"Nous déposons une proposition de loi pour abroger la retraite à 64 ans", annonce Mathilde Panot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Pourquoi la gauche ne parvient toujours pas à s'entendre plus de deux semaines maintenant après le second tour des élections législatives ?
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Où en sont les discussions sur le nom du ou de la Première Ministre ?
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Et au fond, le nouveau Front Populaire veut-il vraiment gouverner ?
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Qu'est-ce que vous en pensez, Mathilde Panot ?
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Mais vous dites qu'il doit nommer un premier ministre sur lequel vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord. C'est paradoxal.
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C'est plus difficile de vous réunir en plus. En ce moment, l'Assemblée a fermé ses portes, les députés ne sont plus à Paris. Finalement, pourquoi ne pas dire, on met tout ça sur pause et on prend la rentrée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je crois que ce n'est pas une trêve politique qui est en train de proposer Emmanuel Macron pendant les Jeux Olympiques, mais c'est tout simplement une interruption de la démocratie. »
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« Emmanuel Macron est celui qui a décidé la dissolution, juste avant les Jeux Olympiques, parce qu'il avait été défait dans les élections européennes, pour demander, je cite ces mots, une clarification politique. »
- 1:11InvitéChiffre
« Cette clarification politique a eu lieu, et malgré les 27 sondages qui donnaient le Rassemblement National en tête, c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête. »
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« nous avons réussi en quatre jours seulement à faire à la fois un contrat de législature, donc c'est-à-dire le programme des 100 jours du gouvernement du nouveau Front Populaire »
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« nous avons imposé à la Macronie, dans justement l'Assemblée nationale, une cohabitation »
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« Le Front Populaire en 1936 a gagné le 3 mai 1936. Savez-vous à quelle date a été ensuite nommé Léon Blum, président du Conseil ? Le 4 juin, soit un mois après. »
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« Nous parlons de gouverner la France, septième puissance économique au monde. »
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« Mme Toubiana a expliqué dans une tribune, il y a quelques jours, qu'elle voulait d'abord enlever une partie du programme pour pouvoir faire une coalition avec les macronistes. »
- 7:00InvitéPromesse
« Aujourd'hui, nous déposons une proposition de loi pour abroger la réforme de la retraite à 64 ans. »
- 7:07InvitéFait
« la retraite à 64 ans a été imposée de force à la représentation nationale par 49-3, contre l'ensemble des syndicats et contre l'immense majorité du peuple. »
- 7:40InvitéFait
« Il y avait déjà une majorité dans la précédente législature pour battre la retraite à 64 ans. »
- 8:31InvitéFait
« Nous n'avons jamais mis, jamais, un bulletin de vote pour l'extrême droite, ni dans les urnes, ni dans les urnes à l'Assemblée nationale, ni même sur les motions de censure qu'ils déposaient. »
- 8:35InvitéFait
« Ce qui n'est pas le cas des macronistes, qui en 2022 avaient mis des bulletins dans l'urne pour faire élire deux vice-présidents du Rassemblement national à l'Assemblée. »
- 8:55InvitéFait
« nous avons la majorité pour abroger cette réforme des retraites. »
- 17:44InvitéFait
« Nous demandons qu'il n'y ait pas de poids, de mesures qui affaiblissent la parole de la France. »
- 18:22InvitéFait
« A cause de la politique d'apartheid. »
- 18:34InvitéFait
« la cour internationale de justice. Celle en janvier, dont nous avons beaucoup parlé, qui parle de risque génocidaire dans ce qui se passe actuellement à Gaza. »
- 18:41InvitéFait
« Et celle de vendredi dernier, qui dit que la politique de colonisation des terres palestiniennes est illégale au vu du droit international. »
- 19:51InvitéChiffre
« où la revue médicale très sérieuse britannique The Lancet parle d'une guerre et d'un génocide si elle s'arrêtait déjà maintenant, où il y aurait déjà 186 000 morts »
Temps de parole
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Pourquoi la gauche ne parvient toujours pas à s'entendre plus de deux semaines maintenant après le second tour des élections législatives ? Où en sont les discussions sur le nom du ou de la Première Ministre ? Et au fond, le nouveau Front Populaire veut-il vraiment gouverner ? La présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée, députée du Val-de-Marne Mathilde Panot, est l'invité du Grand Entretien de France Inter ce matin. Bonjour. Bonjour. Les questions, les réactions des auditeurs comme d'habitude au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Je le disais, les discussions prennent du temps, beaucoup de temps, des élus, des électeurs surtout, s'impatientent.
Et Emmanuel Macron, lui, propose une trêve politique pendant les Jeux Olympiques, pendant cette fête sportive, dit-il. Qu'est-ce que vous en pensez, Mathilde Panot ?
Je crois que ce n'est pas une trêve politique qui est en train de proposer Emmanuel Macron pendant les Jeux Olympiques, mais c'est tout simplement une interruption de la démocratie. Et pour nous, c'est inacceptable. Il faut quand même revenir du début. Emmanuel Macron est celui qui a décidé la dissolution, juste avant les Jeux Olympiques, parce qu'il avait été défait dans les élections européennes, pour demander, je cite ces mots, une clarification politique. Cette clarification politique a eu lieu, et malgré les 27 sondages qui donnaient le Rassemblement National en tête, c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête.
Et donc, maintenant que cette clarification politique a eu lieu, vous avez un président de la République qui explique que personne n'a gagné ses élections et qui refuse de nommer à Matignon un premier ou une première ministre issu du nouveau Front Populaire. Donc, je le dis, Emmanuel Macron doit revenir, retrouver le goût de la démocratie dans ce pays.
Mais vous dites qu'il doit nommer un premier ministre sur lequel vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord. C'est paradoxal.
Non, pas du tout. Regardez, nous avons déjà réussi plusieurs exploits. D'abord, nous avons réussi en quatre jours seulement à faire à la fois un contrat de législature, donc c'est-à-dire le programme des 100 jours du gouvernement du nouveau Front Populaire, à avoir un accord sur les circonscriptions. Un deuxième exploit, celui d'arriver en tête, notamment grâce à une mobilisation civique exceptionnelle. Et nous avions décidé la semaine dernière, et nous avons bien fait, de mettre en pause les discussions gouvernementales pour contrer le coup de force démocratique d'Emmanuel Macron en nous concentrant sur l'Assemblée nationale. Sur les élections des postes clés à l'Assemblée.
Où il ne nous a pas échappé qu'en 48 heures seulement, nous avions une candidature unique au perchoir, à la présidence de l'Assemblée en la personne d'André Chassaigne, et des candidatures uniques à tous les postes, au point que nous avons imposé à la Macronie, dans justement l'Assemblée nationale, une cohabitation, et que maintenant, nous tenons à imposer une cohabitation à Emmanuel Macron.
La majorité des postes, effectivement, le nouveau Front Populaire, a la majorité des postes au bureau de l'Assemblée nationale, qui décide du calendrier, des sanctions notamment. Vous avez réussi, effectivement, à vous mettre d'accord sur ces postes clés à l'Assemblée. Encore une fois, ça coince toujours sur le nom du Premier ministre ou de la Première ministre. Au fond, on pourrait penser que cette trêve politique proposée par Emmanuel Macron pourrait vous arranger. C'est plus difficile de vous réunir en plus. En ce moment, l'Assemblée a fermé ses portes, les députés ne sont plus à Paris. Finalement, pourquoi ne pas dire, on met tout ça sur pause et on prend la rentrée ?
Mais parce que nous voulons le respect des urnes et des votes qu'ont fait les Français et les Françaises. Et je vais vous dire, je comprends la patience des gens. Je comprends la patience parce que tout le monde veut tourner la page de la maltraitance sociale d'Emmanuel Macron, de la maltraitance démocratique qui a été faite depuis maintenant sept ans. Et donc, je comprends la patience qu'il y a. Mais regardez, nous nous appelons le nouveau Front Populaire. C'est ce que nous avons créé au début des élections suite à la dissolution. Le Front Populaire en 1936 a gagné le 3 mai 1936. Savez-vous à quelle date a été ensuite nommé Léon Blum, président du Conseil ? Le 4 juin, soit un mois après.
Donc, nous sommes en train d'avoir des discussions sérieuses. Nous parlons de gouverner la France, septième puissance économique au monde. Et donc, dans ces discussions sérieuses pour avoir à la fois le candidat ou la candidate à la primature, mais aussi une équipe gouvernementale, nous prenons chaque étape avec sérieux. Et je crois que nous l'avons démontré. Nous aspirons toujours à gouverner ce pays.
Alors, ces discussions ont repris entre les quatre composantes du nouveau Front Populaire, écologiste, communiste, socialiste, et vous, les Insoumis. Où en sont-elles ?
Eh bien, elles avancent pas à pas. Elles ont effectivement repris suite à la victoire que nous avons eue à l'Assemblée nationale. Et donc, maintenant, pas à pas, nous avançons dans les discussions avec nos partenaires. Et j'ose espérer que nous arriverons extrêmement vite à nous mettre d'accord pour faire en sorte...
C'est quand, vite ?
Écoutez, je préfère ne pas donner de date, parce que vous avez sur tous les plateaux, sur toutes les radios, des gens qui donnent des dates et qui ne savent pas s'ils peuvent les tenir. Donc, moi, je préfère dire que nous avançons avec sérieux et avec méthode.
Justement, en parlant de date, les socialistes voulaient un vote aujourd'hui sur le nom du futur chef du gouvernement.
Eh bien, je crois que, comme d'autres, ils se sont avancés sur des dates qui, apparemment, ne peuvent pas être tenues pour l'instant. Mais je vous l'ai dit, les discussions ont lieu et nous les faisons avec sérieux.
Laurence Toubiana, qui était évoquée et proposée par vos partenaires socialistes, communistes, écologistes, pour le poste de première ministre, a dit non hier. Elle est économiste, négociatrice des accords de Paris sur le climat de 2015. Elle dit que, faute de consensus, elle préfère se retirer. Vous saluez cette décision ?
Oui, je salue le fait que Mme Toubiana ait compris qu'elle ne faisait effectivement pas consensus au sein du nouveau Front populaire. Et je veux le dire clairement pour celles et ceux qui nous écoutent, ce n'est pas une question de personne. Ce n'est pas une question de personne, d'autant plus que, moi, j'ai eu plaisir à débattre avec Mme Toubiana au sein de l'Institut Labo-Essi sur les questions, justement, du plus grand enjeu du XXIe siècle, qui est la préservation du seul écosystème qui est compatible avec la vie humaine et la survie de l'ensemble des espèces sur cette planète. Donc, ce n'est pas une question personnelle, c'est une question politique. Pourquoi ?
Parce que Mme Toubiana a expliqué dans une tribune, il y a quelques jours, qu'elle voulait d'abord enlever une partie du programme pour pouvoir faire une coalition avec les macronistes. Et je crois que chacun et chacune comprend ici que personne ne peut nous reprocher de vouloir garder le programme, donc de pouvoir respecter la parole qui a été donnée aux électeurs et aux électrices, et de ne pas aller dans une aventure qui ferait qu'il n'y aurait plus d'alternatives au Rassemblement National.
Elle n'a pas parlé spécifiquement de coalition avec les macronistes, mais de tendre la main à l'ensemble des forces républicaines disant que c'était la seule solution, elle n'était pas la seule d'ailleurs dans cette tribune. Comment vous faites pour appliquer l'ensemble de ce programme, tout le programme et rien que le programme ?
Eh bien, nous faisons un gouvernement qui respecte la parole qui a été donnée avec un programme qui a été séquencé les 15 premiers jours, puis ensuite, un peu après, la rentrée.
Mais c'est impossible aujourd'hui.
Pourquoi c'est impossible ? Arithmétiquement à l'Assemblée Nationale.
Les macronistes avaient une majorité absolue. Ils étaient plus proches que vous de la majorité absolue.
Oui, mais est-ce qu'ils avaient une majorité absolue ?
Non, ils étaient plus proches que vous. Ils avaient plus de possibilités de la trouver sur des textes précis.
Chaque groupe parlementaire prendra ses responsabilités. Aujourd'hui, nous déposons une proposition de loi pour abroger la réforme de la retraite à 64 ans. Je rappelle que la retraite à 64 ans a été imposée de force à la représentation nationale par 49-3, contre l'ensemble des syndicats et contre l'immense majorité du peuple. Eh bien, par exemple, nous avons déposé cette proposition de loi aujourd'hui.
Vous nous l'annoncez ce matin ? Vous l'avez déposée aujourd'hui ?
Nous la déposons aujourd'hui. Et lorsque nous la soumettrons à l'Assemblée Nationale, cette loi, eh bien, je crois que chacun prendra ses responsabilités pour savoir s'il veut, oui ou non, faire tomber un gouvernement sur la question de l'abrogation de la retraite à 64 ans.
À qui vous tombez la main pour voter cette proposition de loi ?
Eh bien, à l'ensemble des députés qui, lors de la précédente législature, je le rappelle, allaient déjà voter contre. C'est pour ça qu'ils l'ont imposée par 49-3. Il y avait déjà une majorité dans la précédente législature pour battre la retraite à 64 ans. Donc, je pense qu'il y a une majorité encore plus grande aujourd'hui
pour ne pas la battre. On voit mal, bien évidemment, les députés du camp présidentiel voter cette proposition d'abrogation de la réforme des retraites. Les députés de droite vont avoir du mal à le faire.
Et pourquoi donc ?
Également, compte tenu de leur position sur l'âge de départ depuis de nombreuses années, ça veut dire que le Rassemblement national devra voter cette proposition de loi. Vous accepterez leur voix s'ils le font ?
Mais écoutez, vous voulez savoir la différence entre des macronistes et nous ? Nous n'avons jamais mis, jamais, un bulletin de vote pour l'extrême droite, ni dans les urnes, ni dans les urnes à l'Assemblée nationale, ni même sur les motions de censure qu'ils déposaient. Nous n'avons jamais voté pour une des propositions qu'ils avaient faites. Ce qui n'est pas le cas des macronistes, qui en 2022 avaient mis des bulletins dans l'urne pour faire élire deux vice-présidents du Rassemblement national à l'Assemblée. Et je vais vous dire, grâce à nous, le Rassemblement national n'a pas de poste à responsabilité pour représenter l'institution. Et je crois que c'est sain.
C'est grâce à nous qu'il existe un cordon républicain. Donc, le Rassemblement national a des députés. Ils feront ce qu'ils veulent. Mais je le dis aujourd'hui, y compris avec des députés de droite, des députés d'Oliot, les 193 députés du Nouveau Front Populaire, nous avons la majorité pour abroger cette réforme des retraites.
Une question, Mathilde Panot, pour vous, au standard de France Inter, de Christian. Bonjour Christian.
Oui, bonjour à vous, bonjour à tous, bonjour madame. Quand est-ce que la gauche va s'entendre afin de proposer au président de la République un Premier ministre ? Pensez à ceux qui ont voté à gauche, ne trahissez pas vos électeurs. Et deuxième question, ne serait-il pas possible que M. Jean-Luc Mélenchon prenne un peu de recul afin d'apaiser le climat politique ? Je vous remercie et je vous souhaite à tous une bonne journée.
Merci beaucoup Christian, très bonne journée à vous aussi. Christian, récurrente sur Jean-Luc Mélenchon. D'abord, sur ce calendrier, Christian, il revient. Quand allez-vous proposer un nom ?
Bonjour Christian. Moi, encore une fois, je comprends la patience des gens, notamment parce que les gens ont été votés pour que nous appliquions le programme. Christian vient de dire à l'instant, ne nous trahissez pas. C'est ce que nous faisons et c'est pourquoi nous prenons cette discussion avec sérieux. Mais je veux quand même qu'à un moment, on réfléchisse à ce qui est en train de se passer. Ce sont les macronistes, et notamment Emmanuel Macron, qui aujourd'hui refusent le résultat des urnes. Et je vais même aller plus loin. Vous avez M.
Wauquiez qui, par exemple, est en train de proposer un contrat législatif, mais sans aller dans une coalition de gouvernement, alors que nous, nous avons déjà un contrat de législature. Ça s'appelle le programme des 100 jours.
Justement, est-ce qu'en trainant, vous ne risquez pas de voir cette nouvelle majorité de droite avec le camp présidentiel et les députés de droite se constituer ?
Qui serait aujourd'hui ? Je vais vous dire, nous sommes plus avancés que la Macronie sur cette question. Nous sommes plus sérieux. Parce que je vais vous demander aujourd'hui, qui sont les potentiels premiers ministres ou premières ministres de la Macronie aujourd'hui ? M. Attal, alors qu'on vient d'accepter sa démission, Mme Borne avec ses 23-49-3, M. Édouard Philippe qui dîne avec Marine Le Pen. Donc, la question est posée à eux. Et nous n'avons aucune réponse. Donc, je le dis à Christian, nous ne trahirons pas la parole que nous avons donnée et le mandat qui nous a été donné par les électeurs et les électrices. Nous travaillons sérieusement.
Quant à Jean-Luc Mélenchon, sur lequel il y a souvent des campagnes très fortes menées contre lui, je rappelle que c'est aussi grâce à lui et à la France insoumise et à ce qu'il a construit avec l'Union populaire, puis la NUPES, puis le nouveau Front populaire, que nous sommes dans un pays qui, contrairement à notre nation sœur, l'Italie, garde une alternative qui est une alternative de gauche de rupture.
Jean-Luc Mélenchon qui s'exprime dans la presse italienne, c'était il y a deux jours, et qui dit que si le blocage institutionnel persiste, Emmanuel Macron n'aura d'autre choix que de démissionner. Et il se projette, Jean-Luc Mélenchon, déjà dans un duel avec Marine Le Pen. Beaucoup le soupçonnent, y compris à gauche, de vouloir laisser pourrir la situation, justement pour arriver, à l'issue de cette crise, à ce duel avec le Rassemblement national. Qu'est-ce que vous répondez ?
Alors ce n'est pas ça que dit Jean-Luc Mélenchon dans cette interview. Il dit, et ça je pense que c'est une chose sur laquelle nous pouvons tomber d'accord, soit le président de la République respecte le résultat des urnes et nomme un premier ou une première ministre du Nouveau Front Populaire, soit il enfonce tellement le pays dans une crise de régime qu'à la fin il devra effectivement partir. Et ce que dit Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas personnalisé sur lui, mais il dit ce que nous disons d'ailleurs depuis dix ans, vous pouvez nous le reconnaître.
Il dit ce sera moi ou Marine Le Pen, il le dit.
Non, non, relisez l'interview, je l'ai lu en français l'interview, donc je peux vous dire.
Et les Français choisiront quel est le projet qu'ils préfèrent. Exactement. Et il dit même quel est celui ou celle qu'ils détestent le plus entre moi et Marine Le Pen.
Mais Jean-Luc Mélenchon dit ce qu'il dit depuis dix ans, et ça vous pouvez nous le reconnaître, c'est de dire à la fin ça se terminera entre eux, l'extrême droite, et nous. Voilà ce qu'il dit. Il n'énonce pas dans un journal italien qu'il est candidat à je ne sais quelle présidentielle, qui n'est toujours pas annoncé. Mais il dit à la fin, ce qui est en train de se passer, en cinq ans, entre 2017 et 2022, les macronistes ont perdu 100 députés. Entre 2022 et 2024, en deux ans seulement, ils ont perdu plus de 80 députés. Et donc nous ne savons pas la prochaine fois combien d'un député macroniste il restera.
Vous comprenez bien qu'ils sont en train de se rapougrir et de s'effondrer sur eux-mêmes. Donc le choix qui attend le peuple français, et qui a été tranché une première fois dans ces élections législatives, mais qu'il faudra confirmer par la suite, puisque nous sommes dans une cinquième république où la présidentielle a une importance particulière, c'est de savoir s'ils veulent aller vers le projet haineux, dangereux de l'extrême droite, ou vers le nôtre, qui justement dit qu'il faut que nous nous entraîions dans la période.
Mais le soupçon, encore une fois, c'est de savoir si Jean-Luc Mélenchon veut vraiment gouverner aujourd'hui, s'il a intérêt à aller dans cette situation de majorité relative qui serait compliquée, et qui pourrait altérer ses chances de victoire ensuite à l'élection présidentielle. François Ruffin, par exemple, qui a rompu avec Jean-Luc Mélenchon, dit « La gauche est nulle, quelle nullité, on ne veut pas gagner ». Il dit ce matin, François Ruffin, à l'instant d'ailleurs, il y a quelques minutes, encore une fois, « C'est trop tard pour la gauche à Matignon ».
Pour M. Ruffin, je pense que les paroles qui désespèrent ne sont pas les bienvenues en ce moment, et ne servent à rien. Donc je ne crois pas que ça sert le pays d'expliquer sous Touléton à quel point il y aurait une nullité du personnel politique, qui contribue à un dégoût de la politique, ce que nous combattons chaque jour. Mais je vais vous dire, expliquez-moi, pourquoi est-ce que par exemple, gouverner maintenant, même si le gouvernement est renversé, en ayant abrogé la réforme de la retraite à 64 ans, en ayant augmenté le SMIC, en ayant contribué à reconnaître l'État de Palestine, en ayant fait une rentrée scolaire totalement gratuite, est un handicap pour la présidentielle ?
Je ne comprends pas cette question. Je ne comprends pas. Donc oui, nous voulons gouverner ce pays et appliquer notre programme.
Justement, François Ruffin, dans cette vidéo, dans laquelle, encore une fois, il dit quelle nullité, il se désespère, il parle du désespoir et du dégoût d'une électrice, justement, qui a déchiré sa carte d'électeur. Il dit, la gauche ne veut pas même des bouts de pouvoir, justement, pour abroger la réforme des retraites, pour augmenter les salaires. Vous vous dites, nous allons y aller, nous voulons y aller, pour faire ce qu'on pourra faire, y compris, quitte à rencontrer des difficultés dans cette situation majoritaire.
Lorsque nous présenterons les différents projets de loi du gouvernement, chacun assumera s'il veut faire tomber, oui ou non, le gouvernement du Nouveau Front Populaire. Et je vais vous dire, je crois que ça va coûter très cher à certains de dire qu'ils voudraient renverser un gouvernement du Nouveau Front Populaire parce que nous voulons rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune, mettre en place une taxation des super profits, ou encore augmenter les salaires dans ce pays. Donc oui, je le dis, ce qui fait notre crédibilité, et qui, y compris, nous permet de battre l'extrême droite, c'est le fait de respecter la parole qui a été donnée.
Nous sommes des militants de conviction, et nous tiendrons les convictions et le programme sur lequel nous nous sommes engagés.
Question de Stéphane, nos auditeurs, c'est vrai, s'interrogent beaucoup là-dessus. Est-ce que la position intransigeante de la France insoumise, c'est ce que nous dit Stéphane sur l'application de France Inter, sur le nom d'un, d'une première ministre, n'est pas le meilleur moyen d'avoir une future politique de droite ?
Mais écoutez, si nous faisons une grande coalition, parce qu'en fait, à la fin, c'est ça. Donc si nous faisons une grande coalition, en abandonnant une partie du programme, quelle alternative reste-t-il à l'extrême droite dans ce pays ? C'est ça la question qui doit être posée. Et je crois que, si je comprends la patience, personne n'accepterait que, en quelque sorte, après que la Macronie ait été sévèrement battue, à la fois aux élections européennes, puis aux élections législatives, on puisse dire, écoutez, on continue comme avant. Parce que ce sont des projets complètement antagonistes.
D'un côté, nous, nous voulons réinvestir dans les services publics, eux veulent faire des milliards et des milliards d'austérité et d'économie. Donc, ce ne sont pas des projets compatibles. Alors, qu'est-ce qu'on dit ? Vous croyez vraiment que les macronistes vont abroger la réforme de la retraite à 64 ans ? Vous trouvez ça sérieux ? Non, ce n'est pas sérieux. Et nous, nous sommes sérieux dans ce que nous proposons et dans ce que nous disons.
Nous parlions tout à l'heure, Mathilde Panot, des Jeux Olympiques. On parlait de trêve politique, cette trêve évoquée par le président de la République. Est-ce que vous pensez, pour parler des JO, que, comme le dit votre collègue député LFI de Seine-Saint-Denis, Thomas Porte, les athlètes israéliens ne sont pas les bienvenus à Paris ?
Alors, moi, je trouve cette polémique qui a été faite à Thomas Porte complètement indigne. Je vais vous lire une phrase qu'Anne Hidalgo a dit elle-même le 31 mars 2024. Elle dit « Je dis aux athlètes russes et biélorusses qu'ils ne sont pas les bienvenus ». Et je ne crois pas qu'il y ait eu de tollé derrière cette phrase. Alors, qu'est-ce que nous demandons ? D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que nous demandons cela. Nous demandons qu'il n'y ait pas de poids, de mesures qui affaiblissent la parole de la France.
Parce que, d'un côté, vous avez les athlètes russes, et là encore, ce ne sont pas les personnes que nous visons, mais vous avez les athlètes russes qui sont sous bannière neutre et qui ne participent pas à la cérémonie d'ouverture. Et de l'autre côté, vous avez des athlètes israéliens qui, eux, ne sont pas sous une bannière neutre et participent à la cérémonie d'ouverture. Donc, nous demandons qu'il n'y ait pas de poids, de mesures. Et je vais même vous dire quelque chose qui est important. Rappelez-vous, entre 1962 et 1992, l'Afrique du Sud n'avait pas le droit de participer aux Jeux Olympiques. A cause de la politique d'apartheid. A cause de la politique d'apartheid.
Il se trouve qu'il y a eu deux décisions de la plus haute cour de justice, la cour internationale de justice. Celle en janvier, dont nous avons beaucoup parlé, qui parle de risque génocidaire dans ce qui se passe actuellement à Gaza. Et celle de vendredi dernier, qui dit que la politique de colonisation des terres palestiniennes est illégale au vu du droit international. Et qui dit que c'est justement une politique d'apartheid qui est menée par le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, à la fois à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Donc, nous ne voulons pas d'un deux poids deux mesures.
Et les Jeux Olympiques, dans toute l'histoire, ont toujours été utilisés comme une manière aussi de faire des trêves dans les différents conflits du monde. Donc, je crois que les Jeux Olympiques sont aussi le moyen d'avancer vers le cesser le feu.
Mais si cette déclaration de votre collègue a suscité autant de réprobations, c'est aussi parce que certains y ont vu un parallèle avec les Jeux Olympiques de Munich en 72 et l'assassinat de 11 athlètes israéliens par des terroristes palestiniens. Est-ce que vous comprenez aussi cette émotion ?
Mais non, je ne crois pas que c'est sérieux. Est-ce que nous avons, vous avez déjà entendu la France Insoumise, une seule fois dans votre vie, appeler à s'en prendre à l'intégrité des personnes ? Jamais nous n'avons fait cela. Et je vais même vous dire, nous ne croyons pas à la violence en politique. Nous n'y croyons pas.
Donc, ce que nous disons, c'est que nous refusons le deux poids deux mesures, que nous refusons qu'on invisibilise ce qui se passe actuellement à Gaza, où la revue médicale très sérieuse britannique The Lancet parle d'une guerre et d'un génocide si elle s'arrêtait déjà maintenant, où il y aurait déjà 186 000 morts, du fait à la fois de la famine utilisée comme arme de guerre, du manque de médicaments, du manque de traitements, suite des blessures avec les bombardements notamment. Donc, nous parlons d'une chose extrêmement grave. Et je crois que la communauté internationale doit mettre tous ses moyens pour activer et faire en sorte que le cessez-le-feu existe réellement.
Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale, députée LFI du Val-de-Marne. Merci d'être venu nous voir sur France Inter ce matin. Je rappelle que vous nous avez annoncé pour revenir à la politique française le dépôt d'une proposition de loi afin d'abroger la réforme des retraites. Il est 8h43, la revue de presse à suivre. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Mathilde Panot