Bruno Beschizza : "J'en ai marre depuis 2015 d'être une machine à organiser des minutes de silence"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse partielle
Les nouveaux chiffres du chômage ce matin, le taux passe sous 10%. François Hollande réussit-il son pari ?
- 1:35OuverteÉludée
En tant que maire, comment participez-vous à la mobilisation sécuritaire contre le terrorisme ?
- 3:48RelanceRéponse partielle
Il n'y a pas que des déclarations, des lois ont été votées pour renforcer la lutte contre le terrorisme.
- 5:18OuverteRéponse partielle
La rentrée scolaire approche, des mesures de sécurité vont être renforcées autour des écoles. Vous appelez le préfet, que vous répond-il ?
- 6:41OuverteRéponse directe
Bernard Cazeneuve a annoncé hier une plus grande mobilité des forces de l'ordre. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueChiffre
« On parle de chiffres, 10%. Bien évidemment, vous le savez, depuis des mois, les Républicains mettent en cause régulièrement les moyens de comptabiliser, véritablement. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Moi, j'en ai marre depuis janvier 2015 d'être une machine à organiser des minutes de silence, des minutes de recueillement, des réunions œcuméniques et d'avoir un silence assourdissant de l'État quand on lui demande des outils concrets. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Un exemple simple, en janvier 2015, vous vous rendez compte ? Un an et demi, Charlie, j'apprends par des confrères à vous, que deux anciens agents de la ville sont dans l'affaire. »
- 2:29Invité politiqueFait
« J'écris au ministre de l'Intérieur pour dire, attention, j'ai 2800 agents Aulnay-sous-Bois, j'aimerais savoir ce qui s'est passé, j'aimerais savoir. »
- 2:36Invité politiqueFait
« Il me répond un mois plus tard, je vais rapidement. Au mois de juin, sort le décret, un an et demi plus tard, vous vous rendez compte comment les auditeurs peuvent-ils comprendre qu'il faut un an et demi plus tard pour mettre en place un fichier où, non obstant la présomption d'innocence, on met dedans toutes les personnes qui sont dans des procédures de terrorisme. »
- 4:03Invité politiqueFait
« J'ai soutenu systématiquement la prolongation de l'état d'urgence. J'ai salué Manuel Valls quand il avait osé, en janvier 2015, contrairement à sa famille politique, parler de menaces. »
- 5:41Invité politiqueFait
« Je suis un ancien policier, vous le savez, toutes les semaines, j'ai un contact avec les services d'enseignement du département pour justement savoir ce qui se passe sur ma ville. »
- 6:30Invité politiqueChiffre
« Parce que j'ai augmenté ma police municipale depuis que je suis là. Parce que je l'ai armée. Parce qu'aujourd'hui, elle bosse 24h sur 24, on en a 25 policiers nationaux en septembre. »
Temps de parole
- Bruno Beschizza76 %
- Présentateur24 %
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France Inter, Pierre Veil, le 6-9 de l'été. Et notre invité à 8h23, Bruno Béchisa, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire d'Aulnay-sous-Bois-en-Seine-Saint-Denis, secrétaire nationale du Parti des Républicains chargé du dossier sécurité. Avant d'aborder les dossiers sécuritaires, les nouveaux chiffres du chômage ce matin, chiffres de l'INSEE qui sont tombés pour la première fois depuis 5 ans. Le taux de chômage en France passe sous la barre symbolique des 10%. François Hollande est-il en train de réussir son pari d'inverser la courbe du chômage ?
On va parler avec vous du quotidien concret que rencontrent les maires. Moi, ce n'est pas du tout la réalité que je vis. On parle de chiffres, 10%. Bien évidemment, vous le savez, depuis des mois, les Républicains mettent en cause régulièrement les moyens de comptabiliser, véritablement. Et sur le terrain, ça n'est absolument pas la réalité que nous constatons. On voit bien aujourd'hui qu'en plus du chômage, on a l'ubérisation aussi au niveau économique avec de la précarité qui se développe, de l'assistanat qui se développe.
Alors bien sûr, Paris la présidentielle, on trouve des palliatifs, les allocations universelles où avec un peu d'assistanat, on fera en sorte que finalement le travail qui est une vertu, tout à l'heure, on va parler de vertus qui sont fondamentales pour notre société. Le travail fait partie de ces outils structurants dans une société.
Alors Bruno Béchisa, vous êtes un élu, maire d'Aulnay-sous-Bois, secrétaire national du parti Les Républicains, chargé du dossier de la sécurité. De quelle façon, vous, en tant que maire, participez-vous à la mobilisation sécuritaire actuelle contre le terrorisme ?
Mais moi, j'aimerais déjà profiter de votre antenne pour pousser un petit coup de gueule. Moi, j'en ai marre depuis janvier 2015 d'être une machine à organiser des minutes de silence, des minutes de recueillement, des réunions œcuméniques et d'avoir un silence assourdissant de l'État quand on lui demande des outils concrets. Quels outils ? Un exemple simple, en janvier 2015, vous vous rendez compte ? Un an et demi, Charlie, j'apprends par des confrères à vous, que deux anciens agents de la ville sont dans l'affaire. Ce n'est pas l'État, ce n'est pas les services d'enseignement, ce n'est pas le préfet, ce sont des journalistes qui m'importent ça.
Et j'écris au ministre de l'Intérieur pour dire, attention, j'ai 2800 agents Aulnay-sous-Bois, j'aimerais savoir ce qui s'est passé, j'aimerais savoir. Il me répond un mois plus tard, je vais rapidement. Au mois de juin, sort le décret, un an et demi plus tard, vous vous rendez compte comment les auditeurs peuvent-ils comprendre qu'il faut un an et demi plus tard pour mettre en place un fichier où, non obstant la présomption d'innocence, on met dedans toutes les personnes qui sont dans des procédures de terrorisme.
Et, on est le 29 juin, il y a le journal officiel qui sort, on a le 14 juillet malheureusement à Nice, on a un prêtre qui est égorgé, et les maires n'ont toujours pas reçu la circulaire d'application sur ce fichier qui existe, qui est donc à leur disposition, pour peut-être savoir si certains de leurs agents sont dans ce fameux fichier, donc, soit ont été mis en examen, soit ont été mis en garde à vue dans des affaires de terrorisme. Vous vous rendez compte de la vacuité aujourd'hui ?
Alors, moi, je veux bien qu'on transforme le maire en machine à définir la laïcité avec le burkini, qu'on transforme le maire en machine à définir l'ordre public, si le Premier ministre considère que c'est important, qu'il légifère, et qu'on arrête à constater ce gap, ce fossé gigantesque, entre des déclarations martiales à la télé, 4 pages de courrier de M. Cazeneuve.
Non, mais il n'y a pas que des déclarations. M. Cazeneuve. Des lois ont été votées pour renforcer la lutte contre le terrorisme. Il y a l'état d'urgence. La police a des moyens supplémentaires pour surveiller.
Je voulais que nous ayons cet échange. J'aurais voté toutes les lois si j'avais été parlementaire. J'ai soutenu systématiquement la prolongation de l'état d'urgence. J'ai salué Manuel Valls quand il avait osé, en janvier 2015, contrairement à sa famille politique, parler de menaces. Mais on en est où des décrets d'application ? Parce que la loi, elle est expliquée sur le terrain que les outils pratico-pratiques, pas la loi, les décrets qui font qu'on peut appliquer la loi, n'existent pas. Je vous donnais l'exemple concret. Un fichier décidé en février 2015. Nous sommes en août 2016. Les préfets n'ont toujours pas donné les circulaires d'application aux maires sur le terrain.
C'est ça le quotidien. Donc vous vous sentez démuni. Mais c'est ça le problème. Si demain, d'autres attentats surviennent, comment expliquer aux Français, aux Françaises, qu'on a légiféré. Si on vous écoute, on a tout fait. Si on écoute le ministre de l'Intérieur, qui le 28 juillet a écrit 4 pages à M. Baroin, le président des maires de France, pour lui dire tout ce que l'État avait fait de merveilleux. C'est important, c'est très bien, c'est beau. Mais sauf que de manière concrète, rien n'arrive. Quand vous appelez le préfet, quels que soient les préfets, pour leur poser des questions concrètes. On fait comment pour protéger une école ? Qu'est-ce que je fais avec ma synagogue ?
Pourquoi les militaires n'ont pas à manger depuis 3 jours ? Vous voyez ? Des vraies questions de terrain. Systématiquement, c'est le silence assourdissant de l'État.
Donc là, il y a la rentrée scolaire. Bientôt, des mesures de sécurité vont être renforcées autour des écoles. Bernard Cazeneuve l'a annoncé. Vous, en tant que maire d'Aulnay-sous-Bois, vous appelez le préfet de Seine-Saint-Denis et il vous dit « je n'ai rien à vous dire ». Mais comme tous les préfets aujourd'hui,
le ministre en fait des déclarations, mais rien n'arrive sur le terrain. Et je le répète, nous avons besoin de ces outils pratico-pratiques. Parce que je suis un ancien policier, vous le savez, toutes les semaines, j'ai un contact avec les services d'enseignement du département pour justement savoir ce qui se passe sur ma ville. Mais de manière concrète, rien n'est institué. Il faut passer par des cabinets aujourd'hui. J'ai vu que d'autres maires le font. Pour les fameuses cellules de radicalisation, il va falloir que j'insère, moi, dans le contrat local de sécurité locale, finalement, une sous-commission liée à la radicalisation, parce que l'État en parle beaucoup, mais ne fait rien.
De manière concrète, je le répète, ce que je demande aujourd'hui, c'est que le ministre de l'Intérieur vienne ici et vous énumère de manière concrète ce qui est fait. Moi, un exemple simple, vous me dites que les effectifs ont augmenté. Je suis maire d'une ville de 85 000 habitants en Seine-Saint-Denis. Parce que j'ai augmenté ma police municipale depuis que je suis là. Parce que je l'ai armée. Parce qu'aujourd'hui, elle bosse 24h sur 24, on en a 25 policiers nationaux en septembre. Voilà la réalité sur le terrain.
Bernard Cazeneuve a annoncé hier une plus grande mobilité des forces de l'ordre. 3000 militaires seront en disponibilité pour venir en soutien d'éventuelles demandes du ministère de l'Intérieur. Qu'en pensez-vous ? Formidable. Là aussi,
qu'il y a concré, malheureusement, le drame du 13 novembre. Je suis en mairie le 16 novembre. Un lieutenant de l'armée vient me voir et me dit, M. le maire, je suis à votre disposition dans le cadre de l'opération Sentinelle. Ni le commissaire de la ville n'est au courant, ni le préfet du département n'est au courant. Voilà le dysfonctionnement de l'État aujourd'hui.
Bruno Béchisa, maire d'Aulnay-Soubois-en-Seine-Saint-Denis, secrétaire nationale du Parti des Républicains, chargé du dossier sécurité. Vous restez avec nous. D'autres questions pour vous. Et puis les questions des auditeurs au standard interactif 0145 24 7000. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Bruno Beschizza