«L'INTÉRÊT GÉNÉRAL DU PAYS EST QU'ON NE MEURE PLUS AU TRAVAIL» - Mélenchon
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Chapitres
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Attaque 30 %Défensif 70 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00MélenchonFait
« Nous sommes les descendants de ceux qui se sont battus, après l'immense accident industriel de la mine de Courrières - 1300 morts ! »
- 9:00MélenchonFait
« L'intérêt général du pays, au-delà des sentiments personnels qu'on peut avoir, c'est qu'on ne meure plus au travail, qu'on ne s'y rende plus malade et que la raison systémique recule devant la raison humaine. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mes chers collègues, Je vois bien que notre insistance, parfois, vous agace. Je vous demande de considérer qui nous sommes, d'où nous venons. Chacun d'entre nous a une histoire, pas personnelle, mais collective.
Nous sommes ce courant, qui est né dans l'histoire des luttes de la classe ouvrière ; le mot ne doit pas vous paraître offensant ou grossier : beaucoup d'entre vous sont des enfants ou des petits-enfants de cette classe et de son dévouement à ses enfants, vous êtes le témoignage. Nous venons pleins d'une histoire. Moi, je ne doute pas un instant de la qualité des intentions du rapporteur, ni de ceux d'entre vous qui croient réellement que le rapport de force va être amélioré.
Il ne s'agit pas de ça. Nous sommes les descendants de ceux qui se sont battus, après l'immense accident industriel de la mine de Courrières - 1300 morts ! C'est après ça qu'a été créé le Ministère du travail et qu'a commencé à être codifié le droit du travail.
Est-ce que le patron de la mine de Courrières était un esclavagiste grossier et violent ? Peut-être. Mais ce qui est le plus vraisemblable, c'est qu'il croyait à son propre argument : il fallait être efficace, il fallait être productif, il fallait être flexible, il faisait bosser les mômes.
Et ainsi de suite. Donc c'est la raison systémique qui l'a dépassé. Et c'est contre ça que nous luttons, Monsieur le Rapporteur.
Vous ne nous rassurerez pas parce que vous fusionnez les instances, quelle que soit la qualité de vos intentions -- mon collègue a raison -- si l'on met dans la même discussion des points de vue qui parfois peuvent être contradictoires, y compris entre ouvriers, entre représentants des salariés, entre celui qui croit que la prime est le plus important, ou que l'économie de cotisation sociale va être meilleure pour lui, et celui d'à côté qui dit : quoiqu'il arrive je m'en fous, je ne veux pas qu'on travaille dans des conditions qui sont aussi dangereuses pour la santé. Je vais finir là-dessus : Nous sommes les garants de l'intérêt général du pays. L'intérêt général du pays, au-delà des sentiments personnels qu'on peut avoir, c'est qu'on ne meure plus au travail, qu'on ne s'y rende plus malade et que la raison systémique recule devant la raison humaine.
Point final ! On a déjà fait - c'est mon dernier mot - reculer dans la loi El Khomri les conditions de la santé au travail. On a supprimé les visites obligatoires au profit d'un petit examen superficiel par des infirmiers.
On prend la mauvaise pente, mes chers collègues ! C'est pourquoi il faut une instance séparée. Et ce n'est pas vous mettre en cause que de le dire.
C'est vous faire valoir une raison pour laquelle nous voulons qu'on les sépare. La raison, c'est que par-dessus tout compte la condition humaine.
Jean-Luc Mélenchon