Congrès du RN : Laure Lavalette, la députée du Var, estime qu'il faut "laisser [son] parti avoir ce moment démocratique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:20FerméeRéponse partielle
Est-ce que ce dispositif d'ordre est suffisant à vos yeux pour maintenir le congrès ?
- 3:01RelanceRéponse partielle
Est-ce que la sécurité de vos militants sera garantie ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Est-ce qu'en retour, vous pouvez garantir qu'aucun de vos militants n'ira à la confrontation ce week-end ?
- 4:40OuverteRéponse directe
Quel regard vous portez sur ce dispositif de sécurité ? Est-il justifié ou l'héberticide selon vous ?
- 6:21RelanceÉludée
Est-ce que vous soutenez ces mesures d'interdiction de manifester ?
- 7:34OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à toutes ces voix qui condamnent le tournant répressif inédit de cette semaine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14Invité politiqueFait
« Bien sûr, ce dispositif est assez exceptionnel. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Un congrès, c'est le moment démocratique d'un parti politique où on élit le président de ce parti, où on revote les statuts, où on va voter pour le Conseil national. »
- 1:52Invité politiqueFait
« je pense à Mme Tondelier, à M. Fort, à M. Bagayoko, veulent venir manifester, faire le pied de grue, pour intimider un peu. »
- 2:27Invité politiqueFait
« c'est de laisser aussi un parti politique, dont vous savez que la libre administration est garantie par la Constitution, avoir ce moment démocratique. »
- 2:57Invité politiqueFait
« Le fiasco de la semaine dernière, heureusement que le dispositif exceptionnel soit à Orléans et à Paris. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Je pense à cette pharmacienne qui regarde effaré sa boutique complètement dévastée. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Je pense évidemment aux députés de la France Insoumise. »
- 5:58Invité politiqueFait
« Ce qui compte, c'est qu'on juge un arbre à ses fruits quand ils étaient dans les manifestations en train de jeter de l'huile sur le feu. »
- 6:17Invité politiqueFait
« Nous sommes les seuls à n'avoir aucune responsabilité dans ce qui s'est passé la semaine dernière. »
- 7:12Invité politiqueFait
« Vous inquiétez pas, Madame Lavalette, ce week-end, c'est moi qui gère. »
- 8:14Invité politiqueFait
« 30 ans de laxisme pénal judiciaire, 30 ans de renoncement culturel, 30 ans d'immigration massive complètement dérégulée. »
- 9:56Invité politiqueChiffre
« Donc, vous supprimez parcours sup, par exemple ? »
- 10:08Invité politiquePromesse
« On a des mesures fiscales où on veut que les jeunes de moins de 30 ans soient exonérés de l'impôt sur le revenu. »
Temps de parole
- Laure Lavalette64 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 211 %
- ?5 %
≈ 11,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et Varoc, Quentin l'a fait, le 6-9. Et dans le grand entretien de cette matinale, nous recevons une des porte-parole du Rassemblement National pour l'élection présidentielle, députée du Var. Bonjour Laure Lavalette. Bonjour. Samedi dernier, 550 000 personnes manifestées partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. Une journée du 17 octobre, marquée par des violences en marge des cortèges. Environ 3 000 commerces ont été pillés ou dégradés. L'hôtel de ville de Limoges incendié, l'office de tourisme de Lyon brûlé, la préfecture de Bordeaux dégradée. Et mercredi, Gérald Darmanin a annoncé, 2 700 personnes placées en garde à vue. 217 ont été incarcérées.
Demain est annoncé l'acte 2 de ces journées de mobilisation. Et demain aussi, à Orléans, le Rassemblement National ouvre son congrès dans une ville sous tension. Nous avons de nombreuses questions à vous poser, Laure Lavalette. Et nos auditeurs et auditrices, sans doute aussi, le standard est ouvert au 01 45 24 7000. Vous pouvez également passer par l'application Radio France. Laure Lavalette, je le disais, la ville d'Orléans est sous tension. Votre congrès doit réunir 5000 militants samedi. 10 000 dimanche. Le préfet du Loiret a annoncé hier que 20 000 à 30 000 personnes venues de toute la France sont attendues samedi pour des mobilisations contre ce congrès.
Et parmi ses opposants, 2000 à 3000 aimants radicaux sont attendus à ajouter le préfet. Il a également annoncé déployer près de 3000 policiers et gendarmes. Est-ce que ce dispositif d'ordre est suffisant à vos yeux pour maintenir le congrès ?
C
'est-à-dire, est-ce que vous pouvez vous engager ce matin auprès de vos militants et leur affirmer qu'ils seront en sécurité durant ce week-end ?
Bien sûr, ce dispositif est assez exceptionnel. Quand même, on a rarement vu autant de forces de l'ordre protéger un congrès. Mais il faut quand même qu
'on
s'arrête deux secondes sur de quoi on parle. Un congrès, c'est le moment démocratique d'un parti politique où on élit le président de ce parti, où on revote les statuts, où on va voter pour le Conseil national. C'est quand même hallucinant que certaines personnalités, même politiques, je pense à Mme Tondelier, à M. Fort, à M. Bagayoko, veulent venir manifester, faire le pied de grue, pour intimider un peu.
Évidemment, ils vous avaient raison. Tous ont
bien dit, leur avalette, que l'enjeu n'était pas justement, était de ne pas perturber le congrès, simplement de manifester.
D'accord,
donc en fait, ils viennent devant pour ne pas perturber. Et puis moi, je suis danseuse au Crazy Horse. Enfin, je veux dire, on a bien vu qu'ils essayaient de coller une pression. Et on a vu d'ailleurs que certains manifestants répondaient, puisqu'on attend quand même beaucoup de monde, même des gens, j'ai l'impression, de toute l'Europe.
Est
-ce que ce n'est pas
la démocratie aussi de permettre ces
manifestations ?
La démocratie, c
'est un
congrès, vous l'avez dit, c'est aussi
des manifestations. La démocratie,
c'est de laisser aussi un parti politique, dont vous savez que la libre administration est garantie par la Constitution, avoir ce moment démocratique. Voilà, qu'on aille défiler pour la vie chère, et là, on peut être évidemment d'accord que les lycéens aillent dans la rue parce qu'ils ont des revendications qui sont légitimes, je l'entends. Qu'on essaye d'empêcher, d'intimider nos militants de venir. Voilà, du coup, ce qui est un peu dommage, je trouve, c'est que ça fait une réponse policière, ça va mobiliser beaucoup de CRS qui seront à Orléans, qui ne seront pas forcément dans les rues de France, à faire en sorte aussi que nos commerces soient protégés.
Ceci dit que le fiasco de la semaine dernière, heureusement que le dispositif exceptionnel soit à Orléans et à Paris.
Mais vous n'avez pas répondu à la question, en l'occurrence, Lors-Lavalette. Est-ce que la sécurité de vos militants sera garantie ?
Est
-ce que vous
pouvez aujourd'hui le dire ? Mais elle
l'est, les pouvoirs publics nous ont donné des garanties. Nous ont donné des garanties. Autour du Congrès, déjà, il y aura une impossibilité pour les manifestants d'arriver, donc il n'y
aura
aucun souci. Mais ça montre quand même une ambiance générale du pays que, moi, je trouve vraiment très
antidémocratique. Et est-ce qu'en retour, pour rester sur la sécurité liée au Congrès,
est-ce
qu'en retour, vous pouvez garantir qu'aucun de vos militants n'ira à la confrontation ce week
-end ?
Mais bien sûr, mais évidemment.
Qu'est-ce qui vous permet de le dire ? On n'est pas
là pour ça, parce qu'on est là, voyez-vous, pour passer un après-midi dans un village des régions tout à fait familial, convivial, où on sera très content de se retrouver entre militants.
C
'est un moment fort, c'est le lancement aussi de cette campagne présidentielle.
Le lancement officiel. Le
lancement officiel, effectivement. Je pense qu'on est partis en campagne depuis longtemps, depuis fin août à peu près. Mais voilà. Donc, nous avons toujours tenu des congrès qui se sont passés de façon très pacifique. Il n'est absolument pas raison que ça change. Encore une fois, je vous dis, moi,
il
ne me serait jamais venu à l'idée de me dire que j'allais devant le congrès du Parti Socialiste pour protester ou faire une manifestation comme le fait M. Fort.
Alors, la valette,
ça
veut dire qu'il
n'y a
aucun de vos militants qui se sent intimidés et qui ne renoncent pas à venir pendant le week-end au congrès à Orléans ?
Écoutez, pour l'instant, ça n'est pas du tout la tendance. Et moi, je pense vraiment qu'on sera en sécurité. Il y a plus de 2000 CRS qui sont déployés en plus des forces de l'ordre sur place. Je crois qu'il y aura à peu près un dispositif policier toutes forces confondues de 3000 personnes. Je veux dire, c'est quand même un dispositif exceptionnel qui garantit la sécurité de nos militants. Enfin, ce qui est quand même assez hallucinant. Le contraire serait fortement antidémocratique.
Alors,
vous l'avez évoqué, les mobilisations, elles concernent l'ensemble de la France. Lors, la valette à la demande d'Emmanuel Macron, seules les manifestations demain organisées par des syndicats seront autorisées. Elles sont d'ores et déjà interdites dans une quinzaine, une vingtaine de villes, en l'occurrence demain. Effectivement, des couvre-feux seront soit prolongés, soit mis en œuvre. Quel regard vous portez sur ce dispositif de sécurité ? Est-ce qu'il est justifié ou l'héberticide, selon vous ?
En fait, je pense que ce dispositif, il
est
en réaction au week-end de chaos qu'on a pu, évidemment, que les Français ont subi et que les commerçants ont subi, j'allais dire, dans leur chair. Moi,
je
pense à cette pharmacienne qui regarde effaré sa boutique complètement dévastée. Voilà, il
y
a une triple responsabilité dans ce qui s'est passé le week-end dernier. Il y
a
la responsabilité des émeutiers, de ceux qui ont jeté des pavés. Il y a la responsabilité politique de ceux qui ont armé moralement ceux qui ont jeté des pavés. Je pense évidemment aux députés de la France Insoumise. Ça fait quatre ans que je l'ai subi. Quatre ans qu'ils appellent à l'insurrection. Quatre ans qu'ils sont très violents. Je repense à Thomas Porte au moment de leur combat contre les retraites qui jouaient au foot avec un
ballon à l
'effigie de la tête du ministre du Travail.
Ils ont pourtant largement condamné les violences
du samedi 17 octobre en l'occurrence. Il ne suffit
pas de condamner, en fait. Ce qui compte, c'est qu'on juge un arbre à ses fruits quand ils étaient dans les manifestations en train de jeter de l'huile sur le feu. Excusez-moi de vous dire qu'ils ont armé moralement. Mais je vais vous dire, il y a aussi la responsabilité du Bloc central qui a renforcé à l'intérieur de l'hémicycle la France Insoumise puisque un député sur deux du Bloc central doit sa place à un désistement du nouveau front populaire. Donc nous sommes les seuls à n'avoir aucune responsabilité dans ce qui s'est passé la semaine dernière.
Aucune responsabilité, c'est vous qui le dites. En tout cas, justement, pour réagir à ces mesures et notamment à ces interdictions de manifester, pour être clair, est-ce que vous les soutenez ?
Moi, je soutiens les Français. Je soutiens les Français, les commerçants.
Mais sur les mesures en tant quelles ?
Les mesures, elles sont préventives parce que la France a trop souffert le week-end dernier. Quand vous avez 2000...
Vous contournez la question, encore une fois, votre aide de manière très claire.
Est
-ce que vous soutenez ces mesures
d'interdiction ? Mais quand je vous
dis ça, je le soutiens. Bien sûr, je pense qu'il faut préserver les Français. Ils ont trop souffert, encore une fois, la semaine dernière. Et puis, on peut se poser la question. J'ai demandé à M. Nunez mardi, c'est moi qui ai porté la question au gouvernement, justement, sur ce chaos et sur la faillite de l
'État... à l'Assemblée nationale
du week-end dernier. J'étais très étonnée, après avoir répondu sur Toulon, qui n'avait jamais connu des meutes et qui n'avait jamais connu de casques comme elle l'a connu Toulon la semaine dernière. Il m'a répondu, droit dans les yeux,
«
Vous inquiétez pas, Madame Lavalette, ce week-end, c'est moi qui gère. » J'ai trouvé cette réponse très étonnante. C'est-à-dire que qui était aux commandes le week-end dernier, si ça n'était pas le ministre de l'État ? Enfin, je veux dire, je suis très étonnée de cette réponse. Voilà. En fait, soit ils ont laissé faire et à ce moment-là, c'est absolument terrible, soit ils sont très mauvais et à ce moment-là, il faut qu'ils laissent les clés de la maison le plus rapidement possible.
Et dans le même temps, Laure Lavalette, que répondez-vous à toutes ces voix de plus en plus nombreuses qui s'expriment de manière de plus en plus vive et qui condamnent le tournant répressif inédit de cette semaine en réaction justement aux manifestations, au cas également du samedi 17 octobre dernier ?
Enfin, les mêmes qui condamnent ça sont ceux qui soufflent sur les braises, excusez-moi, mais quand vous avez plus de 1000 policiers qui sont blessés et qu'aucune mesure n'est prise derrière, il y a ça aussi.
Il y a aussi
des non
-politiques, des
professionnels du
droit, des
avocats, des juges qui condamnent ce tournant.
On a payé la
semaine dernière 30 ans de laxisme pénal judiciaire, 30 ans de renoncement culturel, 30 ans d'immigration massive complètement dérégulée. On a bien vu qu'il y avait des gens qui manifestaient en famille pour de bonnes raisons. On a le droit évidemment d'aller manifester contre la vigière puisqu'au bout de 10 ans de macronisme,
on
est dans un état bien moins bien qu'au début. Mais si vous voulez, les black box professionnels qui ont été en plus après rejoints par des pilleurs de banlieue, évidemment, il faut y mettre fin le plus durement et le plus fermement possible.
Vous parliez des manifestations en disant que les gens avaient toutes les raisons d'aller manifester pour, notamment contre la vie chère. Est-ce que, pourquoi le Rassemblement National n'est jamais dans ces manifestations ?
C'est vrai que ce n
'est
pas tellement notre ADN. Il y a évidemment des militants du Rassemblement National qui vont dans ces manifestations, mais c'est moins dans notre ADN.
Et
puis, moi, je suis une femme politique. Je pense que manifester, c'est bien. Il y a même un côté catharsis. Et je comprends que la solitude et la précarité dans laquelle s'est retrouvée les Français appellent aussi à ce qu'on se retrouve ensemble avec des revendications communes. Moi, je pense que la meilleure façon de faire changer les choses en démocratie, c'est évidemment le bulletin de vote. Moi, j'ai envie de dire à tous les gens, si vous avez envie que ça change, il y a une chose à faire,
c
'est de mettre un bulletin Marine Le Pen dans l'urne le 18 avril et le 2 mai, mais parce que je suis aussi une responsable politique.
Alors, ça fait réagir beaucoup nos auditeurs et auditrices. Vos propos, Laure Lavalette, Marie vous demande que propose le RN pour la jeunesse, lycéens, étudiants, jeunes désœuvrés, travailleurs, etc. Donc, ces gens, ces jeunes qui étaient dans les manifestations samedi.
Oui, vous avez raison. C'est vrai qu'on a des mesures, notamment des mesures... Alors, on peut déjà partir au niveau lycée, parce que c'est vrai que les revendications premières ont quand même commencé
au lycée. Il y a
des revendications tout à fait légitimes. Vous savez, moi, je suis maire de lycéenne, de lycéen, j'ai rempli 3 parcours sup. Je peux vous assurer que j'ai perdu 10 ans de santé mentale et qu'il faut absolument qu'on réorganise ces lycées
et qu'on change. Donc, vous supprimez parcours sup, par exemple
? Ou soit on le supprime, en tout cas, on va le réformer très en profondeur. On va réfermer le collège pour faire la fin du collège unique, pour revaloriser les filières pro, ce qui va faire que les jeunes iront plus tôt sur le marché du travail. Et puis, on a des mesures fiscales où on veut que les jeunes de moins de 30 ans soient exonérés de l'impôt sur le revenu. Quand ils montent une société, aussi de l'impôt sur les sociétés. On a une nouvelle mesure où on va faire un permis gratuit. Alors, c'est jamais gratuit puisque les Français vont le payer. Mais gratuit pour les jeunes de 18 ans qui n'auront pas de casier judiciaire.
Donc, tiens, je vais leur dire soyez tranquilles ce week-end si vous voulez qu
'on
vous offre votre permis de conduire à partir du mois de mai de l'année prochaine.
On va revenir, Laurel Vallette, sur le congrès qui se tiendra justement à Orléans. Votre congrès qui se tiendra ce week-end. Les militants devraient réélire sans grand suspense Jordan Bardella à la présidence du Rassemblement National après l'enquête de Mediapart sur des messages antisémites qui lui sont attribués.
Que
vous disent les militants que vous rencontrez avec lesquels vous discutez ? Est-ce qu'ils sont traversés par le doute ?
Alors, je vais vous dire qu'il va falloir s'excentrer un tout petit peu de Paris à part dans ce microcosme jacobin. Ça n'intéresse personne.
L'antisémitisme, ça n'intéresse personne ? Non, mais les gens ont très
bien compris que Mediapart était une officine d'extrême-gauche. C'est un adversaire politique et ils ne s'en cachent pas. Ils nous le disent.
Mais pardonnez-moi, Laurel Vallette, l'antisémitisme, ça n'intéresse
que Paris
?
Vous
avez
posé une question. Éventuellement, j'y réponds. Et ils ont très bien compris qu'il y avait cette espèce d'acharnement de Mediapart, ce Jordan Bardella. Jordan Bardella est innocent des faits que Mediapart lui impute. La justice a été saisie. Et non, figurez-vous dans leur voiture ou de remplir leur frigidaire. Maintenant, il va falloir aussi qu'ils hésitent en se chauffer. Voyez-vous ? Donc, on est très loin de cette petite tempête tout à fait parisienne qui n'a pas infusé jusqu'à chez moi.
Comme vous êtes à Paris, en ce moment,
je
vous pose la question. Est-ce que vous-même, vous avez été traversée par des doutes ?
Pas deux minutes. Moi, je connais Jordan depuis très longtemps et je connais aussi Mediapart depuis très longtemps. Donc, je n'ai aucun doute. Jordan nous a dit je suis innocent. Évidemment, je le crois. La justice le démontrera et je peux vous assurer que ça ne changera rien au fait qu'il soit réélu ce week-end
président du Rassemblement national. n
'avoir aucun doute lorsque l'on a d'un côté une enquête documentée qui avance des preuves, celle de Mediapart et de l'autre, Jordan Bardella qui nie en bloc mais sans aller dans le détail de ce qu'il lui reprochait
et jamais. Quand
vous saisissez la justice et que vous êtes sûr de vous, monsieur, évidemment.
Mais je vais vous dire moi, je connais bien Mediapart. C'est très souvent un
moyen de communiquer.
Je connais bien Mediapart depuis longtemps. Je veux dire, je connais aussi ses condamnations en justice, le fait que ses journalistes aient été condamnés pour avoir financé des terroristes islamistes. Enfin, voyez-vous, c'est une officine d'extrême-gauche qui nous combat. Qui nous combat parce que le seul but...
C'est un travail de journaliste qui a avancé des preuves dans la valette. Vous
pensez qu'aller essayer de retrouver les camarades de classe de 6e de Jordan Bardella, c'est vraiment du travail journaliste ?
Non, il y a un travail beaucoup plus étayé, beaucoup plus précis qui a été
fait
et extrêmement technique.
En fait, ce sont des gens Mediapart pour qui la fin justifie les moyens. On le sait, ils ont une idée, c'est de nous empêcher d'arriver au pouvoir ou du moins de freiner notre accession au pouvoir. Je regrette de leur dire que ça ne fonctionnera pas. Et d'ailleurs, vous avez bien vu, tous les sondages post-affaires Mediapart n'ont pas fessillé d'un iota ni la popularité
de Jordan
Bardella ni Marine
Le Pen dans les sondages.
Une question toutefois, Jordan Bardella est le seul candidat pour l'élection au poste pour diriger le RN. Est-ce que vous avez tout de même regardé de près le taux d'abstention éventuel et les votes
sur votre plateau pour en parler ?
Mais
je n'ai aucun doute sur le fait. Vous
avez des informations ? Non, pas
du tout. Il y en aura sûrement puisque vous savez, on a voté par Internet donc j'imagine qu
'il y
aura des statistiques qui vont sortir. On avait jusqu'à hier je crois pour voter. En tout cas, de toute façon, c'est évidemment le candidat naturel. La question ne se pose pas une minute. C'est celui qui sera le premier ministre de Marine Le Pen si elle est élue. Sur ce point, aucun doute non plus. Aucun doute non plus.
Éric
Ciotti qui prendra la parole à qui Marine Le Pen fait de plus en plus de place pourrait être premier ministre aussi ? Mais la question
n'est pas là. Jordan Bardella sera premier ministre. Éric Ciotti est un de nos alliés. C'est d'ailleurs notre allié principal avec qui nous travaillons beaucoup. Moi, je travaille beaucoup avec ses députés UDR à l'Assemblée nationale. Donc voilà.
Mais
vous savez, la grande différence avec les autres partis politiques souvent, c'est qu'on se tient à notre parole en fait. Effectivement, Jordan Bardella sera... Il aurait dû déjà être premier ministre si jamais les alliances absolument de la carpe et du lapin n'aient pas eu lieu entre les deux tours des élections législatives de
2024. Un mot, Laure Lavalette, maintenant sur les enjeux budgétaires qui concernent la France et commençons par l'Ukraine. Marine Le Pen a promis de mettre fin à l'aide française à l'Ukraine. Une fois cette aide coupée, concrètement, que se passera-t-il pour l'Ukraine selon les experts du Rassemblement national ?
Alors vous allez un peu vite. Elle a dit qu
'on
a arrêté l'aide financière, ce qui n
'est
pas exactement l'entièreté de l'aide que nous apportons à l'Ukraine. Pour remettre les choses dans leur contexte, le bilan de la Macronie est absolument terrible. Ils ont fait 1 400 milliards de dettes en 10 ans, c'est-à-dire autant qu'entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000. Les caisses sont vides et nous n'avons plus d'argent. Et Marine Le Pen, par souci de transparence, plutôt que de faire croire à M. Zelensky que nous avions continué cette aide qu'on évalue, c'est difficile déjà de savoir exactement combien on a donné. A priori, on aurait donné à peu près 8 milliards en monnaie sonnante et trébuchante, mais on a aussi une aide, on forme encore ces soldats et il
y
a le prêt, vous savez, de 18 milliards d'euros via l'Union européenne dont on ne
reverra
jamais
la couleur. Je
termine simplement parce que l'Ukraine devrait nous rembourser une fois que la Russie aura payé les dommages de guerre. En fait, il faut que cette guerre s'arrête. Ça fait 4 ans, on en est à des milliers de morts,
il
y
a
des générations entières à la fois d'Ukrainien et de Russes qui sont en train de mourir. C'est une boucherie.
Cette guerre qui devrait s'arrêter,
ça ne dépend pas d'abord
et avant tout
de la Russie en l'occurrence ? Non, ça dépend aussi de la volonté de mettre les gens autour de la table et de faire une grande conférence de la paix que Marine Le Pen appelle de ses voeux depuis le début. Elle l'avait dit. Elle a dit soit l'OTAN rentre dans cette guerre et à ce moment-là, c
'est
la troisième guerre mondiale et ça n'était pas souhaitable, soit ça allait être la guerre de 100 ans. C'est exactement ce qui est en train de se passer. Il faut impérativement qu'Emmanuel Macron arrive à mettre, s'il y a encore un peu de poids, les gens autour de la table et que l'Ukraine arrive à la table des négociations la plus forte possible pour pouvoir évidemment
être en capacité de négocier. C'est très
compliqué à traduire en
acte que
personne n
'est
en train de gagner cette guerre, ni les Ukrainiens, ni les Russes. Donc en fait, qu
'est
-ce qu'on fait ? On continue à regarder les gens mourir. La question se pose, en tout cas nous, financièrement. Vous savez, il y a un agriculteur qui se suicide tous les jours. Les Français n'ont plus d'argent, nous n'avons plus d'argent à donner à l'Ukraine. Ça ne veut pas dire qu
'on
ne
va
pas continuer à les aider et pourquoi pas à donner du matériel. J'ai rencontré il n
'y a
pas très longtemps des chefs de l
'armée
me disant qu'on allait continuer à
former
leurs soldats. Donc la fin de cette aide financière que vous envisagez n'aurait aucune conséquence sur la stabilité de l'Europe ? Mais
encore
une fois, il faut qu'on arrive le plus rapidement possible à mettre fin à cette guerre. Je veux dire, nous aurions des sous, je vous promets que nous continuerions à aider l'Ukraine. Le problème,
c
'est que nous n'avons plus d'argent. Ces gens-là,
on
fait tellement de... Je veux dire, on est à deux doigts d'être déclassés. On a la crise obligataire la plus forte que nous ayons connue sous la Ve République. Je veux dire, on est à deux doigts de la faillite. On ne peut plus aider l'Ukraine. Encore une fois, si nous avions de
l
'argent, nous continuerions à aider l'Ukraine.
Le budget toujours, Laure Lavalette, avant-hier, le taux d'emprunt de la France à 10 ans a rapidement franchi la barre des 5%. C'est inédit depuis des années. Cela a été provoqué, certes, par les mobilisations
sociales,
la crise énergétique, l'inquiétude sur l'avenir. C'est aussi peut-être le fruit des incertitudes liées à l'examen du budget à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il faut un budget pour la France quoi qu'il arrive à la fin de
l
'automne ?
Marine Le Pen avait dit qu'il vaut mieux un mauvais budget que pas de budget. Ce qui est certain,
c
'est que pour que les Français comprennent bien, le budget, c'est la traduction comptable de choix politiques. Donc en principe, quand vous êtes dans l'opposition et que
vous
ne votez jamais le budget, au mieux,
vous le
laissez passer. Souvent, ça traduit les choix politiques que vous voulez faire. Ce qui est certain, c'est que ce budget qui va arriver, il sera rectifié par l'équipe qui arrivera au mois de mai. Mais ce qui est certain aussi, et vous l'avez bien noté, c'est que les émeutes que nous avons, ce week-end d'horreur, de chaos qu'on a vécu et qu'il nous a humiliés devant le monde entier, a fait monter cette OAT à 10 ans. Donc moi, je suis très inquiète parce qu'en arrivant jusqu'au mois de mai, il reste 6 mois et j'ai effectivement bien peur qu'en Macronie, ce taux ne cesse d'augmenter, sachant que la croissance, évidemment, elle, de l'autre côté, n'augmente pas.
Moi, au contraire, je pense que les mesures de Marine Le Pen rassurent les marchés parce que nous avons dit les économies que nous voulions faire, les économies que nous voulions faire sur la dépense publique.
On va aussi s
'attaquer au tabou, sur l'immigration, sur l'Europe, sur le millefeuille territorial. C'est de nature à rassurer les marchés.
Justement, lors de la valette, effectivement, le Rassemblement National a présenté le 6 octobre dernier son contre-budget. Terranova, un think tank proche de la gauche a pointé quelques incohérences dans ce budget et notamment sur la baisse des dépenses que vous mentionnez, sur la même page de ce contre-budget, on pouvait lire 78,8 milliards de baisse de dépense dans le titre, 85,5 dans l'encadré, l'addition des postes de nez, 93,7. Bref, trois chiffres pour un même objectif de dépense. Est-ce que c'est cela qui est
censé rassurer les marchés ? L
'objectif, c'est absolument de désendetter la France. Là, on est à un point de la dette qui est absolument terrible. On a deux droits d'avoir un
effet Mais je reste, pardonnez-moi sur ces incohérences en la baisse.
J'y viens. Voilà, de cet effet boule de neige,
c
'est-à-dire que bientôt, en fait, on emprunte plus cher pour rembourser un emprunt. C'est exactement comme une famille qui est surendettée et qui fait un COFIDIS pour payer un COFIDIS. C'est exactement ce qui se passe
à l'heure actuelle. On s'en fout dire
que c'est le bordel le plus total. Quel est l'objectif de
la baisse de dépense ? L'objectif, c'est qu'on va
faire 140 milliards d'économies à 5 ans et il faut qu'en 18 mois, on arrive à avoir un excédent primaire. Il faut qu'à partir de 18 mois, on arrive à commencer à désendetter la France et que nos recettes soient en adéquation avec les dépenses parce que pour l'instant, on dépense beaucoup plus que ce que l'on gagne et ce depuis 1974. Donc vous imaginez bien que cette somme des déficits, ça fait la dette. Sur
les incohérences, encore une fois, sur ce travail de préparation, vous dites, on va rassurer les
marchés. En l'occurrence, c'est peut-être ce qui inquiète le plus
les marchés. Vous
savez, quand Marine
Le Pen a fait
sa conférence de presse, vous
avez vu
que justement ça avait baissé et que même le taux l'OAT avait baissé. Moi, je pense justement que de s'attaquer au grand tabou auquel les autres ne veulent pas s'attaquer et on va faire des économies sur l'Union européenne, nous,
on
veut revenir à une contribution nette à 5 milliards. Vous savez que les Français, nous donnons plus que ce que nous recevons de l'Union européenne et 5 milliards, c'était ce qu'avait fait Chirac après l'élargissement. On pense que c'est bien parce qu'on n'a plus envie d'aller financer certains projets, notamment un projet d'élargissement. On ne veut pas d'élargissement. Sur l'immigration, voilà, alors ça va peut-être vous chafouiner mais nous voulons réserver les allocations de solidarité aux couples français ou au moins dont l'un des deux est
français. C'est 16
milliards la première année, c'est 21
milliards. En l'occurrence, pour la valette,
tous les experts et pas simplement Terra Nova, même
l'Institut
de l'entreprise explique que votre chiffrage est largement surestimé. Je vais donner un seul exemple, le prélèvement de la TVA à la source. Il est censé, selon votre contre-budget, rapporter 18 milliards d'euros en 2031. Et 26
à près maintenant. Alors la
Commission européenne estime à 12 milliards la totalité de la TVA non collectée en France fraude, erreur et faillite comprise. Comment vous
arrivez à 18 milliards ? Je
suis plutôt assez contente de ne pas être d'accord avec ceux qui ont fait en sorte qu'on s'en sorte très mal, voyez-vous. Et sur les chiffres, on n'a
peut-être pas exactement les mêmes calculs. En tout
cas, ce qui est sûr, c'est que quand la Belgique l'a fait, ça a très bien fonctionné. Donc cette TVA prélevée à la source permet de lutter contre la fraude et de récupérer cet argent. Mais encore une fois, il n
'y a
pas d'impossibilisme. On va s'attaquer pour d'oeuvrer aussi à la réforme territoriale, par exemple. On va faire des économies dans le train de vie de l'État. On ne peut pas demander aux Français de se serrer la ceinture si à côté, l'État ne le fait pas. Et ce qu'il faut dire aux Français, c'est que ce que nous vivons n'est pas une fatalité. C'est la conséquence de choix politiques. Nous n'aurions pas fait les mêmes et j'espère qu'à partir du 3 mai, nous ne ferons pas évidemment les mêmes et qu'on mettra
la France
sur ce chemin de la renaissance.
Un mot de conclusion lors de la Vallette. Marine Le Pen s'exprimera ce week-end lors du congrès du Rassemblement National à Roléon. C'est le lancement officiel de la campagne du RN, on l'a dit. Est-ce que vous savez d'ores et déjà quel sera l'esprit de son discours ?
Oui, je pense que l'esprit c'est aussi de redonner confiance aux Français, de reparler de cette renaissance. On peut changer la France. La France est à terre mais elle n'est évidemment pas morte. On part en campagne demain mais nous le disions la campagne a commencé déjà fin août. Marine Le Pen a déjà parlé du logement,
de
la protection de l'enfance, du budget. Beaucoup de sujets ont déjà été sur la table. Voilà, moi je dis aux Français si vous voulez que rien ne change, il faut continuer à voter pour les candidats de la Macronie. Si vous voulez que ça change, il faut mettre un bulletin Marine Le Pen dans l'urne. Je pense que la renaissance est au bout de ce bulletin de vote. Merci Laura Vallette. Merci infiniment.
Laure Lavalette