Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSénat (sur YouTube)· 29 mai 2026 64 min

Universités : La formation en sciences humaines et sociales

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

sans doute là, ils ont des obligations d'hydratation à satisfaire. Vous savez, le Sénat fait extrêmement attention à la santé de ses locataires. Donc voilà.

Donc vous êtes la présidente de la conférence des doyens d'unité de formation et de recherche en art, lettrre, langue et sciences humaines, madame Danielle Cal. Et euh nous, je vous rappelle un certain nombre de points mais que vous connaissez sans doute parce que vous avez peut-être suivi les auditions antérieures que notre commission d'enquête a été créée par le Sénat à l'initiative du groupe les Républicains qui en a confié le rapport à madame Laurence. Laurence Garnier et notre objectif c'est vise à établir un état des lieux partagés du modèle universitaire français et à identifier les leviers permettant d'améliorer la qualité du service public de l'enseignement supérieur dont l'université le socle. la déclaration de principe pour nous alors que nous avons entendu les doyens en droit des présidents d'université plutôt scientifique, il était important de de vous donner la parole pour que vous fassiez état des spécificités des disciplines que vous représentez dans les UFR d'art, de lettrre, de langue et sciences humaines et et sociales.

Nous avons nous des grandes interrogations générales qui qui sont pas très originales, c'est d'abord réfléchir sur les forces et les faiblesses du modèle universitaire français, essayer de déterminer les marqueurs de l'excellence académique et je sais que en sciences humaines et sociales pour les avoir pratiqués, il y a des spécificités qui sont pas toujours reconnues par les standards académiques. Vous me ferez grand plaisir de dire quelques mots sur la place du livre dans vos dans vos disciplines. J'ai toujours eu de grandes difficultés à faire comprendre notamment que la politique de la science ouverte avait des difficultés à s'appliquer dans des milieux où le livre était très présent.

Mais je veux pas aller plus loin sur ce registre. Ce que je je vous propose, c'est de commencer cette audition par une prise de parole liminaire d'environ 10 minutes et ensuite je passerai la parole à à ma collègue Laurence Garnier qui vous posera des des questions et auxquelles vous répondrez de façon relativement synthétique, ce qui permettra d'avoir un un dialogue Bonjour chers collègues. d'avoir un dialogue dynamique.

Mais avant de vous céder la parole, je dois je dois procéder aux formalités d'usage. Et vous rappelez que comme nous sommes dans une commission d'enquête, un faux témoignage devant cette commission est passible des peines prévues aux articles 434-13-14-15 du code pénal. Et je vous invite, madame la présidente, à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure.

Je le jure. Merci. Je prends acte de votre serment.

Je souhaite par ailleurs que vous nous fassiez part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de notre commission d'enquête. Vous êtes là escalité donc vous n'en avez pas. Et je me permets de vous informer que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat.

Madame la présidente, je vous cède la parole pour environ 10 minutes. Euh représenter les arts, les lettres, les langues et les sciences sociales est une lourde tâche dans la comme toutes celles qui sont bien sûr qui confè aux directions de du FR et aux conférences de doyens. Mais il est évident, comme vous l'avez stipulé il y a quelques minutes, que les arts, les lettres, les langues et les SHs SHs en général souffre aujourd'hui d'un manque de reconnaissance et de différentes euh critiques plus ou moins justifiées.

Bien sûr, je dois d'abord souligner le fait que les critiques, si on peut appeler ça des critiques apportées à aux arts, aux lettres, aux langues, au SHS en général ne concernne pas la France en particulier, mais sont un phénomène global. On voit euh dans les pays euh nos pays voisins ou comme plus lointain des fermetures de entières de ce qui correspond à nos à nos UFR de facultés euh de facultés de langues, de facultés de lettres et cetera au bénéfice de grandes univers de grandes UFR de appelé humanité. On ne sait pas trop, enfin bien sûr, on connaît la définition des humanités, mais ces UFR, ces facultés d'humanité tendent à remplacer et à réunir tout ce qui concerne les sens humaines et sociales dans bon nombre de pays, y compris en France où on voit la disparition de du FR de langue en proprement parlé et du FR de lettre à proprement parlé au bénéfice également de grandes UFR. faire de grandes facultés art, lettre et langue.

D'ailleurs, et c'est je pense que le fait que je sois ici en en qualité de présidente de la conférence et directeur du FR, lettrre et langue et SHS en général en est le reflet. C'est-à-dire que il y a encore quelques années, j'aurais pu venir en qualité de président des la conférence des directeurs du FR de langue puisque c'est ma ma spécialité. Ce n'était pas c'était chose courante d'avoir des très gros UFR de langue.

Aujourd'hui, c'est de moins en moins le cas. De la même façon en lettrre et en art où il y a des regroupements de ces disciplines au profit donc de de plus grande ou plus soutenable puisque c'est le mot clé actuellement euh faculté des pour les humanités. Bon, encore une fois, c'est un phénomène qui n'est pas qui n'est pas euh limité à la France, mais que l'on voit évidemment de plus en plus.

Vous avez tout à l'heure vous m'avez vous avez commencé notre entretien en me prévenant que nous allons parler de la place du livre. La place du livre certes, mais la place de toutes nos disciplines littéraires et remise en cause la plupart du temps. Je le développ j'ai je le développerai plus tard, je pense au regard des questions que vous m'avez posé vous m'avez proposé, mais euh c'est un fait que nous souffrons d'un déficit de de crédibilité, je dois dire, et surtout d'employabilité et de on va employer le grand mot d'utilité et c'est ce dont souffrent nos disciplines actuellement. bien sûr à tort ce que je vais essayer de de prouver mais euh c'est un phénomène qui se généralise euh dans la mesure où nos UFR sont de de plus en plus petites ou alors au contraire euh bénéficie si je puis dire de de regroupement.

Évidemment, le mot clé mais qui qui qui a trait à l'université toute entière, ça va être la question des financements bien sûr puisque euh l'unique l'unique souci des mis en avant actuellement et se résume par le mot de soutenabilité. Donc est-ce que une philosophie est souten une pardon un département de philosophie est soutenable ? Est-ce que un département de en en langue considéré comme des langues moins choisi, on va dire, par les étudiants et soutenables et cetera.

Donc nous souffrons de cette de ce manque crucial de moyens dont souffre toute l'université en général mais qui est le plus en plus patent dans nos disciplines. Évidemment à nous de faire preuve de d'utilité et c'est bien sûr ce ce à quoi nous nous attachons la plupart du temps. Voilà, je pense avoir résumé la situation et répondrai volontiers à vos questions.

Madame la rapporteur, vous avez la parole pour une série de questions réponses synthétiques. Merci madame la doyenne pour ces propos liminaires. On va entrer tout de suite dans le vif du sujet comme vous l'avez fait vous-même en expliquant le déficit d'employabilité et d'utilité, le mot que vous avez utilisé.

On est, je crois, je pense pouvoir parler au nom du président et en mon nom propre, l'un et l'autre convaincu de la nécessité de ces humanités pour prendre le sens, le terme que vous avez utilisé. Euh et ce qui nous intéresse, c'est de regarder quelle place elles peuvent doivent prendre, comment elles doivent le prendre au sein du paysage universitaire français dans son ensemble. Euh une première question très simple et directe, vous le savez, on y est revenu plusieurs fois au cours des auditions précédente.

Euh il y a un échec qui est important, un échec étudiant qui est important en première année. C'est un phénomène qui nous interpelle parce qu'il est plus élevé qu'ailleurs, même si ces chiffres sont toujours à prendre avec des des précautions importantes. Ce qui ce qu'on a observé que nous ont remonté un certain nombre de personnes auditionnées avant vous, c'est une forme de distorsion de la façon dont le le schéma a été pensé initialement, c'est-à-dire concrètement des filières générales d'université notamment en lettrre, en langue et en art qui était ouvert à des étudiants diplômés d'un bac général avec ensuite des filières BUT, BTS plutôt fléché pour des étudiants issus de bac technologique et professionnel.

Ce que nous ont remonté un certain nombre de vos prédécesseurs, c'est que aujourd'hui ces filières BTS, BUT sont perçues comme sélectives. Que de ce fait, un certain nombre de titulaires du baccalauréat général s'orientent vers ses filières, embouteillant ainsi euh ces ces formations-là et renvoyant les étudiants issus des bacs techno et professionnels vers des filières générales de l'université. Est-ce que vous partagez ce constat ?

Est-ce que vous pouvez nous dire dans quelle mesure il vous concerne dans vos filières ? Je vais dire humanité pour être brève mais art, lettrre, langue, science humaine et social. Oui.

Alors, je partage, j'allais dire évidemment ce constat qui est lié en partie à à le grand mot parcours supon de nos formations ne sont pas sélectives et de fait des étudiants qui souhaitent poursuivre à l'université vont émettre des vœux en priorité sélectif où ils ne seront pas acceptés pour se rabattre. ces choses dire sur des filières non sélectives qui ne sont pas en sous tension parce qu'une filière sous tension est de facto sélective donc ils vont se rabattre sur des filières donc qui ne sont pas sous tension et qui ne correspondent pas à leur profil et c'est un gros souci dans la mesure où euh ces étudiants euh n'ont dans leur au cours de leur de leurs études secondaires pas étudier les matières auxquelles ils vont être confrontés à l'entrée de l'AL1 sur parcours sub bien sûr nous nous sommes appelés à émettre à à à lister les attendus des filières et malgré ces attendus les étudiants postulent dans nos formations pour sécuriser une place à l'université dans l'espoir alors on a on a différents cas on a le le plus fréquent est souvent l'espoir d'une réorientation qu'ils n'auront pas puisque leur dossier est insuffisant et que les places vont être prises par les L1 qui auront été sélectionnés eux dès le sud de la sortie du bac. Donc l'espoir d'une réorientation, on le dit à nos collègues du secondaire, malheureusement sans beaucoup d'effets.

Euh ensuite, on a les étudiants qui se disent "Bah, je vais en profiter pour me cultiver, pour avoir accès à une meilleure culture et cetera, mais ils sont confrontés à bah un gouffre entre la sortie du lycée et ce qu'on exige de Alors, évidemment, nous essayons de remédier à tout ça, mais euh on ne peut pas euh du soir au matin demander un étudiant de compenser et nous avec malgré tous les efforts que l'on peut euh prodiguer, on ne peut pas compenser les 7 années collèges lycées où ils auraient dû étudier les matières qu'ils ont choisi. Et puis la troisème la troisème la troisème situation qui est la bien sûr la la plus regrettable, c'est l'échec. euh l'échec et le manque de motivation totale.

Ils sont là et ils ils constatent que ça ne les intéresse pas et c'est normal. C'est tout à fait normal. et on a beau prodiguer être essayer de de multiplier les ressources et cetera, l'invention pédagogique, on ne donc à mon sens, il y a un manque d'information dès le secondaire et euh surtout surtout ça et un manque d'information général dans la mesure où l'université est un prolongement du secondaire.

Alors, on peut penser que l'université est un nouveau départ, mais on a ce constat justement de plus en plus. On a l'impression que pour bon nombre d'étudiants, y compris pour les étudiants qui sont motivés, qui ont choisi leur filière et cetera, il considèrent plus ça comme un nouveau départ que pour comme un prolongement du secondaire. Et ça c'est quelque chose que que nous déplorons.

Merci beaucoup. Euh si je j'entends bien vos propos et vous l'avez expliqué, vous accueillez donc dans vos filières un certain nombre d'étudiants dont vous savez par expérience qu'il risque fortement de ne pas réussir. Évidemment, l'exception est toujours possible.

Est-ce que vous avez une idée du pourcentage d'étudiants que cela représente dans vos filières non sélectives et non sous tension comme vous l'avez dit ? Le pourcentage est assez important. Euh même si vous avez pas un chiffre précis qu'on a un étalonnage, vous voyez.

Oui, un étalonnage, on peut dire au moins 30 à 40 % des étudiants. Voilà. D'accord.

OK. D'accord. Alors, ça dépend si on voit en lettre, il y a moins ce phénomène parce que les en lettre pure, j'allais dire.

C'est-à-dire que dans si l'étudiant qui va choisir philo, il choisit pas philo par hasard. l'étudiant qui va même en lettre moderne, ils savent qu'ils vont devoir lire des livres, ils savent que ça va être une un cursus classique. En revanche, en art, pareil en sciences humaines et sociales, tout ce qui est psycho et cetera aussi d'ailleurs, il y a une sélection làà déjà donc pour passer la la l'obstacle des des sélections, il faut un dossier qui qui soit recevable.

Euh en langue, on on retrouve ce phénomène assez souvent puisque les étudiants euh euh pensent que ça va ça va servir et que il y aura il y aura il y aura également une une mise animaux voir euh un apprentissage. On nous offrons des langues en apprentissage grand débutant bien sûr. C'est d'ailleurs une question que nous nous posons le plus savoir de du grand débutant qui doit être peut-être proposé sûrement proposé même.

Donc une moyenne que vous évalueriez à 30 40 % moins importante en philo ou en psycho où effectivement on sait que l'entré en première année est vraiment sous tension. Et donc ça concerne plutôt la filière langue majoritairement. C'est ce que vous diriez.

Et vous avez d'autres filières qui vous qui vous semblent marqué par le même phénomène ? Malheureusement, je crois que c'est en langue que ça se concentre. C'est surtout en langue.

D'accord. Très bien. Merci.

Merci pour vos propos. Merci pour ces précisions. Euh concernant les dispositifs d'accompagnement à la réussite, sans forcément tous les détailler avec les limites que vous venez de décrire parce qu'effectivement un étudiant qui s'aperçoit que ça ne l'intéresse pas du tout, c'est pas forcément pertinent de déployer des dispositifs d'accompagnement.

Est-ce que vous utilisez dans Parcours suple dispositif ? Oui. Si.

Je vois que ça réveille en vous. Oui. Oui.

Euh nous l'utilisions quand le ministère nous donnait les moyens de l'utiliser. D'accord. à savoir les deux premières années, nous utilisions effectivement euh les financements alloués par le ministère dédié à la remédiation WISI et ça avait un grand succès.

Euh nous organisions à peu près 3 semaines à mois de ce que nous appelions de stage intensif de remédiation, que ce soit en français ou en langue. Encore une fois, c'est très concentré en lettrre et en langue dans la mesure où les étudiants ont véritablement besoin de de de revoir l'expression française et le niveau en langue. Et oui, effectivement, c'était très utilisé.

Malheureusement, les dispositifs, on a les fonds alloués ont été largement réduits. Et par ailleurs, nous avons constaté également que les étudiants qui étaient pris ensi considéraient ça comme une stigmatisation et choisissait les f les filières. Apparemment, je suis pas la première à vous avoir dit ça.

Voilà. Et choisissait les universités qui les qui les prenaient sans condition. il se sentait stigmatisés.

Euh donc nous avons évidemment nous-même nous nous sommes censurés, autocensuré. C'est-à-dire que au bout de la 3e année, quand nous avons fait ce constat que les étudiants nous ont nous ont fait part de leur frustration d'être pris en haut ici, euh nous avons D'accord. Vous avez arrêté ?

On a arrêté. OK, très bien. Ce qui est bien dommage sans doute, mais enfin on est là aussi pour comprendre la réalité de ce que vous vivez et de ce qui vous paraît opportun compte tenu de ce que de ce que vous connaissez.

Euh très bien, merci beaucoup. Un point là aussi pour revenir sur votre propos liminaire puisque les formations en sciences humaines et sociales et vous l'avez dit sont dans le discours commun souvent des peintes comme ne permettant pas ou en tout cas difficilement aux étudiants d'accéder à des postes de cadre en adéquation avec leur formation. Est-ce que vous pouvez nous faire part des constats que vous dressez en matière d'insertion professionnelle des étudiants de ces disciplines aux deux niveaux ? de licen et de master avec une licence en poche avec un master en poche.

J'imagine que ça doit changer sensiblement les choses. Et est-ce que vous pouvez nous dire les actions que vous menez en faveur de l'insertion professionnelle des étudiants issus de vos filières ? Puis après, j'aurai une petite question plus spécifique peut-être pour tenter d'avancer sur des solutions permettant de réhabiliter.

Réhabiliter oui, on peut quand même peut-être utiliser ce terme ces disciplines là. Donc là vraiment sur l'insertion professionnelle après une licence, après un master. Oui, contrairement aux idées reçues, il y a une bonne insertion professionnelle, c'est-à-dire que nos étudiants euh trouvent euh des emplois euh qui a priori euh feraient euh objet de de préjugés quand ils se présentent sur un poste.

Ils sont souvent en compétition avec des étudiants qui sortent parfois d'école privée, d'écoles et des grandes même des grandes écoles et cetera, mais leur formation quand ils ont pris la mesure de leur formation universitaire, non seulement ils sont à égalité, on va dire, mais ils sont souvent embauchés euh dans différents secteurs, que ça soit le tourisme, le commerce et cetera, enfin les concours, les différents concours de la fonction publique euh et cetera. Donc il y a une véritable employabilité. Le la gageur, c'est d'en convaincre euh d'en convaincre la tutelle déjà en premier et d'en convaincre le grand public.

Je à ce propos, je peux vous vous rapporter une anecdote en ma qualité de président de la confédér la conférence des des directeurs Harlet Trelang, je suis conviée au ministère pour la l'habilitation des maquettes de L1 de L de de L ou de ou de M. Il y a euh lors de ces de ces réunions la présence euh de d'une personne du ministère de travail qui doit valider les compétences vers lequelles mène tel ou tel diplôme et la fiche, la fameuse fiche RNCP doit correspondre à un métier. Euh lors d'une ces réunions, nous devions valider un master de philosophie.

Évidemment, la personne du ministère de travail a posé la question de savoir vers quel métier cela menait en dehors de l'enseignement et je me suis permise de lui dire que le la fabrique de neurones, la problématisation, la conceptualisation, l'expression sont des compétences qui sont fort appréciées dans tout dans toute une gamme de métiers voir dans tous tous les métiers dans tout nous recherchons tous enfin les les employeurs recherchent des personnes qui sont capables d'initiative de conceptualisation de rationalisation et cetera. Donc là la convaincre non seulement les employeurs, mais aussi notre tutelle que effectivement nos nos disciplines que c'est soit en art, en lettre, en langue ou en langue, je mets de côté l'essence social puisque là on sait en principe vers quel métier ça mène de de la la valeur intrinsèque de quelqu'un qui a appris à à conceptualiser et s'exprimer et rationaliser. Parfait.

Euh deux réflexions sur l'évolution possible de ces disciplines littéraire artistique euh SHS. La première, la question de l'intelligence artificielle, ça fait écho directement à vos propos immédiats. Comment est-ce que vous imaginez la place des sciences humaines et sociales dans un environnement qui risque d'être majoritairement dominé par l'intelligence artificielle dans les prochaines années ?

Est-ce que vous avez des initiatives pédagogiques en la matière ? Est-ce que c'est encore tôt ? Mais est-ce que voilà, j'imagine que ça fait évidemment partie de vos préoccupations.

Et deuxième élément, là encore, je reprends des propos de certains présidents d'université qu'on a pu auditionner précédemment et qui suggéraient pour réhabiliter les sciences humaines et sociales de les adosser à d'autres disciplines. Par exemple, scientifique. On a la logique des doubles parcours, des doubles licences, des bilicences.

Est-ce que ça aussi c'est quelque chose qui vous paraît avoir du sens par rapport aux problématiques dont vous faites état ? Bien. Alors, d'abord Lia euh Lia pour l'instant est équivaut au problème d'évaluation et d'Autriche à l'université.

Donc ça c'est c'est vraiment le bon il est évident que la recherche y compris en sciences humaines doit s'approprier les nouvelles technologies. Je je personnellement, bien que je sois euh littéraire, très littéraire, je suis persuadée que l'intelligence artificielle est une 1e révolution industrielle au même titre que la révolution industrielle du 19e siècle ou les nouvelles technologies euh ou la la révolution des des transports au début du 20e siècle. Donc il va falloir que les êtres humains euh s'en emparent et euh la la maîtrise enfin bon.

Et donc je ne partage pas cette crainte, je suis plutôt optimiste. En revanche et et je reviens toujours à la même chose, il nous faut les moyens pour s'approprier ces outils. Nous ne les avons pas.

J'ai été euh j'ai eu un entretien avec la personne au ministère de enseignement supérieur, la l'inspectrice qui qui est en charge de de cet atelier IA et de de l'enquête sur le développement de l'IA. Elle nous a exposé tous les bienfaits de telle ou telle formation, de tel ou tel logiciel et cetera. Oui, très bien.

Donnez-nous les sous pour le faire. Je veux dire, on n' pas d'argent pour euh pour acheter du matériel informatique. Déjà, on n pas d'argent pour s'abonner tout simplement à à au logiciel Adobe ou à Zoom pour faire des et vous voulez qu'on achète des des logiciels pour l'IA, alors ça serait formidable, ça serait très bien, mais nous n'en avons pas les moyens.

Maintenant, l'adscement à d'autres disciplines. Oui, ça c'est le un peu le serpent de mer depuis des années. Pourquoi pas ?

Euh je pense pas que ça ça soulève les l'enthousiasme. Non, pas de notre côté forcément. Quoi que euh mais je pense pas que ça soulève l'enthousiasme aussi des autres disciplines.

Nous avons des doubles distances qui fonctionnent très très bien euh mais euh on reste dans le même dans les mêmes champs disciplinaires. Euh rien qu'en langue quand on veut développer les langues avec des collègues d'autres disciplines à cause des moyens, à cause de l'organisation interne et cetera et cetera, ça reste marginal. Donc c'est c'est compliqué à mettre en œuvre.

C'est pas c'est pas faute de volonté, mais c'est quand même compliqué à mettre en œuvre. Et puis il demeure aussi dans l'esprit des chercheurs véritablement enfin dans dans les domaines très très littéraires et nous en avons de de de de d'extrêmement compétent. la volonté de de sauvegarder, j'allais dire, ce ce pan de la recherche et ce pan de de la de la peut-être de l'exception française aussi de notre culture et des et des cultures étrangères aussi et de la de là et et donc on a peut souvent le sentiment que si on adossait la recherche purement littéraire à une autre discipline, nous perdrions notre notre ADN. ce qui est quand même ce qui n'est pas faux.

Bon, parfait. Merci. Merci pour vos propos très clairs.

J'en profite pour vous remercier pour vos réponses consistent qui nous permettent de d'enchaîner beaucoup de questions. Euh une question maintenant sur l'accueil des étudiants internationaux. Après, on parlera de gouvernance parce qu'on on a aussi devant nous une doyenne.

Donc on sera intéressé par votre regard sur la gouvernance. Pour terminer sur le les étudiants euh dans vos filières, la question des étudiants internationaux, donc c'est à peu près un étudiant sur 6 dans la moyenne des étudiants euh français. Est-ce que vous pouvez nous indiquer les critères d'excellence académique qui sont appliqués pour sélectionner les étudiants internationaux qui viennent étudier dans nos universités françaises, dans ces filières de lettres, langues et sciences humaines ? avec sans doute une spécificité vous concernant puisque les langues attirent peut-être aussi des étudiants qui maîtrisent ces langues là possiblement et ce serait intéressant que vous nous le disiez parce que vous avez vraiment cette spécificité dans la filière langue.

Donc quels sont les critères d'excellence académique ? Comment vous faites concrètement quand un étudiant vient d'un pays, voilà, qu' dont on maîtrise pas forcément l'alpha et l'oméga du système éducatif pour évaluer le niveau qu'il est susceptible d'avoir pour intégrer l'université française et comment vous faites également pour étudier le niveau de langue alors notamment pour les formations en français français spécifiquement évidemment si c'est une formation en anglais ça a moins de sens comment est-ce que est évalué le niveau de langue d'un étudiant international qui veut venir étudier en France France et en français en sciences humaines et sociales. Bien al dossiers sont étudiés un par un déjà.

Il y a des commissions interne aux universités où nous étudions où nous étudions les demandes des étudiants étrangers. En général, ces étudiants viennent de formations qui sont sélectives dans le monde enfin dans le monde entier. Il y a peu, il faut il faut bien souligner le fait que peu de pays euh sont non sélectif, hein.

C'est une des spécificités françaises. Donc déjà, il y a ils ont ils ont été l'objet d'une sélection dans leur pays d'origine et ils sont souvent bons, très bons. Alors, le problème qu'il y a et qui est général effectivement, c'est le niveau de français.

Euh ils doivent euh nous fournir euh une certification en français. Mais le problème auquel nous nous heurons souvent, c'est le la la faible fiabilité de ces certifications. Et une solution serait peut-être soit de leur demander une certification effective en à leur arrivée à l'université française ou qui assorti à leur dossier.

Ça pourrait être une une solution. ou pour les les étudiants en a qui ne maîtrisent pas du tout le français hein, qui ne sont pas pour autant des étudiants en échec mais effectivement en langue par exemple, ils sont très très très bons euh en culture, en en réflexion, en analyse et cetera dans la langue qu'ils ont choisie. Mais dès qu'il va falloir parler français et suivre des cours en français et rédiger en français, on va avoir un problème.

Ça pourrait être une année de français langue étrangère euh obligatoire hein euh peut-être ou un cursus parallèle ou un semestre. On va bon sans pour pas être trop gourmand non plus. En tout cas, une formation en fleu qui pourrait être adossée aux candidatures qui aurait échoué à la certification d'entrée.

Enfin, voilà. Oui, voilà, c'est ça. Cette certification d'entrée dont vous dites qu'elle est parfois peu fiable, on nous a parlé d'autodéclaration.

Est-ce que c'est quelque chose auquel vous êtes confronté ? Oui, bien sûr. D'autant plus que maintenant grâce à l'intelligence artificielle, on peut passer des certifications en ligne et les repasser les les repasser jusqu'à ce que l'on ait euh ce qu'on atteigne un résultat satisfaisant et ne fournir dans son dossier que la certification qui va prouver qu'on est parfaitement bilingue ou trilingue.

Oui. Oui, c'est un c'est un c'est un problème. D'accord.

Pardon. Merci beaucoup. Un mot sur la question de la gouvernance des universités, cadre actuel de gouvernance qui nous paraît relativement complexe, mais peut-être que vous pourrez démentir.

Euh est-ce que pour vous le fonctionnement des instances de gouvernance, le poids respectif des différents collèges électoraux permet une direction d'établissement efficace ? On a le sentiment de comité de comités d'administration qui sont plétoriques, qu'on retrouve assez peu dans des modèles internationaux justement. Est-ce que vous pouvez nous donner votre lecture de la gouvernance des universités françaises, en tout cas en ce qui vous concerne vous, le rôle des UFR, le rôle des doyens à l'intérieur de cette gouvernance puisque tout ça est un peu matriciel.

La question enfin ce qu'on cherche à comprendre c'est si c'est bien au service d'une efficacité d'une excellence académique ou si parfois au contraire ça complexifie ce ce le bon fonctionnement de nos universités. Bien ma réponse va être ambigue je pense parce que effectivement c'est très lourd puisqu'il faut passer par le conseil du FR puis la CFVU puis le CA voir le CSA et cetera. Donc effectivement, il y a les arcanes de l'université sont complexes.

D'un autre côté, euh ça fonctionne et chaque instant c'est un garde fou jusqu'à la suivante. Donc à mon sens, malgré la complexité, ça fonctionne. Maintenant, ça dépend des universités.

De la même façon pour le rôle des doyens. Je vois quand je parle à mes collègues lors de nos réunions à la conférence des directeurs du FR, euh dans certaines universités, les directeurs du FR sont sont conviés à à toutes les discussions, à des groupes de travail, sont présents dans les conseils centraux. Donc ça se passe très bien.

Dans d'autres universités, ça se passe beaucoup moins bien. Donc peut-être faudrait-il un cadre qui régisse le rôle euh des des directions du FR. Peut-être que cela réduirait les inégalités entre les universités.

Mais c'est c'est Est-ce que vous pouvez redire votre dernière phrase, excusez-moi, qui m' qui m'a échappé. Oui. Oui.

Oui, bien sûr. Oh là là. Euh oui, je disais que j'attends.

Oui, je dis je je disais que le rôle des doyens dans dans les dans la gouvernance des universités dépend des universités. Dans certaines universités, nous sommes conviés à des groupes de travail. Nous sommes présents dans les instances, nous pouvons nous exprimer dans les instance.

Dans d'autres universités, c'est beaucoup plus euh problématique. Certains collègues ne sont pas euh euh partie prenantes dans les décisions de l'université et voilà. Et ça c'est vraiment c'est ça dépend des universités.

Peut-être faudrait-il un cadre officiel, un cadre de plus peut-être qui complex qui qui rendrait encore plus complexe le système, je ne sais pas. Mais il est vrai que ça c'est c'est vraiment ça dépend des des directions. Ceci étant, dans les conseils centraux, nous sommes invités.

Nous ne sommes pas membres membres de fête quoi. Nous sommes nous sommes invités. Parfait.

Et une toute dernière question sur la gouvernance des universités. Là encore un certain nombre de personnes que nous avons auditionné avant vous interroge la place des collèges étudiants au sein des conseils d'administration euh arguant du fait que ils peuvent avoir leur place pour la CVEC, pour tout ce qui concerne la vie étudiante mais pas forcément dans un process d'élection du président de l'université. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Ça m'inspire. Qu'est-ce que ça m'inspire ? La question, c'est une question ouverte.

Voilà la question. La question évidemment et ils ont un poids effectivement important. C'est c'est on ne peut pas le nier.

Par ailleurs, comment enfin ils ont aussi leur part de dans la dans la vie universitaire. Donc c'est vrai que c'est c'est là encore c'est tout est tout est question d'équilibre. Tout est question d'équilibre mais dire que leur leur interdire entre guillemets le ca pas pas possible pas envisage c'est pas l'état d'esprit.

La question c'est évidemment les associés à toutes les problématiques qui concernent la vie étudiante le la CVEC et tous ces sujets-là. Ça c'est pas une difficulté pour personne. Je d'après ce que j'ai d'après ce que nous avons entendu.

Mais est-ce que ils sont légitimes à élire le président de l'université ? À élire le président de l'université. Voilà, c'est ça la question.

Pardon, c'est très précis mais vous convenez qu'il y a une question ? Je conviens qu'il y a une question. Maintenant euh c'est vrai que j'ai honnêtement du mal à répondre à cette question euh dans la mesure où s'ils sont présents au conseil centraux, bah ils ont une voix pour l'élection du président.

Euh l'élection du président par ailleurs est liée se fait dans les conseils. Ce ce n'est enfin là c'est des grands électeurs qui qui élisent le président. Donc est-ce que déjà là il y a pas une question à se poser ?

Les grands électors, on sait ce que c'est. On sait ce que c'est. On est en train de les désigner.

Ce n'est peut-être pas le lieu. Non non non, c'est pas Tu as fini. Oui, moi je voudrais euh revenir sur euh un point très important que vous avez euh apporté.

Euh c'est celui euh la place de de la discipline. Al vous avez dit euh très justement que il y a une tendance à l'effacement des disciplines, à la reconnaissance dans des disciplines dans des ensembles qui sont tellement vastes qu'on ne sait plus exactement finalement quel est le champ disciplinaire. Euh je je pense que c'est quelque chose de de décisif.

Est-ce que vous pourriez euh développer un peu cet aspect-là, notamment par rapport à à au CNU ? Est-ce que le CNU euh assure encore un suivi euh disciplinaire, comment il le fait ? Et puis un autre point qui m'est cher, c'est celui des disciplines rares, c'est-à-dire le fait que même si tout le monde convient que la France, compte tenu de ses ambitions scientifiques, ne doit pas faire de choix disciplinair et et doit être présente dans tous les champs disciplinaires, il se trouve que il y a une forme d'antagonisme entre l'autonomie des universités et la nécessité nationale de conserver sur des disciplines sur lesquelles il y aura à peu d'étudiants, un certain nombre d'enseignants chercheurs, je vais vous donner des exemples qui me sont chers, euh l'antiquité classique, le latin, le grec et puis de façon encore plus concrainte, et ça c'est dans dans l'actualité, les études juives, hein.

Il y avait encore 15 ans une vingtaine de doctorats sur les études juives. Alors, l'histoire, l'art et cetera, il y a il y a plein de choses. Aujourd'hui, il y en a quatre ou cinq et si on continue avec le départ la retraite des professeurs, il y aura plus rien.

Dans un pays qui se donne comme objectif de combattre notamment par la connaissance, l'antisémitisme, il y a quelque chose là qui me qui me pose problème. Voilà. Et et je trouve que sur des disciplines comme celle-là, il devrait y avoir une attention nationale, ministérielle particulière.

Mais comment on peut l'articuler avec euh l'autonomie des des universités ? Bien, je vais commencer par le plus simple, le CNU. Euh le CNU euh fait toujours son travail à savoir à savoir les listes de de qualifications, les promotions et cetera euh avec une un cloisonnement quand même toujours important des disciplines et et une volonté justement de de favoriser ce cloisonnement à enfin à mon sens.

Euh le la pluridisciplinarité, c'était une une des questions qui faisait partie de de celle que vous m'avez soumise poser la question euh oui, il y a des volontés de pluridisciplinarité. Oui, ça se fait, mais c'est toujours euh euh entaché de de soupçons de manque de rigueur scientifique et de dispersion. Voilà.

Alors que que dans beaucoup de pays environnants, alors j'ai le l'utilisation du terme studies m'a fait sourire puisqu'on vous l'utilisez en anglais et c'est peut-être justement la marque du fait que en français on n' pas encore intégré les études culturelles pour le traduire et je dois dire que j'ai même vérifié sur internet ce que l'on entendait par studies parce que je connais bien sûr les cultural stud en tant qu'angliciste. Et quand on va à Oxford, il y a des rayons entiers dans les librairies et les bibliothèques de cultural studies qui n'existe pas encore chez nous, mais chez nous, c'est encore entaché de soupçons et de et de manque de rigueur disciplinaire. Donc bon, le CNU bah il fait font leur travail dans la mesure de leur possibilité puisque nous n'avons que très peu de promotion. hein, il faut attendre à peu près 10 ans pour être promu et encore donc euh ça c'est un autre problème.

Euh les disciplines rares, alors là vous vous touchez un un point sensible évidemment. Euh l'autonomie des universités, alors bon pour moi c'est c'est c'est a où avez-vous vu l'autonomie des universités ? Nous n'avons aucune autonomie.

Nous avons une enveloppe et l'autonomie réside à se débrouiller avec. Pardon ? Ah oui, c'est oui.

Euh nous euh vous n'êtes pas sans savoir que la majorité des universités publiques sont souffrent d'un d'un déficit habissal. Euh et ce qui nous est demandé, c'est de réduire réduire réduire réduire. Euh nous sommes actuellement dans mon université en processus de nouvelles maquettes.

Euh une nouvelle maquette, ça cause ça ça ça implique réfléchir comment euh ne pas trop massacrer nos disciplines en en réduisant au maximum le nombre de cours, même le en multipliant les CM pour que les étudiants soient tous parqués dans un même lieu au au mépris. Bien sûr, quand vous nous posez la question de la pédagogie et cetera, nous aimerions pouvoir appliquer une pédagogie propre à à justement au au progrès de nos étudiants. Malheureusement, quand on est obligé de les parquer dans un amphi, c'est impossible. quand nous sommes obligés de diminuer le nombre d'heures de cours parce que parce qu'on a pas les sous, c'est un peu c'est c'est c'est ça relève de de de je sais pas de quoi d'ailleurs, de l'exploit de l'impossible.

Donc là l'autonomie, elle est très relative. Nous avons appris récemment euh le nouveau décret euh qui porte sur le compe où euh où le contrat de moyen euh sera euh euh demandé par l'université si j'ai bien compris, puis visé par le rectorat pour que les les les demandes locales soient prises en compte. Mais infiner, qui décide et qui va attribuer l'enveloppe, c'est bien toujours le ministère.

Donc, il est très très difficile d'avoir des ressources propres dans nos disciplines. Euh donc bon, l'autonomie euh voilà, elle est quasi quasi l'indépendance pardon. L'autonomie, ça pas la Exactement.

Voilà. Alors, en ce qui concerne les disciplines rares, évidemment, c'est lié quand dans certains masters ou même certaines licences euh nous avons très peu d'étudiants, que ça soit effectivement l'aide classique, en histoire ancienne, en langue parce que nous ne sommes pas une école de langue, nous sommes des des nous sommes garant des des de du développement des cultures, de la littérature, de l'histoire, de la de la de la linguistique. et cetera, des langues que nous que nous nous que nous dispensons.

Donc évidemment, nous sommes confrontés en en humanité à à ce à ce problème. Euh vous parlez également bon des études juives et de la réduction des des départements et cetera, mais c'est vrai de tout. Euh et encore une fois, c'est lié au moyen puisque quand nous sommes évalués euh on nous demande la soutenabilité quand nous avons très peu d'étudiants.

Voilà, ce n'est pas soutenable en terme financier. Euh et des choix doivent être faits et les choix évidemment sont faits pour les les langues rares ou les disciplines rares, hein, c'est évident. Euh le l'autre problème et qui est toujours lié aux moyens, c'est les postes attribués à ces disciplines.

Et là, c'est un cercle vicieux. Dans la mesure où n nous avons peu d'étudiants dans ces disciplines rares, les postes ne sont pas renouvelés, les gens partent à la retraite et les postes ne sont pas ne sont pas pourvus. Donc euh effectivement, il y a il y a des les campagnes emploi, comme vous le savez se réduisent comme pot de chagrin dans toutes les universités, faute de moyens.

Euh dans mon université par exemple, celle celle que je connais le mieux, nous avions 70 postes vacants, nous en nous en republions que 16. et encore là lié à l'utilité des des disciplines. Euh bon, je prends l'exemple le plus le plus plus parlant pour pour moi.

Dans mon UFR où nous avons neuf langues, par exemple, les le seul poste de maître de confé est un poste en anglais le parce que nous avons plus de 1000 étudiants qui sont la force de notre et un Prague, c'est tout. alors que nous avons sep départ à la retraite. Donc c'est un exemple juste dans mon puisque c'est l'exemple que je connais le mieux, mais ça pourrait être bien sûr dupliqué et appliqué à toutes à toutes toutes les disciplines rares et le choix le choix n'est pas intellectuel ni politique malheureusement.

Le choix est euh financier par Exactement. Juste pour pour finir, on va revenir sur les critère de l'évaluation de l'excellence académique puisque c'est le sujet principal de notre commission d'enquête et on a bien compris avec toutes les auditions que nous avons mené jusqu'à la vôtre que ce qui est évalué c'est très rarement la pédagogie mais la production scientifique des enseignants chercheurs. Hm.

Et euh malheureusement euh il y a aujourd'hui pour des raisons multiples une dérive vers la bibliométrie qui qui ne donne de l'importance qu'à des articles publiés dans des revues qui sont par ailleurs sélectionnées. Et on revient à à la place à la place du livre et qui fait que euh un enseignant chercheur qui publie un livre dans l'année, il bien noté que celui qui publie quatre ou cinq articles de 3 qu pages euh et on et on aboutit à une absurdité. Euh est-ce que ça ne fausse pas les critères euh d'évaluation de la qualité de la science française quand on utilise que des éléments bibliométriques qui euh répondent principalement aux exigences des scientifiques ?

C'est-à-dire que la chute qui est indéniable de la production des articles par les Français, est-ce qu'elle n'est pas quelque part faussée par la non prise en compte ben de toutes les protections des des sciences humaines ? Je ne peux qu'être d'accord. Euh et encore quand vous dites un livre par an Oui.

Oui. Non non, il faut le produire. Oui oui là euh Oui mais justement on est on est toujours en terme de rentabilité et de moi j'appelle ça publier au kilomètres effectivement il y a des gens qui publient au kilomètres c'est plus facile en science qu'en qu'en qu'en humanité de publier au kilomètres non pas que ça diminue la valeur de ces publications, mais il y a une faisabilité et le temps long nécessaire à la recherche en sciences humaines n'est pas non plus accepté aujourd'hui, j'allais dire n'est plus acceptable.

On estime que si la personne va mettre alors moi je dis pas un an mais de ou 3 ans à publier un ouvrage, bah c'est pas rentable. On est toujours en terme de rentabilité et bien sûr mais même on le voit même au CNU. Euh l'effet pervers se ressent même au CNU où euh on est on est évalué, j'allais dire au poids euh au kilomètres de de de nos publications.

La la le l'implication administrative qui est de plus en plus lourde de nos collègues n'est toujours pas prise en compte ou très très peu. Et cette implication administrative nous empêche aussi bien souvent de publier autant que nous le souhaiterions. Donc le le nombre de de dossiers à traiter, tout tout ce qui nous incombe aujourd'hui.

Je pense à Parcours sup évidemment puisqu'on est en plein dedans. Parcours sup master, ça prend des heures et des heures et des heures de travail quand on a des milliers de candidatures à traiter. Pareil pour le master où on on on reçoit les étudiants et cetera. pendant qu'on fait ça, on fait pas autre chose. et et c'est une multiplication des tâches administratives qui qui est énorme et qui qui nous pour bon nombre d'entre nous, nous nous transformons en enseignant au dépend de la recherche que et ça crée également aussi des tensions puisque ceux qui ça se consacrent à la recherche se souvent dire voilà un tel joli de publier tel ou tel livre mais voilà il y a le travail aussi quotidien à faire c'est très très très compliqué et de plus en plus compliqué.

Merci. On a pu assister à des des des commissions d'examen des vœux par cours sub. Donc on mesure effectivement la la charge administrative que ça représente pour les enseignants chercheurs que vous êtes.

Je reviens à la question de la gouvernance, l'autonomie. Voilà dont vous nous avez dit que c'était un terme à apprendre avec beaucoup de prudence. la question de la fixation de vos capacités d'accueil donc qui aujourd'hui est fixé par les rectorats.

Est-ce que il vous semblerait pertinent qu'elle soit à la main des universités ? Et je vous pose cette question, d'autant plus que je vais vous demander de répondre plutôt sur les filières qui ne sont pas sous tension et qui sont non sélectives. Si vous fixez vos capacités d'accueil, ça peut avoir pour conséquence de les rendre sélectives.

Euh comment est-ce que concrètement aujourd'hui euh les choses se passent puisque vous êtes non sélectif donc à la fin tenu de prendre tout ce qu'ils veulent ou qui veulent pas mais qui se sont retrouvés là. Vous avez dit ils se rabattent sur ces formations-là. Euh vous vous prenez également des étudiants internationaux.

Là aussi est-ce que vous mettez une une limite com comment ça se comment ça se passe tout ça ? parce qu'à la fin en fait tous ceux qui veulent venir viennent. Donc voilà, ça serait intéressant que vous nous écriez sur les étudiants français qui viennent d'avoir leur bac, sur les étudiants internationaux qui souhaitent entrer dans votre établissement et si vous pensez qu'il serait pertinent de donner aux universités la la main sur la fixation de leur capacité d'accueil.

Si les capacités d'accueil étaient relatives au nombre d'enseignants et aux locaux, enfin si on prenait la mesure des locaux et des et de l'encadrement pédagogique, oui, bien sûr, parce que y a il y a ce il y a ce il y a ce paramètre, enfin ces deux paramètres là, bien sûr, quand nous avons des des classes qui qu'on ne peut pas héberger, faute de locaux et cetera, on voudrait bien réduire le la capacité d'accueil. Après euh euh réduire les capacités d'accueil, c'est sélectionné comme vous venez de le dire. Ça bien sûr.

Oui, c'est ça. Voilà. Donc on en revient à la question de la sélection.

Oui, c'est ça effectivement. Donc là, il est difficile de de me de me prononcer dans la mesure où la vocation de notre université est précisément de donner sa chance à tout le monde et de ne pas sélectionner. Donc le évidemment le le revers de la médaille, c'est l'échec de d'étudiants qui ne sont pas euh et bien sûr.

Et c'est pour ça que voilà qu'on regarde tout ça avec avec beaucoup de de prudence parce qu'effectivement on peut pas vous rendre responsable de l'échec d'étudiants qui se sont retrouvés chez vous contre leur volonté et qui ne sont pas passionnés ni même parfois intéressés par les matières. Vous prenez tous les étudiants qui ont un bac et qui se et qui le souhaitent ou pas se retrouvent dans Parcours sup à intégrer votre université. Pour les étudiants internationaux, vous les prenez tous aussi ?

Non, là il y a une il y a une vérité il y a une sélection là. Enfin, ça dépend s'il passe parcours sup euh parce que certains passent parcours sup via via un bac francoétranger et cetera. Là on donc là vous les prenez tous, on les bah en général ils sont ils ont des bons dossiers.

D'accord. Donc oui, on les prend. De toute façon, on peut pas ne pas les prendre.

Oui, je comprends bien. C'est pour ça qu'on vous accuse de rien du tout. On essaie de comprendre.

Voilà. Maintenant, moi si si s'il y avait une sélection à opérer, elle serait très simple. C'est-à-dire que quelqu'un qui veut euh admettons un quelqu'un qui soit dans d'un bac qui est issu d'un bac professionnel et qui n'a jamais fait de philo, veut s'inscrire en philo, la possibilité de ne pas le la prendre.

Euh pas de la même façon quelqu'un qui a jamais fait d'allemand et qui se retrouve en allemand euh niveau B2 fin de bac possibilité de ne pas le ou l'apprendre. Voilà ça ça serait une sorte de sélection mais qui serait acceptable je pense par la majorité des collègues y compris les collègues euh enfin la la majorité des collègues qui sont contre la sélection. Le le fait de qui ne serait pas une sélection qui serait une adéquation entre le la candidature et le profil de l'étudiant.

Hm hm. Très bien. Merci.

Max Brisson, vous avez la parole. Chers collègues. Monsieur le président, je vais essayer de de peser mes mots.

Je vous ai écouté avec beaucoup d'attention. Vous avez d'abord eu l'honnêteté de donner à madame le reporteur un pourcentage au doigts mouillés mais concernant le dos d'échec. Vous avez ensuite dit, nous devons tous leur donner la chance en allant en diversité.

Oui, qu'il y a un peu de contradiction entre l'honnêteté avec laquelle vous avouez ce ta échec et puis dit et et dire ben finalement nous accueillons tous pour leur donner leur chance à ce taux-là d'échec. La chance elle est très très relative. Euh j'ai regardé votre parcours madame la présidente et vous avez vous êtes procé d'anglais et vous nous avons fait d'ailleurs le même métier à une certaine époque puisque je vous avais enseigné en en classe préparatoire que l'on appelle HC enseignement commercial il y a fort longtemps.

Donc vous vous avez aussi enseigné dans le second degré enfin en tout cas et en lycée et dans le second degré et tout à l'heure vous avez ça vous avez regretté finalement la forte réduction des effectifs sur les voies littéraires sur l'ensemble des enseignements littéraires et je peux partager ce constat et et leur éter avec vous puisque vous avez aussi évoqué l'employabilité des étudiants qui poursuivaient jusqu'au bout et qui avaient les capacités de poursuivre jusqu'au bout. Nous sommes ici autour de la table. C'est un hombre avoir regretté que l'on ait pratiqué la réforme qui a créé par consu la loi Vidale que la loi au R été votée avant que l'on réforme le lycée et le baccalauréat que l'on a mis la charrue avant les B que l'on n pas réfléchi au lien entre le lycée et la licence que d'ailleurs onen parle même quasiment plus. alors que c'était un sujet politique majeur que le lien lycée licence est le moins 3 + 3 et qu'il a disparu du débat public, j'espère madame rapporteur qu'il sera dans le cœur de notre rapport parce que quelque part c'est la question de l'orientation de l'orientation et de la sélection à partir du moment où il y a information et qui a mise en équation des parcours, des capacités, des compétences et des possibilités de poursuivre parce qu'on est certain on est certainement d'accord sur de la nécessité d'accompagner les étudiants le plus loin possible sur des parcours de réussite à condition qu'on essaie de les mettre en adéquation.

Donc moi, j'aimerais nous sommes dans une commission d'enquête, vous avez juré serment devant le président, mais nous pouvons aussi nous parler franchement. Moi, j'aimerais avoir votre avis sur ce massacre qu'on ne va pas qualifier des innocents, même si nous sommes dans des lieux qui permettraient de le dire ainsi, monsieur le président. Euh voilà, sur ces Marie-Louise, autre expression que j'ai pu utiliser au moins devant une littéraire, je pense qu'elle pourrait être comprise qui sont envoyé ainsi tel comme comme à la fin du premier empire, on pouvait envoyer les Marie-Louises au massacre, hein.

Est-ce qu'il est pas temps de mettre ce sujet qui coûte fort cher à la nation et puis que coûte beaucoup aux étudiants que l'on envoie ainsi dans des situations et j'ai pu même mettre en colère devant des prisons d'université. Moi, ce sera pas le cas avec vous tellement j'ai senti que c'est tout cela se faisait finalement dans l'indifférence générale du système et de ceux qui sont censés le servir. Bien. effectivement là vous posez la question de la de ces réformes successives dans l'indifférence totale.

Oui, mais vous posez également la question de de l'évolution si vous avez regardé puisque vous avez regardé mon CV, vous avez vu mon âge et et donc vous pouvez constater que ça fait plus de 40 ans que j'exerce ce métier et que ce métier a énormément changé en 40 ans puisque il y a 40 ans effectivement nous avions des des nous avions des étudiants qui avaient plus ou moins suivi les mêmes parcours que nous. Il y a eu plus de changements dans les 20 dernières années, voire les 10 dernières années, voire même les 5 dernières années avec la réforme du bac, parcours sup et cetera que dans les 100 peut-être 100 années précédentes ou peut-être même depuis 200 ans précédent. Euh que dire euh si ce n'est que je partage une partie de de vos regrets et de l'indifférence générale dans lesquelles tout ça se se construit.

J'ai voulu organiser euh cette année des assises des arts, des lettres, des langues dans dans mon rôle de de présidente des des directions du FR. Je dois avouer que j'ai reçu une indifférence dont je me suis indigné. Je me suis dit j'ai et et j'ai du mal, je dois dire que j'ai du mal à l'accepter, mais on a l'impression enfin j'ai l'impression euh d'une espèce de fatalisme des collègues euh ou alors de de me faire targuer de bah voilà, je suis plus dans le coup.

Voilà. une question peut-être peut-être une expression de paranoï, j'en sais rien, mais voilà, ce n'est plus d'actualité. Euh voilà, j'ai j'ai été confrontée à un fatalisme des des collègues et un manque de volonté de de se d'essayer de faire quelque chose pour justement mettre en avant nos disciplines, essayer de voilà un petit peu essayer d'éveiller les consciences.

J'ai trouvé un écho euh euh de la part des certains consuls euh pays européens qui ont dit "Oui, oui, c'est une bonne idée. Nous avons besoin de de de développer les cultures effectivement dans dans un dans des contextes politiques compliqués, nous avons besoin de connaître les cultures, de connaître les autres, de lire, de se développer et cetera. Mais malheureusement au sein de de l'université et des et des collègues, je n'ai pas euh reçu euh l'accueil que j'aurais souhaité.

Je sais pas si je réponds un petit peu à vos à vos inquiétudes, mais c'est clair. Bon, s'il y a plus d'autres d'autres questions, euh je vais arrêter là cette cette audition en vous remerciant vivement pour la franchise de vos propos. leur leur forme extrêmement synthétique et puis euh l'expérience qu'on sent derrière votre appréciation.

Merci pour Non non non mais je je crois que j'ai dû rentrer j'ai dû rentrer à à Nanter université de Nanterre quasiment la même période que vous. J'y ai enseigné quand vous y enseignez donc vo là je pense que en matière d'expérience on va être à peu près au même niveau mais c'était très très précieux pour nous. Merci beaucoup madame le président.

Merci. Merci madame la présidente.