Notre école est la plus inégalitaire d'Europe parce que la culture française n'est plus transmise.
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Chapitres
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Questions et réponses
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Comment avez-vous accueilli la nomination de Pap Ndiaye ? Que comprenez-vous de sa vision de l'école ?
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Quelles auraient été vos priorités si vous aviez écrit cette lettre aux professeurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00François-Xavier BellamyFait
« Je l'ai accueillie comme une comme une catastrophe, je le dis comme je le pense »
- 2:00François-Xavier BellamyChiffre
« le niveau de mathématiques de nos élèves, c'est le dernier de toute l'Europe »
- 5:00François-Xavier BellamyChiffre
« On commençait le métier d'enseignant avec 2,3 Smic il y a 30 ans. On le commence aujourd'hui avec 1,3 SMIC »
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- L'École. Question essentielle pour vous aussi. Comment avez vous accueilli la nomination de Pap Ndiaye ?
Et que comprenez-vous de la vision de l'école qu'il propose pour le quinquennat ? - Je l'ai accueillie comme une comme une catastrophe, je le dis comme je le pense, parce que je crois d'abord que l'école, c'est le sujet absolument majeur pour notre avenir. Il n'y a pas de sujet plus important.
On parlait du travail. Se remettre au travail, ça veut dire la quantité de travail qu'une société peut produire. Mais c'est aussi la qualité du travail.
Si on veut que la France relève la tête demain, si on veut qu'elle soit de nouveau capable de produire, de rayonner, d'exporter. Si on veut garder notre souveraineté, notre capacité d'agir dans le monde, il faut que des générations bien formées arrivent aux responsabilités. On l'a appris encore il y a quelques jours le niveau de mathématiques - c'est une confirmation, on le savait déjà - le niveau de mathématiques de nos élèves, c'est le dernier de toute l'Europe.
Et voilà qu'on nomme au ministère de l'Education nationale un ministre dont la priorité, c'est d'expliquer que la France est "coupable de racisme structurel". Un ministre qui vient avec une idéologie très claire, je lui reconnais parfaitement le droit de la défendre, mais qui me paraît absolument contraire à ce dont notre école a besoin. Je crois que si l'école aujourd'hui est si inégalitaire en France, parce que nous avons l'école la plus inégalitaire de toute l'OCDE, ce n'est pas parce que la culture française est structurellement raciste, mais c'est parce que la culture française n'est plus transmise.
C'est pour cette raison-là, c'est parce qu'on n'apprend plus aux enfants, quelle que soit leur histoire, à lire, à écrire à compter correctement, c'est parce qu'on ne leur transmet plus les fondamentaux. Et maintenant, je vois le ministre qui écrit aux professeurs...
Je suis un professeur moi-même. J'ai lu sa lettre. Dans sa lettre, il dit "La priorité de l'école, c'est la bienveillance et verdir l'école".
La bienveillance, la première des bienveillance, c'est encore une fois d'offrir à tous les élèves le meilleur et l'excellence de la transmission de notre culture ; de leur offrir ce que nous avons à leur donner, à leur apprendre. Et "verdir l'école"...
Pardon, mais on est à l'Ouest. - Qu'est-ce que vous auriez mis alors comme priorité si c'était vous à la place de Monsieur Pap Ndiaye et que vous aviez écrit cette lettre aux professeurs ? Quelles auraient été les priorités de François-Xavier Bellamy, ministre de l'Éducation ? - D'abord, je leur aurais dit à quel point leur travail est décisif pour notre avenir.
Et leur travail, c'est de transmettre des savoirs. Il y en a assez qu'on demande aux professeurs, et qu'on demande à l'école, de résoudre tous les problèmes de la société. On demande à l'école justement de faire des bons citoyens éco-responsables, on demande à l'école de résoudre les problèmes d'inclusion, on demande à l'école de lutter contre le racisme...
Le vrai travail de l'école, c'est d'apprendre à lire, à écrire, à compter. C'est de transmettre la connaissance de l'histoire, de la géographie de la France. C'est de transmettre les éléments fondamentaux de la culture et des savoirs qui leur permettront ensuite... - Mais les professeurs ne le savent-ils pas ?
Il faut le préciser de nouveau, comme si on avait perdu cette mission ? - Mais bien sûr. Les professeurs, aujourd'hui, se sentent, les enseignants de notre pays, profondément déconsidérés.
Ils sont déconsidérés. D'ailleurs, un symptôme qui le montre, c'est le niveau de leur rémunération qui s'est effondré si on le compare à la moyenne de l'OCDE et à l'évolution des salaires dans notre pays aujourd'hui. On commençait le métier d'enseignant avec 2,3 Smic il y a 30 ans.
On le commence aujourd'hui avec 1,3 SMIC. Donc c'est un, c'est un signe aussi. C'est un symbole de la place que nous donnons aux professeurs dans notre pays.
Et surtout, encore une fois, je le redis, moi, j'ai été enseignant, j'ai vécu de l'intérieur ce que veut dire cet état d'esprit qui consiste à expliquer qu'il ne faut pas transmettre des savoirs. Le premier engagement public que j'ai eu, c'était d'écrire Les Déshérités pour dénoncer cette crise de la transmission. On m'a expliqué comme professeur qu'il ne fallait pas transmettre des connaissances, que les élèves devaient produire par eux-mêmes leurs propres savoirs, et que c'était ça, "la bienveillance" dont parle le ministre de l'Education nationale.
Moi, je crois que la bienveillance consiste au contraire à redonner aux professeurs leur mission au service des élèves. Et leur mission, c'est de transmettre le savoir, un point c'est tout. Pas faire de l'école l'otage d'une idéologie quelconque.
François-Xavier Bellamy