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Lina Soualem et Hiam Abbass : « Faire exister l’humanité du peuple palestinien »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quelle est l'image que vous renvoie l'expression 'une arrête dans la gorge du monde' pour le peuple palestinien ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Comment le film permet-il de maintenir l'humanité du peuple palestinien face à la déshumanisation ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment vivez-vous le conflit actuel à Gaza en tant que cinéaste et fille d'exilés ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    L'exil est-il une force ou une souffrance pour vous ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la poésie représente pour vous dans ce contexte ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Comment votre mère a-t-elle réagi à votre projet de film sur votre famille ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Lina SoualemChiffre
    « « Plus de la moitié de la population palestinienne est déplacée et réfugiée au sud de la bande de Gaza » »
  • 14:00Lina SoualemFait
    « « La culture c'est la vie à travers la culture on peut aussi se raconter » »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

bonsoir à toutes et à tous au sommaire aujourd'hui un film bouleversant bye bye Tibériade qui sort au cinéma ce 21 février et qui raconte l'histoire de quatre générations de femmes percutées par les violences de l'histoire à travers elle c'est l'histoire du peuple palestinien qui se déploie sous nos yeux un peuple qui subit une injustice historique un peuple revenu dans l'actualité de la plus sanglante des manières à travers à travers elle c'est aussi l'universel qui nous percute et qui nous rassemble l'amour la famille l'exil la terre les racines bienvenue sur Médiapart vous êtes dans àair libre l'émission d'actualité et de débat de [Musique] mdiapart deux des femmes qui font ce film sont avec nous une fille et sa mère la première Lina Soualem réalisatrice a filmé la seconde Yama bas immense actrice ensemble elles explorent les douleurs du passé mais avant tout et surtout la vie bonjour Lina Soualem bonjour merci d'être avec nous aujourd'hui ça fait plaisir de vous avoir dans notre studio au côté de votre mère yamabas bonjour bonjour on a beaucoup de choses à se dire mais avant je propose que l'on regarde un extrait de votre documentaire bye bye Tibériade qui je ne l'ai pas encore dit une très belle carrière dans les festivals il a raflé déjà plusieurs prix vous allez comprendre [Musique] pourquoi [Musique] et moi je ressemble à qui du coup à personne en regardant votre film linaem des mots me sont revenus comme un boomerang des mots qui m'ont été confiés ici dans ce studio par l'écrivain palestinien IAS sambar traducteur de l'immense poète de Palestine Mahmoud darwi m'a dit nous sommes nous peuple palestinien une arrête dans la gorge du monde personne ne nous avalera est-ce que vous êtes d'accord avec lui est-ce que cette image risonne en vous de l'arrête dans la gorge du monde en fait ça me renvoie tout de suite à la force des femmes de du film donc qui sont les femmes de ma famille puisque justement ce que je raconte à travers le film et ça rejoint peut-être ce que elas sambar euh disait à travers sa prose que je n'ai pas mais ça rejoint cette idée que malgré l'exil malgré la dépossession malgré les déplacements malgré le chaos qui a eu dans leur vie et autour d'elle du fait de du contexte historique elles ont réussi à maintenir leur histoire en vie et à la transmettre et à transmettre non seulement des valeurs de paix d'amour de pardon et de tolérance mais aussi leur histoire donc c'est aussi cette idée de de combativité de de de résistance à travers la vie en fait et à travers cette force qu'on arrive à trouver même quand on est dépossédé de tout et c'est ce que je dis dans le film pour moi c'est des femmes qui ont dû apprendre à tout quitter et à tout recommencer encore et encore euh et qui l'ont fait en transmettant des choses très positif dont moi j'ai hérité qu' l'ont pas fait dans quelque chose de de revanchard ou de négatif et je pense que c'est c'est ça la force de de de ces femmes et de des Palestiniens yamabas l'image de l'arê dans la gorge du monde que représenterait le peuple palestinienadore j'adore vraiment j'adore ben j'aime beaucoup Elias je le salue en passant euh et je trouve que oui je trouve vraiment la métaphore assez forte en tout cas moi comme Lina l'a dit je crois que si on fait ce qu'on fait si on raconte ces histoires là euh c'est aussi pour que sarrête cet arrêt dans la gorge fasse moi mal quelque part à ce qui voilà à qui elle est coincée à la gorge il y a des gens qui ont décidé qu'elle est qu'elle qu'elle leur fait pas mal et qu'elle est qu'elle existe et qu'il faut que qu'on la sorte et qu'on la regarde une fois pour toute en fait et effectivement effectivement je trouve ça assez poétique assez beau et je vraiment je salue toujours les les esprits poétiques des gens qui veulent raconter quand même les histoires personnelles des choses qui font qui font très mal mais parce qu' c'est nécessaire de les raconter c'est nécessaire de les dire c'est nécessaire de les faire exister et par l'existence de ces histoires on fait exister quand même tout un peuple toute une histoire toute une mémoire qui euh si on le fait pas à nos manièrees individuelle elle peut partir dans les oubliettes la sortie de Baba Tibériade survient dans un contexte qu'on ne peut pas ne pas évoquer elle survient en pleine guerre à Gaza Israël mène depuis le 7 octobre 2023 et les massacres du Hamas une riposte militaire dans l'enclave palestinienne qui a conduit à la mort de 28000 personnes dont 70 % sont des femmes et des enfants avant d'entrer dans Gaza les Palestiniens disent aujourd'hui qu'il faut se déchausser parce qu'on marche sur les morts c'est difficile l Lina de présenter le film dans ce contexte euh c'est difficile de présenter le film dans ce contexte oui c'est un peu difficile de ça savoir comment ça aurait été dans un autre contexte puisque en fait le film a fait sa première projection en septembre 2023 au Festival de Venise et ensuite Toronto et puis ensuite en octobre on a été rattrapé par la réalité de ce qui se passe et par l'histoire en même temps le film nous permet en tout cas moi ma permis de d'avoir une voix dans un moment où on a senti euh un étouffement aussi et je pense une déshumanisation qui a été très très très très difficile à gérer et à travers le film ça permettait de garder notre humanité présente euh c'est difficile aussi parce que en fait ce qui est difficile c'est aussi le fait que ce n'est pas nouveau c'est-à-dire que moi quand j'ai commencé à écrire le film avec ma coscénariste Nadine naus et la monteuse du film Gladis joujou euh on parlait déjà de cette déshumanisation qui a toujours existé de la difficulté de se raconter quand notre histoire collective n'est pas reconnue n'est pas racontée n'est pas officielle et s lancé donc j'ai envie de dire que je savais que ça allait être difficile dans tous les cas de présenter le film mais avec ce contexte effectivement enfin on fait face à à des violences très présentes et et c'est vraiment difficile de naviguer dans ça et en même temps grâce au film ça me donne la force de continuer d'être présente ça me permet d'avoir une voix et le fait de m'accrocher aux histoires des femmes de ma famille qui ont tracé aussi un exemple pour moi d'héroïsme euh me donne me donne de la force de la force et cela me donne une voix je je retiens cela il a ma base lors d'une projection à Marseille vous avez avoué vivre un trauma de guerre au journalistes qui vous posit la question vous vous avez dit nous ne sommes pas qu'un deuil nous sommes laminés moralement physiquement culturellement quels sont les mots qui qui vous traversent les mots les émotions qui vous traversent aujourd'hui bah je crois que c'est ça a pas vraiment changé vous voyez dès que vous dites ça ça me remène dans l'état presque j'ai envie de dire de cette difficulté vraiment mais moi j'ai envie de revenir à quelque chose de positif en fait dans tout ça vraiment j'ai je crois qu'on a assez pleuré qu'on a assez et on pleure toujours d'ailleurs et on voit ce qui se passe donc c'est pas vraiment très très simple mais ce qui est important pour moi dans cette difficulté d'ailleurs de d'arrêter de penser à soi et d'arrêter de se dire que c'est difficile et de voir une forme de tunnel dans lequel on voit une petite lumière ou à laquelle on s'accroche et on dit ok ce film aujourd'hui dans ce contexte oui c'est une c'est un tunnel vers une lumière et on a envie de la partager parce que c'est un film qui à la fois raconte beaucoup de choses des combats de femmes qui sont vraiment dépassés l'impossible des fois pour pouvoir exister et réaliser leur rêve et à la fois c'est ils sont un exemple de positivité d'amour de de de de de joie de donc j'ai envie de m'accrocher à ça je m' j'ai envie vraiment de d'offrir aussi ça cette partie de moi et de ma vie et de mon histoire au monde aujourd'hui pour aussi aider à surmonter ce passage noir dans notre histoire de nouveau une lumière dans dans l'obscurité votre documentaire raconte à travers vous Yam mais aussi à travers d'autres femmes de la famille votre mère votre grand enfin grand-mère que je ne me perde pas grandmère voilà mais aussi votre tante et puis votre arrière-g-mère ces quatre femmes il raconte l'un des moments les plus douloureux de l'histoire palestinienne laanagba la catastrophe soit l'exil forcé en 1948 du peuple palestinien il raconte aussi l'éclatement des familles à travers les frontières et notamment l'interdiction faite aux Palestiniens de traverser les frontières par l'État d'Israël nous malement cré on ne peut pas en regardant ces images du passé vous entremêlez archives historique et archives personnels ne pas ignorer celle du présent aujourd'hui plus de la moitié de la population palestinienne est déplacée et réfugiée au sud de la bande de Gaza dans la ville de Rafa à la frontière fermée avec l'Égypte euh comment on vit le conflit euh qui dure depuis 75 ans euh avant même votre naissance en en Galilée il était là euh est-ce qu'on vit de la même manière selon qu'on est exilé ou selon qu'on est sur place euh bon l'exil même si c'était un choix dans ma vie un choix personnel n'est pas quelque chose de simple parce que là en revanche on s'est arraché nous-même donc elle dans dans toute forme d'arrachement il y a de la peine il y a de douleur il y a des il y a des pertes il y a des amertumes il y a des coupabilités il y a tous les sentiment euh voilà de la terre qui peuvent se rejoindre euh et qui habitent à l'intérieur de la personne mais c'est une à la fois quand on est loin c'est quelque part c'est une force de pouvoir regarder regarder observer ça veut pas dire ne pas sentir euh mais ça donne un petit recul un une petite distance qui permet des fois de d'accepter peut-être les choses d'une manière différente d'agir d'une manière différente de se dire attends j'attends 2 secondes avant de parler j'attends peut-être 10 minutes avant de de de de me prononcer ou même de pouvoir m'exprimer à à chaud c'est pas pareil pour les gens qui vivent à l'intérieur et qui sont dans la cocotte qui voilà donc ça c'est beaucoup plus difficile évidemment je veux pas me comparer à vraiment à aux gens de les les les citoyens de Gaza aujourd'hui ou de laassjordaniie qui sont qui sont qui sont euh attaqués par les colons c'est c'est une réalité faut la regarder en face c'est comme ça euh le le choix de l'exil est encore une fois comme je disais dé difficile mais ça me permet vraiment de regarder les choses et de peut-être faire ce que je fais d'une manière un peu plus posée et un peu plus universelle en quelque sorte parce que j'ai envie de parler cette langage parce que j'ai envie que ma voix arrive j'ai pas envie juste qu'on me mette toujours dans un dans un chiffre dans un un un un un chiffre parmi des milliers j'ai envie d'avoir cette voix et c'est pour ça je crois aussi à la force de cinéma dans ce sens-là à la forme de l'arti le travail artistique les œuvres pour pour exprimer des voix individuelles qui relèvent à la fois des voix collectives et des voix qui veulent raconter et partager et échanger avec le monde Lina vous êtes d'accord avec votre mère sur cette nécessité d'être une voix individuelle pour porter collectivement plus haut dans un moment qui vous vous n'étiez pas né au moment non plus au moment du du début de ce conflit mais la nagba vous l'avez connu à travers les les récits familiaux et est-ce qu'aujourd'hui la cinéaste que vous êtes lorsqu'elle va chercher dans ces archives ces images historiques qui montrent ce déplacement elle est elle est percutée de plein foué par l'actualité et par le déplacement qu'on observe depuis depuis 4 mois de Palestiniens du Nord vers le Sud où aujourd'hui ils sont réfugiés et sous les bombes en fait pour moi c'est quelque chose comme je disais c'est pas nouveau c'est-à-dire que étant est en France j'ai aussi dû faire face durant toute ma construction à comment exister quand nos identités sont jugées ou sont nié ou sont daigné ou sont stigmatisé comment on arrive à trouver sa place dans le monde aussi en tant que femme quand on est entre plusieurs mondes quand nos parents viennent d'ailleurs quand les identités de nos parents sont des identités qui ne sont pas reconnus dans leur humanité la plus complète euh on nous laisse pas être complexe on nous on nous ôte le droit à la complexité pour reprendre les mots de d'une autre écrivaine que j'aime beaucoup feagen on l'aime beaucoup aussi voà ça c'est quelque chose qui m'a toujours marqué puisque j'arrivais pas à comprendre pourquoi je pouvais pas raconter l'histoire des gens de ma famille sans être jugé ou sans qu'on me dise mais non c'est pas possible mais non c'est pas vrai alors que je savais que c'était des réalités et je pense que ce qui est le plus difficile à voir c'est que même quand on voit des images de la la réalité pardon aujourd'hui elle est aussi niée donc en fait on est dans quelque chose où on doit se battre pour prouver notre existence pour prouver ce qui se passe même quand c'est sous nos yeux et je pense que pour moi ce qui est important c'est que ce soit la poésie de Mahmoud Darwish que ce soit les mots de Elias sambar ou d'autres écrivains comme Karim Catan que j'aime beaucoup aussi ou les mots deedouard Saï ou tous les cinéastes et artistes palestinienes et Palestiniens à travers la culture et ça je reprends aussi ce que elas sambar a dit plusieurs fois la culture c'est la vie à travers la culture on peut aussi se raconter puisqu'on est perçu que à travers la la mort ou que lorsqu'on est face à la mort on ne s'intéresse à nous que à travers des chiffres aussi et pour moi c'est important de pouvoir se replacer à l'échelle de l'IND individus se replacer à l'échelle des parcours intimes des parcours émotionnels qu'est-ce que ça veut dire de vivre laanakba qu'est-ce que ça veut dire pour une femme parmi plusieurs femmes d'avoir été expulsée de chez elle d'avoir dû quitter l'école au moment où elle avait un rêve comme ma grand-mère de devenir institutrice à Jérusalem de devoir marcher pendant des jours et des jours sans savoir où on va quand et si on va pouvoir rentrer chez soi de ne jamais revoir sa maison d'enfance de ne jamais retrouver son acte de naissance d'avoir perdu ses affaires d'avoir une partie de sa famille qui a traversé une frontière et qu'on ne va jamais revoir en fait c'est toutes ces questions qu'est-ce que ça veut dire dans l'intime moi j'ai pas vécu ces choses-là on me les a transmises et en même temps quand j'essaie de de transmettre cette histoire à mon tour je fais face à euh des réactions aussi parfois de de négation c'est-à-dire on me dit bah non cette histoire n'est pas officielle ça s'est pas passé comme ça et pourtant c'est ce qu'on a reçu donc moi c'est ça qui m'intéresse dans dans dans mon travail de Cinéas je pense que ça rejoint aussi ce que j'avais voulu faire dans leur Algérie c'est-à-dire redonner une place redonner une voix à des parcours de vie de personnes qui ont été marginalisées silencées qui n'ont pas pu se raconter qui n'ont pas su se raconter aussi parfois euh puisque le silence parfois est présent dans la famille euh pour le coup dans ma famille algérienne c'était un silence dans la famille et je pense que c'est important pour moi de le faire à travers l'art pour qu'on puisse se raconter avec nos propres mot pour ne pas qu'on se retrouve enfermé comme le disait ma mère dans les perceptions que les autres ont de nous ou veulent avoir de nous on parle de nous-même comme on envie de parler de soi puisque on se connaît on va regarder un extrait de ce documentaire dont vous parlez votre premier documentaire l'URE Algérie qui est sorti en 2020 octobre 2021 octobre [Musique] 2021 c'est fou après 62 ans de mariage qui se sépare et ben ils sont pas loin c'est mieux c'est en face de chez mémé alors il a à peu près 30 m de différence pépé tu l'aimes tu étais tu étais amoureuse de lui et ben B [Musique] peut-être vous vous êtes rencontré non quoi direct oui ils vous ont mis dans une pièce voilà comme tu vois dans les films des fois vous explorez comme vous l'avez dit les les silences et les tabous de l'histoire franco-algérienne au prisme de la branche familiale paternelle comme vous explorez aujourd'hui les silences et les tabous du côté de la branche maternelle est-ce que Lina vous avez réglé bouclé la boucle de ce double exil qui porte en lui les traumas de deux peuples qui ont été violemment colonisés violemment occupés le peuple algérien et le peuple palestinien euh je ne sais pas si j'ai réglé en tout cas ce qui peut-être apaise d'une certaine manière c'est d'avoir pu transmettre ces histoiresl et d'avoir pu immortaliser les les récits de vie de de certaines personnes de ma famille qui ne sont pas que des récits intimes mais qui contribuent aussi à enrichir la mémoire collective donc je sais que dans l'espace public ces récits existent et quand il y a des générations qui disparaissent quand il y a des personnes qui disparaissent de par ce qui se passe euh je me je m'apaise j'arrive à m'apaiser un petit peu en me disant que nos films existeront toujours euh pour se souvenir de nous et ça permet de d'avancer aussi en en combattant un petit peu cette peur de la perte qui nous a été transmise par nos par nos ancêtres par nos aïeux puisque c'est la peur de la perte continuelle de perdre bah ce qu'on a déjà perdu euh c'est-à-dire que voilà dans tout tout récit d'exil on s'arrache à sa famille on on s'arrache à un lieu qui était la terre les racines la maison et on sait à quel point je fais toujours cette petite référence au temps du covid mais les gens ont réalisé à quel point aussi la maison était importante comme ancrage dans des moments où en fait on on vit des des périodes où tout d'un coup l'espace extérieur n'est plus sécurisé euh du coup voilà pour moi c'est ça permet aussi de redonner une place euh à certaines personnes dans l'histoire et moi je retrouve ma place dans la famille et en même temps je leur donne une place dans l'histoire pour qu'on puisse exister dans ces mondes euh ces différents mondes qui qui sont divisés et pourtant nous on porte ces différents mondes dans nous et vous ne vouliez pas Yama parce que votre fille explore les douleurs du passé comme vous les appelez pourquoi parce que en fait parce que ça fait mal parce que c'est quand même quelque chose que j'ai hérité moi-même parce que j'avais l'impression que c'est la réponse qui était la réponse la plus facile de la part de ma mère ou ma grand-mère quand moi j'ai questionné sur le passé parce que j'avais envie de savoir et bizarrement en fait c'est des TR des choses qu'on qu'on que les autres nous transmet et qu'on va transmettre à la génération vivante sans se rendre compte en fait qu' on répète l'histoire presque on répète les choses qui été dites avant pour voilà dans dans notre enfance et parce que aussi euh parce que c'est un film et parce que c'est un c'est un pour moi un un exercice pas simple de se mettre devant la caméra et de parler de mes émotion comme ça euh frontalement à la caméra en fait je sais le faire derrière des personnages c'est mon métier c'est ce que j'ai essayé de faire toute ma vie justement pour ne pas être exposé à ça après bon on parle des fois de notre travail d'un manière journalistique tel que l'exercice d'aujourd'hui et en fait quand je me suis trouvée devant Lina la première fois et qu'elle m'a posé la première question j'ai répondu exactement dans la même manière que je vous réponds maintenant ça veut dire j'ai commencé à faire des histoires des histoires VO des analyses de je sais pas quoi et tout ce qu'elle cherchait c'est vraiment le moment émotionnel la réponse la plus courte et qui ramène direct le le langage à être le langage du cœur et pas le langage de la tête et ça j'avais un peu de mal avec au départ parce que aussi j'avais peur euh j'ai jamais vraiment j'ai jamais voulu qu'on fasse un film sur moi ou sur ma carrière donc d'un seul coup j'avais l'impression que et siina il est en train de faire un film finalement sur moi sur ma carrière en fait tout doucement aussi cette le mal était de deux côtés d'ailleurs hein c'était Lina aussi n'avait pas aussi trouvé tout de suite sa place et c'était à nous deux de trouver aussi nos place dans cet exercice justement pour raconter l'histoire que Lina voulait raconter et à un moment quand j'ai commencé quand j'ai compris vraiment que ce n'est pas un récit sur moi c'est que moi je suis un parti une partie d'un puzzle de plusieurs femmes plusieurs générations et c'est devenu presque un devoir c'est devenu presque une obligation de laisser mais de leur de côté de laisser la difficulté de l'exercice de côté et de pouvoir vraiment aller dans le sens de Lina pour pouvoir donner à Lina ce qu'elle vlait pour composer les composantes différentes de son son son récit avec avec les autres femmes aussi et est-ce que il y avait aussi derrière cela de votre part pas une volonté de de contrôle de sur la mémoire sur votre mémoire sur ce que vous deviez ou pas transmettre à votre fillees à vos enfants non non à ce stade non vraiment c'était pas ça le non non non c'était pas quand ils sont petits on les protège on on dit des choses ça ça ça se dit pas un enfant on attend un certain âge pour le dire mais Lina était déjà dans un âge adulte on a une relation très saine toutes les deux de partage et de d'échange donc j'avais vraiment j'avais aucun problème à ouvrir et à dire les les choses les plus dur dures à Lina sauf que comme je vous disais vraiment pour moi c'est arrivé à les dire frontalement comme ça en tant que Yam Alina et il a fallu que aussi je passe par l'obli de fait que c'est ma fille justement pour pouvoir raconter à une femme parce que c'estit une femme qui cherchait c'est pas que Lina ma fille qui cherchait c'est la femme que Lina est essayer de comprendre et Lina en tant que femme est telle qu'elle est c'est aussi un complexe de beaucoup de choses des plusieurs identités plusieurs histoire et donc j'avais l'impression que je peux pas me permettre de ne pas être généreuse et de ne pas aller dans son sens pour pouvoir lui permettre de trouver les réponses si il les a trouvé d'ailleurs ou au moins d'avoir la la la possibilité d'interroger et avec une sincérité que je devais jouer jusqu'au bout pour pouvoir après bon comme vous avez vu dans le film il y a des moments où basta quoi donc j'en peux plus j'en peux plus ça veut dire qu'il y a des moments euh le moment même elle est porteuse de peut-être de beaucoup de douleur et de souvenir douleureeuses donc et à ce moment-là bah Lina s'il te plaît n'ouvre pas les les portes de de de passé là c'est et qu'est-ce que les femmes qui sont derrière vous hein de N Taou Ali vous ont transmis qu'est-ce qu'ell vous comment elles vous ont influencé dans vos dans vos choix ne serait-ce que vos choix votre audace de vous en aller de vous exiler pour respirer vous dites pour vous trouver fait vous l'avez éprouvé ce besoin de partir et c'était pas tant le conflit parce que d'ailleurs on vous voit on voit des images de de ces étés passé en Palestine sur le lac de Tibériade d'un bleu si apaisant on ne devinerait presque pas qu'il y a un conflit ici sur cette terre alors le conflit il est avec nous et on le vit de l'intérieur je crois que aussi le conflit fait euh exister toutes ses rêves et ses ambitions euh donc le volouloir à certains moment ne pas se porter c'est que aussi il y a un héritage tellement lourd de ce conflit justement qui ne permet pas parce que c'est aussi faire face à toutes ces femmes qui sont à la fois la source de la de cette force féminine et de de tout ce qui euh regard vers l'avenir et regard vers la la la réalisation de soi-même en tant que femme et que ça soit mère que ça soit là moi en revanche c'était l'artiste mais l'artiste n'allait pas en fait dans cette dans ce cercle de de de de de des choses qui composent cette société et ce lieu d'ailleurs parce que le lieu il n'est pas fait que de social il est fait aussi de sa politique donc tout ça a fait que un certain moment effectivement le choix arrive et que on se dit qu'est-ce que qu'est-ce que je fais quoi donc c'est là où on va on va on va prendre la décision donc il y a des choses qui sont très il y a des choses auxqueles je suis consciente d'une transmission directe et d'un une influence directe sur moi et des choses je crois qu'ils sont enfuies qu'on a masse en tant qu'enfant de beaucoup de vécus et de beaucoup de partage et de beaucoup de quotidien de beaucoup d'observation d'enfants aussi en fait quand j'observais ma grand-mère je me suis tout toujours dite j'aimerais tellement ouvrir sa tête pour comprendre ce qui se passe à l'instant quand elle me regardait et qu'elle avait une sorte de tristesse dans son visage avec une beauté et une résilience de la vie de cette continuité et presque en fait de d'un pardon mais total et de d'un amour mais vraiment infini et l'amour de la de l'humour en fait qui m'a vraiment été transmis par ces femmes qui m'a qui m'a qui m'a voilà qui m'a importé et porté toute ma vie donc il y a des choses vraiment à à plusieurs niveau à plusieurs endroits de ma vie qui m'ont influencé dont j'étais consciente et d'autres pas par exemple le le goût de la liberté je crois que c'est la première visite de ma tante quand elle s'est échappée et qu'elle était qu'on a qu'on a pu l'avir et je crois que cette femme m'a donné le goût de l'inconnu de cette et je voyais cette femme qui fume qui est libre qui m'a appris à fumer d'ailleurs qui m'a forcé la cigarette dans ma bouche devant ma mère qui n'était pas contente tout ça et me raconter ces ces images de Damas de cette vie c'est cette autre vie ces femmes qui sortent qui vont dans les cafés qui boivent qui fument qui se se trouvent entre elles j'ai j'ai reçu d'elle un un paysage féminin autre de celui que je connais et donc tout ça je crois quand on a un enfant avec une ambition peut-être artistique on se met dans cet espace on se projette dans cesace de liberté et qui fait que plus tard on le veut on veut l'atteindre on veut y aller on veut y aller visiter et comme le lieu ne le permettait pas bah il a fallu aller le voir ailleurs Fall partir il fallait partir vous cet arrachement vous l'avez supporter l'arrachement de votre mère à à sa terre au nom de la liberté pas seulement à cause d'un conflit mais c'est quelque chose que vous avez su assez tôt et qui vous a dit vous vous êtes dit d'ailleurs il va falloir que je fasse ce film aussi sur ça en fait pour moi c'était pas du tout clair puisque elle m'a tellement transmis son histoire et puis déjà elle m'a parlé en arabe elle parlait pas français quand je suis née donc j'ai reçu l'arabe j'allais tout le temps dans la famille maternelle au village de de derhn donc j'ai baigné dans ça donc j'avais pas l'impression qu'il y avait une rupture c'est beaucoup plus tard que je me suis rendu compte que finalement le fait que moi je suis je sois né ailleurs veut dire qu'en fait à un moment il y a eu une rupture et mais je pense qu'elle a elle a réussi à ne pas me faire sentir cette rupture quand j'étais petite et je l'ai réalisé beaucoup plus tard et d'ailleurs j'ai posé enfin les questions que je que je pose dans le film sont des questions que j'avais jamais vraiment posé avant c'est vraiment au moment de de mon envie de onter ces histoires de rupture que je me suis rendu compte que l'histoire de ma mère était aussi une rupture et c'est quand je l'ai j'ai réfléchi dans un tout que je me suis dit mais en fait il y a déjà eu tellement de ruptures avant elle pourquoi elle aussi a choisi de rompre les autres n'ont pas choisi de rompre puisque les exils de mon grand-mère de ma grand-mère étaient des exils forcés ma mère a choisi de partir euh et donc c'est à ce moment-là que j'ai j'ai réalisé aussi en faisant ce film et je pense parce que j'ai senti qu'on m'avait transmis énormément et peut-être que j'avais envie de compléter cette transmission ou de la réactiver à un âge où j'étais prête en tant que femme aussi à faire face à ces parcours de femmes parce que je pense que c'était la première fois que je m'adressais aussi à ma mère de femme à femme c'est pas quelque chose d'évident ou de naturel de de s'adresser à sa mère non plus en tant que fille mais en tant que femme en tant que réalisatrice donc c'est c'est une assurance qu'il faut qu'il faut avoir et c'était pas évident au départ puisqu'on a mis du temps aussi à trouver notre équilibre pour ne pas qu'elle me répondre comme si j'étais une journaliste déjà et et pour que moi je puisse être à l'aise aussi en comprenant ce que je cherchais aussi parce que des fois on a des ressentis mais on narrive pas à mettre les mots tout de suite sur sur ce qui manquerait ou sur ce qui nous sur ce qui nous taraude et je pense que je l'ai compris aussi en faisant le film je cherchais à comprendre aussi à travers les histoires de des femmes de ma famille à comprendre ce que ce qu'elle elles avait pu transmettre à ma mère et ce que ma mère avait choisi de me transmettre aussi est-ce que c'était quelque chose de conscient est-ce que c un choix conscient est-ce que c'était naturel et finalement c'est un mélange de de tout ça avec quand même la question l'enjeu de la liberté qui est au centre et qui pose à la fois la question du territoire des territoire et la question de la place des femmes dans une société qui est patriarcale comme de nombreuses autres sociétés sinon toutes les société il y a une scène il y a ma base que vous racontez ou que votre F en tout cas vous fait jouer dans une sorte de mise en abîme qu'on pourrait transposer dans de nombreuses familles peu importe la culture l'origine la religion c'est celle où on voit votre père s'opposer à votre mariage avec votre amoureux d'Alor qui était anglais et non arabe palestinien musulmans euh qu'est-ce que votre père professeur des écoles vous dites dans une interview que c'était un un homme pyramide de bonté envers les autres de dureté envers ses enfants qu'est-ce qu'il vous a donné et qu'est-ce qu'il ne vous as pas donné alors il y a beaucoup de choses que mon père m'a donné qui auquel j'ai vraiment je je je je crois que j'ai découvert ou j'ai compris beaucoup plus tard malheureusement des fois c'est aussi la règle de la vie en fait quand on est en conflit immédiat et frontal avec les choses on ne les voit pas de la même manière que quand on a un petit recul malheureusement là le recul été un peu long parce que le le conflit elle était aussi très très chargé euh h mon père m'a donné euh la la la force de persister dans une logique euh de de de la construction des de la la de la vie en fait euh je vais m'ex m'expliquer parce que je cherche mes mots pour le dire comme c'est la première fois que je le pense peut-être dans ce sens-là en fait mon père c'est ça a été toujours pour lui euh nous les femmes dans la famille parce qu'il n'avait il avait h filles et deux garçons et les garçons ils sont arrivés très tard donc c'est pas l'homme qui allit on va dire qui allit sauver l'honneur de mon père mais c'était les femmes qui précéd ces garçons et donc moi j'arrive presque la 5e et j'arrive avec une sorte de force de faire des choses qui ne sont pas habituées euh pour la femme c'est pas des choses que les femmes font normalement et donc je force mon père dans un haine logique que malgré le fait que je suis femme je suis capable de faire des choses que les hommes font et mon père ça lui plaît au fond parce que pour lui il voit presque un homme face à lui en fait cette femme dégisée en quelque sorte en homme invisible elle est capable de faire et elle est très Fiè de ça donc moi en recevant ça cette ce mécontentement de la CE ce contentement de la de la part de mon père je me dis tiens il y a après ça s'arrête pas là parce que la logique fait que il y a une continuité à ça donc l'étape suivante c'est quoi c'est encore un nouveau quelque chose de nouveau quelque chose de dont il a pas l'habitude et donc le N pour lui était systématique sauf que ce nom il devient discutable donc tout doucement on arrive à trouver une solution c'est toujours par des forceps mais on arrive ça veut dire cet homme anglais qui a suivi des choix qui n'ont pas plu à mon père a été un un un un chiffre parmi des nombreuses tentative des choses nouvelles pour mon père et donc à un moment j'étais obligé de le regarder et ça c'est quelque chose que j'ai jamais imaginer faire face à mon père comme ça dans cette société et dans cette structure patriarcale c'est que de dire à mon père tu m'as éduqué et tu m'as laissé faire jusqu'à maintenant c'est pas pour me laisser tomber maintenant donc ça veut dire que si tu as it jusque là tu as la capacité et la force d'aller plus loin et en fait et ben j'ai compris que mon père avait cette capacité sauf qu'elle était empêché était empêché par la force de qui il est ce qu'il est quelqu'un de respectable dans le village donc les gens parlent c'est pas facile pour lui et j'ai toujours causé à mon père en fait de s'émanciper avec moi aussi dans dans voilà dans le village donc ça a été aussi un homme qui m'a qui m'a suivi donc un homme qui a accepté il a beaucoup accepté donc euh j'ai je je je trouve ça formidable et je trouve ça vraiment admirable d'avoir des hommes de cet ordre-là malgré la difficulté qui puissent faire ce suivi en fait euh vers un parcours féminin c'est une émancipation par le fait accompli HM oui ou alors c'est que ce que je retiens c'est que peut-être les hommes sont aussi euh coincés dans et parfois aussi subissent le le système patriarcal même si c'est les hommes qui le mettent en place et qui le font perdurer et beaucoup aussi subissent et finalement je pense que ma mère n'aurait pas osé faire ça si elle n'avait pas senti que chez mon grand-père il y avait quelque chose qui allait lui permettre finalement et comme moi enfin c'est c'est quelque chose de l'ordre du ressenti mais moi j'aurais jamais fait de film sur ma famille si j'avais si je ne sentais pas qu'ils allaient accepter de partager avec moi j'aurais jamais fait de film sur mes grands-parents algériens si si c'était par la confrontation ni avec ma mère c'estàdire qu'on on sent l'espace de dans lequel on peut circuler on sent que il y a une qu'il y a une tolérance qui a un amour qui a une place pour même si c'est pas évident et c'est ça la complexité c'est ça la complexité dont je parlais tout à l'heure c'est en fait comme tout être humain on est tous et toutes contradictoire on cherche ses limites on cherche à se construire par rapport à ce qui est accepté acceptable le regard des autres à quel moment on fait attention et on a envie de faire perdurer des traditions qui sont importantes pour nous à quel moment on veut mettre de côté les traditions et mettre en avant son désir propre et c'est toute l'histoire de des êtres qui cherche leur place à la fois dans leur famille dans leur société dans le monde euh sans heurter les autres et en même temps sans se heurter soi-même et c'est en ça que c'est des histoires universelles qu'est-ce que vous avez appris Yama bas sur votre fille que que vous ne saviez pas qu'elle était une bonne réalisatrice en fait j'ai appris euh c'est c'est difficile de dire qu'on apprend vraiment c'est comme c'est pas quelque chose de nouveau c'est que en fait moi pour moi il y a des choses qui qui se sont imposé comme une confirmation des sentiments que j'ai eu j'ai j'ai compris que Lina est c'est c'est c'est une vie académique elle a elle a un certain intellect avec lequel elle et qu'elle a avait toujours en elle un côté artistique que je voyais quand elle était jeune et même enfant mais qu'elle n'a jamais voulu exprimer et à un moment bon elle arrive avec un premier film et un deuxième film et dans le deuxème film vraiment pour moi et c'est ce que je lui dis quand j'ai découvert le film pour la première fois parce que moi je n'ai pas participé à part mon témoignage à aucune euh à aucun moment dans la fabrication don la le montage les à part ce que Lina me demandait de faire donc j'étais vraiment j'ai exécuté en fait la la le désir d'une réalisatrice et quand j'ai découvert le film j'ai dit à Lina euh bah chapeau je crois que vraiment tu as trouvé ton chemin ton styleon ta vocation donc est-ce que c'est de l'apprentissage ou est-ce que c'est de la confirmation pour une mère je ne sais pas mais en tout cas voilà voilà ce que j'ai j'ai compris c'est ce que vous voudriez lui dire aujourd'hui le sais déjà l'a déjà me l'a déjà dit je l'ai déjà dit ou plein de fois ouais et et et vous Lina vous diriez quoi à votre mère aujourd'hui euh bah je vais répéter ce que j'ai déjà dit pas mal de fois puce que comme on accompagne beaucoup le film on est amené à parler de ça aussi en public donc c'est c'est pas toujours évident on se le dit pas face à face mais on se dit les choses euh de manière interposée avec la présence du public dans la salle euh non mais pour moi ce qui était bon moi j'ai toujours été très admirative du du parcours de ma mère mère j'ai toujours euh quand on me demande si j'ai des exemples bah d'abord c'est ma mère qui me vient en tête avant d'aller chercher des modèles ailleurs je l'ai présenté un peu succintement tout à l'heure en disant immense actrice mais rappelons que c'est une artiste multiple qui est non seulement une immense actrice avec une carrière à l'internationale incroyable d'Hollywood en passant par Paris Israël Palestine le monde arabe voilà c'est une actrice reconnue à l'international une actrice aussi qu'on retrouve pour ceux qui adorent parce que il y a beaucoup le monde qui adore apparemment cette série que moi je n'ai pas vu succession vous êtes au cœur de cette série qui s'étale sur plusieurs saisons et vous êtes aussi réalisatrice vous êtes aussi photographe enfin il y a d' multiples cordes à votre arc artistique donc je je me permets de le rappeler h euh non je pense que moi ce qui m'a ce que j'ai découvert peut-être c'est euh c'est euh la jeune fille l'enfant l'adolescente que ma mère a été et ce qui je pense n'est pas forcément commun c'est-à-dire que bah comme quand on est enfant de de d'un parent on ne sait pas quelle vie elle ou il a eu avant notre arrivée et tout d'un coup en découvrant les poèmes que ma mère avait écrit quand elle était jeune entre 12 et 19 ans j'ai découvert tout un monde tout un imaginaire de de son enfance et c'était à la fois vertigineux puisque tout d'un coup on a l'impression de rencontrer une nouvelle personne qu'on ne connaissait pas alors que bah c'est notre mère et en même temps c'était fascinant de voir à quel point euh ce désir et ces rêves de liberté d'évasion de de de vivre des émotions à travers l'art euh était était présent dès dès la petite enfance même si elle n'était pas du tout destinée à ce monde au départ et que dans le village il y avait pas de structure artistique il y avait pas de présence de ces choses-là et je trouve que ça raconte beaucoup euh de l'enfance des rêves de l'enfance de la de la de l'importance de de valoriser aussi euh les les les les rêves et les aspirations des enfants et euh ça me renvoie bah là ça ça me traverse l'esprit donc je vais en parler mais je pense justement à tous ces enfants euh qu'on voit à Gaza euh perdre leur vie et en fait avec leur disparition c'est toutes ces aspirations qui disparaissent c'est toutes ces toutes ces œuvres qu'on ne va peut-être jamais découvrir toutes ces tous ces rêves qui auraient pu être accomplis qui ne seront jamais accomplis et je trouve que ça ça redonne aussi on prend conscience aussi de l'importance de valoriser les les les désirs et les aspirations des enfants vous m'offrez une parfaite transition pour clore cette émission parce que vous avez parlé de poésie je ne l'ai pas dit mais effectivement vous êtes une poétesse et vous apparaissez dans le film comme une Poé ce que vous étiez dans votre jeunesse chaque fois que je travaille sur la Palestine la poésie et làagété il y a quelques semaines en sjordanie euh pour réaliser des reportages et et et la poésie c'est'est à nouveau imposée à moi là sous mes yeux je je travailler sur la politique de colonisation israélienne qui bat son plein dans les territoires palestiniens encore plus depuis le 7 octobre et en toute impunité puisque le monde a le regard braqué sur sur Gaza qu'Israël bombarde sans discontinuer et j'ai été frappé euh justement je suis pass c'est pas très loin du lac de tibéiade j'ai été frappé à un moment euh par la réaction de villageois Palestiniens qui étaiit assiégé par de jeunes colons israéliens ces jeunes colons leur avaient avaient encerclé leur village avec d'énormes blocs de pierre afin qu'il ne puisse pas sortir du village et les Palestiniens ont répondu par un rempart de mots sur cette terre il y a ce qui mérite vie c'est Mahmoud c'est le poète le poème le le vers par lequel le poète palestinien Mahmoud Darwish commençait tous ces récitals et le poème dit entre autres sur cette terre se tient la maîtresse de la Terre Mère des préludes et des épilogues on l'appelait palestines on l'appelle désormais Palestine je sais pas si on peut voir la photo de ce de ce de ces blocs de Pierr euh mais dites-moi est-ce qu'elle est un bouclier la poésie yamabas elle a été un bouclier pour vous elle continue d'être un bouclier je crois qu'elle permettait vraiment un échappatoire elle permettait euh un rêve elle permettait un espace de d'existence que la réalité ne permettait pas et pour moi en tout cas en parlant de moi euh je sais que c'est quelque chose qui m'a accompagné pendant mon enfance le poète qui m'a influencé le plus qui était presque le Bible avec lequel je dormais il était sous mon lit c'était le prophète de jobran Khalil juobbran je ne peux jamais oublier vraiment tous ces mots qui m'ont bercé avant de dormir qui m'ont permis de j'ai commencé ma journée avec je dormais avec je passais mes mais et qui m'ont permis vraiment de réfléchir et je me sentais enfant que tous ces mots offrai pour moi un lieu d'existence et qui était au-delà de tout au-delà de toute frontière au-delà de toute pratique d'homme avec un grand hache au-delà de tout conflit c'est presque en fait retrouver à part à travers à travers la poésie retrouver retrouver un espace mental intérieur dans lequel tout peut exister Lina dans votre film ouis la poésie elle est elle est très présente aussi dans l'écriture de votre film vous avez d'ailleurs travailler avec l'écrivain palestinien Karim Catan que vous avez cité tout à l'heure Karim Catan qui dit et qui répète que Gaza n'est pas une une abstraction mais des vies des lieux qui disparaissent sous les bombes merci infiniment à toutes les deux merci merci à toutes et à tous de nous avoir suivi allez voir bye bye tiberéiat c'est au cinéma en ce moment et puis cette émission en accès libre n'est possible que grâce à vos abonnements donc abonnez-vous si vous ne l'a pas encore à mdiapart merci beaucoup merci merci 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Lina Soualem et Hiam Abbass : « Faire exister l’humanité du peuple palestinien » — Selma Labib · Pourquijevote