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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 juin 2025 9 min

Le duel Philippe-Retailleau - C dans l'air 07.06.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

largement en tête au 1er tour, devant un candidat issu du bloc central. - A.de Tarlé: Question.

Il a quand même cité en exemple G.Schroder et M.Thatcher. - E.Philippe: Voilà 2 Premiers ministres, qui, affirmant clairement les choses, avec des idéologies différentes, font des réformes souvent très impopulaires, s'agissant de Thatcher, extrêmement libérales, des réformes de structure profondes qui changent la nature du marché du travail, de la politique industrielle, la nature du pays. - A.de Tarlé: Alors peut-on être populaire en revendiquant de mener des politiques impopulaires? - N.Saint-Cricq: Non.

E.Philippe a l'air de regretter qu'il n'y ait pas eu ça chez nous, en France, à un certain moment. Arriver maintenant en proposant ça, ce n'est pas populaire.

La carte qu'il joue, c'est une carte de positionnement marketing. Et il croit qu'en faisant le contraire de tous ces gens qui promettent n'importe quoi, des choses infaisables...

Il fait référence au RN version M.Le Pen. Elle dit qu'en gros, la retraite, il faut la mettre à 62 ans.

Ce qu'on appelle "la politique de gauche du RN". En gros, c'est considérer que l'on peut faire un certain nombre de choses, que le déficit n'est pas le problème, qu'il faut faire payer les riches ou je ne sais quoi. Il attaque ça pour être le centre-droit crédible.

Son livre, pour l'instant, c'est une sorte d'état des lieux. Il dit qu'il faut dire la vérité, qu'on ne peut pas à la fois hurler contre les normes et considérer que dès qu'il y a un truc qui ne va pas, il faudrait une loi...

Il dit aux Français: "Soyez cohérents, ne croyez pas que ça peut continuer comme ça." Là où il a raison, c'est que c'est véritablement une présidentielle qui a l'occasion de mettre les choses sur la table. Y compris idéologiquement, en faisant des choix.

Faire payer les riches...

Qu'est-ce qu'un riche, à partir de combien? Est-ce que les aides aux entreprises, ça a permis de faire baisser le chômage? Est-ce qu'on doit avoir une partie des retraites par capitalisation?

C'est bien, de poser ces sujets-là. Mais il faudrait peut-être qu'on arrête d'avoir envie de rêver. Si vous prenez F.Hollande, N.Sarkozy, E.Macron, les meetings, les choses qui ont été dites...

Donc il faut arrêter de rêver, sinon ça ne va pas être très drôle. C'est effectivement un positionnement risqué. Mais on a l'impression, dans les sondages, que les Français ne sont pas dupes.

Ils savent que les 35 heures, c'est bien, mais ça ne pourra pas durer. Ils savent que la retraite à 60 ans, c'est quelque chose qui ne se produira pas...

Peut-être que son effet de sérieux pourra être efficace. Mais il ne faut pas s'attendre à rêver en 2027. - A.de Tarlé: "Le Figaro" s'est amusé à parler des 2 stratégies pour la droite, celle d'E.Philippe et celle de B.Retailleau.

Quand on regarde le sondage publié cette semaine dans "Le Point", apparemment, celle de B.Retailleau marche mieux. Il a dépassé E.Philippe.

Il vaut mieux parler des "barbares" que de parler de M.Thatcher? - T.Porcher: Je n'en sais rien.

J'ai l'impression qu'il y en a un qui a la stratégie de N.Sarkozy à l'époque, aller chercher les voix du Front National, et E.Philippe, on a l'impression qu'il est assez proche de ce que nous proposait E.Macron en 2017, c'est-à-dire un programme de réformes économiques un peu dures, mais rien sur l'immigration. - A.de Tarlé: Plus d'immigration et moins de... - T.Porcher: Voilà.

Je ne vois pas comment on pourrait avoir un ticket entre les 2. Il y a une stratégie plutôt centriste proche de Macron et une autre qui ressemble un peu à celle de N.Sarkozy. - A.de Tarlé: On se demande ce qui est dans la tête d'E.Philippe quand il cite Schroder et Thatcher... - F.Ecalle: Si les Allemands n'avaient pas fait d'énormes erreurs en matière de politique énergétique, ils seraient aujourd'hui très bien.

Tout s'est joué dans les années Chirac. Il y a eu une récession en Allemagne en 2004 et 2005. Ces effets sont des effets de court terme.

Ca s'amoindrit dans le temps. Dès 2007, l'Allemagne était revenue à une croissance plus forte et avait rééquilibré ses comptes publics. A partir de ce moment, on a divergé.

J.Chirac, lui, n'a rien fait pendant ce même temps sur ce sujet. La référence à G.Schroder est très bonne.

En effet, il a perdu. Ce n'est pas comme ça qu'on gagne l'élection suivante, mais si on veut redresser les comptes publics français, c'est une bonne référence. - A.de Tarlé: J.Chirac réélu, Schroder battu, c'est l'horizon d'E.Philippe? - N.Saint-Cricq: On a toujours tendance à adorer les gens qui ne sont plus là, notamment J.Chirac, dont on peut dire qu'il a fait des choses formidables en matière de politique étrangère.

On cite sans arrêt le discours hostile à la guerre en Irak. Mais du point de vue des réformes, il ne s'est pas passé grand-chose. Je faisais référence à R.Barre pour dire que dans le programme de R.Barre, ça remonte au déluge, il y avait des réformes de structure qui étaient très dures à l'époque, mais qui auraient peut-être un peu assaini de manière à ce qu'on ne se renvoie pas sans arrêt au septennat de l'époque d'après pour faire les réformes de fond.

Certains se renvoient le truc. Il n'y a pas eu beaucoup de courage là-dedans. Maintenant, on arrive à un moment de purge, où des réformes doivent être faites, au moment le pire, où le populisme monte dans tous les pays européens, où il y a une simplification dans la vie politique en disant qu'il n'y a qu'à renvoyer les immigrés, tous les trucs qui ne tiennent pas debout, qu'on n'exclut pas les problèmes démographiques, qu'il y a des secteurs où on ne trouve pas de main-d'oeuvre, qu'il faudrait adapter la formation...

Le positionnement d'E.Philippe est difficile à tenir. Je ne suis pas d'accord avec vous.

Je pense qu'on ne sait pas quelle est la politique économique de B.Retailleau. Il ne parle pas de ça.

L'idée qu'il y ait des rapprochements entre les deux, il y en a, et qu'il y ait un pôle libéral qui incarnerait une plus grande orthodoxie sans être épouvantable, et qu'il y a un côté régalien de B.Retailleau, tout ça nous ferait