, on fait des exercices en commun... »
  • 6:54D.MoïsiFait
    « En un mot, non. Le risque, c'est que la France ne pouvait pas rester silencieuse, compte tenu de tout ce qui a été dit et de nos liens historiques et culturels avec le Liban. Il y aurait eu 2 traitements différents d'Abou Dhabi et du Liban. Ca n'aurait pas été possible. »
  • 7:37D.MoïsiFait
    « Le problème, c'est que ni dans la 1re problématique ni dans la 2de, la France n'a les moyens d'agir réellement sur les événements. »
  • 9:05P.AllémonièreFait
    « Oui, c'est une usine. C'est pour ça que les Américains ont peut-être besoin de nos bases. Il y a des avions en l'air en permanence, alimentés en gasoline pour pouvoir continuer leurs opérations. Ca ne s'arrête jamais. »
  • 10:31C.RouxChiffre
    « 5000 munitions tirées par Israël. 2000 cibles frappées par l'aviation américaine. Ce sont les chiffres de l'armée israélienne et américaine. »
  • 12:00P.AllémonièreChiffre
    « Une centaine d'avions sont prêts à décoller d'Israël toutes les 6 heures. »
  • 14:02C.RouxChiffre
    « D.Trump se donne 15 sur 10 quand on lui demande de noter l'intervention militaire en Iran. »
  • 14:45C.RouxChiffre
    « 2000 cibles touchées par l'armée américaine depuis le début de la guerre. »
  • 15:29C.RouxChiffre
    « Seulement 1 Américain sur 4 soutient l'offensive des Etats-Unis en Iran. »
  • 16:53InconnuChiffre
    « 8 personnes ont été tuées ce matin. »
  • 17:37InconnuChiffre
    « Depuis le début de la guerre, près de 80 000 Libanais ont été forcés de fuir à cause des bombardements. »
  • 18:20Gal N.RichouxChiffre
    « S'attaquer à la Turquie, c'est quand même 900 000 hommes, une des plus grosses armées de la région, ça me paraît assez culotté. »
  • 22:21P.AllémonièreFait
    « Les Iraniens avaient un double objectif. Faire pression sur Trump... Ils visent ceux avec qui ils sont amis. Ils visent Dubaï, où tout le contournement des sanctions s'organise via les pasdaran. »
  • 23:03P.AllémonièreChiffre
    « Le ministre de la Défense disait encore hier que 86 % des défenses, drones comme missiles, avaient été anéanties. Il citait d'autres chiffres que nous ne pouvons pas vérifier. Il a dit que plus que 6 % des drones et des missiles atteignaient désormais leur cible. »
  • 23:48P.AllémonièreFait
    « Les Américains et les Israéliens sont prêts à une guerre qui peut durer longtemps. »
  • 26:42N.BarotteFait
    « Il n'y a que l'Espagne qui a dit non clairement. Les Canadiens choisissent la prudence. »
  • 27:25N.BarotteFait
    « Le signal politique sur l'Europe qui va être une puissance, comme le dit Macron, c'est important. Il faut être présent physiquement dans la zone. »
  • 28:07Gal N.RichouxFait
    « L'une des tactiques ou stratégies de l'Iran, c'est d'envoyer le maximum de vecteurs pour épuiser toute l'artillerie antiaérienne, des missiles qui coûtent très cher, alors qu'un drone, ça coûte pas très cher. »
  • 28:45Gal N.RichouxFait
    « La France est très attachée au droit international et a clairement dit qu'elle ne se joindrait pas aux Etats-Unis pour une guerre d'agression. »
  • 29:27Gal N.RichouxFait
    « On a dit clairement qu'on y participera pas. En revanche, pour nos alliés, on défend le ciel. Il y a des chasseurs à Djibouti, en Jordanie, et maintenant, il y a 40 Rafale pour participer à la défense du ciel d'Israël. »
  • 30:10P.AllémonièreFait
    « Les Iraniens ont dit, toujours dans la bouche du ministre des Affaires étrangères, qu'ils considéraient tout acte de défense comme un acte d'agression. »
  • 31:35D.MoïsiFait
    « Quand on évoque le risque de Troisième Guerre mondiale, il me paraît plus réel dans le conflit ukrainien que dans le conflit du Proche-Orient! »
  • 33:45P.AllémonièreFait
    « Le vrai risque est moins militaire qu'économique. Si cette guerre devait durer un certain temps, il y a un vrai risque de déstabilisation mondiale, pour le coup, sur le plan économique. »
  • 34:29C.RouxFait
    « Une petite rencontre est prévue entre Xi Jinping et Trump très prochainement. »
  • 35:13Gal N.RichouxFait
    « Le détroit d'Ormuz, 20 % du trafic maritime de gaz et de pétrole passe par là. Il est aujourd'hui fermé. »
  • 35:57C.RouxChiffre
    « Depuis le début de la guerre, l'Iran aurait lancé plus de 2000 missiles contre Israël et les pays du Golfe. Ils peuvent parcourir jusqu'à 6500 km. »
  • 37:23InconnuFait
    « Cette inquiétude grandit. Le régime iranien, quant à lui, exhibe ses dizaines de drones Shahed sur ces images, comme un avertissement. »
  • 38:06InconnuFait
    « Ils sont envoyés en essaims, parfois plusieurs dizaines de drones en même temps. Ca force l'adversaire à chercher dans tous les secteurs du ciel. »
  • 38:44InconnuChiffre
    « Pour abattre les Shahed, ce sont des missiles dont le prix peut dépasser le million de dollars qui sont utilisés. »
  • 39:27InconnuFait
    « Le président Zelensky propose son expertise en échange d'un soutien. »
  • 40:10Gal N.RichouxFait
    « On a le sentiment que les Américains n'ont pas vraiment pris en compte le retour d'expérience de la guerre d'Ukraine. Ils sont partis avec la puissance traditionnelle des avions, des porte-avions. »
  • 40:53Gal N.RichouxChiffre
    « Le drone doit être produit à quelque chose comme 30 000 ou 50 000 euros pièce. Il a 40 kg d'explosifs. »
  • 42:20N.BarotteFait
    « Ce n'est pas une vraie menace pour les Américains, dans le sens où ils sont capables d'intercepter la quasi-totalité des drones tirés vers leurs bases. »
  • 43:05P.AllémonièreFait
    « Vous avez diffusé des images très intéressantes, avec cet immense souterrain rempli de drones. C'est un peu comme des voitures. Ca prend l'espace d'une automobile. »
  • 43:50D.MoïsiFait
    « Pourquoi les Américains ont complètement négligé les leçons de la guerre en Ukraine? Je crois qu'il y a plusieurs raisons. »
  • 44:27D.MoïsiFait
    « Et puis il y a la conviction qu'ont les Israéliens et les Américains que le régime iranien est sur le point de s'effondrer. »
  • 45:09C.RouxFait
    « Aux Etats-Unis, quand on parle de l'Iran, on revient à l'esprit de revanche par rapport à un épisode qui reste comme un traumatisme pour les Américains, la prise de l'ambassade américaine à Téhéran en 1979. »
  • 45:52C.RouxFait
    « Les otages resteront jusqu'à ce que le shah nous soit renvoyé. Cela dépend de Carter. »
  • 46:37C.RouxFait
    « J.Carter: J'ordonne que nous arrêtions tout achat de pétrole à l'Iran ou devant être livré à ce pays. »
  • 47:20C.RouxFait
    « Les Etats-Unis s'engagent à ne pas s'ingérer dans la politique intérieure de l'Iran et ferment leur ambassade, qui devient un musée de l'anti-impérialisme aux mains des Gardiens de la révolution. »
  • 48:01P.AllémonièreFait
    « Le président, dans son allocution, a fait état de cette guerre. Il fait état aussi de tous les attentats qui ont été fomentés contre les Américains pour affirmer dans son récit qu'il venge les Américains. »
  • 49:20C.RouxFait
    « La fin de l'histoire, pour les Etats-Unis et D.Trump, c'est la chute du régime? Et le choix d'un successeur, du successeur qu'il aurait choisi de mettre au pouvoir en Iran? »
  • 50:03Gal N.RichouxFait
    « Si c'est la chute du régime, la messe n'est pas dite. Il suffit que le régime fasse un peu le gros dos et il peut encore être là pour longtemps. »
  • 50:45P.AllémonièreFait
    « Au-delà du discours de Trump qui change, je crois que l'avenir du régime, s'il y a écroulement, c'est dramatique. On aura pour le coup une guerre régionale. »
  • 51:29P.AllémonièreFait
    « Il y a les Baloutches à un autre endroit. Si le régime s'effondre, on risque de se retrouver avec un vrai chaos. »
  • 52:13C.RouxFait
    « J.Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de D.Trump, devenu l'un de ses opposants notoires, n'a aucun doute sur le fait que ce sont les Etats-Unis et non pas Israël qui sont à l'initiative de cette guerre. »
  • 52:57J.BoltonFait
    « Tout ce qui se passe dans l'administration Trump vient d'abord de D.Trump lui-même. Je connais Bibi Nétanyahou depuis longtemps. C'est probablement la seule personne qui a réfléchi plus longtemps que moi à la question d'un changement de régime en Iran. »
  • 53:39J.BoltonFait
    « C'est du Trump! C'est typiquement Trump. Il n'a pas de philosophie. Il n'a pas de grande stratégie en matière de sécurité nationale. »
  • 54:23C.RouxChiffre
    « Seulement 27 % des Américains approuvent l'opération militaire en Iran. »
  • 55:04J.BoltonPromesse
    « Si on veut mettre fin au problème, il faut faire disparaître le régime iranien lui-même. »
  • 56:33C.RouxFait
    « Donc Nétanyahou à l'avantage pour conduire les opérations? »
  • 57:10D.MoïsiFait
    « Les ayatollahs n'ont jamais appelé à la disparition des Etats-Unis. Ils ont appelé à la disparition de l'entité sioniste. »
  • 57:54C.RouxFait
    « On en vient à vos questions. »
  • 58:37N.BarotteFait
    « Ils sont censés accompagner les forces armées libanaises pour désarmer le Hezbollah. On fait le monitoring de ce qui se passe le long de la frontière du Litani. »
  • 59:22C.RouxFait
    « Le président Macron parle d'erreurs stratégiques à propos d'Israël. »
  • 59:50D.MoïsiFait
    « Qu'il puisse s'en détourner, la probabilité est forte. Qu'il nous entraîne, nous, dans la guerre, la probabilité est faible. »
  • 1:00:31Gal N.RichouxFait
    « Ce qu'il faudrait pour cela, ce sont des troupes au sol, soit américaines, soit un conseil national de la résistance avec des troupes armées et capables de faire le job. »
  • 1:01:16N.BarotteFait
    « On a un accord de défense et on l'honore. C'est aussi un signal politique envoyé aux émirats. »
  • 1:02:37P.AllémonièreFait
    « Les monarchies du Golfe ne vont pas bouger, pour l'instant. Effectivement, elles ont des avions, des chars, puisqu'on leur a vendu des Rafale, des canons Caesar... Mais pour l'instant, elles veulent essayer d'offrir un front commun sur le plan diplomatique, pas un front militaire. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

- C.Roux: Merci d'être venue sur ce plateau. ... - C.Roux: Bonsoir. gagne en intensité, avec une extension à des pays désormais pris pour cible par l'Iran. Un missile balistique intercepté par l'Otan alors qu'il se dirigeait vers la Turquie hier. Aujourd'hui, l'Azerbaïdjan promet des représailles après une frappe sur l'aéroport. La chef de la diplomatie américaine estime que "l'Iran exporte la guerre pour semer le chaos". En Europe, l'Italie, l'Espagne, la France et la Grèce ont envoyé des moyens militaires sur place en Méditerranée orientale, mais aussi pour apporter un soutien aux pays du Golfe. La situation au Liban inquiète tout particulièrement ce soir la France, qui a envoyé le chef d'état-major des armées. Cet après-midi, Israël, dans une guerre totale face au Hezbollah, a appelé à l'évacuation du sud du pays et de la capitale Beyrouth, provoquant des scènes de panique dans la capitale libanaise. La guerre s'étend encore, jusqu'où? Pour en parler, le général N.Richoux, ancien commandant de la 7e brigade blindée et ancien attaché

1:29

de défense à Berlin. D.Moïsi, vous êtes géopolitologue, conseiller spécial de l'Institut Montaigne. Voici votre prochain livre. On a hâte de le lire. P.Allémonière, vous êtes grand reporter. Je rappelle votre livre. Vous êtes allée plusieurs fois en Iran, une zone que vous connaissez très bien. N.Barotte, vous êtes correspondant défense au "Figaro". Voici votre dernier article. Merci à tous les 4 de participer à ce "C dans l'air" en direct. Commençons par ces images au sud du Liban. On parle d'une évacuation qui se fait un peu en ordre dispersé, de 700 000 civils ce matin. Israël est dans une guerre totale avec le Hezbollah. Ca veut dire qu'Israël prépare une intervention terrestre d'ampleur au Liban? - P.Allémonière: Pour le Premier ministre israélien, c'est le moment totalement opportun. Il y a une conjonction planétaire. Le président américain est favorable comme jamais aux objectifs d'Israël. L'Iran est totalement affaibli. La population, pour l'instant, soutient

2:54

le Premier ministre israélien. Il veut en finir avec cette offensive et avec le Hezbollah. Le travail n'avait pas été accompli jusqu'au bout avec l'affaire des bippeurs et l'élimination d'H.Nasrallah. Il reste des positions. Le seul piège, c'est la répétition de ce qui s'était passé en 1978. Un petit rappel historique. Il y avait la guerre menée par Israël au Liban. Il y a eu invasion du Sud-Liban, occupation des terres jusqu'au sud de l'Italie. Cette guerre s'est poursuivie longtemps. Des soldats israéliens ont été faits prisonniers. C'est un très mauvais souvenir en Israël. Israël s'est retiré définitivement de cette région de Litani en 2000. Ensuite, il y a eu la guerre de 2006. Israël a à nouveau essayé de frapper très difficilement

4:06

et lourdement Beyrouth. C'est là qu'a été créé ce thème Dahiya, d'urbicide d'une ville... Ce thème a été Réutilisé pour Gaza, mais il est né pendant cette guerre de 2006 qui a laissé de si mauvais souvenir aux Libanais. - C.Roux: Le chef d'état-major des armées s'est rendu sur place pour tenter d'empêcher Israël de passer à l'offensive. - N.Barotte: Il y a un précédent historique. Des forces françaises sont présentes au Liban, comme la Finul, la force des Casques bleus, qui est censé assurer d'une zone tampon au niveau de Litani. Cette Finul arme la force armée, celle qui peut réagir éventuellement et qui a des moyens de surveiller. Ils ont des radars sur la zone. Les Français peuvent savoir ce qui se passe sur le terrain. - C.Roux: Général, sur la situation au Sud-Liban et l'implication

5:29

de la France? Dans son intervention, le chef de l'Etat a dit qu'il désapprouvait et mettait en garde contre une faute stratégique les Israéliens. - Gal N.Richoux: Bien sûr. On a des liens très anciens avec le Liban. On a une coopération bilatérale militaire, dans laquelle on aide les forces armées libanaises. On envoie des instructeurs, on fournit des équipements, on forme leurs officiers, on fait des exercices en commun... Normalement, les 800 personnels de la Finul au sud de Litani sont censés être en soutien de l'armée libanaise face au Hezbollah. Si le Hezbollah est affaibli, peut-être que demain, l'armée libanaise pourra reprendre pied au sud Litani, le fleuve-clé dans cette région.

6:11

- C.Roux: Ca fait partie de ce qu'on commente ce soir. La France a-t-elle les moyens d'empêcher Israël d'aller au bout de sa volonté d'éradiquer, je ne sais pas quel est le bon mot, le Hezbollah, et de sécuriser le Liban? - D.Moïsi: En un mot, non. Le risque, c'est que la France ne pouvait pas rester silencieuse, compte tenu de tout ce qui a été dit et de nos liens historiques et culturels avec le Liban. Il y aurait eu 2 traitements différents d'Abou Dhabi et du Liban. Ca n'aurait pas été possible. Est-ce que ça reste des paroles verbales? Est-ce que la France va envoyer des troupes pour empêcher

6:54

l'armée israélienne de progresser au Liban? La réponse est évidemment non. C'est la clé du problème. Il y a toujours ce "en même temps" chez le président Macron. Il dit, d'un côté, "les peuples ne pleurent pas leurs bourreaux", très belle phrase pour dénoncer le régime iranien. Maintenant, il dit qu'il faut une sorte de rétablissement d'équilibre vers le monde arabe. Oui, mais Israël doit s'arrêter. Le problème, c'est que ni dans la 1re problématique ni dans la 2de, la France n'a les moyens d'agir réellement sur les événements. - C.Roux: On nous pose une question. - Gal N.Richoux: Normalement, la Finul. Ensuite, le Hezbollah était présent. Il était supposé, dans son créneau, protéger les Libanais. Mais on voit bien que le Hezbollah... C'est une entreprise aujourd'hui qualifiée de terroriste. Elle est un peu disqualifiée dans la région et très affaiblie. Et puis elle est combattue.

8:20

La Finul est censée le faire, mais elle reste très impuissante dans la région. C'est absolument certain. On l'a vu lors de l'offensive israélienne. On est capables de compter les morts. On documente pour d'éventuels crimes de guerre. C'est important. Vous ne savez pas si, un jour, il n'y aura pas des procès qui seront faits. - C.Roux: C'est intéressant. On parle de la Finul. On a parlé avec N.Loiseau du droit international. Quelques images pour résumer l'état d'esprit... On parlait des Israéliens, mais c'est à peu près la même chose pour les Américains. Voici un clip diffusé ce matin par la Maison-Blanche, sur la musique d'un jeu vidéo de guerre très connu,

9:05

"Call of Duty". Alarme. ... - We're winning this fight. - C.Roux: C'est sur le site de la Maison-Blanche. - N.Barotte: C'est absolument fou. Il y a une logique d'esthétisme de la violence, chez les Américains. On a ce clip. On a les propos très guerriers de P.Hegseth, qui se réjouit d'avoir torpillé un bateau iranien... Il y a quand même des marins qui sont morts. - C.Roux: C'est le secrétaire d'Etat américain à la Défense. - N.Barotte: Absolument. Je crois que Trump a aussi besoin de convaincre sa base. Il s'adresse à une frange Maga qui ne souhaite pas l'intervention militaire. Ces clips peuvent convaincre cette population de la puissance américaine. - C.Roux: Ca illustre aussi ce déluge de feu sur ce territoire depuis le début du conflit. Quelques chiffres sur les frappes sur l'Iran. 5000 munitions tirées par Israël.

10:31

2000 cibles frappées par l'aviation américaine. Ce sont les chiffres de l'armée israélienne et américaine. - P.Allémonière: A tous les niveaux, les jeunes militaires, les pilotes et autres fabriquent ce genre de clips sur toutes les opérations menées, avec les GoPro... C'est une tradition au niveau de l'armée, mais elle est totalement reprise sur un plan intentionnel. Ca en dit long sur ce besoin et cette justification de la force. On a une justification, une mise en perspective et un récit autour de la puissance américaine. Avec toutes les déclarations... Le ministre de la Défense disait encore hier

11:15

que 86 % des défenses, drones comme missiles, avaient été anéanties. Il citait d'autres chiffres que nous ne pouvons pas vérifier. Il a dit que plus que 6 % des drones et des missiles atteignaient désormais leur cible. Nous, téléspectateurs, on est soumis à cette machine de guerre qui peut nous entraîner dans un narratif guerrier. Nous n'avons pas les moyens de vérifier l'exactitude de la destruction, du nombre de missiles... - C.Roux: Vous avez parlé de "machine de guerre".

12:00

On a aussi entendu "rouleau compresseur" à propos des forces israélo-américaines. On lit dans "Le Monde" qu'une centaine d'avions sont prêts à décoller d'Israël toutes les 6 heures. - P.Allémonière: Oui, c'est une usine. C'est pour ça que les Américains ont peut-être besoin de nos bases. Il y a des avions en l'air en permanence, alimentés en gasoline pour pouvoir continuer leurs opérations. Ca ne s'arrête jamais. Juste le temps de dormir pour les pilotes. - C.Roux: Les images, la réalité du terrain et une volonté des Israéliens et des Américains de raconter au reste du monde que le pire est à venir, que la vague militaire pourrait même être encore plus puissante qu'aujourd'hui, D.Moïsi... - D.Moïsi: Je distinguerais les Israéliens des Américains. Je crois que la guerre est populaire en Israël. Nétanyahou a un soutien massif de sa population. Ce n'est pas le cas aux Etats-Unis. Il y a un contraste entre les images que la Maison-Blanche fait circuler... Dans le temps, c'était "Apocalypse Now"

13:22

et la musique de Wagner qui accompagnait les hélicoptères dans la guerre du Vietnam. C'est tout aussi absurde, cette romantisation et cette déshumanisation. Mais on peut se poser la question. En réalité, l'opinion publique américaine ne va-t-elle pas continuer à condamner cette guerre avec encore plus de force? D'autant qu'il y aura des morts parmi les soldats américains. - C.Roux: C'est déjà le cas. La guerre s'étend chaque jour un peu plus. Sur l'Azerbaïdjan, sur l'Irak, et hier, un tir de missile balistique sur la Turquie. D.Trump se donne 15 sur 10 quand on lui demande de noter l'intervention militaire en Iran. - Sur terre ou en mer, avec des drones ou des missiles, les Etats-Unis ne laissent aucun répit à l'Iran. Depuis 6 jours, les frappes s'intensifient.

14:45

2000 cibles touchées par l'armée américaine depuis le début de la guerre. En Iran, les Etats-Unis et Israël accentuent la pression. Alors, en conférence de presse, D.Trump fanfaronne. - D.Trump: Nous nous débrouillons très bien sur le front de la guerre, et le mot est faible. Quelqu'un m'a demandé: "Sur une échelle de 1 à 10, vous notez ça à combien?" J'ai répondu: "A peu près 15." Nous allons continuer à faire ce que nous faisons. Nous avons de loin la meilleure armée du monde. - Pourtant, seulement 1 Américain sur 4 soutient

15:29

l'offensive des Etats-Unis en Iran. Hier, un vétéran de la marine s'est infiltré au Sénat lors d'une audience. ... - Avant d'être violemment expulsé. Le même jour, le Congrès avait refusé de limiter les pouvoirs de D.Trump dans la guerre contre l'Iran. Jusqu'où ira le président américain alors que la guerre ne finit pas de s'étendre au Moyen-Orient? Téhéran multiplie les frappes dans la région. En Irak, d'abord, où l'aéroport d'Erbil a été touché par des missiles. Une base américaine était visée. L'Iran annonce également avoir frappé les quartiers généraux

16:11

des forces kurdes. Le Qatar, ciblé par une attaque de missiles... Une colonne de fumée s'élève au-dessus de Doha. Ces touristes espéraient quitter le pays. - A l'approche de l'aéroport, toutes les alarmes se sont déclenchées car le système de défense antimissile tirait sans cesse. Je n'avais jamais entendu une alarme pareil. C'est terrifiant d'être dans l'avion et d'entendre "missiles en approche, rentrez à l'intérieur". - En Azerbaïdjan, jusqu'ici épargné, c'est un aéroport qui a été visé par une attaque de drones. Réponse du président, alors que l'Iran dément être à l'origine de la frappe. - Nous n'accepterons pas d'autres attaques commises contre l'Azerbaïdjan.

16:53

Nos forces armées ont reçu pour instruction de préparer et de mener des mesures de représailles. - Le Moyen-Orient s'embrase et avec lui, le Liban. Israël bombarde le sud du pays. Dans ce village où les immeubles éventrés fument encore, 8 personnes ont été tuées ce matin. Le Hezbollah promet qu'il ne restera pas sans réponse. - Ils voulaient un combat sans merci. Notre choix est d'y faire face jusqu'au sacrifice ultime et nous ne nous rendrons pas. Nous nous défendrons avec nos forces et notre foi, quel qu'en soit le prix.

17:37

- L'armée israélienne appelle les habitants de la banlieue sud de Beyrouth à évacuer. Depuis le début de la guerre, près de 80 000 Libanais ont été forcés de fuir à cause des bombardements. - C.Roux: Un mot sur l'extension du conflit. On avait hier la Turquie et Chypre. Maintenant, l'Azerbaïdjan. C'est la stratégie iranienne? - Gal N.Richoux: Oui, à la fois une stratégie du chaos mais qui a une certaine logique. D'abord, ils s'attaquaient à des pays qui ne sont pas forcément très militarisés,

18:20

qui n'ont pas une tradition militaire énorme et qui ne sont pas très défendus. Vraisemblablement avec l'espoir que ces gens dont la richesse est fondée sur le business fassent pression sur les Américains. Ensuite, je prétends qu'il y a une logique. La faiblesse du dispositif américain et israélien, c'est son immense taille. C'est toute la péninsule arabo-persique qui est concernée. Il est très difficile sur le plan antiaérien de protéger, golfe Persique, détroit d'Ormuz, Israël... La taille même des dispositifs, l'éclatement des bases fait que c'est quasiment impossible à défendre. Ils attaquent Dubaï, par exemple. On sait que c'est assez peu protégé. Et puis avec des drones...

19:04

Le but n'est pas forcément les dégâts. C'est, politiquement et médiatiquement, donner l'impression de faire jeu égal avec les Etats-Unis alors qu'il y a une dissymétrie considérable. Pour ce qui est de la Turquie et de l'Azerbaïdjan, je suis beaucoup plus dubitatif. S'attaquer à la Turquie, c'est quand même 900 000 hommes, une des plus grosses armées de la région, ça me paraît assez culotté. Peut-être y a-t-il un problème de commandement et de décentralisation des commandements régionaux qui ne sont pas très bien pilotés avec la décapitation du système et qui prennent des initiatives qui peuvent être malheureuses. Si j'étais les Iraniens, je ferais très attention avant de titiller

19:48

les Turcs. - C.Roux: Sachant que c'est l'Otan qui a intercepté... - Gal N.Richoux: En plus, c'est un pays de l'Otan. On peut invoquer l'article 5. On n'est plus dans le même registre. - C.Roux: N.Barotte, sur la stratégie iranienne d'extension du conflit... Ca donne le sentiment que ce n'est pas de la stérilité mais qu'il y a une vraie volonté d'un embrasement régional. Pour faire pression sur les Etats-Unis, disait-on, ou dans une sorte de fuite en avant parce que le régime joue sa survie. - N.Barotte: Les Iraniens étaient préparés à la guerre.

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Cette logique d'extension était déjà pensée. Ensuite, il y a un effet avec des chefs de commandements qui peuvent choisir des cibles avec moins de galons. Mais les cibles étaient déjà identifiées. L'Azerbaïdjan, ce n'est pas un hasard. Il y a un conflit territorial avec l'Iran. Il y a sans doute une coopération militaire entre Israël et l'Azerbaïdjan. Frapper là-bas peut avoir du sens militairement. De même que des frappes contre Oman peuvent mettre

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une pression militaire. Les pays du Golfe n'ont pas intérêt à une guerre qui s'étend, qui dure et qui touche leur économie. Enfin, ce sont eux qui ont peut-être le moins de défense et qui ont besoin d'être ravitaillés en défense aérienne. Israël et les Américains ont une totale maîtrise du ciel iranien et ne craigne pas grand-chose, dans cette guerre. C'est différent pour leurs alliés. - C.Roux: Et pour Chypre? C'est la volonté de nous embarquer dans la guerre? - N.Barotte: Oui, sans doute que les Iraniens savent que les Européens sont réticents.

21:44

Chypre est aussi un hub important et intéressant pour les évacuations de ressortissants si besoin. C'est un point faible qui peut étendre le conflit. - C.Roux: C'est la base militaire britannique qui est visée, ou c'est Chypre? - N.Barotte: La base britannique. Il y en a 2. L'une a été ciblée, mais de fait, mécaniquement... En plus, la France a signé un accord de coopération et de défense avec Chypre. Il y a une logique à ce que les Français apportent des moyens de défense antidrones sur place. - P.Allémonière: Le tout, c'est de savoir si c'est un bon ou un mauvais calcul d'étendre le conflit. C'est la vraie question que ça pose. Les Iraniens avaient un double objectif.

22:21

Faire pression sur Trump... Ils visent ceux avec qui ils sont amis. Ils visent Dubaï, où tout le contournement des sanctions s'organise via les pasdaran. Ils ont pris des risques. Est-ce que ça va marcher? La question est de savoir jusqu'où où le président américain veut aller. C'est bien là que se pose la question de la convergence ou non des objectifs entre Israël et les Etats-Unis. Pour l'instant, nous sommes passés à une 2e étape, comme l'ont dit le président Trump et P.Hegseth. Après avoir bombardé de loin avec des Tomahawk et des missiles de longue distance, ils auraient pratiquement nettoyé le ciel iranien pour y aller avec des gros avions qui ont beaucoup de bombes et peuvent arriver jusqu'en haut de la cible, et lâcher leurs bombes. C'est beaucoup moins cher comme opération et ils ont beaucoup de réserves. Les Iraniens ont misé sur le fait que les réserves américaines allaient peut-être s'épuiser. S'ils y vont avec les B-52, ça va pas s'épuiser. Les Américains et les Israéliens sont prêts à une guerre qui peut durer longtemps. Mais la versatilité du président américain...

23:48

S'il trouve quelqu'un qui est prêt à faire un deal au sein du régime, il prendra. Peut-être que les Israéliens ne seront pas d'accord et là, on a une divergence des opinions. - C.Roux: Une divergence qui n'est pas encore visible sur le terrain. Ils sont prêts à aligner. La succession sera un enjeu des prochains jours. D.Trump dit qu'il veut être impliqué dans le choix du successeur de Khamenei et qu'il considère le 2e fils de Khamenei, qui était pressenti pour prendre la suite, comme un poids plume. - D.Moïsi: Oui. L'idée est de délégitimer le régime dans son ensemble. Le père a été éliminé. Le fils, on considère qu'il ne peut pas succéder au père. C'est toute la stratégie. Patricia avait raison.

24:32

La stratégie des Iraniens, c'est de dire que Trump va se lasser. - C.Roux: Donc il faut faire durer. - D.Moïsi: Ca va pas durer. L'art du deal va l'emporter chez lui sur la gloire du 47e président des Etats-Unis qui, après 47 ans, a mis fin au régime des mollahs. Ca sonne bien et ça a pu être vendu par Nétanyahou à Trump, mais est-ce que ça résiste jusqu'à la personnalité profonde de D.Trump? Ce qui me frappe, c'est que Poutine et les Iraniens, c'est presque le même discours. Ce que dit Poutine aux les Européens, c'est: "Vous ne voulez pas mourir pour Kiev." Ce que disent les mollahs aux Américains et aux Européens, c'est: "Vous n'allez pas avoir une crise économique si importante rien que pour un petit changement de régime en Iran!" Vers les pays arabes de la région, les mollahs disent: "Vous voulez vraiment la démocratie en Iran? C'est pas bon pour la nature de vos régimes. La stabilité, nous la représentons plus.

25:59

Nous pouvons être une semi-stabilité avec un régime bis, ou le chaos si vous allez plus loin." Je crois que c'est la nature profonde de leur message. - C.Roux: Quand on entend que M.Carney, le Premier ministre canadien, qui dit qu'on ne peut jamais exclure catégoriquement une participation, quand on voit que l'Australie dépêche des moyens sur place, que quasiment l'ensemble des pays européens en capacité de le faire envoient des bâtiments en Méditerranée orientale ou de l'aide aux pétromonarchies, on peut se dire que l'Iran a en partie réussi à globaliser le conflit? - N.Barotte: Il y a 2 choses. Il y a ce qu'on envoie sur place sur le plan maritime, ce que font les pays européens, et il y a une participation

26:42

dans le conflit, qui est une autre étape. Ceux qui laissent entendre l'hypothèse, c'est plus par diplomatie par rapport à D.Trump qu'autre chose. Il n'y a que l'Espagne qui a dit non clairement. Les Canadiens choisissent la prudence. - C.Roux: On fait ça pour faire plaisir à D.Trump? On envoie le Charles-de-Gaulle pour lui faire plaisir? - N.Barotte: Non. C'est pour avoir un moyen d'être sur place, donc de peser sur la discussion, d'avoir du renseignement, parce que le Charles-de-Gaulle, c'est une capacité à recueillir du renseignement, écouter, regarder... C'est le moyen d'augmenter les capacités, comme pour intercepter des drones.

27:25

Le signal politique sur l'Europe qui va être une puissance, comme le dit Macron, c'est important. Il faut être présent physiquement dans la zone. - D.Moïsi: Ce n'est pas pour faire plaisir à Trump. C'est au contraire pour démentir ses propos. "Vous nous prenez pour un minus, mais nous avons notre porte-avions. Nous pouvons jouer un rôle. Nous aussi, il faut nous prendre au sérieux." - Gal N.Richoux: Il ne faut pas oublier que ce que l'on a envoyé au Moyen-Orient, ce sont des forces essentiellement défensives, pour pouvoir défendre nos alliés. Si le Charles-de-Gaulle se déplace en Méditerranée, c'est vraisemblablement pour donner un coup de main à Israël s'ils sont bombardés par des drones extérieurs.

28:07

L'une des tactiques ou stratégies de l'Iran, c'est d'envoyer le maximum de vecteurs pour épuiser toute l'artillerie antiaérienne, des missiles qui coûtent très cher, alors qu'un drone, ça coûte pas très cher. Pour détruire des drones, rien de mieux qu'un avion ou un canon. Il en faut beaucoup. L'an passé, à partir de la Jordanie, on a aidé considérablement. - C.Roux: On voit à quel point les Européens sont sur le fil. Ce matin, on a appris que des bases françaises allaient héberger des avions américains. Finalement, il y a eu une correction, en disant que c'était la base d'Istres, et des avions ravitailleurs

28:45

uniquement. Dans un tel chaos, cette ligne tient, de dire que c'est pas notre guerre et qu'on est juste là en défensive? - Gal N.Richoux: La France est très attachée au droit international et a clairement dit qu'elle ne se joindrait pas aux Etats-Unis pour une guerre d'agression. Sur le fond, juridiquement, elle est quand même très proche de ce qui s'est passé en 2003 pour les Etats-Unis. Quelle différence avec l'invasion de l'Irak et le bombardement de 2026? On a dit clairement qu'on y participera pas.

29:27

En revanche, pour nos alliés, on défend le ciel. Il y a des chasseurs à Djibouti, en Jordanie, et maintenant, il y a 40 Rafale pour participer à la défense du ciel d'Israël. Istres, c'est pareil. Ca a été précisé que c'est uniquement pour les opérations de défense. On laisse transiter le matériel défensif et pas les vecteurs qui permettent l'attaque. - C.Roux: C'est sur le fil, en effet. - P.Allémonière: Mais la France a jugé bon de s'entretenir, la veille de cette annonce officielle, avec le ministre des Affaires étrangères iranien. Je pense que dans cette conversation, outre le fait qu'on ait sûrement parlé de nos 2 otages toujours retenus à l'ambassade, il a dû être question d'une explication de texte

30:10

autour du Charles-de-Gaulle et de ce qu'on pouvait faire en respectant nos accords de défense avec les émirats. Les Iraniens ont dit, toujours dans la bouche du ministre des Affaires étrangères, qu'ils considéraient tout acte de défense comme un acte d'agression. Quand on se sert de canons pour détruire des drones, ils peuvent le considérer comme un acte d'agression. Cette conversation était utile à ce niveau-là. Et n'oublions pas que la France aime toujours garder ce rôle d'intermédiaire potentiel entre un jusqu'au-boutisme américain et un irrédentisme iranien. - C.Roux: Comment répondre à la question que l'on se pose ce soir? Jusqu'où? Ca peut déraper ailleurs que dans les endroits qu'on a évoqués jusqu'à présent? - D.Moïsi: Il y a 2 questions: jusqu'où et jusqu'à quand? Les 2 sont étroitement liées. Spontanément, intuitivement, je dirais que quand on évoque le risque de Troisième Guerre mondiale,

31:35

il me paraît plus réel dans le conflit ukrainien que dans le conflit du Proche-Orient! Les risques de dérapage à l'est de l'Europe sont plus réels... - C.Roux: Pourquoi? - D.Moïsi: Il y a la Russie qui est impliquée. C'est une superpuissance, la seconde puissance atomique mondiale. L'Iran est trop faible. L'Iran ne peut pas entraîner dans sa mort l'ensemble du monde. Il peut entraîner dans le chaos l'ensemble de la région, mais c'est le maximum qu'il puisse faire. Une des grandes différences essentielles pour nous, c'est l'analogie avec l'Irak en 2003.

32:19

Est-ce qu'elle tient vraiment? Est-ce qu'elle est réelle? Est-ce que ce n'est pas faire injure au peuple iranien? Ce peuple a une histoire, une tradition. Un des points centraux qui limite tout cela dans nos comparaisons, c'est que ce à quoi nous assistons succède aux 8 et 9 janvier, au massacre par le régime iranien de 30 000 de ses citoyens. Personne ne veut sauver ce régime. On ne veut pas violer ouvertement le droit international. Mais aller au secours du régime au nom du droit international, c'est difficile après les 8 et 9 janvier. - P.Allémonière: J'ai un point qui complète. Le vrai risque est moins militaire qu'économique. Si cette guerre devait durer un certain temps, il y a un vrai risque de déstabilisation mondiale, pour le coup, sur le plan économique. Rappelons la Chine dans le jeu. Les Russes et les Chinois, et c'est pour ça qu'on ne parle pas de guerre mondiale militairement aujourd'hui, se tiennent à l'écart.

33:45

Les Chinois, une guerre mondiale économique, ça fait pas du tout leurs affaires. Ils reçoivent du pétrole. C'est d'ailleurs les seuls dont les navires passent encore dans le détroit d'Ormuz sans problème. Il y a encore quelques conteneurs chinois qui passent sans que les Iraniens ne les arrêtent. La Chine a un intérêt à ce que ce conflit ne devienne pas une guerre mondiale économique. - C.Roux: Et qu'elle ne dure pas trop longtemps non plus. - P.Allémonière: Rappelons également qu'une petite rencontre est prévue entre Xi Jinping et Trump

34:29

très prochainement. - C.Roux: Pour l'instant, il n'y a pas d'ultra fébrilité, disait ce matin le gouverneur de la Banque de France. Le détroit d'Ormuz a tout de même été classé aujourd'hui comme zone en opération de guerre dans le secteur maritime. - Gal N.Richoux: Le détroit d'Ormuz, 20 % du trafic maritime de gaz et de pétrole passe par là. Il est aujourd'hui fermé. C'est là qu'on voit le pouvoir de nuisance intrinsèque de l'Iran. Il est quasiment équivalent à celui des Etats-Unis. Quand vous

35:13

bloquez le détroit d'Ormuz, c'est la Terre entière que vous prenez à témoin. Peut-être qu'avec quelques dizaines de vedettes rapides, torpilles et drones, vous pouvez le maintenir fermé longtemps et avoir un vrai pouvoir de nuisance. - C.Roux: Il y a des drones très importants dans ce conflit et sa possible extension. Ce sont les drones Shahid et ça signifie "martyr" en persan. Depuis le début de la guerre, l'Iran aurait lancé plus de 2000 missiles contre Israël et les pays du Golfe. Ils peuvent parcourir jusqu'à 6500 km. - Le bruit du moteur et une puissante explosion. C'est un drone iranien qui vient de frapper cet immeuble résidentiel à Bahreïn. Un scénario qui se répète dans les pays du Golfe ces derniers jours. Ici, au-dessus d'un site pétrolier des Emirats. - L'engin a explosé! Il s'est écrasé là-bas. - Cette arme iranienne qui parvient à déjouer

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les défenses antiaériennes, c'est le Shahed-136. Un drone de 3,50 m de long, capable de voler à 185 km /h et de transporter 40 kg d'explosifs. L'Iran en a tiré plus de 2000 depuis le début de la guerre. La plupart ont été interceptés, mais une partie ont atteint leur cible, comme ici, sur une base américaine à Bahreïn. Des images qui interpellent aux Etats-Unis. - Ce qui inquiète, c'est que la défense aérienne américaine ne parvienne pas à tous les intercepter?

37:23

- Oui. Cette inquiétude grandit. - Le régime iranien, quant à lui, exhibe ses dizaines de drones Shahed sur ces images, comme un avertissement. Avec leur coût de fabrication très réduit, entre 20 000 et 50 000 dollars par unité, ils sont produits en masse, ce qui permet de saturer les défenses antiaériennes, selon cet expert. - C'est une structure très simple, avec à peu près un moteur de tondeuse à gazon. Ca permet de produire en grande série, à plusieurs dizaines, voire centaines d'exemplaires par mois. Ils sont envoyés en essaims, parfois plusieurs dizaines

38:06

de drones en même temps. Ca force l'adversaire à chercher dans tous les secteurs du ciel, en bas pour les Shahed et en haut pour les missiles balistiques. - Peu coûteux à produire mais très chers à intercepter... Pour abattre les Shahed, ce sont des missiles dont le prix peut dépasser le million de dollars qui sont utilisés. Des frappes préventives comme celle-ci semblent dérisoires pour espérer détruire des stocks estimés à plusieurs milliers de drones difficiles à localiser.

38:44

Alors, les Etats-Unis ont développé leur propre copie, cet appareil, le Lucas, un clone des Shahed utilisé une première fois pour frapper l'Iran. - Pour attaquer, au lieu d'utiliser un missile Tomahawk, on peut désormais utiliser un drone Lucas. - Mais les Américains manquent d'expérience dans les conflits de drones. L'Ukraine pourrait apporter son aide. Le président Zelensky propose son expertise en échange d'un soutien. - V.Zelensky: Si les dirigeants du Moyen-Orient parviennent à un accord avec Poutine, avec qui ils entretiennent de bonnes relations sur le plan économique, s'ils s'entendent avec lui, alors ceux qui défendent notre ciel aujourd'hui pourraient aller défendre leurs pays et les former pour se protéger des attaques iraniennes. - Le rythme des tirs de drones iraniens a sensiblement ralenti. - C.Roux: Général, ça peut durer longtemps, ce conflit, avec des moyens low cost?

40:10

- Gal N.Richoux: Je pense, oui. On a le sentiment que les Américains n'ont pas vraiment pris en compte le retour d'expérience de la guerre d'Ukraine. Ils sont partis avec la puissance traditionnelle des avions, des porte-avions. Il n'y a pas de puissance au sol, bien entendu, mais ils n'ont pas vu arriver le coup des Shahed. C'est assez fascinant. A tel point qu'ils sont obligés d'aller demander aujourd'hui à Zelensky de leur en prêter... Le drone doit être produit à quelque chose comme 30 000 ou 50 000 euros pièce. Il a 40 kg d'explosifs. Mais quand il explose, n'importe où,

40:53

l'image géopolitique qu'il donne a une parfaite symétrie entre l'intervention iranienne et l'intervention américaine. Ils saturent l'espace aérien. Ils sont très difficiles à intercepter. - C.Roux: Donc on ne peut pas les brouiller? Question. - Gal N.Richoux: Là, je ne sais pas. Honnêtement, joker! - N.Barotte: Il faut des brouilleurs au sol. Vu l'étendue de la zone, ce n'est pas simple d'avoir des brouilleurs aux bons endroits. En Ukraine, on brouille les FPV, les petits drones, mais les Shahed ne sont pas brouillés. C'est plus compliqué, vu la distance, de couper le signal. Le plus économique, c'est encore l'avion de chasse. - C.Roux: Ca veut dire que les drones Shahed posent un problème stratégique aux armées israélienne et américaine en ce moment? - N.Barotte: Ce n'est pas une vraie menace pour les Américains, dans le sens où ils sont capables d'intercepter la quasi-totalité des drones tirés

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vers leurs bases. C'est plutôt un problème politique, par rapport aux pays du Golfe qui sont menacés et où la terreur s'installe dans la population. Sans être conséquents, les dommages sont significatifs. Si une usine ou une infrastructure pétrolière est touchée, ça peut perturber l'activité. Mais militairement, ça n'a pas d'impact sur la capacité des Américains à mener leur guerre. - P.Allémonière: Mais comme vous l'avez justement dit, il n'y a que 6 % des drones et des missiles qui passent, avec les intercepteurs. La question, c'est qu'ils en ont une masse qu'on ne peut pas savoir... Vous avez diffusé des images très intéressantes, avec cet immense souterrain rempli de drones. C'est un peu comme des voitures.

43:05

Ca prend l'espace d'une automobile. Il faut donc de grands espaces. Ils sont très enterrés. Ce que font les Américains, car il y a une surveillance maximum, c'est qu'ils essayent de voir quand il y a des camions qui sortent les drones, pour essayer d'aller taper ces bunkers enterrés. On appelle ça des "villes de drones". On ne peut pas s'imaginer... C'est ça qui menace les pays du Golfe et qui fera la durée ou non de ce conflit. Ce ne sera plus finalement les missiles qu'on s'envoie de part et d'autre, à longue portée. Ce sont ces drones, qui ont une capacité de distance de 1500 km. C'est quand même énorme.

43:50

- D.Moïsi: Une question posée par le général est très importante. Pourquoi les Américains ont complètement négligé les leçons de la guerre en Ukraine? Je crois qu'il y a plusieurs raisons. La première, c'est ce qui s'est passé au Venezuela. On a réussi à retirer N.Maduro du pouvoir. encore plus triomphant et triomphaliste que d'habitude. Et puis, il y a la conviction qu'ont les Israéliens et les Américains que le régime iranien est sur le point de s'effondrer. Et puis, il y a le point décisif, probablement, qui est la percée en termes de renseignements. "Tel jour, à telle heure, il y aura le Guide suprême qui sera là, entouré de 40 des dirigeants les plus importants de l'Iran, on va les éliminer." Et comme une pyramide, le pouvoir s'effondrera... Voilà, ça suffit. C'est l'hubris...

45:09

On peut peut-être ajouter une 4e raison: il a besoin de cette guerre par rapport à l'affaire Epstein ou ce qui se passe aux Etats-Unis. - C.Roux: Et puis il y a l'histoire. Je parle sous votre contrôle, car aux Etats-Unis, quand on parle de l'Iran, on revient à l'esprit de revanche par rapport à un épisode qui reste comme un traumatisme pour les Américains, la prise de l'ambassade américaine à Téhéran en 1979. Ca a été vécu, à l'époque comme une humiliation par les Américains. - 4 novembre 1979, le drapeau des Etats-Unis brûlé

45:52

devant l'ambassade américaine à Téhéran. Le régime des mollahs est au pouvoir depuis quelques mois et ses partisans prennent d'assaut l'ambassade, retenant 52 otages. Les prisonniers sont exhibés, les Etats-Unis humiliés. - Les manifestants qui prennent l'enceinte accusent les Etats-Unis d'y abriter un site d'espionnage. Mais pour l'ayatollah Khomeiny, c'est l'occasion de faire payer au président Jimmy Carter son soutien à l'ancien shah d'Iran, tout juste renversé et exilé en Amérique. - Les otages resteront jusqu'à ce que le shah nous soit renvoyé. Cela dépend de Carter.

46:37

J.Carter peut libérer les otages en extradant le shah. - Carter tente alors de faire céder le nouveau régime par la pression économique. - J.Carter: J'ordonne que nous arrêtions tout achat de pétrole à l'Iran ou devant être livré à ce pays. - Mais les sanctions ne fonctionnent pas. Après plusieurs mois, Washington lance une opération militaire qui va tourner au fiasco. 8 soldats américains sont tués et les otages ne sont pas libérés. - J.Carter: J'assume l'entière responsabilité de cette tentative de sauvetage. - Après cet échec cuisant, le Guide suprême va dicter le tempo des négociations qui aboutiront, au bout de 444 jours. Les Etats-Unis s'engagent à ne pas s'ingérer dans la politique intérieure

47:20

de l'Iran et ferment leur ambassade, qui devient un musée de l'anti-impérialisme aux mains des Gardiens de la révolution. - C.Roux: Vous voulez ajouter quelque chose à ce qui a été dit et ce que ça raconte pour les Américains? - P.Allémonière: Ca raconte que le président, dans son allocution, a fait état de cette guerre. Il fait état aussi de tous les attentats qui ont été fomentés contre les Américains pour affirmer dans son récit qu'il venge les Américains et qu'il va bien au-delà d'une simple guerre pour soutenir Israël, comme certains l'en ont accusé. M.Rubio avait dit qu'il n'avait fait que suivre les Israéliens... Il affirme que non, qu'il venge le peuple américain d'un traumatisme. Mais ce traumatisme est à prendre au sérieux.

48:01

Les Américains, pour l'instant, sont en majorité opposés à cette guerre, mais les républicains restent en majorité favorables et soutiennent Trump. Sa base Maga, à part une partie extrémiste très anti-israélienne qui frise presque le nazisme, est prête encore à le suivre et ne va pas le lâcher. - D.Moïsi: Il n'y a que 55 % des républicains qui sont en faveur de la guerre, selon certains sondages. Mais dans ce jeu d'humiliations, il y a réponse contre réponse. 1953, coup d'Etat avec l'aide de la CIA en Iran, le Premier ministre Mossadegh est renversé. Ce qui se passe en 79 est la réponse à ce qui s'est passé en 53. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est encore une réponse... Il y a ce jeu permanent. Je crois comprendre que l'ayatollah Khomeiny n'était pas, au départ, derrière cette prise de l'ambassade américaine. Il s'est rallié aux plus radicaux des étudiants, mais avec un certain recul au début. Ce n'est pas lui qui est à l'initiative. - C.Roux: La fin de l'histoire, pour les Etats-Unis et D.Trump,

49:20

c'est la chute du régime? Et le choix d'un successeur, du successeur qu'il aurait choisi de mettre au pouvoir en Iran? - Gal N.Richoux: C'est la chute rêvée. Est-ce que ce sera la chute réelle? Entre le fantasme et la réalité, il y a beaucoup. Je suis dubitatif sur les moyens mis en oeuvre par rapport aux objectifs recherchés, si toutefois ce sont les objectifs recherchés! On a du mal à savoir ce que voulait D.Trump dans cette histoire. On a l'impression qu'il a réagi au jour le jour en fonction de l'évolution de la situation

50:03

et qu'il met un peu la main dans l'engrenage maintenant. Si c'est la chute du régime, la messe n'est pas dite. Il suffit que le régime fasse un peu le gros dos et il peut encore être là pour longtemps. - D.Moïsi: Ce qui est très intéressant, c'est l'évolution du discours. Samedi dernier, Trump parle du changement de régime. Quand il voit que le régime ne s'est pas effondré après la décapitation de sa tête, il change de thème. Il met à nouveau l'accent sur le nucléaire et les missiles. C'est très évolutif.

50:45

- P.Allémonière: Au-delà du discours de Trump qui change, je crois que l'avenir du régime, s'il y a écroulement, c'est dramatique. On aura pour le coup une guerre régionale. Il y a beaucoup de minorités au sein de l'Iran. Chaque minorité veut avoir sa part du pays et de l'avenir. On risque d'avoir une configuration très explosive. - C.Roux: Et une rumeur aux Etats-Unis consiste à dire que les Américains sont en train d'armer les Kurdes, justement pour jouer la division, pour faire tomber le régime. - P.Allémonière: Il y a effectivement des rumeurs, comme quoi les Kurdes seraient rentrés à l'intérieur... Mais ce n'est pas la seule milice armée.

51:29

Il y a les Baloutches à un autre endroit. Si le régime s'effondre, on risque de se retrouver avec un vrai chaos. - C.Roux: Aux Etats-Unis, il est l'un de ceux qui ont toujours poussé pour une intervention contre l'Iran, adepte de ce que l'on a longuement appelé la stratégie de la pression maximale. J.Bolton est l'ancien conseiller à la sécurité de D.Trump, désormais critique envers le chef de la Maison-Blanche. Il faut dire qu'il a été limogé avant la fin du 1er mandat. Il encourage le président américain à frapper jusqu'à la chute du régime. - Il fait partie de ceux qui ont toujours plaidé pour une intervention américaine en Iran.

52:13

J.Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de D.Trump, devenu l'un de ses opposants notoires, n'a aucun doute sur le fait que ce sont les Etats-Unis et non pas Israël qui sont à l'initiative de cette guerre. Une opération qu'il juge toutefois mal préparée par l'administration américaine. - J.Bolton: Tout ce qui se passe dans l'administration Trump vient d'abord de D.Trump lui-même. Je connais Bibi Nétanyahou Depuis longtemps. C'est probablement la seule personne qui a réfléchi plus longtemps que moi à la question d'un changement de régime en Iran. Je n'ai aucun doute sur la recommandation que Nétanyahou a faite à Trump.

52:57

Mais au bout du compte, c'est Trump qui a accepté. Reste que l'administration n'a pas préparé l'opinion publique aux Etats-Unis, ni le Congrès, ni les alliés. Et rien ne permet d'affirmer qu'elle a suffisamment travaillé avec l'opposition iranienne, qui a pourtant un rôle crucial à jouer. - Un conflit qui met D.Trump face à ses contradictions. Terminées, pour l'instant, les déclarations sur un changement de régime comme celle de samedi dernier. - D.Trump: Iraniens, prenez le contrôle de votre pays et nous serons là. Je vous en ai fait la promesse et je la tiens. - Quant aux négociations avec le pouvoir iranien, c'est un coup oui, un coup non. - J.Bolton: C'est du Trump! C'est typiquement Trump. Il n'a pas de philosophie.

53:39

Il n'a pas de grande stratégie en matière de sécurité nationale. Il ne fait pas de politique au sens où nous l'entendons habituellement. Il agit au cas par cas. Il improvise au fur et à mesure. Est-ce qu'il prend ses décisions en connaissant les différentes options qui s'offrent à lui et en choisissant parmi elles? Ou bien est-ce qu'il se contente de dire "nous allons faire ça", en laissant à ses principaux conseillers le choix de comment procéder? - Mais la pression s'accentue. Seulement 27 % des Américains approuvent l'opération militaire en Iran.

54:23

Ce lundi, D.Trump a déclaré ceci. Les télévisions américaines diffusent en boucle les visages des 1ers soldats morts au combat. L'embarras gagne jusqu'au vice-président. - J.Bolton: La position de J.D.Vance est aujourd'hui difficile au sein de l'administration. S'il défend le président et sa politique, la frange isolationniste du mouvement Maga ne le soutiendra probablement pas pour l'investiture américaine en 2028. S'il ne défend pas les décisions du président, Trump risque de se retourner contre lui. Peut-être J.D.Vance pensait-il que Trump resterait fortement attaché à l'idée de ne pas lancer une nouvelle guerre. Tout ce que je peux lui dire, c'est: bienvenue dans l'administration Trump!

55:04

- J.Bolton recommande aujourd'hui de ne pas se limiter à la destruction du programme nucléaire iranien et alerte sur le risque terroriste que fait peser l'Iran sur le reste du monde. - J.Bolton: Si on veut mettre fin au problème, il faut faire disparaître le régime iranien lui-même. Aux Etats-Unis, ils ont essayé d'assassiner des membres de la diaspora iranienne. Ils ont aussi essayé de m'assassiner, ainsi que le président Trump et d'autres. Ils ont aussi mené des attaques terroristes en Europe ces dernières années. La menace pourrait encore y exister aujourd'hui. - C.Roux: Ira-t-il au bout cette fois-ci? C'est la question que pose J.Bolton. Vous parliez tout à l'heure de la stratégie israélienne et de la stratégie américaine. Peut-il y avoir une stratégie conjointe

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de la part des 2 pour aller au bout? - P.Allémonière: J.Bolton l'a dit: "Trump n'a pas de stratégie." En tout cas, le président Trump n'a pas de stratégie. Il faut apprendre à parler le Trump. Il réagit en fonction du moment et de ce qu'il voit. A côté de lui, il a B.Nétanyahou, qui a une vraie stratégie. Ca fait 40 ans, en tout cas une bonne vingtaine d'années que cet homme se prépare à cette lutte finale avec le régime iranien. Pour lui, c'est existentiel.

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Il n'a cessé de tout mettre en oeuvre autour de cette lutte finale. Il a alerté les Israéliens, même s'ils étaient alertés avant. Il a lancé son pays dans cette guerre existentielle et les Israéliens le suivent, alors que les Américains ne suivent pas D.Trump parce qu'il n'a pas de stratégie. - C.Roux: Donc Nétanyahou à l'avantage pour conduire les opérations? - D.Moïsi: Les ayatollahs n'ont jamais appelé à la disparition des Etats-Unis. Ils ont appelé à la disparition de l'entité sioniste. Il y a donc une sorte de logique.

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Il y avait en fait une contradiction fondamentale. Les Iraniens voulaient absolument le nucléaire et ils rendaient impossible l'acceptation qu'ils aient le nucléaire par le monde, parce qu'on pensait qu'ils risquaient de s'en servir vis-à-vis d'un Etat dont ils niaient la légitimité. - C.Roux: A l'instant, l'Iran ne réclame ni cessez-le-feu ni négociations. On parlait de la volonté d'aller jusqu'au bout des Iraniens, on en a la confirmation. On en vient à vos questions. Question. - Gal N.Richoux: On n'en est pas là. Ca risque d'être une zone contrôlée par Israël, dans un premier temps. Je pense que dans la durée, Israël voudra contenir le Hezbollah jusqu'au fleuve Litani, jusqu'à la preuve que l'armée libanaise soit capable de prendre en compte cette zone. Ce n'est pas demain la veille. C'est peut-être pour ça aussi que l'aide française est arrivée. - D.Moïsi: Certainement pas. Les habitants de Sud-Liban peuvent aller au Liban. Les habitants de Gaza ne pouvaient aller nulle part. - C.Roux: Question. - N.Barotte: Ils sont censés accompagner les forces armées

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libanaises pour désarmer le Hezbollah. On fait le monitoring de ce qui se passe le long de la frontière du Litani. Avec les autres Casques bleus, ils vont accompagner les Libanais qui sont censés reprendre le contrôle de cette zone. Si Israël va dans cet espace et affaiblit l'armée libanaise, ça empêche le Liban de reprendre le contrôle de son territoire et la situation se détériore. A long terme, il y a un enjeu problématique. - C.Roux: C'est pour ça que le président Macron parle d'erreurs stratégiques à propos d'Israël. Le président du Liban a appelé la France à faire pression sur les Israéliens pour éviter une incursion terrestre et des bombardements au Sud-Liban.

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Question. - D.Moïsi: Une vraie question... Qu'il puisse s'en détourner, la probabilité est forte. Qu'il nous entraîne, nous, dans la guerre, la probabilité est faible. Je reprendrais dans la question la dernière partie, que l'Amérique pourrait se détourner. Il y a un scénario de "vénézuélisation" du traitement de l'Iran. "On a coupé la tête, bon, on se retire." - C.Roux: Question. - Gal N.Richoux: Certainement pas les forces kurdes. Elles ont une influence régionale. Elles sont massées plus dans le nord-ouest, près de la frontière turque et syrienne, entre l'Irak et l'Iran. Elles n'ont pas les moyens d'aller libérer Téhéran.

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Ce qu'il faudrait pour cela, ce sont des troupes au sol, soit américaines, soit un conseil national de la résistance avec des troupes armées et capables de faire le job. C'est quelque chose qu'on n'a pas vu jusqu'à présent, y compris pendant les événements de janvier. Les forces kurdes à elles seules ne peuvent pas être la solution. - C.Roux: On parlait des troupes au sol, ça fait partie des déclarations de D.Trump, qu'il n'exclut pas. - Gal N.Richoux: J.Bolton parle de faire disparaître le régime, je ne vois pas comment on peut y parvenir sans troupes au sol. Et il faudrait alors des centaines de milliers de personnes, comme en Irak en 2003. Il faut des mois pour mettre ça en place. - C.Roux: Question. - N.Barotte: Non. On joue un rôle de partenaire.

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On a un accord de défense et on l'honore. C'est aussi un signal politique envoyé aux émirats. Mais comparé à la protection que les Américains peuvent fournir, ce qu'on fournit en France est très faible. On peut protéger nos entreprises, faire de la surveillance indépendante. - C.Roux: Mais on entend beaucoup ces dernières heures "honorer nos accords de défense", ça veut dire quoi? - N.Barotte: Ca veut dire pouvoir envoyer, à la demande des Emiratis, encore faut-il qu'ils demandent... Envoyer des moyens militaires supplémentaires. De quel ordre? Ca peut être de l'assistance, de la logistique, de la lutte antidrones... Le signal est aussi politique globalement. Les Russes et les Chinois n'aident pas les Iraniens, les Européens honorent leurs engagements envers leurs partenaires. C'est une façon de montrer que les Européens ont une parole. - C.Roux: Et sont des partenaires fiables. Question. On pose cette question sur le plateau depuis le début du conflit... Pour l'instant, elles appellent régulièrement

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au cessez-le-feu. - P.Allémonière: Les monarchies du Golfe ne vont pas bouger, pour l'instant. Effectivement, elles ont des avions, des chars, puisqu'on leur a vendu des Rafale, des canons Caesar... Mais pour l'instant, elles veulent essayer d'offrir un front commun sur le plan diplomatique, pas un front militaire. - C.Roux: Question. - Gal N.Richoux: Je pense que les Iraniens n'ont pas l'intention, en tout cas les chiites durs du régime, de baisser la garde, quoi qu'il arrive. Mais ils ont encore des drones. - C.Roux: Merci à tous les 4. C'est la fin de cette émission.

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Il est l'heure de retrouver toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir. Au programme, M.Houellebecq, A.Karembeu, D.Schelcher, directeur général de la Coopérative U qui a augmenté ses prix à la pompe.