Jean-Luc Mélenchon au Village du Off du Festival Off d'Avignon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mélion président mélion président Mélon président Mélenchon président non non Mélenchon président pas question des choses qui ont du sens créer des slogans, des mots d'ordre des choses qui on du sens merci monsieur d'y avoir pensé, ça me fait du bien. Mais je préfère résistance que vous voulez mais pas mon nom. Ça c'est trop con quoi.
Alors monsieur Non, pardon, c'est pas ça. Vous avez compris ce que je voulais dire. Ma langue me coûte cher, hein.
Alors, monsieur Mélenchon, bonsoir. Bonsoir, monsieur. Merci d'avoir euh répondu à la lettre ouverte que nous avons adressé à tous les candidates et les candidats euh au potentiel candidats et candidates aux élections présidentielles parce qu'il nous a paru inconcevable que la culture ne et le spectacle vivant ne soit pas mise en avant dans les programmes des candidates et des candidats au présidentiel. dans un monde où on sait que la culture c'est la création d'imaginaire commun.
C'est ce qui peut souder un peuple. C'est aussi un véritable projet de civilisation et on sait que certains en ont. Il nous paraît indispensable que les candidates et les candidats s'engagent en tout cas nous racontent quelle est leur vision de leur projet culturel pour la France et pour nos citoyennes et citoyens.
Euh AFC vous a invité. Nous vous remercions. Je suis l'un des deux présidents FC, Raymond Yana et l'autre euh président, président compagnie, président théâtre.
On va laisser euh ce débat se dérouler comme pour les autres euh candidats et candidates. Euh il va être tenu d'une main de maître de maître par Marie Sorbier de France Culture et on vous dit à tout à l'heure. Merci chef.
Merci beaucoup. Bonjour à tous. Merci à tous et à toutes d'être là.
Monsieur Mélenchon, vous vous êtes déclaré candidat le 3 mai. Vous avez ouvert le 7 juin à Saint-Denis la campagne présidentielle de la France soumise. Est-ce que vous allez faire en sorte que la culture fasse partie de cette campagne présidentielle ?
Et puis une deuxième question dans une pour commencer largement cette première réponse. Votre programme présente les arts et la culture comme le cœur du progrès humain. Je vous cite quelle place concrète ? répète concrète représentera la culture dans votre projet présidentiel.
Bon, alors là, c'est d'immenses questions. Euh, installons-nous confortablement. Bon, c'était quoi le début ?
Est-ce que la culture va faire partie de la campagne présidentielle ? On s'est souvent plein qu'elle n'était pas Oui, oui, oui. C'est ça pour ça que ça m'a bien piqué l'oreille.
Il faudrait mais euh pour être honnête, moi j'y peux rien. Si vous faites rien, il se passera rien. Vous aurez une campagne présidentiel avec comme thème numéro 1 la sécurité, thème numéro 2, la sécurité, thème numéro 3, l'immigration, thème numéro 4, la sécurité, thème numéro 6, l'immigration.
Voilà. Et on a déjà vécu, je vous rappelle, au moins une campagne de cette nature, hein. En 2022, le sortant n'est même pas venu discuter de quoi que ce soit.
Et à l'époque, nous on avait commencé avec un projet un peu, je reconnais que c'était bon, ça n'a pas grand sens. On a c'est on a voulu parler de de l'eau, du cycle de l'eau hein. Bon, on avait fait un très beau truc, un meeting en réalité augmenté, tout ça pour rien.
On n pas pu en parler une seule fois. Alors par contre notre intérêt est qu'il se passe quelque chose sur le plan culturel et comme je sais qu'il y a ici, je suppose pas mal de professionnels et de gens engagés ou pas professionnels mais engagés dans la bataille pour faire vivre la culture, je je vous supplie d'agir et d'utiliser la campagne présidentielle pour vous singulariser, vous montrer partout, imaginer des commandau culturels qui font des descentes pour expliquer, démontrer, faire du spectacle vivant euh et donc mettre en mouvement toutes les facettes de ce que nous nous considérons comme la culture vivante. Mais pour venir à la partie numéro 2 de la question puis essayer de de rassembler sans que ça soit interminable, le pourquoi le moment appelle ça ?
Parce que le moment il est super culturel au sens de ça engage la vision qu'on a de la vie des relations entre les êtres humains. Bon et on est pris en tenaille. Bon, c'est une lutte difficile à ce moment parce que vous êtes en difficulté.
D'année en année, tous les budgets ont été réduits. On est entré dans des phases d'appauvrissement général d'abord de ceux qui travaillent et d'appauvrissement parce que comme on me l'a très bien expliqué ce matin, c'est clair que quand les budgets baissent que il faut faire appel à beaucoup de messenats parce qu'il y a pas d'argent public et bien les moyens qu'on met en œuvre pour un spectacle ils sont sous deux emprises. Un ne pas prendre de risque pour avoir de beaux résultats et de ne pas sortir trop de la norme commune pour pas faire du scandale. qui provoque.
Alors ça c'est deux choix qui sont contreculturels. Ça m'amène beau au passage ça me démange depuis tout à l'heure. Bon ce le maire de cette ville non mais non ça en vaut pas la peine mais le gars il dit pardon j'ai je dis pas son nom par je vais pas en faire une affaire personnelle mais si vous voulez c'est un tel concentré que c'est un bonheur pour la polémique.
Le gars il dit il dit vous avez le droit mais il faut que ça soit neutre. Mais la qui alors ça porte un nom ça parce que tu te dis mais on est gêné. Non c'est malaisant d'entendre ça.
Alors tu te dis bon bah oui c'est du molière quoi. C'est le bourgeois gentilhomme. Le gars il sait pas qu'il est en train de dire une bêtise plus grosse que lui.
Il sait pas qu'il fait de la prose. Il sait pas qu'il fait du lourdo là. Alors bon.
Alors bon le bourge gentilhomme c'est tartuche on va prendre tartuche c'est neutre he l'autre il a faill en tôle pour ça je sais pas parce qu'on est on est à Avignon c'est trop drôle non je dire monsieur Antigone ça vous dit quelque chose ça fait 2000 ans que ça dur qu'on prend comme héroïne une femme déjà c'est pas rien et en plus qui dit non alors pour terminer le tableau. Donc cet homme est pas au courant que la culture est forcément une protestation ou même sans être une protestation une interpellation de l'ordre des choses hein. Voilà.
Si sinon c'est autre chose. Ça s'appelle je sais pas quoi moi, de la propagande, du répondeur automatique ou ce que vous voulez mais c'est pas l'activité culturelle. Alors pour répondre avec le plus de précision, j'ai dit on est pris dans un étau d'un côté un système en mode de production qui est aussi un mode de consommation mais d'abord je commence par mode de production capitaliste et qui est entré dans une phase bien spéciale où pour que l'accumulation se fasse il faut faire disparaître l'état et l'activité publique.
Tout doit devenir à marché inclu l'art et la culture et ça marche pas mal. Ils s'y sont assez bien débrouillés pour la la capter, l'encadrer, l'organiser. Alors ça c'est premier morceau de la tenaille.
Et cette partie de la tenaille, le capitalisme c'est pas juste qu'il font du profit, c'est que c'est un mode d'accumulation mais c'est un mode de normalisation. pour que la le produit se vende beaucoup et bien il faut qu'il soit une norme. Donc c'est une entreprise de réduction du goût et de l'appétit.
Pour donner un exemple qui soit pas trop abstrait, c'est la Commission européenne qui invente que pour faire du vin rosé, il y a qu'à mélanger du vin rouge qui coûte moins cher avec du blanc. Voilà, ils ont inventé ça. Alors évidemment tout le monde est allé les voir pour vous êtes complètement dingue.
Vous savez pas ce qu'il y a un vin. Alors nous les Français évidemment on passe pour des alcooliques permanent. Donc ils sont dit bon c'est les français mais d'autres sont venus aussi pour dire vous êtes complètement dingue ce que vous décrivez n'existe pas.
Mais la la l'homogénéisation, la normalisation du goût est fait partie des objectifs. Le capital une c'est pas seulement transformer tout en marchandise, c'est qu'il faut que vous en preniez encore et encore et encore. Et donc il va essayer par la force des choses de vous proposer quelque chose et d'éliminer le reste, même si c'est pas son projet au départ parce qu'il est prêt à prendre tout ce qu'on veut, mais il va le faire.
Et puis de l'autre côté arrive l'autre bout de la tenaille. Euh c'est euh bah comme ce système est en crise, il a mis en place ses appareils politiques pour contrer la crise. Ces appareils politiques, c'est les fascistes.
Alors nous on appelle ça les suprématistes parce qu'on a trouvé que le mot colé bien pour mélanger plusieurs variétés sans que ça provoque à chaque fois des polémiques pas possibles. Tu traites de nazi quelqu'un. Bon c'est c'est toute une histoire parce que c'est vrai que c'est une accusation grave et que donc on va pas faire comme ça.
On va dire suprémati. Pourquoi ? parce que ils ont une vision de l'ordre du monde.
C'est en ça qui rendent service au système. Mais leur vision de l'ordre du monde, c'est une hiérarchisation du monde. Pour eux, l'ordre c'est la hiérarchie.
Alors, il y a en haut les blancs, ensuite en haut et pour tout le monde les hommes par rapport aux femmes, ensuite les êtres humains par rapport à la nature et cetera et cetera. Le suprémisme, c'est une hiérarchisation générale de tout. Et à l'inverse le nous, enfin notre culture euh dans ma famille d'idée, c'est le contraire, c'est-à-dire euh l'ordre, c'est euh l'observation du pululement de la diversité et de sa capacité à faire surgir sans cesse du neuf.
Voilà, c'est la raison pour laquelle nous on est consubstantiellement lié à la diversité parce que à partir du moment où elle s'éteint ou que cette puissance de l'imagination vient à baisser, nous baissons. Ce sont nos bases. Si vous n'êtes pas éduqué, un gosse il arrive, il faut qu'il apprenne.
C'est pour ça que la société lui préexiste. Il faut qu'il assimile les codes, y compris pour pouvoir les mettre en cause. Par conséquent, nous sommes dressés à être conforme et c'est la culture qui nous aide.
à ne plus l'être ou à l'être d'une autre manière. Pas de culture. Nous sommes, nous pourrions être des robots.
Et d'ailleurs, je vous on va voir ça parce que ça viendra un autre moment. Laissons les robots pour l'instant. Mais restons sur ce ce moment-là nous et ce rapport à la culture.
Vous avez vu les réactions qu'a provoqué notre percé sur la question de la créolisation. L'idée était hein, c'était un truc tout bête, truc d'édouard glissant, mais on dit bah voilà, les êtres humains ont tendance à créer par la culture de la mise en commun. Et cette mise en commun, bah c'est forcément un surgissement du neuf auquel personne n'avait pensé avant parce que celui-là, il vient de l'autre bout du monde, il cause avec celle-ci, enfin bref.
Et aussitôt c'est c'était frappant à voir parce que maintenant on a pris l'art de leur poser des pièges. C'était frappant de voir comment au fond nos contradicteurs aspireraient à un ordre immuable qui n'a jamais existé. Moi, je me suis mais vraiment beaucoup amusé.
J'ai dû renoncer à quelques débats hlas là, c'est pour moi parce que c'était les vacances tout ça. Enfin bon, mais j'ai vu des gens venir m'expliquer que je voulais faire disparaître le français. Alors bon, très bien.
Et puis comme je voulais faire disparaître le français aussi, le peuple français lui-même. Pourquoi pas ? Vaste entreprise hein.
Mais moi, je les attendais sur un terrain. Vous défendez la langue française. Ah ouais, il paraît.
Vous êtes au courant que c'est une invention politique la langue française ? Ça existe pas. Quand François 1er décide qu'on va parler français, c'est le parler d'un recoin de l'Île-de- France.
Le gars, il fait ça pas il aurait pu choisir le provençal, il aurait pu choisir l'occitant, c'està-dire des langues que beaucoup de gens parlaient. Non, il choisit une langue justement parce que personne n'a parle. Et pourquoi ?
Parce que son but est politique. Quand il y a conflit, il veut que ce soit lui l'interprète. Mais concrètement, comment on la protège cette diversité ?
Et bien déjà, imagination déjà, il faut faire ad Oui, oui. OK. La question est est bonne.
C'est faut déjà faire admettre que c'est ça l'idée parce que vous avez deux approches de la de la culture. L'approche convenue, c'est la culture, elle aussi est un moyen de hiérarchisation. C'està dire moi je vais au spectacle, j'ai vu la pièce.
D'accord, je suis con parce que je parle de neutralité mais je je crois aux bons auteurs. Pas de bol, il y en a pas un qui soit conforme hein. Même Racine qui fiche la pagaille.
Ne parlons pas de Corneille. Je dire pour les choses classiques, le gars il est pas au courant. Donc c'est ce que je disais.
Donc mais pour eux la culture est à nouveau un moyen d'hérarchiser. Il y a ceux qui en consomment qui sont capables de l'apprécier et puis les autres. et les autres on leur sert.
Quoi qu'ils prennent, c'est une nourriture frelatée. Donc le jazz, ah musique de merde. Jusqu'à ce que ce soit le neck plus ultra d'aller écouter ça et ainsi de suite.
Et ce chemin fait de la culture une manière un attribut social. Donc déjà première idée que nous ceux qui y croient, on commence d'abord par arrêter avec les complexes et admettre que notre substance et cette diversité c'est le surgissement du neuf. Si vous allez voir pour la 10e fois MacB euh puisque ça se joue ici, pourquoi vous y allez ?
Parce qu'il va être joué autrement. C'est pour ça que vous y allez si vous l'avez déjà vu une fois et ainsi de suite. Donc vous êtes comme être humain en appétit de découverte, de nouveautés, de choses qui vous percutent.
Les hommes préfèrent les femmes pas de leur coin. Dans les pays où tout le monde est brun, les autres préfèrent les blondes. Et inversement, je blague hein, c'est on le prenait pas mal, mais on a un un goût, un appétit pour Ah, c'est surprenant.
Des yeux clairs, ça surprend beaucoup de gens. Des yeux sombres dans le cas inverse. Les êtres humains, on est comme ça.
On a on a envie d'être émerveillé. On est prêt à l'être. Allez voir dans une grotte, je vous jure qu'il faut y aller he allez voir les grottes préhistoriques et vous allez être mis en contact avec qu'est-ce qui pouvait bien les épater au point de venir se [ __ ] au fond d'une caverne avec une torche pour regarder des dessins qu'ils avaient fait.
Donc comment on fait ? Bah on entretient les conditions mais d'abord ça commence par nous. La première capacité d'entraînement est en nous.
Et si nous nous acceptons d'être normalisé, que nous acceptons l'idée qu'il y a une culture neutre, que que au fond peut-être que les fachaots ont raison, il faut pas trop provoquer, mais c'est l'essence même de l'acte culturel de provoquer. Par conséquent, ça n'existe pas la culture conforme. Ça s'appelle du dressage la culture conforme.
Et c'est le moment de cette grande bataille. Au milieu, il y a des gens Au milieu, il y a des gens qui servent à rien, qui bavardent. Alors bon, combien ça coûte ?
C'est le refrain habituel quoi. Combien ça coûte ? E combien vous allez mettre d'argent ?
Ça me saoule. Combien ça coûte ? Écoutez, qui est-ce qui calcule le malheur ?
Vous voulez me parler du prix de la culture ? Parlez-moi du prix de la nonculture. C'est combien ?
C'est combien un peuple d'abruti ? Ça coûte combien ? Et ben, je vais vous le dire ce que ça coûte.
Ils font n'importe quoi. Ils font la guerre. Ils trouvent normal d'exterminer les gens.
Ils trouvent normal de dominer. Voilà. Alors vous transformez ça en Viking, c'est pas e là pour ça.
Elle est non plus quoi. Non mais il faut retourner la question donc ça coûte pas trop cher. Alors bon pour faire le type sérieux et raisonnable je vais vous donner un exemple.
Ah non c'est je c'est je l'ai mis ailleurs. Donc c'est pas là. Alors non mais puisque vous parlez puisque Oui, comment on fait ?
Est-ce qu'on a une mesure concrète à proposer ? Est-ce que vous allez proposer une mesure ? arrivez vous président, qu'est-ce que vous faites pour maintenir cette créolisation de la culture dans notre pays ?
Voilà, je liquide l'Empire Bolloré. Alors [ __ ] c'est une malédiction. Tout ce que je touche se transforme en meeting.
Bon, alors pourquoi ? parce que c'est le prototype de la machine à broyer et à uniformiser. Alors je je connais pas le gars, il défend son idée, c'est sa vision du monde.
Je me rappelle un jour, il avait parlé d'une panzer division à propos de gens qui jouaient du bou sur le sur le oui panzer bou, il avait appelé ça sur les les champs d'Élysée. Je celui-là il s'entrabal une couche s'il voit comme ça. Alors mais impossible de laisser de tels empires exister.
C'est si nous le laissons faire, c'est fini. Dans dans dans 2 3 ans, il aura tout dominé. Ça vous vient l'idée vous un jour que Fayard allait devenir une maison d'édition dirigée par des fachot ?
Mais c'est invraisemblable. C'est là que beaucoup d'entre nous ont appris à lire l'histoire que d'autres comme Grassé, on pense qu'on veut de mais mais non quoi pas ça. Or, ils vont tout uniformiser, tout amener dans le même dans le même rêve.
Donc on ne doit pas le laisser faire. Mais ça dépend aussi quelle idée on se fait de la culture. Si tu considères que c'est une production comme une autre pour occuper les gens comme tu leur vendrais des cacahuètes ou je sais pas quoi.
Bon où est le problème monsieur Mélenchon ? On voulait tout collectiviser. J'ai vu qu'il y en avait un encore qui me traitait de stalinien qui voulait je sais pas quoi.
Bon encore une débilité de culture. Il sait pas la différence entre trotskist et un stalinien. Bon et euh Non mais je je m'imais pas dedans hein.
C'était juste pour blaguer les gens. Bon mais tout ça est absurde parce que ce on ne parle pas on parle de quelque chose qui a à voir avec qui a de plus fondamental dans un être humain mais je pourrais vous en parler pour la cuisine ou pour le reste. Il y a des fond les empires, les trusts doivent être liquidés et mis dans la main de ceux qui peuvent légitimement avoir le droit d'avoir un mot dessus.
C'est-à-dire la sélection à qui appartient en journal. On pourrait dire à ses propriétaires, on peut avoir une deuxième version à ses abonnés. Bon bah tuachètes un journal, c'est que tu as l'intention d'y trouver un certain nombre de choses.
Si tu trouves tout autre chose dedans, tu as quand même le droit de dire "Mais attendez, c'est une arnaque votre affaire. Moi, je j'ai acheté, je vais pas dire de noms de journaux parce que je vais me faire encore des histoires pour aujourd'hui." Alors donc ça c'est pour le côté première mesure parce que ça coûte rien, ça aura lieu.
Voilà comment ça va se passer. On gagne en mai, en juin, on élit l'Assemblée nationale avec une majorité à nous et en juillet, il y a la session parlementaire extraordinaire. Et la première loi qui arrive, P, c'est celle-là démantelle l'Empire.
Il y aura auparavant la loi d'amnistie pour enlever les amendes que les pauvres gosses ont ramassé qui sont empilés et qui les ruinent et puis après on passera à celle-là directement. Donc, vous voyez. Ah non, attends, j'en ai oublié un bout.
Pardon. Allez-y. Bah oui, parce que après vous allez me dire les sous les sous.
Bah oui, il faut en parler. Ils ont raison d'en parler. Mais est-ce qu'on est-ce qu'on passe au 1 % du budget de la culture ?
C'est une mesure qu'on entend souvent. Est-ce que Ouais, non, ça c'est pas assez. Il faut il faut prendre Non, mais attendez, vous allez voir pourquoi je vous dis ça.
Bien sûr qu'il faut qu'on y passe. Mais les gens là, pourquoi vous mangez petit comme ça là ? Qu'est-ce qui vous prend ?
Vous trouvez normal de dépenser 2 et demi du budget du PIB du pays pour acheter des armes dont vous savez même pas à qui vous allez les jeter et et ça vous bloque de dire 1 % du PIB pour la culture, c'est la ligne qu'on doit se donner. comme on s'était donné la ligne d'avoir 1 % pour le la coopération internationale. Mais tout dépend de l'idée qu'on s'en fait.
Si un bien précieux essentiel ou pas. Prenons un autre exemple. Si on disait bon bah attendez, c'est l'état qu'à l'au parce qu'il y a bien un moment où la flotte qui est un bien commun, et ben soit on va la rationner, on va la traiter autrement.
Bon bref. Alors combien vous en faut pour vivre ? C'est c'est ça la question.
Combien il vous en faut pour vivre ? En dessous d'une certaine quantité, vous êtes mort. Et alors combien le budget de la culture ?
Ah ben moi j'ai dit je pense que 1 % du PIB c'est un bon objectif. Je dis pas qu'on y arrive d'un coup mais il vaut mieux le dire avant parce que sinon après on dit "Ah c'est encore des sous jetés par la fenêtre ?" Mais non c'est pas jeté par la fenêtre.
Tout à l'heure on va peut-être parler des conditions économiques de de l'action culturelle mais là on est sur les principes. Vous avez voulu que ça commence comme ça. On fait ça.
On est sur les principes. Donc on doit décréter que c'est une activité fondamentale et que il y a des gens qui savent le faire. Bah Dieu tout le monde sait pas le faire.
être créateur, écrire des pièces de théâtre, écrire de la musique, la jouer, tout le monde n'est pas capable de le faire pour l'instant. Peut-être qu'une humanité future sera tellement amélioré tellement que ça se fera. Mais c'est pas le cas.
Donc les gens qu'on a qui sont comme ça, faut les chouchouter. C'est comme ceux qui ont qui en ont plein la cervelle, il faut les il faut les chouchoter parce qu'on a besoin d'eux. On le sait tous.
Moi, je sais pas faire des choses que vous savez faire et vous savez pas faire des choses que C'est pour ça d'ailleurs qu'on forme un collectif humain. Voilà. Voilà comment moi je me représente la chose.
Comment on sanctuarise ce budget de la culture ? Je pense on a beaucoup entendu ces derniers temps et ici j'imagine que les gens vous en ont parlé beaucoup dans les collectivités territoriales. Des régions ont coupé des subventions des mairies coupent des subventions, des festivals s'annulent des pièces s'annulent.
Comment vous répartiriez le financement entre l'État et les collectivités territoriales ? Comment on décentralise ? Est-ce qu'on décentralise ?
Non mais pardon de vous contredire mais c'est pas du tout on va pas commencer à savoir d'abord on peut organiser ça autrement ça c'est sûr hein mais c'est un autre débat. On va pas le pourrir ici de savoir la compétence générale si oui ou non ça s'applique. En ce moment, c'est la va voir ailleurs partout parce que comme le point de départ, attends, le point de départ c'est la ressource.
Enfin, vous vivez dans un pays où vous avez 46000 personnes qui sont ultra riches qui payent pas 1 € d'impôt. Donc la première des choses à faire, c'est remplir la caisse. Pardon.
C'est pas démagogique ce que je suis en train de dire. C'est juste de dire tout le monde paye. On a le droit quand même de dire ça et d'interpeller ceux qui veulent pas payer.
Alors vous payerez de force. Voilà. Et pardon mais ça c'est pas des c'est pas des petites sommes, hein.
C'est pas des petites sommes dont on dont on parle. L'État a été appauvri méthodiquement. On vivrait quasiment dans une société communiste si on rétablissait le niveau d'impôt qu'il y avait sous Jacques Chirac première version.
Non mais c'est vrai, ils ont vidé pour dire "Ah, vous voyez ça marche pas. On a élu par Étel le mozzard de la finance qui se suit là sa troupe de mauvais orchestre là qui prétend qu'il vont faire mieux derrière. Comment monsieur Édouard Philippe peut par il faut pas dire de nom faut comment tous ces tous ces gens que je vois osent rappliquer alors qu'ils sont responsables d'avoir fait 1000 milliards de dettes et il me cherchai des pot en disant que moi j'allais faire 100 milliards de déficit 1000 milliards.
D'accord ? La caisse a été vidéeamment. Le pays a été endetté sièment pour arriver à ce résultat qu'on puisse plus parler de rien.
Et dès qu'il y en a un qui dit bah alors ah oui mais c'est pas l'essentiel. Bon très bien si vous décidez que la culture est pas essentielle OK c'est un point de vue c'est pas le nôtre. Donc comme elle est essentielle on va prendre sur ce qu'on va ramener dans la caisse de l'État.
C'est pour ça moi quand je rencontre des patrons, ça m'arrive hein. Puis en ce moment, on est un peu à la mode. Donc ils nous ils veulent voir de plus près le diable en personne pour discuter avec moi.
Alors bon bah on discute mais je à chaque fois je dis la même chose s'il vous plaît les baisses de cotisation et les impôts et tout ça une autre fois hein. Ça est on va parler de production. Qu'est-ce que vous produisez vous ?
Combien vous avez investi l'année dernière ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Voilà des bonnes questions.
Ça ça concerne le pays. Bah là c'est pareil. On va parler de combien on va faire rentrer, pas pour faire rentrer du fric ou punir ceux à qui on le prend, mais par rapport au besoins.
Donc il faut commencer par les évaluer sérieusement. Et ça avec les professionnels, il y a plein de discussions à voir dans tous les compartiments. Là, je parlais des patrons, il y a aussi des patrons dans le monde du spectacle, mais il y a aussi beaucoup de gens, des praticiens et là il y a il y a une discussion à avoir.
B fera une un projet de loi de finance et on va commencer. Alors est-ce qu'il faut ? On doublera et et puis et puis on va trouver les sous.
C'est c'est pas compliqué de trouver des sous. Ce pays est riche les gens he si vous le savez pas. Il est plus riche que jamais de son histoire.
Mais alors la répartition, bonjour, c'est la plus inégalitaire qu'on a eu depuis presque je sais pas presque un siècle hein. Voilà. Donc revenir quand même sur la décentrisation culturelle.
Comment feriez-vous ? Quel pouvoir délégueriez-vous aux régions ? J'entends culturellement parlant.
On a eu beaucoup de rencontres ces jours-ci. les gens ont témoigné à quel point c'était difficile de parler avec leurs élus locaux parfois parce que ils étaient ils étaient face à de la censure, ils étaient face à de l'incompréhension. Il y a aussi un problème de différence entre les régions.
Il y a des régions plus riches que d'autres régions. Donc comment on fait quand on délègue la compétence culturelle aux régions ? Est-ce c'est ce que vous feriez et comment ça se passe ?
Ouais. Bah là ça ça tombe un peu mal parce que moi les régions actuelles, c'est bon quoi. C'est c'est il faut changer tout ça de fond en comble.
Pourquoi ? parce que elles ont été imaginées à une autre période par des gens d'un autre siècle. Bon, les régions comme elles sont aujourd'hui, c'est Hollande qui les a imaginé.
Donc c'est une période entre le Moyen-Âge et l'Antiquité. Non, je blague, c'était pourvrir. He bon mais bon, ça dit que les régions sont là pour assurer la compétitivité des territoires, blab bla bla bla, le le l'aménagement.
Bon, le truc bon, il faut être compétitif, voilà. Mais sauf que c'est pas le problème. Il y a l'urgence aujourd'hui, c'est pas pour un territoire, ce qu'ils appellent un territoire, d'être compétitif par rapport à un autre.
C'est-à-dire en compétition, en opposition, c'est moi le meilleur et que je te baisse les coûts sociaux et que je te diminue les impôts et que je donne pas de sous. On connaît tout ça. Mais c'est pas ça l'urgence.
L'urgence est qu'il faut que quelqu'un s'occupe dans ce pays pour de vrai et à fond de la transition écologique, de la bifurcation écologique et du fait que nous sommes organisés pour vivre dans un climat qui n'existera plus jamais. Il y a donc urgence à la mobilisation et il faut une structure d'où l'idée des corrégions qui s'occupe de l'eau, de l'air, de la capacité vivrière de la terre et de la santé publique victime de crises politiques comme le diabète, le cancer et ainsi de suite. Donc ça c'est l'urgence.
Alors le la pratique culturelle, il faut la mettre ailleurs, soit dans les départements, soit dans les communes. On a intérêt à trouver des bailleurs de fond qui soient capable de mobiliser des sommes suffisantes pour avoir euh des productions ambitieuses où on peut partager. Mais parlons pas des régions parce que pourquoi elle passe elle passe à une autre activité ?
Et aujourd'hui, c'est pas ça qui se passe. Ce qui se passe, c'est que tout le monde se défausse. Moi, j'ai connu une situation où tout le monde gueulait pour avoir la compétence générale.
Ça s'appelle comme ça, hein. Tout le monde voulait se mêler tout. Ils ont donné plein d'arguments.
Maintenant, c'est l'inverse. C'est dire "Attends, qu'est-ce qui est marqué dans mon papier ? Pour la culture, ça me concerne pas.
Ça lui va voir l'autre, la région ou le département. Donc il faut la réattribuer. Bon, ça se discute honnêtement, je sais pas qui je le donnerais prioritairement, mais je pense que il faut un échelon qui permette de mobiliser des sommes suffisantes.
Faut pas le le la il faut pas penser la pratique culturelle comme un petit machin comme ça là, j'ai fais ça dans mon coin. Non, toute toute politique c'est toujours à échelle. Si par exemple si vous avez un spectacle à donner, il est clair que si vous avez le temps de le préparer, ça coûte des sous.
Ensuite, vous le si vous le préparez pas, il fera de moins bonne qualité. Vous le quand vous le faites, bah la première fois c'est pas mal et ça grince un peu. La 2è c'est plus fluide.
La 3e ça y est le maîtrisez. La 4e c'est comme les campagnes électorales, vous gagnez. Voilà.
Alors c'est un peu c'est le même euh c'est le même. Faut-il arriver à cette 4 fois à cette heure, je blague beaucoup hein. Faut-il arriver à cette 4e fois parce qu'il y a aussi un problème de diffusion puisque vous êtes en train d'en parler.
Les spectacles tournent peu et quatre représentations, c'est beaucoup maintenant. Je sais pas, je suis pas un professionnel mais je sais que il faut donner, il faut arrêter de tout penser dans le temps court. C'est une de mes guerres, hein.
Le capitalisme est un système de temps court, c'est-à-dire qu'il assure la rotation entre l'argent et la marchandise la plus nombreuse et la plus rapide possible. et il a réussi à imposer ce tempo jusque dans la culture. Une fois, je me suis fait la réflexion que les durées de séquence dans un film avait dû être divisé par deux ou trois ou quatre en même pas 50 ans, 40 50 ans.
Et quand on regarde les premiers films parlant, on dit "Ah ouais, c'est lent parce qu'avant c'était muet." Donc les gens aient pris l'habitude que ça prenne du temps pour bien comprendre de quoi il retourne. Non, on y a introduit ça.
Et un plan maintenant, c'est quoi ? 30 40 secondes et on sait et on sait nous-même on sait plus être patient. C'est-à-dire si on t'amène un produit avec des séquences longues, bah tu vas zapper parce que ah ça se traîne, qu'est-ce qui se passe ?
Ah c'est encore elle. Bon voilà, tu vois. Et il faut se guérir de ça en allant de temps à autre regarder des choses qui prennent du temps euh où il se passe rien pendant un moment pour se rééduquer à ce qu'est la vraie la le rythme dans lequel nous entrons dans la réalité.
Peut-être que nous sommes devenus tous frénétiques parce que notre culture nous adressait à devenir frénétique. Mais le rythme de la vie, c'est pas celui de la frénésie. Une année, c'est long he pour faire le tour du soleil pour la planète.
Donc donc oui, on a besoin de tout ça et pour ça, il faut un statut social pour ceux qui pratiquent. Mais si vous permettez, je veux juste venir quand même pour que tout à l'heure je me suis un peu raté là-dessus. On vous amène toujours l'argument de l'efficacité économique.
Alors, monsieur Mélenchon, vous voulez dépenser des sous pour des gens dont on sait pas très bien ce qu'ils font et puis d'ailleurs, vraiment sérieux, euh jouer de la musique, pousser des cris et cetera. Enfin bon. Euh alors, bon.
Non. Bon, alors vous dites "Il y en a 700000 qui font ça." Ah oui.
Ah quand même ? Bah oui. Ah tiens, votre fils aussi.
Ah ça tombe bien. Et il y a 65 millions de spectateurs, hein. Le chiffre est tombé en 2024.
Bien sûr. Et et c'est pas tout. c'est qu'en plus on m'a dit quelque chose que j'ai trouvé extrêmement intéressant sur le plan politique, c'est que les théâtres se remplissent, ils se vident pas.
Donc je savais pas. Donc pour moi, j'y vois quelque chose. Une un de ces nombreux signaux que la société envoie, le décrochage entre les élites ou supposé-elles intellectuel, médiatique et autres et la réalité est toujours plus grand.
Cet aspect de la réalité n'apparaît pas comme n'apparaît pas ce que moi je sens venir qui est une sorte de bouillonnement. Pour vous prendre un exemple, que 26000 personnes qui viennent à un rassemblement politique comme à Saint-Denis. Pas une minute j'ai cru que c'est parce que je suis beau garçon.
Pourtant, j'aurais des raisons de le penser. Mais j'ai tout j'ai compris que c'était pas nous. Vous voyez, que c'était quelque chose qui se trouve dans le peuple français qui bouge comme à la fête de la musique.
Quelque chose bouge dans la profondeur. Tout à l'heure, ce que j'ai entendu euh au rassemblement place de l'horloge Ouais. euh par la par la CGT, rassemblement organisé par la CGT.
Comment vous dire ? une sorte de le prenez pas mal hein des boboisation de la lutte culturelle quelque chose qui rapprochait les travailleurs du spectacle du reste de la mentalité du monde du travail les solidarités le besoin de ces solidarités la référence à des concepts commun je je je alors que quand même bon la pratique culturelle elle passe quand même par de l'individualisation il faut faut pas raconter de conneries C'est ça passe par ça. Alors mais moi ce qui me ce qui m'importe quand on parle de tout ça, alors je viens de dire 700000 personnes, mais je vais dire encore un truc.
Nous sommes le premier pays pour les jeux vidéos. Tout le monde s'en fout. C'est comme si ça existait pas.
Mais ça devrait nous interpeller, non ? Et nous sommes dans un moment où le jeu vidéo a capté son public. Des millions de gens passent par le jeu vidéo dans une ambiance de mépris. supréma total, c'està-dire celui qui joue au jeux vidéo, bah il est pas bien malin, il s'enferme.
Qui comporte sa part de vérité ? Mais c'est pas ça qu'il faut voir, c'est que c'est un jeu et c'est une vraie expérience émotionnelle. Et la plupart du temps, les êtres humains se construisent par des émotions, des pratiques émotionnelles, par désir mimétique et parce que vous le voyez, sinon vous savez pas que ça existe.
Vous allez au théâtre, vous allez découvrir des comportements, vous écoutez de la musique. Si quelqu'un est capable de me dire ce que dit la musique, il aura fait un grand pas. On sait quand il y a des paroles, mais sinon ça parle de quelque chose qu'on est incapable de nommer et ainsi de suite.
Donc tous nous passons par ces moments où nous nous construisons comme être humain par le spectacle et on commence comme ça quand on est mom, on joue. On on n'est pas soit, on est un cowboy, on est un Indien, je sais pas quoi on joue aujourd'hui. Moi c'était les cowboys et les Indiens.
Bon ma mère était à mort pour les Indiens donc j'ai été bien éduqué pour les rouges dès le début. Alors c'est mais si vous voulez on est fait comme ça. On est fait comme ça et d'où l'importance je termine sur mes jeux vidéo.
C'est pas rien. C'est une industrie qui mobilise plus de fric que le cinéma. C'est pas rien quand même.
Tant mieux non ? Tant mieux qu'on fasse aussi ça. Pas seulement des bombes et des drones.
Et bien ça se passe dans le mépris. Et comment vous faites un bon jeu vidéo ? Maintenant, c'est en train de s'apauvrir le jeu vidéo.
Je joue pas au jeux vidéo. C'est le sujet qui m'intéresse intellectuellement. C'est en train de s'apauvrir parce qu'ils ont trouvé le moyen de le faire fonctionner, de vous vendre par petit bout.
C'est extraordinaire. Le capitalisme, il rentabilise tout, les temps morts, le personnage que vous êtes dans un jeu. [ __ ] ils sont trop forts.
Nous, il faut qu'on en fasse du jeu là. Qu'est-ce que vous foutez pour que pour qu'on ait on a fait une fois ou deux mais c'est bien sûr alors la première fois comme on a parlé, on parlait en politique alors on m'a dit il faut gamifier la politique. Déjà en anglais, j'aime pas trop.
Alors bon, j'ai compris. Nous nous Oui, oui, le jeu est permanent mais c'est une activité économique extraordinaire. Non, tu as vu ce que ça met en jeu ?
Ça met en jeu du savoir numérique. Ça met en jeu. Mais à un moment donné, faut trouver une idée.
Si tu as pas d'idée, il y a pas de jeu. Et tu peux pas avoir d'idée différente de celle du voisin si tu as pas été préparé à laisser en toi arriver le surgissement de la nouveauté qui est la création. Parce qu'on a vite fait de se fermer.
C'est même ce qu'on apprend à faire. On apprend plus à se fermer qu'à s'ouvrir. Par conséquent, ça c'est de l'activité culturelle, elle va ouvrir.
C'est bien pourquoi les fachot si peur parce que ça ouvre l'esprit, le cœur, la créativité. Et bon voilà pourquoi pour ceux qui aiment bien à tout prix les notions de rentabilité et d'utilitarisme, je plaide que la culture est un aliment surgir des milliers de choses extrêmement rentables parce que sur les jeux vidéos, on paye des impôts, moins cher. Mais puisque vous parlez de jeux vidéo, derrière les jeux vidéos, il y a aussi des créateurs.
Tout comme derrière les pièces de théâtre, il y a des auteurs, des metteurs en scène et toutes des équipes entières qui travaillent pour un spectacle. Je vous l'ai dit, il y a un chiffre incroyable qui est sorti. Il y a jamais eu autant de spectateurs en salle en 2024. 65 millions de spectateurs, c'est quand même un chiffre, on pourrait s'en réjouir.
Il y en a pas tant que ça. Et pourtant, j'imagine que vous l'avez entendu tout à l'heure, place de l'horloge, le milieu est particulièrement inquiet. Moi, je l'ai jamais entendu aussi inquiet.
Effondrement de les compagnies, le le milieu dans toute sa dans toute sa complexité, dans toute sa diversité crie alarme. Comment on fait ? En fait, c'est ça veut dire que le nombre de spectateurs n'est pas d'avoir le bon critère pour mesurer quelque chose.
Quels seraient les bons critères et comment on fait pour aider ce milieu qui crée tous les jours, partout, dans les festivals, ailleurs, sur tout le territoire et qui aujourd'hui est en grand danger ? D'abord un euh je crois que la société a pas compris le danger, l'a pas vu et honnêtement il y a un enjeu parce que euh les pratiques culturelles qui sont mises en danger, c'est un type particulier de pratiques culturelles, celles qui relèvent du collectif, celle qui relève de l'imagination euh et et des et des pratiques individuelles. Mais vous avez un tas de gens pour qui la culture est une consommation.
Netflix, c'est suffisant plus ce qui va avec. Et si vous décrochez, s'il y a pas d'offre alternative, bah tout le monde fera comme ça parce que bon, c'est évident. Puisque c'est évident, bah allons-y.
Donc il faut pas qu'on se raconte d'histoire sur les limites du danger. Il y en a pas. La seule limite au danger, c'est la résistance qu'on y oppose.
Hein ? Donc sachons-le. Et vous avez raison d'avoir le Alors, après ne racontons pas d'histoire.
Il faut remettre il faut remettre de quoi faire tourner le moteur. Il faut du fric. Si si on va dire on va retourner voir les gens pour dire faites mieux avec moi mais ils sont déjà à l'os stop ça y est c'est plus possible on peut pas aller plus loin et il faut donc qu'on qu'on réorganise ça et qu'on et qu'on le réalimente.
Et vous et vous verrez les amis des fois c'est remettre la machine en route qui est le plus dur. Je vais donner un exemple qui a rien à voir. Si qu'à voir qu'il y a culture dedans, l'agriculture.
Bon, non mais attendez, je vous explique. Il y avait 7 millions d'agriculteurs en 1945. OK, il en reste 400000.
Vous voulez faire de la culture bio ? Il vous faut en faire venir au moins 4 à 500000 peut-être. Où vous les trouvez ?
Comment je fais ? C'est moi le président, je fais 1 2 3 4 5. Toi, tu es paysan. 1 2 3 4 5 toi, va au lycée agricole. 1 2 3 4 Non.
Ça va pas se passer comme ça. Il faut donc qu'il y ait une envie d'y aller. Il y en a, il y a de l'envie qui existe mais elle est pas suffisante.
Là, j'ai dit des chiffres un peu exagérés he sur ce dont on a besoin. Mais il va falloir du monde parce que faire de l'agriculture vibrière, c'est pas pareil que de tout raser sur des kilomètres carrés et de venir avec des machines pour pour faire pousser quelque chose. OK ?
Donc vous, c'est pire si j'ose dire. produire un cultureux, une cultureuse, c'est plus compliqué, plus long, plus délicat que de trouver quelqu'un qui va savoir comment aller faire de l'agriculture. Je méprise pas du tout ce métier, j'explique, hein.
Donc je vous mets en garde, plus vous laisserez la machine s'écrouler, plus vous aurez de mal à la redémarrer après. S'il reste du monde pour vouloir la redémarrer. Parce que le capital, il est capable de produire du spectacle qui fait peur, qui fait horreur, qui fait tirer la langue et tout ce que vous voulez.
Pas seulement vous, eux ils sont capables aussi. Mais ça sera toujours le même produit de masse tout le temps la même chose pour que vous en bouffiez au point d'être addic parce que vous n'aurez même plus l'idée qu'on peut faire autre chose. C'est toujours ça qui surgit.
Pour réalimenter la machine, pour reprendre vos termes, certaines structures culturelles utilisent le messen vous avez employé le mot tout à l'heure. Quelle est votre position là-dessus ? Je crois que vous prévoyez d'abolir les avantages fiscaux liés au messén culturel.
Est-ce que vous confirmez cette mesure ? Qu'est-ce que tu dirais toi Sarah ? Parce que là j'ai mon Sarah Legrin qui est député de Paris, c'est elle qui s'occupe des questions culturelles.
À vrai dire, tu peux pas comme ça de sang froid, tu peux pas de sang froid dire non et tu peux pas dire envoyer balader quelqu'un qui est prêt à mais racontons pas non plus d'histoire. Le Messenat écoute quelque chose à quelqu'un. le Messenat pour qu'il ait du Mcena et vas-y que le fric que tu as donné je te l'enlève des impôts alors pardon mais c'est pas tout à fait le but de l'opération alors qui est par contre ce qui est intéressant c'est qu'il y a un rapport à la société et qu'il puisse y avoir de la commande privée hein mais c'est de la commande privée pour faire de l'art c'est pas de la commande privée pour faire des économies d'impôt parce que moi je suis pas d'accord avec ça c'est deux choses différentes et j'ai pas envie non plus que on dépende la demande de de de l'offre la politique de l'offre C'est c'est ça vous met en danger, hein.
Euh hier, il y avait un un le directeur d'un théâtre de la région parisienne, il me raconte l'entretien qu'il a eu avec son nouveau maire. Le gars lui dit "Écoutez moi, monsieur, je suis catholique pratiquant." Déjà lui surprise, c'est pas un sujet d'habitude.
Bah monsieur, bon ça vous regarde, c'est pas mon affaire. Alors non mais il y a des trucs, c'est pas possible quoi. On peut pas on peut pas financer des spectacles comme ça parce que c'est un trop gros problème.
Alors déjà un depuis quand c'est lui qui décide de ce que l'Église catholique recommande hein déjà pour commencer et de deux euh qu'est-ce que ça vient faire là ? Alors si c'est le mess on on se remet dans le tuyau. Donc il faut de l'argent public et tournons pas autour du pot.
On a besoin d'argent public parce que c'est le meilleur investissement qu'on puisse faire. Mais après, il y a d'autres aspects, pardon, mais les travailleurs du secteur culturel, c'est des travailleurs. Et le secteur culturel, il interpelle aussi la société.
Par exemple, le statut d'intermittent du spectacle. J'allais venir. Allez-y.
Et oui, moi j'y connaissais rien. On m'a donc expliqué par cette fois-ci, mais il y a déjà un moment quand ça a mal tourné il y a 2 ans, on a commencer à discuter et j'ai trouvé que c'était une le mode intermittent du spectacle est très intéressant parce que il disloque certaines conceptions du rapport au travail euh du choix du temps qu'on y passe et de la répartition à qui appartient la répartition du temps. Je vous promets, je vous prends pas la tête.
D'ailleurs, si vous voulez bien vous la faire prendre, achetez mon bouquin. Euh, ça s'appelle Faites Mieux, il est un peu décalé parce que j'arrive plus à le corriger vu que bon bref. Et et dedans, on je montre comment la maîtrise du temps et l'enjeu social.
Quand nous on vous parle de planification écologique, qu'est-ce que nous proposons ? La nationalisation du temps. Parce que celui qui prévoit et qui dit "Je donnerai temps tous les ans," il donne de la prévisibilité d'un côté et il s'assure du pouvoir de la décision de l'autre.
C'est ce qu'on compte. dans les boîtes, ils font pareil hein. Ils appellent ça gestion prévisionnelle, blabla blabla, ça fait plus joli.
Mais c'est c'est de la planification. Qui est maître de la planification ? Alors, pour les travailleurs qui font ce Je pense qu'il y a beaucoup de choses à emprunter aux intermittents.
Après, là aussi, il faut alimenter la caisse. Et comment on fait ? Ouais, ça c'est pas le plus dur.
Moi, je trouve que trouver de l'argent, c'est toujours simple. Mais là, j'ai quand même deux trois idées qui sont là. Des fois, on s'est engueulé.
Vous m'avez engueulé parce que vraiment vous avez mauvais caractère. Et euh on a parlé de moi j'étais sur la ligne Victor Hugo, c'est-à-dire tous les textes ou toutes les œuvres qui sont tombées dans le domaine public reviennent dans le sont remis à contribution hein pour la création. Donc on finance les jeunes la création par les auteurs morts.
C'est ça que vous proposez. Bah Victor Hugo proposit ça. C'est pas le plus mal placé à propos de la création.
Oui, mais on fait tout le temps ça. Regarde, tu payes une place de cinéma, tu as dedans le prix du film suivant. Simplement le surproduit social, si je parle une langue plus, faut pas dire la plusvalue, et change de nature.
Ça devient là, c'est un un surproduit puisque c'est une recette supplémentaire. tu le remets dedans. Et je trouve que la méthode est bonne.
Mais quand quand je dis ça, écoutez, je vais vous donner un exemple pour qu'on voit la masse que ça pourrait représenter. Vous savez que les États-Unis d'Amérique ont l'habitude de piller le monde et aussi l'art. Et donc, ils ont fait un film, la société Disney qui s'appelle Notre-Dame de Paris.
Il est écrit nulle part que c'est l'œuvre de Victor Hugo. C'est pas eux qui ont trouvé le sujet hein, ni les personnages. C'est Victor Hugo.
C'est dans le domaine public. Donc c'est pas marqué sur la fiche et ils ont pas donné un rond. Or ça a été un succès mondial.
Ça a été regardé parce que c'est une histoire qui est fabuleuse. Vous sa pas pourquoi, mais c'est comme ça et on a on a tous plaisir à voir ça et on a emmené nos gosses voir ça. Ça représenterait des milliards qui arriveraient dans la caisse.
Chaque fois qu'on aurait un succès spectaculaire en matière culturelle, on se frotterait les mains en disant "Ceux qui font ça vont mieux vivre. Il y en aura plus. On pourra donner des sous à ceux qui sont stagiaires.
On pourra faire l'éducation, avoir des écoles de théâtre où on va pouvoir donner une allocation d'autonomie. Vous voyez, la culture produirait ses succès. Et qu'est-ce qui marcherait les amis ?
Forcément, ce qui est nouveau, pas la 1000 répétition de de la même histoire. Pas forcément hein, mais certaines oui et d'autres non. La nouveauté sans cesse nous fera venir.
Ah, qu'est-ce qui se passe là-dedans ? Oui, tu vas voir, c'est extraordinaire le rôle, il est joué par un tel. Oh là là !
Bon, bref, c'est parti. Le l'œuvre part et et on ferait on ferait matière première de ça. Donc, c'est un cercle vertueux.
Donc, je suis en train de parler et ça consiste à partir de l'idée que les travailleurs du spectacle sont des travailleurs des êtres humains. Il faut arrêter avec la vision entre guillemets bourgeoise du créateur culturel. Frappe-toi le cœur, c'est laquelle génie.
OK ? Souffre parce que ta souffrance va produire. C'est le truc bourgeois par excellence.
Le l'auteur, le compositeur, l'artiste, c'est un maudit et c'est sa malédiction qui au fond va lui faire cracher le jus le plus précieux. Résultat, bon, ils en étaient tellement là qu'il les enterraient même pas, hein. Et c'est comme ça qu'it le cimetière du père La chaise.
C'était le curé de Louis XIV. Commentérer les gens-là parce que tellement mais ça non ça peut pas être notre vision du monde. On peut penser qu'on est créatif avec un certain confort de vie et qu'il y a un moment où c'est fini où tu as plus envie où tu as envie d'autres choses où tu vas pas en faire ton métier.
Ça s'appelle la retraite quoi. Bon voilà les travailleurs du spectacle ont droit à des recettes à des retraites décentes. C'est pour ça que je proposais de mettre ces sous mais il y en aura tellement des sous que vous pourrez en mettre et surtout que les caisses entre elles peuvent communiquer.
C'est pas nous qui avons inventé que les comptes étaient séparés. D'accord ? Ils ont séparé les comptes des différentes caisses pour que à chaque fois tu es une crise et c'est eux qui provoquent les crises pour dire que la CQ coûte trop cher.
Il t'explique que tu vas aller bosser jusqu'à 65 ans mais il y a pas de boulot pour quelqu'un de 63 à 65 ans. Mettons que tu es pilote d'avion. Tu montes dans l'avion, le mec qui conduit, il a 70 berges.
Je monte pas. Je veux savoir moi. Avant de monter dans l'avion, qui c'est qui conduit ?
Je blague mais c'est pour vous dire il y a un moment c'est pas pareil de vivre en cultureux. Il va avoir une passion toute sa vie. Mais en faire un métier, c'est une autre paire de manche c'est autre chose.
Bon c'est vrai aussi pour la politique. Moi, je suis élu de rien du tout. Là je je nage dans mes retraites mais très bien mais je suis dans la passion.
Le combat continue. Donc ne mélangeons pas tout. ce qui est de l'ordre du de la passion, de l'engagement d'une existence et le métier qu'on en fait pendant un temps.
Donc on a des droits quand on travaille, droit à la retraite, droit à la santé, droit à tomber malade en cours de route et à se faire soigner. Et c'est ces droits, faut être en intransigant dessus. C'est pas réservé à certains êtres humains et les autres ma fois ça leur fait du bien d'en chier.
Non, c'est pas possible. Voilà comment moi j'aborde cette question. Donc vous vez des des gens de de culture.
Et là moi je viens de vous proposer comment on fait. Une une autre mesure que vous proposez autour de l'intermittence, je crois c'est d'y intégrer les auteurs. Ça a été une demande qu'on a beaucoup fait.
Est-ce que vous maintenez cette mesure-là et pourquoi justement vous décidez de les intégrer dans ce régime qui évidemment va faire il faut alors il faut faire attention parce que moi je me méfie d'un truc y compris de mes copains quand on discute de ça. Euh faut faire attention à pas faire des artistes d'état. Bon c'est pas non plus très bon les artistes de côterie hein.
Ah c'est pas l'état. Ouais c'est juste une bande de potes qui s'arrose entre eux. Bon pardon hein, il y en a peut-être que je choque dans la salle mais quand même j'ai deux trois informations.
Donc il y a un point d'équilibre qui est difficile à prouver. où il y a l'intervention de ceux qui font vivre un métier. Honnêtement, ils ont complètement le droit et même on a intérêt à ce qui s'emmêle parce que si vous mettez dans la pièce de ceux qui décident ceux qui donnent l'argent seulement le résultat vous le connaissez d'avance et moins.
Voilà, il faut il faut cette diversité des corps qui participent à la décision et à la gestion et à la gestion notamment des régimes sociaux, ça c'est sûr. J'en dis pas plus parce que je crois que j'en dis l'essentiel. Il y a un point d'équilibre.
Je sais que mes copains sont des fois plus plus directif que moi. Bon b alors si vous voulez en savoir davantage, demandez à Sarah parce que c'est elle la voix officielle. Peut-être une autre question sur les aides publiques à la culture.
Aujourd'hui, elles sont soumises à des contreparties. Est-ce que vous maintiendriez les les contreparties aux aides publiques notamment des contreparties sociales, artistiques, de l'éducation artistique ? Est-ce que une fois qu'on touche une subvention, on doit aller, je sais pas, parler dans les écoles ?
Est-ce que l'artiste doit être soumis à des contreparties quand il reçoit une subvention selon vous ? Non mais moi je le dirais pas comme ça. C'est pas une contrepartie.
On croirait que c'est une corvée. Ça peut Non mais d'accord mais il le présente comme ça puis il les appelle à projet. Je connais les libéraux ils gueulent contre l'État mais on a jamais eu fait autant de papiers.
J'ai des amis qui sont architectes. Il dit je passe le tiers de mon temps à remplir des papiers et à vérifier les résultats. Bon il y en a ralbol de cette manière de faire.
Par contre, ce que je peux dire puisque vous abordez la question de l'école, c'est que l'école a besoin des pratiques culturelles. J'ai été ministre de l'enseignement professionnel, donc je m'autorise. J'ai été ministre de l'enseignement professionnel et aussi mes radio à la culture dans une ville riche peuplée de pauvres hein, la ville de Massie où on a ouvert un opéra et des bon j'ai quand même un peu de pratique de ce que c'est que des outils de masse mais je viens sur l'enseignement culturel dans l'enseignement professionnel parce que c'est une leçon décisive.
On avait décidé qu'on ferait 3800 classes à projet artistique et culturel. Moi, j'arrive et comme tout le monde s'en foutait l'enseignement professionnel et on pouvait compter que sur ma grande bouche pour me faire entendre. Donc j'ai dit bah alors on dit et toi tu veux quoi ?
Mais je dis là à moitié. Et curieusement m'a dit bon si tu veux pourquoi pas ? Bon c'était un gouvernement de gauche et je dis bah faut voir qu'il y a là-dedans hein.
Dans l'enseignement professionnel les trois/is/4 des gens sont pas au courant qu'il y a la moitié de la jeunesse d'une classe d'âge. La moitié pas 10 % ou 20 %. la moitié.
Alors, ils sont en apprentissage où il à l'époque ils étaient majoritairement dans l'enseignement professionnel. On a amené la pratique culturelle, je vais vous la faire brève hein, une classe où tu as 80 % d'absentéisme. On s'amène avec pardon, les profs avaient trouvé comment s'y prendre.
Ils avaient mis au point un parcours et ils décident de venir et de proposer dans la section métallurgie sculpture métallique géante. Bon alors on prend la classe et on lui fait voir des expos. Les mots m'avaient jamais été voir une expo de leur vie.
C'est très important de toujours se dire que ne croyez pas que ce qui est vrai pour vous est vrai pour les autres. Une fois, je suis allé au musée avec une camarade députée. On rentre dans le musée, on y reste un moment.
C'était des mes marottes à moi et je l'avais invité. Elle vient en cours de ruche, je la vois, elle pleure. Je dis "Qu'est-ce qui te prend ?" Elle me dit "C'est la première fois de ma vie, je rentre dans un musée." Là, c'est pareil.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Ceux qui sont allés aux expos, ils sont revenus et ils ont commencé à dessiner une structure métallique géante. Mais pour faire une sculpture métallique géante, un faut faire de la physique pour pas qu'elle se casse la figure dès que tu l'as monté.
Deux, faut la souder, soudure, faut la peindre, peinture, il faut il faut il faut plein de qualification strictement professionnell. La soudure c'est pas tu arrives avec ton truc et tu soudes hein. C'est c'est une technique très avancée.
Pareil la peinture, tu mets pas n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment. Et on a vu comment à partir du moment où on a mis ça en route, l'absentéisme s'est écroulé dans la classe tout le monde est revenu en cours. Deio, tout le monde a eu son examen dans cette branche.
Tercio, tout le monde a appris quelque chose qui l'a rendu différent après. Donc nous avons besoin de culture dans l'éducation. C'est pas une faveur, c'est pas un supplément d'âme.
Là, nous avons appris cette année-là plus vite, plus fort et mieux qu'on avait jamais appris dans ce type de classe. D'accord. Et c'est et concrètement, ça se traduit par quelle mesure ça ?
On impose que les artistes aillent dans les classes. Tu fais des classes à projet artistique et culturel, ça coûte temps et tu les mets là. Voilà.
Il y avait des endroits imprévus. Par exemple, les filles qui faisaient du travail social, hein. Bon, tu te dis bon, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir mettre d'artistique et culturel là-dedans ? ont trouvé toutes seules.
Elles ont dit "On va faire raconter à plus que les mamies leur histoire et elles ont fait une expo où on mettait des photos, on mettait des textes, fallait les écrire, il fallait faire les panneaux, fallait faire tout ça et il fallait trouver les mamis, fallait leur faire parler quoi pour qu'elle raconte, elle racontait leur vie de la période, il y en avait encore à ce moment-là des guerres. Qu'est-ce que c'est l'habit d'une femme quand les hommes sont ou prisonniers ou en train de faire la guerre ? Et comment ça se passait ?
Moi, j'ai vu cette expo, tu es là, tuen reviens pas. Tellement c'est beau, tellement c'est fort. Alors, tout le monde va fouiller au fond de ses affaires pour trouver la photo.
L'autre arrive, il dit "Ah non, faut la mettre en grand. Celle-là, elle est trop belle." Regarde le regard.
Comme quoi, toutes les techniques à un moment donné peuvent être subverties par l'activité culturelle. Donc, il faut des sous pour faire ça. Et le bénéfice pour la société, il est gigantesque.
Je termine par un autre exemple. Pourquoi les gosses sont violents dans les crèches ? Si vous êtes pas au courant, ils sont aussi violents dans les crèches.
Alors, il y a des gens qui ont étudié ça parce que les crèches, oui, en pas tout petit, hein, tout le monde est violent mais après quand ça commence à se socialiser, mais tu mets un mom devant une télé, il voit, il comprend, faut pas croire hein. Mais quelqu'un m'a expliqué et j'ai vu l'étude, il me dit "Il y a 400 manières de dire bonjour." Ah bon ?
Bah ouais. Bonjour à tes parents. C'est pas pareil que bonjour à la voisine que tu croises dans l'escalier en allant à l'école.
Et c'est pas pareil que quand tu montes dans le bus dire bonjour au gars qui conduit et c'est pas et cetera et cetera et cetera. Et le gars qui avait fait l'étude m'explique, il me dit "Tu comprends, il y a 400 manières. Tu en apprends aucune en regardant simplement. tuaprends parce que tu l'as vu pratiquer.
Donc nous avons tous impérieusement besoin de liens sociaux réel ou simulé en vrai. Le spectacle vivant et même si tu l'as vu à la télé, c'est pas pareil que de l'éprouver en voyant quelqu'un d'autre le faire. Tes parents bien sûr, mais d'autres les situations que tes parents ne connaissent pas parce que tes parents passent pas la journée à la crèche.
Et si tu as pas les mots et les méthodes qui te permettent de te socialiser, et ben tu es violent. Parce que la violence, c'est toujours le mode de réponse à l'impuissance, à oraliser ou à mettre en scène sa pratique de rapport social aux autres. Par conséquent, moi mon plédoyer, il est continuellement pour dire nous n'avons pas à nous justifier de dire que la pratique culturelle est une nécessité humaine.
C'est vous qui devez nous expliquer, vous autres les grands, les importants, pourquoi on peut s'en passer. Parce que nous, on n' pas trouvé pourquoi. Mais vous allez nous le dire.
Vous allez nous le dire. On arrive dans les 8 dernières minutes de cette rencontre et on voulait absolument vous entendre sur l'intelligence artificielle qui est un autre des grands sujets d'inquiétude du secteur et de beaucoup d'autres. Qu'est-ce que vous proposeriez en étant président de la République sur la régulation de l'IA et notamment sur le droit des créateurs et le droit d'auteur sur ces questionsl ?
Déjà, voyez, le genre de pays où on est, on demande à un président de la République, mais je vous en veux pas de le faire parce que c'est vrai, mais bon, c'est une monarchie absurde parce que bon, ça va, vous tombez là sur un type intelligent et courtois, mais une autre fois vous allez tomber sur une brute primaire qui comprend rien, ça va être un peu délicat. Il va vous sortir les chercheurs, ils ont assez cherché, maintenant faut trouver. Je l'ai entendu, hein.
Je l'ai entendu. D'accord. Donc quand vous en êtes à avoir des mères qui vous demandent de la culture neutre, vous pouvez parfaitement imaginer ça à la tête de l'État.
Donc et je crainque que des fois on y soit quoi. Alors bon, d'abord un, on garde son sang froid s'il vous plaît. 2 secondes pour réfléchir.
Vous avez peur de l'intelligence artificielle déjà vous avez fait un grand bon en avant. Vous venez de comprendre ce qu'est l'intelligence parce que vous craignez l'intelligence artificielle. Mais c'est quoi l'intelligence ?
C'est une question. Non. Voilà la réponse, je peux vous la donner.
Cette machine n'est pas intelligente. Si l'intelligence veut dire la capacité à faire surgir du neuf, et ça ne sera que ça si vous y réfléchissez bien. Pensez, c'est rompre.
Imaginez, c'est aller au-delà de l'apparence. Votre tête passe son temps à produire du temps. D'abord par l'instant de survie.
Qu'est-ce qui va se passer tout à l'heure ? Est-ce que je suis en danger ? Et surtout tout le temps, elle produit ça du de l'imprévu.
Et vous passez votre vie à vous rassurer en cherchant les choses qui sont stables et prévisible et vous venez d'entrer dans l'aire de l'incertitude. Donc un avec l'intelligence artificielle. Déjà, prenez le paris comme d'habitude de vous dire qu'aucun outil n'est meurtrié par lui-même.
Une pioche peut vous servir à creuser un trou, ça peut vous aider à cultiver un champ ou à tuer votre voisin. Mais c'est pas la pioche qui a pris la décision, c'est vous. Et pareil pour l'intelligence artificielle, c'est un outil, rien d'autre.
Quel usage en ferez-vous ? C'est ça la question qui est posée. Et vous pouvez avoir un usage, vous serez dépassé.
Il y a des moments où vous serez dépassé, vous direz "Ah, qu'est-ce qu'elle fait l'intelligence artificielle ?" C'est un système d'automatisation de la pensée. Elle récupère par des algorithmes tout ce qui est automatique.
Alors, évidemment, on tombe de notre arbre. On se croyait très malin, on découvre qu'on est moins que prévu et que il y a des automatisations mais il y a regardez la photo, c'était pareil. Quand la photo arrive, catastrophe.
À quoi va servir le peintre ? Frappe-toi le cœur. C'est là que le génie souffre un bon coup, tu vas peindre.
Bon non, immédiatement, on a transformé une Qui oserait dire aujourd'hui qu'une photo est neutre comme dirait l'autre ? Non, ça existe pas. J'ai qu'à voir mon portrait dans la presse.
C'est pas une photo neutre. Tout le pays connaît mes amidales par cœur. Mais bon.
La photo, elle n'est pas neutre politiquement, ça c'est pour la blague. Mais vous savez tous qu'elle n'est pas neutre sur le plan de la création esthétique. Au fond, le photographe est plus important que ce qu'il a regardé ou la photographe.
On est d'accord ? Donc gardez l'idée de vous dire bien sûr les machines nous remplacent dans des choses qui peut-être on peut s'en passer, qu'on va être peut-être plus créatif. La machine ne trouvera jamais toute seule.
En tout cas, pour l'instant, on est confronté à ce type de problème. Quand la machine va savoir imiter humains, on va passer à autre chose. Mais ne nous laissons pas submerger tout le temps par la peur et la panique.
Et je vous mets en garde, la peur, c'est le seul lien social que le capitalisme développe. Il a intérêt à ce que vous ayez tout le temps peur. Peur du voisin, peur de ce qui est différent, peur de ce qui est imprévu. tout le temps peur.
Et quand vous allez avoir peur, vous allez vous rapprocher des forces de l'ordre. l'ordre intellectuel qui vous dit ce qu'il faut faire, l'ordre matériel qui a une matraque qui vous permet de réfléchir et ainsi de suite. La peur appelle l'ordre mais elle ne vous elle vous appelle jamais à réfléchir sur l'ordre auquel vous aspirez et l'ordre auquel nous on aspire ici dans cette salle que j'évalue d'après mes vos réactions un peu de gauche quand même.
Bon oui mais l'ordre auquel nous on aspire n'a rien à voir avec leur vision du monde et le et leur vision de l'ordre. Je vous dis leur vision de l'ordre c'est un monde hiérarchisé. Ce qui compte c'est que chacun soit à sa place et tout le monde est pas à la même.
Les êtres humains sont pas semblables. Bon, vous connaissez tout ça. Donc n'ayez pas peur de l'intelligence artificielle.
Je suis d'accord pour dire que ça bouscule, hein. Ça bouscule mais c'est pas la première fois j'ai parlé de la photo. Je vous lisez eu comment elle s'appelle notre copine là ?
Isabelle Schmolt. À chaque fois j'ai mis les noms propres. Elle est merveilleuse.
C'est une penseuse suprême. Elle a fait un truc qui porte un titre accoucher dehors, c'est euh la schizophrénie numérique. Bon bref.
Et elle rappelle Platon, vous avez vu complètement d'abord je même pas fait attention quand on m'a fait étudier ça dans dans mes études. Platon gueule parce qu'on écrit. Vous le saviez où ça vous ?
Moi je en lisant je tiens, j'avais pas fait attention à ça. Platon dit ah mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Vous écrivez pour remplacer votre mémoire.
Donc vous saurez même plus vous souvenir. Bon déjà il avait peur de la technique de l'écriture et puis après il dit "Ah non, faites pas les malins parce que c'est pas vrai que parce que vous l'avez écrit vous savez même pas que c'est là. Et si par hasard vous savez que c'est là, vous savez pas ce que ça veut dire.
Et donc il nous engueule et il explique pourquoi il faut porter tout son bagage intellectuel avec soi. Bon donc c'est pas la première fois que l'humanité est confrontée à ça. Et il y a une chose sauf si voilà ce que vous avez à craindre.
C'est pas que la machine remplace les humains, c'est que vous vous comportiez comme des machines. C'est de ça dont vous avez à avoir peur. Comme quand vous allez chercher des sous à la tirette, vous mettez bien en rang.
Qui c'est qui vous a dit de le faire ? Vous voyez que vous êtes discipliné. Et après ça apparaît.
Oui non je veux si je veux là. Tic toc toc. Oui non oui non et mon code secret touc touc touc c'est le cas.
Non ça c'est pardon c'est ma date de naissance. Touc touc tout. Et vous vous êtes dressé.
Les flux dans lesquels nous vivons nous dressent. Ne vous laissez pas dresser par les machines. Ne vous laissez pas dresser par l'intelligence artificielle.
Travailler avec une intelligence artificielle. Vous allez voir qu'elle a pas inventé la poudre. Moi, je l'ai battu au moins 10 fois sur ce qu' a dans Marx.
Il nous reste une une minute 30. Je vais vous demander un exercice de synthèse si je résume. Trois mesures que vous avez proposé ce soir.
Créolisation de la culture. Qu'est- pardon ? Recom créolisation de la culture, on peut dire ça le 1 % minimum au budget et la culture et la culture dans l'éducation et en finir avec Boloray.
On en met quatre. Ça vous va comme résumé pour ce soir ? Ça va quoi.
Mais surtout retenez le reste. Le feu sacré de la culture c'est l'insoumission.
Jean-Luc Mélenchon