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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 22 février 2019 12 minAutoproduitActualité / polémiqueNumériqueJusticeInstitutions & élections

Liberté : la reconnaissance faciale

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00UPRFait
    « On a appris ces jours-ci que pour la première fois en France, il allait y avoir une expérimentation d'un logiciel de reconnaissance faciale. Ça va se tenir à Nice pendant le prochain carnaval, où il va y avoir une expérimentation avec notamment 1 000 cobayes. »
  • 3:00UPRFait
    « La grande question qui se pose, c'est de savoir qui va récupérer ces captations vidéo. Est-ce qu'on est certains que ça va être localisé en France ou est-ce que ça ne va pas être envoyé dans des pays étrangers, pour y nourrir des bases de données ? »
  • 9:00UPRPromesse
    « Si, un jour, nous parvenons au pouvoir, nous demanderons, nous saisirons l'ONU, nous proposerons à l'Assemblée générale de l'ONU l'adoption d'une résolution planétaire pour interdire au niveau international le puçage des êtres humains. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

(Générique) Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le 22 février 2019. Et je tiens à faire avec vous un petit point sur les questions de libertés publiques en France.

On a appris ces jours-ci que pour la première fois en France, il allait y avoir une expérimentation d'un logiciel de reconnaissance faciale. Ça va se tenir à Nice pendant le prochain carnaval, où il va y avoir une expérimentation avec notamment 1 000 cobayes, si l'on peut dire, qui vont être testés pour voir comment fonctionne ce logiciel de reconnaissance faciale. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que les caméras pointées sur la foule peuvent reconnaître à partir d'un certain nombre de points sur des visages, renvoyer ça à une base de données et ensuite reconnaître de quelle personne il s'agit, évidemment pour – normalement – traquer des personnes recherchées. Cet évènement a été décidé par le maire de Nice M. Christian Estrosi.

Et – nous dit-on – cette affaire est suivie de près par la Commission nationale informatique et libertés, la fameuse CNIL, qui est présidée par Mme Denis, qui est un éminent membre du Conseil d'État, donc un haut fonctionnaire. Alors moi, je suis quand même un peu perplexe sur cette affaire, parce qu'on ne peut pas être évidemment contre toutes les innovations technologiques. Il faut vivre avec son temps, comme dit l'adage.

Et on peut imaginer que dans certains cas, ce genre de logiciels puisse permettre de reconnaître des délinquants, de retrouver des personnes égarées, des enfants perdus. Ça peut avoir une utilité sociale incontestable. Traquer, éventuellement, des personnes recherchées.

Cela étant – cela étant –, le risque sur les libertés publiques présentes et à venir est quand même très inquiétant, parce qu'enfin, ce logiciel – paraît-il – est performant, a recours à l'intelligence artificielle, permet de reconnaître un visage même si vous portez des lunettes de soleil ou si vous vous êtes laissé pousser une barbe. Et même, le logiciel peut reconnaître un visage ayant vieilli de 20 ans. Donc si, par exemple, on recherche quelqu'un avec un physique d'il y a 20 ans, on peut retrouver le délinquant.

D'ailleurs, c'est ce que le Conseil constitutionnel pourrait ainsi faire en retrouvant le visage de M. Juppé, il y a 20 ans, lorsqu'il avait été condamné – n'est-ce pas ? – pour avoir trompé la confiance des Français.

Là ou le bât blesse, c'est que c'est un logiciel intrusif. On voit bien qu'il s'agit d'un premier pas, qui est présenté de façon badine. « Oui.

C'est seulement une expérimentation sur 1 000 personnes. Ne vous inquiétez pas. On gère ça.

Le logiciel peut reconnaître un visage en 0,2 seconde. Et donc aussitôt, les autres visages seront floutés. », etc., etc.

Ça, ce sont les propos lénifiants que l'on nous tient. Mais la question fondamentale, c'est de savoir qui est derrière ce logiciel de reconnaissance faciale et à quoi vont servir ces captations de vidéos ? Où vont-elles être entreposées ?

Et qui pourra y avoir, ensuite, accès ? Or, lorsque l'on regarde la société à laquelle M. Estrosi a confié ce premier marché, qui – paraît-il, d'ailleurs – est un marché gratuit.

C'est simplement un test grandeur nature gratuit. Faut toujours se méfier des choses gratuites. On découvre qu'il s'agit d'une société anonyme qui s'appelle Confidentia, et qui est localisée à Monaco.

Cette société est localisée à Monaco. Et quand on regarde d'un petit peu plus près, on s'aperçoit qu'elle a des ingénieurs informaticiens qui se situent à Paris, à Monaco, mais aussi à Madrid, et puis à Washington, et aussi à Tel-Aviv. Ça fait quand même penser à des services de renseignement, incontestablement.

Il est d'ailleurs notable que cette activité de reconnaissance faciale s'est beaucoup développée, d'ailleurs, aux États-Unis, notamment dans certains aéroports. La grande question qui se pose, c'est de savoir qui va récupérer ces captations vidéo. Est-ce qu'on est certains que ça va être localisé en France ou est-ce que ça ne va pas être envoyé dans des pays étrangers, pour y nourrir des bases de données ?

On ne sait pas non plus si des fichiers pourront ensuite être revendus, parce qu'on imagine assez volontiers les dérives fondamentales qu'il pourrait y avoir. On imagine très bien qu'à horizon de quelques années, toute personne puisse être reconnue et être traquée tout au long de la sainte journée. Lorsqu'elle va à son travail, lorsqu'elle prend un transport en commun, lorsqu'elle va faire des achats, le genre de rayons où elle s'arrête, voire – une librairie – quels sont les livres qu'elle achète, etc., etc.

On peut donc très bien imaginer qu'à terme, on puisse avoir ainsi des profils – par exemple – de consommateurs qui soient ensuite vendus à des sociétés, un petit peu comme c'est d'ores et déjà le cas lorsque vous allez sur Internet où, en fonction de vos recherches, on vous envoie ensuite des publicités qui correspondent à votre profil. Mais là, c'est encore beaucoup plus intrusif puisque c'est en fait...

Vous pourriez être potentiellement pisté toute la journée. Et la soirée. Et la nuit.

Il se pose donc évidemment un problème de libertés publiques. C'est-à-dire qu'il faut savoir jusqu'où on peut tolérer les innovations, les innovations technologiques qui peuvent permettre en effet d'arrêter des délinquants, de trouver des personnes recherchées, et où commence la démarche intrusive voire totalitaire qui pourrait découler de ce genre de technologies. On n'est quand même plus très loin de l'univers affolant de 1984 de George Orwell avec Big Brother.

Il y a donc la nécessité absolue – en tout cas telle est ma conviction – que le pouvoir législatif en France s'empare de cette question et fixe de façon très précise ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Il ne me paraît pas raisonnable, il ne me paraît même pas légitime que ce soit un groupe de fonctionnaires dirigés par une dame qui est au Conseil d'État...

Qui est certainement une personne de confiance, mais sa légitimité pour décider pour nous et pour les générations à venir du type d'utilisations de ce genre de technologies et du type d'utilisations de l'intelligence artificielle...

Sa légitimité est quand même extrêmement limitée. Je suis même enclin à penser que ça devrait faire l'objet d'un débat national et que ça devrait faire l'objet d'un référendum auprès des Français pour savoir ce qu'ils acceptent et ce qu'ils n'acceptent pas en matière de libertés publiques. On ne peut pas, à mon avis, tolérer que sous couvert de ces expérimentations progressives...

D'ailleurs, on n'apprend ça que par la bande, par quelques journaux. On ne sait même pas qui a donné l'autorisation, si ce n'est M. Estrosi.

Comment cela va-t-il se passer ? Où vont aller les données collectées et qu'est-ce qui nous attend pour la suite ? Je voudrais rappeler en conclusion que l'UPR est le seul parti politique français à attirer constamment l'attention de l'opinion publique et des plus hautes autorités sur ces questions de libertés publiques.

Nous avons été les seuls, et cela dès 2011, à réclamer – et je le réclame encore – l'interdiction internationale du puçage de tous les êtres humains, parce que comme pour la reconnaissance faciale, on peut toujours arguer du fait que ces pratiques, ça permettrait de retrouver des personnes, des enfants, ou des personnes très âgées victimes de maladies comme la maladie d'Alzheimer, ou des personnes perdues. On pourrait les retrouver. On peut toujours trouver des bons arguments.

Mais la question est de savoir l'équilibre entre les aspects positifs et les aspects négatifs. Nous estimons quant à nous que le puçage des êtres humains qui, malheureusement, depuis que nous l'avons dénoncé en 2011, se développe, notamment dans certaines sorties de boîtes de nuit, notamment dans certaines entreprises, notamment dans certains pays : en Australie, en Suède, par exemple. Nous, nous estimons que ce devrait faire l'objet d'une interdiction internationale.

Rappelez-vous ce que j'avais indiqué. Si, un jour, nous parvenons au pouvoir, nous demanderons, nous saisirons l'ONU, nous proposerons à l'Assemblée générale de l'ONU l'adoption d'une résolution planétaire pour interdire au niveau international le puçage des êtres humains, parce qu'il y va de la dignité des hommes et des femmes, et des enfants vivant sur terre. On ne peut pas pucer des êtres humains comme on puce des animaux.

J'ajoute qu'au-delà de ce puçage, la reconnaissance faciale est un moindre mal, mais peut donner aussi des dérives qui sont extrêmement inquiétantes. Je pense à ce qui se passe actuellement en Chine, où on apprend que depuis le 1e mai 2018, il y a des programmes de notation des personnes en fonction de leur comportement social. C'est-à-dire que si vous avez aidé une personne âgée à traverser les clous au feu rouge, si vous êtes remarqué, ça vous vaudra une note positive.

Si, en revanche, vous allez sur des sites internet qui déplaisent au régime, ça vaudra une note négative. On voit bien les dérives effrayantes qui peuvent découler aussi de l'utilisation pervertie de l'informatique qui, maintenant, fait des prodiges. Je pense donc qu'il faudrait...

Alors les Chinois feront ce qu'ils veulent. Mais je dis : « Il faudrait au minimum, s'agissant de la France, avoir sur ces questions d'intelligence artificielle un très vaste et très approfondi débat ». On aura certainement l'occasion d'y revenir dans les semaines, dans les mois qui viennent, parce que le débat, le défi de la montée en puissance de l'intelligence artificielle qui, d'ailleurs, inquiète un certain nombre de chercheurs et de scientifiques doit désormais être au cœur des préoccupations de toute personne souhaitant la liberté, la liberté des hommes sur terre, notre bien finalement le plus précieux.

J'observe d'ailleurs à cette occasion que l'UE est absolument de nul secours, et qu'il faudra bien que la France, en tant que puissance libre et souveraine, s'en empare. Vive la République et vive la France. (Générique)