François Bayrou "ouvert" à réexaminer la suppression de jours fériés : "Il y a d’autres manières d’encourager à produire plus", selon la ministre Amélie de Montchalin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Amélie Monchalin, la France aura-t-elle un budget en 2026 ?
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Avec quel gouvernement ? Qui a votre place au budget ?
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Une dissolution est-elle inéluctable ?
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Vous avez fait vos cartons, Amélie Monchalin ?
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Mais vous y croyez encore ?
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Arithmétiquement, il y a très peu de chances que vous en sortiez la semaine prochaine.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je suis convaincue que dans notre débat public, à part peut-être certains députés ou dirigeants de la France Insoumise, je n'ai entendu ni n'ai rencontré personne qui pense que la France peut se passer d'un budget. »
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« Nous n'avons pas la vérité seule, nous n'avons pas raison tout seul, parce que nous n'avons pas de majorité absolue. »
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« d'avoir été à l'œuvre pour que nous dépassions ce blocage. »
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« nous avons trouvé à nous mettre d'accord sur l'essentiel, et, et je le dis ici, à faire un meilleur budget. »
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« les 21 millions d'actifs du secteur privé, les fonctionnaires, les indépendants aujourd'hui, payent la solidarité nationale pour 70 millions de Français. »
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« L'objectif de 3% est décalé. Parce que 2032, c'est la fin du prochain quinquennat. »
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« Est-ce qu'on peut faire des économies ? Est-ce qu'on augmente les impôts qui sont déjà très élevés ? »
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« Le Premier ministre, d'ailleurs, dans son plan, le dit. Il dit, nous voulons au moins 2 milliards d'euros de rentrées fiscales sur la lutte contre la fraude et la suroptimisation des plus riches. »
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« Conviction, parti Renaissance, c'est qu'il faut que le travail paye mieux et c'est qu'on doit lutter contre la précarité des jeunes qui veulent travailler et qui sont au chômage. »
- 19:31PrésentateurChiffre
« 21 millions d'actifs dans le secteur privé plus 5 millions de fonctionnaires plus 3 millions d'indépendants, ça fait un peu moins de 30. »
- 20:55PrésentateurFait
« On peut les financer autrement et on peut les financer de manière plus juste. »
- 22:46PrésentateurFait
« Le gouvernement en cours dit à un moment donné on arrête de faire du surplace, on arrête de tourner en rond, il y a des propositions qui sont à notre main, nous allons les mettre en œuvre. »
Temps de parole
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France Info. Amélie Monchalin, la France aura-t-elle un budget en 2026 ? Avec quel gouvernement ? Qui a votre place au budget ? Une dissolution est-elle inéluctable ? On va parler de tous ces sujets, mais d'abord, on écoute le patron du Rassemblement National, Jordan Bardella, hier à la sortie de Matignon.
Le miracle n'a pas eu lieu et évidemment que cet entretien ne fera pas changer le Rassemblement National, David.
Vous avez fait vos cartons, Amélie Monchalin ? Alors moi, je ne suis pas dans cette optique-là, je suis dans l'optique que chaque jour, mon devoir, c'est de servir mon pays. Et aujourd'hui, vous voyez, 3 septembre, mon devoir, c'est de préparer ce qui permettra au pays d'avoir un budget, parce que je suis convaincue que dans notre débat public, à part peut-être certains députés ou dirigeants de la France Insoumise, je n'ai entendu ni n'ai rencontré personne qui pense que la France peut se passer d'un budget. Mais vous y croyez encore ? Je n'ai aussi rencontré personne qui dit que ce budget va arriver, vous voyez, par miracle, et qu'il ne faudrait pas faire de compromis.
Mais quand même, arithmétiquement, il y a très très peu de chances que vous en sortiez la semaine prochaine. Est-ce que vous avez commencé à réfléchir à un discours de possession de pouvoir qui pourrait être imminent ?
D'abord, ce qui se joue lundi, c'est, au fond, dans la conscience de chaque député, j'ai été député. Dans un moment comme ça, ce n'est pas une décision que chacun prend pour lui. Ce n'est même pas une décision de vote que chacun prend pour son parti. Chacun, en conscience, prendra une décision pour la France. La conscience, ce n'est pas la morale.
Vous y croyez encore ? Lundi prochain, vous pensez pouvoir ?
Moi, je ne suis pas en train de faire de leçon de morale. Ce que je sais, c'est que chaque député a entre ses mains un bulletin qui dira est-ce qu'on garde, au fond, un processus budgétaire qui a commencé sur une base, et je le dis très clairement, qui a toujours été pensée comme une base de négociation. Parce que nous n'avons pas la vérité seule, nous n'avons pas raison tout seul, parce que nous n'avons pas de majorité absolue. Sauf que toutes les oppositions reprochent unanimement à François Bayrou, justement, de ne pas avoir voulu négocier, et aujourd'hui de demander la confiance comme ça.
François Bayrou a fait le choix de dire, pour que le processus de négociation se passe bien, d'abord, est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur le cadre, avant de commencer à discuter des mesures ? C'est le choix du Premier ministre. Mais ce que je vous dis, et ce qui intéresse, je crois, nos auditeurs, c'est qu'il faut qu'il y ait un budget avant le 31 décembre. Alors, comment vous faites concrètement ? Est-ce que vous allez tendre la main, par exemple ? Au Parti Socialiste. Emmanuel Macron appelle, il a appelé hier les chefs du Parti du Socle Commun, à tendre la main aux socialistes. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? On va faire un exercice tous ensemble, on va rembobiner le fil.
Moi, je suis arrivé dans mon bureau, suite à un appel du Premier ministre, le 23 décembre 2024.
Il y a déjà un problème de budget.
À l'époque, il n'y avait pas de budget, le gouvernement avait été censuré, et l'ensemble de la France était extrêmement anxieuse, tétanisé, en disant, mais qu'est-ce qui va se passer ? Les agriculteurs étaient dans la rue, les associations n'avaient pas de dotation et de subvention, les maires ne pouvaient pas voter leur budget. C'était il y a exactement huit mois. Qu'est-ce qu'on a fait aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on a fait il y a huit mois ? Et c'est, pour moi, une des plus grandes fiertés, et peut-être le plus grand honneur de ma vie politique, d'avoir été à l'œuvre pour que nous dépassions ce blocage.
Eh bien, nous avons mis des hommes et des femmes responsables, du Parti Socialiste au Républicain. Nous avons travaillé pendant, honnêtement, 15 jours de manière extrêmement intense, et nous avons trouvé à nous mettre d'accord sur l'essentiel, et, et je le dis ici, à faire un meilleur budget. Le budget a été meilleur parce qu'il a été le fruit d'un compromis. Et donc, si on est arrivé... Le Premier ministre n'a pas remercié les socialistes pour ce compromis. Mais moi, je le vous dis, je l'ai dit, et je vais le redire. Il y a eu des maladresses. J'ai été très fière de ce qui s'est vécu pendant ces quelques semaines.
Vous parlez à l'imparfait, déjà.
J'ai été très fière. Et je suis certaine que les gens que j'ai vus dans ces pièces sont les mêmes que ceux que vous voyez aujourd'hui à la télévision. C'est les mêmes qu'à l'Assemblée. Ce qui nous a fait qu'on a dépassé ce blocage, c'est que nous avons pensé aux Français. Nous avons pensé à leur vie quotidienne. Mais vous répondez pas à ma question. Est-ce que le Premier ministre aurait dû remercier les socialistes, s'y prendre autrement ? Vous, par exemple, le ministre de l'Économie, Eric Lombard, vous avez eu des contacts avec les socialistes cet été. François Bayrou, il a dit qu'ils étaient en vacances. Il ne les a pas contactés.
Et comment renouer un compromis si, déjà, on ne discute pas ? C'est pour ça qu'il y a plusieurs étapes. Et moi, je suis devant vous. Et je ne vais pas, vous voyez, ni lancer des anathèmes, ni des critiques. On est dans la situation d'aujourd'hui. Le Premier ministre a dit, et je pense que c'était une bonne chose, si on n'est pas d'accord sur le point de départ, on va avoir du mal à négocier des mesures. Ce que je vous dis aussi, c'est que... Et je ne veux pas, vous voyez, mettre le pays dans une forme d'anxiété, de nihilisme, de fatalité.
Je pense que quand on est un parti de gouvernement, qu'on a eu des responsabilités politiques dans le passé, et que les décisions d'aujourd'hui, on est prêts à en être comptables pour l'avenir, ce que les extrêmes ne veulent pas. A propos d'extrême et de comptables... Les extrêmes, ils ne veulent pas, d'ailleurs, aujourd'hui, assumer le gouvernement. Ils ne veulent que critiquer et que créer le volage.
Il faudrait juste qu'on avance, pardon, excusez-moi. Un ministre anonyme, ce matin, n'en revient pas que François Bayrou ait demandé la confiance sans s'assurer avant le soutien du Rassemblement National et du Parti Socialiste. Ce ministre anonyme déclare, donc, dans le Parisien, en se pensant porte-parole des 35 ministres, donc vous, je le cite, « Il y a beaucoup de colère vis-à-vis de Bayrou. » Et maintenant, plus il parle, plus il nous agace, exactement comme Macron lors de la dissolution. Est-ce que c'est vous, ce ministre anonyme ?
Non, ce n'est pas moi, parce que d'ailleurs, moi, je parle très peu anonymement. Je préfère parler...
Est-ce qu'il vous agace, François Bayrou ?
Non, ce n'est pas ça, le sujet.
C'est un peu le sujet, Amélie Lanchardin,
parce que Nicolas Chardin parle de suicide politique. Je ne souhaite pas, aujourd'hui, que nous réduisions un problème majeur pour notre pays. Et le problème majeur, il est politique.
Est-ce que ce n'est pas François Bayrou qui le crée, le problème majeur ?
Non, le problème majeur, il s'appelle la fragmentation politique. Le problème majeur, c'est que nous n'avons pas...
Et dans cette fragmentation, il se fait réacquérir, n'est-ce pas ?
Nous n'avons pas de majorité absolue.
Alors, pourquoi demander leur vote de conscience lundi ?
C'est ça qu'on vous pose comme question. Je vais vous faire un scoop. Cette majorité absolue, elle ne va pas revenir par magie. Vous avez plein de gens qui vous disent « La solution, c'est la dissolution ». Oui. Je vous donne mon intuition. Je pense que les Français voteraient, si on les appelait au vote dans quelques semaines, de manière assez conforme à ce qu'ils nous disent dans les sondages et à ce qu'ils ont voté il y a à peu près, vous voyez, un peu plus d'un an et demi. Et ce que je viens vous dire aujourd'hui, c'est qu'on peut jeter tous les anathèmes, on peut faire tous les critiques, on peut avoir tous les regrets du monde.
Ça ne résout rien pour les Français et surtout, ça ne résout pas. Le cœur de notre difficulté, c'est que... La dissolution, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, la réclame. Édouard Philippe, ancien premier ministre d'Emmanuel Macron, dit qu'elle est inéluctable. J'imagine que vous êtes une journaliste précise. Si vous avez lu Nicolas Sarkozy, la phrase d'après, il dit « Je ne pense pas que cette dissolution amènerait une majorité absolue. » Donc, c'est quoi le sujet ? Mais il dit aussi que c'est la seule chose qui pourrait apporter plus de clarté. Oui, de la clarté, mais pas de majorité absolue. Donc, quel est le scoop ?
Ça ne vous interpelle pas, Méline Monchalin, que même Édouard Philippe appelle à une dissolution en disant qu'elle est peut-être inéluctable si on ne fait pas de langue de bois. Zéro langue de bois.
On n'a pas compris le scoop. Il faut nous expliquer le scoop.
Tout le monde parle de dissolution, tout le monde parle de solution. Vous voyez bien que la mécanique électorale, la mécanique politique, la fragmentation de notre pays qu'on peut déplorer, mais qui est réelle. On peut voter autant de fois qu'on veut, je pense, et d'ailleurs, y compris après 2027, il y a une probabilité très grande que nous en restions à une assemblée en fait coupée en 3, 4, 5...
Vous êtes en train de nous dire que, selon vous, les Français ne donneraient pas une large majorité au Rassemblement national permettant à Jordan Badelot de devenir Premier ministre. C'est ce que vous pensez.
C'est ce que je pense, parce que je vois aussi que la dynamique à l'extrême gauche, je vois que la dynamique dans beaucoup d'autres, d'ailleurs aussi géographie de notre pays, n'amène pas à cette conclusion.
Que préconisez-vous ?
Ce que je dis, c'est que soit on change de culture politique et on se remet au travail pour les Français et on est d'accord pour se remettre d'accord sur l'essentiel, ce qui compte dans la vie des Français, comme on l'a fait en février. Et alors, on ne sera à la hauteur du moment. Soit on reste bloqué. Et vous savez, en 2027, tous ceux qui s'imaginent président, il faut qu'ils se souviennent d'une chose. Les Français, eux, auront de la mémoire. Alors, ils se souviendront très bien de ceux qui, à un moment donné, auront su mettre leur différence de côté pour, pendant deux ans, donner un avenir au périmé, mais pas que pendant deux ans.
Mais Amélie de Montchalin, le dialogue, ça ne se décrète pas. Qu'est-ce que vous faites aujourd'hui concrètement ? Vous dites, il faut qu'on travaille ensemble. Quel gage, par exemple, vous donner au Parti Socialiste ? Je vous repose la question. Emmanuel Macron a appelé le socle commun à tendre la main aux socialistes. Je vais vous dire. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Qu'est-ce que vous reprenez de leur contre-budget ? Il y a une chose que je ne reprends pas, il y a plein de choses que je reprends et sur lesquelles ils savent que nous sommes prêts à travailler. Sur l'écologie, on est prêts à travailler. Concrètement, quelle mesure ?
Sur le travail qui paye plus, j'ai été depuis des mois à dire les gens, les actifs, les 21 millions d'actifs du secteur privé, les fonctionnaires, les indépendants aujourd'hui, payent la solidarité nationale pour 70 millions de Français. Si nous ne changeons pas cette équation, si le travail ne paye pas davantage, si nous ne changeons pas notre fiscalité, si nous disons à ces 21 millions de Français, c'est sur vous que tout repose. Vous ne gagnerez pas plus. Ça veut dire qu'il faut renoncer à la suppression des deux jours férières, Mélina Jalin ? Ça veut dire que produire plus, c'est essentiel. Que nous soyons plus nombreux à travailler, c'est essentiel.
Mais que les actifs s'y retrouvent, que les classes moyennes s'y retrouvent, que les gens qui ont entre 25 et 60 ans gagnent mieux leur vie par leur travail, c'est essentiel. On ne peut pas dans notre pays dire « Travaillons tous plus, mais ne gagnons pas plus ». Vous n'avez pas répondu sur les deux jours fériés. Les deux jours fériés. Je vous le dis, depuis le début, depuis l'annonce, depuis le 16 juillet, si vous retrouvez ce que j'ai dit, je dis que cette mesure ne peut être compréhensible et acceptée par les Français que si elle s'accompagne d'un gain, soit par de l'intéressement, soit par de la participation, soit par du salaire. Sinon, elle n'est pas acceptable.
Donc il faut renoncer à cette mesure. Il y a énormément de choses que les socialistes disent sur la fiscalité. Vous savez que j'ai lancé moi-même, à l'époque on disait « Ah, elle lance des ballons d'essai ». Des choses sur les niches fiscales pour s'assurer qu'elles bénéficient bien à tous les Français et pas seulement à quelques-uns. Et puis surtout, je veux le dire, et je vais vous le dire très clairement, dans ce qui me gêne, dans ce qui a été présenté par le Parti socialiste, c'est l'idée qu'on puisse repousser à 2032, le moment où on sort de ce problème de déficit. Pourquoi 2032, c'est un problème ? L'objectif de 3% est décalé. Parce que 2032, c'est la fin du prochain quinquennat.
Et donc, ce que dit le Parti socialiste, au fond, c'est parce que nous n'aurions pas aujourd'hui le courage de prendre les choix aussi ambitieux qu'ils soient nécessaires. On confisque la prochaine élection présidentielle et on oblige le prochain président, quel qu'il soit, quel qu'il soit, à passer 5 ans à s'occuper de la dette. Là où les Français, je pense, ont raison d'attendre que le prochain président passe 5 ans à ce qu'on lui lègue d'ailleurs un pays avec un déficit plutôt plus proche de 4% que de 5% et qu'il puisse faire autre chose ces 5 prochaines années. Parce que sinon, c'est la démocratie qu'on confisque.
Moi, je ne souhaite pas qu'on passe encore 7 ans, vous imaginez, 7 ans de notre vie politique à avoir le même débat continuellement. Est-ce qu'on peut faire des économies ? Est-ce qu'on augmente les impôts qui sont déjà très élevés ? On ne va pas faire ça. Donc, on se ressaisit maintenant. Maintenant, on se dit qu'il y a des sujets sur lesquels il y a des points d'accord et je peux vous donner plein de points de consensus. Et bien justement, on en parle dans un instant. Que le travail paye plus, c'est consensuel. Que nous investissions pour nos enfants, c'est consensuel. Que nous investissions pour l'écologie, c'est consensuel.
Et je suis moi convaincue, convaincue que les hommes et les femmes que j'ai vues trouver un compromis en février peuvent de nouveau trouver un compromis pour peu, pour peu. Ça dépend d'une chose. Est-ce qu'on travaille pour les Français ? Est-ce qu'on leur donne de la stabilité ? Ou est-ce qu'on s'occupe des logiques partisanes qui vont, un, nous bloquer, bloquer la vie des Français et ne nous amener nulle part parce que le déficit, lui, je peux vous dire, il sera toujours là. Il ne va pas se résorber par magie. Et donc, c'est ça qui est notre responsabilité aujourd'hui. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Laroutourou.
Toujours avec Amélie de Montchalin, ministre des Comptes Publics, on parlait du Parti Socialiste, il réclame plus de justice fiscale, Paul.
Dites que vous êtes prêts au gouvernement, Madame de Montchalin, à faire plus de justice fiscale sauf que vous êtes incapable de détailler concrètement les contours d'une potentielle contribution des plus hauts revenus. Avant de vous écouter, on va d'abord écouter David. Il a 49 ans. Il est confortablement installé en terrasse à Neuilly. Il fait partie de ses privilégiés qui pourraient être mis davantage à contribution si vous le vouliez. à la question « Si on vous demande de payer plus d'impôts, écoutez sa réponse au micro France Info de Marc Bertrand. »
Je trouverai des solutions pour ne pas les payer. Il n'y a pas de raison de demander à ceux qui ont pris le risque d'être entrepreneur et de gagner plus d'argent de payer pour les autres. Il doit être à des prélèvements entre 45 et 50%. On ne comprend pas pourquoi les autres pays d'Europe s'en sortent et nous, on ne s'en sort pas avec tout ce qu'ils nous prennent. C'est incompréhensible.
Est-ce que vous allez, oui ou non, le taxer, David, dentiste de Neuilly ?
Deux choses. Qu'est-ce qu'on doit absolument, absolument soutenir ? Les chefs d'entreprise, l'investissement, ceux qui créent des emplois, parce que s'il n'y a plus d'entreprise dans notre pays, s'il n'y a plus d'entrepreneurs, on doit se le dire franchement, encore plus avec un modèle social qui repose encore aujourd'hui, on le sait massivement et je pense trop, sur le travail, nous n'y arriverons plus. Donc ce sont les plus riches qui décident dans la Startup Nation ? Pas du tout. C'est mon premier point. Deuxième point. Est-ce que dans notre pays, ce qui me choque dans ce qui vient d'être dit, c'est que je m'organiserai pour ne pas payer ses impôts. C'est intolérable. C'est insupportable.
La mise des comptes publics que vous avez devant vous, dans mes responsabilités, devant les Français, dans la Constitution, je dois m'assurer que les Français payent l'impôt. Et lutter contre la fraude, lutter contre la suroptimisation, changer la loi quand la loi permet, justement, légalement, de contourner l'impôt que tous les Français payent. C'est ma responsabilité. J'y ai travaillé. D'ailleurs, à l'époque, en mois de février, c'était un des éléments que le Parti Socialiste nous avait demandé de préparer. Et je peux vous faire une annonce. Nous avons, sur la table, travaillé avec les services de Bercy. Nous avons plusieurs options.
Des options via les holdings, des options via des mécanismes de lutte contre la suroptimisation. Ils sont compliqués à expliquer, vous voyez, à 8h45.
Essayons quand même, parce que si ce sont des annonces concrètes, allons-y.
Le but, c'est de quoi ? Et il faut que les Français aient confiance dans le système fiscal parce que si chacun paye l'impôt, ils doivent avoir confiance que leurs voisins, surtout s'il a plus de moyens qu'eux, payent plus d'impôts.
Donc vous nous annoncez ce matin que, par exemple, sur les holdings, vous allez les taxer.
Mais c'est dans le débat depuis des mois rables. Oui, mais vous allez le faire ou pas ? Bien sûr. Le Premier ministre, d'ailleurs, dans son plan, le dit. Il dit, nous voulons au moins 2 milliards d'euros de rentrées fiscales sur la lutte contre la fraude et la suroptimisation des plus riches. La manière de le faire, les modalités, qu'est-ce qui est le plus efficace ? Pas du tout. Ce n'est pas flou du tout. Ce n'est pas flou.
Soit on taxe des holdings, c'est-à-dire on taxe des entreprises et on regarde si elles permettent à certains de contourner l'impôt, soit on regarde ceux qui ont des hauts patrimoines et on s'assure que, quand on fait un calcul, dont je ne vais pas détailler que c'est la formule, et on s'assure qu'ils ont payé l'impôt que tous les Français payent, qu'ils ont payé l'impôt sur le revenu, qu'ils ont payé le prélèvement forfaitaire unique sur le revenu du capital, qu'ils ont payé l'IFI, bref, qu'ils ont payé les impôts que nous tous payons. Le revenu,
c'est combien ?
On peut le faire soit par la taille de la holding, on peut le faire soit par le niveau de patrimoine, est-ce que c'est 2 millions, est-ce que c'est 5 millions ? Et on peut surtout se dire une chose, c'est que ce combat aussi des ultra-riches, il se mène au niveau international. Vous refusez une taxe Zuckman au niveau de la France ? Pas du tout. Au niveau de la France ? Si la France se fait tout seule, on le sait. ce monsieur, il est anneuillé, il voit un journaliste et il dit je m'organiserai pour ne pas payer. D'abord, c'est scandaleux.
Je pense qu'il pensait d'abord en termes d'optimisation fiscale. Oui, d'optimisation.
Gabriel Zuckman, l'économiste auteur de cette taxe, dit que ça n'aurait quasiment aucun effet sur l'exil fiscal. On ne va pas avoir ce débat quand on demande à 100 fois moins de gens que ceux qui payaient l'ISF de payer à eux tous 5 fois plus. Donc, c'est des gens qui vont avoir des augmentations fiscales de 20, 30, 50 fois plus d'impôts. Parce qu'ils n'en payent
vraiment pas du tout beaucoup actuellement. Oui, mais vous savez qu'aujourd'hui,
et c'est bien le sujet, la France, Emmanuel Macron, moi-même, parce que c'était la responsabilité qui était la mienne entre 2022 et 2024, nous avons au G20, à l'OCDE, encouragé ce travail. Et vous savez, il y a des résultats. La semaine dernière, grâce à nous, vous savez, on a beaucoup parlé pendant des années du secret bancaire. Il y a un autre secret qui existait jusqu'à hier, jusqu'à la semaine dernière. Ça s'appelait le secret immobilier. Vous pouviez, par des monstages très complexes, avoir en fait des grandes propriétés immobilières dans le monde entier et à la fin, personne ne sait à qui elles appartiennent.
Donc quand vous avez des oligarques russes qui sont sous sanction internationale, parfois vous n'arrivez pas à savoir que tel joli château, telle grande propriété est à eux, vous ne pouvez pas les saisir. La semaine dernière, nous avons trouvé un accord mondial, mondial, sous l'impulsion de la France pour que nous résorbions cette question. La conclusion de tout cet engagement... Vous pensez qu'on vainque le PS avec ses propositions, Amélie de Montchalin ? Moi ce que je pense c'est qu'ils veulent parler de niche fiscale, ça fait six mois que j'en parle. Pourquoi j'en parle depuis six mois ? Parce que je dis les Français ont raison de vouloir savoir si ça marche, si leur argent...
On vous a entendu Amélie de Montchalin. François Verroux a eu des mots très très durs contre le PS dimanche dernier. Il a dit qu'Olivier Fort voulait seulement être un matignon, qu'il ne voulait pas discuter avec un parti qui ne proposait rien. Est-ce que ce n'était pas un peu contre-productif ? À nouveau, là aussi, et pour que les choses soient clairement dites, on voit bien que notre sujet il est collectif. Imaginez demain Olivier Fort à Matignon. Olivier Fort, comme François Bayroux, comme Michel Barnier, comme à l'époque Isabelle Borne, comme Gabriel Attal, il n'aura pas de majorité absolue. Donc Olivier Fort à Matignon devra travailler avec d'autres députés, d'autres partis que le sien.
François Bayroux, aujourd'hui, a la même équation, c'est-à-dire qu'on doit travailler avec d'autres gens que notre propre socle commun. Donc plutôt que de critiquer le Parti Socialiste, le Premier ministre aurait bien fait de leur prendre la main. C'est ce que vous dites. C'est que je pense qu'il faut qu'on arrête de se critiquer les uns les autres. Il faut qu'on prenne le sens de nos responsabilités devant les Français.
Vous savez, quand les portes sont fermées, et moi je travaille en ce moment beaucoup à préparer ce qui sera la base de négociation, le texte qui permettra de négocier, quand les portes sont fermées, et vous imaginez que je travaille beaucoup et que je rencontre beaucoup d'acteurs de tous bords. Tout le monde est d'accord et tout le monde est d'accord pour dire bon, je te présente ce qui me semble important, mais évidemment, si tout le monde présente des choses et ne renonce à rien, on ne pourra pas avancer. Donc, on arrête de se critiquer et on se dit qu'une chose, c'est que les Français, qu'est-ce qu'ils veulent qu'on fasse pour eux ?
Est-ce qu'ils veulent qu'on fasse tomber des gouvernements ? Je ne suis pas sûre.
Est-ce qu'ils veulent
que les mesures que nous mettions dans le débat soient les bonnes pour eux, qu'elles changent leur vie, qu'elles leur donnent un avenir, qu'elles les protègent, qu'elles les aident à se projeter dans leur vie personnelle, dans leur vie professionnelle ? Bien sûr que c'est ça notre responsabilité. On attend toujours ces mesures, justement, Paul.
Merci Agathe. Le Premier ministre se dit à l'instant chez nos confrères de BFM prêt à examiner, je le cite, toute solution alternative à la suppression des deux jours fériés. Est-ce pour vous une bonne nouvelle, Madame la ministre des Comptes publics ?
La nouvelle, mais qui est pas à nouveau une nouvelle, c'est que nous...
C'est on l'entendu, en tout cas.
Moi, je suis, voyez, membre d'un parti qui s'appelle Renaissance. Nous avons tous des convictions. Conviction, parti Renaissance, c'est qu'il faut que le travail paye mieux et c'est qu'on doit lutter contre la précarité des jeunes qui veulent travailler et qui sont au chômage et en lutter contre la précarité des seigneurs qui veulent travailler et qui sont mis au chômage. Les jours fériés, c'était quoi l'intention politique ? C'est-à-dire, dans notre pays, si on produit pas plus, si notre PIB, s'il n'y a pas plus de croissance, nous n'arriverons pas dans le temps à financer notre modèle social, nos services publics et ce qui fait, je crois, une forme de fierté des Français.
En tout cas, s'il y a d'autres solutions, s'il y a d'autres solutions, d'abord, un, on ne sait pas s'il y en a, il y a évidemment plein d'autres manières d'encourager à produire plus. Il y a évidemment plein d'autres manières d'assurer que si on travaille plus, on gagne plus. Et je l'ai dit, pour moi, la plus grande conviction, c'est qu'il faut que les actifs ne soient pas les seuls à financer la solidarité nationale, la santé et tous les enjeux de modèle social pour 70 millions de Français. 21 millions d'actifs dans le secteur privé plus 5 millions de fonctionnaires plus 3 millions d'indépendants, ça fait un peu moins de 30.
Vous voyez bien que dans un pays où on est 70 millions, on ne peut pas dire aux 30 millions d'actifs, vous payez pour tout le monde. Et donc, qu'est-ce que vous proposez ? Et donc, je propose qu'une partie des cotisations sur le travail payées par les entreprises, payées par les salariés, payées par les fonctionnaires, payées par nous, actifs qui travaillons, soient réparties sur toutes les richesses. Toutes les richesses doivent contribuer à la solidarité nationale et au modèle social. Toutes les richesses, c'est quoi ? C'est le capital, c'est l'épargne, c'est le foncier, c'est l'héritage. Certains parlent de consommation.
Donc, ça veut dire qu'on répartit l'effort, que chacun contribue avec ses moyens, indépendamment ou en tout cas de manière moins directe au travail. Parce que sinon, ça déprime tout le monde. Ça déprime les entrepreneurs qui disent mais pourquoi voulez-vous...
Ça veut dire quoi concrètement ? Très concrètement, ça veut dire quoi ? On comprend le principe, mais concrètement.
Concrètement. Je prends votre feuille de paye vestir et vous augmentez et je retire des charges qui pèsent sur les salariés pour que directement sur votre feuille de paye il y ait plus d'argent. Et ensuite, par d'autres impôts, foncier, héritage, capital, épargne, peut-être un peu de consommation si on veut.
C'est quoi ? C'est la TVA ?
Ça peut être, mais ce n'est pas obligé.
D'accord.
Et on dit, imaginons qu'on retire 20 milliards de charges. 10 milliards pour les entreprises, 10 milliards pour les salariés. C'est 20 milliards de charges. On peut les financer autrement et on peut les financer de manière plus juste. on peut les faire financer par toutes les richesses qui sont produites dans notre pays. Et est-ce que c'est de nature à convaincre les républicains qui réclament eux aussi des mesures ? J'ai décidément fait l'unanimité contre lui. Écoutez Bruno Retailleau un instant. Amélie de Montchalin et vous réagissez après.
Ce que nous avons dit au Premier ministre, c'est qu'il fallait pour que les choses soient claires qu'un certain nombre de mesures qui heurtent les Français puissent être soustraits, retirés du plan.
Qu'est-ce que vous lui répondez à Bruno Retailleau ? Qu'est-ce que vous répondez au LR ? Vous voyez ce que je viens de dire ? Je n'ai rencontré personne dans le pays qui est contre. Et d'ailleurs je crois que si on expose et d'ailleurs beaucoup de gens nous écoutent ce matin, cette idée que ce ne sont pas les seuls actifs, ce ne sont pas les seuls travailleurs qui financent la solidarité pour les 70 millions de Français, je ne connais personne qui va être contre. Donc vous voyez ce que je vous dis, c'est que oui il y a un blocage politique, je ne pense pas qu'une nouvelle élection le règle. Je pense d'ailleurs qu'après 2027 nous en serons toujours là.
Soit on part de ce qui peut aujourd'hui réunir les Français, que le travail paye plus, que la justice fiscale soit plus grande, que les scandales d'évasion et d'optimisation fiscale qu'on a entendus à votre antenne, on y mette fin. Et restreindre les soins liés à l'aide médicale d'État, ça aussi ça rassemble les Français ou c'est un geste désespéré pour convaincre le Rassemblement National ? Parce qu'on a appris hier que le gouvernement puisse y restreindre ses soins.
Le 4 décembre de ville 23, Claude Evint, un homme de gauche, Patrick Stéphanini, un homme de droite, remettent à la première ministre de l'Épolte un rapport pour dire sur ce sujet qui génère fantasme, anxiété, démagogie et toutes sortes d'idées qui n'ont plus rien à voir avec la réalité, voilà 10 propositions pour que ça fonctionne mieux, que ça soit mieux contrôlé, qu'il y ait moins d'abus et qu'on retrouve de la confiance dans notre pays. Un homme de droite, un homme de gauche. Il propose des propositions de compromis. Ces propositions, elles sont connues depuis deux ans. Personne, personne n'a contesté ce rapport.
Eh bien, le gouvernement en cours dit à un moment donné on arrête de faire du surplace, on arrête de tourner en rond, il y a des propositions qui sont à notre main, nous allons les mettre en œuvre et je peux rassurer tous ceux qui nous écoutent, ce n'est évidemment pas la fin de l'AME mais c'est aussi une manière très claire de résorber ce qu'un homme de droite et un homme de gauche qui ont de manière commune et par du compromis et par un travail, je veux dire, sérieux, eh bien, mis sur la table des propositions. C'est ça qu'on veut faire. On entend, c'est le moment de la question qui a,
mais non, je ne sais pas, écoutez Paul Laroutre. Tous les matins, Madame la Ministre, vous pouvez vous abonner au compte de vos réseaux de France Info, nous vous proposons la question qui est ce matin, la question qui sépare l'homme de l'artiste. Emmanuel Macron avait dit de Depardieu, je le cite, que c'était un immense acteur qui rendait fière la France. Est-ce que vous diriez la même chose, Madame de Montchalin ?
Un immense acteur peut avoir fait des choses absolument horribles et la justice dans notre pays est là pour faire la part des choses. Donc, je suis une femme, mon combat, comme toutes les femmes, est le fait que nous devons toutes être protégées, quel que soit le milieu, le travail, la profession, les circonstances et le cinéma ne doit évidemment pas être un lieu d'impunité. Donc, on peut être à la fois un immense acteur, mais si on a fait des choses absolument condamnables...
Il rend fière la France ou pas ?
Comment ?
Est-ce qu'il rend fière la France, Gérard Depardieu ?
Il a fait des choses qui nous ont rendu fiers. Et puis, manifestement, la justice rendra sa décision, peut-être fait des choses qui nous rendent, à l'inverse, extrêmement déçus, désolés et, en fait, atterrés. La question, c'est aussi celle du timing. Au moment où Emmanuel Macron dit que Gérard Depardieu est un immense acteur et qu'il rend fière la France, il répond aux accusations, notamment d'agression sexuelle qui visait l'acteur. À ce moment-là, quand vous entendez le président répondre c'est un immense acteur, il rend fière la France, vous n'avez pas un peu honte pour toutes les femmes qui ont été abusées ?
Moi, ce que je vous dis, c'est que ce qui me ferait honte, c'est qu'il y ait de l'impunité. Il n'y en a manifestement pas. Et donc, il y a des moments où, voilà, je ne fais pas la part des choses, mais je dis qu'il y a des choses qui ont pu nous rendre fiers et puis il y a des choses qui peuvent nous atterrer. Et je pense qu'on a tous la capacité à voir que dans le temps, quand parfois les événements changent, on est aussi capable de changer notre jugement. Merci Amélie de Montchalin, merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info.
On est retrouvés évidemment sur YouTube comme tous les matins. Merci Amélie de Montchalin,