Marine Le Pen : les juges lui laissent le choix...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15RelanceRéponse partielle
Les juges ont-ils pris une décision politique en laissant Marine Le Pen candidate ?
- 0:45OuverteRéponse directe
Quels sont les détails de la condamnation de Marine Le Pen ?
- 1:45OuverteRéponse directe
La décision de la cour d'appel est-elle moins sévère que celle de première instance ?
- 3:00FerméeRéponse directe
Peut-elle se pourvoir en cassation ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
Quels sont les avantages et inconvénients pour le RN si elle se présente ou non ?
- 6:30OuverteRéponse partielle
J.Bardella est-il prêt à prendre le relais ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30C.RouxFait
« Les juges ont choisi de laisser à M.Le Pen la possibilité de se présenter en mai prochain pour une 4e candidature à la présidentielle pour ne pas "entraver le choix des électeurs". »
- 2:00M.Le PenPromesse
« Si je peux être candidate, je serai candidate. Pour peu que je puisse faire campagne. »
- 3:30J.BardellaFait
« Ce n'est plus le gouvernement des juges, aujourd'hui. C'est la tyrannie des juges. »
- 4:00M.Le PenFait
« Ce n'est pas une décision de justice! C'est une décision politique! »
- 5:00F.RuffinFait
« Bienvenue dans la République des bracelets électroniques! »
- 5:30B.VallaudFait
« Elle est coupable. C'est à elle de poser la question si, quand on est délinquante, on se présente aux électeurs. »
- 6:00J.BardellaFait
« Française, Français... »
- 7:00J.BardellaChiffre
« On est en train de chiffrer la mesure. Il doit y en avoir plus de 300. »
- 7:30E.PhilippeFait
« Le RN de monsieur Bardella est converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme et peut-être même, à la réforme des retraites. »
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adoptez Antikal. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. C'est une journée pour l'histoire. Les juges ont choisi de laisser à M.Le Pen la possibilité de se présenter en mai prochain pour une 4e candidature à la présidentielle pour ne pas "entraver le choix des électeurs".
Pour la justice, M.Le Pen est coupable de faits graves, de détournement de fonds publics et condamnée à 3 ans de prison, dont un sous bracelet électronique. La cour d'appel estime que la peine d'inéligibilité a été exécutée.
C'est désormais à elle que revient le choix de se lancer ou non dans cette bataille. M.Le Pen avait fait savoir qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique.
Qu'en est-il aujourd'hui? Va-t-elle revoir sa position alors que son parti est aux portes du pouvoir? J.Bardella est-il réellement prêt à prendre le relais?
Nous allons revenir sur les détails de cette condamnation, évoquer toutes les hypothèses ouvertes par la décision des juges. Avec nous, J.Jaffré, politologue, chercheur associé au Cevipof, Centre de recherches politiques de Sciences Po.
C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique et conseiller de la rédaction à "Franc-Tireur". S.Quéméner est avec nous.
Vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". A lire dans votre journal, l'interview de M.Le Pen qui s'est confiée avant le jugement.
A.-C.Bezzina, vous êtes politologue et constitutionnaliste, maître de conférences en droit public.
Je rappelle votre livre. Cette journée est hors normes. Nous allons solliciter d'autres experts fidèles de "C dans l'air" pour avoir leur lecture.
Nous serons en direct avec N.Schulz qui a suivi le procès et la réaction de M.Le Pen au moment de l'énoncé du jugement, mais aussi le politologue J.Fourquet et F.Guinochet.
Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air". C'est une journée pour l'histoire. - C.Barbier: Incontestablement.
La justice aurait pu choisir le candidat représentant le favori de cette présidentielle d'après le sondage du moment. Elle ne l'a pas fait. Elle laisse une ouverture politique à M.Le Pen.
Le suspense continue. La présidentielle 2027, on a l'impression qu'elle a commencé aujourd'hui. - C.Roux: J.Jaffré, rapidement... - J.Jaffré: Le symbole de la justice, c'est la balance.
La justice a vraiment fonctionné comme une balance. Elle a pesé le pour et le contre...
Ne pas prendre une décision qui empêcherait...
On ne pourra pas accuser la justice d'empêcher M.Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Avis du Conseil constitutionnel qui avait été de préserver la liberté de l'électeur.
Le poids de décision sur M.Le Pen est énorme. - C.Roux: C'est ce soir qu'elle va trancher.
Elle sera invitée au 20h de TF1. Un mot sur ce roman politique qu'on est en train de vivre et qui est le coup d'envoi de cette campagne... - S.Quéméner: On s'est réveillés ce matin et c'était soit M.Le Pen, soit Bardella en fonction de la décision de la cour d'appel.
Là, c'est le RN qui a fait 2 candidats. Soit l'un, soit l'autre. Les 2 sont possibles avec chacun des inconvénients et des avantages.
Le RN statue actuellement sous l'oeil des 2 candidats potentiels pour choisir. C'est inédit. C'était tellement plus simple pour le RN de laisser la justice choisir. - C.Roux: On y revient avec A.-C.Bezzina.
On sera dans un instant avec N.Schulz pour savoir comment M.Le Pen a réagi, comment elle a vécu cette journée.
C'est une condamnation, d'abord. - A.-C.Bezzina: En effet.
Si j'avais dû réagir, j'aurais dit que le poids est remis sur la peine. Il faut pas oublier que l'inéligibilité est une peine complémentaire. Elle vient assortir la peine d'une question sur le mandat d'élu.
Mais au fond, la peine est remise au centre du jeu. "Les faits sont graves." C'est par ça qu'a commencé la lecture de la décision.
C'est du détournement de fonds publics avec un système de chefferie de la part de M.Le Pen. De ce fait, la condamnation est très lourde.
Un an de prison ferme. C'est là-dessus que les juges mettent l'accent. Est-ce qu'au fond, on peut s'envisager candidat à l'élection présidentielle alors qu'on est responsable d'une peine qui vous amène de la prison ferme?
Il faut avoir en tête que l'aménagement par le bracelet électronique est un aménagement de la peine. Mais aujourd'hui, elle a de la prison ferme. C'est comme si elle était au fond d'une geôle aujourd'hui.
C'est ça qui doit amener à nourrir sa réflexion. - C.Roux: On va revenir sur la façon dont elle pourrait choisir d'arbitrer.
Est-ce que la décision des juges en 2e instance est moins sévère que la décision des juges en première instance? - A.-C.Bezzina: Clairement, il y a une clémence du juge qui a eu lieu aujourd'hui.
Néanmoins, on ne peut pas lire cette décision d'appel comme une décision de première instance. Le juge d'appel arrive alors qu'une peine a déjà été exécutée. C'est quelque chose qu'on n'avait pas en tête avec l'exécution provisoire.
Ca signifie que la peine a été purgée. L'infraction à la probité, et ils y reviennent clairement, les juges, a été purgée pour eux. S'ils avaient dû juger en première instance aujourd'hui, la décision n'aurait pas été la même.
Le calendrier n'est pas le même. La question de son mandat parlementaire n'est pas amenée de la même façon. Le débat ne pouvait pas être le même. - C.Roux: Quand on s'est fait le film avant cette journée, on se disait que les juges avaient une responsabilité politique majeure.
Là, ils ont évoqué le fait d'entraver le choix des électeurs. Ils ne voulaient pas l'entraver. - A.-C.Bezzina: Il faut tordre le cou à cette idée de l'innovation dans cette motivation.
Ca faisait déjà partie de la décision de première instance. Ca fait partie de la jurisprudence du Conseil constitutionnel depuis les années 80. Il y a toujours eu la proportionnalité entre la peine d'inéligibilité qui vous empêche d'être candidat et la liberté de l'électeur.
Le Conseil fait la balance entre la nécessité de la peine et cette liberté. La balance a penché d'un côté aujourd'hui, mais elle a toujours fait partie des impératifs. - C.Roux: Nous sommes en direct avec N.Schulz.
Merci d'être avec nous. Vous êtes grand reporter au service police-justice de France Télévisions. Vous avez suivi ce jugement.
M.Le Pen était stoïque pour recevoir cette décision de la cour d'appel. - N.Schulz: Je pense que comme nous tous dans la salle, elle a été prise de court par la rapidité avec laquelle l'arrêt a été rendu.
On s'était préparés à une motivation du jugement qui pourrait prendre 2 heures. C'est ce qu'on nous avait laissé entendre. Les choses ont été rapides.
Ca a duré moins de 40 minutes. Très vite, M.Le Pen a été fixée sur sa condamnation.
Elle a compris qu'elle était reconnue coupable, qu'elle était condamnée à cette peine de 3 ans d'emprisonnement dont un an ferme, qui signifie le bracelet électronique. A côté de ça, la peine d'inéligibilité était beaucoup moins lourde que celle prononcée en première instance. 45 mois, dont 30 avec sursis.
Il reste 15 mois ferme qu'elle a déjà purgés. Pas de réaction. Elle est restée avec un visage très neutre.
C'est une fois que la cour s'est retirée qu'elle a pu un peu échanger avec ses proches et montrer une forme...
Pas de sourire particulier...
Elle ne s'attendait pas à cette décision. - C.Roux: Elle était entourée de ses proches.
Ses avocats ont eu l'air assez satisfaits en sortant. Ils n'ont pas été très bavards en disant qu'ils allaient se réunir pour savoir quelle suite donner à ce jugement. Comment vous avez perçu la réaction des avocats de M.Le Pen, qui avaient complètement changé de défense? - N.Schulz: M.Le Pen, lors du procès en appel, avait semblé tirer les leçons de ce qui s'était passé en première instance.
Ca lui avait été reproché dans le jugement, cette façon d'être arc-boutée, de dire "je ne vois pas ce qu'on a à me reprocher". Dans le jugement, c'était apparu comme une des raisons pour lesquelles il y avait cette condamnation lourde et notamment cette inéligibilité, avec exécution provisoire, l'exécution immédiate, puisque les prévenus n'avaient pas donné des gages qui montraient qu'ils avaient conscience de la gravité des faits qui leur étaient reprochés. M.Le Pen était plus cordiale.
Elle n'a pas attaqué la présidente. Elle n'est pas allée dans la presse remettre en cause son impartialité. Elle avait beaucoup plaidé la bonne foi et la méconnaissance des règles de la part du Parlement européen.
Ces éléments ont pu jouer dans la décision rendue aujourd'hui. - C.Roux: Elle n'était pas seule.
Il y a eu 11 condamnations dans cette affaire. C'était un moment de tension particulier ou pas, pour les prévenus, l'entourage, les journalistes? Comment vous l'avez vécu? - N.Schulz: Il faut vous imaginer le monde qu'il y avait au palais de justice.
Les journalistes, on a commencé à arriver à 5h du matin. Moi, aux alentours de 7h30 pour être sûre d'avoir une place dans cette salle d'audience. Ca permet de mesurer l'enjeu de cette décision, un enjeu bien au-delà d'une simple décision de justice, un enjeu démocratique que la cour d'appel a pris en compte avec l'arrêt rendu aujourd'hui.
Une ambiance assez électrique...
Il y avait une tension forte dans cette salle d'audience. Vous n'avez pas le droit de manifester ou de réagir, mais on sentait cette tension. M.Le Pen était partie avant même la fin de la lecture du jugement en première instance.
Là, elle est restée. Elle est sortie sans dire un mot, sans doute un peu sonnée par cette décision. Au final, c'était un scénario qu'on n'avait pas vraiment envisagé.
On s'était focalisés beaucoup autour de combien de temps la peine d'inéligibilité allait durer. En fait, elle est face à un choix qu'elle doit faire elle-même. La justice ne l'empêche pas de se présenter. - C.Roux: Merci d'avoir été en direct avec nous.
Est-ce qu'elle peut se pourvoir en cassation? Est-ce que cette partie judiciaire est terminée pour M.Le Pen?
On va parler de son choix personnel et de ce qu'elle va devoir arbitrer, mais elle peut se pourvoir en cassation? - A.-C.Bezzina: Oui.
La cour ne juge qu'en droit. Cette question de la cassation doit changer quelque chose pour elle. C'est une décision qui lui est plutôt favorable pour le moment.
Elle a peu d'intérêt à le faire. La Cour de cassation a déjà fait savoir que les délais qu'elle avait dans les affaires en instance amèneraient à ce que la décision n'ait pas lieu avant janvier. Ce serait assez dur pour le parti d'avoir à se prononcer sur des questions de candidature juste avant l'élection. - C.Roux: Et maintenant, c'est dans sa tête que ça se joue.
Après le jugement, M.Le Pen est partie sans un mot. Ses avocats ont tout juste concédé qu'ils étaient "partiellement satisfaits de la décision de la cour d'appel, car la peine d'inéligibilité a été revue à la baisse".
M.Le Pen a aujourd'hui le choix de briguer ou non une nouvelle candidature à la présidentielle. *-Cette décision qui pourrait faire basculer la présidentielle... *-La décision de la cour d'appel aujourd'hui redoutée au RN depuis 16 mois. *-Cette journée est vertigineuse, raconte l'un des plus proches de M.Le Pen. - Une journée vertigineuse...
M.Le Pen, ce midi, au tribunal, entourée de ses proches, silencieuse. Moins d'une heure dans la salle d'audience et enfin, la décision de la présidente de la cour d'appel. ...
Condamné pour détournement de fonds publics, son parti, le Front national, a utilisé plus de 4 millions du Parlement européen pour rémunérer ses propres employés. 3 ans d'emprisonnement, dont un ferme sous bracelet électronique et 15 mois ferme d'inéligibilité, déjà exécutés. Juridiquement, M.Le Pen peut donc se présenter à la présidentielle. - Maintenant, nous réfléchissons à l'ensemble de la décision.
Nous allons y réfléchir cet après-midi. Nous ferons une communication ultérieure sur les suites à donner à cette décision. - En appel, les juges ont donc été plus cléments qu'en première instance. 31 mars 2025, M.Le Pen est condamnée à 4 ans de prison, dont 2 ferme et 5 ans d'inéligibilité.
A l'époque, le RN attaquait les juges. - J.Bardella: Ce n'est plus le gouvernement des juges, aujourd'hui.
C'est la tyrannie des juges. - L.Aliot: Nous ne sommes plus dans un Etat de droit, aujourd'hui. - Le parti ira même jusqu'à organiser une manifestation de soutien en plein Paris.
Démonstration de force plus ou moins suivie, mais virulente. - M.Le Pen: Ce n'est pas une décision de justice!
C'est une décision politique! - Pour le procès en appel, le parti décide d'adopter une nouvelle stratégie. ...
Le parti prévoit déjà un plan B, comme J.Bardella. - M.Le Pen: Me vient en tête un morceau d'une chanson que vous connaissez tous, une chanson de résistance. "Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place." - Que décidera M.Le Pen?
Il y a quelques jours, elle se confiait sur un plateau télé. - M.Le Pen: Si je peux être candidate, je serai candidate.
Pour peu que je puisse faire campagne. S'il s'agit de m'autoriser à être candidate, mais de m'empêcher de mener une campagne librement, vous entendez bien que ce sera pas possible. - Avec un bracelet? - M.Le Pen: Bien sûr. - Aujourd'hui, la gauche la renvoie à ses propres déclarations. - F.Ruffin: Bienvenue dans la République des bracelets électroniques!
Elle avait dit qu'elle était pour l'inéligibilité à vie pour tout politique condamné pour corruption. On s'attend à ce qu'elle applique simplement son propre programme. - B.Vallaud: Elle est coupable.
C'est à elle de poser la question si, quand on est délinquante, on se présente aux électeurs. - Quel rôle jouera M.Le Pen en 2027?
Elle s'exprimera ce soir dans le 20h de TF1. - C.Roux: Avec ce reportage, on voit les axes offensifs de l'opposition qui renvoie M.Le Pen à sa morale. - C.Barbier: L'inéligibilité n'est pas prononcée, pas suffisamment pour l'empêcher de candidater.
Il faut rester sur la peine et lui dire qu'elle est une reprise de justice. "Comment pouvez-vous vous présenter?" C'est faire fi du sentiment de l'électorat en ce moment.
Il a vu passer dans toutes les familles politiques des affaires judiciaires. Le PS a eu Cahuzac. La droite a eu Chirac et Sarkozy.
M.Le Pen est sur une ligne populiste, où il s'agit de dresser le peuple contre les élites et la justice. Enfin, l'argent du Parlement européen, les électeurs se disent qu'il était pour le RN.
Ils se disent qu'ils auraient dû l'utiliser pour leurs députés et pour leurs permanences, mais je pense pas que cet argument porte sur l'électorat. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Dans un premier temps, il me semble que c'est pas un service qui lui est rendu.
Il faut avoir en tête que le juge applique la loi. Ici, en appel, c'est plus léger qu'en première instance, parce que la peine a été exécutée. Je pense qu'elle a changé de ligne de défense, notamment par rapport à ça.
La décision d'appel ne sera pas la même que celle de première instance par rapport à cette ligne de défense. L'application du droit a été changée par rapport à leur ligne de défense. - C.Barbier: Que n'a-t-elle dit en mars et avril 2025?
Elle a tenté un rassemblement populaire pour manifester contre cette décision. Aujourd'hui, le droit s'applique avec un cadre différent en appel. Il y a aussi l'exécution provisoire qu'elle a tellement critiquée il y a 2 ans et qui lui permet aujourd'hui de ne plus avoir d'inéligibilité.
Et le rappel de la jurisprudence du Conseil constitutionnel, que les magistrats ont respectée. - S.Quéméner: On comprend que certains se posent la question.
La peine d'inéligibilité s'arrête fin juin 2026. On est le 7 juillet. Ca fait 15 mois depuis le 31 mars.
Ca ressemble à du sur-mesure. En même temps, quand on regarde la décision, parce que c'est toujours compliqué et il faut aller au fond des décisions, il y a aussi la question de ce détournement de fonds publics qu'au moment où les faits arrivent en 2016, ça ne va pas avec une inéligibilité. Il y a aussi cette explication de la part de la justice.
Ca donne l'impression que tout a été fait sur mesure pour elle, mais c'est pas tellement ça. Si on laisse de côté l'inéligibilité, qui était la chose la plus médiatique et impressionnante, elle est quand même sanctionnée. Elle a un an de prison ferme.
Elle va avoir un bracelet électronique. Pour qu'elle ait un aménagement de peine, il faudrait que le bracelet électronique lui soit posé très vite. Elle va être entravée.
Elle va devoir rendre compte de ses déplacements. "Monsieur le juge, est-ce que j'ai le droit d'aller à tel endroit?" - C.Roux: On a beaucoup de questions de cet ordre ce soir.
Question. Est-ce que vous imaginez une candidate à la présidentielle qui doit demander l'autorisation d'aller faire un meeting? Peut-elle parier sur un aménagement de cette peine au bout de 6 mois, à partir de janvier?
Comment vous projetez, si elle décidait ce soir d'y aller? - J.Jaffré: On voit bien que c'est une décision très difficile à prendre.
On présente les choses comme si c'était réglé et qu'elle allait être candidate. Ce n'est pas évident. Probablement est-elle poussée par J.Bardella pour être candidate.
C'est un poids en moins pour lui. La complémentarité entre les 2 continuerait de fonctionner. Mais ce n'est pas évident.
A quoi se heurterait-elle si elle était candidate? Réfléchissons. Un, l'accusation d'être une délinquante.
Ce serait des affiches partout sur le thème. "Voulez-vous élire une délinquante?" Deuxième élément, le bracelet.
On peut imaginer qu'elle délègue à J.Bardella d'aller faire les meetings à sa place. Mais ça dit quand même la difficulté de sa candidature.
Troisième élément, si à l'arrivée, elle est battue au soir du 2d tour, pour la 3e fois consécutive... - C.Roux: Quatrième. - J.Jaffré: Oui, si on ajoute J.-M.Le Pen.
Tout le monde dans son camp pourra dire que si elle avait laissé J.Bardella être candidat, compte tenu de ce qu'elle traîne comme poids, elle les empêcherait de gagner. Ca doit être sa vraie réflexion. - C.Roux: On imagine que ses proches la poussent à y aller.
On a envie d'être une petite souris. Il y a une réunion en ce moment au RN. - J.Jaffré: Une partie de ses équipes la pousse.
Ils sont proches du chef. Changer de chef n'est jamais bon dans un parti. J.Bardella, c'est très lourd.
En plus, il y a une complémentarité qui fonctionne. Ils avaient trouvé le binôme. M.Le Pen candidate à la présidence de la République et J.Bardella candidat Premier ministre, faisant des ouvertures qui n'engagent à rien tant que M.Le Pen n'approuve pas.
C'était parfait, comme système. La difficulté de l'affaire, et c'est l'intérêt de ce jugement, c'est que ça n'arrête pas la carrière politique de M.Le Pen.
Elle va pouvoir se présenter à la députation. Vous n'avez pas besoin d'aller à Hénin-Beaumont faire campagne à la députation, même si vous avez un bracelet...
Vous êtes élu. Vous vous retrouvez présidente du groupe. Si J.Bardella est élu président de la République, vous êtes présidente du groupe RN qui aura gagné les législatives.
Tout ça fait que c'est une décision très difficile. - C.Roux: On essaie de se projeter sur ce qui peut se passer au sein du RN en ce moment.
Une partie du RN veut l'avoir elle. - C.Barbier: Tempête au RN en ce moment...
Depuis déjà plusieurs semaines. Ils n'avaient pas anticipé. Son entourage lui dit qu'il ne fallait pas dire qu'elle ne se présenterait pas si elle avait un bracelet.
On va voir s'ils réussissent à la convaincre. Pas forcément de dire "je suis candidate, je ferai avec le bracelet". Mais elle peut dire qu'elle va voir. "Je vais rencontrer mon juge d'application des peines.
Il va me dire quelles contraintes ça me fait poser que d'avoir ce bracelet électronique. Ce sera quoi, ma zone?" Normalement, avec le bracelet électronique, vous êtes en prison à la maison et vous avez une autorisation de sortie pour travailler.
Le travail d'une candidate à la présidence de la République, c'est quoi? C'est d'aller voir les Français dans toute la France. Quel juge pourra lui interdire de voyager?
Il n'y a pas de risque de réitération. Un juge qui refuserait cela, ce serait compliqué. Même si un bracelet lui permet d'aller sur tout l'Hexagone, ça semble une contrainte.
Elle doit voir le juge d'application des peines et voir si elle pourra être libérée de ce bracelet en novembre, en décembre ou en janvier. La campagne à l'automne peut se passer de parcourir la France. En 1965, le général de Gaulle n'a pas fait campagne.
Elle peut très bien dire à J.Bardella: "Fais la précampagne, fais-moi les meetings et moi, en novembre, libérée de mon bracelet, j'irai à la rencontre des Français." Elle sera une condamnée sur les affiches.
Mais qui aura-t-elle en face d'elle? J.-L.Mélenchon, condamné dans l'affaire de "la République, c'est moi".
E.Philippe, il y a une enquête. Il est présumé innocent, mais il devra s'expliquer.
Les LR, B.Retailleau, à l'époque de F.Fillon, le parti de Sarkozy et Chirac?
Ca va pas être simple pour les autres partis de se décerner des brevets de vertu et de dire que M.Le Pen est une délinquante. - C.Roux: Vous avez l'air de penser qu'elle pourra y aller. - C.Barbier: Oui.
Si, ce soir, elle se dit qu'elle doit réfléchir, c'est qu'elle récuse l'argument que le bracelet est une campagne impossible. Le tribunal a décidé que la liberté de l'électeur devait être préservée. C'est normal.
Le juge d'application des peines aura la même réflexion. Il demandera à être prévenu 15 jours à l'avance, 3 semaines...
Il lui dira peut-être de faire ses meetings à 15h, parce qu'elle devra être rentrée à 20h. Le juge d'application des peines aura cette responsabilité. - C.Roux: Elle avait anticipé sur ce qui se passe.
Elle est déjà dans une posture vis-à-vis des juges et de ce qui lui arrive. Sur LCI, elle avait dit: "Je sais que la politique est une succession d'épreuves. J'ai toujours considéré que je pouvais prendre une balle, y compris judiciaire." On a pas mal de questions autour de cette idée.
Est-ce que, au fond, ça peut la servir, ce côté victimisation dans une campagne électorale? - S.Quéméner: Oui, notamment auprès de son propre électorat, pour qui on essaye toujours d'entraver M.Le Pen, entraver le RN et qu'on n'y arrive jamais.
On l'avait entendu au moment des législatives de 2024 après la dissolution. L'un des problèmes principaux de M.Le Pen, c'est le rapport à sa propre parole.
Elle a quand même beaucoup répété qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Souvenez-vous de F.Fillon: "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?" Mais il parlait de N.Sarkozy et il avait poursuivi sa campagne alors qu'il était mis en cause dans l'affaire P.Fillon.
La question pour M.Le Pen, c'est si elle trouve la rhétorique suffisante pour expliquer pourquoi elle est candidate malgré tout, alors qu'elle avait dit à plusieurs reprises qu'elle ne serait pas candidate si elle était sous bracelet électronique. - C.Roux: Elle peut obtenir des garanties sur les conditions de l'application.
Question. - J.Jaffré: J'aime bien le mot "cabossée".
Les électeurs aiment bien les candidats cabossés, en vérité. Ce n'est pas mortel. Il faut gagner un 2d tour d'élections, en revanche.
Ce n'est pas parce que votre électorat vous soutient que vous gagnez un 2d tour d'élections. Il faut être capable de dépasser les 50 %. C'est ça, la réflexion de M.Le Pen ce soir.
C'est pas la fidélité de ses électeurs qui doit être la préoccupation. C'est la capacité d'élargir l'électorat suffisamment entre les 2 tours pour gagner. - C.Barbier: Tout dépend qui est en face. - J.Jaffré: A priori, elle ne le sait pas aujourd'hui, sauf vous, peut-être.
Nous avons donc une incertitude sur ce terrain. Mais le juge d'application des peines, on a l'air de considérer qu'il va devoir dire...
C.Barbier a dit Qu'il fallait qu'elle fasse connaître ses lieux de campagne 15 jours ou 3 semaines avant. Je n'ai jamais vu ça en campagne.
Un juge d'application des peines qui dirait qu'il n'entrave pas la liberté de l'électeur et qu'elle peut faire sa campagne...
Ce bracelet électronique est donc une vaste rigolade. C'est le message envoyé aux Français. "Quand on met quelqu'un sous bracelet électronique, il fait ce qu'il veut." - C.Roux: Non, parce qu'elle est candidate à la présidentielle. - J.Jaffré: Dans ce cas, j'invite tous les prisonniers sous bracelet électronique à annoncer leur candidature. - A.-C.Bezzina: Il ne faut pas qu'on maximise le rôle du juge d'application des peines.
Il a un champ de compétence d'aménagement des peines. Mais ce n'est que l'aménagement. La peine est là et se substitue à de la prison ferme.
M.Le Pen est entourée de ses proches, mais aussi de ses avocats. Au 18 mars, elle aura la confirmation de sa candidature par le Conseil constitutionnel.
Comment est-ce qu'on pourra avoir ces messages avec des élus qui sont gênés aux entournures au moment de signer ça? Arriver à faire une candidature, même financière...
Quelle banque pourra les financer? Ils avaient déjà du mal à emprunter. Est-ce que, si elle repousse, parce qu'il peut y avoir ce côté flamboyant de se dire: "J'y vais malgré tout." Mais si le 2e candidat...
Est-ce qu'on va pas retomber sur la parenthèse du Trocadéro de F.Fillon, où on dit qu'on ne peut pas débrancher le candidat, parce que la candidature est trop avancée? Elle doit décider entre une forme de panache personnel...
La lecture du droit peut être une grave entrave à son parti. - C.Roux: Et l'option de "elle n'y va pas".
On va dire qu'elle se dérobe? - C.Barbier: Bien sûr. "Elle avait peur de l'obstacle, elle avait pas envie de ce destin." Ce soir, elle doit soit se dédire, soit se démettre.
Soit elle se dédit, soit elle se démet, elle a peur et elle transmet à J.Bardella. Néanmoins, tous ces éléments, ils étaient dans le débat depuis 2 ans.
Vous l'avez vue baisser dans les sondages? Est-ce qu'on n'est pas en train de surestimer l'impact sur l'opinion du délit commis? Une bonne partie des Français considère que cette histoire d'argent, c'est pas si grave par rapport à beaucoup d'autres choses.
Est-ce qu'on n'est pas en train de sous-estimer la colère populaire qui veut le RN quoi qu'il arrive, quel que soit le candidat, quoi qu'on lui colle comme étiquette, parce que c'est "eux contre nous"? On entend cette colère populaire. Les "gilets jaunes" ne vont pas dire qu'ils ne vont plus voter pour elle parce qu'elle a pris de l'argent dans les caisses européennes. - C.Roux: On va parler du côté interchangeable des 2 sur la partie économique.
Dans un instant, on sera en ligne avec J.Fourquet. Concernant M.Le Pen, il y a peut-être un doute ou un questionnement sur sa motivation, son envie absolue d'y aller.
D'où vient cette approche? - S.Quéméner: Contrairement à beaucoup de candidats à la présidentielle et d'hommes politiques, elle n'a jamais paru gagner par l'hubris.
C'est assez rare, à ce niveau de la politique. Dans toutes les déclarations qu'elle a pu faire, elle a des déclarations très rudes sur le plan politique. Mais sur le plan personnel, on ne l'a jamais prise à défaut d'une juste évaluation de ce qu'elle représentait.
Les journalistes qui suivent le RN et qui discutent avec elle trouvent quelqu'un en face d'eux qui est conscient de sa place dans la politique française, qui a du recul. C'est une partie de son storytelling, sa distance vis-à-vis de la politique, l'attentat contre son père, qui a façonné sa construction... - J.Jaffré: Elle avait 8 ans. - S.Quéméner: Il y a toujours un certain recul plus ou moins fin vis-à-vis de la chose publique qui fait qu'aujourd'hui, on a une M.Le Pen qui s'est effacée, qui a mis en scène son effacement au profit de J.Bardella.
Regardez ce qu'elle dit à Liévin...
Les hommes politiques tuent en général le dauphin, parce qu'ils n'ont pas envie d'être remplacés. - C.Roux: Elle a accompagné son ascension.
On a vu passer cette photo des deux s'embrassant avec une étreinte... - J.Jaffré: Surjouée. - C.Roux: Peut-être.
On va parler de cet attelage entre les 2 et du sort de J.Bardella qui est lié à la décision de M.Le Pen.
Depuis des mois, il s'est glissé dans le costume de candidat à la présidentielle. Le fidèle numéro 2 est passé devant M.Le Pen dans les intentions de votes.
Il a même commencé à faire entendre sa différence en matière économique. Avec le rôle de numéro 1 dans la lumière viennent aussi les 1res sorties de route. - C'est l'histoire d'une ascension éclair.
Janvier 2019, un jeune militant est propulsé sous les projecteurs. - M.Le Pen: J'appelle J.Bardella! - De lieutenant à potentiel président.
J.Bardella fait tout pour endosser le costume. Petit un: maîtriser sa communication.
Ca passe par les réseaux sociaux, notamment. Des vidéos dont la mise en scène n'est pas laissée au hasard. - J.Bardella: Française, Français... - Un animal médiatique qui, malgré tout, donne parfois l'impression de ne pas maîtriser ses sujets.
Ce jour-là, il est interrogé sur le chiffrage d'une de ces mesures. Deux agents de sécurité dans chaque gare en Ile-de-France. - Combien y a-t-il de gares en Ile-de-France? - J.Bardella: Dites-moi.
On est en train de chiffrer la mesure. Il doit y en avoir plus de 300. - On est à plus de 800. - Lui à qui ses adversaires reprochent souvent son manque d'expérience. - J.Bardella: Election de la commission... - M.Aubry: J'ai pas pour habitude de défendre monsieur Bellamy, monsieur Bardella.
Revenez au Parlement européen, on vous apprendra comment ça fonctionne. - Pour imposer son rythme, rien de mieux que d'écrire des livres et d'imposer des séances de dédicaces. Créer un lien entre lui et les Français.
Passage obligé de tout présidentiable. Son public est séduit. - C'est beau de voir un garçon comme ça qui a émergé.
Bravo! Je suis fier de lui. - Une façon de prendre la main sur son récit répété à l'envi sur les plateaux télé. - J.Bardella: J'ai grandi dans une cité modeste de Seine-Saint-Denis, dans un endroit où j'ai vu la souffrance des miens et de mes compatriotes.
J'ai vécu dans un territoire difficile. J'ai vu la souffrance. J'ai vu des fins de mois difficiles. - Mais celui qui se pose en défenseur de la France d'en bas, antisystème, s'affiche désormais en une de "Paris Match" avec une princesse, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. - J.Bardella: Des marches blanches, il y en a tous les jours.
Vous n'allez pas me reprocher de m'être exprimé sur cette affaire. Je fais ça tous les jours. Il se trouve que j'apprécie la F1. - Erreur de communication.
En interne commencent à poindre critiques et petites phrases en forme d'avertissement. - J.-P.Tanguy: Si le RN devait s'embourgeoiser un jour, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, ce serait fini. - Car J.Bardella rompt aussi avec la ligne politique de M.Le Pen.
Opération séduction auprès des patrons... - J.Bardella: Je crois dans la liberté d'entreprendre, la liberté de l'entreprise française.
On a besoin aujourd'hui de redonner de la liberté à ceux qui créent et innovent. - Un changement de pied qui n'échappe pas à ses concurrents. - E.Philippe: Le RN de monsieur Bardella est converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme et peut-être même, à la réforme des retraites.
Le RN de madame Le Pen, c'est l'inverse. Le RN, c'est un "en même temps" qui ne s'assume pas. - Alors, J.Bardella va-t-il finalement devenir le candidat?
Dans ce cas, quelle place demain pour M.Le Pen? P.Ballard a esquissé la semaine dernière un début de réponse. - P.Ballard: Elle aura un rôle, mais elle sera une tutrice.
Elle aura un rôle... - Le président de la République de la France peut avoir une tutrice? - Le destin de J.Bardella devrait être scellé dans les prochaines heures.
Les derniers sondages le placent légèrement plus haut que M.Le Pen. - C.Roux: Vous réagissez au mot "tutrice". - A.-C.Bezzina: Pour la juriste que je suis, j'imagine la souffrance de J.Bardella.
Le tuteur est celui qui gère le patrimoine d'un incapable majeur. Ca doit faire mal au coeur, même si on se doute que c'est cette idée d'avoir une figure tutélaire. Mais ça veut dire qu'on gère à la place de quelqu'un qui n'est plus capable, qui a été en incapacité de gérer ses droits.
J'imagine que c'est pas la posture qu'elle aura, même si ça veut quand même dire quelque chose du fait que cette figure, on a beaucoup de mal à la penser. Sous la Ve République, un binôme électif comme ça n'a jamais existé. Qu'elle soit aujourd'hui empêchée, avec en plus cette figure de la tutrice, ça amènera nécessairement à ce qu'elle garde une popularité dans son parti qui fera qu'elle aura nécessairement une magistrature morale, en plus sur un candidat dont on connaît la jeunesse dont on fera feu de tout bois du fait qu'il est très jeune et qu'il est peu amène sur certains sujets...
Ca peut vraiment l'amener à lui donner encore plus de capital confiance. - C.Roux: C'est intéressant comment on voit à quel point il s'est mis dans le costume.
Il avait intégré le fait qu'il serait celui qui porterait les couleurs du RN à la présidentielle. - J.Jaffré: Imaginons que ce ne soit pas le cas et que M.Le Pen soit candidate.
Il faudra redescendre un certain nombre de marches. Ce n'est pas facile pour lui de retrouver un rôle, même s'il jurera que c'est la bonne décision, que c'est ce qu'il fallait faire et qu'il a plaidé pour. Et je pense qu'il a certainement plaidé pour.
Mais il s'est effectivement installé quasiment dans la fonction. Et c'est souhaité par une partie importante du RN...
J.Fourquet nous le confirmera sans doute...
Les électeurs estiment qu'à choisir le candidat du RN, il fallait mieux choisir J.Bardella, le jeune, et éviter le nom Le Pen, porteur d'histoire trop lourde pour arriver à l'Elysée. Cela dit, le problème de Bardella...
Imaginons qu'il soit le candidat...
Le problème, c'est qu'il est peut-être le candidat mais qu'il risque de pas être le patron. Elle va continuer sa carrière politique. Elle va nous l'annoncer éventuellement ce soir.
Si elle dit qu'elle n'est pas candidate, elle continuera de se battre pour ses idées, pour les électeurs d'Hénin-Beaumont...
Qui distribue les investitures? Qui fixe la ligne politique de la campagne présidentielle? C'est une situation explosive pour le RN.
C'est ingérable. Si le président potentiel de la République n'est pas le patron, nous sommes dans une crise de régime avant même l'élection, donc des 2 côtés, quelle que soit la décision, elle a ses inconvénients. - A.-C.Bezzina: Sachant qu'elle reste la présidente du groupe parlementaire.
Il y avait une petite incertitude quant au pourvoi en cassation, qui est un peu technique, mais là, dans tous les cas, elle garde la présidence du groupe parlementaire. - C.Roux: C'est intéressant, ce que vient de dire J.Jaffré sur "c'est pas la même chose que d'être empêché par les juges et d'aller dénoncer la République des juges et de se dire qu'on se met en retrait contraint et forcé", que de dire "je n'y vais pas mais mais je garde une capacité d'action." - C.Barbier: Ca montre qu'elle a un problème par rapport à cette capacité d'action.
A chaque fois, on lui demandera pourquoi elle ne s'est pas portée candidate quand on lui demandera son avis sur une question. S'il est candidat, il n'aura pas d'autre solution que de s'émanciper très vite de cette tutrice encombrante. Il a été le fils loyal depuis qu'elle a été condamnée.
On ne l'a pas pris en flagrant délit de dire que c'est finalement lui le candidat et vivement qu'elle débarrasse le plancher...
Là, pour sa crédibilité, il sera obligé de prendre ses distances avec M.Le Pen, d'autant qu'il sera tout seul pour gagner 2 élections, la présidentielle et les législatives. Il aura besoin de l'union des droites.
Si elle est présidente de la République, ça ne sera pas son problème. Il aura le droit de faire des alliances, comme il l'a déjà fait avec Ciotti. Mais si c'est lui qui est tout seul à la manoeuvre, ça ne va pas être simple. - C.Roux: On va en parler avec F.Guinochet.
Vous êtes éditorialiste économique à franceinfo. C.Barbier disait qu'il s'est émancipé.
On a bien vu dans ce reportage à quel point il s'est glissé dans le costume, prenant même des libertés, notamment sur la partie économique, se mettant dans une forme non pas de clivage mais de différentiel vis-à-vis de ce que dit M.Le Pen. Evidemment, la décision de ce soir va beaucoup impacter la ligne du parti sur l'économie. - F.Guinochet: Effectivement.
J.Bardella est beaucoup plus libéral que M.Le Pen à plusieurs titres.
Il a fait une opération séduction auprès des patrons, en leur expliquant qu'il allait baisser massivement les impôts, en leur expliquant aussi que la fiscalité sur les grandes entreprises n'est pas la bonne, alors que M.Le Pen était pour une taxation des superprofits...
Pendant longtemps, avec les grands patrons, elle les appelait les "faux patrons", par opposition aux petits patrons. Pareil sur la réforme des retraites, M.Le Pen reste attachée...
Le RN a laissé tomber les 60 ans, le retour de l'âge légal à 60 ans, mais l'idée de J.Bardella, c'est de s'exonérer, par exemple, d'un âge légal, alors que M.Le Pen reste plutôt attachée aux 62 ans...
Elle fait très attention à ne pas perdre le vote populaire, à rester proche des classes populaires, alors que J.Bardella est vraiment dans une opération séduction qui l'amène à être beaucoup plus libéral sur la partie économique. On l'a vu.
Il a tout fait pour. Il a écrit aux chefs d'entreprise. Il a été reçu au Medef, à l'université du Medef l'année dernière, fin août.
Il y a eu ce fameux déjeuner avec le bureau exécutif du Medef...
Il fait vraiment tout pour séduire les patrons, en expliquant... - C.Roux: Attention à vos papiers!
On ne vous entend plus. - F.Guinochet: Pardon...
En expliquant que le vote doit se faire avec l'élite économique, alors que M.Le Pen a rencontré les patrons, notamment des grands patrons. On a évoqué un dîner avec P.Pouyanné, B.Arnault, des capitaines d'industrie...
Avec ces grands patrons, elle s'est montrée quand même encore très étatiste. L'importance de l'Etat, beaucoup plus réservé...
Pour les milieux économiques, J.Bardella apparaît comme plus malléable, plus libéral, plus pro-business. Ils se disent que, finalement, ce sera plus facile de faire valoir leurs intérêts avec un J.Bardella qu'avec une M.Le Pen qui a de l'expérience, qui aura la dent un peu plus dure, qui ne voudra pas s'éloigner des classes populaires, qui, sur un certain nombre de sujets, notamment la retraite, restera assez ferme pour un âge légal autour de 62 ans. - C.Roux: Merci beaucoup.
C'est parfaitement clair, cette démonstration. Ca illustre bien ce qui se joue aujourd'hui. C'est pas simplement une question de personne, d'états d'âme, de si on y va ou pas...
C'est aussi la ligne économique du futur candidat à la présidentielle du RN qui va se jouer là. - A.-C.Bezzina: Est-ce que, pour autant, je pose un pavé dans la mare, cette ligne économique a véritablement du poids politique?
Je n'en suis absolument pas convaincue, eu égard à une expérience récente qui est celle du budget pour 2026, Où le RN s'est illustré par un "en même temps" particulièrement rocambolesque où, dans la même journée, on votait parfois un impôt sur les hautes sociétés et parfois une exonération. J'ai le sentiment que dans leur électorat, cette question de la rigidité ou non, du caractère pro-business ou pas n'imprime qu'assez peu, ce qui ravive mon sentiment que le vote RN est aussi un vote de projection. On met beaucoup de choses à l'intérieur.
Cette question de la ligne économique et de la rationalité n'est pas la première préoccupation. - C.Roux: On va en parler dans un instant avec J.Fourquet, qui nous donnera le mot de la fin.
Cette question est intéressante. - S.Quéméner: Il y a quand même quelque chose qui les soude: les sondages.
Quel que soit le candidat, il arrive en tête aujourd'hui au 1er tour de la présidentielle. C'est beaucoup trop tôt pour parler de 2d tour. Ca oblige à une forme de cohérence extérieure.
Peut-être qu'on ne saura pas tout de suite ce qui s'est passé lors de cette réunion qui a duré des heures au siège du RN, mais ils ont quand même intérêt à faire bloc dans le but de l'emporter. Ils ne sont absolument pas certains de gagner la présidentielle. Mais c'est vrai qu'on a bien vu, en écoutant quelqu'un comme J.-P.Tanguy par exemple...
Il souhaite que ce soit M.Le Pen pour des raisons de ligne, d'affichage, de personnalité. Il préfère que ce soit M.Le Pen.
Ca va être très intéressant de voir la manière dont ils réussissent à mettre sous le tapis des divergences personnelles et un peu politiques. - C.Roux: C'est pas la 1re fois que le calendrier judiciaire se heurte à celui de candidat à la présidentielle ou que les affaires viennent parfois entraver les ambitions de prétendants à l'Elysée.
Quand les juges rebattent les cartes du jeu politique... - L'image fait immédiatement le tour du monde.
D.Strauss-Kahn menotté, escorté par la police. - Le directeur du FMI convoqué aujourd'hui devant la cour de New York. - En état d'arrestation après des accusations explosives d'agressions sexuelles. - Une tornade médiatique.
Patron du FMI, grand favori pour les présidentielles de 2012, il est accusé de tentative de viol par une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan, où il séjournait. - Il m'a sauté dessus et m'a attrapé mes seins. "Non, ne soyez pas gênée!" Je lui ai dit: "Je ne veux pas perdre mon travail." - La machine judiciaire est lancée.
Les conséquences politiques sont immédiates. - D.Strauss-Kahn: Je voulais être candidat.
Tout ça est derrière moi. Je ne suis évidemment pas candidat. - Quand les affaires bousculent les destins politiques...
Quelques décennies plus tôt, un autre scandale vient déjà percuter la présidentielle. V.Giscard d'Estaing aurait reçu des diamants du dictateur de Centrafrique Bokassa.
Légale mais immorale, l'affaire le poursuit pendant toute la campagne. - V.Giscard d'Estaing: Ce cadeau, ces cadeaux, ils sont restés à l'Elysée.
Je ne m'en suis jamais occupé. Lorsqu'il y a eu un nouveau chef de l'Etat centrafricain, je lui ai indiqué qu'ils seraient vendus et que le produit serait versé à des oeuvres centrafricaines. - Ca a été fait? - V.Giscard d'Estaing: Oui. - Il perd l'élection quelques semaines plus tard.
Ce journaliste venait d'arriver au "Canard enchaîné", le journal à l'origine de l'affaire. - Cette affaire a visiblement pesé dans sa non-réélection. On ne prétend pas que nous sommes faiseurs de roi mais plutôt défaiseurs de roi. - La plus grande révélation du journal reste sans doute le Penelopegate.
En 2017, F.Fillon fait campagne sur le thème de la probité. - F.Fillon: Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen? - Quelques mois après avoir prononcé cette phrase, F.Fillon est mis en examen, suspectée d'emplois fictifs.
Son épouse, P.Fillon, aurait perçu un salaire d'attachée parlementaire sans avoir réellement exercé la fonction. - F.Fillon: Son salaire était parfaitement justifié parce que son travail était indispensable à mes activités d'élu. - Mais une archive oubliée vient accabler un peu plus le candidat: cette interview donnée par son épouse à un médial britannique quelques années plus tôt... - P.Fillon: Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre.
Je ne m'occupe pas non plus de sa communication. - Acculé, F.Fillon crie au complot. - F.Fillon: Nombre de mes amis parlent d'un assassinat politique.
C'est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n'est pas moi seulement qu'on assassine. C'est l'élection présidentielle. - F.Fillon ne passera pas le 1er tour de l'élection présidentielle.
Toutes les informations sorties par "Le Canard enchaîné" seront plus tard confirmées par l'enquête judiciaire. - On est conscients que les répercussions peuvent être importantes. On le sait au départ.
Mais on ne publie pas d'informations sans les avoir vérifiées plutôt 3 fois que 2. C'est d'utilité publique de sortir une affaire avant une élection plutôt qu'après, non? - F.Fillon a été condamné définitivement dans cette affaire à 4 ans de prison avec sursis, 375 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. - C.Roux: Après ce reportage, on peut se poser la question avec J.Fourquet des conséquences que cela pourrait avoir dans l'opinion.
Merci d'être avec nous. Vous êtes politologue, directeur du département opinion de l'institut de sondages Ifop. On a beaucoup de questions de la tonalité de celle-ci.
A votre avis, est-ce que ça peut peser dans l'opinion? Ca peut la gêner si elle décidait d'y aller dans sa campagne? - J.Fourquet: Il faut avoir en tête que l'électorat du RN est un électorat à part.
Il se caractérise par un réflexe antisystème très prononcé. Il se vit comme étant victime d'un système politico-médiatico-judiciaire qui vise à freiner l'accession au pouvoir de sa candidate ou de son candidat. On a un précédent qui vaut ce qu'il vaut...
Dans cette affaire judiciaire, L.Aliot, lui aussi, a été condamné. Nous avions sondé les électeurs perpignanais, notamment ceux qui envisageaient de voter pour la liste de L.Aliot aux dernières municipales, en leur demandant si ça changerait leur comportement électoral s'il venait à être condamné.
Huit sur dix nous disaient que cela n'influerait pas sur leur vote et 10 % de ces électeurs disaient même que ça les inciterait plutôt, ou que ça les conforterait dans leur opinion. Au bilan, L.Aliot a été réélu dès le 1er tour des municipales à Perpignan.
Vous me direz que ce n'est qu'une élection municipale, que c'était Perpignan mais c'est quand même une grande ville. Il faut avoir en tête ce réflexe de citadelle assiégée dans lequel se vivent beaucoup d'électeurs du RN et leur très forte envie aussi de voir enfin, de leur point de vue, se concrétiser cette alternance qu'ils appellent de leurs voeux depuis très longtemps. - C.Roux: On se disait depuis le début de l'émission, au fond, que les juges ont remis à M.Le Pen le choix d'aller ou non se présenter à la présidentielle.
Est-ce que, dans les sondages, dans les enquêtes d'opinion, elle peut trouver un élément de réponse pour laisser le plus de chances possibles au RN d'accéder à l'Elysée? - J.Fourquet: Si elle se base sur les enquêtes et les sondages, différents éléments plaideraient plutôt pour un scénario qui semblait se dessiner déjà aux yeux de l'opinion, à savoir le fait qu'il y ait un plan B qui s'appellerait J.Bardella.
Quels sont les éléments qui plaident en ce sens? Les intentions de votes de 1er tour...
Ce ne sont que des intentions de votes, on est encore loin du scrutin...
La dernière de l'Ifop indiquait que face à E.Philippe et d'autres candidats putatifs, J.Bardella serait crédité aujourd'hui de 36 % et M.Le Pen de 32 %.
C'est la 1re fois que J.Bardella verrait son potentiel électoral être supérieur à celui de M.Le Pen.
Si on s'interroge maintenant sur le pronostic formulé par les Français par les électeurs du RN, en avril dernier, trois quarts des Français pensaient que J.Bardella serait candidat contre seulement 52 % qui pensaient que M.Le Pen le serait.
Dans la difficulté, dans l'épreuve qui frappe le RN, un élément positif est advenu: le fait que la foudre soit tombée il y a longtemps déjà, c'est-à-dire le 31 mars 2025 avec la 1re décision de justice. Cela a permis aux militants, aux sympathisants et aux électeurs de se faire à l'idée que peut-être, M.Le Pen ne serait pas en capacité de se présenter, et donc, pendant tout ce temps, il y a eu cette longue gestation qui a permis la mise en orbite du candidat J.Bardella, sachant que celui-ci a montré ou a fait preuve d'une certaine efficacité électorale, non pas simplement dans les sondages, mais également dans les urnes.
Sous sa direction, le RN a franchi la barre des 30 % aux élections européennes de 2024. Le RN et ses alliés ciottistes ont fait plus de 30 % des voix au 1er tour des législatives. Pour les électeurs et les sympathisants du RN, ce n'est pas aujourd'hui un saut totalement dans l'inconnu que d'opter pour une candidature Bardella, mais bien évidemment, le choix souverain incombera à M.Le Pen.
Il y aura sans doute quelque chose qui rentrera en ligne de compte: quel est l'état des rapports de force internes au sein du parti? Cela peut, en partie, conduire M.Le Pen à décider ou non de se présenter.
Cette famille, Au sens propre du terme comme au sens politique du terme, a été frappée, marquée par l'épisode de la division entre Mégrettistes et Lepénistes. Une des soeurs de M.Le Pen avait pris fait et cause pour B.Mégret.
Cela avait coûté très cher en termes électoraux... - C.Roux: Cela avait laissé de mauvais souvenirs dans le parti de Jean-Marie Le Pen.
Vous pouvez rester avec nous. On va répondre aux questions des téléspectateurs. Question. - A.-C.Bezzina: Assurément non.
C'est une justice pénale qui a des conséquences politiques. Pour la première instance, c'était la même chose. La décision est différente par rapport à des éléments différents, par rapport à un niveau de culpabilité différent.
Il y avait moins de prévenus. On ne peut pas vraiment dire que ce soit ni un cadeau ni quelque chose qui a eu une influence politique. C'est de remettre l'accent sur la peine.
La culpabilité a toujours été martelée. La chefferie de ce service...
Il faut le garder en tête. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Non.
Au contraire, c'est un non-cadeau. C'est resté dans le domaine juridique. La décision politique d'y aller ou pas n'est pas prise par la justice.
Elle sera prise par M.Le Pen. Elle peut tout à fait être candidate à la présidentielle.
Rien dans nos textes ne dit que quelqu'un condamné n'a pas le droit de se présenter s'il est éligible. Sans remonter jusqu'au général de Gaulle qui avait été condamné à mort...
C'était quand même des circonstances historiques très différentes...
F.Mitterrand a eu une levée d'immunité parlementaire dans l'affaire de l'Observatoire. C'était gravissime.
Ca ne l'a pas empêché d'être candidat. J.-L.Mélenchon, quand il a été condamné après la perquisition empêchée de 2018, en 2022, il récolte un gros pourcentage. - C.Roux: Question. - C.Barbier: C'est fait. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: C'est très difficile pour M.Le Pen d'accepter de passer au rôle de seconde.
Elle a toujours dit qu'elle ne serait pas la Première ministre de J.Bardella. Cette hypothèse n'est donc pas envisageable pour M.Le Pen.
C'est: soit j'y vais malgré les risques que je prends et que je vais fais prendre à ma formation politique, soit je laisse J.Bardella, mais je continue à faire de la politique à ses côtés. Cela ne serait pas forcément un cadeau pour monsieur Bardella. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Pas sûre.
J.-L.Mélenchon est resté très, très prudent aujourd'hui.
Ceux qui se sont plutôt exprimés, ce sont les socialistes en parlant de délinquants et de parti de brigands. J.-L.Mélenchon n'a pas tellement intérêt à aller vraiment sur ce sujet.
Il rêve d'être face au RN au 2d tour de la présidentielle. Il sait aussi qu'il y a ce ressort populaire très profond...
Le peuple contre les élites...
Il en joue aussi, quelque part. - C.Barbier: Il a un rapport très vindicatif face à la justice.
Il a une kyrielle de procédures pour apologie du terrorisme dans sa propre famille politique. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Non.
M.Le Pen pourrait tout à fait dire que c'est une situation confuse qui n'était pas prévue. "Mon sentiment Itait de ne pas y aller si j'avais un bracelet électronique.
Mon entourage me dit que...
J'ai du mal à cerner la contrainte exacte qui pèsera sur moi, pendant combien de temps et avec quelles entraves à ma campagne...
J'ai besoin d'éclaircir ces points en réfléchissant et en rencontrant le juge d'application des peines." Elle pourrait bien demander du temps. - S.Quéméner: On voit bien que ce cas n'a pas été anticipé.
Ce rendez-vous de mardi soir au 20h, on le sait depuis 3 ou 4 jours que si c'est J.Bardella, ils doivent faire un meeting avant dimanche. Ils sont allés un peu vite en besogne.
Ils n'ont pas laissé cette possibilité ouverte. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Si.
Les montants sont quand même beaucoup moins astronomiques et c'est sur une plus petite affaire, mais il y a quand même une question de son salaire pendant une période d'assistanat parlementaire, un peu sur des faits identiques sur lesquels il est personnellement en cause. - C.Roux: Il y a eu une perquisition au siège du parti.
Question. Ca parle de mauvaise image pour la France...
Vous êtes avec nous, J.Fourquet? C'était une remarque d'un téléspectateur sur l'image de la France...
La voici. - J.Fourquet: Effectivement, mais vous avez passé dans le reportage précédent l'affaire Strauss-Kahn et l'affaire Fillon...
Tout cela entretient un fossé croissant entre les Français et leurs responsables politiques. Différentes enquêtes nous montrent qu'on a à peu près deux tiers des Français qui considèrent que les hommes politiques, de manière générale, sont malhonnêtes ou corrompus. - C.Barbier: Vous avez l'Espagne en ce moment, l'Angleterre avec N.Farage et le prince Andrew...
Peu de démocraties échappent à cela. Quant aux Etats-Unis avec D.Trump, c'est encore une autre dimension. - C.Roux: Question.
Vous l'avez un petit... - C.Barbier: Je trouve que ça sera très difficile.
Le candidat Bardella sera obligé de s'émanciper très vite. Ca va créer des tensions ou provoquer le retrait de M.Le Pen.
Elle serait réélue députée sans problème, mais pour être quoi, être présidente de l'Assemblée nationale? Je ne suis pas sûr que ça tienne longtemps. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Ce serait compliqué mais rien ne l'interdit.
Il faut surtout imaginer son premier déplacement officiel sous le contrôle des juges avec son bracelet. Ca risque d'être compliqué. - J.Jaffré: C'est un argument assez puissant contre sa candidature.
Ca provoquerait une campagne acharnée. - C.Barbier: Tout en ayant obtenu le droit de ne plus porter le bracelet.
Elle peut demander le droit d'en être libérée. - C.Roux: Elle n'aura pas ses réponses dans l'après-midi. - A.-C.Bezzina: Même le juge d'application des peines ne pourra pas le dire tout de suite.
Il faut des preuves suffisantes de réinsertion au bout d'un certain temps. - C.Roux: Merci à tous d'avoir participé à ce "C dans l'air" rediffusé ce soir.
Nous retrouvons l'équipe de "C à vous". Bonsoir.
Marine Le Pen