Face à Face : Dominique de Villepin - 29/02
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Dominique de Villepin Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin Vous êtes l'ancien Premier ministre bien sûr, ancien ministre des Affaires étrangères Emmanuel Macron qui a donc déclaré depuis l'Elysée lundi soir On ne doit pas exclure l'envoi de troupes occidentales au sol en Ukraine Qu'en pensez-vous ?
Si on prend la déclaration telle qu'elle est exprimée ce jour-là Puisqu'elle a été corrigée Elle introduit un élément de confusion regrettable Dans un rendez-vous qui est un rendez-vous important Le sommet de Paris rassemblant plus d'une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement européens Pour coordonner l'action européenne en Ukraine Donc je ne suis pas sûr que l'objectif visé Qui était sans doute d'envoyer un message de fermeté à Vladimir Poutine Dans un temps qui est un temps difficile Puisqu'on voit bien que l'échec de l'offensive ukrainienne A introduit un élément de doute Qu'il y a par ailleurs aujourd'hui un sentiment de force du côté russe Du côté de Vladimir Poutine Donc je crains que cette phrase soit venue à contre-temps Introduire justement un élément d'incertitude Plus que la garantie souhaitée sans doute par le Président
Incertitude, contre-temps, réaction très vive des alliés de la France Qui se sont immédiatement désolidarisés de ses propos Très fermement même de la part notamment du chancelier allemand Est-ce que ça introduit aussi une forme d'incompréhension avec nos alliés ?
Nos alliés, en tout cas pour ceux qui sont dans l'Est de l'Europe Les Pays-Baltes ont marqué depuis le début une très grande fermeté Et là où il y a eu davantage de retard à l'allumage C'est du côté de l'Allemagne et du côté de la France Nous avons rattrapé le temps perdu si je puis dire Et le discours de Bratislava d'Emmanuel Macron A marqué un recalage de la position française vis-à-vis de l'Ukraine Une volonté de fermeté dans le soutien apporté à l'Ukraine Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
Je crois que c'est là qu'est le malentendu C'est que dans le soutien que nous exprimons en tant qu'Européens à l'Ukraine Nous constatons des ratés Nous constatons que nous n'avons pas été capables de faire ce que nous avons dit
Nous avions promis un million d'obus, nous n'en avons apporté qu'un tiers
Absolument Nous n'avons pas réussi dans les temps à livrer les matériels requis Pour mener les opérations nécessaires Ce qui explique sans doute en partie l'échec de l'offensive Dès l'été-automne dernière Donc il y a là une situation de facto de manque
Est-ce par culpabilité au fond ? Qu'est-ce qu'il peut expliquer ? Et là j'aimerais aussi comprendre Vous-même vous avez vécu de nombreuses situations de sommets internationaux A-t-il été dépassé par sa pensée ? Comment vous expliquez au fond cette phrase ? C'est à 22h après des heures de réunion avec ses chefs d'État Comment vous expliquez ça ?
Très difficile d'analyser la pensée présidentielle Je crois qu'il y a trois éléments qui ont pu jouer et se confondre Le premier il est politique C'est la volonté d'établir un clivage C'est ce qu'on a vu juste après à l'Assemblée Nationale Marquer un clivage
Vis-à-vis du Rassemblement National ?
Vis-à-vis du Rassemblement National ?
Absolument Marquant un clivage entre ceux qui sont résolument engagés A défendre l'Ukraine jusqu'au bout Sans condition Et ceux qui au contraire apparaissent comme davantage hésitants Deuxième élément Un objectif lui plus diplomatique, plus stratégique Qui est dans un moment d'effacement du leadership américain Essayer de marquer un leadership français Emmanuel Macron a toujours eu le goût de ses saillies Essayer de poser sa voix Et de poser sa vision en substitution du manque américain Et puis il y a aussi peut-être Un syndrome qui est assez fort dans la vie internationale Qui est la volonté de trouver la phrase magique La pensée magique Qui permet d'écraser le match Ce qui est une formule très macronienne Et c'est un peu la référence à Mario Draghi Qui en 2012 avait réussi avec une petite phrase Whatever it takes Quoi qu'il arrive, quoi qu'il en coûte Eh bien nous serons là pour faire face aux risques financiers Et les marchés qui étaient très incertains Se sont alors stabilisés Cette petite phrase d'Emmanuel Macron Elle me fait penser qu'il y a eu sans doute cette envie Un peu magique
Mais ça n'a pas donné le même résultat
Ça n'a pas donné le même résultat Parce que les esprits ne sont pas Et c'est là où on voit qu'ils ont beaucoup parlé Ces Européens Ils ne sont pas sur la même longueur d'onde Ils n'ont pas forcément les mêmes attentes Et les mêmes objectifs Et je crois que véritablement On n'est pas non plus en phase Avec ce que souhaite Vladimir Zelensky Il y a des demandes très précises
Il n'a pas demandé de troupes
Il n'a pas demandé de troupes Il y a des besoins très précis Et c'est le point important Pour beaucoup de nos alliés Envoyer des troupes sur place Des troupes combattantes maintenant L'Élysée, le Quai d'Orsay
Oui, on n'a pas voulu dire troupes au sens soldats
On parlait de forces d'accompagnement
Notamment pour l'usage des armes
Envoyer des troupes C'est véritablement changer la nature De l'engagement européen Il y a un certain nombre d'experts Qui considèrent que pas du tout Nous sommes inhibés par la Russie Je crois que la réalité C'est que oui Nous nous mettons en situation De co-agir alors avec les Ukrainiens Et ceci Si nous envoyons des troupes Nous serions en situation de co-agir De co-belligérance avec les Ukrainiens Et donc nous changeons la nature de ce conflit Ça n'interdit pas à des alliés de la Russie De se solidariser alors de Moscou D'intervenir aussi Pour engager un conflit Qui serait d'une toute autre nature
Aujourd'hui c'est un conflit entre l'Ukraine et la Russie
Nous serions alors dans un conflit Qui s'élargirait considérablement
Dominique de Villepin Il y a le fait de l'avoir dit Et de sans doute Aurait-il mieux fait de ne pas le dire Mais sur le fond Ce que je comprends malgré tout Dominique de Villepin C'est que vous vous estimez Que ce serait une erreur d'envoyer des troupes C'est-à-dire qu'il y a le fait de le dire Mais il y a le fait de le faire Ou d'envisager même de le faire Et si on prend Emmanuel Macron au mot Prenons-le au mot au fond Et sur les mots Vous n'êtes pas d'accord du tout Vous n'êtes pas d'accord sur cette idée-là Vous n'êtes pas d'accord sur cette option Vous n'êtes pas d'accord sur ce scénario
Je ne veux pas faire de procès d'attention au président Puisqu'il dit ne pas avoir dit ça Et qu'aujourd'hui on corrige la pensée présidentielle C'est une chose que d'envoyer des infirmiers D'envoyer des agents de renseignement Voire des conseillers Pour apporter des éléments d'information C'est autre chose que d'envoyer des soldats sur place A ma connaissance L'Elysée ne recommande pas cela Aujourd'hui Et la parole présidentielle Ne veut pas dire cela Si l'on en croit La version d'aujourd'hui
Alors jusqu'où faut-il soutenir l'Ukraine ?
Alors je crois qu'il y a trois étapes Dans le soutien possible à l'Ukraine Il y a le soutien tel que nous le faisons aujourd'hui Avec retard et insuffisant Il y a la garantie donnée à l'Ukraine D'un engagement dans la durée Et ça c'est un élément de sécurité De stabilité pour l'Ukraine C'est ce qu'ont apporté les Etats-Unis A travers Joe Biden Et c'est là où l'incertitude De l'arrivée éventuelle de Donald Trump Introduit un paramètre de dangerosité important Donc deuxième élément La garantie Être garant Et il y a un troisième élément C'est être combattant C'est être au sol C'est s'engager avec l'Ukraine Je crois que cette étape-là Elle est très très peu recommandable Elle introduit un paramètre Qui change complètement la nature Et je crois même Qu'elle dessert profondément Les objectifs stratégiques de la France La France a mis en avant un concept Auquel je crois Qui est celui Qui a avancé par Emmanuel Macron Qui est celui de l'autonomie stratégique européenne L'autonomie stratégique européenne On a du mal à convaincre nos alliés européens
Mais vous le disiez vous-même On n'est pas d'accord
On a du mal à convaincre nos amis européens Parce qu'ils veulent continuer à reposer Sur le soutien américain Quoi qu'il arrive Il y a un deuxième concept français Qu'a défendu Emmanuel Macron Dans la lignée golo-mutterandiste Mais dont il ne reste pas grand-chose Qui est celui de la politique d'équilibre Puissance d'équilibre Là encore On brouille les messages Et c'est ce qui m'inquiète Nous sommes dans un monde Et il faut bien le mesurer Qui est un monde dangereux Beaucoup plus dangereux qu'hier Nous avons changé de monde Ce monde Il voit une accélération des crises Ce monde il voit par ailleurs Une aggravation des crises Et il voit une interdépendance Entre ces crises Aujourd'hui il y a des liens profonds Entre la situation en Ukraine La situation à Gaza Éventuellement l'ouverture d'un front En Iran ou au Liban Voir un front en Corée du Sud En Corée du Nord Avec la Corée du Sud Tous ces éléments-là Doivent nous conduire à Penser le champ de bataille Comme étant global Un champ de bataille politique Un champ de bataille stratégique Un champ de bataille militaire Et donc l'interaction est très importante Et dans cette confrontation qui s'organise Il est très important que la France joue son rôle Et le rôle de la France C'est d'être médiateur entre plusieurs mondes Et en particulier de se faire la voix du Sud global Aujourd'hui ce qui est C'est pas le Sud global ?
Alors justement Tous les pays du Sud Tous les pays du Sud Qui aujourd'hui se retrouvent sur une ligne Pour une ligne de développement Une ligne stratégique Une ligne de dénonciation De l'impérialisme et du colonialisme Donc il y a des fondements historiques Et pour critiquer les positions de l'Occident Qui ne prennent pas suffisamment en compte Leur propre vision Leur propre exigence
Mais puis si vous parlez de la globalité Quelle est la position de la France Mais quelle est aussi la position de la Russie Quand vous voyez que Vladimir Poutine N'a jamais condamné le massacre du 7 octobre Et a invité demain Sur le sol russe Le Hamas Le djihad islamique palestinien et le Fatah Pour parler Et que parallèlement Ils se rapprochent de l'Iran Est-ce que la Russie N'est pas en train de prendre le leadership De ce Sud global dont vous parlez ?
Justement C'est bien ce que je vous dis La Russie Est en train de prendre la tête Acquiert une crédibilité Et c'est là où elle a réussi Que ce soit sur l'Ukraine Ou que ce soit sur le Proche-Orient Sur Gaza A gagner une partie de l'opinion internationale Le soutien d'un certain nombre d'États Dans le cadre des Nations Unies Dans le cadre d'un certain nombre d'organisations Et c'est ce qui fait que Nous sommes en train de perdre La bataille diplomatique mondiale La bataille de l'influence La bataille de la crédibilité Et c'est en cela Que nous devons corriger nos erreurs Nous avons pratiqué Le deux poids, deux mesures Entre l'Ukraine Et le Proche-Orient Nous devons corriger cela
C'est quoi le deux poids, deux mesures ?
Nous défendons le droit international En Ukraine Il y a eu une agression russe Nous ne pouvons pas l'accepter Et nous ne devons pas permettre A la Russie De gagner en Ukraine C'est clair C'est une position simple Et bien A Gaza Nous devons défendre Une solution politique Même si aujourd'hui Nous le voyons bien Israël fait tout Pour éviter que cette solution politique D'un État palestinien indépendant N'arrive pas sur la table C'est la seule façon De rétablir Mais vous avez parlé
De l'agression Qui est l'agresseur ?
Dans le cas Dans le cas Dans le cas du Proche-Orient Je parle du respect Du droit international Il n'y a pas eu Respect du droit international Par Israël La question de l'horreur Du 7 octobre Je ne la discute pas Et personne je crois Ne peut sérieusement La discuter Mais au-delà De ce drame Il y a une question De respect du droit international De justice à rendre Au peuple palestinien Et là-dessus
Quel est le rôle de la France ? Quel doit être le rôle de la France ? Comment vous lisez la politique française ?
Le rôle de la France Le rôle de la France C'est de montrer Au pays du Sud Dont je dois dire d'ailleurs Qu'on peut s'étonner Du relatif effacement Des pays arables Par exemple Sur cet enjeu de Gaza On entend peu La voix des pays arables On entend peu La voix des leaders Du Sud global Et de ce point de vue-là Je crois qu'il y a Une responsabilité Qui n'est pas assumée Mais il n'empêche Qu'aimeriez-vous
Qu'ils disent ?
Qu'ils poussent dans le sens D'une réponse internationale Commune Et qu'ils fassent pression Pour que de part et d'autre Il y ait la perspective D'une solution politique
Est-ce que la France Devrait tenter de réunir Justement tous ces...
La France doit d'abord Souligner l'importance D'arriver à un cessez-le-feu Et un accord humanitaire Songez Madame de Malherbe Qu'il y a eu Selon M.
Zelensky 31 000 morts militaires En Ukraine Il y a aujourd'hui Nous sommes en train De dépasser Les 30 000 morts Civiles A Gaza Des enfants Des femmes Problème d'eau Problème d'alimentation Problème d'assainissement Épidémie Épidémie Qui est en train De se multiplier Tous ces éléments Soulignent Le véritable drame Qui est en train De se jouer A Gaza Et bien Oui La France doit être leader Oui Nous devons être capables De mettre des actes Derrière des mots La question de savoir Comment nous faisons pression Sur Israël Pour faire en sorte Qu'Israël Change ses stratégies Israël ne veut pas Véritablement D'un cessez-le-feu durable Il y a Aujourd'hui Dans la période Du ramadan L'hypothèse D'un cessez-le-feu Qui pourrait intervenir Mais Benjamin Netanyahou Rappelle Qu'il y aura Une offensive Qui se déroulera Sur Gaza Et en particulier Sur Rafa Où sont concentrées 1 500 000 personnes Ce qui fera Des ravages Absolument considérables Ces massacres là Ils sont vus En direct Par les deux tiers De l'humanité Nous ne pouvons pas Ne pas prendre en compte Cette vision Parce qu'elle pèse aussi Sur la vision Qu'ils ont De ce que nous sommes De ce que nous faisons Nous-mêmes en Europe Donc quand nous Nous insistons Sur le caractère tragique De ce qui se passe en Ukraine Ce que je partage Quand nous dénonçons L'attitude de Vladimir Poutine Et bien Nous donnons le sentiment De nous intéresser A nos propres affaires A notre Europe Alors que nous ne bougeons pas Quand il s'agit De la question soudanaise Quand il s'agit De la question du Congo Où dans l'Est du Congo Là aussi De véritables drames se jouent Nous devons Nous devons Traiter les problèmes Du monde Et nous devons
Être les acteurs Là-dessus
Et nous devons être Leader Pas les acteurs Nous devons être leader Parce que qui Sinon La France Avec L'ensemble des pays Avec lesquels Nous pouvons travailler Dans le Maghreb En Amérique latine En Asie Qui peut coordonner Prendre des initiatives A un moment On voit bien Que les Etats-Unis Sont totalement Enblûlés Dans leur campagne électorale
Vous avez parlé de l'effacement Des Etats-Unis Dominique de Villepin Je voudrais Savoir aussi Qui parle Et qui j'ai devant moi Vous n'êtes plus diplomate Vous l'avez évidemment été Aujourd'hui Vous êtes un homme d'affaires Et je voudrais savoir Comment vous gagnez votre vie
Écoutez De façon Extréponsable Je suis conseiller En matière internationale Notez Madame de Malherbe Que j'ai devant moi Quelqu'un Qui appartient à une chaîne Qui a tenu des propos Mensongers sur moi
Alors allez-y Profitons-en Pour faire tomber Quelques mensonges Que ce soit
Ces propos mensongers Vous vous êtes excusés Vis-à-vis des téléspectateurs Vous ne vous êtes pas excusés Vis-à-vis de moi Et je pourrais Vous renvoyer la balle Qui j'ai moi Devant moi A qui appartient votre chaîne Est-ce qu'elle suit Est-ce qu'elle subit des pressions Est-ce qu'il y a des directives Sur le plan politique Vous voulez dire
Que ceux qui nous payent Ont une influence Sur ce que l'on dit
En général On peut le supposer Oui Alors qui vous paye Personne
Personne vous paye Non Ah bon Mais vous avez une société Vous faites du business Vous êtes Vous l'avez dit Vous faites des missions De conseil Je voudrais Mais en toute transparence Et justement Pour pas qu'il y ait De fantasmes Ou de rumeurs Vous posez cette question A Bervédrine Je n'ai pas eu Bervédrine récemment Devant moi Mais je n'hésiterai Absolument pas A lui poser la question Je vais vous renvoyer Puisque vous dites Que l'on est dépendant Je ne dis pas cela Je ne dis pas ça Je ne dis pas ça Qui sont vos clients Qui sont vos patrons J'ai juste besoin
De savoir ça C'est tout Mais j'ai une société Qui a des activités Par définition Quand vous avez des activités De conseil Vous ne donnez pas Les noms des personnes Mais je peux vous dire Que je serai totalement prêt A le faire Dans un cadre confidentiel Tout simplement Parce que ça ne se fait pas Et que les accords Qui sont passés Alors en réalité
Normalement les sociétés Sont censées
Aucune puissance Et vous le savez
Il y a eu un journal
Qui est derrière Mais sans être payé
Par les états On peut être payé Par des gens Qui sont influents Dans ces états Absolument pas
Écoutez Il n'y a personne
Que monnayez-vous C'est-à-dire Qu'est-ce que vous vendez Quel conseil vous vendez
Je donne Des conseils géopolitiques Sur l'évolution du monde Et c'est une parole Absolument ouverte Qui ne contient Aucun élément Ni d'influence Ni de conflit intérêt Et j'y suis extrêmement
La raison pour laquelle Je vous pose cette question C'est que je veux Simplement savoir moi-même Si je fais partie En quelque sorte De votre business plan C'est-à-dire Est-ce que le fait De parler à ce micro Est-ce que le fait D'influencer aussi Les opinions Dans un sens Dans un autre Avec aussi l'autorité Qui est la vôtre Fait partie des conseils Que vous rendez
Je redirai ce que j'ai dit Pour la énième fois Puisque quel business plan Aujourd'hui De défendre Ceux qui meurent A Gaza Quel business plan Qui Qui aujourd'hui Puisque je viens de vous dire Que la plupart des états arabes Ne se moquent Ou n'ont pas de parole Sur ces sujets
Je n'ai aucun problème avec ça Vous avez vous-même Simplement dit Que la domination financière Avait un impact Sur ce que l'on pouvait dire Ou non Je voudrais simplement savoir Qui Lorsque La dernière fois Que vous avez publié vos comptes Et c'est le journal Le Monde Qui le révèle ce week-end La dernière fois Que vous avez publié vos comptes Ce que vous ne faites plus depuis Alors que la loi le demande Mais vous préférez Payer une amende Plutôt que d'avoir à dire Qui sont vos clients Vous avez dit Déclarer Recevoir 4,2 millions d'euros Donc A un moment C'est même l'office central De lutte contre la corruption Qui a fini par le dire Depuis une famille soudanaise Depuis Vous n'avez Non ?
Ah bon ? Non Allez-y Non Une famille Pardon La richissime famille saoudienne Boucant 4,2 millions d'euros J'ai conseillé
J'ai conseillé ce groupe Qui est actif dans l'automobile Dans un certain nombre de secteurs Pendant deux ans Au début des années 2010
Vos derniers comptes En 2008 Ville Pain Internationale Affichait 4,6 millions d'euros De chiffre d'affaires Pour un bénéfice de 2,6 millions d'euros Depuis Vos chiffres ne sont plus publiés Je veux juste savoir Voilà Quel est l'impact Que vos clients peuvent avoir aussi Sur les propos que vous tenez Aucun Donc les autres sont dépendants Vous sous-entendez même Que moi je serai dépendante Dans les propos que je tiens devant vous Je vous pose une question Alors je vous pose exactement la même Vous sous-entendez Que je ne suis pas libre de mes propos Madame de Malherbe Alors dans ces cas-là Qui sont ceux qui vous payent ?
Parmi ceux qui nous écoutent Personne n'est dupe Votre seul but aujourd'hui C'est de gagner du temps d'antenne Pour m'empêcher de dire Le message que j'ai à dire Moi je pourrais vous dire Est-ce que le message que je porte Est-ce que m'empêche ?
Comment vous pouvez dire une chose pareille ? Je vous ai toujours invité régulièrement Il y a cet article Qui est sorti ce week-end Il y a eu Il y a eu trois jours Dans le journal
Qui s'intéresse à vos affaires Et qui pose beaucoup de questions Sur l'argent Et qui demande d'où vient votre argent Je vous pose la même question qu'eux Ils ont enquêté pendant deux mois Et ils n'ont rien trouvé
Donc quand il n'y a rien Mais moi je ne dis pas
Qu'il y a des choses louches Je dis simplement Que je veux savoir qui parle Je ne dis pas Je ne sous-entends rien du tout Je veux simplement savoir Puisque vous dites Qu'on n'est pas complètement libre Et qu'on dépend aussi De ceux qui nous payent Je veux savoir qui vous payent Eh bien
Aujourd'hui L'activité de ma société Elle est Complètement Liée à deux sociétés françaises Deux conseils Deux sociétés françaises À qui je conseille J'apporte des conseils Sur le plan géopolitique Point final En France En France Et en France Pour l'étranger Et Pour le reste Mes activités Sont Bénévoles La plupart Dans le domaine de l'art Et de la culture Parce que j'ai la conviction Que c'est par l'art Et la culture Qu'on peut faire évoluer Donc on peut faire évoluer les choses Donc vous le voyez bien Il n'y a rien À soupçonner Rien À sous-entendre Et c'est donc très volontiers Que je vous donne Cette information
Eh bien vous le voyez Dominique de Villepin C'est un premier ministre Et homme d'affaires donc Merci d'être venu ce matin À mon micro Il est 8h52 sur AMC BFM TV
Dominique de Villepin