L'édito de Paul Sugy : «Retraites : Emmanuel Macron reconnaît son maigre bilan»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La politique avec vous. Paul Suji, journaliste au Figaro. Bonjour Paul.
Bonjour Romain. Dans son interview hier soir sur France 2, Emmanuel Macron a reconnu pour la première fois que ce que son bilan laissé à désirer. Oui, c'est un exercice difficile pour le chef de l'État de parler de bilan et de commencer à esquisser le moment où il ne sera plus là.
Il s'y livre assez rarement. Il était bien obligé de le faire quand on l'interrogeait sur notamment la question des retraites et c'est vrai qu'il ne pouvait que reconnaître en faisant le point que le compte n'y était pas. Euh Emmanuel Macron a donc répondu euh sur France 2 que ceux qui viendront après lui, là aussi c'est rare de l'entendre parler de l'après lui-même, devront reprendre le chantier des retraites qui sont euh selon lui euh l'une des choses continues de penser la plus efficace et pertinente pour réduire les dépenses et notamment les dépenses sociales.
Alors, il a une manière assez curieuse de réécrire l'histoire euh de l'abrogation de la mesure d'âge sur la réforme des retraites. Bon, il dit pudiquement je n'ai pas été suivi en totalité sur la question des retraites. Ça, c'est certain qu'on peut lui reconnaître.
Mais il dit ensuite qu'il n'a pu que constater que euh sa réforme était refusée par la majorité parlementaires sortie des urnes en 2024. Or précisément, il n'y avait pas de majorité, c'était bien le problème et il oublie de rappeler au passage que c'est son premier ministre et certainement avec son accord qui a proposé de mettre le sujet des retraites sur la table pour obtenir un accord de non censure avec les socialistes. Bon, et il dit qu'il le déplore à titre personnel mais enfin c'est la vie démocratique.
Oui, enfin bon démocratie c'est aussi quand le président élu par les Français peut mener à bien son agenda des réformes forcé de reconnaître que ça n'a pas pu être le cas sur ce second quinquena. Sauf que lorsqu'il était en campagne, il s'était engagé par deux fois à revoir le système des retraites en profondeur. Il l'avait promis.
Mais il avait promis. Alors une première fois, on se souvient, il fallait un système universel, disait-il, pour éviter que le système fragmenté que la France connaît depuis plusieurs dizaines d'années et bien continue de brouiller un petit peu la compréhension et la lisibilité du système des retraites. Ça a été stoppé net par le Covid et il n'est plus jamais revenu sur ce système universel.
Il a ensuite pendant son second quinquena mené à bien avec un peu de courage, il faut le dire, face à la foule qui ne désemplissait pas la réforme de l'âge légal de départ pour le porter à 64 ans. Mais enfin, il a dissou l'Assemblée nationale et ensuite pour trouver un compromis budgétaire avec les socialistes, il a envoyé cette réforme par pertes et profit à la fin du compte et ben de quinquena pour rien. Alors, on attendait une promesse de réforme disruptive comme on dit.
On a du mal à les voir à l'arrivée. C'était vous allez voir ce que vous allez voir et on voit rien. Alors si on est juste avec Emmanuel Macron, on peut lui reconnaître qu'il y a eu deux réformes importantes en tout début de premier quinquena. celle de l'assurance chômage et du code du travail qui ont eu un vrai effet à l'époque sur l'emploi.
Depuis, malheureusement, la croissance est restée moroseuse et les dépenses publiques, elles sont en hausse continue. Surtout les dépenses sociales qui sont celles on le sait, qui grèvent le plus notre budget aujourd'hui et pour lesquels Emmanuel Macron a effectivement beaucoup d'ambitions et en réalité peu de réalisation à l'arrivée. Il y a peut-être un malentendu dès le départ, c'est que les Français ont peut-être le sentiment d'avoir élu Emmanuel Macron sur un agenda de réforme.
En réalité, le président de la République a toujours été élu uniquement sur une posture, celle d'être le rempart contre le Front National ou le Rassemblant national. Et on voit à l'arrivée qu'en définitive, on ne peut pas être les deux. On peut pas être le président réformateur ou celui qui essaie d'empêcher l'arrivée au pouvoir du RA national.
L'avertissement vaut aussi pour les successeurs. C'est l'épine dans le pied du macronisme que de confondre au fond deux objectifs politiques incompatibles entre eux. Euh si le futur euh candidat qui représentera, qui essaiera de rassembler le bloc central euh en temps en premier lieu euh être un rempart contre l'extrême droite, il sera de nouveau obligé de s'allier avec la gauche et l'extrême gauche et à ce moment-là de renoncer à toute ambition pour le pays.
Emmanuel Macron