Xavier Iacovelli : « La taxe Zucman est incompréhensible et inapplicable »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour, merci d'être la sénateur RDPI Renaissance des Hauts-de-Seine. Vous êtes également vice-président du Sénat. On va revenir bien sûr sur la première fois de route de Sébastien Lecornu, dévoyée hier dans la presse régionale. Mais d'abord justement, on va regarder ensemble trois unes de la presse régionale de ce matin. D'abord la une de Ouest-France. Taxer les plus riches des enjeux très politiques. Exigé par la gauche, la taxe Zuckman sur les très grandes fortunes est l'une des mesures qui pourraient permettre au futur gouvernement de tenir s'il adoptait. Mais Bruno Retailleau la refuse. La deuxième une, c'est celle de l'Union.
Toujours en colère mais pas certain de manifester. La FNSE appelle à la mobilisation le vendredi 26 septembre, notamment contre le Mercosur. Et puis la dernière une, c'est celle du bien public, vidéoprotection, les raisons d'un succès. Les premières caméras ont été installées à Dijon en 2009 et le dispositif a connu dans le département un succès. Les 91 communes de Côte d'Or sont désormais équipées. Quelle une choisissez-vous ?
Alors, peut-être la taxe sur les plus riches ?
Il faut taxer les plus riches.
Mais je pense qu'on le dit depuis le départ, taxer les plus riches, ce n'est pas une idéologie en soi. C'est-à-dire qu'on n'est pas opposé sur le principe. Moi, je pense qu'à partir du moment où il y a de la justice… Ça n'a pas été fait. Non, mais aussi, on a fait une contribution exceptionnelle sous les précédents gouvernements, notamment… Et cette taxe d'Ukman, elle n'a pas les faveurs de la majorité du camp présidentiel. Le problème, c'est que la taxe d'Ukman, pourquoi est-ce qu'elle est incompréhensible et inapplicable ? C'est qu'elle taxe le même patrimoine au même titre que ce que nous détenons dans les entreprises. Et donc, c'est ça qui est hallucinant.
On prend l'exemple de Mistral qui a été d'ailleurs évoqué dernièrement. Mistral, le PDG de Mistral, le fondateur de Mistral, devrait payer 37 millions par an de taxes alors même que l'entreprise ne fait pas de bénéfices et n'est pas rentable encore. Parce qu'en fait, c'est une valorisation sur les marchés mais qu'il n'est pas de l'argent qui va dans la poche des actionnaires. Donc, on voit bien que c'est incompréhensible. Aujourd'hui, on ne peut pas taxer de la même façon l'outil de travail et le patrimoine réel et l'argent réel que les actionnaires ou les chefs d'entreprise peuvent avoir.
Il n'y a pas de taxe sur le patrimoine selon vous mais une autre taxe sur les plus riches, ça il va falloir qu'elle figure dans ce budget.
On peut avoir une taxe et le Premier ministre l'a dit. On n'est pas opposé par principe à une taxe. Il ne faut pas qu'elle soit confiscatoire et il ne faut pas qu'elle fasse en sorte de faire repartir tous ceux qui sont revenus depuis 8 ans par une politique de baisse des impôts pour faire en sorte que les Français, les plus aisés et les plus riches puissent réinvestir dans l'économie réelle de notre pays. C'est ça l'enjeu. Le but, c'est de ne pas bloquer l'innovation, de ne pas bloquer l'investissement et je rappelle qu'on est encore une fois le pays européen le plus attractif en termes d'investissement étranger.
Hier, dans son interview à la presse régionale, Sébastien Lecornu a fait plusieurs annonces dont la suppression des deux jours fériés. C'était envisagé par François Bayrou, lui dit que ça n'entrera pas en vigueur. C'est une bonne chose ?
C'était nécessaire. Nous, c'est d'ailleurs, on l'a dit depuis le 15 juillet au sein du groupe Renaissance, aussi au sein de Démocratie et Progressisme qui est maintenant le nouveau nom de Territoire de Progrès, on était opposés...
C'est l'aile gauche du...
Tout à fait, c'est l'aile social-démocrate. En fait, on était opposés, effectivement, à la suppression de ces deux jours fériés. Pourquoi ? Parce qu'encore une fois, on touche encore l'outil de travail, on touche les travailleurs. Donc, si on doit travailler plus, il faut qu'on gagne plus. C'est ça l'enjeu, aujourd'hui, de cette économie. Donc, oui, effectivement, c'est du bon sens, c'est du pragmatisme de la part du Premier ministre, de faire en sorte de ne pas toucher les travailleurs, de ne pas toucher ceux qui, aujourd'hui, créent de la richesse dans notre pays.
Sauf que cette mesure, elle était censée rapporter 4 milliards. On les trouve où, les 4 milliards manquants ?
4 milliards, effectivement, sur les 44 milliards nécessaires. Et c'est pour ça que, dans l'interview du Premier ministre, il a été dit que, oui, il veut supprimer la suppression des ces jours fériés. En tout cas, il ne touchera pas à la suppression des jours fériés. Mais par contre, effectivement, il faut trouver d'autres pistes de financement. Et c'est tout le débat qu'il fait avec les consultations, aujourd'hui, avec les différents partis politiques et groupes politiques. Et le débat parlementaire, le débat budgétaire qui aura lieu à partir du mois d'octobre, c'est tout l'enjeu, aujourd'hui. En fait, c'est aussi dans la main des partis politiques et des groupes politiques.
C'est notre rôle de faire des propositions.
Vous rappeliez ces 44 milliards. Est-ce qu'il faut rester sur ce chiffre ? C'était le chiffre de François Bayrou. Est-ce que, dans le budget Sébastien Lecornu, il faut que figurent ces 44 milliards ?
Alors, les 44 milliards, ce n'est pas, encore une fois, un totem. Il faut, on a besoin, c'est une nécessité. On ne s'est pas dit, aujourd'hui, on a envie de 44 milliards. Mais il faut rester là-dessus. On a besoin d'avoir cet objectif de 44 milliards. Ensuite, les discussions, peut-être qu'on sera dans une progressivité, en fait, de cette baisse de dépenses, de ces recettes supplémentaires. Peut-être qu'on ne sera qu'à 36 milliards et peut-être 44 milliards, peut-être 41 milliards, je ne sais pas.
Mais il faut garder cet objectif parce qu'Éric Lombard, samedi soir, il laissait un peu sous-entendre que ça pourrait être moins. Hier, Yael Brune Pivet, elle a fixé une cible à 35-36 milliards. Est-ce que c'est le bon niveau ?
Aujourd'hui, vous savez qu'il y a quelques jours, on vient d'être dégradé sur notre note, ce qui va du coup avoir un impact réel sur l'économie de notre pays, sur les taux d'intérêt, c'est-à-dire que les taux d'intérêt pour la France vont augmenter et donc, forcément, ça va avoir un impact sur le quotidien des Français. Donc, ce n'est pas un plaisir de se dire qu'on doit faire 44 milliards d'économies. C'est une nécessité aujourd'hui pour notre pays et pour protéger les Français. Mais vous maintenez, vous, c'est 44. Ça doit rester l'objectif.
Il faut qu'on ait cet objectif de 44 milliards et ensuite, on adapte par rapport aux discussions parlementaires et moi, je suis plutôt favorable d'ailleurs à ce qu'on ait des dépenses moindres.
Et d'autant qu'il y a une menace, Alexandre, qui vient du patron des patrons, Patrick Martin, qui menace une mobilisation.
Et oui, le président du MEDEF le dit, c'était dans les colonnes du Parisien. Si jamais il y a dans le futur budget une hausse de la fiscalité des entreprises, une hausse de leurs charges, eh bien, il y aura une mobilisation des patrons. Alors, les patrons ne vont pas forcément descendre dans la rue, mais ils vont se mobiliser. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Qu'ils ont raison. On ne va pas faire l'inverse. Pas d'effort des entreprises. Mais, attendez, on ne va pas faire
l'inverse que de ce qu'on a fait depuis 2017. Tout ce qu'on fait depuis 2017, c'est de soutenir la croissance, soutenir le pouvoir d'achat en baissant les cotisations, en baissant les impôts. On a supprimé la taxe d'habitation, supprimé la redevance audiovisuelle, baissé les cotisations sociales et notamment salariales. Tout ça, ce sont des éléments qui nous permettent effectivement de créer une politique de l'offre pour nous permettre de créer de l'emploi. Encore une fois, si nous avions le taux de chômage…
Mais s'il y a des baisses de charges patronales qui sont efficaces pour créer de l'emploi.
Mais c'est tout l'enjeu. C'est-à-dire qu'il faut qu'on voit en partenariat avec les partenaires sociaux, justement, de faire en sorte de voir si toutes les cotisations sont utiles. Pourquoi est-ce qu'effectivement un certain nombre de charges aujourd'hui reposent uniquement sur les travailleurs et donc sur le monde économique et pas forcément sur l'ensemble des contribuables français ? Donc, il y a effectivement un mode de financement. Mais vous savez, moi je suis très attaché à notre modèle social, à l'ensemble des retraites, à l'ensemble de la sécurité sociale. On est tous attachés à ce modèle social.
Mais aujourd'hui, si on veut préserver ce modèle social, il faut faire en sorte de le financer. Aujourd'hui, notre modèle social qui a été hérité de 45, il n'est plus financé à hauteur de ce qu'il coûte à la France. Et donc, il faut effectivement, et c'est pour ça que je ne comprends pas la gauche, la gauche qui se dit porteur du progrès, mais aujourd'hui, ils sont plus conservatistes, pardon, conservatistes pour, conservateurs, pardon, pour des acquis sociaux, alors même qu'on a besoin, si on veut garder ce modèle social, il faut trouver un autre mode de financement.
Mais ça veut dire qu'il ne faut pas toucher à la réforme des retraites ? Sébastien Lecornu dit « on ne va pas rouvrir le contraire ». Est-ce que ça veut dire qu'on ne touche pas à cette réforme ?
Mais pourquoi ? Parce qu'il a raison. Aujourd'hui, il a 20 mois. 20 mois pour faire en sorte d'avoir un budget pour la France, de faire en sorte de protéger notre modèle social et de faire en sorte que notre économie puisse repartir. Les grands débats, et notamment sur la question des retraites, doivent être tranchés en 2027, lors de l'élection présidentielle, par les Français dans une élection.
On ne peut pas réengager une grande réforme des retraites et elle est nécessaire, et je pense sincèrement qu'elle est nécessaire aujourd'hui parce que le modèle que nous avons n'est plus assez équilibré financièrement et on le voit bien, même à terme, même avec les réformes que nous avons faites progressivement,
il n'est plus nécessaire. Mais nécessaire dans quel sens ? C'est-à-dire que les 64 ans, ça ne va pas être suffisant ? Il va falloir repousser encore
l'âge de départ ? Mais en fait, la barrière d'âge n'est pas forcément le totem, ce n'est pas ça forcément qui va changer les choses. Peut-être qu'il faudra réfléchir et moi je le dis en plus très ouvertement parce que j'y étais très défavorable au départ. Mais peut-être qu'il faudra réfléchir à une dose de capitalisation pour maintenir ce système de répartition. Si on veut maintenir encore une fois notre système de retraite tel qu'il est, il faut qu'on trouve d'autres modes de financement et donc il faut ouvrir tous les champs des possibles. Mais ces champs des possibles-là, ils ne peuvent se faire qu'avec les partenaires sociaux et il faut qu'ils soient tranchés par les Français en 2027.
Sébastien Lecornu dit que le budget, ce ne sera pas le budget de ses convictions, il y aura des choses qui ne vont pas lui convenir. Il y a un accord à trouver notamment avec les socialistes. Qu'est-ce qu'il faut lâcher aux socialistes ? C'est quoi le compromis possible selon vous ?
Vous aurez remarqué que je ne suis plus membre du Parti Socialiste depuis quelques années maintenant. J'en viens, mais je ne me reconnais plus aujourd'hui dans les positions du Parti Socialiste donc c'est difficile de vous dire ce qui pourrait les convaincre. S'ils sortent effectivement de ces postures systématiques d'opposition, effectivement on peut être autour de la table. C'est ce que le Premier ministre l'a dit. Il veut avoir un discours moderne et franc avec les oppositions et notamment les oppositions du gouvernement. Mais il va falloir qu'ils rompent
avec le macronisme et abandonner certains piliers du macronisme.
Mais c'est quoi les piliers du macronisme ? En fait, dans l'ADN du macronisme c'est faire en sorte de travailler avec la droite et la gauche. Ce n'est pas supprimer la droite et la gauche. Aujourd'hui, le fait d'avoir une fragmentation de l'Assemblée nationale ce n'est pas quelque chose d'inédit. Mais en fait, ce qui est inédit c'est notre incapacité collective de travailler ensemble avec la droite, la gauche, les partis de gouvernement. Cette fragmentation, en fait, elle est partout en Europe. En France, elle est peut-être nouvelle mais on a besoin de travailler. Donc les Français nous demandent de travailler ensemble.
Donc c'est pour ça que le Premier ministre veut réunir, veut consulter, veut faire en sorte de faire des pas avec effectivement les partis qui se disent de gouvernement, DLR, jusqu'aux écologistes socialistes et certains communistes qui souhaitent travailler.
Et tout ça dans un contexte social compliqué. Il y aura une grande mobilisation annoncée jeudi prochain et la FNSEA. Les agriculteurs annoncent une mobilisation vendredi dans 10 jours, le 26. Vous les comprenez ?
Je comprends l'impatience et la colère des Français parce qu'ils ont besoin effectivement cette instabilité politique que nous vivons depuis plusieurs mois maintenant touche forcément l'économie, touche nos entreprises, touche nos agriculteurs et effectivement ils nous demandent d'agir maintenant rapidement. Et donc c'est pour ça qu'on a besoin effectivement de répondre à cette colère. Après, le blocage ne va pas faire malheureusement avancer les choses. Donc il faut plutôt que nos responsables politiques soient responsables justement, se mettent autour de la table et fassent en sorte de trouver des solutions pour l'intérêt du pays.
Encore une fois, il nous reste 20 mois pour faire en sorte de sauver notre système français, notre système économique et social.
Et cette interview d'hier, c'est aussi l'éloge du Parlement de la part de Sébastien Lecornu. Est-ce que ça, ça fait partie des ruptures par rapport à ses prédécesseurs ?
Vous savez, Sébastien Lecornu, c'est un parlementaire. Donc il est membre d'ailleurs du groupe RDPI en tant que sénateur. Il n'a pas beaucoup siégé. Il n'a pas beaucoup siégé, mais il est quand même élu sénateur. Il a été élu à deux reprises sénateur. Donc il est très attaché au Parlement, très attaché à la démocratie parlementaire. Il a été président du conseil départemental. Il est encore élu local et il a été élu local pendant de nombreuses années. Donc il est très attaché.
Ses prédécesseurs ont trop mal mené le Parlement. Il n'y avait pas assez de dialogue avec les parlementaires ?
Je ne veux pas juger. Ça ne sert à rien de faire les petites phrases et de juger. Moi, ce que je vois, c'est que le Premier ministre aujourd'hui, il veut s'appuyer sur les parlementaires. Il veut s'appuyer sur le Parlement. Il veut un nouvel acte de décentralisation. Et honnêtement, je pense qu'en tant que sénateur on arrive au bout d'un système aujourd'hui qui fait en sorte que ça nous coûte trop cher, la centralisation nous coûte trop cher, l'accumulation des compétences coûte trop cher et donc on a besoin d'avoir du bon sens. En fait, on a besoin de pragmatisme et de bon sens dans la gestion de notre pays.
Et justement, qu'est-ce qui attend Sébastien Lecornu au Parlement ? Quels sont les textes qui étaient inscrits à l'ordre du jour ? C'est ce qu'on va voir avec vous, Alexandre Sébastien Lecornu qui va devoir faire face à plusieurs textes de loi en cours d'examen au Parlement et pour certains,
Oui, alors d'abord, il y a urgence à décider de l'avenir énergétique de la France, quelle part de nucléaire dans notre consommation, à quel rythme on accélère le développement des énergies renouvelables. L'Assemblée nationale doit examiner dans les prochaines semaines une proposition de loi écrite et adoptée par la majorité de droite du Sénat, un texte qui renforce plutôt le nucléaire.
Les députés avaient rejeté cette proposition de loi lors d'une première lecture en mai dernier alors qu'à l'époque, le Rassemblement national avait réussi lors des débats à faire voter la suspension du développement des énergies renouvelables et à faire voter également la réouverture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Donc la deuxième lecture de ce texte à l'Assemblée nationale s'annonce électrique sans mauvais jeu de mots.
Xavier Akoveli, est-ce que vous pensez que l'Assemblée nationale, le Parlement, peut se mettre d'accord sur cette question de l'avenir énergétique de la France quand on a vu la tournure des débats à l'Assemblée nationale en mai dernier ou est-ce que le gouvernement doit aller vite et décider par décret ?
Alors il y a une urgence effectivement et donc ce qui jugerait plutôt d'aller vite et donc par décret par le gouvernement mais je pense qu'il est nécessaire que chaque groupe politique prenne ses responsabilités.
Aujourd'hui, on a besoin d'un mix énergétique, on a besoin de développer le nucléaire puisque c'est aussi une souveraineté de notre pays en termes énergétiques et quand on a vu la dépendance que nous pouvions avoir notamment avec le gaz russe, on a besoin de pouvoir gagner en souveraineté à ce niveau-là et puis développer aussi le photovoltaïque en tout cas les énergies renouvelables pardon je cherchais le mot pour permettre d'avoir ce mix énergétique donc moi je pense qu'on doit marcher sur deux jambes le nucléaire et les énergies renouvelables donc oui il faut se mettre d'accord maintenant il faut travailler et faire en sorte encore une fois l'intérêt général et non pas l'intérêt partisan.
Alex il y a d'autres urgences notamment la Nouvelle-Calédonie
Oui on le rappelle il y a eu un accord politique sur la Nouvelle-Calédonie en juillet dernier entre les indépendantistes canac et les loyalistes calédoniens sur l'avenir institutionnel de l'archipel mais pour mettre en place cet accord et bien il faut que le Parlement adopte une loi d'ici le mois de novembre pour reporter les élections provinciales calédoniennes sinon l'application de cet accord sera compliquée et puis les sénateurs devaient aussi examiner en octobre prochain le projet de loi d'autonomie de la Corse à voir si Sébastien Lecornu va maintenir ce texte sensible
La réforme sensible de l'audiovisuel public va-t-elle poursuivre son parcours parlementaire ?
Alors si Rachida Dati est maintenu ministre de la Culture j'ai envie de répondre oui car Rachida Dati veut absolument faire passer cette réforme c'est pour elle une victoire politique possible avant les municipales à Paris elle veut faire adopter cette proposition de loi qui vient de la droite et du centre du Sénat et qui prévoit de créer une holding et une gouvernance commune rassemblant notamment France Télévisions Radio France et l'Institut national de l'audiovisuel une réforme qui a provoqué de vastes mouvements de grèves chez les salariés concernés et puis des débats houleux au Sénat où le texte avait cet été été adopté au forceps un texte qui doit être adopté maintenant définitivement à l'Assemblée nationale est-ce qu'il faut maintenir cette réforme de l'audiovisuel public ?
Xavier Covelli ?
Écoutez il a été voté à l'Assemblée nationale voté au Sénat au bout d'un moment quand le Parlement vote il faut aller jusqu'au bout du processus législatif après il y a effectivement d'autres sujets qui sont importants voire peut-être plus importants je pense encore une fois au projet de loi au plan décentralisation qui a été annoncé par le Premier ministre faire en sorte de sortir de ce millefeuille administratif et bureaucratique de cette centralisation parisienne il faut effectivement aller sur ce terrain-là et donc c'est vrai que
pour l'audiovisuel public c'est pas forcément la priorité
entre ça entre le débat budgétaire il y a quand même il y a aussi le texte fin de vie qui était prévu au mois d'octobre au Sénat et donc on a besoin d'avoir un certain nombre de textes qui avancent qui sont attendus par les Français attendus par les élus et le territoire et donc effectivement c'est une question de priorité et ensuite peut-être d'autres grands chantiers seront tranchés pour les mois à venir et peut-être ceux jusqu'en 2027
Et justement le texte sur la fin de vie il y a un parcours parlementaire qui n'en finit plus
Oui une réforme qui crée d'abord une aide active à mourir et qui développe les soins palliatifs le texte on le rappelle avait été stoppé dans son examen parlementaire en 2024 par la dissolution de l'Assemblée et il a ensuite été scindé en deux en deux propositions de loi par François Bayrou deux propositions de loi qui ont été adoptées par l'Assemblée nationale au printemps dernier et qui doivent être débattues au Sénat en octobre et d'ailleurs la majorité de droite du Sénat devrait restreindre le droit à une aide active à mourir par rapport à la copie qui a été rendue par l'Assemblée nationale en tout cas la présidente de l'Assemblée nationale Yael Brown-Pivet souhaite que ce texte sur la fin de vie soit examiné au plus vite
Le texte qui me semble fondamental c'est le texte c'est la réforme sociétale sur la fin de vie alors je ne dis pas aujourd'hui que c'est un texte urgent dans cette rentrée ce que je dis c'est qu'il faut que nous aboutissions à la fin du processus parlementaire avant la fin du quinquennat sur ce texte sur la fin de vie et donc j'ai demandé au Premier ministre j'ai demandé au Président du Sénat de ne pas changer le calendrier de ce texte il est inscrit au Sénat il doit être examiné en séance publique à partir du 7 octobre et voter le 21 octobre et moi j'entends que ce calendrier soit tenu c'est vraiment mon souhait parce qu'autrement le texte est enterré
Xavier Akoveli alors beaucoup de parlementaires estiment que c'est un texte urgent mais sur la rédaction qui est sortie de l'Assemblée nationale est-ce que vous y êtes favorable c'est-à-dire à la création d'un droit à l'aide active à mourir ?
Oui moi j'ai toujours dit que j'étais très favorable et d'ailleurs je serai chef de file de mon groupe sur ces deux textes en fait
Mais vous dites comme Yael Brune Pivet il ne faut pas toucher au calendrier ?
Mais moi je dis qu'il ne faut pas toucher au calendrier je souhaite qu'on ne touchions pas au calendrier et que à partir du 7 octobre nous puissions l'examiner en séance publique au Sénat je suis aussi un peu réaliste et le problème c'est que la chute du gouvernement Bérou fait que la session extraordinaire que nous devions avoir à partir du 22 septembre n'est pas encore complètement assurée et nous avions un certain nombre de textes que nous devions passer notamment sur la vie chère en Outre-mer qui seront peut-être décalés parce que c'est aussi c'est une priorité pour nos compatriotes ultramarins et ça sera peut-être décalé du coup en début octobre et ce qui décalerait de fait le texte sur la fin de vie donc aujourd'hui on est un peu dans l'attente aussi à la fois de la nomination d'un nouveau gouvernement pour nous permettre d'ouvrir le Parlement et de pouvoir étudier Donc vous souhaitez
que le calendrier soit maintenu mais ça ne vous paraît pas réaliste ?
Je ne sais pas peut-être que le fait d'avoir un gouvernement rapidement et d'ailleurs le fait d'avoir Sébastien Lecornu qui a été nommé Premier ministre très rapidement après la chute du gouvernement Bérou peut-être nous laisse espoir que nous pourrons tenir les délais ça me paraît un peu contraint mais en tout cas il faut absolument avant la fin de l'année que le Sénat puisse examiner ce texte sur la fin de vie
Un dernier mot Alex sur la lutte contre les déserts médicaux priorité pour Sébastien Lecornu
Effectivement et on verra si le nouveau Premier ministre maintient le dispositif qui avait été lancé par François Bayrou et qui demandait aux médecins de réaliser des missions de solidarité en exerçant ponctuellement dans des territoires dépourvus en offre de soins En tout cas Sébastien Lecornu a consacré ce week-end son premier déplacement à ce fléau des déserts médicaux et il a annoncé 5000 maisons France Santé dans tout le pays d'ici à 2027 des maisons France Santé à moins de 30 minutes du domicile de chaque Français Alors Xavier Iacovili pour qu'on comprenne bien qu'est-ce que c'est ces maisons France Santé en fait ce sont des maisons de santé ça existe déjà ?
Alors c'est des maisons c'est en fait un réseau de maisons un peu comme nous avons eu sur France Service pour avoir des services publics effectivement à proximité dans des lieux qui en étaient dépourvus jusqu'à maintenant et donc oui ces maisons France Santé permettraient d'avoir de regrouper un certain nombre de spécialistes de généralistes dans les territoires aujourd'hui qui en sont dépourvus donc effectivement c'est faire en sorte que les pouvoirs publics investissent massivement dans un réseau de santé sur l'ensemble des territoires en déserts médicaux actuellement
Alors c'est très bien d'annoncer toutes ces maisons de santé mais il faut quand même des professionnels pour les occuper
Oui c'est tout l'enjeu et toutes les négociations qu'il va y avoir avec l'ordre des médecins avec les professionnels et faire en sorte que nous puissions avoir à la fois ce volontarisme et peut-être parfois jusqu'à la contrainte pour faire en sorte que les médecins puissent s'installer dans les territoires qui en sont dépourvus actuellement
On va voir l'actualité dans votre région Xavier Iacovelli On retrouve Jacques Paquet directeur de la rédaction du journal du Grand Paris Bonjour Jacques Jacques on est à six mois des municipales en Ile-de-France et a fortiori dans les Hauts-de-Seine il y a la question de la crise du logement qui sera au cœur de la campagne
Absolument Bonjour monsieur le sénateur je sais que c'est un sujet qui vous intéresse on a l'impression que cette crise du logement ne finit pas de s'aggraver on est à quelques jours de l'ouverture du congrès de l'Union sociale pour l'habitat il y a 3 millions de demandeurs d'un logement social en France je crois qu'ils sont 1 million en Ile-de-France quelles sont selon vous les voies et moyens pour y remédier faut-il mettre en place le statut du bailleur privé pour inciter de nouveau les investisseurs loueurs à agir sur ce marché faut-il supprimer la réduction du loyer de solidarité pour donner un peu d'air aux bailleurs sociaux quelles sont vos convictions sur ce sujet s'il vous plaît
Alors déjà il y a un constat effectivement aujourd'hui on a on a des grandes difficultés et notamment en Ile-de-France et dans les Hauts-de-Seine en particulier pour loger l'ensemble des franciliens et des altosécanais on sait qu'à peu près 70-75% des franciliens sont éligibles au logement social donc ça veut dire qu'on devrait potentiellement avoir 70-75% de logements sociaux en Ile-de-France autant vous dire que ce n'est pas possible mais on a besoin d'inciter de la construction moi je crois à la construction de logements sociaux dans le diffus c'est-à-dire finis ces barres d'immeubles sociaux notamment on le voit et notamment dans les Hauts-de-Seine nous avons construit progressivement des logements sociaux qui sont à l'intérieur de bâtiments privés et donc à la fois ce parcours résidentiel de logements très sociaux de logements intermédiaires et d'accession sociale à la propriété donc on voit qu'il y a une évolution possible ça permet aussi de financer par la vente de logements des nouveaux logements sociaux pour ceux qui en ont besoin donc oui moi je crois au diffus je crois à la mobilisation aussi des élus locaux mais aujourd'hui c'est vrai qu'à l'approche des élections municipales avec l'instabilité que nous avons au niveau national et au niveau du Parlement ça n'incite pas les élus locaux à investir massivement dans notamment l'acquisition de fonciers et la cession de fonciers pour des bailleurs et donc la construction de nouveaux logements sociaux et puis il y a aussi une crainte de nos concitoyens d'avoir des logements sociaux et donc de créer parfois des problématiques locales moi je crois à la mixité la mixité elle passe par encore une fois du logement diffus il faut travailler avec les élus locaux il faut travailler avec les bailleurs peut-être réduire aussi le nombre de bailleurs parce qu'aujourd'hui la multiplication du nombre de bailleurs fait qu'il y a des moyens financiers qui sont inférieurs à ce qu'ils pourraient faire pour investir mais on voit bien qu'il y a une crise à la fois du logement une crise du bâtiment et une crise aussi institutionnelle et de confiance pour nos élus locaux
et Jacques vous avez une autre question
oui vous êtes élu de Suren peut-être candidat je ne sais pas si vous en êtes par rapport à ça Suren qui est qui borde la défense les élus de la défense Georges Siffredi notamment le président du département milite pour que le parlement adopte une loi spéciale pour la défense une loi dérogatoire un peu sur le modèle de la loi olympique dont on loue les mérites il s'agirait notamment de délier les élus d'un certain nombre d'obligations qui s'imposent à eux par le code de l'urbanisme pour accélérer notamment la transformation de bureaux en logement monsieur le sénateur est-ce que vous vous ralliez à cette cause et est-ce que vous croyez accessoirement à la transformation de bureaux en logement comme une des solutions pour résoudre la crise qu'on évoquait à l'instant
vous parliez de Suren effectivement Suren on a aujourd'hui plus de 3000 familles surénoises qui sont en attente d'un logement social avec des vraies difficultés pour accéder à un nombre de logements qui est certainement insuffisant et donc oui effectivement aujourd'hui nous nous sommes dans un département les Hauts-de-Seine où on a une activité économique importante où on a un certain nombre de bureaux et c'est vrai que depuis la Covid un certain nombre de bureaux de mètres carrés sont vides je crois qu'on est à 9 millions de mètres carrés sur l'ensemble du territoire français qui est de logements de bureaux vides et on est à plus de 5 millions en Ile-de-France donc c'est une vraie problématique c'est aussi la question et le président Sifredi président du département des Hauts-de-Seine a raison de le dire c'est aussi une inquiétude pour notre centre d'affaires de la défense de voir un certain nombre de mètres carrés de bureaux qui sont aujourd'hui inoccupés et donc la transformation de ces bureaux progressivement en logement permet à la fois de répondre à la crise du logement et puis de remplir un certain nombre de tours qui aujourd'hui sont vides après il faut faire attention parce que c'est aussi très difficile c'est très coûteux la transformation de bureaux en logement on sait à peu près c'est les estimations mais 100 mètres carrés de bureaux c'est l'équivalent de 30 mètres carrés de logements en termes de coût et de rentabilité donc il faut faire attention c'est un investissement massif mais c'est peut-être aussi une réponse progressive au manque de logement en Ile-de-France et notamment dans les Hauts-de-Seine
Merci beaucoup merci Jacques la une du journal du Grand Paris la méthode Lecornu vue par les élus normands c'est à la une de votre journal cette semaine merci beaucoup Xavier Iacovéli merci d'avoir été l'invité de cette première émission de la saison Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Xavier Iacovelli