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Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 20 mars 2026 27 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleJustice

Féminicides : pourquoi toujours plus de femmes tuées ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:01OuverteRéponse directe

    Que vous inspire le travail de vos collègues policiers et ces accueils de jour ?

  • 14:01OuverteRéponse directe

    Le Grenelle des violences conjugales a-t-il été une bascule juridique et médiatique ?

  • 17:01OuverteRéponse directe

    Quelle prise en charge pour les enfants après un féminicide ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Chiffre
    « Une femme meurt tous les 3 jours en France de ses féminicides. »
  • 8:00lieutenant colonel Clémentine BorFait
    « C'est une réalité pour nos gendarmes que quotidiennement il traitent de manière prioritaire les violences intrafamiliales. »
  • 11:00lieutenant colonel Clémentine BorFait
    « On a la capacité nous de se déplacer, on peut aller au domicile des victimes. »
  • 14:00Laurence RossignolChiffre
    « 270000 plaintes enregistrées l'an passé pour violence conjugale. »
  • 17:00Laurence RossignolFait
    « Les féminicides ont lieu souvent quand les femmes quittent les hommes. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Bonjour à tous et merci de nous rejoindre dans droit de suite au cœur d'un grand sujet de société, la lutte contre les violences conjugales. Nous sommes ici à la Maison des femmes à Saint-Denis qui depuis 10 ans accueillent ces femmes victimes de violence mais aussi une permanence policière qui leur permet de déposer plainte. Comment la loi justement tente de les protéger des coups de leur conjoints ?

Comment expliquer que les textes finalement ne suffisent pas à éviter le pire. Une femme meurt tous les 3 jours en France de ses féminicides. Nous allons commencer ce droit de suite à Valencienne où Flora Sauvage a rencontré une brigade de police en charge de la lutte contre ses violences.

Je vous appelle suite à un message reçu de la part de votre ex-conjointe. Est-ce que vous pourriez me rappeler sur ce numéro ? À Denin dans le nord, les six policiers de la brigade des violences conjugales croulent sous les dossiers avec [musique] sep plainte par jour en moyenne.

Ça c'est les dossiers qui sont dernièrement arrivés que je vais affecter aux membres du groupe. Bah là c'est les dossiers de Mélisom. On est à peu près allé entre 70 80 dossiers par personne.

Il y a un risque de féminicide derrière chaque dossier. Passer à côté d'un potentiel féminicide, c'est la antise de ces policiers. On essaie de prioriser mais on on peut prioriser un dossier où une dame a été très très violentée avec les séquels quand même assez assez marquant sur sa personne.

On va dire regarde tu as vu comment elle a été arrangé il faut faire ça urgement parce que la prochaine fois il va la tuer. Puis en fait sur le féminicide, ça sera peut-être la femme qui a qui a certainement été une fois bousculé ou qui a dit "Ouais, tu vas voir ce qui va t'arriver, tu as jamais subi de violence en amont et que malheureusement voilà ça sera féminicine." Ce jour-là, après la plainte d'une femme contre son ex-mari, les policiers vont mener une enquête de voisinage.

Vous avez déjà assisté à des scènes de violence ou quelque chose entre elle et son conjoint ? Alors, qu'est-ce qu'il y a eu ? En fait, une fois son conjoint est venu complètement courir un soir.

Oui. Sa plus grande, elle est directement venue toquer chez moi en me disant qu'en gros, ben sa mère, elle était en sang dans le couloir. Le père était auudess en train de la frapper.

Ouais. Et c'est vrai que je l'ai vu actuellement, elle a l'arcade là ici fissuré là. Elle a une cicatrice et tout et ça c'est vrai que je l'ai vu.

Retour au commissariat. Après avoir entendu les enfants, les enquêteurs convoquent la mère de famille pour corroborer les faits. Je lui demande si elle a déjà assisté à des scènes de violence entre vous.

Elle me dit "Papa buvait, prenez de la drogue." Du coup, il était méchant avec maman. Elle me dit aussi un jour papa avait bu.

Il a claqué la tête de maman contre une fenêtre. Il lui a claqué le téléphone dans la tête. Elle a eu l'arcade ouverte.

Elle dit "Maman, elle avait porté plainte et depuis ce temps-là, ils sont séparés mais depuis ce jour-là, il revient et il frappe toujours maman pour avoir l'argent." Voilà. Donc ça c'est les déclarations de vos enfants.

Donc nous au moins on a la certitude maintenant on va faire bouger les choses. D'accord. Donc là j'attends compte-rendu de la psychologue que vous verrez jeudi et dès que j'ai ces compte-rendus là je clôture la procédure et je vais la transférer au gendarme de Bouchin en leur demandant de procéder à l'interpellation et à son placement en garde à vue pour l'audition.

Pour cette mère de 5 enfants, la démarche de déposer plainte contre son ex-conjoint n'a pas été facile. Ma plus grande, quand il a levé la main dessus, j'ai dit stop. Voilà, c'est surtout ça qui m'a fait venir ici.

Et encore quand je suis venue, j'ai pas tout dit he, j'ai juste dit pour moi parce que je voulais pas mêer mes enfants en fait. De base, elle ne m'avait pas dit que monsieur s'en était pris à sa fille parce qu'elle avait honte. Elle dit déjà moi je me fais frapper.

Et en fait l'élément déclencheur ça a été le fait que monsieur lève la main sur sa propre fille et que là madame elle dit stop. Si la parole se libère la honte empêche encore beaucoup de victimes de parler. À Valencienne, un nouveau lieu vient tout juste d'ouvrir pour leur venir en aide.

Cette femme vient de pousser la porte de l'accueil de jour. Elle raconte son calvaire. En fait, il m'a pas montré son vrai visage tout de suite.

En parole, c'est tout. dénigration euh et c'est des paroles très méchantes. Je veux pas te frapper, je vais te voir souffrir.

Je veux que tu crèves. [rires] Mais ça fait longtemps, ça fait longtemps que je dis faut que je parte, faut que je parte. La difficulté pour les victimes, c'est déjà de trouver le bon lieu qui va les accueillir, qui va les écouter.

Bien souvent, elles vont par exemple dans un guichet où il y a des personnels administratifs de la CAF ou du département, elles vont expliquer leur parcours, on va les envoyer vers une autre association, elles vont réexpliquer leur parcours, on va les renvoyer encore vers une autre association. Là, le but justement de cet accueil, c'est d'arriver, d'expliquer le parcours et d'être [musique] tout de suite prise en charge. Un lieu unique pour une prise en charge globale des victimes.

Aide [musique] juridique, psychologique, hébergement d'urgence sont proposés. Dans le Valencienois, [musique] on compte 1900 plaintes pour violence conjugale en moyenne par an. Dans 80 % des cas, les victimes sont des femmes.

Elle nous rejoint dans ce droit de suite, le lieutenant colonel Clémentine Bor. Bonjour. Bonjour madame.

Vous êtes madame référence nationale de la gendarmerie dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Que vous inspire d'abord ce que nous venons de voir, le travail de vos collègues policiers, ces accueils de jour, ces dossiers qui n'en finissent pas finalement qui est leur quotidien. C'est une réalité pour nos gendarmes que quotidiennement il traitent de manière prioritaire les violences intrafamiliales.

C'est un fait, c'est ça. C'est un fait, c'est tacté et c'est à la fois une obligation de recueillir les plaintes, une obligation de mener les enquêtes avec célérité et une obligation d'intervenir systématiquement en cas de suspicion de violence intrafamiliale. Vous appuyez sur un réseau de brigade, sur des réseaux de protection des familles.

Vous avez une maison de protection des familles par département. Aujourd'hui, on peut considérer que l'ensemble du territoire justement est couvert et peut protéger les femmes qui qui habitent. La force de la gendarmerie, c'est d'être présente sur 96 % du territoire et effectivement vous parlez de nos 100 maisons de protection des familles qui ont à la fois un rôle de prévention.

Ces maisons de protection des familles vont aller dispenser des formations et des sensibilisations auprès des publics, notamment des publics scolaires pour les sensibiliser à toutes les formes de violence et à la fois appuyer les unités, les brigades en matière d'audition quand les auditions sont les plus complexes, notamment les auditions de mineurs victimes, quand il y a beaucoup de mineurs à entendre sur un même dossier, on va pouvoir mobiliser des enquêteurs spécialisés de nos maisons de protection des familles. Est-ce que vous protégez aujourd'hui ? Est-ce que vous pouvez nous le dire ?

Vous protéger chaque jour davantage de femmes victimes. L'année dernière, on a on a eu 196000 fait de de violence dossiers de violence intrafamiliale à traiter pour la gendarmerie. Tout à fait.

On ajoute ces ce chiffre là à ceux de la police. À ceux de la police. Mais mais c'est ça veut surtout dire que c'est en augmentation.

Ça c'est une réalité et ça veut surtout dire que il y a une libération de la parole. Notre objectif c'est de montrer que ces femmes victimes peuvent faire confiance à nos enquêteurs. Nos gendarmes sont bien formés, très bien formé.

Ils travaillent en réseau avec un certain nombre de partenaires à partenaires associatifs, les partenaires des travailleurs sociaux. Nous avons des intervenants sociaux en gendarmerie également et tous ces partenaires sont en mesure de proposer un accompagnement global pour ces femmes victimes de violence intramiliale. Des chiffres tragiques, je les rappelais en préambule, une femme qui continue de mourir tous les 3 jours sous les cou de son conjoint ou de son ex-conjoint face à cette réalité, quelles évolutions vous appelez de vos colonel pour la gendarmerie ?

Ce qui est important de dire, c'est qu'il faut continuer, il faut continuer à à porter plainte. qu'il faut continuer à oser. Nous aussi, on fait un on fait cet effort de rendre accessible la prise de plainte à toutes les femmes.

Notamment on a la capacité nous de se déplacer, on peut aller au domicile des victimes. Ça ça a changé. les les plaintes hors les murs ont changé beaucoup de choses et puis comme dans cette maison des femmes aussi à Saint comme dans cette maison des femmes à Saint-Denis pour la pour la police nationale effectivement et le fait que nous travaillons davantage en réseau avec nos partenaires, ça nous permet d'aller recueillir des plaintes à l'hôpital, ça nous permet de recueillir des plaintes dans des mairies s'il est nécessaire, nous venons prendre les plaintes en civil, en tenue civile.

Si un danger particulier, on peut évaluer, on peut faire du cas par cas. Merci colonel. Merci euh pour ce travail mise en lumière du côté de la gendarmerie, euh il est important euh que nous regardions ensemble où en est justement cet arsenal juridique qui n'a cessé d'évoluer euh face aux violences conjugales depuis le Grenel qui a été consacré à ce sujet notamment.

Regardez une hausse inquiétante. Si la législation s'est considérablement enrichi ces dernières années, 167 féminicides ont été recensés en France en 2025. Un chiffre en nette augmentation.

C'était la grande cause du quinquena et on a bien vu que c'était pas suffisant pour faire baisser les chiffres. Donc il faut continuer à sensibiliser encore, encore et encore. Après l'onde de choc de l'affaire Weinstein en 2017 et l'apparition du mouvement Mou, le gouvernement organise à l'automne 2019 le premier grenel contre les violences conjugales.

Pour lutter contre les féminicides, le législateur crée le bracelet antraapprochement, le téléphone grave danger et renforce l'ordonnance de protection pour mettre les victimes à l'abri. Nous inscrirons aussi dans le code civil et dans le code pénal la notion d'emprise. L'emprise conjugale, c'est la prise de possession d'un membre du couple par l'autre.

Une prise de possession qui s'installe de manière progressive et implacable. Autre avancée récente, la reconnaissance par la jurisprudence du contrôle coercitif qui se définit par une relation de domination d'un homme sur sa compagne réglementant par la peur chaque moment de sa vie quotidienne. Il y a quand même une grosse évolution.

Il y a une certaine époque on parlait d'emprise. Là, on parle de contrôle coercitif. C'est-à-dire que par exemple euh un conjoint qui va prendre le téléphone portable euh pour vérifier ce qu'elle fait ou qui questionne sur tu vas où, avec qui, pourquoi tu reviens à quelle heure, ça s'appelle du contrôle coercitif et ça c'est pris en compte maintenant dans les violences conjugales.

Si depuis mitou des avancées ont été obtenues, elle reste encore fragile. Une pétition pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles affranchit le cap des 100000 signatures car il manque en France une politique publique cohérente doté de moyens conséquents. L'Espagne consacre 16 € par habitant à la lutte contre les violences faites aux femmes contre 5 € en France et a réduit drastiquement le nombre de féminicides.

Et au cœur de la maison des femmes à Saint-Denis qui depuis 10 ans recueill parole de ces femmes victimes de violence assure aussi une permanence policière pour leur permettre de porter plainte. J'accueille une femme dont c'est un combat depuis des années maintenant, la sénatrice du Val de Marne, Laurence Rossignol. Bonjour Laurence Rossignol, vous êtes présidente de l'Assemblée des femmes et vous avez porté ces sujets comme ministre des familles et des droits des femmes aussi pendant de longs mois.

Est-ce que vous diriez clairement d'abord que le grenel des violences conjugales a été une bascule, une charnière pas seulement médiatique mais aussi dans la prise de conscience juridique de ce de ce sujet ? Le Grenel, c'est le moment où le premier ministre obtient la mobilisation de tous les ministères. Et c'est vrai que c'est un moment de bascule, les choses ont changé.

J'ai quelques souvenirs. Par exemple, quand il y a 10 ans euh on se battait contre la manière dont était raconté les féminicides dans la presse. Voilà, c'était des gros titres.

Euh le steak était pas assez cuit, il l'a tue et il y avait toujours une responsabilité de la victime dans la manière dont c'était raconté. Donc rien qu'imposer le mot féminicide, ça a été une bataille euh d'opinion, une bataille effectivement gouvernementale ensuite. Donc oui, ça a changé une parole qui se libère.

Euh 270000 plaintes enregistrées l'an passé pour violence conjugale. Est-ce que vous diriez clairement que sur ce point-là, le bilan est positif ? Laurence signol.

Oui, le bilan est positif parce que euh d'abord on pense qu'il y a plus de femmes qui osent euh parler, porter plainte. le fait d'en avoir d'en parler beaucoup, le fait que ça fasse la une du journal de 20h. Avant, c'était dans les faits d'hiver, dans les pages de la presse quotidienne régionale.

Euh ça permet à des femmes de se déculpabiliser. Après, il y a une question quand même. Est-ce que les violences augmentent ou est-ce que simplement les faits signalés augmentent ?

C'est ça. Je sais pas. On n pas la réponse aujourd'hui.

Moi, je l'ai pas. Moi, je trouve qu'il y a quand même des des mauvais indicateurs de la société qui me font penser qu'il est pas exclu que ce soit pas simplement une augmentation d'effets signalés. Sur le passage à l'acte, c'est difficile aujourd'hui encore qu'on soit policier ou gendarme de savoir quel homme va frapper, à quel moment ça peut basculer.

Sur ce travail, sur cette indication des signaux faibles, vous avez aussi beaucoup à à nous apporter Laurence Rossign. En fait déjà il y a une donnée, c'est que les féminicides ont lieu souvent quand les femmes quittent les hommes. Elles parfois elles n'ont jamais porté plainte auparavant.

Parfois les violences étaient principalement psychologiques, coercitive et c'est au moment où ell disent je m'en vais qu' là il y a un instinct de propriétaire qui se met en place et le propriétaire tue sa femme plutôt que de la voir partir. Alors les signaux faibles, on a beaucoup progressé là-dessus aussi hein. Par exemple le contrôle coercitif.

Voilà, on peut dire par exemple que quand un homme ferme à clé le frigidaire, ça annonce des violences physiques, même si n'ont pas encore eu lieu. Il y a toute une série comme ça de de signaux, les mots, les violences verbales qui devraient être mieux prise en compte. Mais il faut il faut changer la loi dans certains cas.

Aujourd'hui, clairement, en terme de de moyens, on est en dessa de ce qu'il faudrait aujourd'hui pour que la loi euh qui existe soit suffisamment bien appliquée. On est en en en manque de moyens depuis le début jusqu'à la fin de la chaîne. On est en manque de moyens euh dans les moyens d'enquête de police, gendarmerie.

On est en manque de moyens dans les tribunaux bien entendu. On est en manque de moyen dans l'hébergement d'urgence des femmes victimes de violence. Donc le manque de moyens, il est pas temps.

Premier investissement à faire c'est la formation parce que avec des magistrats formés, on met des femmes à l'abri. Donc la formation des magistrats, formation des policiers, la formation des gendarmes et puis et l'hébergement d'urgence. Voilà.

Puis après, il faut renforcer toute une série de protections euh sur le la l'anonymat, enfin pas l'anonymat mais le la tenir secret euh les l'école où les enfants sont scolarisés, par exemple. H c'est pas le cas. Le père a l'autorité parentale, donc il a le droit de savoir où les enfants vont à l'école.

Donc c'est tellement simple de retrouver la mère en pistant les enfants à la sortie de l'école. Améliorer aussi la réaction la réactivité des professionnels de la sécurité, gendarme policiers quand violence est avérée. Ça on manque encore de de rapidité d'exécution si j'ose dire.

Je pense qu'on a un très gros sujet, si je peux l'aborder maintenant, on a un très gros sujet sur lesquels on n'est pas encore vraiment mobilisé, c'est la question des suicides postcèlement. C'està-dire qu' en actuellement le ministre de l'intérieur a identifié 700 tentatives de suicide et suicide qui serait lié à un harcèlement précédent la tentative de suicide ou le suicide. Il faut traiter ces femmes-là comme des femmes mises en danger déjà.

Et je pense que là, on a un véritable angle mort parce que si on ajoute au chiffres que l'on a sur les féminicides, les suicides qui sont dus au harcèlement euh conjugal et aux violences conjugales, on est à beaucoup plus que 110 féminicides par an. Il y a une déception encore sur le fait qu'il n'existe pas encore de grande loi cadre sur ce sujet-là. En tout cas, en cette fin de quinquena d'Emmanuel Macron, c'est un combat que vous soutenez encore.

On a très mal légiféré parce qu'on a beaucoup légiféré par proposition, par petit bout. Alors, on met une disposition là. C'est pas bon pour les magistrats.

Ça rend les codes le code le code pénal ou le code civil pas facilement lisible. euh on voit pas quelle est la globalité euh de la prise en charge et il y a depuis euh bientôt 1 an plus de 50 associations euh féministes euh qui se sont rassemblées, qui ont élaboré ensemble euh une proposition de loi cadre. Cette proposition de loi cadre, elle est reprise par des parlementaires et puis aujourd'hui, on est en train d'apprendre queen fait on trouvera pas l'espace dans la le calendrier parlementaire pour que le gouvernement puisse la faire adopter et la faire discuter au parlement.

Tout le travail a été fait, il est sur le bureau du gouvernement. On veut le voir arriver au parlement. Nor vous accompagne autour d'un grand sujet de société, la lutte contre les violences conjugales, la lutte contre les féminicides avec une rencontre qu'on vous propose désormais bouleversante, celle que Flora Sauvage euh a réalisé avec Sandrine Bouchet.

Sa sœur est morte brûlée vive par son ex beau-frère devant sa petite fille de 7 ans. Quelle prise en charge justement, quel avenir pour ses enfants aussi au cœur de ces tragédies. Regardez.

Le 22 septembre 2017 au soir, Sandrine Bouchet [musique] s'en souvient comme si c'était hier. Ce jour-là, sa vie va basculer. Ma sœur Guilè a été victime d'un féminicide en présence de sa petite fille de 7 ans.

Elle était en instance de séparation. elle, ça faisait quelques semaines qu'elle lui avait annoncé euh euh qu'elle voulait se séparer et puis un soir euh elle est venue la chercher à son travail et puis euh arrivé euh chez eux, s'en est suivi une grosse dispute et euh elle a voulu partir et il l'a pas laissé partir. Il a violemment frappé pendant de longues minutes et ensuite il l'a immolé.

De jours plus tard, Guilen Bouchet décède de ses blessures à l'âge de 34 ans. Ma sœur n'était pas victime de violence physique. Elle m'a envoyé quelques signaux mais que je n'ai pas su interpréter et que j'ai même parfois pris pour de la gentillesse de sa part.

C'est-à-dire que quand elle me disait, il vient me chercher tous les soirs à mon travail, moi je me suis dit bah il est gentil, elle fini à 21h, il a peur pour elle. Pareil, quand elle me disait, elle devait faire le ménage de droite à gauche et pas de gauche à droite. Euh, elle avait perdu énormément de poids et plutôt que de lui dire "C'est super, je te trouve belle euh je suis fière de toi", il lui disait "Oui, ben maintenant faut que tu fasses attention de pas reprendre le po que tu as perdu." C'était c'était dans le reproche tout tout le temps quand elle faisait des sorties avec ses collègues de travail, il fallait qu'elle envoie une photo pour montrer avec qui elle était.

Autant d'éléments synonymes du contrôle que son compagnon exerçait sur Guilane Bouchet. 2 ans après le drame, en 2019, sa sœur Sandrine crée une association pour aider les familles des victimes de féminicides. L'association, on a décidé de la créer au moment du grenel des violences conjugales parce qu'on avait mis beaucoup d'espoir dans ce grenel. vraiment énormément d'espoir et en et la déception n'a été d'entre plus grande.

C'est-à-dire qu'il y a eu beaucoup de mesures qui ont été prises en faveur des victimes de violence conjugale et on s'en félicite. Mais par contre, aucune mesure pour l'accompagnement des familles et on a eu cette désagréable sensation que une fois que madame est morte, bah tout s'arrête. Donc pas de prise en charge, rien, ça c'est fini.

Mais pour nous les familles, mais le parcours du combattant il commence. Engagé à pleinttemps désormais dans la lutte contre les féminicides, Sandrine Bouchet se bat pour qu'un véritable statut protège les enfants. Elle a rendez-vous avec Fabienne Boulard, major de police en charge des violences conjugales pour travailler sur une fiche de bonne pratique à destination des policiers lorsqu'ils arrivent sur une scène de féminicide.

On a fait deux fiches réflexes avec Emma. Ah oui, trop bien. Euh une sur euh la prise en charge des mineurs, tu vois, avec vraiment les trucs à pas euh à pas oublié.

Et donc ça tout le monde là, tous les commissariats des Évelines l'ont. D'accord. Donc la personne qui arrive sur les lieux, s'il y a des enfants, elle a réflexe.

Souvent les familles nous le disent, un tu sais un t-shirt avec l'odeur de la maman pour les premiers jours. Ah ouais ? Ah ouais. pas pensé ça.

Moi je me souviens, j'ai récupéré ma niè en pyjama et j'avais rien. Pas de pièce d'identité, pas de carnet de santé et donc là du coup le fait d'avoir ces fiches réflexes, ça va permettre de cocher allez pour il y a il y a des enfants, on prend ça, on prend ça, on prend ça. Le cartable euh les lunettes par exemple moi ma minit des lunettes, les lunettes elles sont restées dans l'appartement, enfin voilà tout un tas de choses.

Et puis un vêtement avec l'odeur de la maman pour faire un peu la transition, c'est quand même quelque chose d'extrêmement violent quand les enfants assistent. En plus au meurtre de leur maman, c'est comparé à une scène de guerre ce qui vivent ce jour-là. C'est vrai qu'on les écartait très rapidement.

Bah ça c'est normal, de la scène de crime et tout ce dont les enfants avaient besoin après, on n'y pensait pas parce que on est dans le dans l'immédiateté. Donc dans l'immédiateté, c'est les préserver tout de suite et puis après bah il y a les scapartement ou sur la maison et on a plus accès. Donc il part il partait soit dans la famille soit ils étaient placés mais sans rien.

Et le témoignage de Sandrine, elle a déjà témoigné comme d'autres parents de féminicide sur des des interventions que je fais. C'est essentiel. Un travail essentiel à l'heure où le nombre de féminicides repart à la hausse [musique] 6 ans après le grenel des violences conjugales. [musique] Et nous sommes rejointes Laurence Rossignol par docteur Frédéric Broisin d'Outas.

Bonjour docteur. Euh, urgentiste à l'hôpital Robert Ballanger euh à Holnisois. Vous êtes à la pointe de ce combat contre les violences conjugales et intrafamiliales et jeis que l'une et l'autre vous reveniez mesdames sur ce que l'on vient de voir lorsque l'enfant est au cœur de ces tragédies avec ce protocole euh qui dans le détail permet justement d'amoindrir le choc terrible quand on soustrait l'enfant à cette scène de crime quasiment.

Docteur, ben écoutez, moi j'ai j'ai la chance d'avoir fait partie du du premier protocole féminicide pilote pour la scène Saint-Denis en 2015. C'est pour vous dire qu'on avait travaillé en amont avec des gens très motivés, sans circulaire et euh et qui avaient envie de de mettre l'enfant au cœur de de ce protocole. C'est quelque chose de qui est difficile à mettre en place dans la mesure où il faut faire du lien entre la police, entre la justice, entre l'A et même entre certains services de l'hôpital qui ne fonctionnent pas forcément euh ensemble.

Alors, nous sommes à Saint-Ni où et vous l'évoquez antenne, un écosystème quand même et l'énergie et l'intelligence qui est venue du terrain pour lutter contre ces sujets-là. Mais ailleurs en France, c'est autre chose, hein. Tous les départements n'ont pas la chance d'avoir entre guillemets les ressources humaines de la scène Sané pour mettre en place ceci.

Pour autant, les ressources humaines, ça se forme, ça se crée, ça se détecte, ça se recherche. Il faut expliquer aux jeunes étudiants en médecine que la lutte contre les violences faites aux femmes, la prise en charge des enfants dans ce type de protocole, ça fait partie du beau métier de médecin. Parce qu'on a parlé préalablement de la formation des policiers, des gendarmes, des magistrats, la formation des professionnels, des médecins que vous vous représentez en quelque sorte aujourd'hui.

Elle est lacunaire aujourd'hui, elle est catastrophique, elle est inexistante, faut dire les mots. Elle est elle est dispensée uniquement dans certaines facus de médecin généralistes. Elle est pas dispensée au cœur des études de médecine dans le tran commun.

Les médecins sont sont ceux qui signalent le moins pour les enfants. Il y a vraiment un blocage que je n'explique pas pour la partie médicale. C'est c'est très compliqué.

Et les référents violence par exemple chez les médecins, ça existe, c'est appliqué, pas appliqué. Moi, j'en j'en j'ai fait partie du du groupe de travail qui a fait le kit de formation toujours avec Arnestine Renet à l'ami Prof. On a formé quatre session de médecins référents sur toute la France, ce qui représentait un certain pourcentage de médecins référents dans chaque service d'urgence.

Le problème c'est que si vous faites ça mais que vous êtes pas de comité de pilotage, si vous faites pas de suivi, moi j'ai croisé dans des congrès des plus jeunes médecins qui étaient parti avec leur petit kit de formation mais qui disent après j'ai personne à qui téléphoner, j'ai personne à qui demander des conseils, j'ai pas de plateforme. Donc voilà la cage est cée, on a fait les médecins référents et on passe à autre chose. Le signal en fait ce n'est pas encore entré comme étant une politique publique de sécurité, de santé qui soit au même niveau que les autres.

D'ailleurs, je vois mes collègues parlementaires qui sont toujours très réactifs quand il s'agit de parler de violence. À chaque fois, je me dis "Ah, il parle de violence, il ne parle jamais des violences faites aux femmes." Il y a deux types de violences qu' y a les violences dans la rue, il y a les braquages, il y a le narcotrafic puis les violences faites aux femmes, elles rentrent pas dans ces violences là.

Elles ne sont pas elles ne sont pas intégrées dans les les indicateurs de violence de la société. On en parle au le 25 novembre, un peu le 8 mars et puis après on repart jusqu'à l'année suivante. Alors quand il y a vraiment un très gros drame, ça fait là la une des journaux mais après le le le business à Zoujo le revient et on repasse aussi aux choses sérieuses.

Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la loi est imparfaite. C'est ça.

C'est aussi un problème d'imperfection de la loi puisqu'on en parle dans cette émission de l'application de la loi et du suivi de la loi. Faut donner les moyens financiers de mettre les lois en œuvre. Et là on est au croisement de plusieurs secteurs qui sont en souffrance. la police, on n' pas assez d'enquêteurs, on le sait, pour lutter contre les violences sexuelles ou les violences ou les féminicides et anticiper.

On n pas assez de magistrats, les dossiers sans pile. Il y a pas de coordination entre le pôle civil, le jugé aux affaires familiales et la correctionnelle. C'està-dire qu'on a des affaires incroyables avec des femmes qui ont déposé plainte, qui sont en procédure de divorce.

Les juges continuent d'envoyer les enfants passer le weekend chez le père qui est un père violent. On demande depuis des années des juridictions spécialisées. C'est pas juste pour embêter les ministres, c'est parce que c'est indispensable que ça se mette en place.

Après, il y a l'hôpital, la santé, ça va pas bien non plus. Ça tout repose sur l'énergie et le dévouement des personnels de santé. Donc on est vraiment sur les violences au croisement de toutes les défaillances et de toute la misère de tous nos services publics.

Il y a encore beaucoup à faire mais merci de votre parole. cette parole qui se libère. Merci de vos actions conjuguées mesdames docteur et et Laurence Rossignol.

Merci à vous chers amis euh pour être si attentif aussi à l'évolution de la loi de la société. On se retrouve très rapidement sur Public Sena pour un nouveau numéro des droits civites. C'est