Marine Le Pen, l'heure de vérité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, [musique] la France dans tous ces États. Marine Le Pen de retour devant les juges. Le procès en appel de l'affaire des assistants parlementaires européens s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'appel de Paris.
Lors du premier jugement rendu fin mars 2025, Marine Le Pen avait été condamné à 5 ans d'inéligibilité immédiate ainsi que 4 ans de prison dont deux fermes et 100000 € d'amende. Une sanction que qui si elle été confirmée en appel l'empêcherait de se présenter à l'élection présidentielle en 2027. On en parle avec maître Gilbert Collard.
Bonjour maître. Oui, bonjour. Bonjour maître Collard, merci d'être sur Sud Radio.
Aujourd'hui, je commence par vous poser une question. Je pose une question à l'homme de loi. Est-ce qu'il est normal de façon institutionnelle et de façon démocratique que trois magistrats, trois fonctionnaires de la justice décident de l'avenir politique du peuple français et le pouvoir de décider si le peuple français pourra ou pas s'exprimer sur le choix d'un candidat ?
Est-ce que la l'autorité judiciaire ainsi que la définition générale de Gaulle marche un petit peu sur les plat de bandes des deux autres pouvoirs, du législatif, de l'exécutif, tout simplement de la République ? C'est clair. À partir du moment où trois magistrats, voire deux peut-être parce qu'on ne sait pas exactement comment les votes se répartissent.
En France, contrairement à l'Espagne, on ne sait pas dans quel sens les juges qui composent la juridiction votent. Ce qui est dommage entre nous du reste, hein, c'est absolument inimaginable que trois juges censés jugés au nom du peuple français en plus aille contre la volonté électorale d'un peuple qui veut une candidate. Moi, je trouve ça de l'ordre de ce que Tocville appelait la démocratie autoritaire.
Ce n'est pas concevable. Mais attention attention le juge a le pouvoir sur le politique parce que le politique a bêtement et sacrificiellement donné ce pouvoir au juge. Alors, ça nous renvoie aussi à l'irresponsabilité institutionnelle des politiques qui donnent des pouvoirs qui finalement sont nucléaires sur le plan démocratique à des juges qui ne devraient pas avoir ses pouvoirs parce que ça fait tomber le mur de la séparation des pouvoirs.
Je crois que c'est une évidence. Ce qui est curieux, maître Connard, et ce sont bien entendu des parlementaires des des j'allais dire des responsabilités politiques qui ont décidé que les tribunaux auraient le droit désormais de valider ou pas l'éligibilité d'un représentant d'un représentant du peuple ou d'un candidat. Ça a été validé par un vote à l'Assemblée nationale comme vous le dites nous assumons totalement.
Pour autant, c'est curieux que le Conseil constitutionnel si susceptible sur des questions de compétences et de constitutionnalité est pas trouvé à redire à cette occasion en disant attention, il y a atteinte au pouvoir à la souveraineté du peuple. Alors, on aurait pu s'attendre à ce que le Conseil constitutionnel pour le coup défende la Constitution en disant attention effectivement il y a atteinte à la séparation des pouvoirs si chers à Montesc et qui est quand même le fondement de la vie démocratique. Alors, le Conseil constitutionnel a simplement dit que le juge doit veiller, je le cite, à la préservation de la liberté de l'électeur dans sa décision.
Alors là, euh, ça veut dire quoi ? Au moment où le juge prononcerait une décision d'inéligibilité, comment veillerait-il à la préservation de la liberté de l'électeur ? Non, il piétinerait.
Alors, il y a quand même cette mise en garde du Conseil constitutionnel qui peut à mon avis peser sur les juges d'appel parce que c'est Oui, je vous en prie. Non, non, non, non. Je disais pour pour autant, ils vont ils vont devoir se prononcer.
Alors là, on se pose la question. Marine Le Pen a été condamnée en première instance avec une exécution immédiate. Est-ce que le juge quand il prend sa décision, il la présidente présidente a motivé en disant "Nous faisons l'exécution immédiate et l'éigibilité parce que quelqu'un qu'aurait été condamné, nous considérons qu'il ne peut pas se présenter.
C'est une valeur morale. On n'est pas dans une valeur juridique, on est dans une valeur morale. Mais là, on est dans on est dans ce qui constitue la décrépétitude de la vie judiciaire française.
C'est l'idéologisation de de la justice et du droit. C'est la né, moi je me rappelle nos nos vieux maîtres de philosophie du droit euh nous disaient que le juge n'a pas à faire la morale. C'est pas son rôle.
Il n'est pas il n'est pas là pour ça. Mais mais alors on a maintenant une génération de magistrats et c'est moins rare en cours d'appel quand même hein où on a beaucoup plus de de de rigueur juridique. C'est moins rare hein.
Mais attention ça peut arriver hein. On a des juges qui font la morale des des des curés de la magistrature. Il vous ils invent d'atteinte à l'ordre public démocratique. ce ce qui n'est pas dans la loi, qui n'est pas dans les textes, mais qui est dans la tête d'un juge.
Quand on lit le jugement de première instance, on a l'impression de lire un article du monde. Si vous voyez ce que je veux dire, tout à fait. D'ailleurs, j'allais vous poser la question.
Est-ce que le juge à ce moment-là ne considère pas que il y a un discrédit sur la place politique, jeis dire un désamour du peuple envers la classe politique. Les politiciens ne font plus leur métier, c'est nous qui allons faire le boulot proprement. Est-ce qu'on a pas cette cette image là ?
Ah non, mais il y a une alors il faud il devrait faire attention quand même parce que l'opinion publique déteste autant les juges que les hommes politiques, hein. Euh ça c'est quand même euh à signaler. Bon mais c'est vrai qu'il y a une volonté euh de d'une certaine magistrature he moi, j'aime pas généraliser euh parce que comme disait mon père, le le la généralisation c'est pour le général des consistent.
Bon donc je n'aime pas généraliser phrase très pertinente et tout à fait d'actualité. Oui, il y a il y a une vraie volonté de la part d'une certaine magistrature de remplacer le de remplacer le député, de remplacer le ministre, de remplacer le président. C'est une espèce d'euphorie du pouvoir qui est très dangereuse pour et quand même, ne l'oublions pas, Tocville tout ça l'a décrit.
Tocville l'a décrit, l'a despint, ne l'oublions pas. C'est une perversion de la démocratie. On ne l'oublie pas et c'est bien c'est bien dans la bouche de beaucoup de d'observateurs.
Euh maître Collard, si l'on va sur le fond de l'affaire, euh on a vu, j'allais dire la la stratégie de défense du du RN et de Marine Le Pen dans la première en première instance. Euh vous qui êtes avocat, euh si vous deviez la conseiller, je sais que c'est sensible pour vous, vous l'avez connu, vous avez été membre de ce parti, donc vous avez parlé avec prudence. En même temps, j'ai besoin de votre lucidité, votre franc parler.
Est-ce qu'ils doivent se maintenir dans le déni à savoir nous n'y sommes pour rien tout ça, ce sont des accusations abusives, ce n'est pas vrai ou est-ce qu'il doivent faire des concessions à la cour d'appel en disant oui, effectivement, on a pu à un moment manquer de rigueur ou manquer de sérieux parce que le financement des partis politiques est compliqué. En tout cas, faire des concessions au tribunal où est-ce qu'il faut rester droit dans ses bottes et dire ce n'est pas vrai, nous sommes totalement innocents et des victimes d'un complot. Non, moi moi si je devais alors là pour le coup, je vais je vais me mettre dans le rôle d'un avocat qui qui qui conseillerait ce que je vous demande.
J'irai sur le terrain de ce qu'on appelle en rhétorique les intermoiments. Je serai dans la concessiono. Je je je je concéderai une évidence, c'est que tout le système fonctionnait comme ça pendant des années et des années et que d'autres parties ont été confrontés au problème en plus d'autres et et que Berérou a été relaxé au motif que l'intention frauduleuse n'y était pas et que attention dans le jugement condamnant Marine Le Pen en première instance sauf erreur de ma part mais je crois qu'il y a pas d'erreur parce que Louis l'a confirmé ce matin. présidente a justifié le l'exécution immédiate par un motif, il y en a plusieurs, hein, qui serait que Marine Le Pen n'avait pas pris conscience de la gravité de l'infraction.
Mais si elle a pas pris conscience, c'est qu'il y a pas intention, c'est qu'il y a pas lucidité, c'est a pas c'est qu'il y a pas On est d'accord si tent que ça soit vrai. Si tentez que ça soit vrai, bien sûr, maître. Si tenter que ça soit vrai évidemment bien sûr bien évidemment mais là on est là on est dans le raisonnement juridique he on est dans l'exercice en quelque sorte mais c'est c'était je veux dire que tout le parlement européen a fonctionné comme ça pendant des années des années et des années.
On pourrait même faire des procès postmortels. Oui mais c'est quand même franchement vous vous savez bien mettre que depuis l'affaire Fillon on a vu qu'avec quelle promptitude et quelle et quelle j'allais dire véhémence la justice se saisit quelquefois de certains dossiers politiques. Pour autant, si la condamnation est confirmée, que l'ingibilité est confirmée, est-ce que le plan B que nous connaissons aujourd'hui avec Jordan Bardella est un plan jouable ou c'est très risqué ou quelque part, comme le diraient certains sondages, peut-être que Jordan Bardella aurait même plus de chance de de l'emporter en 2027 que Marine Le Pen.
Quelle est votre sensibilité, sensation ? Moi, moi je je me méfie énormément de de ce que Audiar appelé le thermomètre qu'on met dans le cul du peuple, à savoir le sondage, hein. Je je m'en méfie. beaucoup mais je fais partie de ces juristes, j'en ai quelques-uns à considérer que Marine Le Pen, si elle a ses 500 signatures, pourrait se présenter.
Qui qui va dire si elle a les 500 signatures qu'elle n'a pas le droit de se présenter ? Alors, une fois qu'elle sera élue, si elle est élue, qui va dire qu'elle est inéligible ? Nos neuf tremblotants du Conseil constitutionnel.
Je pense qu'à ce moment-là, il se souviendrait de Roland Duma et de Jacques Chirac.
Marine Le Pen