Nicolas Dupont-Aignan face à ses archives dans "adn" , l'émission politique de l'INA | INA
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 39 %Défensif 24 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:05Nicolas Dupont-AignanFait
« Moi, j'ai fait l'ENA parce que j'étais pas d'une famille de la politique, »
- 21:54Nicolas Dupont-AignanChiffre
« 83 milliards, plus de la moitié avec nos partenaires. »
- 28:22Marine Le PenPromesse
« je nommerai Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre de la France. »
Temps de parole
- Présentateur88 %
- Locuteur 103 %
- Invité3 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Dupont-Aignan, Nicolas, 61 ans, candidat Debout la France à l'élection présidentielle. C'est votre troisième campagne. Nous allons voyager ensemble dans les archives de l'INA pour tenter de cerner votre ADN. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. La première fois que vous apparaissez à la télévision, vous êtes sous-préfet d'Ile-de-France et vous devez gérer une situation de crise. Le relogement de familles africaines sans-abri qui campent sur un terrain vague, le futur site de la Bibliothèque nationale de France.
Nous sommes en 91. 11, vous avez 30 ans. Les premiers expulsés avaient planté leur tente le 13 juin sur un terrain vague de la ville de Paris. C'était vite devenu un village africain, malien, sénégalais et un bras de fer à trois avec la ville de Paris et les pouvoirs publics. Mais l'hiver approche, peu de chauffage, de nombreux enfants manquent d'hygiène malgré l'aide des associations et il y a deux semaines, dans la tente 85, des rats ont même mordu deux enfants. Alors sans vouloir céder, l'État a voulu chercher à sortir de l'impasse et expérimenter ainsi un système de logement passerelle.
Il n'y a pas de prime au logement pour une occupation illicite. Simplement, il y a un devoir d'assistance pour des familles qui sont dans une situation aujourd'hui très douloureuse. À l'avenir, quand il y aura une expulsion, les personnes qui ne trouveront pas de logement pourront aller dans des logements d'insertion provisoire gérées par des associations caritatives, grâce à un nouveau financement de la part de l'État. Le relogement de familles immigrées, c'était par conviction ou par devoir ? Par les deux, enfin par devoir, j'étais serviteur de l'État. Je me souviens très bien, c'était la première intervention.
J'étais avec un grand préfet, deux grands préfets, Christian Philippe et puis Sauter, Christian. C'était Olivier Philippe et Christian Sauter. Et ils étaient tiraillés entre la volonté de ne pas faire passer des familles devant d'autres et puis en même temps de répondre à une situation humanitaire. Ils m'avaient envoyé au feu parce que je crois que personne, personne voulait intervenir. Alors ils avaient trouvé le petit jeune de service. Donc à la fois par devoir ? Par conviction. J'étais serviteur de l'État. Vous devenez maire en 1995 à Yers dans l'Essonne puis député deux ans plus tard sous les couleurs du RPR. Votre permanence, c'est l'arrière d'une camionnette.
Nicolas Dupont-Aignan est maire de la ville de Yers dans l'Essonne. Mais c'est en tant que député qu'il sillonne sa circonscription à la rencontre de ses concitoyens. Son bureau, une camionnette. C'est sa papa mobile à lui.
Ça me permet d'aller où je veux, quand je veux, au moment où on le souhaite, où on m'appelle. Ça permet d'avoir un peu comme escargot sa coquille sur soi. J'ai une circonscription assez ramassée, mais avec des quartiers très divers, des maires plus ou moins coopératifs. Il faut qu'ils s'habituent. Et donc ça me permet d'être un peu libre. C'est une forme de liberté de l'élu. Cette papa mobile ou Dupont mobile, elle a servi longtemps ? Elle a servi longtemps ? Très longtemps. Elle est maintenant complètement usée. Mais j'ai adoré cette période. Et je l'ai continuée à chaque élection, même la dernière. Parce que j'ouvrais les portes dans tous les quartiers.
Et si je suis un homme politique, je pense différent des autres. C'est parce que j'ai toujours gardé les pieds sur terre. Et j'ai été réélu, j'ose pas le dire, nombre de fois, à la surprise de tous les observateurs parisiens. Parce qu'ils ne connaissent pas le travail d'écoute et d'échange que je fais dans une circonscription qui a toujours été plutôt de gauche, même communiste. Allons à présent déterrer vos racines. Il paraît que dans votre jeunesse, quand vous passiez devant l'Assemblée nationale avec vos parents, vous aviez envie d'aller voir ce qui se passait à l'intérieur.
Alors je vous propose la visite guidée de Léon Zitrone en 1958 à l'intention des futurs députés de la toute jeune 5ème République.
Mais entrons maintenant dans le palais Auguste pour une promenade imaginée pour nous par Daniel Bregne. Dans la salle des séances, la tribune des orataires. L'histoire, ses tablettes à la main, note vos paroles et la renommée a embouché la trompette de votre gloire. Derrière vous, le président regarde l'Assemblée. Il distingue la droite de la gauche par rapport à sa tribune. La même cloche servant à diriger toutes les pensées vagabondantes par trop. Voici la salle des pas perdus, 20 mètres sur 11. Plus loin, la salle des 4 colonnes, où vous trouverez le nom de vos prédécesseurs morts pour la France.
Rien à bouger. Légende ou réalité, c'est vraiment en passant devant l'Assemblée que vous avez eu envie de faire de la politique ? Non, j'ai toujours eu envie. C'est très curieux, d'ailleurs c'est très étrange. J'étais pas du tout d'une famille politique, pas du tout, j'étais famille de classe moyenne. Mais je sais pas, j'avais 10 ans. Je sais pas comment vous dire, à chaque fois que je passais devant l'Assemblée, je me disais « mais je veux entrer là, je veux être élu, c'est impensable que je sois pas élu ». Et mes parents me disaient « mais notre enfant est dingue, comment il va, il n'y arrivera jamais, il ne pourra pas ».
Et à chaque fois que je passais devant l'Assemblée, j'avais l'impression que je devais être là. C'est bizarre. Et puis, je l'ai tellement espéré, j'ai été élu très jeune quand même, à 36 ans, là aussi à la surprise générale, et j'ai été tellement déçu de voir ce qu'est devenu cette Assemblée. Député très jeune, et militant très jeune, puisque à 13 ans, vous collez des affiches pour Jacques Chaband-Elmas, candidat gaulliste à la présidentielle de 1974. Ça ne nous rajeunit pas.
C'est littéralement porté par une foule en délire que Jacques Chaband-Elmas a gagné hier soir la tribune dressée dans le grand hall du Palais de la Foire.
Près de deux heures d'attente n'avaient pas entamé la bonne humeur et l'enthousiasme des quelques 7000 personnes qui depuis 19 heures avaient pris place dans l'enceinte. Banderole déployée, panneau grandit, badge à la boutonnière ou en sautoire, ils étaient tous là.
Quand Jacques Chaband-Elmas prend la parole, les clameurs ne se sont pas encore tués.
Si vous voulez une France en paix avec elle-même et avec les autres, je la maintiendrai. Vous voulez une France plus juste, plus solidaire, plus humaine, je la construirai avec vous pour la France !
Qu'est-ce qui plaisait chez Chaband aux jeunes, aux tout jeunes adolescents que vous étiez, Nicolas Dupont-Aignan ? Le gaullisme social que j'ai retrouvé après chez Philippe Séguin. C'est pour moi, si vous voulez, personne ne peut comprendre ce que je suis si on ne comprend pas, que pour moi, mon patriotisme, ma défense de la nation, s'explique par la démocratie et par l'exception sociale française. Voilà. Ça me fait penser à Romain Garry qui disait toujours « je n'aime pas la France ». Alors tout le monde disait « ah, il n'aime pas la France ». J'aime la France libre. C'est ça mon ADN. Ça c'est mon... Et ça je l'ai été très jeune, très jeune.
Dès 13 ans, vous n'aviez pas tout ça en tête à 13 ans. Avant 13 ans. Je me souviens que je suis parti... J'avais un copain qui aimait beaucoup la politique en classe. Je ne sais pas quel AD. On était parti en Angleterre, on avait 12 ans. Et on commentait dans le train le programme commun de la gauche. Vous imaginez ? À 12 ans. Moi j'ai eu la passion de la politique à 10-11 ans. Vraiment. Et mes parents n'avaient pas la télévision. Quand j'étais petit, ils étaient hostiles, je ne sais pas. On n'avait pas de télévision. J'en avais un complexe immense à l'école. C'était horrible. À l'école, j'étais un des rares. On n'avait pas la télé.
Et j'en étais tellement malheureux qu'à un moment, mes parents ont loué une télévision. Et je regardais le mercredi... C'était le jeudi ou le mercredi, les questions au gouvernement qui pour la première fois étaient retransmises à la télévision. Et tous les mercredis, j'étais... Ou jeudi, je ne sais plus si c'était le mercredi ou jeudi. C'était la première fois, vous retrouvez la date. Et j'étais rivé devant l'écran en me disant, c'est ça que je veux faire. Et pourtant, pas du tout d'une famille de ça. Ils me regardaient comme une espèce de soucoupe volante, d'ovnis. Et même ma mère n'a jamais été contente que je fasse de la politique. Elle était très fière quand j'ai eu l'ENA.
Que je sois sous préfet, elle en était fière. Et le jour où je lui ai dit... Moi, ça m'embête, cette carrière. D'abord, je ne peux pas parler. Je vais me faire virer parce que je ne peux pas supporter d'obéir comme ça. Et je veux être élu. Elle m'a dit, mais pourquoi, pourquoi ? Mais ce n'est pas possible. Mais tu vas être malheureux. Ne fais jamais ça. Enfin, c'était un drame pour ma mère. Qui était fière, je sois sous préfet. Mais quand j'ai été élu député, on s'en fichait complètement.
Alors justement, l'ENA après Sciences Po, cursus classique du futur commis de la République, l'École nationale d'administration et ses énarques, ainsi présentés dans un numéro de 5 colonnes à la une en 1966. Moi, personnellement, je crois que j'avais envie, disons, de m'occuper un peu du destin des autres. Alors je crois qu'à ce moment-là, on a le choix entre trois carrières. Militaire, par exemple, curé ou administrateur. Militaire, je n'ai pas tellement définitive la vocation. Curé non plus. Donc j'ai peut-être choisi un peu administrateur.
Quelle serait votre définition du leader moderne ? Je pense que c'est un chef qui essaye de s'entourer au maximum et de s'impactiver. Et s'il n'en a pas, d'essayer de les imposer et d'imposer ses idées, soit par la force, soit par la persuasion. C'est pas savoir écouter aussi, non ? Je crois que ça serait une meilleure définition de psychiatre que du leader.
Le pouvoir nous intéresse plus que l'argent, si vous voulez, d'une certaine manière. Oui, c'est sûr. Le pouvoir. C'est pas vrai, voilà. Je crois que si on regardait les mobiles des élèves qui travaillent, qui font à l'ENA,
et bien si l'on demandait quels sont les mobiles, les numérotés, en mettant le pouvoir, l'argent, le succès personnel, etc., le pouvoir serait sans doute placé au premier rang.
Alors, entre le serviteur de l'État, le jeune un peu prétentieux qui se rêve en leader, ou qui parle des leaders, et l'avide de pouvoir, dans lequel de ces personnages vous reconnaissez-vous ? Moi, j'ai fait l'ENA parce que j'étais pas d'une famille de la politique, de classe moyenne, ni pauvre ni riche, pas de relation, aucune relation. Et pour moi, c'était le moyen, peut-être, d'accéder à un monde qui n'était pas le mien. C'était ça, par le mérite. Donc, j'ai été très heureux à Sciences Po, parce que j'étais heureux, j'ai été très malheureux à l'ENA, parce que je suis arrivé dans un monde qui n'était pas le mien, parce qu'il était trop conformiste, disons.
Mais j'étais fier, parce que c'était un moyen de méritocratie républicaine. Je suis le pur produit d'une méritocratie républicaine, de classe moyenne, favorisée, pas défavorisée, parce qu'il ne faut pas jouer, mais disons, simple, mais pas du tout dans le milieu. Et puis, j'avais le culte de l'État, quand même. J'ai élu De Gaulle, Richelieu, j'étais un passionné d'histoire. Et pour moi, la France est indissociable de sa colonne vertébrale, qui était l'État. Et puis, en arrivant à l'ENA et après, en préfecture, j'ai compris que l'État était déjà abîmé. Je suis arrivé vraiment dans la période de Mitterrandienne, de l'argent roi, qui commençait.
Et là, pour moi, j'ai eu une déception très profonde de l'État de l'État. Et je me suis dit, il n'y a que par la politique qu'on pourra rétablir la nation et l'État. Dans les racines de chacun, il y a un patronyme. Et dans le vôtre, il y a Dupont, l'un des noms français les plus courants. Alors, je vous laisse apprécier ce reportage de 1952, trouvé dans la malle au trésor de l'INA. Moi, je n'étais pas né, quand même, en 1952. Non, mais vous nous expliquerez après pourquoi vous vous appelez, non pas Dupont, mais Dupont-Aignan.
Madame Dupont, vous parmi les 21 400 000, Madame Dupont. Qui je suis ? Une bonne française moyenne. Madame Dupont se marie en moyenne à 24 ans. Elle a environ 15% de chance de divorcer au bout de 3 ans. Hélas, 30% de chance d'être trompée au bout de 5 ans. 76% de Madame Dupont apportent au lit le petit déjeuner de leur mari. Sauf pendant les 3 premiers mois de leur mariage, où 45% de Messieurs Dupont remplissent cet office.
Voilà pour ces Monsieur et Madame Dupont archétypes de Français Moyen. Alors, pourquoi Dupont-Aignan ? Tout simplement parce que quand je suis arrivé en maternelle, ma mère m'a emmené à la maternelle. Il y avait un autre, Nicolas Dupont, qui était inscrit à ma place. Et en fait, je n'étais pas inscrit, puisque quand ma mère m'avait inscrit, on lui avait dit, oui, il n'y a pas de problème. Mais en fait, c'était un autre. Donc, nous étions deux Nicolas Dupont. Né quasiment à la même date. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, d'ailleurs. Et donc, ma mère était assez féministe. Et elle a dit, on va mettre mon nom avec le nom de mon mari. Et comme ça, il va s'appeler Dupont-Aignan.
Et la maîtresse a dit, c'est très bien. Comme ça, j'éviterai de les confondre. Et puis, c'est resté comme ça. J'ai fait toute ma scolarité avec ce double nom qui n'était pas le mien, en fait. Parce que ce n'était pas autorisé à l'époque. Ce n'était pas autorisé. Et ça a été que, je crois, sous Mitterrand, en 81, que j'ai pu accoler le nom légalement, le nom d'usage. Voilà. C'est tout, c'est tout con. Et est-ce qu'il y aurait une logique, selon vous, à ce qu'un Dupont devienne président de la République ? Je n'en sais rien. Ça, je n'en sais rien. Ce n'est pas pour ça. Il n'y a pas de déterminisme par les noms. Non. Quoi qu'en disent certains candidats.
Je crois, au contraire, que chacun forge. Le seul regret que j'ai, c'est que mes filles n'aient pas mon nom. Puisqu'elles ont Dupont avec le nom de leur mère, quelque part, aussi. Bon, mais c'est... Vous savez, moi, je crois... Je suis très républicain dans cet esprit, je crois que... Et aventurier, en fait. Parce que j'avais une mère qui était très libre d'esprit. J'ai eu des parents, j'ai eu de la chance. Parce que j'aurais pu avoir des parents d'une moyenne bourgeoisie étriquée. Et qui n'étaient pas du tout étriquées. Qui étaient d'une moyenne bourgeoisie très libre. On parlait de tout. J'avais un grand-père aviateur de 14. On était quand même... J'avais un bain familial.
Je ne baignais pas dans l'argent. Mais je baignais dans la culture et dans la liberté. Et c'est peut-être ce qui m'a entraîné, parfois, à avoir des décisions audacieuses. Si on est positif. On y reviendra sûrement. Voyons à présent qui sont vos mentors. Avec votre combat contre l'Europe de Maastricht, vous avez mis vos pas dans ceux de Philippe Séguin. Vous l'avez cité tout à l'heure, Séguin qui a mené cette bataille dès 92 au sein du RPR.
J'ai le droit de dire qu'il y a des moments où il faut savoir dire oui ou non au lieu de se réfugier dans le Nini. J'ai le droit de dire que je ne veux pas manger mon chapeau. L'Europe de Maastricht marche sur la tête. Il nous faut la remettre sur ses pieds pour continuer d'avancer. Alors qu'est-ce qu'il y a de frileux dans cette démarche ? Qu'est-ce qu'il y a de rétrograde ? Qu'est-ce qu'il y a d'archéo à vouloir bâtir l'Europe à partir des réalités ? Vous le considérez comme l'un de vos menteurs ?
C'est le seul, la seule personnalité politique que j'ai connue, que j'adorais, que je respectais, que j'admirais. Et quelle tragédie pour la France que cet homme n'ait pas pu faire plus. C'était le seul homme d'État dans un milieu de nains et de médiocres qui l'ont abattu. Le seul, le seul vraiment ? Vraiment. Vous avez côtoyé d'autres... Pas photo, mais pas photo ! Personnage de ce courant de pensée... Je n'ai qu'un grand mépris pour beaucoup d'autres. Pasqua, Villiers, Guénon ? Si, Pasqua, qui était quelqu'un de très attachant, mais... Pasqua, Pasqua, mais... Mais Philippe Séguin avait la structure intellectuelle exceptionnelle.
Il avait simplement une petite fragilité pour s'affirmer paradoxalement. Et si j'ai pris tant de positions, parfois audacieuses, si j'ai rompu les amarres, si j'étais candidat, c'est parce que j'ai été traumatisé. Mais vraiment, quand je l'ai connu, en 95, je me souviens un jour, je le vois dans les couloirs de l'Assemblée, il était président de l'Assemblée après le combat de Maastricht. J'étais jeune collaborateur chez Barnier, et je lui dis, monsieur le président, mais présentez-vous ! Ne laissez pas Chirac et baladure ce combat, mais présentez-vous, ayez le courage d'y aller ! Pourquoi vous n'y allez pas ? Vous avez tout pour y aller !
Et il s'est dégonflé à ce moment-là, il fallait qu'il y aille. Voilà, c'est un immense regret, c'est le seul... Je me serais fait tuer pour ces gains, j'ai écrit de ces discours. Il demandait à plusieurs personnes, Baverez, Paul-Marie Couteau, Carucci, moi, on était étudiants. Et puis j'ai gardé, vraiment, je pense que, quand il était exclu de tout, j'allais le voir dans son petit bureau au-dessus de la porte de l'Assemblée, et il me disait, il me racontait un peu tout le monde, je crois que j'étais un des rares, et sa secrétaire peut en témoigner, à venir, alors que je n'avais aucun intérêt, personne n'avait plus d'intérêt, tout le monde l'a laissé tomber.
Mais alors vous meniez une double vie, parce qu'en 93 et 94, vous l'avez rappelé, vous avez servi deux ministres très pro-européens, comme conseiller technique de François Bayrou, puis de Michel Barnier, vous étiez malheureux ou frustré dans ces années de cabinet ministériel ?
Non, où j'ai mené une double vie, c'est quand j'étais à la préfecture de l'Île-de-France, où je menais une action, d'ailleurs, que je trouvais honorable, qui était le schéma directeur de l'aménagement de la région Île-de-France, sous un grand préfet socialiste, qui était Christian Sauterre, et que j'admirais beaucoup, sous Michel Rocard, et c'est de là qu'on a dit que j'étais Rocardien, mais en fait, je servais l'État, et le soir, j'écrivais les discours de Séguin, et puis après, j'ai été candidat, 95, avant d'être candidat à 95, j'étais en cabinet, oui, chez Bayrou, Barnier, et j'étais en désaccord profond sur l'Europe, bien sûr, mais Barnier, à l'époque, n'avait pas viré sa cutie pro-européenne, c'est après, 95, j'étais déjà parti, j'étais maire de ma ville, mais tout le monde savait que j'étais un admirateur de Philippe Séguin, tout le monde savait, il n'y a pas de secret pour Séguin, c'est un regret, vraiment, c'est un regret profond pour le pays, et puis après, il est mort de chagrin, il est mort de chagrin, je peux le dire.
En 2014, vous fondez votre parti Debout la France. Avant, 2009. 2009, ça s'appelait Debout la République, c'est ça ?
Oui, mais je quitte, je quitte l'UMP, parce que j'ai quand même la possibilité de faire la campagne du non-référendum en 2005, on me la laisse la faire, Sarkozy est très correct, parce qu'il sait qu'il a besoin aussi des gens qui votent non, pour 2007, et puis en 2007, quand il me dit, dans le secret de son bureau, on n'en a rien à foutre du référendum, on fera voter un traité par le Parlement qui reviendra sur le non des Français, là, je m'en vais, et je quitte, ça s'appelait l'UMP, ça s'appelait l'UMP en 2007, je quitte parce que je ne peux pas accepter que la parole du peuple qui a voté non au référendum soit trahie, ça, ce n'est pas possible pour moi.
Et je prends tous les risques, parce que je quitte, je me retrouve tout seul, avec quelques vieux militants gaullistes, et on crée Debout la République qui se transforme en Debout la France après. Et donc, votre cible numéro 1 dans cette nouvelle phase de votre vie politique, l'Europe et sa monnaie, l'euro. S'il n'y a plus de choix budgétaire, autant donner la clé du Parlement, du Président de la République, à la commission, des commissaires, des commissaires, c'est-à-dire une dictature. Est-ce que l'euro fonctionne et marche bien ? Tout le monde sait que non. On veut faire passer aujourd'hui exactement le même texte sans consulter les Français. Moi, j'appelle ça un coup d'État.
C'est la première fois depuis la Libération que le Parlement français va voter un traité qui a été refusé solennellement par le peuple français deux ans avant. Donc, c'est plus qu'un vol, c'est un viol. Moi, j'appelle les 16 millions d'électeurs français qui ont voté non en 2005 à ne pas se laisser faire. Mais est-ce qu'on voit la souffrance des Européens aujourd'hui parce qu'on a mené une mauvaise politique européenne ? Ça ne veut pas dire qu'il faut être contre l'Europe. Il faut reconstruire l'Europe sur des bases beaucoup plus solides. Il faut rendre à la France sa liberté. Il faut qu'elle puisse se protéger. Il faut qu'elle ait sa monnaie. Il faut qu'elle soit libre de ses moyens.
Sinon, on continuera dans la ruine. Avec ce poison, nous allons en finir. On a eu l'embarras du choix pour composer ce florilège. Mais, Nicolas Dupont-Aignan, ça n'a pas vraiment pris dans l'opinion. Est-ce que vous reconnaissez que l'euro et une certaine idée européenne ont fini par s'imposer ? L'esclavage de la France. Je persiste et je ne retire pas un mot de ce que j'ai dit. Même sur la monnaie européenne ? Non, mais bien sûr. D'ailleurs, vous verrez que ça ne tiendra pas à si longtemps qu'on croit. C'est impossible. Donc, c'est pour ça que Philippe Séguin avait raison. Et je persiste à penser que nous avions raison. C'est l'esclavage de la France, sa misère, sa pauvreté.
Tout a été écrit dans le discours pour la France de Philippe Séguin. Ce n'est pas moi qui ai inventé tout ça. Et ça s'applique. Et c'est terrible parce que les Français, finalement, ont été enfermés là-dedans. On voit le déficit commercial cette année. 83 milliards, plus de la moitié avec nos partenaires. Voilà, c'est une machine à broyer le pays. Un jour, on s'en apercevra. Mais je ne regrette rien parce que je le pense. Et je le pense toujours. D'ailleurs, toute ma campagne de 2022, 2017, 2022, et puis 2022, 2022, va être faite là-dessus. Pas obligatoirement.
Alors, sur l'euro, il y aura une adaptation parce que c'est tellement rentré dans les mœurs qu'il va falloir organiser une flexibilité. Mais d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que le nouveau président de la Banque centrale a fait ce que j'avais recommandé, ce que Trichet ne voulait pas faire quand il y avait ses paroles. C'est-à-dire qu'il a monétisé à mort pour assouplir le système. Donc, pour moi... Donc, il est acceptable aujourd'hui, le système ? Non, il n'est pas acceptable, il n'est pas durable.
Il est transitoirement acceptable parce que je pense, et c'est ce que je dirais pour cette élection, je pense que d'abord, il faut retrouver nos frontières, il faut retrouver la supériorité de nos lois. Il faut déjà colmater les brèches. Et puis, sur l'euro, on aura le bras de fer avec l'Allemagne. Et soit l'Allemagne accepte qu'on monétise, et c'est nous qui piégerons l'Allemagne. Soit l'Allemagne refuse, et les pays du Sud seront obligés d'inventer autre chose. Donc, de toute façon, il n'y a pas d'exemple d'union monétaire qui dure sur des bases qui ne sont pas solides. Donc, les faits me donneront raison.
Malheureusement, c'est beaucoup de chômage, de souffrance, de perte de richesse pour la France. Et je suis candidat parce que je pense que je serai le seul candidat, là, en 2022, qui graisse sur cette ligne qu'on ne réglera les problèmes du pays que si on retrouve notre indépendance. Voilà. Et maintenant, un grand homme va vous parler. Il est souvent cité, invoqué dans cette campagne. Vous voici face à De Gaulle. Avec une séquence que nous avons choisie pour vous, elle date de 1967. On m'a demandé ce que ce serait que l'après-gaullisme. Eh bien, c'est par là que nous allons terminer.
Tout a toujours une fin, et chacun se termine. Pour le moment, ce n'est pas le cas.
De toute façon, après De Gaulle, c'est peut-être ce soir. Ou dans six mois, ou dans un an. Ça peut-être dans cinq ans.
Puisque c'est là le terme que fixe la Constitution, au mandat qui m'est confié. Mais, si je voulais faire rire quelques-uns, ou en faire grogner d'autres,
je dirais que ça peut aussi bien durer encore dix ans, quinze ans.
Franchement, je ne le pense pas.
Qu'est-ce que De Gaulle aurait pensé de ceux qui se prétendent ses héritiers ? Parce que lui semble considérer qu'après lui, finalement, il ne se passera pas grand-chose, il n'y aura pas grand-chose. Il ne peut pas en avoir, parce que personne ne peut égaler cette grandeur et cette force. En revanche, et d'ailleurs ceux qui s'en réclament souvent sont ceux qui l'ont le plus trahi dans les faits. Notamment le parti dit gaulliste, qui était le RPR puis l'UMP. Donc, là-dessus, c'est pourquoi j'en suis parti. Mais pour autant, je pense qu'on a quand même le droit de tirer les leçons de ce qui s'est passé. Non pas pour imiter, mais simplement pour en tirer les leçons.
Il y a quelques points cardinaux, pour moi, il y en a quatre. L'esprit de résistance, on doit pouvoir tout abandonner pour une conviction. Le deuxième point, c'est la souveraineté du peuple. C'est le peuple qui doit décider, ce n'est pas les oligarchies. Nous sommes en oligarchie aujourd'hui. Le troisième point, c'est un humanisme. Un humanisme, c'est-à-dire que ce n'est pas la France pour la France. C'est ce que je vous disais au départ, d'ailleurs. C'est la France d'égalité sociale, la participation, cette grande échec de De Gaulle. Parce que les syndicats et le patronat l'ont tué. Et puis, c'est le quatrième point qui va vous surprendre, c'est une vision de l'avenir.
C'est-à-dire que c'était un géant parce qu'il avait une anticipation, notamment par exemple sur ce qu'on vit aujourd'hui avec l'Ukraine, sur un monde multipolaire. C'est-à-dire des grands blocs, la Chine, etc. Et nous, on est revenu dans l'Alliance Atlantique, on s'est rétréci au moment où on devrait épouser le monde avec la francophonie. Pour moi, c'est ça, le gaullisme. Alors, ça s'appellera autrement. Si un jour, il y a un homme d'État en France, qui arrive au pouvoir. Parce que le problème, c'est qu'aujourd'hui, c'est comme si on demandait à De Gaulle de se faire élire par Vichy. C'est assez dur. En fait, on demande aux gaullistes de se faire élire dans le régime de Vichy.
C'est pas facile. C'est le régime de Vichy aujourd'hui ? Pas la même chose, mais dans l'esprit. C'est un esprit d'abandon. Les dirigeants français sont devenus des oligarques qui ont abandonné l'indépendance du pays. Je le pense. Et quand ça a été pareil sous les Anglais, sous Jeanne d'Arc, enfin quand Jeanne d'Arc combattait, ça a été pareil de tous ces régimes où les dirigeants sont vendus à l'étranger. Moi, j'estime que nos dirigeants ont vendu le pays à l'étranger. Donc, je vous le dis comme je le pense. Alors, plus ou moins. Alors, on peut le vendre pour de l'argent, on peut le vendre pour une idéologie abominable. C'était Vichy et c'était bien pire. Attention, ne mélangez pas.
Mais c'est cet esprit de la soumission. On ne défend plus l'intérêt du peuple. On défend des privilèges et des oligarques. C'est la France macroniste. La rubrique suivante. 180 degrés comme les revirements ou volte-face qui émaillent tous les parcours politiques. Avec ce coup de théâtre en 2017, après avoir recueilli 4,7% des voix au premier tour de la présidentielle, vous vous rangez aux côtés de Marine Le Pen pour le second tour. C'est l'image que Marine Le Pen espérait depuis des jours. S'afficher aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan,
avec à la clé un accord de gouvernement, une première dans l'histoire du Front National. La candidate lui fait une promesse. Présidente de la République, je nommerai Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre de la France. Appuyé par une majorité présidentielle, cohérente et unie par l'intérêt national que nous ferons naître avec lui, nous constituerons un gouvernement d'union nationale. Comme dans un mariage, d'un côté les cadres du FN, de l'autre les soutiens restés aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan,
les mariés, eux, tentent d'afficher une complicité. C'est une sorte de... Je ne sais pas si Marine aime le terme, parce que chacun a sa culture, chacun a son... Mais... Comité de salut public, pour sauver le pays, avec des gens d'horizons différents. Ben voilà, on se retrouve, et on va sauver notre pays. Mais c'est extraordinaire ce que nous vivons ce matin. C'est vrai. Auparavant, pendant des années, vous rejetiez avec force les thèses et les incarnations du FN. Que s'est-il passé ? D'abord, pour une raison très simple, et je persiste et je signe, Marine Le Pen n'a rien à voir avec Jean-Marie Le Pen. Et vous n'auriez jamais eu une image avec moi et Jean-Marie Le Pen.
Voilà, ça vous le savez très bien. Premier point. Deuxième point, c'est parce qu'on avait en face de nous Emmanuel Macron, qui est le faux soyeur de la France. Et qui est l'homme des oligarques. Et il y avait... Je n'ai pas un mot à retirer, d'ailleurs. C'est intéressant, ces images. Parce qu'on me repasse toujours la photo, mais on ne passe pas le texte. Et qu'est-ce que je dis ? Des gens d'horizons différents. Oui, nous sommes d'horizons différents. Et si vous repreniez même le discours du 1er mai au grand meeting qu'il y a eu, devant tous les soutiens de Marine Le Pen, j'ai dit, je resterai ce que je suis. Il n'y aura pas de fusion. J'ai entendu partout, fusion, ralliement.
C'était une alliance. Mais ensuite, vous avez rompu cette alliance. J'ai rompu. Ça n'a pas marché. Et j'ai continué à ce qu'on avait dit. Ça a été dit. Le divorce après le mariage. Il n'y avait pas de mariage, il y avait d'alliance. Et j'avais dit le 1er mai, debout la France restera un parti indépendant, gaulliste, avec ses troupes. Voilà, nous sommes restés ce que nous sommes. Il y a eu l'échec. Il y a eu la vie. Oui, mais je pense que ce que j'ai fait à l'époque ouvrira la porte à des recompositions politiques. Parce qu'Emmanuel Macron, rassemblant les mondialistes, il l'a fait. Obligatoirement, les patriotes, même de gauche et de droite, seront obligés de se rassembler.
Alors après, ils se rassembleront. Deux-et-quels ? Comment ? J'ai proposé même une primaire au mois de janvier dernier pour qu'on choisisse qu'un candidat, le meilleur. Ça n'a pas marché. Voilà. Mais, vous savez, j'ai reçu à la fois d'immenses manifestations de soutien des gens du peuple et une telle acrimonie des gens de l'oligarchie, de l'élite, qui ne pouvaient pas accepter qu'on soit libre à partir du moment où vraiment Marine Le Pen avait abandonné tout ce qui me répugnait dans l'idéologie initiale du Front National. Et donc, à partir de ce moment-là, tout était clair.
D'ailleurs, la preuve en est, c'est qu'aujourd'hui, Marine Le Pen est beaucoup moins à droite, si on peut dire, qu'un Éric Zemmour, par exemple. Alors que... Justement, un point de rencontre, un autre point de rencontre dans cette mouvance que vous venez de définir, dès 2017, on trouve dans vos déclarations ce qui sera l'axe de campagne d'Éric Zemmour.
On voulait savoir si la thèse du grand remplacement... Vous l'assumez. Vous l'assumez, visiblement, vous ne l'assumez pas.
Je dis qu'on est en voie, si on ne fait rien, on est en voie d'un remplacement de population qui n'est pas bon pour la population française, qu'elle soit française ou étrangère, et qui remet en cause notre modèle républicain. Donc, le grand remplacement, c'est une thèse que vous faites votre... Mais, ni grand, ni absent, je persiste et j'ai écrit, mais j'ai écrit des livres, j'ai écrit 15 livres, 13 livres, 12 livres, je ne sais même plus. J'ai l'impression d'ailleurs de répéter toujours pareil dans ces livres. J'ai écrit...
Ce que je pense, c'est que l'immigration peut être une chance quand elle est assimilée et modérée, et réduite, digérée, que l'immigration, quand ça devient une submersion, devient un remplacement, pas grand, parce que le terme du grand remplacement, je le réfute, parce qu'il y a un côté complotiste, que c'est organisé, que c'est une vague énorme, c'est un remplacement progressif qui est dangereux pour les Français comme pour les étrangers qui veulent s'assimiler à la nation. Et c'est très intéressant, cette scène, parce que c'est toujours l'apathie, toujours pareil, qui veut pousser dans l'excès. Il pose une question, oui.
Oui, non, mais il pose toujours, c'est des gros sabots, personne n'est dupe, de tout ça. D'ailleurs, c'est ça qui est agréable aujourd'hui, c'est que c'est fini. Tous ces gens qui ne comprennent rien à ce qui se passe et qui donnent des leçons à longueur de journée, tout le monde s'en fout, heureusement. Mais ce n'est pas pour autant que je vais aller sur une thèse trop loin. Par exemple, Éric Zemmour, sur l'affaire des prénoms, m'a choqué parce que je suis élu de banlieue, je connais plein de Mohamed, etc., qui sont des grands patriotes, certains ont combattu au Sahel dans nos armées et ce n'est pas parce qu'ils s'appellent Mohamed qu'ils vont avoir un tampon mauvais français.
Ça, ça me choque. Ce n'est pas moi. Donc, je pense qu'il y a un juste milieu à voir dans la défense de la nation et surtout dans la cohésion de la nation. On peut digérer une immigration, on ne peut pas assimiler une submersion. C'est simple. Et donc, pour prolonger l'échange qu'on avait tout à l'heure, vous pourriez former de la même façon un comité de salut public avec Éric Zemmour ? Tout dépend sur quel programme. D'ailleurs, on oublie qu'avec Marine Le Pen, nous avions négocié dur. J'avais fait enlever six points dans son projet. On avait discuté toute une journée juste après le premier tour et ça ne s'était pas fait d'un coup.
Et notamment, il y avait une affaire, je ne sais pas si vous vous souvenez, elle avait dit que les enfants de clandestins ne devaient pas aller à l'école, etc. Enfin, il y avait eu une polémique pendant le premier tour et j'avais dit que c'était pour moi une condition inacceptable d'un gouvernement. Et j'avais fait enlever ce point-là. J'avais fait enlever une taxe sur les importations qui était délirante parce qu'elle faisait, elle aurait fait un effet boomerang sur nos exportations, enfin des trucs comme ça. Donc, encore une fois, on est dans une société française où la gauche a le droit de s'allier et la droite n'a pas le droit. C'est Mitterrand qui a inventé ça, c'est génial.
Bon, moi, j'ai brisé ce tabou. Maintenant, ça ne veut pas dire obligatoirement que je vais m'allier avec tous ceux qui proposent des choses qui me paraîtraient excessives. C'est, il faut discuter, voir, en tout cas, on n'en est pas là parce que je pense que l'enjeu, déjà, c'est que les Français aient le choix et que justement, le système médiatico-politique qui nous gouverne ne force pas les Français à voter Macron en leur présentant toujours, disons, des excès. Et moi, j'ai toujours demandé un patriotisme qui définit comme on veut, républicain, raisonnable, humaniste, sérieux, c'est ce que je défends toujours. C'est le RPR, d'ailleurs, d'une certaine époque.
Autre déclaration, cette fois, dans la rubrique zéro pointé. En 2015, quelques semaines après les attentats de Paris, vous êtes interrogé sur le conflit syrien.
L'entrée de la Russie dans le conflit syrien est-elle une bonne ou une inquiétante nouvelle d'après vous ? Une très bonne nouvelle.
Enfin, enfin, une action claire, nette et urgente. Urgente. Tant on a traîné sur cette affaire et je constate qu'il n'y a qu'un chef d'État dans le monde aujourd'hui, c'est Vladimir Poutine qui assume ses actes et qui a compris le danger de l'État islamique. Voilà, c'est tout. Il y a un moment, il faut choisir. Et on a en face des dirigeants européens ou américains qui sont complètement hors de l'histoire, au grand sens du mot histoire. Est-ce que la lutte contre Daesh légitime toutes les alliances ou tous les soutiens, y compris en faveur de Vladimir Poutine dont l'armée a bombardé à la fois des rebelles modérés, des djihadistes et des milliers de civils ?
Écoutez, je suis très heureux que vous passiez ce passage parce qu'on me ressort la phrase sur Poutine en ce moment et dans le contexte où je l'ai dite, elle était parfaite. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu tant de morts sur nos trottoirs à Paris par la faiblesse des Occidentaux qui n'ont pas su justement choisir et qu'ont laissé Daesh tuer.
tout ça par haine du régime syrien comme ils ont enlevé Saddam Hussein en Irak avec un drame ou Kadhafi et Dieu sait si je ne suis pas pour Kadhafi ni pour Saddam Hussein ni pour Assad mais on a laissé le djihadisme envahir l'Afrique parce qu'on a des dingues et des vatanguères de Salon qui ont préféré laisser le djihadisme que de soutenir des chefs d'État qui n'étaient pas parfaits mais qui au moins évitaient le djihadisme. Voilà. Donc moi je maintiens que la Russie a eu raison d'intervenir et que si la France et les Etats-Unis avaient maintenu des relations avec Assad et étaient intervenus contre Daesh on n'aurait pas eu besoin des Russes c'est tout. Vous savez.
Les occidentaux sont intervenus et massivement contre Daesh. Les occidentaux ils ont armé les islamistes en voulant armer des modérés syriens les armes se sont retrouvées du côté du djihad. Non, non, non il y a eu une intervention enfin vous savez parfaitement qu'il y a eu une intervention en Irak en Syrie. Après. Et en tout cas après les attentats et bien après. Et quant aux civils vous avez raison c'est abominable la guerre mais les américains quand ils sont intervenus en Irak et là j'avais beaucoup soutenu De Villepin et Chirac. Vous pensez que les américains bombardaient délibérément des écoles comme les russes l'ont fait en Syrie.
Les américains ont fait des centaines de milliers de morts en Irak donc ils ne sont pas meilleurs que les russes parce que et je ne les accable pas ils sont partis dans une logique de guerre effrayante en Irak et moi je si vous voulez je préférerais qu'on ait un Dominique De Villepin et un Jacques Chirac en ce moment qu'un Emmanuel Macron. Mais pas de de complaisance ou d'admiration particulière pour le régime de Vladimir Poutine. Non, si vous retrouvez si vous écoutez bien mon extrait et je vous en remercie je vais le ressortir dans le contexte il n'y avait rien à redire à ce que je disais.
Une madeleine à présent spécialement pour vous quoi que vous en disiez vous êtes Nicolas Dupont-Aignan un combattant plutôt solitaire et certain dans votre entourage vous compare à ce personnage vous nous direz si vous vous reconnaissez.
Adieu mesdames quoi qu'il arrive vous aurez eu l'honneur de vivre la minute la plus extraordinaire du siècle celle où l'orgueilleux chevalier Don Quichotte de la Manche s'en fut conquérir l'univers. Va Rocinante
Allez
Don Quichotte ça vous va ? Oui, vous savez si de Gaulle avait échoué on l'aurait appelé Don Quichotte ce que je veux dire par là c'est que la peur du Don Quichotte a entraîné beaucoup de compromissions et de soumissions alors c'est tellement facile de critiquer les gens qui sont conformes à leurs convictions qu'est-ce qu'il aurait fallu que je fasse ? Que je fasse comme les autres ? Que j'abandonne tous les pans de la souveraineté du pays pour être sous-ministre aux choux farcis ? Vous savez quand je me...
j'ai pas tout réussi loin de là mais quand je regarde mon parcours j'ai au moins la capacité à me regarder dans la glace sans rougir et j'ai eu une chance inouïe dans ma vie politique c'est qu'à chaque fois que j'ai été sur un plateau de télévision j'ai vraiment dit ce que je pensais alors on peut être en désaccord avec moi mais reconnaissez qu'il y a au moins une cohérence et j'imagine que ça doit tellement être difficile pour un homme politique de dire exactement l'inverse de ce qu'il pense vous savez quand je me souviens qu'au moment du vote sur la constitution européenne je me souviens tellement d'un député RPR montant dans l'hémicycle et me disant Nicolas j'ai honte de ce que je vais faire mais je suis obligé sinon je perds ma circonscription ben moi peut-être grâce à ma camionnette que vous avez vue ou à l'écoute des gens j'ai eu le soutien populaire de ma circonscription malgré...
et qui n'était pas une circonscription favorable à mes idées voilà la sincérité après la sincérité et la fidélité à ses valeurs à ses principes vous avez raison c'est primordial oui après c'est pas toujours payant mais après on peut se demander aussi quelles sont vos victoires peut-être ma victoire c'est d'avoir redressé une ville en faillite d'avoir été maire 22 ans d'avoir complètement magnifié une ville à une petite échelle d'avoir fait avancer quelques idées le produire en France avec Montebourg regardez ce qui est d'ailleurs intéressant c'est que les deux personnalités je trouve qui ont été les plus honnêtes dans leur combat à gauche Montebourg à droite moi très prétentieusement on n'est pas en super forme il faut être honnête je le dis pas pour me plaindre c'est dur mais est-ce que ça vaut mieux que d'avoir signé la reddition du pays et on les...
voilà en tout cas moi j'ai envie que les gens croient encore en la politique je suis pas parfait si c'était à refaire j'aurais été plus peut-être plus roublard dans certains moments mais est-ce que j'aurais pas perdu aussi ce qui fait ma force je préfère des regrets que des remords et je persiste à penser que j'offre aux Français la seule voie possible pour redresser le pays voilà j'ai cette prétention on verra il y a une élection j'espère qu'on fera le maximum et qu'un jour ça servira moi pour moi ou un autre qu'importe ce qui compte c'est que ça serve pour le pays la rubrique alerte verte c'est une même archive que nous soumettons à tous les candidats une séquence de la campagne officielle de 74 celle où vous militiez pour Chabon avec un agronome en pullover rouge qui tentait de nous alerter et vous savez ce qui va se passer
et bien nous allons bientôt manquer de l'eau et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle si nous continuons un tel débordement elle manquera à lundi je vous dis au revoir et j'espère vous revoir pour vous expliquer notre projet global d'avenir merci mes amis
René Dumont le premier candidat écolo il avait raison non ?
il avait raison et pas raison à la fois mais il avait raison et j'ai beaucoup d'admiration pour les gens de conviction lui aussi on aurait pu dire qu'il était Don Quichotte mais on sème toujours des petites graines qui évoluent la preuve et il a raison c'est un des défis majeurs simplement on le prend par le mauvais sens à mon avis voilà c'est à dire qu'on se donne une bonne conscience alors que le seul moyen et c'est ce que je propose d'éviter le réchauffement climatique et le désastre des océans j'ai fait un rapport là-dessus c'est de mettre fin à la mondialisation inhumaine c'est à dire de mettre des barrières douanières de couper avec la Chine qui est en train de faire exploser la planète à chaque fois qu'on consomme allemands ou chinois on participe du gaz à effet de serre ce que n'ont pas compris nos écolos et pour finir une rencontre rencontre avec François Mitterrand nous sommes en 1987 lors d'une intervention du président à la Sorbonne
nous sommes français nos ancêtres des gaulois un peu romains un peu germains un peu juifs un peu italien un peu espagnol de plus en plus portugais peut-être qui sait polonais et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes
comment voyez-vous la France Nicolas Dupont-Aignan multiculturelle comme François Mitterrand ou d'abord gauloise non multiculturelle si c'est pour finir comme le Liban ça sera la fin de la France ça c'est communautaire multiculturelle si c'est enrichi d'influences diverses mais rester français l'idée de la France la France c'est pas une race c'est pas une ethnie la France c'est une idée c'est la liberté égalité fraternité c'est ça la France et le problème d'aujourd'hui c'est que un excès de vagues migratoires avec une faiblesse de l'état et une faiblesse de la croissance et un abandon de la souveraineté ça aboutit au Liban et je ne veux pas de ça et ça ne remet en rien en cause les personnes c'est tout donc il faut il faut une il faut une diversité mais il ne faut pas une négation de ce qu'on est c'est tout et c'est l'équilibre entre les deux qui est important donc que Mitterrand a affaibli considérablement le pays parce que on peut accueillir du monde si on a la force assimilatrice et la force de croissance mais on ne peut pas à la fois abandonner la force de croissance la force d'assimilation et avoir les bras ouverts on ne peut pas il faut choisir gouverner c'est choisir j'étais plutôt Mendès France que Mitterrand Au terme de cet ADN et de ce voyage dans nos archives y a-t-il un morceau essentiel de votre ADN Nicolas Dupont-Aignan que nous ayons manqué peut-être le combat social et le combat féministe j'ai une mère qui m'a appris beaucoup de choses et j'estime que vous parliez de l'environnement tout à l'heure je suis toujours un peu choqué que la défense de l'environnement qui est utile est remplacée la défense des injustices sociales et le sort des femmes et des pauvres et des miséreux dans le monde est passé après la défense de notre planète et alors je pense que les deux vont ensemble merci Nicolas Dupont-Aignan merci à vous
merci à vous merci à vous