Immobilier : "Tous les indicateurs sont au rouge" pour Véronique Bédague, présidente de Nexity
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Expliquez-nous pourquoi le secteur est gelé.
- 1:11OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on ne parle pas que du gel d'un marché, le marché de l'immobilier ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Si vous avez un message à faire passer, vous vous adressez à qui ?
- 3:48RelanceÉludée
Vous n'y voyez pas un signal, juste, sur le fait qu'aucun ministre du logement n'ait été nommé ?
- 5:25OuverteRéponse directe
Les taux restent hauts. Ils sont amenés à baisser ces taux ou pas ?
- 5:56RelanceRéponse partielle
On n'est pas à la marge, là ? Serrez les prix, ça va débloquer la situation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéChiffre
« la hausse des taux d'intérêt, la baisse très forte des prêts immobiliers, près de 50% en deux ans »
- 0:34InvitéChiffre
« les réservations de logements neufs sont tombées à peu près 50%, les transactions dans l'ancien de 20% »
- 0:40InvitéChiffre
« il y a deux fois plus de demandes de location et 20% de moins d'offres locatives »
- 0:49InvitéChiffre
« il y a 7% de plus de demandeurs de logements sociaux »
- 2:08InvitéChiffre
« les estimations c'était entre 12 et 17% d'étudiants qui renonçaient à leur école »
- 4:17InvitéChiffre
« À peu près la moitié en deux ans »
- 4:34InvitéFait
« Le gouverneur de la Banque de France l'a dit »
- 6:53InvitéChiffre
« Le marché s'est effondré de l'ordre de 40 à 50% »
- 7:49InvitéChiffre
« on estime à peu près l'effet à minima à 150 000 emplois dans des petites entreprises de BTP »
- 11:18InvitéFait
« le rendement de l'investissement en logement aujourd'hui est bien inférieur à d'autres investissements comme l'action, l'obligation, évidemment le livret A »
- 14:37InvitéChiffre
« la moitié des logements sociaux produits dans ce pays sont produits par les promoteurs privés »
- 15:45InvitéFait
« C'est le risque »
- 21:55InvitéChiffre
« On ne se met à construire que lorsqu'on a vendu 60% des logements »
Temps de parole
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Bonjour Véronique Bédague, vous êtes à la tête du premier promoteur immobilier de France, Nexity, vous avez aussi co-présidé le CNR Logement, le Conseil National de la Refondation du Logement. Depuis près d'un an maintenant, les professionnels du secteur parlent de crise de l'immobilier. Vous vous dites que le secteur est carrément gelé, expliquez-nous.
Ce sont surtout au fond les parcours des Français qui sont gelés, puisqu'effectivement avec la crise qui est intervenue, la hausse des taux d'intérêt, la baisse très forte des prêts immobiliers, près de 50% en deux ans, les réservations de logements neufs sont tombées à peu près 50%, les transactions dans l'ancien de 20%. On voit également que dans les agences immobilières, il y a deux fois plus de demandes de location et 20% de moins d'offres locatives. On a entendu aussi la semaine dernière qu'il y a 7% de plus de demandeurs de logements sociaux. Donc effectivement, le secteur est bloqué. Tous les indicateurs sont au rouge. Tous les indicateurs sont au rouge.
Et moi, ce qui me frappe beaucoup dans ce moment-là, c'est qu'évidemment, cette crise immobilière, elle ne touche pas tous les Français. Elle touche surtout les Français qui veulent se mettre en mouvement. Et c'est ça, au fond, qui est très grave dans ce moment-là. Est-ce qu'on ne parle pas que du gel d'un marché, le marché de l'immobilier ? On parle en quelque sorte du gel de la société, c'est ça ? Ça a des conséquences très concrètes sur la vie des Français ?
Ce qui se passe de façon très concrète, c'est que les Français qui sont en mouvement, alors je vais vous donner quelques exemples, les étudiants, vous vivez à Orléans, vous voulez aller étudier à Lille, et bien vous avez du mal, certains étudiants ont renoncé, vous vous souvenez à la rentrée, à poursuivre leurs études parce qu'ils ne trouvaient pas de logement là où ils voulaient étudier. Vous habitez dans une ville, vous voulez travailler dans une autre, le marché est gelé, vous ne trouvez pas de logement. Donc ça a des incidences sur l'emploi.
Ça a des incidences évidemment sur l'emploi, ça, Patrick Martin l'a dit plusieurs fois, aujourd'hui les entreprises ont beaucoup de mal à recruter à l'endroit où elles sont, donc au fond, laisser le logement dans l'état dans lequel il est aujourd'hui, c'est contribuer au blocage de la société. Mais vous savez le chiffré, ça, par exemple le nombre d'étudiants qui renoncent à leurs études, le nombre de Français qui renoncent à un emploi parce qu'ils ne peuvent pas se loger ? Écoutez, ce qu'on a vu à la rentrée là, les estimations c'était entre 12 et 17% d'étudiants qui renonçaient à leur école, à l'école de leur rêve parce qu'ils ne trouvaient pas de logement.
Et puis je pense qu'on n'a pas de chiffres, on n'a pas de sondage aujourd'hui sur combien de Français renoncent au fond à un emploi. Mais en tout cas, ça remonte via tous les réseaux du MEDEF. Il y a des conséquences aussi sur la natalité ? Moi, ça me paraît évident, on se souvient tous quand on était jeunes. Enfin, moi, c'est un peu loin. Mais effectivement, le logement, la capacité qu'on avait à avoir plus grand était un élément absolument déterminant sur notre envie ou notre capacité d'avoir des enfants. Donc, je pense qu'effectivement, les jeunes ménages, ceux qui seraient tentés d'avoir des enfants, font partie de ceux qui mettent la France en mouvement.
Et ceux-là, évidemment, ils ont du mal à trouver un logement plus grand.
Vous faites un état des lieux désastreux, en fait, Véronique Bédac, du secteur de l'immobilier. Et pourtant, situation inédite, bientôt trois semaines après la nomination du gouvernement, toujours pas de ministre délégué au logement, comme patronne de l'un des principaux groupes immobiliers. Si vous avez un message à faire passer, vous vous adressez à qui, du coup ?
Eh bien, au fond, plutôt, aujourd'hui, dans le moment, à Gabriel Attal, un petit peu, je pense, comme tout le monde. Directement au patron, comme tout le monde dans ce pays, j'ai envie de dire. Il n'est pas le seul. Vous n'êtes pas la seule de le dire à vous adresser à lui en ce moment. Mais au fond, c'est lui qui... D'abord, c'est lui qui va faire une déclaration de politique générale demain. Donc, il va nous dire ce qu'il veut faire. Donc, c'est assez normal qu'on s'adresse à lui. Et je pense qu'effectivement, il n'y a pas de ministre du logement. Mais enfin, il y a beaucoup de ministres qui vont être nommés d'ici la fin de la semaine.
Et je pense que, plus important, au fond, que le ministre du logement, c'est bien la feuille de route que va lui donner... Mais est-ce qu'il y en a une, justement, de feuille de route ?
Vous n'y voyez pas un signal, juste, pardon, sur le fait qu'aucun ministre du logement n'ait été nommé lors du remaniement ? Ce n'est pas un signal de la part du gouvernement, de la part du public ? Non, franchement, je ne le prends pas comme ça. Je ne le prends pas comme ça.
Il faut aller au fond des causes, notamment, de cette crise. Il y a notamment, évidemment, les taux d'intérêt, ces conséquences sur les taux des crédits immobiliers qui s'envolent. Depuis plusieurs mois, on est autour de 4% aujourd'hui, souvent plus. Des taux hauts, c'est des crédits en moins. Combien de crédits en moins ? À peu près la moitié en deux ans. La moitié en deux ans. Et ça veut dire que les Français ne peuvent pas emprunter autant qu'auparavant. Ça a grévé leur pouvoir d'achat immobilier. Oui, et vous savez qu'il y a aussi beaucoup de Français dont les prêts n'ont pas été acceptés tout au long de l'année dernière. Le gouverneur de la Banque de France l'a dit.
D'ailleurs, il demande, au fond, aux banques de revoir ces refus de prêts. Moi, je pense que, malgré tout, et même si nous n'avons pas de ministre du logement, tout le secteur s'est mis en route. Vous l'avez entendu, les banques veulent reprêter. Elles veulent, mais est-ce qu'elles le font ? Oui, elles veulent reprêter. Certaines d'entre elles ont même bonifié les mesures que le gouvernement a prises en faveur du préatôt zéro. Et nous-mêmes, nous faisons du chemin. Chez Nixity, on a lancé la semaine dernière une campagne. On serre les prix autant qu'on peut.
Donc, vraiment, je pense que tout le monde, tout le secteur, essaie de se reprendre, au fond, et de redonner l'idée aux Français que c'est sans doute le moment de retourner sur le marché immobilier. Parce qu'ils y étaient, ils en ont envie. Je vous l'ai dit, tous ceux qui bougent ont envie d'immobilier. C'est aussi à nous, à faire le job, et au fond, à les accompagner.
Oui, mais les taux restent hauts. On a dit, autour de 4%, parfois plus haut. Ils sont amenés à baisser ces taux ou pas ?
Les taux restent hauts, ils ont baissé. Alors, c'est très peu, de 0,2 point depuis le mois de novembre. Mais enfin, le mouvement est quand même à la baisse. On dit qu'ils vont baisser au cours de l'année. Mais l'avantage de ce bas de cycle immobilier pour le client, je le redis, c'est que les banques, vraiment, attendent les clients. J'ai revu des opérations marketing de certaines banques. qu'elles bonifient, et nous, on accompagne de nouveau. Nous, jusqu'à fin février, on fait un effort très important sur les prix. Mais on n'est pas à la marge, là ? On n'est pas sur des...
Parce que vous nous parlez de phénomènes, on sert les prix, mais enfin, ce n'est pas en serrant les prix que vous allez débloquer cette situation très alarmante que vous nous décrivez depuis tout à l'heure. Je pense que tout le monde bouge. Je vous l'ai dit, le gouvernement, en tout cas, sur ceux qui achètent pour acheter une résidence principale, ont annoncé une augmentation du PTZ. Le prêt à taux zéro. Le prêt à taux zéro, pardonnez-moi. Ça va effectivement concerner plus de Français. Les banques se mettent à bonifier ce prêt à taux zéro. Nous, on fait un effort sur les prix, malgré tout. Et puis, n'oubliez pas que les Français... En parallèle, les prix, oui, baissent.
Les prix, oui, les prix baissent honnêtement légèrement. Et n'oubliez pas également que pendant ces années, malgré tout, les revenus des Français ont augmenté. Les salaires ont augmenté. Moins d'accession à la propriété, ça a des conséquences sur la construction de logements neufs ? Bien sûr. En quelle proportion ? Écoutez, à ce stade, on va voir les chiffres que va sortir la Fédération des promoteurs immobiliers fin février, que nous n'avons pas encore. Le marché s'est effondré de l'ordre de 40 à 50%. 40 à 50% en combien de temps ? En deux ans. En deux ans. Et donc, effectivement, ça va... Alors, c'est du commercial, c'est ce qu'on n'a pas vendu.
Donc, effectivement, ça va arriver à peu près au mois de septembre. Alors, le mois de septembre va être très compliqué pour les Français qui veulent se loger, évidemment. Mais ça va commencer à taper dur sur les entreprises de BTP. Moi, je commence à recevoir, depuis la semaine dernière, des entrepreneurs qui me disent, Véronique, vraiment, il faut que tu nous passes des commandes. On n'a plus rien dans nos cartiers. Mais alors, pourquoi ça bloque ? C'est de la part des maires qui bloquent les permis de construire ? Ça, je pense que c'est le problème de l'offre. Notre sujet, c'est vraiment la demande.
L'arrêt ou le grand ralentissement des prêts immobiliers l'année dernière fait que les Français n'ont pas pu acheter. Juste, quand vous dites que ça va taper dur sur le BTP, vous craignez, de là où vous êtes, des conséquences sur l'emploi dans le BTP ? On l'a toujours dit. Et on estime à peu près l'effet à minima à 150 000 emplois dans des petites entreprises de BTP. Des faillites, donc ? Des faillites, oui, probablement. On commence à en avoir un peu plus. Et puis, des entreprises qui vont être obligées aussi de licencier. Vraiment, la loi de l'immobilier, c'est une loi des reins. Ça commence par les promoteurs. Nous, vraiment, je pense qu'on est au creux de la vague.
Et puis, ça se déploie sur le BTP. D'ailleurs, on a vu aussi des professions beaucoup souffrir, auxquelles on ne pensait pas forcément. Les notaires, évidemment, les agences immobilières. Donc, les secteurs immobiliers, effectivement, souffrent dans son ensemble. Mais ce bas, c'est un secteur de guerriers. Véronique Bédag, PDG de Nexity, vous restez avec nous. On vous retrouve juste après le fil d'info. Il est 8h42, Sophie Echêne. La mobilisation du monde agricole se poursuit. Encore plusieurs actions partout en France aujourd'hui, notamment en Ile-de-France, avec l'objectif d'assiéger Paris. 8 points de blocage prévus aujourd'hui sur les grands axes autoroutiers qui mènent à la capitale.
On va s'en tenir à ces points de blocage. On n'a pas l'intention de rentrer dans Paris. Assurez ce matin sur France Info la section régionale des jeunes agriculteurs. À la colère des agriculteurs s'ajoute celle des taxis. Les chauffeurs réclament le retrait de la convention entre leur profession et la CNAM, la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie, sur le transport sanitaire et des actions et opérations escargots partout en France, à Bordeaux, Marseille, Nice, Toulouse aussi, pour tenter de bloquer l'aéroport de Blagnac.
Des milliers d'Israéliens ont manifesté hier soir à Jérusalem pour réclamer la réinstallation de colonies dans la bande de Gaza et expulser les Palestiniens de l'enclave, la seule issue, disent-ils, pour assurer la sécurité de l'État hébreu. Et puis, il y a un quatrième titre européen pour les handballeurs français. Les Bleus ont battu le Danemark hier en finale de l'Euro au terme des prolongations, 33 à 31.
Et on parlait avec Véronique Bédag, PDG de Nexity,
de la construction de logements neufs avant le fil Info. Pour construire, ça va de soi, il faut des terrains. Or, les maires disent qu'ils ne donnent pas de permis de construire à cause de la loi zéro artificialisation nette qui réduit les périmètres de construction. Est-ce qu'ils ont raison d'alerter sur ce sujet, selon vous ? Écoutez, moi, je prends la loi zéro artificialisation nette comme une donnée. Je pense qu'il faut effectivement travailler. Vous savez, vous connaissez mes convictions dans ce domaine. Ça signifie simplement qu'il va falloir construire davantage la ville sur la ville. Il va falloir densifier la ville. Plus haut, plus dense ?
Plus haut, alors quand on pense plus haut, on pense toujours 40 étages. On parle de passer de 3 étages à 5. Enfin, c'est à peu près l'ordre de grandeur. Densifier, retravailler aussi l'existant. Travailler les friches urbaines, réhabiliter. Donc, ce sont des métiers très différents. Moi, je dois dire que lorsqu'on est en réhabilitation, on a plutôt le soutien des maires en général. Mais y compris donc dans des villes de taille moyenne ou des petites villes à construire plus haut ? Ça dépend des besoins de logement qu'il y a dans la ville. On ne construit pas plus haut pour construire plus haut. On construit plus haut quand il y a plus de demandes de logements.
Véronique Bédague, ceux qui ne peuvent pas acheter doivent donc louer. Sauf que les loyers, eux aussi, ont augmenté avec la crise. Une trentaine de villes aujourd'hui ont mis en place l'encadrement des loyers. Est-ce qu'il faut le généraliser sur tout le territoire ?
Je pense qu'aujourd'hui, la question de l'approvisionnement au fond du marché en biens locatifs, c'est d'abord l'approvisionnement en neuf qui est vraiment très réduit aujourd'hui puisque, moi je l'ai dit plusieurs fois, le rendement de l'investissement en logement aujourd'hui est bien inférieur à d'autres investissements comme l'action, l'obligation, évidemment le livret A. Donc, il y a un vrai travail à faire aujourd'hui sur le rendement de l'investissement locatif. Je vous rappelle qu'il y a une commission parlementaire à l'Assemblée nationale qui a été chargée par la Première Ministre de faire des propositions. Mais vous avez entendu ce qu'on dit depuis des années.
On dit que finalement, le secteur du logement a été très favorisé par des politiques fiscales, notamment pour amener des logements vers le marché de l'allocation et que tout ça n'a pas forcément porté ses fruits. Oui, mais c'est une façon très, comment dirais-je, partielle de regarder le sujet. Pourquoi est-ce qu'il y a de l'encouragement fiscal à l'investissement en logement ? Parce que le logement est extrêmement fiscalisé. Au fond, on redonne timidement d'une main ce qu'on a pris vraiment très fortement d'une autre. Rappelez-vous, l'investissement immobilier, c'est évidemment taxé à l'IR. Vous avez également une taxe foncière, une taxe locale.
Je ne connais aucun autre investissement dans ce pays qui est une taxe locale, une taxe locale qui augmente. On a enlevé la taxe d'habitation. Mais la taxe d'habitation, ça ne porte pas sur les propriétaires, je le rappelle. C'est vraiment la taxe foncière qui porte sur les propriétaires et sur la rentabilité de l'investissement en immobilier. Et vous avez également l'IFI. Enfin, vraiment. Sur la fortune immobilière.
Donc, en fait, quand Emmanuel Macron dit qu'on a dépensé un pognon dingue pour le logement et qu'en fait, on n'a pas vu... On a aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup prélevé.
Donc, pour vous, ce serait un faux procès, en fait, de dire, voilà, tous ces dispositifs, chaque ministre... Moi, je pense qu'il faut... Son dispositif fiscal. Moi, je pense qu'il faut revenir au sujet central qui est le rendement de l'investissement en logement. Il y a beaucoup de façons de le faire bouger, mais la fiscalité...
Donc, c'était clairement une erreur, en fait, d'enlever le dispositif Pinel, par exemple.
Je pense que là, honnêtement, c'est vraiment complètement pro-cyclique. Aujourd'hui, c'est l'investissement en immobilier qui s'effondre le plus dans l'oeuf. Ça, c'est 50% de moins. Et c'est 50% de moins de logements qui vont arriver sur le marché de la location. Marché de la location, qui, vous le savez, est saturé. Mais si on vous écoute bien, Véronique Bédac, donc... Pro-cyclique. Donc, l'encadrement des loyers, pour vous, c'est de nature à limiter la rentabilité des investissements locatifs. Donc, il ne faut pas l'étendre. Ça, je ne sais pas. Je pense que, de nouveau, le rendement, ça, ce sont des choix publics. Moi, je pense qu'il faut accepter de regarder. C'est le rendement.
Évidemment, le loyer en fait partie. La façon dont il évolue en fait partie. Mais moi, je pense qu'il faut vraiment faire deux pas en arrière et regarder le rendement de l'investissement en logement de façon globale.
Parce que, parmi ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent, ils doivent se dire, mais elles, elles ne pensent qu'aux propriétaires. Elles ne pensent pas aux locataires qui n'ont pas les moyens de se loger, qui voient les loyers.
Non, mais moi, je pense aussi aux locataires, Sahlia, s'il n'y a plus d'investissement de particuliers ou d'institutionnels privés en logement, il n'y aura juste plus de marché de la location.
Il y a le logement social aussi. 2,6 millions de Français sont toujours en attente d'un logement social. L'année dernière, on a construit 85 000 logements. C'est insuffisant ?
Bien sûr, ça l'est, oui, évidemment.
Et qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors, comment on rattrape le retard ?
Eh bien, vous le savez, la moitié des logements sociaux produits dans ce pays sont produits par les promoteurs privés. C'est-à-dire que nous, quand on fait une opération, on nous demande de produire une partie en social, ce qui est normal, ce qui est accepté par tout le monde et ce qui vraiment crée de la mixité sociale. Comme nous, on se replie, par définition, le logement social se replie aussi.
Mais il y a une loi, la loi SRU, qui impose aux communes de construire 20-25% de HLM. Il y a des villes, clairement, qui ne jouent pas le jeu, qui préfèrent payer des amendes.
Elles sont quand même assez minoritaires, je pense.
Mais pour ces villes-là, est-ce qu'il faut aller plus loin, mettre davantage de pression ?
Je pense que dans certaines villes, la pression a été mise parce que je pense que le préfet a repris la délivrance de permis dans certaines villes. La question, c'est plutôt de produire du logement. Non, si vous produisiez du logement, si les promoteurs se remettent à produire du logement, on reproduit effectivement du logement social. Véronique Bédaïque, on parle beaucoup, beaucoup des normes dans le conflit actuel des agriculteurs. Il y a des normes aussi dans l'immobilier. D'ici 5 ans, 5 millions de passoires thermiques doivent être progressivement retirées du marché. Est-ce qu'on va y arriver sans accentuer la crise du logement ? C'est le risque. Je dis depuis le début, c'est le risque.
Je pense que la loi climat et résilience, qui a évidemment sa logique, qui est très forte, a été votée sans que je pense qu'on mesure complètement à l'époque la part des passoires thermiques. Donc là, vous parlez un peu comme les agriculteurs qui sont à votre place de temps en temps ici. Et quelques fois, comment vous dire ? Qui nous disent, ça va trop vite. La transition énergétique, c'est bien. La transition écologique, c'est bien, mais pas trop vite. Malheureusement, le temps nous est compté. Donc, je ne dirais pas, moi, je ne dirais pas trop vite. Je dirais simplement que, quelquefois, les lois se succèdent, sans forcément qu'on ait une vraie étude d'impact.
Donc, on se fise des objectifs ambitieux, puis on se rend compte après que, quand même, l'ampleur du chemin à parcourir est très élevée. Et surtout, et je pense que ce que disent les agriculteurs, et qu'on pourrait dire aussi, c'est, au fond, la multiplication des normes, qui renchérissent, quand même, très fortement la question du logement, et qui, à la fois, arrive sur nous, comme je pense, arrive sur les agriculteurs, sous forme d'injonctions parfaitement contradictoires.
Oui, mais alors là, pardon, Véronique Bédague, là, vous demandez quoi ce matin ? Gabriel Attal va s'exprimer demain sur la question du logement, par exemple, avec ces normes qui s'accumulent, et puis ce calendrier sur les passoires thermiques qui s'appliquent. Interdiction des logements classés G en 2025. Il faut revoir ce calendrier ?
Écoutez, ça, je pense que c'est une décision du gouvernement. Je pense qu'il faut que les choses soient supportables, au fond, par le marché du logement.
Vous êtes professionnelle du logement, vous avez une vision globale, on l'a dit, vous avez co-présidé le CNR Logement. Vous proposez quoi, vous, là-dessus ? Sur quoi ? Sur le calendrier, il faut le revoir ou pas ?
Sur le calendrier, il faut mesurer la capacité à faire. Moi, je ne suis pas le gouvernement. Je pense qu'il faut que les choses soient gérables dans le temps par les acteurs qui sont, au fond, ceux qui font en vrai sur le terrain. Donc moi, je ne sais pas s'il faut ou pas, au fond, repousser. Il faut mesurer l'effet que va avoir l'application stricte de cette loi sur le marché de la location dont on s'est dit qu'il était bloqué. Il ne faut pas en rajouter. Et moi, je pense, je vous rappelle, que la politique du logement, ça n'est jamais traité un tout petit bout d'un sujet, c'est vraiment traiter le logement dans sa globalité. C'est ce qui a manqué jusqu'à présent.
Pour l'instant, si vous voulez, comme on a le logement et la résilience, comme on produit très peu de logements neufs et qu'on en produit encore moins pour la location, c'est la somme de tout ça qui rend la chose impossible. Véronique Bédac, PDG de Nexity, vous êtes avec nous jusqu'à 9h. On laisse passer le fil info. On vous retrouve juste après 8h51, Sophie Echêne. 15 000 policiers et gendarmes sont déployés en France aujourd'hui pour empêcher les tracteurs de pénétrer dans Paris et les grandes villes. Alors que les agriculteurs continuent leur mobilisation, Gérald Darmanin demande aux forces de l'ordre de faire preuve de modération.
Elles ne devront pas intervenir sur les points de blocage, mais les sécuriser. La création du délit d'homicide routier sera débattue par les députés à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, le texte vise à inciter les juges à plus prendre en compte les circonstances aggravantes lors d'un accident mortel sur la route, comme la consommation de drogue, d'alcool, les excès de vitesse ou aussi l'usage du téléphone au volant. La peine maximale, elle resterait à 7 ans de prison. Une réunion constructive hier à Paris, selon le bureau du Premier ministre israélien. Réunion avec des responsables américains, égyptiens, qataris et israéliens sur un cessez-le-feu à Gaza.
Les combats se poursuivent notamment à Ragnones, dans le sud de l'enclave. L'action d'Evergrande chute de 20% en bourse après l'annonce de la mise en liquidation du géant immobilier chinois par un tribunal de Hong Kong. Une décision regrettable, estime ce matin un haut responsable du groupe. France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia Toujours avec Véronique Bédague, la PDG de Nexity. 330 000 personnes sont sans-abri dans notre pays, dont 3 000 enfants, plus de 3 millions de logements vacants en France. C'est ce qu'on a appris dans une étude de l'INSEE, un chiffre en augmentation dans presque tous les départements. Des sénateurs communistes proposent aujourd'hui de permettre aux maires de réquisitionner les logements vacants. Justement, est-ce que c'est une bonne solution ?
Je pense que c'est quand même compliqué de laisser des maires réquisitionner des logements. Dans cette étude, on voit malgré tout que la vacance augmente dans des territoires en déprise, c'est-à-dire la grande diagonale du vide. Je ne sais pas si ce n'est pas plutôt de l'aménagement de territoire qu'il faudrait parler, parce que peut-être qu'on a intérêt, mais cette politique pour l'instant n'est pas là, à réinciter les Français à aller s'installer dans ces zones-là. Parce que là, il y a des logements vacants qu'on pourrait éventuellement rénover.
Oui, mais juste sur ces deux chiffres qui s'entrechoquent, 330 000 sans-abri, 3 millions de logements vacants, on ne peut rien faire ? Oui, mais où sont-ils ?
D'abord, où sont-ils ? Est-ce qu'au fond, les sans-abri ont envie d'aller dans ces zones-là ? Je ne suis pas complètement sûre. Il me semble que plusieurs fois, on a tenté de le faire. Et puis, ils sont revenus, malgré tout, dans les métropoles, parce que c'est là qu'il y a du travail à la fin. Et puis, d'autre part, il faut connaître la réalité de ces vacances. S'il y a plus de travaux, il y a plus de vacances. C'est-à-dire que si, évidemment, la loi climat et résilience entraîne des travaux, ce qui est quand même, je pense, le cas, pendant les travaux, les logements sont quand même vacants. Donc, je pense qu'il faut quand même faire le tri, je pense.
Véronique Bédac, dans l'actualité de cette nuit, on en parlait d'ailleurs à l'instant dans le fil d'info, le géant immobilier chinois Evergrande, qui vient d'être placé en liquidation par un tribunal de Hong Kong. Les chiffres sont absolument astronomiques. On rappelle une dette de 300 milliards de dollars. C'est un symbole de la crise immobilière en Chine. Est-ce que c'est susceptible d'avoir des répercussions ailleurs dans le monde et jusqu'ici, chez nous, en France ? Écoutez, nous, l'avantage de notre pays, c'est qu'on a un modèle qui est assez unique, qui est la vente en l'état futur d'achèvement.
C'est-à-dire que, d'une part, nous ne nous mettons à construire que lorsque les logements sont achetés, en bonne partie. Aujourd'hui, nous, c'est à peu près 60%. On ne se met à construire que lorsqu'on a vendu 60% des logements, d'une part. Et d'autre part, le paiement intervient tout au long de la construction des chantiers. Ce qui est très différent. Evergrande, on a vu des images de villes et de tours entières complètement villes. C'est un modèle de risque fou. Ma question, en fait, elle était un peu plus large. Ce n'est pas seulement sur l'immobilier, mais plus largement sur l'économie.
Quand on a des chiffres comme ceux-là et qu'on fait de l'immobilier, évidemment, vous nous l'avez bien dit, il y a une chaîne, il y a une répercussion sur l'ensemble de l'économie et de la société. C'est susceptible, ça, de provoquer un krach plus large ? Au immobilier plus large ? Je pense vraiment que, pour le coup, les métriques sont très différentes.
Véronique Bédac, vous le savez, un peu partout en France, des maires partent en croisade contre les locations saisonnières du type Airbnb. Est-ce qu'il faut les interdire dans certains quartiers, voire dans certaines villes, comme on a pu le voir en Italie, par exemple, ou même instaurer des quotas ?
Écoute, écoutez, moi, je pense qu'il faudrait déjà respecter la réglementation et limiter, au fond, ces locations dans le temps. Mais, de nouveau, ça renvoie, je pense, à un sujet beaucoup plus large, qui est le rendement de l'investissement en logement. Aujourd'hui, le fait qu'en Airbnb, vous ayez moins de risques et que la fiscalité soit plus favorable conduit assez naturellement un certain nombre de nos concitoyens a préféré louer en Airbnb plutôt qu'à des familles.
Donc, il faut toucher à la fiscalité qui est plus avantageuse pour les locations saisonnières ?
Je pense qu'il faut trouver une fiscalité qui soit avantageuse, en général, pour l'investissement en immobilier, mais qui ne favorise pas forcément l'investissement touristique. Il n'y a pas de raison. N'oublions pas aussi, parce que, malgré tout, il y a des touristes dans les Airbnb et qu'ils font travailler les économies locales. Donc, je pense qu'il faut, de nouveau, éviter des solutions extrêmement tranchées. Véronique Bédac, ça fait maintenant une demi-heure qu'on évoque avec vous toutes les difficultés en chaîne qu'entraîne pour les Français cette crise du logement. Il y a eu donc ce Conseil national de la Raffondation consacré au logement dont vous étiez la coprésidente.
Il n'a servi à rien ? En tout cas, il a été déceptif pour nous. Je pense que, malgré tout, il y a eu des engagements pris par la Première ministre qui ont été mis en œuvre. Il y a tout ce qui a été fait sur le logement intermédiaire, sur le PTZ, et ça, je pense que ça aide réellement une partie des Français à réaccéder à la propriété. Après, je pense qu'il y avait, à ce moment-là, un sujet qui n'a pas été traité, au fond, qui est vraiment le sujet du diagnostic. Il me semble qu'une partie du gouvernement, l'année dernière, pensait qu'au fond, il n'y avait pas besoin de tant de logements de plus. Mais ça intéresse vraiment Emmanuel Macron, le logement ?
Écoutez, je n'en sais rien, je ne le croise pas, je ne peux pas vous le dire. Non, mais quand on fait mal le diagnostic, on ne peut pas donner de solution ? Voilà, donc je pense qu'il faut vraiment qu'on se remette autour de la table et accepter, au fond, qu'il y ait des besoins de logement dans ce pays, qu'il y ait des gens mal logés, et que ça, ça a un impact qui est vraiment très important pour le mouvement de ce pays, dont j'ai compris, que le Président de la République voulait encourager. Donc on verra ça demain, notamment avec le discours de politique générale de Gabriel Attal, le Premier ministre. Merci beaucoup. Merci beaucoup à vous.
Néonique Bédac, PDG de Nexity, était l'invité du 8.30 France Info.