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interviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 7 juin 2026 17 min

Meeting de Jean-Luc Mélenchon, affaire Lyhanna, enjeux autour de l'Enseignement

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame Jean-Luc Mélenchon tenait hier son premier grand meeting depuis l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle à Saint-Denis devant la basilique où sont enterrés les rois de France. Le leader insoumis a souhaité se poser comme la seule alternative à gauche. On y revient ce matin Clara. Oui justement avec votre invité Rodrigo Arenas, député insoumis de Paris. Bonjour Rodrigo Arenas. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui. Jean-Luc Mélenchon qui tient un meeting avec pour fond la nécropole des rois de France.

Quel est le symbole ?

0:42
Rodrigo Arenas

Le symbole c'est l'histoire de France. C'est-à-dire que c'est là où la France a choisi d'enterrer pour l'histoire ses rois. Et donc je trouve que c'est plutôt bien de le faire là puisqu'il y a juste à côté, vous n'aurez pas échappé aussi la mairie de Saint-Denis qui est la commune.

0:59
Présentateur

Il aurait pu mettre la caméra orientée vers la mairie mais il a fait le choix de mettre la caméra orientée vers la basilique.

1:04
Rodrigo Arenas

Alors en fait je ne pense pas que ce soit cet angle-là qu'il faut le voir comme s'il y avait une intention malhonnête ou manipulatrice. C'est simplement que c'est dans cet angle-là je pense qu'il y a le plus de personnes qui rentrent tout simplement. La place du caquet est ainsi organisée mais il y avait aussi beaucoup de gens sur les côtés. Et moi qui étais assis sur le côté, on essayait de se tourner pour voir un petit peu les gens parce que c'est vrai qu'ils viennent voir un meeting et c'est normal de respecter celles et ceux qui ont supporté la chaleur hier.

1:29
Présentateur

Ils étaient plusieurs milliers, 26 000 d'après l'organisation Jean-Luc Mélenchon qui a décrété que les étoiles sont alignées, la primaire est finie et il se pose désormais comme la seule alternative à gauche. Jean-Luc Mélenchon a-t-il fait une bouchée d'Olivier Faure, Boris Vallaud et Raphaël Luxman ?

1:44
Rodrigo Arenas

Je ne sais pas s'il en a fait une bouchée parce que ce n'est pas l'objet, n'est pas une image guerrière. Je pense avoir dans une présidentielle qui nécessite de rassembler les Françaises et les Français. Mais en tout cas ce qui est certain c'est que celles et ceux qui hier encore l'accusaient d'illégitimité pour candidater au nom de la gauche, au nom du progrès, au nom de l'humanisme, d'universalisme. Aujourd'hui je pense qu'ils vont changer leurs éléments de langage et s'orienter dans des réunions de bureaux nationaux d'urgence pour voir comment est-ce qu'ils réagissent.

Moi je les invite aujourd'hui à faire en sorte d'écouter beaucoup de leurs militantes et de leurs militants que je côtoie évidemment pour essayer de rassembler. Et non pas aller sur des combinaisonnés électoralistes qui n'ont pas de sens quand on veut améliorer le sort des gens.

2:25
Présentateur

Vous souhaitez Rodrigo Arenas tendre la main aux communistes, aux écologistes ?

2:29
Rodrigo Arenas

Mais nous n'avons jamais cessé, ni moi ni mon mouvement, de le faire. Nous avons toujours tendu la main pour cela. D'ailleurs vous n'avez pas échappé que nous avons proposé, après la Nupresse, après le NFP, la nouvelle alliance populaire, pour que tout le monde puisse se retrouver. Il ne s'agit pas d'avoir une hégémonie, il ne s'agit pas, contrairement à ce qui se dit, d'avoir l'idée que la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon écraseraient tout le monde. Non, tout le monde est le bienvenu comme on a su le faire. D'ailleurs, celles et ceux qui siègent à mes côtés, qui ont été élus dans le cadre du Nouveau Fonds populaire, ils ne se sont pas dissous dans un groupe de la France insoumise.

Ils ont leur autonomie. Et d'ailleurs, vous n'aurez pas échappé que nous avons quelques dissonances sur les votes à faire, par exemple sur la censure contre le gouvernement.

3:07
Présentateur

C'est vrai que pour se rassembler, il faut toujours faire quelques concessions. Quelles concessions la France insoumise est-elle prête à faire ?

3:13
Rodrigo Arenas

Mais vous savez, notre programme qui est porté aujourd'hui, qui a été amélioré, en tout cas augmenté, par rapport à la précédente l'élection présidentielle, reprend par exemple les propositions du Nouveau Fonds populaire. Celles-telles ont été davantage développées. Je pense à l'intelligence artificielle notamment, les questions écologiques qui changent aussi un peu le rapport. On a beaucoup parlé du cadmium ces derniers temps. Vous voyez, tout ça, nous l'intégrons. Eh bien, il s'agit de partir du besoin des gens.

Et je ne vois pas en quoi, moi qui connais quand même les socialistes, les communistes, les écologistes, et ceux aussi qui ne sont pas encartés, mais qui représentent une force importante dans notre pays, ne se retrouveraient pas dans ce programme commun. On a su le faire en 80, il n'y a pas de raison de ne pas le faire en 2027.

3:50
Présentateur

D'ailleurs, hier, Jean-Luc Mélenchon a totalement ignoré Gabriel Attal, Édouard Philippe, et je crois qu'il n'a pas cité leur nom. Il a à peine parlé du macronisme. En revanche, il a beaucoup parlé du rassemblement national. Il y a une volonté de montrer un duel entre l'extrême droite et Jean-Luc Mélenchon ?

4:04
Rodrigo Arenas

En tout cas, c'est ce que la réalité politique de notre pays est en train de montrer. Moi, je le regrette, je viens du Chili, je suis fils d'exilé politique, je suis en France parce que l'extrême droite a pris le pouvoir de la pierre des manières. Et à ce titre-là, je préfère un débat démocratique qui s'émancipe de ce passé-là, que la France a connu malheureusement aussi. Mais la réalité est là, il y a une vraie polarisation de la vie politique où il y a un affrontement vraiment de choix de société aussi.

4:34
Présentateur

Et pour vous, il y a une opposition entre LFI et le RN1 ? Oui, il y a une opposition, bien sûr. Parce que quand on regarde les sondages, c'est vrai que si Jean-Luc Mélenchon est aux portes du second tour, face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen à un second tour, les sondages tels qu'on les a aujourd'hui montrent une victoire nette de Jordan Bardella ou Marine Le Pen.

4:51
Rodrigo Arenas

Mais les sondages ont toujours donné Jean-Luc Mélenchon perdant déjà au premier tour et balayé, vous savez, vous êtes un fin connaisseur de la chose, eh bien Jean-Luc Mélenchon a terminé un point du RN. Donc nous, nous pensons que nous pouvons les battre. Nous pensons que nous pouvons les battre dès le premier tour parce que nous ne proposons pas la même France. Nous proposons une France dans laquelle tout le monde trouve sa place et y compris celles et ceux que le RN n'accepte pas et qui font partie de notre société.

5:15
Présentateur

Et d'ailleurs, hier, pour s'opposer au RN, Jean-Luc Mélenchon a parlé du suprémacisme. Qu'est-ce que le suprémacisme dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon ?

5:23
Rodrigo Arenas

Ce n'est pas dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon. Si vous regardez, vous êtes attentif à ce qui se passe aux États-Unis. Le suprémacisme blanc, en l'occurrence, aux États-Unis, s'exprime à travers le racisme, par exemple. Et il s'exprime aussi dans les relations hommes-femmes où des hommes pensent que parce qu'ils sont nés hommes, ont un droit parfois même de vie et de mort sur les femmes. C'est tout ça, le suprémacisme.

C'est le fait que vous intégrez comme une doctrine, une idéologie, un rapport de domination où vous vous sentez autorisé à tort, selon la loi et à tort selon l'évolution de notre humanité, d'avoir un droit de regard et un droit de vie et de mort, encore une fois, sur des personnes dont vous vous sentez supérieur. C'est ça, le suprémacisme. Et je pense que ce n'est pas d'actualité à encourager, en tout cas, et le RN l'encourage fortement, oui. Comment ? À travers ses relations aux femmes, par exemple. À travers aussi ses relations à l'immigration. À travers ses relations à l'école. À travers ses relations à la police. C'est-à-dire à travers les institutions qui régissent notre pays.

Ils s'autorisent à avoir un regard parfois condescendant et parfois excluant d'une partie de la population. Et la loi ne les autorise pas. La Constitution, encore moins. Nous sommes tous nés citoyens. Et d'ailleurs, il ne vous a pas échappé que depuis François 1er, nous avons le droit du sol. C'est-à-dire que quand vous naissez en France, vous êtes français. Et c'est ce que nous respectons, en tout cas à la France insoumise.

6:32
Présentateur

Nous sommes avec Rodrigo Arenas, député insoumis de Paris sur RCF Notre-Dame, pour évoquer le meeting hier de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis. Jean-Luc Mélenchon qui aborde ce concept de la Nouvelle-France. La Nouvelle-France, qu'est-ce que l'Ancienne-France, Rodrigo Arenas ?

6:48
Rodrigo Arenas

L'Ancienne-France, c'est une France que moi j'ai connue, dans laquelle vous aviez énormément d'enfants qui étaient ici, avec qui j'étais à l'école, qui n'étaient pas français, ou alors des personnes aussi à qui on refusait leur orientation sexuelle, à qui on excluait de certains postes de pouvoir ou de certains postes professionnels ou autres, parce qu'en raison de leur orientation. Donc c'est ça la Nouvelle-France aujourd'hui, ce n'est plus acceptable.

Moi je reçois beaucoup de stagiaires, par exemple en tant que député, et il y a des vocables, il y a des attitudes que je peux avoir, parce que j'ai 52 ans, parce que je suis génération collue, j'ai des proches, etc., qui choquent, qui choquent les nouvelles générations. Et c'est heureux de... Et c'est pas bien. C'est pas bien, parce qu'on n'a pas le droit de violenter les gens.

Et j'estime que quand une nouvelle génération arrive dans mon bureau, je dois faire l'effort, d'abord parce que je suis père de famille, mais aussi parce que je suis député, de faire en sorte de m'intégrer à cette nouvelle génération qui arrive dans mes bureaux, parce que c'est dans ce sens-là qu'on fait l'effort, et pas dans l'autre. Et qu'est-ce qu'on reconnaît de positif à l'histoire

7:46
Présentateur

dans ces cas-là ?

7:48
Rodrigo Arenas

Écoutez, il y a plein de choses qui sont positives. Nous, nous sommes des héritiers de la Révolution française, et la Révolution française et aussi la continuité d'une monarchie qui était à bout de souffle. Donc, vous voyez, tout ça est sous-jacent. Nous sommes les héritiers de celles et ceux qui, si vous évoquez l'histoire, considèrent que la France s'est construite à travers ses migrations, à travers ses alliances, à travers le fait d'intégrer les personnes qui venaient d'ailleurs et qui ont d'ailleurs assuré une stabilité.

Aujourd'hui, les nouvelles générations, notamment, comprennent et savent que si la Normandie s'appelle Normandie, c'est parce qu'il y a eu les Vikings, le fameux roi Rollon qui est dans la série Évonyme. Donc, vous voyez, c'est tout ça la Nouvelle France. C'est presque un message christique d'une certaine façon. Pourquoi ? Alors là,

8:28
Présentateur

il y a un message christique dans le second Jean-Luc Mélenchon.

8:30
Rodrigo Arenas

Parce que ça veut dire qu'on intègre dans le pays toutes celles et ceux qui ont été mis de côté. Et moi, je pense que c'est positif. Je pense que c'est positif de se dire que eh bien, celles et ceux qui ont été violentés par notre pays ne le seront plus. Et nous, nous portons ce message. Ce n'est pas un message qui exclut, c'est un message qui inclut. Et c'est ça la République française. C'est la liberté, l'égalité, la fraternité et aussi la laïcité.

8:50
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a longtemps incarné une gauche dure sur la laïcité, héritière de Jaurès. Aujourd'hui, il partage la scène avec Annie Ernaud en Keffier. Il parle de suprémacisme culturel. La France Insoumise s'oppose à l'interdiction de l'Abbaya et défend les mères voilées en sortie scolaire. Jean-Luc Mélenchon a-t-il abandonné la laïcité pour aller chercher l'électorat musulman ?

9:11
Rodrigo Arenas

Alors d'abord, sur la question de l'Abbaya, c'est une légende. Moi, je sais, j'en ai été victime. C'est-à-dire qu'il a été dit dans la presse, notamment, une certaine presse, que j'étais favorable au port de l'Abbaya à l'école. C'est faux. C'est faux. C'est faux. Absolument. Et dans l'espace public ? Pardon ? Et dans l'espace public ? Dans l'espace public, comme vous avez des personnes qui, de toute religion, peuvent arborer un choix vestimentaire qui rappelle leur engagement et leur foi, c'est tout à fait autorisé par la loi laïque de notre pays. Donc, il n'y a aucune raison que les croyants Nous, nous sommes sur une laïcité qui est fidèle au texte.

Pour le coup, nous sommes peut-être un peu rigoristes sur le texte, c'est vrai. Sur la loi de 1905, c'est-à-dire que l'école de la République doit s'affranchir de tous signes ostentatoires et ostensibles. Moi, je suis, parce que j'étais aussi responsable de la première fédération de parents d'élèves, un fervent défenseur de la loi de 1905, mais aussi de celle de 2004. Voilà. C'est le rapport que nous avons à l'école où nous pensons, peut-être à tort d'ailleurs, puisque nous sommes une exception culturelle et culturelle dans le monde, que les enfants, quand ils vont à l'école publique, ne doivent pas être soumis à des signes ostensibles puisqu'ils viennent là pour s'émanciper.

Même en sortie scolaire ? Les enfants, évidemment. Les enfants, que ce soit en sortie scolaire ou à l'école, dès qu'ils sont dans un cadre scolaire, ils doivent s'en émanciper. Mais je fais une différence sur l'école privée, attention.

10:28
Présentateur

On va venir à l'école privée dans quelques minutes avec vous, Rodrigo Arenas, pour avoir votre... Enfin, privé confessionnel. Privé confessionnel, effectivement, l'enseignement catholique. On va en parler avec vous, Rodrigo Arenas. Je voulais, avant de passer à l'affaire Liana, évoquer la Nouvelle-Calédonie aussi avec vous puisque Jean-Luc Mélenchon a promis hier que la Nouvelle-Calédonie irait vers l'indépendance s'il remportait la présidentielle. La promesse d'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, c'est une urgence pour la France insoumise ?

10:53
Rodrigo Arenas

Il a aussi dit que si c'était la volonté du peuple, nous, nous sommes ses héritiers d'une certaine conception, ce sont les peuples qui décident par eux-mêmes leur destin et oui, les habitants de la Kanakie, en tout cas les Kanaks, sont les héritiers d'une invasion et d'un système colonial. Donc à partir de là, s'ils décident de s'émanciper de la France en tant que département ou territoire, comme ça a été le cas, eh bien, écoutez, si c'est leur choix, nous devons le respecter et en tout cas, certainement pas d'envoyer la troupe pour les mater, comme ça a été le cas. Moi, j'ai l'âge pour me rappeler la caverne d'Ouméa.

Je pense que ce n'est pas de cette façon-là dont la France doit réunir dans le monde.

11:33
Présentateur

Nous sommes avec Rodrigo Arenas, député à la FI de Paris. Liana, 11 ans, a disparu le 29 mai dernier. Son corps a été retrouvé. Le principal suspect avait déjà fait l'objet de trois plaintes pour viol sur mineurs, dont une classée sans suite en 2024 et une autre toujours en cours au moment des faits, sans qu'il ait jamais été entendu, le traitement étant retardé par des conflits de compétences entre les parquets. Rodrigo Arenas, Gérald Darmanin, doit-il démissionner ?

11:57
Rodrigo Arenas

Moi, ça, c'est quelque chose qui appartient au Premier ministre et au Président de la République. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que plutôt que de chercher des responsabilités ailleurs, il ferait mieux de regarder devant sa porte. Moi, je pense aujourd'hui que le budget de la nation qui concerne la justice, en l'occurrence, et aussi la police, n'est pas au niveau. Il n'est pas au niveau pour avoir les magistrats, pour avoir le nombre de policiers d'investigation aussi, les enquêteurs, pour faire en sorte que les plaintes soient entendues. Nous avons pu voir dernièrement toutes les plaintes qui sont en souffrance dans notre pays et il est temps de changer de braquet.

J'ai pu réagir plusieurs fois en tant que députés en faisant un article 40, par exemple, sur les enfants de la zone. Nous avons le scandale du périscolaire à Paris où ceux qui étaient en responsabilité hier et qu'ils dénonçaient sont aujourd'hui en responsabilité. Je pense que la classe politique s'honorerait, et Jeanne Armana aussi, d'assumer ses responsabilités et ses inefficacités. Le respect que nous devons aux familles, aux enfants en particulier.

12:49
Présentateur

Vous êtes membre de la commission d'éducation à l'Assemblée nationale. Est-ce que l'école aurait pu être un maillon supplémentaire d'alerte dans cette affaire ?

12:57
Rodrigo Arenas

En tout cas, ça a été dénoncé et ça a été recensé. Oui, l'école est un lieu important, d'abord parce que nous y allons tous, sauf petites minorités qui font l'enseignement en famille, mais la grande majorité des enfants, l'essentiel, va à l'école.

Donc, évidemment, quand moi je plaide depuis des années pour qu'il y ait des psychologues scolaires pour que les enfants à chaque tranche d'âge, c'est-à-dire maternelle, primaire, collège, lycée, soient vus par un psychologue scolaire pour déceler, justement, des éventuelles souffrances parce que l'essentiel sont en fait dans le milieu intrafamilial, eh bien, qui pose cette question-là et que Darmanin n'entendra pas, c'est que nous n'écoutons pas les enfants. Les enfants ne sont pas au cœur du projet politique français. Moi, j'ai eu l'occasion de poser une question à François Bayrou lors de l'affaire Bétarame. Pour lui, une gifle, encore aujourd'hui, est un acte éducatif.

On a le droit de gifler un enfant sous le seuil de la colère. La réponse est non. Nous devons avoir une société qui n'accepte pas qu'on frappe un enfant parce que ce n'est pas bon de ne pas pouvoir réguler ses passions et de ne pas frapper moralement, psychiquement ou physiquement, un enfant quand on est en colère ou parce qu'on pense que ça lui fera du bien. Il faut sortir de cette société où on pense, pardonnez-moi d'être un peu vulgaire, mais on en a chié avant eux. Il n'y a pas de raison qu'ils ne le fassent pas puisque nous sommes devenus ce que nous sommes. Eh bien, nous ne sommes pas devenus quelque chose de très joli sur cet aspect-là.

14:11
Présentateur

Rodrigo Arenas, député LFI de Paris. Je voudrais qu'on aborde l'enseignement catholique à présent avec vous, Rodrigo Arenas, puisque vous avez été, vous l'avez dit, président d'une fédération de parents d'élèves. Est-ce que, pour vous, il faut revoir les conditions de financement public de l'enseignement catholique ?

14:34
Rodrigo Arenas

D'abord, si vous me permettez, il y a eu une grosse campagne médiatique qui a été lancée notamment par les réseaux d'extrême droite médiatique qui ont créé une vraie panique morale parce que j'intégrais cette instance. Il faut savoir que cette instance est composée de six parlementaires, trois sénatrices et sénateurs et trois députés et dont la droite est extrêmement majoritaire. Donc, il faut que, quand vous parlez tout à l'heure de l'opposition entre LFI et le RN, c'est ça. C'est-à-dire qu'il y a ceux qui créent des paniques morales et ceux qui essayent de coudre un lien républicain entre les Françaises et les Français. Les inquiétudes sont notamment

15:02
Présentateur

liées à vos positions sur la laïcité.

15:05
Rodrigo Arenas

Mais ça, ça n'a pas lieu d'avoir puisque quand vous êtes laïque, eh bien, vous respectez la loi et à ma connaissance, la laïcité permet d'échanger et de respecter tout le monde et ce qui vient à votre question sur le financement des écoles privées. Moi, effectivement, d'un point de vue privé et d'un point de vue politique, je considère que des écoles qui n'accueillent pas les enfants en respectant le principe universel, qui n'accueillent pas les enfants...

15:28
Présentateur

Quel principe universel ?

15:29
Rodrigo Arenas

Par exemple, d'accueillir à égalité les enfants à besoins particuliers. Voilà, c'est une réalité. À moi, je suis député parisien, à Paris, il n'y a que 10% des enfants à besoins particuliers, porteurs d'handicap, pour être clair, qui sont accueillis dans les écoles privées. 90% sont des écoles publiques. Donc, vous voyez, quand on accepte de l'argent public, de l'argent de la République, eh bien, il faut aussi en accepter les devoirs. Et je considère qu'aujourd'hui, l'enseignement privé, catholique ou pas, s'en affranchisse.

15:53
Présentateur

L'enseignement privé à Paris est très singulier par rapport au reste du territoire.

15:56
Rodrigo Arenas

C'est-à-dire ?

15:57
Présentateur

Plus élitiste.

15:58
Rodrigo Arenas

Alors, ça dépend. Vous avez aussi des écoles privées, qu'elles soient confessionnelles ou pas, en région, qui sont extrêmement élitistes aussi. Il n'y a qu'aujourd'hui, si vous voulez, l'école privée confessionnelle, libre, comme on dit, était justement respectée parce qu'elle était censée respecter l'éducation religieuse des enfants. Moi, je suis favorable à ça. Je n'ai aucun problème avec ça. Les parents sont majeurs. Mais là, aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Vous l'avez dit. Aujourd'hui, les écoles privées confessionnelles sont plus organisées et doivent leur existence à la création de l'entre-soi.

C'est-à-dire qu'au lieu d'être un outil d'émancipation, ils deviennent un endroit dans lequel on se reproduit socialement. Mais ça, ce n'est pas acceptable en République.

16:32
Présentateur

Et si Jean-Luc Mélenchon devenait président de la République, porterait-il un projet dans lequel il n'y a plus d'enseignement privé en France ?

16:39
Rodrigo Arenas

Pas du tout. Là, vous avez interrogé Rodrigo Arenas. Dans le programme de la France Insoumise, la question du financement des écoles privées est critérisée. C'est-à-dire qu'en fonction de certains critères qui sont publics, vous aurez ce financement. Moi, je l'interroge aujourd'hui. Aujourd'hui, l'enseignement privé

16:52
Présentateur

est plus de moins cher que l'enseignement public.

16:54
Rodrigo Arenas

Non, ça, c'est une fake news qui est lancée par des lobbyistes des écoles privées. C'est dans le rapport de Gretz qui bouge. Non, non, Facebook oublie une partie et je comprends pourquoi elle le fait parce que la partie qu'elle analyse est de ce point de vue-là. Mais quand vous intégrez notamment les frais de gestion, quand vous intégrez un certain nombre de dépenses qui revêtent de l'éducation nationale, vous vous rendez compte que l'école privée n'est pas moins chère que l'école publique et d'autant plus qu'elle prend en charge des filières qui sont extrêmement coûteuses et qui ne sont pas desservies par le privé.

Moi, je travaille en ce moment sur un rapport sur l'enseignement agricole, par exemple. Une machine coûte extrêmement chère et donc quand vous n'avez pas l'argent pour les machines, c'est le public qui fait. Ce rapport d'inégalité a cessé

17:34
Présentateur

Merci beaucoup Rodrigo Arenas,

17:35
Rodrigo Arenas

député LFI de Paris. Merci.

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