LES JOURNÉES D'ARCHITECTURE - Réinventer les matériaux
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Comment faire face à une certaine pénurie de matériaux ?
- 1:20FerméeRéponse directe
Ce qui est jeu sourcé ?
- 2:53OuverteRéponse partielle
Vous nous parlez du bois, de la naturelle.
- 3:33OuverteRéponse directe
Il y a même un attachement des habitants à des murs qu'on a pu côtoyer.
- 5:10OuverteRéponse directe
Comment réduire l'empreinte carbone ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Est-ce que ça dépend des matériaux qui composent ce bâtiment ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06InvitéFait
« tout ce sujet de pénurie, qui finalement est aussi dû au transport, au sujet du transport, du coût du transport »
- 2:45InvitéFait
« On l'a nettoyé. On lui a rendu une certaine valeur. »
- 4:00InvitéFait
« un bâtiment en béton des années 1970. Et donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a gardé tout le béton qui était là. »
- 5:38InvitéFait
« On vient de finir un bâtiment à Limoges, dans une ancienne imprimerie, pour le transformer en lieu d'art. »
- 5:50InvitéFait
« on avait des graisses cérames qui étaient très beaux. »
- 6:11InvitéFait
« Il est incroyable, il est unique, ça donnera une identité au lieu »
- 6:44InvitéFait
« on a fait une économie budgétaire, et on a fait une économie de démolir un sol, de l'envoyer à la casse, et de ramener du béton pour faire un sol ciré. »
Temps de parole
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Les
journées d'architecture depuis le Grand Palais, ici au cœur de Paris. On est ravis d'accueillir une architecte urbaniste, Dominique Jacob. Bonjour. Bonjour. Dominique, vous êtes la fondatrice de l'agence Jacob plus McFarlane, du nom de votre associé néo-zélandais. On le salue. Et avec vous, on va voir comment faire face, peut-être à une certaine pénurie de matériaux. C'est vrai qu'on en parle beaucoup. On a vu les prix flambés après le Covid, après l'entrée en guerre de la Russie en Ukraine. Aujourd'hui, on en est de ces matériaux.
Est
-ce qu'on les
trouve
facilement
?
Écoutez, nous, on a toujours été très intéressés dans nos projets de travailler avec le contexte.
On
n'est pas du tout dans les projets, finalement, qu'on amène... La manière de concevoir un projet au nord de la France, au sud de la France,
dans
un autre pays, pour nous,
est
très différente.
Et
on a toujours tenu
à
regarder ce qu'il y avait à l'endroit où on faisait le projet. Donc, en fait, tout ce sujet de pénurie, qui finalement est aussi dû au transport, au sujet
du
transport, du coût du transport, on en reparle aujourd'hui. Nous, on a toujours essayé de le réduire et de travailler avec ce qu'il
y
avait de plus à proximité du projet.
Donc, ce qui est
jeu
sourcé ?
Ce qui est jeu sourcé. Et quelles sont les carrières qui sont à proximité ? Est-ce qu'on travaille le métal à proximité ? Et de la même manière pour les bois ? Et donc, dans notre travail, on n'a été finalement pas vraiment affecté par ce sujet de pénurie. parce que déjà aussi, on a toujours tenu
à
conserver ce qui était là, de faire avec l'existant. Si vous pensez, par exemple, à un des bâtiments qu'on a fait à Paris, il
y
a quelques années maintenant, c'est la mode du design. Ce bâtiment devait être démoli. Et en fait, le concours proposait de démolir, de construire un nouveau bâtiment. Et nous,
on
a dit, maintenant, cette structure en béton qui est déjà là, elle prend 4 à 5 tonnes au mètre carré. C'est plus que nécessaire pour l'usage qu
'on
va en faire. Pourquoi la démolir pour reconstruire
?
Donc, nous, ce sujet de garder ce qui est là, de faire avec ce qui est là, de faire avec l'existant, a toujours été très important parce que c'est aussi la mémoire. Je deviens un peu de votre sujet, mais je pense que c'est important. Construire un projet avec la mémoire du lieu
permet
à tout le monde, finalement, d'avoir une histoire avec le bâtiment. Et avoir une histoire avec le bâtiment, c'est l'accepter, c'est l'accompagner.
On
vient de finir une bibliothèque, une restructuration d'une bibliothèque à Avignon,
qui
a été un bâtiment en béton des années 1970.
Et
donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a gardé tout le béton qui était là. On l'a nettoyé.
On
lui a rendu une certaine valeur.
Et
ensuite, tout ce qu'on est venu ramener, quelque chose de léger et en bois.
D
'accord, parce que vous êtes très attaché à l'agence, effectivement, à ces matériaux également biosourcés. Vous nous parlez du bois,
vous
nous parlez, effectivement,
de la naturelle. De
bois, de tissu en laine, on fait attention aux isolants. Mais c'est aussi, on va dire, tout l'artisanat, tout l'écosystème qui est autour d'un site. Donc,
si
vous avez des artisans qui travaillent une matière particulière, on aime travailler, en fait, avec ces personnes qui connaissent cette matière, qui ont eu leurs propres ressources d'approvisionnement, qui sont aussi autour d'eux. Donc, on essaie toujours d'union de faire les projets avec
les
matières et les gens qui accompagnent ces matières avec les artisans. Faire travailler, en fait, les petits corps d'État, c'est extrêmement important.
Et puis, quand vous parliez du déjà, c'est vrai qu'il
y
a même un attachement, souvent, des habitants de la population à des murs qu'on a pu côtoyer. C'est agréable de voir qu'un bâtiment qu'on a vu pratiquement toute sa vie, il a une seconde jeunesse, une nouvelle vie.
Et ça fait le lien entre les générations. Donc, ce sujet de bibliothèque dont je vous parlais tout à l'heure, c'est une bibliothèque dans un quartier en rue, dans un quartier prioritaire de la ville. Et donc, quand il a réouvert, il a réouvert six jours de la semaine.
Et
en fait, il a eu une telle affluence avec les enfants du quartier
qu
'ils ont, au sein même de l'équipement, décidé d'ouvrir sept jours sur sept.
Donc,
c'est vous dire qu'un équipement des années 70 qui n'était pas évident
comme
empreinte,
en
lui redonnant une nouvelle jeunesse, une nouvelle identité, en remettant l'équipement aussi aux normes d'aujourd'hui, en fait, permet d'accueillir un quartier, des enfants d'un quartier
de
la ville. C'est mieux de les avoir dans un équipement de bibliothèque que de les avoir dans la rue.
Et donc,
là, pour moi, c'est un succès et c
'est
le rôle de l'architecte. Si on fait des bâtiments, ce n
'est
pas pour les photographier juste au jour du vernissage,
c
'est pour la
vie de tous
les jours. Et c'est un sujet auquel je tiens.
C
'est qu'en fait, je pense que la valeur d'un bâtiment, elle ne se mesure
pas
à sa réception, mais à plus 5, plus 10 ans.
À son usage.
À son usage. Parce qu'en fait, c'est déjà reconnaître le travail qu'a fait l'architecte, bien, tient dans la durée.
Et
c'est aussi l'entretien que le fait de la maître d'ouvrage.
Parce
qu'un maître d'ouvrage aussi doit accompagner son bâtiment dans la durée.
Alors, justement, une des façons, vous l'avez dit, de réduire l'empreinte carbone,
c
'est déjà de ne pas construire ou détruire des nouvelles choses pour reconstruire. Également, est-ce que ça dépend des matériaux qui composent ce bâtiment, comme vous l'avez si bien évoqué ? Comment on peut faire pour encore réduire cette empreinte carbone
? Alors,
je pense que c
'est
l'imagination, c'est la créativité. Je vais vous donner un autre exemple. On vient de finir un bâtiment à Limoges, dans une ancienne imprimerie,
pour
le transformer en lieu d'art. Et on a eu une belle surprise sur le chantier. Donc, c'est aussi ça, l'agilité, réagir à des situations. Quand on a enlevé une protection d'un sol, on a découvert que finalement,
on
avait des graisses cérames qui étaient très beaux. Mais, quand on fait un lieu d'art,
quand
on regarde dans tous les lieux internationaux, l'image qu'on a finalement, c'est un sol en béton ciré, neutre, gris. Et donc, nous, quand on a dit au maître d'ouvrage, mais attendez, vous regardez là, qu'est-ce qu'on découvre, ce sol ? Il est en très bon, enfin, il est en bon état, il est quand même musée, mais il est en bon état, bon état d'usage.
Il
est incroyable, il est unique,
ça
donnera une identité au lieu, parce que c'est quelque chose d'inhabituel, mais qui peut très bien fonctionner pour un lieu d'art. Et la première réaction du maître d
'ouvrage
n'était pas évidente. Ah non, moi j'ai envie d'avoir mon musée, comme tous les autres musées, et j'aimerais bien avoir mon sol en tour ciré, comme on avait prévu. Mais en fait,
notre période,
on doit s'adapter, on découvre quelque chose,
on
doit se poser la question, tiens, là j'ai un garde-corps en verre, j'avais pas pensé,
mais peut
-être qu'il peut prendre une fonction, donc
au
lieu de le démolir,
peut
-être que je peux le garder, et il prend une fonction dans mon nouveau projet. Donc en faisant ça, on a fait des économies,
on
a fait une économie budgétaire,
et
on a fait une économie de démolir un sol, de l'envoyer à la casse, et de ramener du béton pour faire un sol ciré.
Donc
je pense aussi que
c
'est cette réaction, cette adaptation qu'on doit avoir, cette souplesse,
parce
qu'on imagine un projet, mais le projet doit traverser des vies, et il doit pouvoir avoir une sorte d'intelligence, d'adaptation,
quand
on pense que c'est nécessaire, pas par caprice, mais parce qu'on pense... Et là, finalement, ce sol, vous verrez les images, donne l'identité au bâtiment.
Voilà un bon exemple, en tout cas, de créativité, d'imagination, pour aussi économiser du carbone. Merci Dominique Jacob, je rappelle que vous êtes la fondatrice de Jacob plus Marc Fairlane, et à très bientôt sur Smartimo.
Merci beaucoup pour l'invitation.