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Audition parlementaireRoger Chudeau· 16 mai 2026 39 minContradictoireFond programmatiqueNumériqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

AUDITION IA : PIERRE DUBUC, CO-FONDATEUR DE L’ENTREPRISE OPENCLASSROOMS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont vos premières observations sur l'impact de l'IA dans l'éducation et la nécessité d'investir dans la formation continue ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment concilier personnalisation des apprentissages par l'IA et maintien du collectif dans l'éducation ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelles questions vous êtes-vous posées sur l'utilisation des données pour votre assistant IA et la souveraineté cognitive ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Comment détectez-vous l'usage abusif de l'IA par les apprenants et quelles réflexions sur la valeur des certifications ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous adapté votre offre de formation continue face à la baisse d'employabilité des développeurs ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Quelle devrait être l'attitude de l'Europe ou de la France en matière de régulation face à l'accélération de l'IA ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Pierre DubucChiffre
    « Les développeurs informatiques dont on disait l'emploi garanti à vie il y a 5 ans, leur taux d'insertion professionnelle a chuté de 20 points en 1 an. »
  • 13:00Pierre DubucChiffre
    « Le tutor intelligent qui adapte la production à chaque élève génère un gain moyen de 0,15 points en écart-type en mathématiques. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien, nous y sommes. Pouvons y aller. Bon, nous pouvons y aller.

Parfait. Merci madame la rapporteur. Bien.

Bonjour à tous chers collègues. Nous poursuivons les travaux de notre émission d'information création, diffusion et acquisition des connaissances. comment l'intelligence artificielle générative transforme notre éducation et notre culture avec notre dernière audition de la matinée.

Nous avons à présent le plaisir d'accueillir le représentant d'une des entreprises de pointe de l'intégration du numérique et de l'IA dans son modèle économique et en l'occurrence dans son offre de formation. Monsieur Pierre Dub, bienvenue. Vous êtes le dirigeant d'Open Classrooms que vous avez cofondé avec monsieur Mathieu Nébra.

Euh celui-ci n'étant malheureusement pas disponible aujourd'hui pour être des nôtres pour cette audition. Nous vous remercions donc pour votre présence. Open Classrooms est aujourd'hui l'une des l'un des plus importants acteurs de la formation en ligne à la croisée de l'enseignement supérieur et de la formation continue.

Votre entreprise propose des formations certifiantes qui portent notamment sur la programmation informatique et sur le numérique. Cela fait écho à l'enjeu déjà abordé au cours des travaux de notre mission de former le plus largement possible la population ALIA. Si ces outils sont d'une appropriation facile et c'est là leur grand atout, il est en effet nécessaire d'en comprendre le fonctionnement y compris d'ailleurs pour pour en identifier les limites et ne et pour ne pas leur déléguer l'ensemble de notre activité cognitive.

Vous nous direz donc si vous avez des premières observations à formuler à ce sujet. La solution est-elle d'investir davantage dans la formation continue tout au long de la vie qui a l'avantage de pouvoir s'adapter à l'évolution particulièrement rapide de cette technologie et est en tout cas certain que l'école ne peut pas tout. Bon, j'avais des tas d'autres questions à vous poser, mais étant donné qu'on a déjà mangé un petit peu de votre temps, je vais directement vous passer la parole euh pour laisser euh aussi à madame Calvest le rapporteur deition le temps de vous de de vous poser des questions qu'elle a préparé à votre attention.

Donc, vous avez 5 à 10 minutes si vous voulez bien préliminaire et ensuite nous engageons l'échange avec madame Cette. Je vous en prie. Parfait.

Merci beaucoup. Bonjour monsieur le président, madame la rapporteur, mes madames et messieurs les députés. Je suis ravi d'être ici.

Merci pour l'invitation. Je vais faire des un petit propos liminaire relativement court pour pouvoir engager la conversation rapidement et j'ai la chance du coup de diriger euh effectivement une entreprise à mission Open Classroom. J'ai créé une quinzaine d'années en France qui est à la fois une tech donc une société technologique et d'éducation.

C'est une école aussi française et c'est devenu maintenant une université américaine puisque maintenant je suis basé à New York depuis 5 ans. Donc j'ai un point de vue assez intéressant entre la France et les États-Unis donc sur les au confluent des deux des deux cultures. une culture américaine avec un optimisme et une ambition technologique impressionnante, voire déroutante et une prudence mesurée à la française ou à l'européenne.

Et donc européen français, je me sens ambassadeur de la mise en place de garde de fou quant au développement et à l'usage de l'IA, en particulier pour les publics les plus fragiles, mais aussi pour encadrer et protéger les secteurs stratégiques comme la défense ou l'éducation et la santé. et à la fois résident américain, je ne peux que constater l'accélération colossale et l'avance technologique et d'investissement que les États-Unis ont acquis. J'étais à San Francisco il y a 15 jours pour une conférence.

La majorité des publicités que que j'ai remarqué dans la rue sont sur des nouveaux services portés par l'IA. Vous croisez une voiture autonome VMO sans pilote, sans chauffeur à tous les coins de rue. Un chercheur expérimenté en IA aujourd'hui est embauché par Open AI ou entropique à une rémunération qui va jusqu'à 10 millions de dollars par an.

Euh LIA est en train d'être massivement adopté [grognement] et l'impact sur les métiers est déjà visible. Pour vous donner une première statistique, les développeurs informatiques dont on disait l'emploi garanti à vie il y a 5 ans, leur taux d'insertion professionnelle a chuté de 20 points en 1 an. Ouis.

Aujourd'hui, selon Stanford, aujourd'hui justement un diplômé de Stanford en informatique a du mal à trouver un emploi quand même. Donc il se passe quand même quelque chose de d'impressionnant. Donc je pense qu'il y a une nécessité de mesure et de protection de nos intérêts, de notre souveraineté.

Mais dans un marché globalisé, l'adaptation c'est vraiment une question de survie. Et donc la question de la souveraineté technologique et la souveraineté des compétences et souveraineté je dirais quasiment cognitive et intellectuel, je pense ça va faire l'objet de nos nos discussions. Très bien.

Merci beaucoup monsieur Dub pour cette introduction sans part direct cache direct qui nous qui nous met tout de suite au cœur du sujet. Madame la rapporteur vous avez la parole. Merci monsieur le président.

Je vais me permettre de reprendre une des questions qui pouvait être dans votre introduction et qui me tient à cœur également qui est sur la question de le la personnalisation des apprentissages qui a été permis par le numérique et encore plus par les outils d'intelligence artificielle peut se révéler enthousiasment et comment combiner ces avantages de personnalisation qui peuvent aller justement combler des besoins particuliers parce qu'on a tous sans doute un cerveau différent. comment on peut le combiner avec le vivre ensemble, c'est-à-dire comment on peut combiner cette personnalisation, cette forte individualisation, mais faire que ces apprentissages et cette acquisition de compétences n'aillent pas à l'encontre d'échange collectif et de vie dans la société. Est-ce qu'on peut rester dans le même monde, même en apprenant différemment ?

C'est une excellente question. Alors déjà la première chose c'est que on sait par la recherche académique que l'individualisation et notamment l'accompagnement par du tutor individuel en éducation cela fonctionne mieux. Donc c'est les travaux de Benjamin Bloom depuis très longtemps.

Plus récemment, on commence à avoir de la recherche académique qui sort sur le gain académique de l'usage d'un tutora intelligent par Chatbot, un assistant pédagogique avec de lien dedans. Ce tuteur intelligent donc selon le conseil de l'analyse académique économique pardon, le tutor intelligent qui adapte la production à chaque élève génère un gain moyen de 0 15 points en écart-type en mathématiques par exemple. On a des travaux de Stanford aussi commencé à sortir.

Donc on sent que il y a un intérêt. Euh ça peut être utile euh LIA pour pouvoir améliorer euh la progression pédagogique, l'accélérer et monter le niveau. Donc ça c'est positif quand même.

Maintenant effectivement LIA nous permet d'individualiser comme on n jamais pu le faire. C'était difficile de mettre un professeur derrière chaque élève pour des raisons pratiques et économiques. Et maintenant, c'est l'équivalent d'avoir quasiment un bout de professeur, peut-être un précepteur en tout cas individuel derrière chaque chaque élève, chaque étudiant.

Le problème effectivement, c'est que l'hyperindividualisation peut-être le risque c'est de perdre le collectif. Donc il faut mixer ça, c'est-à-dire que euh à la fois par exemple chez nous, chez Open Classrooms dans un cursus pédagogique diplômant, on va utiliser un assistant pédagogique par LIA pour que la personne puisse poser ses questions et interagir de façon dynamique tout au long de son apprentissage n'importe quel moment de façon illimitée en s'adaptant du coup à à son profil et à sa façon de travailler. et à la fois on va avoir du mentorat individuel humain, des regroupements collectifs aussi et donc c'est ce mix d'approche pédagogique qui je pense va créer va créer l'efficacité.

On croit beaucoup aussi à l'alternance, à l'apprentissage puisque en période en entreprise, en tout cas en enseignement supérieur, en formation professionnelle, on crée le collectif aussi. une entreprise ou ou une organisation, c'est un collectif d'humain avec des valeurs et une mission et une vision partagée. Donc ça c'est aussi intéressant et la classe au niveau scolaire, bah c'est aussi un élément à conserver et à dynamiser. continuer le collectif et et je tiens à dire là-dessus que les tenants euh technologique de l'IA que sont les États-Unis dans le monde occidental en tout cas ont une vision du monde un petit peu plus individualistique et donc la technologie elle est aussi une forme de codification de leur valeur sociale et culturelle et politique.

Et ces visions, elles sont un peu plus individualistiques que celle française et européenne qui est un petit peu plus communautaire et et collective. Et donc il faut qu'on s'adapte aussi à ça dans votre offre de formation. Alors, vous nous disiez, voilà, on est reconnu comme une école en France, donc en Europe, mais aussi une université américaine.

Quelles sont les questions que vous vous êtes posé pour pouvoir établir les programmes de formation et la façon dont vous avez pu utiliser des données, notamment par exemple pour votre assistant IA qui peut [raclement de gorge] venir euh dans cette phase individuelle de l'apprentissage. Quelles sont les questions que vous vous êtes posées ? parce que vous avez dans dès votre introduction parlé de la souveraineté cognitive.

On connaît euh le le l'enjeu de l'utilisation des données pour l'entraînement de ces modèles DI. Comment vous appréhendez-vous euh en tant que patron d'OB Classroom l'intégration dans votre offre même de cette question des données ? Que donne-t-on aux IA pour en retirer quoi ?

Tout à fait. Alors euh la première chose c'est que nous utilisons déjà massivement l'IA au sein d'Open Classrooms à la fois pour faciliter l'enseignement et la formation de nos de nos étudiants, nos apprenants, l'assistant pédagogique par exemple, mais aussi par exemple pour créer les contenus pédagogiques. Aujourd'hui euh on utilise les li génératifs pour créer les contenus pédagogiques en vidéo aussi.

Maintenant, on passe à des agents vocaux, donc on où on a un échange vocal. Euh, on peut vraiment imaginer dans un temps court, je pense que d'ici à peu près 2 ans, on sera en mesure de générer individuellement un parcours diplôm complet pour une personne. Donc vous êtes intéressé par l'éducation et la culture, vous voulez apprendre, je sais pas, la data science, on va vous faire un programme complet dans le secteur dans lequel vous êtes impliqué avec le niveau de connaissance de à partir duquel vous partez, y compris en vidéo, en interaction et cetera.

Donc c'est quand même assez impressionnant et déroutant par rapport à ce que l'on fait aujourd'hui de façon classique et et sans IA. Donc ça peut être une très grosse opportunité. Néanmoins, cette génération de contenu pédagogique euh elle a une base qui sont les LLM derrière qui ont été entraînés sur des jeux de données.

Donc nous ce qu'on fait aujourd'hui c'est que on utilise cette IA générative comme outil avec derrière des humains qui sont en France qui sont des des experts pardon des experts pédagogiques sur les métiers les compétences que l'on enseigne mais aussi des ingénieurs pédagogiques, des spécialistes en sciences cognitives pour pouvoir relire et puis surtout guider et superviser l'Ah donc ça c'est quand même important. Maintenant, pour être totalement clair, est-ce que cette revue et cette supervision humaine, elle va rester très longtemps vu les avancées technologiques ? je n'en suis pas sûr.

Et à ce moment-là, on se repose encore la question d'autant plus forte de souveraineté technologique des LM sous-jacent, voire du matériel et du hardware derrière parce queon en parle parfois pas beaucoup mais en fait à la fin c'est du matériel qui est pas du tout ni construit ni opéré en Europe. Donc je dirais qu'il y a à mon échelle celui l'échelle de Open Classrooms, c'est vrai que on se sent un petit peu démuni puisque on se base à la fin sur des technologies et des services opérés par d'autres d'autres sociétés qui sont aujourd'hui principalement américaines, même si on a quand même quelques pépites françaises et et européennes, mais notre équipement général, il est quand même assez largement inférieur à à l'équipement et l'investissement américain et chinois. La disponibilité de ces outils IA européen est moins forte, mais est-ce que vous au sein d'Open Classroom, vous vous êtes donné une exigence de penser d'abord à ces outils là avant de penser des outils américains ou chinois ?

Et si oui, arrivez-vous à le faire ? Et sinon, quels sont les principaux freins ? Vous a parlé de la disponibilité, mais est-ce qu'il y a aussi d'autres freins qui existent à pouvoir implémenter dans votre offre de service des outils IA européens ?

Oui. Alors, concrètement, notre philosophie, c'est que j'aimerais pouvoir adapter notre offre et se baser sur des fournisseurs français ou à défaut européens. Par ailleurs, nous on opère aux États-Unis et le problème de la souveraineté, il est multilo c'està-dire qu'aux États-Unis, ils nous disent il faut que tes données soient stockées aux États-Unis, opérées par des services américains et l'inverse en France, ce qui est logique.

Donc il faut qu'on s'adapte des deux côtés en tant que entreprise à mission. Donc ça veut dire qu'on a créé des systèmes où on peut relativement facilement basculer d'un fournisseur à l'autre et ne pas être dépendant d'un seul fournisseur. Ça déjà c'est important en terme d'architecture.

Donc on peut passer de Open AI antropique à Mistral si on le souhaite voir euh utiliser plusieurs fournisseurs. Donc ça c'est notre philosophie technique et avec une intention de souveraineté du coup multilo suivant les clients que l'on que l'on sert. Maintenant concrètement quels sont les freins ?

J'en vois plusieurs. J'ai des freins techniques. Aujourd'hui par exemple Mistral est très fort sur la génération de textes ou de revue de texte.

Donc tout le textuel, ils sont très forts et on a vraiment une pépite en France dont on peut être fier. Maintenant, si vous voulez faire un agent vocal, aller sur la voie, voir la vidéo, aujourd'hui le leader, il s'appelle Eleven Labs et il est américain. Et pourquoi c'est le leader ?

C'est parce que il a un temps de latence de réponse en fait quand vous lui parlez qui est très court et quand vous parlez à un robot entre guillemets, si ça met 2 secondes à revenir, la conversation s'arrête assez vite en fait. Donc c'est une avance technologique qui change complètement l'usage. Et donc aujourd'hui par exemple, on utilise Eleven Laps pour la question de la génération de la voie en temps réel.

Euh on espère que euh nos pépites européennes vont euh euh se mettre au niveau là-dessus, mais aujourd'hui, il y a des freins purement technologiques d'avance technologique. Et enfin, le dernier frein, c'est la question du coût. C'est que aujourd'hui euh il y a beaucoup plus d'investissements euh aux États-Unis et en Chine.

Pour être très clair, euh Open AI perd un une somme d'argent colossal. Donc c'est ça veut dire que d'une certaine façon les prix aujourd'hui sont sponsorisés par les investissements, c'est-à-dire que ils sont pas très cher. Donc aujourd'hui, ça nous coûte moins cher aussi de travailler avec des opérateurs américains que ça soit Amazon Web Services ou ou autres que l'équivalent français aussi parce que il y a des outils plus puissants qu'il faudrait qu'on recrée à la main si on passait par un opérateur français.

Et donc à la fin, ça nous coûterait plus cher. Donc ça c'est un frein concret. Euh fabriquer en France et euh utiliser des opérateurs français, ça coûte plus cher.

Merci beaucoup. Euh tout à l'heure Pierre Debou, vous parliez de l'utilisation euh des outils. Il y a pour pouvoir proposer d'ici 2 ans un parcours complètement euh personnalisé par rapport au niveau de compétences et de connaissances. euh de la personne qui postule cette formation.

On pourrait se dire aussi, ça s'est vu, que pour répondre à des besoins de formation, le formé utilise l'IA pour pouvoir apporter ses réponses. Euh on a bien vu que c'était parfois utilisé pour donner l'équivalent de thèse, voilà, qu'on produirait en 3 minutes alors que il aurait fallu 3 ans pour le faire. Donc on a d'un côté l'utilisation des outils de LIA pour faire les modules de formation, mais de l'autre côté aussi la capacité pour les utilisateurs d'utiliser l'IA pour répondre à ce que demande la formation.

Ma question ensuite c'est dire quels sont enfin ma question est double, c'est un est-ce que vous avez pu constater et est-ce qu'on peut détecter ces utilisations à out trans d'outil IA pour répondre aux besoins de formation ? Et deuxième question, c'est quelles sont les réflexions que cela apporte sur la valeur des certifications ou des diplômes ? E donc aujourd'hui la majorité des étudiants, en tout cas en enseignement supérieur, en formation professionnelle utilise LIA.

Ça c'est un fait. On peut essayer de se battre et d'interdire l'usage de l'IA comme on a interdit l'usage de Wikipédia il y a 15 ans. C'est c'est 20.

Il faut surtout pas faire ça. Pourquoi il faut il peut faire faire ça ? Puisque c'est inexorable déjà.

La deuxième c'est que c'est très difficile de détecter euh un devoir généré par LIA. Certains vous services vous promettent ça mais c'est bidon. Euh les étudiants sont s'adaptent en plus rapidement plutôt que de faire un un devoir qui vaut 20/ 20.

Ils disent à Lia euh génère-moi un devoir qui me sera noté 16 comme ça ça passe parce que sinon ça c'est un peu trop évident. Donc tout ça c'est 20 et surtout la finalité, si moi je me positionne dans un objectif euh d'élévation du citoyen mais aussi d'insertion professionnelle, à la fin l'emploi et la compétence qui va être demandée par les employeurs, quelle est-elle ? Ça va être une productivité qui va être enrichie par l'intelligence artificielle.

Aujourd'hui, un développeur informatique qui utilise Li, il est plus productif que celui qui l'utilise pas. C'est pareil pour un comptable, c'est pareil pour une personne en marketing et cetera et cetera. Donc vous perdez en employabilité si vous n'utilisez pas l'IA.

Donc c'est le rôle des écoles et des universités de former à l'IA puisque disons que derrière l'insertion professionnelle va être facilité grâce à cela. Donc au contraire, nous on a pris le parti chez Open Classrooms d'intégrer l'IA très proactivement, de dire aux étudiants d'utiliser LIA, de les former à utiliser LIA correctement, éthiquement, avec un esprit critique. Et évidemment la question de l'évaluation de la compétence à la fin et du devoir, il faut sortir de l'évaluation du produit final, du document final.

Je vous demande une thèse écrite, un rapport, un document puisque ça c'est généré par Lia très facilement et donc on n pas vraiment moyen de le détecter. Donc nous et ça fait longtemps même avant l'explosion de l'IA qu'on avait une approche par projet et par compétence avec du mentorat individuel pour évaluer ensuite en soutenance de projets. Donc on on éévalue pas le livrable final, le fameux rapport, mais on va évaluer la méthodologie.

Comment tu es arrivé à ce résultat final ? Au lieu de de dire quel est ton rapport, ça va être plutôt prouve-moi que tu as été capable de d'arriver à ce résultat. Donc on va poser des questions du genre est-ce que tu as utilisé Lia ?

On veut que la personne nous dise oui dans la majorité des cas, il y a des exceptions, mais on veut ça puisque ça va assurer l'employabilité à la fin. Qu'est-ce que tu lui as demandé Alia ? Pourquoi tu n'as pas choisi cette solution et plutôt là-dessus ?

Comment tu as affiné son résultat ? Comment tu as vérifié la source et cetera et cetera ? Donc c'est plutôt une évaluation méthodologique de la supervision de l'IA plutôt que de la production de contenu.

Donc c'est comme ça qu'on s'assure à la fois de la bonne hygiène intellectuelle et connective aussi hein parce qu'on en parlait au début pour que la personne reste engagée et soit en supervision de l'IA et pas en délégation intégrale mais aussi qu'on s'aperçoit de la triche ou pas. Euh donc euh quand on a une personne en soutenance en vidéo enregistrée avec un évaluateur qui pose des questions méthodologiques, c'est quand même assez facile de savoir si la personne a juste fait un prompte sur chat GPT ou et ne comprend absolument rien à à toute la production. Donc c'est par ce biais là.

Mais pour être clair, notre but c'est d'avoir un taux de triche qui est inférieur au taux de triche d'un examen classique. Mais le tautrich, il est jamais de 0 %. Pourquoi ?

Puisque aujourd'hui en soutenance en vidéo, vous avez des outils qui sont intégrés directement la vidéoconférence en live. Et quand euh l'évaluateur vous pose la question sur la méthodologie, en temps réel, Lia vous dit "Voilà ce qu'il faut répondre." Donc on s'engage dans une chasse à la sour souris le chat qui est quand même pas facile.

Euh votre enfin Open Classroom est actif aussi en formation continue. Vous nous avez dit dans votre introduction, vous aviez [raclement de gorge] pu voir que les développeurs même diplômés des plus grandes universités américaines, voyent leur employabilité complètement amoindri, moins 20 enfin voilà 20 points pour les les développeurs. Alors qu'il y a quelques [raclement de gorge] années, on en faisait justement les gagnants sûr.

Euh aujourd'hui. Comment avez-vous changé euh la la l'offre de formation continue pour eux ? mais aussi pour d'autres publics en intégrant l'IA.

Est-ce que vous avez fait que certaines formations vous ne les faites plus en disant que de toute façon ça va pu être source d'emploi et comment vous avez au contraire mis deux nouveaux programmes ou des nouvelles formations en place avec cette révolution de l'intelligence artificielle ? Alors Open Classroom c'est une entreprise à mission. Notre but c'est rendre l'éducation accessible.

L'éducation qui aboutit à l'emploi. Donc on mesure notre impact social par le nombre de personnes qu'on forme et qu'on place dans l'emploi. 43000 personnes l'année dernière.

Donc l'insertion professionnelle pour nous, elle est primordiale, elle est au cœur du dispositif et donc on commence par ça. Donc pour le choix des parcours que l'on crée, on se base sur la donnée de la demande employeur, c'est-à-dire concrètement par exemple les offres d'emploi sur tel ou tel métier pour pouvoir s'adapter aux besoins du marché de l'emploi. Donc concrètement sur les développeurs informatiques, les besoins d'emploi, ils ont chuté drastiquement en l'espace de quelques années.

Donc concrètement le nombre d'offres d'emploi de développeurs informatiques, il a complètement chuté. Lors d'idée, c'est entre 50 et 75 % en quelques années. Donc c'est colossal.

Euh et par ailleurs euh les compétences derrière ces métiers de développeur ont aussi évolué et le niveau de qualification a augmenté. Donc on s'est adapté, c'est-à-dire que nous formons beaucoup moins en volume de développeurs et nous avions par exemple un parcours de développeur informatique junior niveau bac+ 2. C'est quelque chose qui progressivement est en train de plus ou moins disparaître.

En tout cas, les volumes sont en train de de baisser. Je pense qu'un jour ça va disparaître et qu'on aura des parcours plutôt au moins au niveau licence, voire principalement master. Par contre, les volumes sont moindres qu'avant.

H et donc derrière, qu'est-ce qu'on fait sur les métiers de l'informatique ou de la technologie ? On a créé des formations qui ell on le vend plutôt en poule même si les volumes sont inférieurs à avant sur la cybersécurité sur l'IA évidemment la data science les LLM donc les métiers vraiment spécialisés mais très pointus là on est sur du niveau master et plush et si je prends un peu de recul pas que sur l'informatique et et la technologie la question c'est quels sont les métiers impactés et quels sont les métiers en qu'est-ce qui reste en fait à la fin si on dit que certains métiers sont peut-être en train de disparaître ou d'être très impactés. Qu'est-ce qui reste ?

Ce qu'on observe, c'est que les métiers à colle blanc sont en train d'être lourdement impactés et en particulier les métiers à d'entrée de niveau, c'est-à-dire pour les jeunes diplômés. Alors ça c'est un peu inquiétant. On a une insertion professionnelle de nos jeunes diplômés dans le monde entier qui a chuté assez nettement depuis l'avènement de lire.

Et la connexion est assez claire, mon exemple de développeur informatique, mais c'est vrai aussi par exemple sur les métiers du juridique, du marketing et d'autres. Donc les métiers à colle blanc, ils vont être impact, ils sont en train d'être impactés. les volumes en entrée de niveau à faible niveau de qualification et d'expérience sont en train de diminuer.

Le besoin en qualification des entreprises augmente en fait. Donc là où vous aviez un métier qui demandait une licence, maintenant il faut un master. Si je simplifie, on voit après que les métiers euh à col bleue euh plus manuel, on va dire à la fois dans le contact humain ou dans vraiment euh les métiers de la construction, l'énergie, l'industrie et cetera, ce sont des métiers qui sont encore protégés voire qui ont plutôt le vent en poule, métier de la santé aussi.

Donc évidemment, nous avons suivi cette tendance chez Open Class Homes pour adapter notre catalogue de formation et de diplôme pour aller sur ces métiers en demande puisque on se base sur les les besoins des employeurs. Donc on on va sur les métiers de la santé, sur les métiers de la transition énergétique, métier de la supply chain euh et cetera et cetera. Maintenant, ma dernière remarque là-dessus, c'est mon propos est de dire les métiers à colle blanc, pas facile.

Métier à colle bleu, tout va bien. Mais je rajouterai pour combien de temps ? puisque pour rappel il y a 10 ans [raclement de gorge] notre on va dire fantasme collectif et c'est de dire que la technologie va faire des robots qui vont tout robotiser dans les usines et puis il y aura plus besoin de travailleurs dans les usines et tout le monde va devenir d'école blanc des métiers intellectuels.

Bon, pas de chance. Lia est arrivé, chat GPT et cetera. Et en fait, le premier impact, c'est l'école blanc.

Et on disait que le la différenciation humaine de l'intellect humain était la créativité, le fait de pouvoir être empathique et cetera et cetera. C'est clairement remis en cause hein. Aujourd'hui, vous générez des documents et des de la vidéo et du contenu voire de l'art à discuter qu'est-ce qu'on met derrière ça par de l'intelligence générative.

Mais en tout cas, on a un sujet de on génère de la musique, on génère on génère de la culture par l'intelligence artificielle et cetera. Euh est-ce que c'est ce qu'on souhaite ? C'est un autre débat.

Mais en tout cas ça a changé par rapport à ce qu'on disait. On disait ça va être l'école bleu qui vont être impacté. En fait c'est d'abord l'école blanc.

Mais l'école bleue dans combien de temps ? C'est quand même probable au rythme où on va que dans 5 à 10 ans, peut-être moins, on ait effectivement d'école bleu aussi qui soient impacté. Et donc la grande question c'est qu'est-ce qui reste comme métier derrière tout ça ?

Si on a besoin de beaucoup moins de volume de main d'œuvre et des gens beaucoup plus qualifiés, euh qu'est-ce qui se passe ? Je sais pas si mes collègues présentes ont des questions en particulier. [grognement] Je voulais peut-être profiter de ce moment alors pour revenir sur la question de la souveraineté entre l'Europe et et les États-Unis.

Vous nous avez dit voilà les questions et les freins que j'ai pour pouvoir implémenter des solutions aujourd'hui européenne. Quand on parle de compétence, on est sur un marché mondial, mais quel devrait être à votre sens l'attitude de l'Europe ou de la France en terme de régulation [raclement de gorge] ? parce que vous nous avez bien souligné que l'accélération est phénoménale.

Les conséquences sur l'emploi est phénoménal aussi et et touche vraiment la vie et le sens des gens. Mais comment des institutions comme l'Europe ou la France doivent pouvoir agir pour accompagner cette révolution ? Sachant que dans les autres pays, les stratégies ne sont pas forcément les mêmes en terme de souveraineté. plusieurs points.

La première, c'est je pense qu'on va dans la bonne direction avec ce qu'on a fait sur les données privées avec le RGPD ou encore le AI act au niveau européen. Je considère qu'il faut continuer dans cette voie pour protéger les publics fragiles, les secteurs stratégiques sur l'IA. Euh donc ça, on a on a été quand même assez proactif là-dessus et les États-Unis, en tout cas les États parce que les États-Unis étant fédéraux, les États comme la Californie ou New York sont en train grosso modo de suivre la tendance européenne en terme de régulation de de l'IR.

Donc ça, continuons à aller dans cette direction. Deuxième chose, en terme de souveraineté, les États-Unis et la Chine ont des positions beaucoup plus clair et strict en matière d'imposition d'une certaine souveraineté que je considère qu'en Europe, nous sommes plus timides. Par exemple, on ne m'impose pas d'utiliser Mistral ou d'autres hébergeurs.

Alors, si vous m'imposiez, je vais râer parce que ça va me coûter plus cher, mais dans quelques années, on aura un écosystème plus robuste et plus souverain. Donc, je me tire un petit peu une balle d'empire en disant ça, mais je pense que les nos marchés compétiteurs, ils ont moins froid aux yeux en terme d'imposition d'une certaine souveraineté. Alors, je pense que la réalité, c'est qu'il y a quelques années, on était un peu trop loin, on s'est rapproché.

Il faut bien doser où on met la barre, mais je pense que la barre doit être remontée sur l'imposition de l'usage et de l'hébergement en France et cetera. Et on sent d'ailleurs qu'on va dans cette directionl. Je pense qu'il faut accélérer cette remontée de l'exigence de souveraineté technologique français française et européenne.

Le dernier point, c'est sur la partie éducation et formation. H là-dessus, je suis inquiet puisque tout ce qu'on vient de dire, c'est quand même qu'il y a un bouleversement des compétences et des métiers, un risque de croissance du chômage assez clair et donc avec toutes les conséquences économiques et sociales derrière qui peuvent être quand même assez catastrophiques. Et dans le même temps, on a un déficit public qui nous a forcé à réduire les investissements de façon assez drastique sur l'apprentissage, sur l'éducation, sur la formation professionnelle, sur la formation des demandeurs d'emploi, les plans d'investissement en compéten et cetera.

Donc, on est en train de sous-investir sur les compétences et les métiers. Et aujourd'hui, on est en train de souinvestir sur les les compétences en France et globalement en Europe. Et c'est un vrai danger puisque il y a une question de souveraineté des compétences.

Euh donc c'est une question budgétaire d'une d'intention politique mais aussi c'est une question politique au niveau européen. Je pense que il faut qu'on continue à davantage accélérer le mouvement sur le référentiel de compétences au niveau européen, le référentiel des diplômes au niveau européen pour pouvoir être en maîtrise de nos diplômes, nos métiers, nos compétences et souverain de tous ces référentiels et d'avoir la mobilité européenne également assurée là-dessus. on on n'y est pas encore et objectivement sur certains aspects, on va dans le sens inverse.

Dans le sens inverse, par exemple, enfin par rapport à cette souveraineté des compétences à laquelle nous invités et puis de faire que le référentiel soit vraiment au niveau européen aujourd'hui c'est plutôt du niveau des États et vous avez noté des sens inverses que vous pouvez nous sens inverses budgétaires et et notamment en terme d'impact. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous formons moins de personnes en France qu'il y a 3 ans, par exemple, des demandeurs d'emploi sur des métiers d'avenir. On en forme moins, c'est factuel.

Donc parce que le budget a baissé, parce que la dépense publique, ce qui est tout à fait légitime. Mais dans cette transformation euh digitale, numérique, I et aussi euh climatique, on peut se poser des questions si euh et ça va pas nous créer des conséquences assez importantes dans quelques années seulement. Moi, je suis inquiet à ce niveau-là sur la question de l'insertion professionnelle de nos jeunes diplômés et des demandeurs d'emploi du chômage en terme d'adaptation des métiers et des compétences.

Très bien. Bon, c'est sur une note d'alarme que vous voulez rester. Vous aviez c'est c'est entendu, monsieur le président.

Oui, merci beaucoup monsieur Dubuc pour ce témoignage extrêmement lucide, [raclement de gorge] c'est témoignage d'un l'entrepreneur de haut niveau en formation numérique à la croisée des cultures européennes françaises si l'on veut, enfin européenne et États-Unis. Euh moi je je trouve que vos propos qui sont ceux d'un acteur directement impliqué d'un industriel si je puis dire font écho à ceux de par exemple du docteur Alexandre et de monsieur Babau que nous avons auditionné aussi avec monsieur Luc Ferry il y a pas si longtemps que ça à propos notamment de de votre idée de parcours diplômant complet individualisé. C'est ça fait exactement écho à ce qu'ils disent à savoir dans leur livre vous savez un peu polémique ne faites plus d'étude h que le modèle de formation supérieur doit évoluer d'urgence car il doit évoluer vers le tutorat vers le maintora et qui actuellement les le système universitaire français ne s'est pas du tout rendu compte de cette évolution.

Donc euh vraiment ça c'est c'est très intéressant ce que vous avez dit et puis aussi votre idée enfin votre idée euh votre assistance sur le fait que l'IA euh augmente la productivité et l'employabilité euh des agences économiques. [raclement de gorge] C'est je pense un point de vue euh roboratif enfin il est pas nouveau mais enfin il est quand même roboratif et il trouvera à non pas douter un écho dans le rapport que madame Calvez ne manquera pas de présenter prochainement à la commission au mois de juin à peu près. En tout cas, monsieur Lubuc, merci.

Merci beaucoup et bonne bonne fin de journée à tous. Merci. Merci beaucoup.

Merci chers amis. Bonne